02 01 14

« Personne ne peut changer le passé, mais nous pouvons tous décider de nos lendemains. » (Colin Powell)

La dame qui fuit Saint-Tropez.jpgAuteure de romans policiers contemporains dont l'intrigue gravite autour du souvenir de personnalités féminines célèbres qui ont eu des combats à mener et des idées à défendre, la Waterlootoise qui vit dans le Périgord noir Martine Cadière a notamment fait paraître aux Éditions Dricot à Liège en 2009 Sarah mourait si bien – il s'agit de Sarah Bernhardt – et en 2011 Encore un jour sans Giroud (la fameuse fondatrice de L'Express) puis tout récemment chez Mols à Bruxelles La dame qui fuit Saint-Tropez dont l'action se déroule dans la Treille Muscate, la maison acquise par Gabrielle Colette en 1925.

En voici les trois pitches :

« Basile Giudicelli est un jeune trentenaire insouciant, qui aime son métier, sa femme, son appartement et sa vie à Bruxelles. Le jour où sa cousine Jeanne est poignardée, son univers bascule et Basile plonge dans une grave dépression. Il demande alors l’aide du détective Ange Mattéi, qui séjourne pour la première fois en Belgique, dans le charmant quartier des étangs d’Ixelles. Mattéi comprend rapidement que le meurtre de Jeanne est lié à la tragédienne Sarah Bernhardt – dont, soit dit en passant, les conceptions scéniques mais aussi le style coloré et fascinant ont grandement intéressé l'auteure. Entre Edmond Rostand et Jacques Brel, Odéon et Mort Subite, champagne et Duvel, Mattéi n’a que très peu de temps pour découvrir toute la vérité. »

« Luce Verbinski est la rédactrice en chef d'un prestigieux hebdomadaire culturel parisien. Fascinée par Françoise Giroud, "patronne" des journalistes et célèbre fondatrice de L'Express, elle l'imite en tout. Un meurtre odieux et la disparition inexpliquée d'Adèle Fontanges, une jeune journaliste belge, inquiètent la rédaction. L'enquête menée au Quai des Orfèvres par la capitaine Ange Mattéi le conduira de Paris en Dordogne, sur les ruines de la châtellenie de Miremont. L'amour des objets d'art et des collections privées est le pivot de ce roman policier dédié à une femme mythique. »

Encore un jour sans Giroud.jpg« 1925, sur la Côte d'Azur. Tout sourit à Colette, dont la notoriété ne cesse de grandir. Attirée par le Midi, elle achète à Saint-Tropez une maison très simple, qu'elle baptise la Treille Muscate. Quelques décennies plus tard, un important homme d'affaires parisien y est assassiné dans des conditions obscures. Delphine Naboulet, admiratrice de Colette et passionnée par son œuvre, part sur les traces de son auteur favori et se retrouve au centre du drame. Sur fond d'immobilier douteux, la nouvelle enquête du Capitaine Ange Mattéi prend une saveur particulière, à l'accent du Midi et aux odeurs d'olive. »

Des romans au style enlevé dont le récit très informé accroche le lecteur avec une habileté consommée...

Une œuvre à découvrir, incontestablement !

Bernard DELCORD

Sarah mourait si bien par Martine Cadière, préface de Suzy Falk, doyenne des comédiens belges, Liège, Éditions Dricot, mars 2009, 243 pp en noir et blanc au format 13,5 x 20,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Encore un jour sans Giroud par Martine Cadière, Liège, Éditions Dricot, septembre 2011, 264 pp en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

La dame qui fuit Saint-Tropez par Martine Cadière, Bruxelles, Éditions Mols, octobre 2013, 223 pp en noir et blanc au format 14,5 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €

Sarah mourait si bien.jpg

14 07 13

Meurtres poétiques...

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 6 juillet 2013 de l'édition belge du magazine Marianne :

La vengeance de Baudelaire.jpgEnfin publié en français (à Paris et à Québec) et prochainement en anglais (à New York), l'extraordinaire polar flamand –qui remporta en 2007 le Prix Hercule Poirot du roman à suspense décerné sous l'égide de l'hebdomadaire Knack– de Bob Van Laerhoven, le Joseph Kessel du Plat Pays (il a roulé sa bosse sur tous les champs de bataille de la planète entre 1990 et 2005) intitulé La vengeance de Baudelaire est appelé à un bel avenir, tant ses qualités sont immenses.

En voici le pitch : Paris, septembre 1870, guerre franco-prussienne. Les premiers obus tombent sur la ville assiégée. Les ouvriers meurent de faim. L’aristocratie se réfugie dans des orgies et des séances de spiritisme. Pris au piège comme des rats, les Parisiens se passionnent toutefois pour une série de meurtres horribles qui leur permet d’oublier la dure réalité : sur chaque cadavre, on retrouve des vers du recueil ô combien controversé Les Fleurs du mal du poète mort quelques années plus tôt. L’enquête conduit le commissaire Lefèvre sur la piste d’un complot ayant des ramifications jusqu’à la cour de Napoléon III. Et d’un secret au sein de la famille Baudelaire, aux lourdes conséquences...

L'intrigue, tout en dentelle, est menée dans un style brillantissime portant la marque de Flaubert et de Baudelaire à qui l'auteur voue, de son propre aveu, un véritable culte l'ayant mené à apprendre le français pour le plaisir de les lire dans le texte original.

Il a eu fameusement raison !

Bernard DELCORD

La vengeance de Baudelaire par Bob Van Laerhoven, Paris, Éditions MA, collection « Pôle Noir », 294 pp., 17,90 €

05 06 13

Sapere Aude

codes_condorcet.jpgVendredi 7 août 2009: le Pape Benoït XVI meurt. Inopinément

" Jean-Pierre Miguel comprend très rapidement que la société de l'information va vivre, en ce 7 août 2009, une première mondiale. C'est en effet le premier décès d'un pape depuis l'avènement et l'utilisation massive des réseaux sociaux par le grand public. On risque de vivre un phénomène informationnel majeur, qui sera précurseur d'une révolution communicationnelle lors d'autres événements planétaires."

Car c'est bien d'informatique - et de ses développements multu-media sidérants -  qu'il est question, dans le roman policier d'Olivier de Wasseige, licencié et maître en informatique,  professionnel passionné des technologies de l'information.

Au départ d'un événement fictif, coïncidant par un (heureux) hasard avec le focus médiatique créé début 2013 par la démission du Pape Benoît XVI et l'avènement de François Ier, l'auteur analyse avec une minutie plénière tous les enjeux induits par les canaux immédiats de la communication que sont les réseaux sociaux (Twitter, Facebook et compagnie), blogs, forums de discussion, SMS, MMS, ... Ce faisant, il offre au lecteur, une vitrine gourmande, jubilatoire, de possibilités, d'innovations technologiques dont ce dernier ne soupçonnait peut-être pas l'existence.

" Le lendemain de la mort de Benoît XVI, le samedi 8 août 2009, Andrea Imperatori continue de travailler d'arrache-pied sur l'enquête permettant de comprendre pourquoi le Pape a reçu une telle dose de bêta-bloquants, et pourquoi tous les SMS ont été envoyés vers un serveur informatique gérant les injections, au départ de cartes SIM anonymes.

Associant leurs soupçons et connaissance majeure des réseaux informatiques, Andrea Imperatori, inspecteur auprès de la gendarmerie vaticane et Jean-Pierre Miguel, internaute en vacances dans sa propriété drômoise de ..Concorcet,  orientent rapidement l'enquête vers le Brésil - pays, relai médical de la télé-surveillance  du Pape - et un réseau de 9 personnes,  responsables de l'injection qui entraîna la mort du Souverain Pontife. C'est en effet le déclenchement simultané de 9 textos commanditant l'injection de bêta-bloquants qui provoque l'overdose  fatale.

Mariant  réalité et fiction en une enquête à rebondissements étudiés, Olivier de Wasseige a pris le parti très appréciable de discerner d'astérisques les personnages réels et faits avérés.

Apolline Elter

Codes Condorcet, Olivier de Wasseige, roman policier, auto-édition, mars 2013, 532 pp, 22 €

www.codes-condorcet.com

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 04 13

La maison noire

Sylvie Granotier, place, morts, albin michelLes femmes auteures de Thriller autrefois exception sont aujourd'hui légion. Justoce : elles ont, de tout temps, été les premières lectrices du genre. 

Dans ce cadre, Sylvie Granotier est présente depuis plus de quinze ans. 

Son nouveau roman, La place des morts, s'inscrit dans la lignée de ses livres noirs, éloignée de la plume classique des femmes écrivains du genre.


podcast

Sylvie Garnotier

 

Entretien diffusé dans le Café de Flore de Nicky Depasse, le lundi et le jeudi à 13 heures sur Radio Judaïca, 90.2 FM.

25 04 13

Mardi-Gras

 

51aOfHSd-2L._SL500_AA300_.jpg" Ce fut ainsi que, presque par accident, Megan Pierce était passée de ce qu'on pourrait appeler un cloaque immonde au concentré du rêve américain."

Mariée à Dave, un avocat charmant, mère de deux enfants, Kaylie et Jordan, Megan ne parvient à se satisfaire de la vie bourgeoise qu'elle a construite, sur le mensonge d'un passé sulfureux, celui de Cassie, strip-teaseuse dans une boite d'Atlantic City.

Elle revient, après dix-sept ans, sur les lieux de ses exploits et se trouve mêlée, à... son corps défendant, à une affaire de meurtres en série: une sorte de justicier massacre chaque mardi-gras des êtres violents et glauques.

" Les "si" continuaient à dresser leurs têtes hideuses. Si Megan n'avaient pas pris la fuite à l'époque. Si elle était restée pour voir ce qui était arrivé à Stewart Green, tous ces "hommes du Mardi gras" - ces hommes disparus sans laisser de traves, depuis Stewart jusquà Carlton Flynn - seraient-ils encore en vie? "

Associant  suspens, cruauté, fauxangélisme, amour,  humour, humanité  et  psychologie en un cocktail savamment dosé, le maître du thriller prend le lecteur aux rêts d'une lecture qui ne souffre l'interruption.

 

AE

Ne t'éloigne pas, Harlan Coben, thriller, traduit de l'américain par Roxane Azimi, Ed. Belfond noir, mars 2013, 370 p, 19,90 €

Écrit par Apolline Elter dans Amélie Nothomb, Harlan Coben, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 03 13

Une fresque fantastique et magnifique !

 

d_un-certain_fevrier.jpgEnfin ! Avec quelle impatience nous attendions l'écrivain(e) qui poursuivrait cette merveilleuse lignée des « Maîtres de l'Imaginaire » ! Nancy Vilbajo non seulement s'inscrit dans ce réalisme poétique, qu'illustrent bien des auteurs (Jean Ray, Thomas Owen, Jean-Baptiste Baronian, Jean Muno, André-Marcel Adamek, pour ne citer qu'eux), mais elle rejoint aussi le cercle fermé du « Fantastique féminin », qualifié par Anne Richter, fine analyste, d'art sauvage !

 

« Tout ce dont je suis sûr » dit un des personnages « c'est que parfois, il faut accepter de traverser cet impossible univers, celui qui n'est pas soumis aux servitudes du début et de la fin ».

 

C'est une fresque magnifique qui commence avant l'humanité et qui se poursuit dans l'épopée d'une ville, jamais nommée – il n'en est nul besoin, vous la connaissez ! -, mais qui est révélée ici dans toute sa beauté, son histoire, sa violence et son mystère, ses amours, ses traditions, son architecture et sa musique. « Nous sommes tous à la recherche d'un endroit, qui pour y bâtir son foyer, qui pour s'y recueillir, qui pour y mourir » dit d'emblée l'auteure. Mais la ville de ce livre « D'un certain février » est vivante, les veines gonflées du sang de la musique...

Une superbe phrase décrit ce rapport ville-musique-histoire... : « A chaque fois, c'était pareil, elle avait l'impression que ses racines lui sortaient des jambes et l'envoyaient puiser toutes ses forces dans une mystérieuse mémoire collective ».

 

Nous suivons ainsi l'histoire des personnages, des « élus » liés au-delà des générations et qui nous emmènent dans un fantastique flamboyant, poétique, lyrique, dont on peut difficilement se détacher une fois la lecture entamée. Et je vous rassure déjà : la finale est grandiose !

Les récits de Nancy Vilbajo nous font entrer dans une multitude d'émotions palpables par le miracle de ses mots et de son style : la peur, par exemple, comme dans « La nuit des goules », où le naturel des dialogues contraste avec l'effroi.

La mort est aussi un des sujets principaux du livre. « La mort nous fascine alors que nous habitons un monde qui ne tourne que pour ce qui vit », observe l'auteure. Ou ailleurs cette si juste ntotation : « Une nuit sans rêve c'est l'apéritif de la mort ».

La mort et son corollaire la guerre : « Sans prévoir, la guerre se dénuda sous mes yeux. Comme elle était laide sans son masque de bravoure ! »

Mais dans ce tableau de la vie et de la mort, on trouve aussi l'enfance et ses « contes de fée », la nature et ses jardins, le sourire de l'humour et les secrets. Le secret ! On trouve aussi comme nom propre d'un personnage « Secret ». Mais secret est un mot magique, qui parcourt comme une vibration invisible toute la lecture.

 

C'est un livre original, qui comporte par exemple en son sein une courte nouvelle de Gérard Prévot, sans doute un des plus grands et des plus méconnus Maîtres de l'Imaginaire belge, un de nos grands auteurs fantastiques. Ce n'est pas un hasard puisqu'il est né dans cette même ville. Avec quel talent Nancy Vilbajo parvient à l'intégrer dans sa propre odyssée !

 

N'en doutez pas, nous sommes ici en présence d'une grande écrivaine et d'un grand livre ! Un de ceux qu'appelait de ses vœux Friedrich Nietzsche dans « Le gai savoir » : « Qu'importe un livre qui ne sait même pas nous transporter au-delà de tous les livres ? » Ou comme ceux définis par Jean d'Ormesson dans « C'est une chose étrange à la fin que le monde » : « Les bons livres sont ceux qui changent un peu leurs lecteurs. » Croyez-moi, vous ne serez plus les mêmes après avoir lu cet ouvrage aux résonnances infinies, comme l'écho des tambours...

 

Jacques Mercier

"D"un certain février". Nancy Vilbajo. Editions Murmures des soirs. Collection "Fantastique", 20X15. broché. 338p. 20 euros. 

           

 

02 02 13

Les mystères de Bruxelles ! Un régal !

 

dulle griet.jpgDéjà le pseudonyme « Dulle Griet » choisi par cet auteur bruxellois me plaît beaucoup. Dulle Griet c'est Margot la Folle qu'on trouve au milieu du tableau de Bruegel. Elle est l'incarnation de l'avidité furieuse et se dirige vers l'enfer pour y mettre son butin en sécurité ! Sous ce joli pseudonyme se cache un lauréat de plusieurs prix littéraires et surtout un excellent auteur de polars. Il nous a déjà livré « Petits meurtres chez ces gens-là » et cette fois, il s'agit de « Les fenêtres murmurent » dans la collection « Les Mystères de Bruxelles ». Étrangement sur la couverture on découvre le célèbre Gille de Binche et son masque et pas une vue de Bruxelles, mais bien entendu le récit nous en donnera la raison. Le livre commence par « Vé van Boma, patate mè saucisse », qu'on se doit de renvoyer en note en bas de page pour traduire « Vive Bonne-Maman... » ! Outre le bonheur pour nous de découvrir les décors typiques de la capitale de l'Europe, ainsi que son patois, l'histoire elle-même nous tient en haleine : Que s'est-il passé dans la rue Porselein, à Anderlecht ? L'inspecteur Lilas Klaus et son partenaire Serge Zwanze (en bruxellois, c'est la blague typique du coin !) vont essayer d'élucider les énigmes en cette période de carnaval 2012, car on suit de jour en jour, avec la mention des dates, l'avancée palpitante de l'histoire. Une petite interrogation à l'auteur : il parle de « brise-lames », d'Ostende, de James Ensor dans les premières pages, dans un souffle magique ; mais le « brise-larmes » qui apparaît tout-à-coup est-il conscient ou une jolie faute typographique ? Je penche pour la volonté de glisser ce néologisme poétique ! Pour vous donner le ton, quelques phrases cueillies dans le feu de l'action : « Elle songe qu'il n'existe pas meilleure protection contre la tentation que la conviction de n'être soi-même une tentation pour personne » C'est à propos d'une femme qui ne se trouve pas belle. Et un peu plus loin : « Aussi, il faut bien l'avouer, parce que la réalité a beau être une sacrée garce, les rêves et les illusions ont la vie dure et ne meurent jamais tout à fait. » Ici on a le ton « policier » si particulier au genre et la réflexion qui en fait un grand roman, au-delà des anecdotes. C'est Érasme que Dulle Griet a choisi de mettre en exergue avec cette phrase : « La perversité des méchants a plus d'effet que la sympathie des bons » !

 

Jacques MERCIER

 

« Les fenêtres murmurent », par Dulle Griet, Collection « Les Mystères de Bruxelles », Éditions Presses de la cité, 2013, 308 pp. 20,50 euros.

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21 01 13

Un road "tripes" !

Mad, Jo.jpgComme l'indique l'éditeur, il s'agit d'un "road tripes". J'adore quand on joue sur les mots de cette façon ! Les personnages sont pittoresques et tellement vrais ! On vit l'histoire, on la ressent, grâce à l'écriture de Fanny Lalande. "Mad, Jo et Ciao" c'est un périple dans le monde des routiers. Mad vit dans son camion depuis quinze ans. Son boulot est de conduire des moutons à l'abattoir ! Voilà un bon départ ! Il s'arrête chez Jo, de temps en temps. Il croise aussi Ciao, un vieux fou qui hante les stations-services et les aires de repos. Voilà pour définir en un mot les trois personnages qui font le titre du livre. Les chapitres sont sous-titrés d'un morceau de musique qui peut nous accompagner ou souligner l'action : des Animals et "The House of the Rising Sun" à "Don't be cruel" d'Elvis Presley ! Quelques mots pour situer le style : "L'odeur du bitume chaud mélangée à ncelle de la station-service m'apaisait" ! Toute une ambiance, non ? Un excellent choix de Xavier Vanvaerenbergh, le directeur de collection.

 

Jacques MERCIER

 

"Mad, Jo et Ciao", Fanny Lalande, Kerditions, 240 pp, format poche, 12 euros. www.kerditions.eu

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08 11 12

Petit meurtre entre copains...

Crime à Louvain la Neuve.jpgDéjà riche de Meurtre à Waterloo par Jean-Baptiste Baronian, de Les dépeceurs de Spa (des démonteurs de voitures de collection volées) par Marc J. Hermant et de Le martyr de l'Étoile (un projet d'attentat islamiste à la Grand-Place de Bruxelles) par Évelyne Guzy, la collection de romans policiers belges « Kill and read » dirigée par votre serviteur et coéditée par la SNCB à Bruxelles et les Éditions Luc Pire à Liège accueille ces jours-ci un nouveau titre, Crime à Louvain-la-Neuve, signé Anouchka Sikorsky.

Bien connue du public, l'auteure est née à Liège, de mère polonaise et de père ukrainien. Animatrice radio à la RTBF, elle a présenté le festival de la chanson française à Spa et animé les petits matins liégeois avant de rejoindre l’équipe de RTL puis de RTL-TVI jusqu’à la fin de 1988. Elle y sera animatrice et productrice d’émissions diverses et y prendra la direction des programmes destinés aux juniors. Chaque semaine, elle a rédigé les scénarios et les dialogues de mini fictions réalisées et interprétées avec des enfants : Chocolat Show et Samedi en fête. Par ailleurs rédactrice de presse écrite, elle compose régulièrement des nouvelles et des billets d’humeur pour différents magazines.

Son polar, dont l'intrigue aux ressorts astucieux se situe à Louvain-la-Neuve – les (anciens) étudiants et enseignants ainsi que les connaisseurs de la ville retrouveront dans l'ouvrage nombre de lieux familiers – restitue l'ambiance typique de la vie estudiantine néo-louvaniste et donne une âme à des personnages attachants et originaux confrontés à un meurtre aussi surprenant qu'inattendu.

Le récit, non dénué d'humour mais aussi profondément humain, est mené tambour battant et entraîne le lecteur dans les méandres de sentiments contrastés, ceux qu'exprime sans complexe la jeunesse d'aujourd'hui.

Un texte qui aurait plu, n'en doutons pas, à Agatha Christie et à Georges Simenon !

Bernard DELCORD

Crime à Louvain-la-Neuve par Anouchka Sikorsky, Liège, coédition SNCB/Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2012, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

06 11 12

Kaï - Kaï...

url (28).jpg"Durant la Seconde Guerre mondiale, les soldats nippons partaient à la guerre avec une boîte suspendue au cou destinée à recevoir leurs cendres après leur disparition au combat."

Susbstrat du nouveau thriller de Jean-Christophe Grangé, le Japon met en scène le couple de Naoko, "une féline que 2000 ans de bienséance nippone n'étaient pas parvenus à dompter" et Olivier Passan, un inspecteur de police parisien, sorte de samouraï un rien marginal, passionné par l'âme ancestrale d'un pays dont il tente de comprendre l'alphabet:

"En le découvrant, il s'était découvert lui-même. Son premier voyage avait instantanément remis de l'ordre dans son existence."

Le couple est sur le point de divorcer tandis que se poursuit une traque à l'Eventreur, un tueur en série qui a pour cible des jeunes femmes en fin de grossesse. Particulièrement abject , le modus operandi semble porter la signature d'un certain Patrick Guillard et menacer la propre famille de Passan....A moins que ne se greffe une autre intrigue, liée au code de l'honneur nippon...

"Pour un Japonais,  l'existence est comparable à un fragment de soie. Ce n'est pas sa longueur qui compte mais sa qualité. Peu importe d'en finir à vingt, trente ou soixante-dix ans: il faut que l'existence soit sans tache ni accroc."

Machiavélique, violente, truffée d'action et de rebondissements subtilement dosés, l'intrigue est soutenue d'un rythme narratif imparable, qui  vous mène de Paris à Nagasaki et ne vous laisse en paix, qu'une fois sa lecture achevée

Apolline Elter

Kaïken, Jean-Christophe Grangé, roman, Albin Michel, septembre 2012, 472 pp, 22,9 €