17 03 12

L.A. Noire !

sentinelle.jpgUne guerre des gangs qui se transforme en traque sanguinaire, une belle en danger pas si fragile et un tueur fou en étrange compagnie... Piégé par ses sentiments, le ténébreux Joe Pike plonge dans les arcanes des mafias sud-américaines. Dans les quartiers ouest de L.A, Joe Pike se retrouve mêlé au braquage d'un bar. Les victimes Dru et Wilson Smith, l'oncle et la nièce, fraîchement débarqués de La Nouvelle-Orléans. Les agresseurs : un gang latino proche de la mafia mexicaine. Attiré par la séduisante Dru, Joe Pike entreprend de débusquer le parrain local et de faire le ménage. Mais le bar est de nouveau attaqué et les propriétaires sont introuvables. Des soupçons naissent : que fuient-ils ? Et, surtout, que signifie ce message sanglant découvert sur place ? Avec l'aide du détective Elvis Cole, Joe Pike se met en quête des Wilson. Chaque minute compte : dans l'ombre, le chasseur se rapproche dangereusement de ses proies.

 

Découvrez Robert Crais ! Découvre Robert Crais ! Ok, je vous l’accorde, cela fait un peu midinette, mais depuis quelques années maintenant, il me tarde que le tout grand public offre au californien la place qu’il mérite au panthéon des auteurs de thriller anglo-saxons. Plus « rugueux » qu’un Harlan Coben, moins sombre qu’un Michael Connelly, Robert Crais développe son univers avec un sens aigu de la formule. Héritier direct des auteurs « hard-boiled » des années d’avant-guerre, il enchaîne action, sentiments et réflexion avec une efficacité qui laisse pantois. Amateur de personnage complexe sous des dehors archétypaux (Joe Pike, héros de cette aventure s’avère particulièrement plus « épais » que son apparence taciturne laisse entrevoir…), Crais s’entend aussi pour décrire la « texture » de Los Angeles créature fascinante aux nombreux visages. Découvrez-le, j’ai dit !

 

Dr Corthouts

La Sentinelle de l'Ombre, Robert Crais, Belfond, 263p.

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13 03 12

Retour à Baker Street

sherlock_1.jpg« Les aventures de l’Homme à la casquette plate et de la Maison de soie ont été, d’un certain point de vue, les plus sensationnelles de la carrière de Holmes. Seulement, à l’époque, il m’a été impossible de les raconter pour des raisons qui apparaîtront clairement au lecteur... Cependant, j’ai toujours eu le désir de les écrire, afin de compléter le canon holmesien. C’était impossible plus tôt : les événements que je vais décrire étaient trop monstrueux, trop choquants pour être imprimés. Ils le sont toujours aujourd’hui. Je n’exagère rien en affirmant qu’ils pourraient mettre à mal le tissu tout entier de notre société, ce qui, particulièrement en temps de guerre, est une chose que je ne peux risquer. Une fois ma tâche accomplie, à supposer que j’aie la force de la mener à bien, j’empaquetterai le manuscrit et je l’enverrai dans les coffres de Cox and Co., à Charing Cross, où certains autres de mes papiers personnels sont conservés. Je donnerai comme instruction que, de cent ans, le paquet ne devra pas être ouvert. Il est impossible d’imaginer à quoi le monde ressemblera alors, mais peut-être mes futurs lecteurs seront-ils mieux immunisés contre le scandale et la corruption que mes contemporains. Je leur transmets ici un dernier portrait de Mr Sherlock Holmes. ». Dr John Watson.

 

Voir Anthony Horowitz écrire la première « nouvelle aventure de Sherlock Holmes » officiellement reconnue par les ayants droits du cèlèbre détective de Baker Street n’est finalement qu’une demi-surprise. Il ne faut pas être grand clerc pour remarquer qu’aujourd’hui, ce sont bien les écrivains pour « jeune public » qui ont peu à peu repris le flambeau des auteurs « populaires » qui firent les beaux jours des journaux du siècles passé… et de celui d’avant. J.K. Rowling, Stephenie Meyer ou encore Suzanne Collins reprennent sans complexes les recettes appliquées par Conan Doyle, Agatha Christie ou encore Jean Ray.

Le tout était de savoir si Horowitz, ultra-connu à travers le monde pour sa série consacrée à Alex Rider, un espion de 14 ans, serait à même d’entrer dans les canons des 60 histoires (pas une de plus, quatre romans et 56 nouvelles) écrites par Arthur Conan Doyle. Car il est bien question ici d’une nouvelle aventure de Sherlock Holmes. Pas d’une réinvention (ça, le cinéma s’en occupe avec le bondissant Robert Downey Junior) d’un pastiche ou encore d’une actualisation (là, il fait aller chercher du côté de l’excellente série télé Sherlock).

Levons immédiatement le voile : oui, et mille fois oui, Horowitz s’avère à la hauteur du défi ! Avec sa galerie de personnages savoureux, du dealer d’arts Carstairs suivi de près par un étrange homme à la casquette plate, au gang d’irlandais de Boston, en passant par l’aventurier américain forcément millionnaire, cette « Maison de Soie » offre un outre une histoire solide, quelques vrais moments de bravoures… Et surtout des détours savoureux mais totalement « vrais » - pas question ici de pastiche, on le répète – par des incontournables de l’univers holmsien. Une vraie belle réussite donc, qui a du cœur et de la substance… Dommage qu’Horowitz ai clairement annoncé qu’il s’agissait pour lui d’une « one-shot ». Le succès changera-t-il la donne ?

Dr Corthouts

La Maison de Soie, de Anthony Horowitz, Calmann-Levy, 360p.

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10 03 12

Esotérique, mon cher Saint Loup !

apothicaire.jpg"Il vécut à Paris en l'an 1313 un homme qui allait du nom d'Andreas Saint-Loup, mais que d'aucuns appelaient l'Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes..." Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu'il avait oubliée... Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel et l'Inquisiteur de France, décide de partir jusqu'au mont Sinaï. Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L'Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Age et les tréfonds de l'âme humaine.

 

Et ben mon Riton ! Oui, je me permets un peu de familiarité avec le sieur Loevenbruck, puisque c’est mon ami sur Facebook ! Non, je rigole. Si familiarité il y a, c’est tout simplement parce que je me pâme devant le défi relevé, avec brio, par l’auteur avec son nouvel opus. Pas question pour lui de capitaliser sur le succès, mérité, des enquêtes de Ari MacKenzie… Ni même de revisité les territoires du techno-thriller défriché dans « Le Syndrome Copernic ». Non, monsieur, dame. Le Henri Loevenbruck adore sortir de sa « zone de confort » et plonge tête la première dans une intrigue, un univers, un style qui ne renierait pas un certain Uberto Eco… en moins chiant ! (oui, je sais, je viens de dire qu’Eco était chiant, faites moi un procès si vous avez lu Le Nom de la Rose en traduisant, au vol, tous les passages en latin, merci.). Parce qu’en fin lettré, Loevenbruck a certes des références, mais il sait aussi la force du verbe lorsqu’il trempe ses atours dans un rythme de thriller pur jus ! Pas le temps de s’embêter dans le Paris de 1313, où sur les chemins de Compostelle et du Mont Sinaï. L’Apothicaire, malgré son style délicieusement « d’époque » se dévore… Et l’on en vient alors à comparer Henri Loevenbruck à un autre cador du récit historique excitant : un certain Ken Folett. Mais peu importe les comparaisons, finalement : ce roman est excellent, tout seul comme un grand… comme son auteur, dont le talent ne cesse de croitre. On frise le trente troisième ciel, c’est moi qui vous le dit !

Dr Corthouts

L'Apothicaire, de Henri Loevenbruck, Flammarion, 605 p.

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06 03 12

Foutage de g... ?

lion_demille.jpgLe quatrième de couv' : Depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme est devenu une menace mondiale. Nul pays n'est à l'abri de cette guerre déroutante où l'ennemi n'a pas de visage et ne respecte aucune règle. Le Libyen Asad Khalil, surnommé le Lion en raison de sa cruauté, est de retour sur le sol américain et il a des comptes à régler. En haut de sa liste, l'agent spécial John Corey et sa femme, Kate. Mais Khalil travaille aussi pour des commanditaires liés à AI-Qaida : sa mission, s'il la réussit, portera un coup fatal à la puissance des Etats-Unis. Alors que les victimes se multiplient, John Corey se lance sur la piste sanglante du Lion. Cette fois, il le sait, il ne peut pas laisser s'échapper celui qui a juré sa mort. Haletant, implacable et prophétique, Le Retour du Lion est un thriller terrifiant sur le terrorisme international, cette nouvelle guerre qui ne dit pas son nom et qui semble ne pas avoir de fin.

 

J’avoue avoir réfléchi un certain temps avant de décider de parler de ce roman sur Lire est Un Plaisir. Une règle tacite voudrait que l’on évite de parler d’un roman particulièrement mauvais… Point besoin d’user des pixels pour balancer quelques torpilles bien chargée sur un roman qui mérite, au mieux notre indifférence, au pire un rejet pur et simple. Et puis finalement, j’ai tout de même décidé de balancer. Tout simplement parce qu’il devient de plus en plus pénible de voir des personnes de tout bord squatter l’espace médiatique pour ressasser les mêmes horreurs, les mêmes lieux communs, les mêmes discours va-t-en-guerre… Et par la même bouffer le temps de paroles de gens bien plus modérés et surtout plus intelligents et responsables ! Déjà, avec une couverture d’une finesse a tout épreuve, ce Retour du Lion annonçait la couleur : un personnage tatoué portant autour du cou une grenade, on sent tout de suite que l’on entre de plein pied dans un univers subtil mariant analyse politique rationnelle et vision nuancée… Au fil des trois premiers chapitres, la messe est dite. Préjugés racistes, écritures à la ramasse, « héros » stéréotypés comme aux pires heures des films d’actions estampillés Chuck Norris… Cette entreprise de glorification sans recul de la toute puissance US face au monde musulman forcément terroriste est tout simplement à vomir. Nelson Demille laboure la terre nauséabonde d’une Amérique qui a souffert dans sa chaire avec un tel manichéisme, un tel dédain, une telle beauferie qu’il insulte purement et simplement la mémoire de ses propres concitoyens… Sans parler d'une réalité historique qui n’a que faire des simplifications hasardeuses, massacrée ici sur l'autel d'une pseudo-efficacité.

Et dire que la promo fait de Demille le « virtuose du thriller intelligent ». Dans le genre publicité mensongère…

 

Dr Corthouts

Le Retour du Lion, de Nelson Demille, Editions Michel Lafon, 446p. 22€

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05 03 12

Hollywood Endings

 

 

brussolo_chat.jpgQuand les fantômes du passé crèvent l'écran pour régler leurs comptes... Dans les années 60, l'actrice Peggy McFloyd a connu un succès planétaire grâce à la série télévisée "First Lady" . Aujourd'hui riche et âgée, elle s'est reconvertie dans l'action caritative en érigeant sur sa propriété une maison de retraite où elle accueille ses vieux camarades de scène. Il semblerait toutefois que depuis quelque temps, cc petit paradis soit le théâtre d'événements aussi étranges qu'inquiétants. Qui connaît la vérité sur "First Lady", cette série réputée "maudite" depuis que certains de ses acteurs ont disparu dans des conditions brutales ?

 

Une certitude avec Serge Brussolo : son art consommé du récit et sa connaissance des ficelles du suspense proposent toujours aux lecteurs une narration enlevée, un rythme soutenu et une ribambelles d’idées. Tout cela fait évidemment partie d’une « technique » de l’écriture que Serge Brussolo pratique depuis de nombreuses années… Reste à voir si un âme, un frisson trouve son chemin entre les lignes parfaitement agencées de la construction… Car dans le cas contraire, on risque bien de se retrouver avec une belle coquille vidée de toute émotion, une bâtisse parfaitement décorée… mais dénuée de toute chaleur. Ce n’est heureusement pas le cas de cette troisième aventure de Mickie Katz, décoratrice et architecte de son état, qui plonge souvent tête la première dans des histoires aux détours surprenants. Après s’être opposée à un fou de guerre (Dortoir Interdit), puis à une tribu de « sauvages » survivants au fond d’une mine (Ceux d’en Bas), la voici qui entre de plein pied dans le monde des has-been hollywoodiens, ces vieux acteurs aux bronzages artificiels, qui font les beaux jours de la télévision de grande consommation et la fortune des studios. Engagée pour redécorer l’appartement d’une ancienne gloire du soap-opera, Mickie va découvrir un monde « fermé », un univers de carton pâte, où tout est fait pour que survive la légende (et la série télé) d’une ancienne gloire au passé trouble. Bien entendu, Serge Brussolo pousse ici à son paroxysme la complicité qu’il entretient avec le lecteur, joue avec les codes, bâtit une histoire où les mises en abyme se suivent… Et fini par se livrer à un exercice qu’il affectionne : nous porter jusqu’aux limites de la réalité sans jamais vraiment transgresser la frontière du fantastique. Cette troisième aventure de « L’Agence Treize » aurait pu être un peu plus courte, certaines situations fleurent peut-être un peu trop le détour inutile… mais dans l’ensemble Serge Brussolo se pose tout de même en incontournable auteur de fiction « populaire » dans ce qu’elle peut avoir de plus jouissif. 

 

Dr Corthouts

Le Chat aux Yeux Jaunes, Serge Brussolo, Thriller, Editions Fleuve Noir, 284 p. 18€

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28 01 12

A la Cour d'Amboise

7734979474_le-sang-de-l-hermine-de-michele-barriere.jpg

Paru fin 2011, ce premier volet de la nouvelle saga culinaire et criminelle de Michèle Barrière nous invite à la Cour d'Amboise, au début du règne d'un François Ier, tout frais auréolé de sa victoire à la bataille de Marignan (14 septembre 1515, comme tout le monde le sait).

 Maître d'hôtel du jeune et sémillant souverain,  son ami d'enfance, Quentin du Mesnil a pour mission de quérir et amener à Amboise un vieillard récalcitrant, peu commode et  encombré d'une réputation sulfureuse... vous aurez reconnu Léonard de Vinci.

 La mission s'avère périlleuse car le fantasque génie, gaucher  - ce n'est bon signe - quoiqu'un tantinet ambidextre,  est la cible d'une sombre vengeance et de pièges sanglants..  Quentin en fera les frais qui sera propulsé du sommet d'une montagne, à bord de la machine volante imaginée par le savant...

 Un séjour contraint  à la cour de Mantoue, régie par la terrible Isabelle d'Este, dévoile  le faste d'une société dont le raffinement subjugue le jeune maître d'hôtel.

 Une qualité majeure des polars gastronomiques de Michèle Barrière est d'allier la fiabilité historique, la table des pratiques alimentaires à un rythme narratif et sens du suspens savamment maîtrisés. Cela donne des romans à la fois didactiques et captivants. Un carnet de recettes conclut l'ouvrage qui ne demandent qu'à être mises en pratique.

 

Que demander de plus?

 Le deuxième volet de la saga..assurément!

 Apolline Elter

 

 Le sang de l'hermine, Michèle Barrière, roman, JC Lattès, nov.2011, 350 pp, 18 €

 

 Billet de faveur

  AE : Le Chambord de François Ier qui s’ébauche , en filigranes du roman, c’est le Versailles de Louis XIV ?

 Michèle Barrière : non, François Ier n'a que très peu séjourné à Chambord alors que Louis XIv n'a pas quitté Versailles. Il aurait d'ailleurs été très difficile d'y vivre. Chambord est un rêve, un magnifique objet d'apparat et il l'est resté à travers les siècles.

 AE : Arrivé au Clos Lucé, où le roi compte l’établir, Léonard de Vinci s’écrie ; « Les petites demeures favorisent l’éclosion des grandes pensées. » Sublime.  A-t-il vraiment prononcé ces paroles - et à quelle occasion –  ou cette exclamation rentre-t-elle dans la logique romancée du personnage ?

 Michèle Barrière :Il semblerait que oui, mais je ne peux pas le certifier. Par contre, de nombreuses tirades de Léonard sont directement tirées de ses Carnets.

 AE : En marge de la quête et des péripéties qui adviennent aux deux héros, il y a la perte répétée de l’ouvrage de Platine, De Honesta Voluptate. Il semble que vous accordez une importance majeure à cet ouvrage :

 Michèle Barrière : c'est l'ouvrage essentiel en matière culinaire datant de la fin du XV° siècle mais traduit en français en 1505 et qui place l'art de la table dans la perspective des penseurs humanistes.

 AE : Combien de volets comportera cette nouvelle saga ? Pouvez-vous nous préciser la date de parution de la suite attendue des « Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d’hôtel à la cour de François Ier » ?

 Michèle Barrière : cela dépendra de l'inspiration! Le suivant est déjà en chantier. Il se passera en 1520, lors du Camp du Drap d'or, rencontre au sommet entre François Ier et Henri VII. Il y en aura un après le désastre de Pavie où on retrouvera le roi de France prisonnier de Charles-Quint en Espagne. Un autre où Quentin s'adjoindra les services d'un certain Rabelais pour enquêter sur la mort du dauphin. Voilà, pour le moment!

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire, Thriller, Polar | Commentaires (2) |  Facebook | |

12 01 12

Le mélange du réel et de l'imaginaire !

Dartelevelle narconews.jpgAvec quel bonheur, j'avais eu l'occasion au début des années 2000 de publier dans la collection "Les Maîtres de l'Imaginaire", et dont j'étais le directeur littéraire, des textes d'Alain Dartevelle ! C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine de mes deux romans différents "L'Année 13" et "Mortes Maisons", rééditées en numérique depuis quelques semaines. Alain Dartevelle est un auteur mutliple. Son premier roman "Script" fut publié chez Denoël dans la collection "Présences du futur" et le suivant "Imago" chez J'ai Lu ! De sérieux références pour un début de carrière littéraire de cet "homme de la poste", où il fit sa carrière ! Les questions que posent les nouvelles de ce nouveau recueil sont actuelles et à peine cachées ! Comment donc a fini cet Etat Belgica dont le sort se décide en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Parodie évidemment, mais aussi érotisme et fantastique se partagent les sentiments de lecture. A sa manière, chacun de ces récits fait un mélange des genres un mode d'élucidation de ce monde qu'on dit réel.Un extrait pour vous mettre en appétit : "Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions  éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette."

Jacques MERCIER

 Narconews, et autres mauvaises nouvelles du monde, Editions Murmure des soirs, 2011, couv. impr., bande-titre, 87 p. Prix : 14,00 € www.murmuredessoirs.com

19 11 11

À l’eau, police ?

 

Les dépeceurs de Spa.jpgLes Éditions Luc Pire à Liège et la SNCB se sont associées pour proposer aux usagers des chemins de fer – et aux autres lecteurs –, rédigés par des auteurs belges, des polars dont l’action se situe en Belgique, dans une collection initiée, dirigée et éditée par votre serviteur.

 

On y trouve notamment Les dépeceurs de Spa par Marc J. Hermant, le récit d’une enquête dans le milieu des trafiquants de voitures de collection revendues en pièces détachées, qui fournit l’occasion de (re)découvrir la célèbre ville d’eaux wallonne et de se glisser dans les coulisses d’un événement de portée internationale.

 

Résumé de l’intrigue :

 

Quatre jours avant l’inauguration des Francofolies de Spa, en pleins préparatifs des festivités, on retrouve un cadavre au pied du funiculaire, dans la zone sécurisée. Préparait-il un attentat ? Pour quelle raison ? Opérait-il seul ?

 

Le lendemain, un collectionneur de la région se fait voler un petit coupé anglais des années soixante, une magnifique Austin Healey. C’est la cinquième disparition de ce genre de véhicule en trois mois. S’agit-il de la reformation d’une bande ayant sévi quelques années auparavant dans la région ? Existe-t-il un lien entre les deux affaires ?

 

Le Commissaire Falkenbach mène l’enquête…

 

Et celle-ci le conduira de surprise en surprise !

 

Bernard DELCORD

 

Les dépeceurs de Spa par Marc J. Hermant, Liège, coédition SNCB & Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2011, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

 

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31 10 11

C’est arrivé près de chez vous…

 

Meurtre à Waterloo.jpgParu aux Éditions Luc Pire à Liège (qui se sont associées pour l’occasion à la SNCB afin d’offrir aux usagers de cette dernière – et aux autres lecteurs, bien entendu – des romans policiers dont l’action se situe dans notre pays, rédigés par des auteurs belges de renom) dans une collection initiée, dirigée et éditée par votre serviteur, Meurtre à Waterloo de Jean-Baptiste Baronian fourmille de rebondissements, de traits ironiques et d’allusions diverses propres à réjouir ceux qui connaissent la Butte du Lion et son Panorama, et à inciter les autres à se fendre d’une petite visite…

 

La trame de ce polar ?

 

Un détective privé (qui partage bien des passions avec l’auteur, les beaux livres et le bon vin, notamment) enquête sur un, puis deux meurtres commis parmi les membres du Cercle belge des amis de Napoléon, un cénacle dont le moins que l’on puisse dire est que l’attrait du passé y débouche sur des passions toujours bien contemporaines : le sexe, l’argent, la jalousie et le pouvoir.

 

L’intrigue est rondement menée, le cadre parfaitement restitué (les lieux touristiques, bien sûr, mais aussi la ville elle-même, avec ses restaurants, ses commerces et son urbanisme chic) et la solution constitue un clin d’œil envers l’un des plus célèbres romans d’Agatha Christie – le lecteur nous aura compris en refermant l’ouvrage.

 

Un livre qui, en tout cas, lui aura éventuellement permis de voyager… en voyageant !

 

Bernard DELCORD

 

Meurtre à Waterloo par Jean-Baptiste Baronian, Liège, coédition SNCB & Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2011, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

 

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10 10 11

Avant-Première de Choix !

Vertiges

 

De Franck Thilliez

 

Editions Fleuve Noir

 

thilliez_vertige.jpgCertains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher?


Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s'imposera, impérieuse : jusqu'ou faut-il aller pour survivre ?

 

Y a du pervers dans le Thilliez ! Cela ne fait plus aucun doute. A la lecture du quatrième de couverture ci-reproduit avec toute l’attention  voulue, les influences de ce nouveau roman du « noir saigneur du nord » semblent évidente : la série Saw ! Hostel ! Cube ! Mais cela serait trop facile… Je vous le dis, Franck Thilliez est tordu… Et on adore cela !

Dans Vertige, il s’éloigne résolument des contrées du polar glauque, il abandonne durant quelques centaines de pages le destin de son commissaire Sharko et de sa compagne d’infortune, la demoiselle Henebelle,  pour plonger tête la première dans la noirceur d’un thriller pur jus. Avec le temps, l’écriture de Franck a pris de l’assurance… Et il ose aujourd’hui « dévisser » et se lancer dans le vide, sans la ligne de secours que constitue la squelette rassurant d’une intrigue policière. Mieux, il forge un huis-clos, un jeu de dupe à trois personnages, une quasi unité de lieu… Sans que jamais le rythme ne faiblisse, l’intérêt ne s’étiole. Avec une science consommée du suspense, le nordiste s’appuie sur des personnages solidement charpentés, aux réactions totalement réalistes et atrocement humaines.

Il y a du Stephen King et du Serge Burssolo dans ce type là ! Et je n’aborderai même pas la chute du roman qui, sans avoir l’air d’y toucher, oblige le lecteur à s’interroger sur tout ce qu’il vient de lire ! Un tour de force que l’on associe généralement aux longs métrages de cinéma… mais que Thilliez parvient à transposer sur le page écrite avec brio et cohérence.

Un coup de maître pour un auteur qui n’a pas fini de nous surprendre.

 

Dr  Corthouts

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