22 04 07

Le retour d'Harry Dickson, le Sherlock Holmes Américain

HARRY DICKSON 1Sympathique initiative que celle du Cri qui lance la réédition des aventures d’Harry Dickson dans un format confortable, illustré des facsimilés de couvertures d’époque. C’est donc avec une certaine nostalgie que certains pourront se replonger dans ces histoires pleines de rebondissements, de violences et de terreur ! Creusant une veine bien plus fantasmagorique que celle de son soi-disant modèle de Baker Street, Harry Dickson dégage un charme plus vénéneux et plus gothique que le super détective de Conan Doyle. Pourtant écrites sur commande, les énigmes de Jean Ray n’ont rien de routinier et bénéficient de l’imagination macabre et débordante de l’auteur de Malpertuis.
Pour les « jeunes générations », biberonnées au polar d’aujourd’hui, rencontrer Harry Dickson c’est découvrir que le mélange polar-frissons ne date pas d’hier, mais forgeait déjà ses lettres de noblesses dans des publications populaires… dans le sens le plus noble du terme.
A raison de quatre, puis deux petits romans par mois d’ici décembre, Le Cri nous promet quelques heures de lecture plaisir !
Chris Corthouts

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22 04 07

La dernière arme

LE ROYAttention attention, best-seller en puissance. Nathan Love est de retour ! Le profileur zen revient après l’affaire du « Dernier Testament », qui a connu un réel succès : prix du Polar en 2005, traduit en plusieurs langues. Voici « La Dernière Arme », sa deuxième enquête peut-être encore plus solide que la première… C’est dire !
J’attendais ce deuxième opus avec impatience tant j’avais adoré le premier volume, « Le Dernier Testament », et je n’ai pas été déçu. C’est le genre de bouquin qui nous prend entre deux sentiments. Chaque page nous donne envie de continuer, mais plus on avance, moins on a envie de le terminer. Sentiment contradictoire, difficile à comprendre, mais tellement vrai…
Nathan Love est un as du profiling qui, après sa première enquête, s’est complètement retiré du monde pour vivre dans la solitude la plus totale. Il se voit rappelé à la vie active par Sylvie Bautch, une profileuse belge. En effet, de par le monde de jeunes et jolies femmes intelligentes disparaissent.
A Paris, au cours d’un dîner, Annabelle Domange disparaît sous le nez de ses convives.
A Washington, Galan Ryler s’évapore dans un taxi en pleine circulation.
A Tokyo, Suyani Kamatsu se volatilise dans une ruelle.
Elles sont 247 à disparaître à travers le monde. Les victimes, qui en plus d’être belles et intelligentes, occupent des postes clés auprès de chefs d’Etat ou de riches industriels. Elles sont leur collaboratrice et/ou leur maîtresse.
L’enquête piétine, la pression monte. Nathan Love, le profileur de génie, est indispensable à la résolution de cette enquête.
Il va voyager du Japon au sud de la France, en passant par le Rif africain, la mer de Chine et les Balkans. Au fil de son périple, il sera de plus en plus seul, tous les enquêteurs étant tués ou mutés.
Nathan va découvrir un monde cruel, la face cachée de l’humanité va lui être révélée. Un terrorisme d’un nouveau type fait son apparition. Les fondements même de notre économie sont bousculés. Il abordera la mondialisation, la prospérité, la mafia du sexe…
Dans ce deuxième roman mettant en scène Nathan Love, quatrième livre de l’auteur, on retrouve évidemment la philosophie zen de l’enquêteur, sa vision du monde, son efficacité, son intelligence, sa connaissance de la nature humaine et du terrain.
Des personnages du premier roman Le Dernier Testament reviennent ici pour apporter à l’histoire une autre dimension, encore plus abyssale.
LE ROY dernierIl y a des moments dans la vie où il faut baisser pavillon, où il faut s’incliner, où il faut reconnaître le talent. Et du talent, Philip Le Roy en a, c’est évident. Il allie intelligence, clairvoyance, humour, regard vivace sur le monde, action, réflexion.
Philip Le Roy est un vrai manipulateur et on aime ça. Il parvient à interpeller ses lecteurs, à les faire voyager, à les faire réfléchir et à les divertir tout à la fois. Philip Le Roy a inventé un nouveau concept. Il a créé le livre-happeur. Une fois qu’on ouvre un de ses romans, on ne peut plus s’en détacher, littéralement happé par l’histoire, face à quelque chose d’intelligent, face à quelque chose qui va nous faire voir le monde différemment, face à quelque chose qui va nous changer. Non seulement ce livre va vous divertir, mais va aussi vous rendre plus… à l’écoute de ce qui vous entoure.
Né en 1962, Philip Le Roy s'est imprégné d'Hitchcock, Kubrick, De Palma ou Tarantino. Initié aux arts martiaux et bassiste rock à ses heures, c’est un écrivain en pleine maturité, un écrivain en phase avec son époque.
Marc Bailly

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16 04 07

Le pavillon des jumeaux

DESCOTT"Caïn et Adèle" est le successeur de "Pavillon 38" (aujourd'hui paru en poche), en cours d'adaptation cinématographique. Le titre de ce nouveau thriller psychologique nous entraîne sur les traces d'un tueur en série et revisite, comme son titre le suggère, le mythe antédiluvien de Caïn et Abel.

REGIS DESCOTT - Christophe Corthouts


Descott photo

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16 04 07

Thriller opératoire à quatre mains

LACOURTout docteur en médecine jure, dans le serment (d'Hippocrate) qui lui permet d'entrer dans la profession de ne pas nuire au malade (primum non nocere). Qui a enfreint cette règle fondamentale dans la salle d'op, le jour où un agent immobilier est décédé pendant l'opération menée par le Pr Gentillet et les six membres de son équipe ?
"Tu ne nuiras point" est le premier roman (thriller) de deux médecins qui se lancent dans le roman sous le pseudo de Fred Lacour.
Entretien (piloté à distance par le Dr Corthouts).

  FRED LACOUR - Brice Depasse

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03 04 07

Avant-première : Double or die

HIGSON 007Alors que Daniel Craig semble bien parti pour donner un nouveau souffle au James Bond sur pellicule, les aventures littéraires de l'espion de sa Gracieuse Majesté font de plus en plus d'adeptes chez les jeunes anglo-saxons. Des aventures littéraires dont l'originalité est d'abord chronologique, puisque ce sont les jeunes années de Bond au collège d'Eton qui servent de toile de fond à une série de romans à la fois frais et divertissants.
Dans ce Double or Die (à paraître bientôt en Français chez Gallimard Jeunesse), l'aventure débute lorsque Bond et ses amis collégiens reçoivent une bien étrange lettre, débordante d'énigmes plus tordues les une que les autres. Réflexions menées par le futur 007 et sa bande, il ne fait aucun doute que l'un de leurs professeurs a été kidnappé et qu'il trempe dans une affaire complexe d'espionnage, de haute trahison et de recherches scientifiques.
N'écoutant que son courage, James plonge tête la première dans cet imbroglio au coeur duquel il croise des vilains dont la carrure n'est pas sans rappeler celle des sbires qu'il aura à combattre au Service Secret de sa Majesté. Menée à un rythme d'enfer, cette troisième aventure prend pour cadre Londres et ses environs, dans un festival de scènes d'action, de suspense et de périls que Charlie Higson enchaîne avec professionnalisme, mais qui agace tout de même parfois par leur manque d'enjeu. Le fil de l'intrigue est bien ténu et certains personnages esquissés à gros traits font trop penser aux clichés des films d'action. Une impression que renforce encore la structure très vidéo ludique de l'ensemble. Dans les deux premières aventures du jeune Bond, une véritable atmosphère emportait le lecteur, ici, il ne semble subsister que des effets spéciaux et de grands décors en carton pâte. Un appel du pied un rien trop évident vers d'éventuelles adaptations cinématographiques ? L'avenir nous le dira.
Chris Corthouts

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30 03 07

Promettez-moi d'appeler

COBENIl est assez amusant de voir aujourd'hui une partie de la presse généraliste s'emparer de la Coben-mania, après le succès mérité du long métrage de Guillaume Canet. Avec un temps de retard qui n'a d'égal que le snobisme dont font preuve certains à l'égard de la littérature populaire, une frange de la critique se pique soudain de trouver ce grand type venu du New Jersey « extrêmement sympathique », « tellement talenteux » ou encore «vraiment naturel et abordable ». Ah, nous vivons une époque formidable tout de même ! Pour rappel nous avions eu la chance immense de rencontrer Coben lors de son passage en France, l'année dernière. Il nous offrait alors, en quelques mots, l'intrigue de ce « Promets-Moi », aujourd'hui en tête des listes de vente.
Soit Myron Bolitar, personnage récurent des premiers romans de Coben, surprenant un jour une conversation entre deux adolescentes.
Effrayé de les entendre parler de virée trop arrosée, Myron n'écoute que sa conscience et son complexe de Superman, avant de glisser sa carte aux deux gamines. Non sans leur faire promettre de le contacter si d'aventure, elles se trouvaient larguées dans un coin ou l'autre de New-York. Evidemment, cela ne rate pas, quelques jours plus tard, Myron ramène une des gamines... Et elle disparaît sans laisser de trace.
Pour ce retour aux affaires de son personnage fétiche, Coben concocte comme à son habitude, un suspense touffu, tissé de fausses pistes, lardé de scènes de suspense et saupoudré de solides touches d'humour. Avec sa galerie de personnages haut en couleurs, directement issus du polar « parodique » à l'américaine (Bolitar doit beaucoup à la série Elvis Cole de Robert Crais), Promets-Moi parvient à faire la synthèse entre le Harlan Coben des detective-stories un rien décalées et le créateur de best-sellers humanistes qu'il est devenu depuis la sortie de Ne Le Dit à Personne. Une belle somme donc... dont l'intrigue aurait gagné en intensité allégée d'une quarantaine de pages... Mais quand on aime, on ne compte pas !
Chris Corthouts

HARLAN COBEN - Christophe Corthouts 3

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28 03 07

L'Afghan double

FORSYTH AFGHANAvec la disparation de l'antagonisme Est-Ouest, le roman d'espionnage « classique » s'est, pendant quelques années, cherché un second souffle. Sans les coups fourrés du KGB et les manoeuvres tordues d'espions à la gueule carrée acquis à la cause du communisme triomphant, les barbouzes de l'ouest allaient-ils devenir une sorte de curiosité un rien ringarde ? Tout juste bons à jouer les chasseurs d'extra-terrestres et à tromper son propre peuple, les agents de la CIA ? Quatre avions détournés et une attaque terroriste inimaginable plus tard, les choses ont bien changé. L'Ennemi à pris des allures de pieuvre insaisissable et la mort peut frapper n'importe où, n'importe quand... Les auteurs de thriller d'espionnage l'on parfaitement compris et la menace de l'extrémisme musulman devient, avec plus ou moins de finesse, la nouvelle Némésis des supers agents.
Frederick Forsyth, l'auteur, entre autre, du Chacal, apporte sa pierre à l'édifice avec cet Afghan qui n'appartient pas aux meilleurs du genre, mais permet aux lecteurs de passer un excellent moment, entre action, divertissement et «information ».
Soit l'histoire d'un ancien agent américain qui se retrouve, grâce à ses origines, lancé dans une mission pour le moins particulière : infiltrer une cellule d'Al Quaïda dans la peau d'un Afghan, chef de guerre, prisonnier du camp américain de Guantanamo. Tout cela n'a finalement rien de bien original et l'attentat fomenté par ladite cellule ressemble davantage au résultat d'un brainstorming de scénaristes hollywoodiens que d'une véritable réflexion terroriste, mais l'aventure se laisse lire sans déplaisir... Même si, comme c'est trop souvent le cas dans ce genre d'exercice, les nombreux passages « informatifs » auraient sans doute grandement gagné à être intégrés de façon plus fluide dans la narration.
A réserver aux amateurs donc...
Chris Corthouts

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22 03 07

Mais qui a tué Glenn ?

DEBORAH GLENNUne couverture mignonne comme tout pour un vrai thriller ultra-original et amusant. Les moutons mènent l'enquête sous la plume de Léonie Swann ...

  DEBORAH - Nicky Depasse 3

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15 03 07

La mort leur va si bien

PETER JAMESUn train. Une journée comme une autre. Un homme oublie un cd-rom sur une banquette. Tom Bryce le ramasse et quelques heures plus tard l’installe sur son ordinateur. Sur son écran apparaît une scène de meurtre violent, suivie d’un e-mail menaçant. Tom vient de mettre les pieds dans un engrenage infernal. Il vient de pénétrer dans le monde des snuff-movies, ces films de meurtres ou de viols diffusés sur internet ou sur cd-rom et qui sont payés très chers par des déséquilibrés en mal de sensations fortes. L’inspecteur Roy Grace -dont c’est ici la deuxième enquête-, est chargé de l’affaire. Mr et Mme Bryce ne vont pas tarder à devenir les nouvelles attractions du site de Scarab Productions.
Peter James est un auteur qui a de la bouteille. Il a été scénariste et producteur en Amérique du Nord avant de revenir en Grande-Bretagne. Auteur déjà du remarquable et remarqué « Comme une tombe », la première enquête de l’inspecteur Roy Grace, il a reçu pour cet ouvrage le Prix du Polar International 2006.
Egalement l’auteur de « Possession, Prophétie ou Vérité », Peter James, je le répète, écrit depuis de nombreuses années : cela se sent dans la construction de son histoire, dans l’incarnation de ses personnages qui évoluent, doutent, réfléchissent avec vous, bref, sont à vos côtés.
Partant du quotidien le plus banal : la vie, le métier, les travers, les qualités, le passé des personnages, l’histoire ira crescendo vers une spirale infernale. A noter quelques scènes très fortes. Ames sensibles s’abstenir.
En conclusion, un roman solide, bien construit, qui séduira les aficionados de polars sérieux et modernes.
Marc Bailly

Cliquez sur la couverture pour écouter l'interview de Peter James par le Dr Corthouts.

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14 03 07

Granit glacial

MC BRITEJe sais que je vous ai, plusieurs fois déjà, fait le coup de la découverte et de l’auteur qui m’émeut à la lecture de son premier roman, mais quoi ? On a beau être Dr Corthouts et passer son année à autopsier les thrillers les plus retors, on n’en est pas moins homme capable de sentir battre son petit cœur de midinette face aux premiers pas d’une nouvelle plume. Je vous l’accorde, parler de « midinette » face à la noirceur assumée de Stuart MacBride, c’est un peu comme échanger la recette d’une sauce fine à un banquet de zombies bouffeurs de cervelles fraîches. Mais vous savez que je ne suis pas à une folie stylistique près !
Cold Granite commence comme nombre de thrillers modernes, avec la découverte d’un cadavre mutilé sur les bords de la Don, rivière qui arrose Aberdeen. Petite précision tout de même, pour les âmes sensibles, le corps est celui d’un petit garçon de quatre ans. Une certitude alors, Stuart MacBride n’a pas choisi le plus simple des sujets pour son premier roman, abordant de front la terrible problématique des tueurs/violeurs d’enfants et les profonds bouleversements que ce genre d’affaires provoque dans l’opinion publique. Est-ce à dire pour autant que cet écossais violent surfe sur une vague nauséeuse et profite lâchement de nos sentiments pour « vendre » son premier opus ? Heureusement, non ! Avec un humour souvent très noir, une connaissance que l’on imagine solidement documentée des rouages du système policier écossais et surtout un sens inné du contrepied, MacBride surprend sans cesse. Fin psychologue, il se joue des attentes du lecteur, démonte les clichés et surtout court-circuite avec malice l’analyse trop souvent sommaire que ficelle les médias, face à une criminalité pas toujours là où on l’attend. Clairement dans la lignée d’un Michael Connelly, avec Aberdeen dans le rôle d’une Los Angeles noyée par la pluie plutôt que par le smog, MacBride frappe fort avec son premier roman. On pourrait lui reprocher quelques rebondissements de trop délayant la partie centrale de son récit un chouïa plus que de raison. Mais qu’importe, le monde du polar accueille un nouvel artiste de talent. Et comptez sur le Dr Corthouts pour vous en dire plus dans quelques semaines sur son second roman, Dying Light, déjà paru dans la langue de Shakespeare !
Chris Corthouts

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