08 10 08

Born in the Bayou

BIGUENETAuteur de nouvelles reconnu aux Etats-Unis, John Biguenet, passe à la vitesse supérieure avec ce roman vénéneux aux thèmes universels. Dans le décor pour le moins inédit du monde des éleveurs d’huîtres du Golfe du Mexique, deux familles se déchirent sur fond de récession et de catastrophe écologique et économique. Au cœur de toutes les passions et de toutes les violences, Theresa, jeune et fougueuse, prend des allures de Scarlett O’Hara du nouveau siècle. Le canevas est certes moins épique, mais les passions, les interrogations et l’attachement au sol marécageux du Bayou valent bien les péripéties de la belle du Sud inventée par Margaret Mitchell. L’histoire se développe sur le canevas codifié de la saga familiale made in USA, mais les personnages, eux, font preuve d’une belle complexité, obligés qu’ils sont de combattre les fantômes du passé tout en gardant les yeux fixés sur un avenir bien incertain.
Le style carré, dépouillé presque, de l’auteur renforce encore cette impression de tension dissimulée sous les eaux trop calmes... tel un alligator guettant sa proie dans la vase du bayou.
Dr Corthouts

Le secret du Bayou, John Biguenet, Albin Michel, 2008, 407p., 19€90.

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04 10 08

Hard Core Littérature

KETCHUMAlors que les monstres sanguinolents des années soixante-dix et quatre vingts passent tous sous les fourches caudines du remake – Massacre à la Tronçonneuse, Vendredi 13, Halloween, Les Griffes de la Nuit – va-t-on voir également, en littérature, le retour de l’horreur hardcore née dans la foulée des premiers romans de Stephen King ? En tous les cas, cette édition française du Off Season de Jack Ketchum pourrait servir de manifeste sans concessions pour une vague de romans destinée aux lecteurs avertis. Que les choses soient claires : ce roman n’est PAS à mettre entre toutes les mains. L’histoire débute dans une patelin perdu du Maine, alors qu’une jeune femme tente d’échapper aux exactions d’une bande d’enfants enragés. Cut sur une jeune auteure new-yorkaise réfugiée, pour terminer son dernier roman, dans une cabane perdue au milieu de nulle part. Le temps pour quelques amis de venir lui rendre une petite visite et tout ce beau monde va subir les attaques sauvages d’une famille de cannibales dégénérés ! Présentés de cette manière, l’histoire prend évidemment des airs série « z » noyée d’hémoglobine, mais le roman de Ketchum ressemble surtout à une métaphore perverse sur les limites de la sauvagerie et les atours de notre monde « civilisé ».
Morte Saison est un roman à « savourer » au second degré, un œil sur le contexte historique entourant son écriture. Soit le texte écrit par un sale gamin trop heureux de pouvoir foutre un solide boxon dans le monde plutôt tiède de la littérature de genre. Ne manquez d’ailleurs pas à ce propos la postface du roman (qui parait ici dans une version inexpurgée, éditée en 1999 au Etats-Unis) dans laquelle Ketchum raconte par le menu les hilarantes coupes que voulait pratiquer l’éditeur dans le manuscrit d’origine.
Franchement ? Un roman d’une rare violence, d’une sauvagerie aux limites du supportable… Mais un roman qui ne vous laissera pas indifférent, comme certaines productions pâlottes qui se targuent aujourd’hui du label « terreur ».
Dr Corthouts

Morte saison, Jack Ketchum, Bragelonne, 2008, 280p., 20€00 env.

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02 10 08

Duel au sommet de l’émotion

SCHWARTZUne nuit. Une station service. Un homme pressé. Et la vie de deux familles bascule. Les prémices du roman de John Burnham Schwartz sont à la fois simples et terrifiants : après un concert, Ethan Learner, un universitaire et sa famille font un arrêt « toilettes » au bord d’une route mal éclairée. Son fils Josh, dix ans, s’éloigne de la station service. Dwight Arno, avocat, file à vie allure. En retard, il doit ramener son fils auprès de son ex-épouse au plus vite, afin d’éviter de sérieux problèmes de garde. En dix secondes, le drame se noue. Arno percute le jeune Josh et s’enfuit.
La mort de Josh ronge alors Ethan et Arno en parallèle. L’un devient obsédé par l’idée de punir le meurtrier de son fils, l’autre refuse de se livrer à la police, mais ploie chaque jour un peu plus sous le poids de la culpabilité.
Avec finesse, force et émotion, Burnham Schwartz analyse le parcours inévitablement lié de ces deux hommes frappés par le pire des drames. Survivre à un enfant. Survivre dans la peau d’un meurtrier. D’autant que l’un comme l’autre porte en lui des doutes, des erreurs, des questions… mais aussi des espoirs, des rêves et des réflexions.
On regrettera simplement que ce voyage, qui mène à l’incontournable confrontation entre deux êtres à la fois si proches et si différents, soit parfois traversé d’improbables coïncidences et de moments de pseudo-tension fabriquées plus que nées de la logique interaction entre les personnages.
Le roman a donné lieu à une adaptation cinématographique avec River Phenix et Marc Ruffalo, mais la galette n’est pas encore passée sur la table du Dr Corthouts pour autopsie.
Pour l’instant donc, le roman, solide, émouvant et interpellant trouvera tout naturellement sa place dans vos lectures d’hiver.
Dr Corthouts

Reservation road, John Burnham Schwartz, Albin Michel, septembre 2008, 400p., 20€00 env.

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02 10 08

Mode opératoire automatisé

COOKRobin Cook s’est hissé sur la plus haute marche des listes de vente en creusant le sillon du thriller médical. Ne comptez donc pas sur lui, dans son nouveau roman, pour soudain embrasser l’histoire angoissante d’un cheval d’arçon amoureux d’une barre fixe sur fond d’olympiades chinoises trop politiquement correctes. Etat critique se déroule donc dans le milieu hospitalier, plus exactement dans une conglomérat de cliniques privées où des staphylocoques dorés jouent les mouches du coche et déciment les patients aussi sûrement qu’une rafale de kalachnikov. Ajoutez à cela l’entrée imminente de ce conglomérat en bourse, des actionnaires qui ont davantage leur place dans Les Sopranos qu’à la table de l’ambassadeur, ainsi qu’un couple de médecins légistes fraîchement mariés… et vous obtenez tous les éléments d’un thriller de facture classique. Trop classique ? Hé, que voulez vous que je vous dise ? A force d’enquiller les briques annuelles avec une régularité de métronome, Cook fait bien entendu partie de ces auteurs qui s’appuient sur une formule invariable et des personnages plutôt monolithiques … mais qui drainent également une base de fans toujours prêts à le suivre dans sa salle d’opération pour assister à la même ablation des amygdales. « Est-un bien ? Un Mal ? C’est ainsi ! » dixit J.J. Goldman. Et qui suis-je pour lui donner tord ?
Dr Corthouts

Etat critique, Robin Cook, Albin Michel, septembre 2008, 480p., 21€90.

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26 09 08

La nuit, tous les diables sont gris

MASTERTONLe nouveau roman de Graham Masterton démarre sur les chapeaux de roues . Un jeune couple se fait cisailler dans sa demeure de Virginie – l’action se déroule à Richmond - par un assaillant invisible qui laisse une femme décapitée et son mari en train de se vider de son sang. La police se révèle incapable de relever la moindre empreinte digitale sur les lieux du crime. L’arme ayant servi à taillader le couple est introuvable. Seul témoin de l’incident, Sandra, une adolescente trisomique, affirme avoir aperçu un « Homme Très Effrayant » vêtu de gris, armé d’une épée, sortir de la maison juste après le méfait accompli...
Decker McKenna, le lieutenant chargé de l’enquête, n’a toujours pas fait le deuil du meurtre de sa femme, Cathy. Cette dernière, ou plus exactement son fantôme, vient bientôt l’avertir qu’il court un grave danger. Mais Decker n’a guère le temps de se préoccuper de ces sombres prédictions car un second homicide, suivant le même mode opératoire que le premier, est bientôt commis sur la personne d’un ancien major de l’armée américaine, sans lien apparent avec le premier crime.
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Franck Boulègue

Graham Masterton, Le Diable en Gris, traduit de l’anglais par François Truchaud, 378 p., Milady, 7€00 env.

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25 09 08

Où es-tu ?

CLARKVous le savez certainement déjà si vous êtes lecteur (ou lectrice) de Lire est Un Plaisir, Mary Higgins Clark ne surprend jamais son lectorat… mais développe avec un professionnalisme qui force le respect sa petite entreprise de suspense inoffensif sur fond d’american lifestyle propret. La question, chaque année, n’est donc pas de savoir si des extra-terrestres où des poulpes mutants vont venir foutre le souk au cœur des Hamptons, mais plutôt de découvrir si l’argument de départ du Higgins annuel tient la route. L’année dernière, avec Cette Chanson je ne l’oublierai jamais, on voguait plutôt dans les parages de l’intrigue plan-plan juste bonne à alimenter un petit film du dimanche après midi. Cette année, Miss Clark reprend du poil de la bête et noue les fils de ses intrigues avec plus de vigueur. Entre le fils prodigue qui disparaît sans laisser de trace (tout en continuant à appeler sa maman une fois par an) et un éventuel tueur en série qui s’attaque aux jeunes filles esseulées au cœur de la Grosse Pomme on découvre l’aventure sans déplaisir, aux côtés de personnages caricaturaux mais attachants. Bon pied bon œil, Mary Higgins Clark aborde le quatrième âge, un stylo toujours bien serré entre les doigts.
Dr Corthouts

Où es-tu maintenant ?, Mary Higgins Clark, Albin Michel, 2008, 385p., 21€00 env.

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02 09 08

Elvis a quitté le building !

CRAISLes aventures d'Elvis Cole rédigées par Robert Crais sont plus que certainement à l’origine des premiers best-sellers d’Harlan Coben. Myron Bollitar est une sorte de cousin éloigné du privé de Los Angeles et Win, l’âme damnée de l’agent sportif est une sorte de reflet riche et policé de Joe Pike, la montagne de muscle taciturne. La différence ? Alors que Coben s’est peu à peu éloigné du monde de Bollitar pour rejoindre celui, peut-être plus lucratif, des thrillers « de banlieue », Crais continue de développer un univers autour de ses personnages… allant jusqu’à l’enrichir de guest-stars venues d’autres romans. Dans Protection Rapprochée, Crais offre donc le devant de la scène à Joe Pike, plongé jusqu’au coup dans une histoire étrange d’accident de la route qui n’en serait pas tout à fait un ... et obligé de servir de garde du corps à une petite fille gâtée, sorte de clone de Paris Hilton. Comme souvent chez Crais, cette trame plutôt classique sert de tremplin pour effectuer quelques-unes de ses figures acrobatiques préférées : la critique acerbe du monde superficiel de L.A., la lâcheté ordinaire, le pouvoir corrupteur de l’argent et l’importance des apparences au cœur d’un jeu de dupe permanent.
Davantage versé dans les interactions entre les corps de police et les jeux de pouvoir/manipulation, Robert Crais tisse au fil des romans une œuvre qui n’est pas sans rappeler celle d’un autre grand chroniqueur de la Cités des Anges… Michael Connelly. Il est certain qu’il y a pire comme filiation !
Dr Corthouts

Mortelle protection, Robert Crais, Belfond, 2008, 354p., 20€90.

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23 08 08

Les sorcières de Fount Royal

MCCAMMONL’histoire de Robert McCammon pourrait presque bénéficier d’une adaptation romanesque. Fin des années 80, il surfe avec un certain succès sur la vague de la nouvelle terreur initiée par King, Koontz ou encore Masterton. Il enchaîne alors des romans solides, originaux, qui revisitent avec brio les grands classiques : le loup-garou, les maisons hantées, la thématique post-apolyptique, les morts-vivants… Le seul hic ? Le succès est au rendez-vous mais pas au point de transformer McCammon en « marque de fabrique ». Ainsi, lorsqu’il présente à son éditeur Le Procès de la Sorcière, le couperet tombe. Pas assez fantastique, pas assez horrifique, pas assez… pas assez… McCammon, lui, par contre, en a assez ! Il claque la porte et disparaît quasiment corps et âme durant deux ans. Il avouera, en interview, qu’écrire restait un plaisir mais que le processus d’édition sous la houlette de publicitaires et de vendeurs de papier lui était devenu insupportable. L’auteur de L’Heure du Loup prend donc le temps du recul et se reconstruit lentement jusqu’à ce qu’une « petite » maison d’édition lui propose de reprendre le collier … à ses conditions. McCammon hésite longtemps avant de franchir le pas.
Et on l’en remercie ! S’il avait vraiment lâché la rampe, nous aurions sans doute perdu un de tout grand talent de la littérature de genre. Et ce Procès de la Sorcière (en fait la première partie d’une histoire intitulée Le Chant de l’Oiseau de Nuit) serait malheureusement resté au fond d’un tiroir.
Situé en 1699 dans les contrées de Nouvelle Angleterre, le Procès de la Sorcière est un suspense historique de la meilleure veine qui plonge ses racines dans une époque troublée : celle de la chasse aux sorcières qui secouait alors une bonne partie de la Côté Est. Réceptacle de tous les fantasmes et de toutes les frustrations, les « sorcières » sont alors exécutées à tour de bras… C’est au cœur de cette atmosphère de fondamentalisme religieux – particulièrement bien rendue par un McCammon en pleine possession de ses moyens - que débarque le juge itinérant Isaac Woodward et son jeune clerc Matthew Corbett. La jeune Rachel est-elle réellement une sorcière ? Ou le meurtre dont on l’accuse cache-t-il d’autres secrets plus troubles dans la petite ville de Fount Royal ? Poser la question, c’est déjà y répondre et le jeune clerc va devoir démêler les fils d’une intrigue subtile, tout en découvrant son propre caractère.
Et Robert McCammon de prouver qu’on bon auteur reste un bon auteur quel que soit le domaine qu’il aborde ! On ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour les crétins obsédés par leurs chiffres de vente qui refusèrent ce manuscrit à l’orée du 21ième siècle. Et on se replonge avec plaisir dans une histoire dense, intelligente, bien écrite, qui laisse aux personnages le temps d’évoluer et de devenir de véritables compagnons d’aventure pour le lecteur. Que ce Procès se déroule en outre dans un décor peut usité renforce encore l’impression d’avoir affaire à un roman frais et original… même si l’atmosphère et les noirceurs morales qui y règnent vous fileront sans doute, de temps à autre, un petit frisson d’angoisse.
Au rayon des bonnes surprise également, le fait que McCammon ait publié un second tome des aventures de son clerc (Queen of Bedlam) et prépare activement le troisième volume. Heureux retour donc !
Dr Corthouts

Le Chant de l'oiseau de nuit, Tome 1 : Le procès de la sorcière, Robert McCammon, Bragelonne, 2008, 442p., 22€.

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21 08 08

Coup double

WOODS_abandonJe crois avoir déjà développé l’argument quelque part – avec le temps, je me répète, je le sais - mais dans la vie il est tout de même bon, de temps à autre, de se rouler une petite fois dans la fange ! De laisser tomber les mets fins pour un bon « boulets-frites-mayo » sans le moindre scrupule diététique, de s’envoyer une bière fraîche en lieu et place d’un petit rouge capiteux, de mettre son cerveau entre parenthèses pour vivre pleinement une expérience certes basique, mais roborative ! Lire un roman de Stuart Woods c’est un peu cela finalement ! C’est sacrifier, pendant une après-midi au plaisir coupable d’une lecture sans prétention, de personnages trempés dans un bain de pulp hérité de la littérature de gare des années 50, d’une histoire toute entière centrée sur l’action et les rebondissements. Evidemment, au premier degré tout cela est d’une facilité confondante, le héros (Stone Barrington, déjà ce nom !!) semble posséder un compte en banque extensible à l’infini et une liste d’amis toujours là pour le sauver des pires situations … sans compter un magnétisme auprès des dames qui n’est pas sans rappeler celui, infaillible, d’un certain James Bond. Au final, tout cela n’est pas bien subtil, fleure bon le machisme et une vision plutôt passéiste, voire totalement fictionnelle du monde des criminels, des policiers et des espions. Mais si vous voulez tout savoir je trouve ça très drôle et très relaxant. A lire après un stage en immersion sur les ravages de la mondialisation, la réalité de notre écosystème ou les bonnes feuilles de la biographie de Bart De Wever.
WOODS_boulotDans Un Très Sale Boulot, Barrington, son ami Dino et une jeune espionne du Mi-5 se lancent sur les traces de « La Biche », une tueuse dont l’art du déguisement et la froideur n’est pas sans rappeler celle du Chacal. Un Abandon Sans Scrupule se concentre davantage sur la cavale d’un mafieux protégé par le FBI, que Barrington et sa compagne du jour, policière en Floride, essaient de mettre sous les verrous. Les deux romans mêlent à une trame assez simple des intrigues liées à la CIA, la NSA, aux réseaux terroristes hérités du 11 septembre et au monde du crime organisé en général… On fait difficilement plus « pulp » et politiquement incorrect, mais le plaisir coupable est à ce prix !
Dr Corthouts

Stuart Woods, Un abandon sans scrupule, L'Archipel, 2008, 326p., 20€95
et
Un très sale boulot, Archipoche, 2008, 393p., 6€50.

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21 08 08

Rossi vs Da Vinci : 1 - 0

SHAMIRNovembre 1940. Le violoniste allemand Gustav Schultz se fait assassiner alors qu'il vient d'interpréter une partition de Simone Rossi, compositeur de la Renaissance, contemporain du vénitien Monteverdi.
Soixante ans plus tard, le virtuose Gal Knobel, star mondiale du violon (mais aussi ancien agent secret israélien) se voit confier l'enquête par un ecclésiastique de haut rang.
Pourquoi Hitler a-t-il ordonné le meurtre de ce musicien et quel intérêt y a-t-il à découvrir la vérité qui se cache derrière ce crime perdu, faut-il le dire, parmi les millions d'autres dans cette noire période de notre histoire ?
Tout dans ce thriller ravira les fans du Da Vinci Code de Dan Brown : suspense, voyage, art, histoire, secret, complot, sociétés secrètes. Avec en plus une magnifique touche de musicologie et d'histoire de l'art chères à Monaldi et Sorti.
Mais là où Igal Shamir surpasse Dan Brown, c'est que les faits sont vrais. L'auteur (violoniste et ancien pilote de l'armée de l'air israélienne) a bien mené cette enquête que son éditeur, Plon, lui a demandé de publier sous forme de thriller. Décision éclairée, tout bénéfice pour le lecteur car Shamir est un excellent romancier, habile dans le maniement des recettes de ce genre littéraire. La réalité, même folle, a bien souvent des allures de fiction.
Pour la petite histoire, Igal Shamir publia en 1971 La 5e Corde dont s’inspira Yves Robert pour réaliser son classique Le grand blond avec une chaussure noire.
Brice Depasse

   IGAL SHAMIR – Edmond Morel 1
   IGAL SHAMIR – Edmond Morel 2
   IGAL SHAMIR – Edmond Morel 3
   IGAL SHAMIR – Edmond Morel 4

Le violon d'Hitler, Igal Shamir, Plon, juin 2008, 288p, 20€90.

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