12 11 14

Deux enquêtes d'Obélix...

L'affaire Arcane.jpgVoici que paraît, aux Éditions de l’Élan à Waterloo et illustré par Olsen (les précédents le furent successivement par les bédéistes Walthéry, Derib, Follet et Dany, excusez du peu !), le cinquième tome des aventures culinaro-policières de Monsieur Baudruche, un détective atypique, gros mangeur de victuailles, grand descendeur de bouteilles de bière ou de vin et avide dévoreur de livres – en particulier ceux de Thomas Owen au sujet desquels il est incollable – affublé d’une moustache considérable et d’un ventre qui ne l’est pas moins.

Constitué de deux nouvelles, L’affaire Arcane et Squelette aux Bories ainsi que d’un carnet de croquis, l’ouvrage s’avère fort plaisamment rédigé sur un ton primesautier soutenant allègrement les intrigues dont, bien entendu, nous ne fournirons pas ici la clé.

Sachez toutefois que la première se déroule en Franche-Comté en passant par le Gabon et qu’il y est question d’un empoisonnement aux champignons tandis que la seconde s’articule autour d’un tibia retrouvé dans les Corbières, que leur récit est joliment ficelé, que les illustrations sont de qualité (of course!) et que l’on en termine la lecture le sourire aux lèvres.

Extraits :

« Sans style, avec une absence totale d’élégance, peinant à trouver tout à la fois son équilibre, la pédale adéquate et le bon chemin, Baudruche prit sur le vif son premier cours de pilotage moto. Il fut aussi efficace qu’un hippopotame sur un tricycle. Néanmoins, sa vitesse de déplacement supplantait la moyenne qu’il aurait pu atteindre en se fiant à ses seules guibolles. »

Baudruche moto.jpg

« Baudruche aurait pu mettre cette diversion à profit pour pousser ses formes dans la forêt. (…) Le risque de prendre un suppositoire de feu dans le derrière lui semblait minime. Mais un sentiment inexpliqué le maintenait là… »

« Fédérés par le drame, les badauds s’agglutinèrent. Les forces de l’ordre eurent toutes les peines du monde à les décramponner. C’est qu’ils se nourrissaient du spectacle de cette vie absente. On leur retirait le pain de la bouche… »

Funny, isn’t it?

Bernard DELCORD

Baudruche – L'affaire Arcane par Bruno Senny, illustrations d’Olsen, Waterloo, Éditions de l’Élan, septembre 2014, 128 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 16 €

23 09 14

Machiavélique

Qui étais-je?  Pervers amnésique ou bouc émissaire piégé? "

N'oublier jamais, de Michel Bussi, lu par François Tavares

Parce qu'il tend la main à une beauté fatale, prête à s'élancer d'une falaise - et qui accomplit son dessein - Jamal, le narrateur, handicapé de la jambe, est saisi dans l'engrenage infernal d'une enquête policière: présumé coupable de viols et de meurtres exécutés selon un modus operandi similaire,   il se débat tant que s'enfonce la prothèse pour prouver son innocence.

Serré lui aussi dans l'étau implacable des révélations troublantes, le lecteur a du mal à lâcher prise. Il en perd son latin - c'est le but. 

Véritable maître du polar, Michel Bussi distille savamment les effets avec ce léger bémol qu'il complique un peu trop la résolution de l'énigme, rendant, à notre goût, les deux chapitres finaux superflus...

L'interprétation de François Tavares  génère à merveille l'atmosphère machiavélique et  haletante de la fiction

AE

N'oublier jamais, Michel Bussi, polar, Presses de la cité, mai 2014,  audiolib, mai 2014, durée 12h 23 (58 plages + 1 entretien avec l'auteur) 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 06 14

Systèmes pourris...

Les poches cousues.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 06/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Juge d'instruction à Bruxelles, spécialisé dans la lutte contre les crimes d'argent – il est actuellement en charge du dossier d'UBS Belgium, comme l'a révélé votre magazine favori –, Michel Claise s'est associé à son collègue Alain-Charles Faidherbe, qui exerça derrière le Rideau de fer, pour rédiger un polar intitulé Les poches cousues, paru chez Luce Wilquin.

En voici l'intrigue :

Dans un pays de l’Est, où règnent le Parti communiste et la corruption, le juge Mikhaïl Mikhaïlovitch a décidé de « coudre ses poches ». Dans ce système pourri, il devient alors l’homme à abattre. La chute du Mur ne change rien. Les mafieux russes, qui se substituent aux anciens apparatchiks, arrosent à leur tour les milieux politiques et judiciaires pour leur profit personnel. On assiste ici au combat d’un homme intègre. En refusant de suivre les directives que l'on tente de lui imposer, en dénonçant les malversations financières qu’il découvre, il devient la cible de toutes les stratégies de déstabilisation imaginables, faux témoignages, procédures falsifiées, menaces de mort, jusqu’à la violence ultime portée contre sa famille.

On s'en voudrait de déflorer la fin de cet ouvrage passionnant et fort bien écrit qui est aussi une mise en garde au moment où l'Ukraine et la Moldavie frappent à la porte de l'Union européenne et un vibrant plaidoyer contre les forces occultes qui sapent les bases de la démocratie au cœur du Vieux Continent.

Bernard DELCORD

Les poches cousues par Michel Claise et Alain-Charles Faidherbe, Avin, Éditions Luce Wilquin, mai 2014, 285 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 21 €

10 05 14

Mons et merveilles...

Sel, poivre et marjolaine.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 09/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

L'amusant roman intitulé Sel, poivre & marjolaine paru aux Éditions Memory à Tenneville situe son action à Mons et il développe son intrigue autour et aux alentours du restaurant « Les Gribaumonts » dont les fourneaux sont animés par Lisa Calcus, la « Lady Chef 2012 », et dont la salle est managée par son œnologue d'époux, Nicolas, pour le plus grand plaisir de leur fidèle clientèle de Montois cayaux [1] ainsi que pour celui des gastronomes de passage dans leur insigne établissement.

L'histoire débute à la Brasserie de la Grand-Place, non loin du fameux Singe du Grand Garde, où de vieux amis, pour tromper l'ennui de leur vie de retraités, fondent la « Joyeuse Confrérie des Compagnons de Lucullus » qu'ils basent entre les murs de la maison de bouche citée plus haut, et l'on suivra avec intérêt leurs pérégrinations dans la capitale du Hainaut dont ils connaissent l'histoire et la géographie par cœur, de même que l'on sourira de leurs émois pour une jolie Marjolaine chamboulant leur vie et leurs pensées.

L'ouvrage est l'occasion, bien entendu, de nombreux excursus sur la bonne chère et les bons vins, dont nos très inspirés et très connaisseurs « chevaliers de la table ronde » ne se lassent pas de chanter les mérites et les vertus.

Il se complète d'ailleurs de 8 fiches de recettes originales de la maîtresse des feux des « Gribaumonts », ce qui ne gâte rien !

Bernard DELCORD

Sel, poivre & marjolaine par Jules Boulard, Tenneville, Éditions Memory, collection « Romans culinaires », décembre 2013, 150 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce roman bien montois la recette originale suivante :

Gaufre à l'ail des ours, au fromage d'Ovifat et au sirop de Liège

 Pour 4 personnes

Préparation : 10 minutes

Repos :1 heure

Pas de cuisson

Ingrédients :

125 g de farine,

1 cuiller à café de sucre

1 pincée de sel

2 œufs

50 g de beurre fondu

20 cl de lait entier

10 feuilles d'ail des ours,

200 g de fromage d'Ovifat

2 cuillers à café de sirop de Liège

Recette :

– Réaliser la pâte à gaufres : mélanger la farine, le sucre, les œufs, le beurre, le lait, le sel.

– Laisser reposer au frais environ 2 heures.

– Émincer l'ail des ours et l'ajouter à l'appareil à gaufres.

– Cuire les gaufres.

– Couper le fromage en tranches, le disposer sur les gaufres, ajouter le sirop de Liège et passer les gaufres au four à 165°C pendant quelques minutes pour faire légèrement fondre le fromage.

– Accompagner éventuellement d'une bonne salade.

Vin d'accompagnement :

Un vin d'Alsace aromatique, demi-sec, un juste équilibre entre sucres résiduels et acidité.



[1] Appellation propre à la région, un Montois cayaux est un Montois qui fait partie des « cailloux » de sa ville, de ses pavés et donc qui y a un ancrage profond.  La tradition veut qu'un habitant soit appelé de cette manière s'il fait partie de la troisième génération complète à naître et à habiter (domicile faisant foi) sans discontinuer sur le territoire de sa commune. Jusqu'aux années 1980-90, il fallait cinq générations.

Il existe une association à but philanthropique composée uniquement des Montois cayaux, dont les principales activités sont la publication d'écrits régionaux et en patois montois ainsi que la représentation de textes et œuvres scéniques montois. (Wikipedia)

06 04 14

Le New York de Guillaume Musso

Entouré de quelques auditeurs - lecteurs privilégiés, Guillaume Musso a répondu à mes questions dans le Grand studio de Nostalgie au cours de ce dimanche après-midi. L'entretien tournait autour de Central Park, son nouveau roman, et bien sûr de New York, une ville qu'il a découverte, sac au dos, à l'âge de 19 ans et qui occupe encore aujourd'hui une place de choix dans sa vie et son inspiration.


Réalisation : Nicolas Gaspard

04 04 14

Le livre du sliiiiirp et du sluuuuurp...

Arrête arrête tu Maitrank.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 04/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Rédigé dans le style déjanté coutumier de son auteur, le polar de Jean-Luc Fonck intitulé Arrête arrête tu Maitrank entraîne son lecteur dans une enquêtefortement arrosée de vin blanc à l'aspérule, spécialité de la bonne ville d'Arlon, cité de son enfance.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça déménage !

On s'en voudrait de déflorer l'intrigue, mais sachez que le narrateur s'y lance dans une tournée des bistrots et des restos à la poursuite d'un serial killer semant dans le chef-lieu du Luxembourg belge des morceaux de corps humains à la manière d'un Petit Poucet assoiffé de sang, et que la solution de l'énigme tient d'une sorte de prodige surréaliste.

Un roman qui se boit d'une traite !

Bernard DELCORD

Arrête arrête tu Maitrank par Jean-Luc Fonck, Liège, Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare », décembre 2013, 140 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

28 03 14

Bémol chez les dominicains

Meurtre à Rixensart.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Bien connue du public belge, Anouchka Sikorsky a travaillé à la RTBF avant de rejoindre RTL Télévision puis RTL-TVI en qualité d’animatrice et de productrice jusqu'en 1988.

Elle vient de publier chez Dricot à Liège son troisième roman, Meurtre à Rixensart, un amusant et ingénieux polar tout en rebondissements.

En voici le pitch :

« Quand le corps sans vie d’une jeune femme est retrouvé sur le domaine de la confrérie des dominicains, ceux-ci ne sont pas contents. On peut les comprendre…

Et lorsque dix ans plus tard, un autre cadavre est retrouvé au même endroit, la panique est à son comble. D’autant plus que le second crime semble avoir un lien direct avec le premier qui n’a jamais été élucidé.

Les villages de Rixensart et de Lasne, situés dans le verdoyant et paisible Brabant Wallon, sont en émoi.

Le fougueux curé de la paroisse est furibard. Les frères dominicains sont pétrifiés.

La poignée d’amis qui se retrouvent chaque année afin de ripailler tout leur content dans la maison d’hôtes Le Piano de l’Ange peinent à cacher leur enthousiasme  : "Enfin, une solide enquête dans laquelle ils vont pouvoir faire valoir leurs talents de fins limiers !"…

Tout cela bien sûr au grand dam du commissaire Briggs, gendre so British de la propriétaire des lieux, la comtesse Sophia Vronsky-Dessy qui lui a concédé la main de sa fille, la fantasque et ébouriffante Alice.

Au Piano de l’Ange, l’ambiance bat son plein, de conjectures déplacées en hypothèses fantaisistes... »

L'écriture est alerte, le ton jovial, les personnages bien campés et l'intrigue originale : tous les ingrédients d'une lecture agréable et passionnante !

Bernard DELCORD

Meurtre à Rixensart par Anouchka Sikorsky, Liège, Éditions Dricot, 466 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 €

15 01 14

Une œuvre révolutionnaire

Les enquêtes de Philip Marlowe (cover).jpgRassemblant, dans la compilation intitulée Les enquêtes de Philip Marlowe, tous les romans noirs [1] du grand Raymond Chandler (1888-1959), à savoir Le Grand Sommeil, La Dame du lac, Adieu ma jolie, La Grande Fenêtre, La Petite Sœur (Fais pas ta rosière !), The Long Goodbye (Sur un air de navaja), Playback (Charades pour écroulés) dans des traductions entièrement révisées – à l’exception, bien entendu, parce qu’elles étaient parfaites, de celles de Boris Vian pour les deux premières œuvres citées –, les Éditions Gallimard à Paris ramènent dans la lumière la production d’un auteur américain du XXe siècle parmi les plus emblématiques avec William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Dashiell Hammett et John Dos Passos.

Cette publication dans la collection « Quarto » – l’équivalent chez l’éditeur de « La Pléiade » au format de poche – permettra à de nombreux lecteurs francophones de (re)découvrir l’œuvre impérissable et passionnante (elle n’a pas pris une ride) de l’un des innovateurs les plus talentueux de la littérature mondiale de l’entre-deux-guerres et d’après, autant sur le plan du fond (un regard sévère et désabusé jeté sur l’univers hollywoodien et yankee décadent d’alors) que de la forme (des narrations à la première personne rehaussées d’un humour grinçant et décalé dans des phrases magistrales et dans des dialogues cinglants que n’eût pas reniés Michel Audiard).

Car la révolution stylistique dans l’exposé du récit déclenchée par Raymond Chandler provoqua un bouleversement aussi grand et durable que celui du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, et fut grandement imitée et mise à toutes les sauces, elle aussi…

Bernard DELCORD

Les enquêtes de Philip Marlowe par Raymond Chandler, traductions de l'anglais (États-Unis) par Marcel Duhamel, Geneviève de Genevraye, Janine Hérisson, Simone Jacquemont, J.-G. Marquet, Henri Robillot, Renée Vavasseur, Boris Vian, Michèle Vian et Chantal Wourgaft, révisées par Cyril Laumonier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Quarto », novembre 2013, 1312 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 28,50 € (prix France)

 

Les enquêtes de Philip Marlowe (Les ennuis, c'est mon problème).jpg

 

Les enquêtes de Philip Marlowe (Le Grand Sommeil - affiche).jpg

Humphrey Bogart incarne Philip Marlowe

dans Le Grand Sommeil de Howard Hawks,

scénarisé par William Faulkner (1946)



[1] L’intégrale de ses nouvelles a par ailleurs été réunie en 2009 sous le titre Les ennuis, c'est mon problème par les Éditions Omnibus dans une traduction remarquablement revue, elle aussi.

02 01 14

« Personne ne peut changer le passé, mais nous pouvons tous décider de nos lendemains. » (Colin Powell)

La dame qui fuit Saint-Tropez.jpgAuteure de romans policiers contemporains dont l'intrigue gravite autour du souvenir de personnalités féminines célèbres qui ont eu des combats à mener et des idées à défendre, la Waterlootoise qui vit dans le Périgord noir Martine Cadière a notamment fait paraître aux Éditions Dricot à Liège en 2009 Sarah mourait si bien – il s'agit de Sarah Bernhardt – et en 2011 Encore un jour sans Giroud (la fameuse fondatrice de L'Express) puis tout récemment chez Mols à Bruxelles La dame qui fuit Saint-Tropez dont l'action se déroule dans la Treille Muscate, la maison acquise par Gabrielle Colette en 1925.

En voici les trois pitches :

« Basile Giudicelli est un jeune trentenaire insouciant, qui aime son métier, sa femme, son appartement et sa vie à Bruxelles. Le jour où sa cousine Jeanne est poignardée, son univers bascule et Basile plonge dans une grave dépression. Il demande alors l’aide du détective Ange Mattéi, qui séjourne pour la première fois en Belgique, dans le charmant quartier des étangs d’Ixelles. Mattéi comprend rapidement que le meurtre de Jeanne est lié à la tragédienne Sarah Bernhardt – dont, soit dit en passant, les conceptions scéniques mais aussi le style coloré et fascinant ont grandement intéressé l'auteure. Entre Edmond Rostand et Jacques Brel, Odéon et Mort Subite, champagne et Duvel, Mattéi n’a que très peu de temps pour découvrir toute la vérité. »

« Luce Verbinski est la rédactrice en chef d'un prestigieux hebdomadaire culturel parisien. Fascinée par Françoise Giroud, "patronne" des journalistes et célèbre fondatrice de L'Express, elle l'imite en tout. Un meurtre odieux et la disparition inexpliquée d'Adèle Fontanges, une jeune journaliste belge, inquiètent la rédaction. L'enquête menée au Quai des Orfèvres par la capitaine Ange Mattéi le conduira de Paris en Dordogne, sur les ruines de la châtellenie de Miremont. L'amour des objets d'art et des collections privées est le pivot de ce roman policier dédié à une femme mythique. »

Encore un jour sans Giroud.jpg« 1925, sur la Côte d'Azur. Tout sourit à Colette, dont la notoriété ne cesse de grandir. Attirée par le Midi, elle achète à Saint-Tropez une maison très simple, qu'elle baptise la Treille Muscate. Quelques décennies plus tard, un important homme d'affaires parisien y est assassiné dans des conditions obscures. Delphine Naboulet, admiratrice de Colette et passionnée par son œuvre, part sur les traces de son auteur favori et se retrouve au centre du drame. Sur fond d'immobilier douteux, la nouvelle enquête du Capitaine Ange Mattéi prend une saveur particulière, à l'accent du Midi et aux odeurs d'olive. »

Des romans au style enlevé dont le récit très informé accroche le lecteur avec une habileté consommée...

Une œuvre à découvrir, incontestablement !

Bernard DELCORD

Sarah mourait si bien par Martine Cadière, préface de Suzy Falk, doyenne des comédiens belges, Liège, Éditions Dricot, mars 2009, 243 pp en noir et blanc au format 13,5 x 20,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Encore un jour sans Giroud par Martine Cadière, Liège, Éditions Dricot, septembre 2011, 264 pp en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

La dame qui fuit Saint-Tropez par Martine Cadière, Bruxelles, Éditions Mols, octobre 2013, 223 pp en noir et blanc au format 14,5 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €

Sarah mourait si bien.jpg

14 07 13

Meurtres poétiques...

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 6 juillet 2013 de l'édition belge du magazine Marianne :

La vengeance de Baudelaire.jpgEnfin publié en français (à Paris et à Québec) et prochainement en anglais (à New York), l'extraordinaire polar flamand –qui remporta en 2007 le Prix Hercule Poirot du roman à suspense décerné sous l'égide de l'hebdomadaire Knack– de Bob Van Laerhoven, le Joseph Kessel du Plat Pays (il a roulé sa bosse sur tous les champs de bataille de la planète entre 1990 et 2005) intitulé La vengeance de Baudelaire est appelé à un bel avenir, tant ses qualités sont immenses.

En voici le pitch : Paris, septembre 1870, guerre franco-prussienne. Les premiers obus tombent sur la ville assiégée. Les ouvriers meurent de faim. L’aristocratie se réfugie dans des orgies et des séances de spiritisme. Pris au piège comme des rats, les Parisiens se passionnent toutefois pour une série de meurtres horribles qui leur permet d’oublier la dure réalité : sur chaque cadavre, on retrouve des vers du recueil ô combien controversé Les Fleurs du mal du poète mort quelques années plus tôt. L’enquête conduit le commissaire Lefèvre sur la piste d’un complot ayant des ramifications jusqu’à la cour de Napoléon III. Et d’un secret au sein de la famille Baudelaire, aux lourdes conséquences...

L'intrigue, tout en dentelle, est menée dans un style brillantissime portant la marque de Flaubert et de Baudelaire à qui l'auteur voue, de son propre aveu, un véritable culte l'ayant mené à apprendre le français pour le plaisir de les lire dans le texte original.

Il a eu fameusement raison !

Bernard DELCORD

La vengeance de Baudelaire par Bob Van Laerhoven, Paris, Éditions MA, collection « Pôle Noir », 294 pp., 17,90 €