28 03 12
Wonderful!
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de mars 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Publié à l'occasion d'une exposition itinérante de l'essentiel du fonds impressionniste de la célèbre collection de Williamstown (Massachusetts), le fort beau livre intitulé Chefs-d'œuvre de la peinture française du Sterling and Francine Clark Art Institute présente un ensemble extraordinaire de peintures françaises, plus de 70 tableaux européens du XIXe siècle revêtus des signatures les plus prestigieuses : Monet, Pissarro, Sisley, Morisot, Manet, Degas, Renoir, Gauguin, Corot, Millet, Gérôme et Bouguereau.
Il rassemble deux essais, rédigés par des spécialistes de l'art européen du XIXe siècle, illustrés par des images d'archives et des œuvres d'autres artistes de la collection Clark : Dürer, Piero della Francesca, Rodin et Sargent.
Dans le premier, James A Ganz propose une biographie succincte de Sterling Clark, amateur autodidacte et héritier de la fortune des machines à coudre Singer, qui, avec son épouse, Francine, a réuni l'une des plus belles collections privées des États-Unis.
Dans le second, Richard R Brettell présente les Clark dans le contexte plus large des collectionneurs du début du XXe siècle, comme Albert Barnes, Henry Clay Frick et Duncan Phillips.
Ces textes sont suivis, pour chaque tableau de l'exposition, de notices explicatives et de reproductions soignées.
Remarquablement illustré et documenté, cet ouvrage exceptionnel, qui mène le lecteur des paysages évocateurs de l'école de Barbizon aux expérimentations audacieuses du postimpressionnisme, est une contribution significative à l'étude de l'originalité et de la diversité de la peinture du XIXe siècle.
Bernard DELCORD
Chefs-d'œuvre de la peinture française du Sterling and Francine Clark Art Institute, Paris, Éditions Skira-Flammarion, juillet 2011, 224 pp. en quadrichromie au format 29 x 25 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39,00 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |
25 02 12
Rosa...Sand

" (...) fut-elle seulement un peintre animalier ou un peintre de paysages mettant en scène des animaux? Le problème est plus complexe qu'il n'y paraît au premier regard, comme toujours chez cette femme qui ne ressemble à aucune autre ou presque."
Biographie magistrale de Rosa Bonheur (1822- 1899) peintre des Labourage nivernais et Marché aux chevaux, l'ouvrage de Gonzague Saint Bris trace l'extraordinaire force rebelle et tranquille qui permit à cette femme hors normes d'acquérir et de conserver une indépendance à tout crin, une totale émancipation et de se distinguer de la plupart de ses contemporaines.
Mondialement connue de son vivant, particulièrement appréciée des milieux anglo-saxons, cette adepte de la pensée saint-simonienne, acharnée du travail, frénétique de la Nature, chimiste des couleurs - qu'elle fabriquait elle-même, "toujours très perspicace dans la gestion de sa carrière" adopta, à l'instar de George Sand, l'allure vestimentaire masculine et vécut de longues années de discrète idylle avec son amie Nathalie Micas, puis, à la mort de celle-ci, avec l'Américaine, Anna Klumpke, qu'elle institua légataire universelle.
Spécialiste de la célèbre épistolière de Nohant (chère à notre blog...) Gonzague Saint-Bris traque les multiples traits qui rapprochent Rosa Bonheur d'une George Sand, de dix-huit ans son aînée, dans la fraternité d'un génie paysagiste commun. Une George dont Rosa lira avec..bonheur les œuvres et qu'elle qualifiera de "sœur de plume'
"Et pourtant, à aucun moment, ne semble-t-il, ces deux femmes ne vont se rencontrer"
Mais telle la demeure de Nohant, le château de By garde intacte l'âme de son occupante:
"Si Rosa Bonheur - tous ses contemporains en témoignent - passe pour une femme exceptionnelle, exceptionnelle est aussi la conservation, pratiquement intacte, de son atelier de By, qui nous permet, plus d'un siècle après sa mort, de pénétrer dans son intimité, comme les privilégiés, admis à son époque, dans ce véritable sanctuaire de la nature et qu'elle recevait avec une hauteur courtoise, à la manière de ces princesses habituées dès l'enfance, à recevoir les hommages publics, même si, dans son cas, ceux-ci étaient dus à son génie et non à sa naissance."
Une lecture recommandée
Apolline Elter
Rosa Bonheur - Liberté est son nom, Gonzague Saint-Bris, biographie, Robert Laffont, février 2012, 250 pp + 8 pages de reproductions, 20 €
Billet de faveur
AE – Gonzague Saint-Bris, vous déplorez le « rendez-vous manqué » de George Sand et de Rosa Bonheur. Devriez-vous organiser une rencontre entre les deux châtelaines, choisiriez-vous le cadre de Nohant ou de By ?
Gonzague Saint-Bris : Evidemment Rosa aurait certainement trouvé son bonheur à Nohant. De même Sand, qui partageait les mêmes passions, aurait sans doute trouvé son compte au château de By.
Mais il est des rendez-vous manqués du passé que l'avenir peut réparer ou que le présent peut même mettre en scène. Ayant écrit d'abord sur George Sand, la dame de Nohant et ensuite sur Rosa Bonheur, la dame de Thomery, je suis en mesure de vous inviter à assister à leurs retrouvailles virtuelles dans un lieu merveilleux, inspirant, enthousiasmant et exotique à Paris où l'on grignotte au bar avec bonheur : LE ROSA BONHEUR, une guinguette de tradition au 2 allée de la Cascade au bord du parc des Buttes Chaumont.
Le soir de la Journée de la Femme, le 8 mars 2012 à partir de 18h00, sera donné au ROSA BONHEUR (01 42 00 00 45) une LECTURE-SIGNATURE-DEDICACE en l'honneur de la sortie de mon livre : Rosa Bonheur, Liberté est son nom (éd. Robert Laffont) . Venez tous à cette fête de l'esprit où vous pourrez assouvir toutes vos gourmandises et fêter à la fois la Femme, George, Rosa et les autres...
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Arts, Biographies, Patrimoine | Commentaires (0) |
Facebook | |
23 02 12
Les couleurs de la ville...
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be)
Poursuivant, à travers les activités de l'asbl DÉDALE [1] dont il est l'un des fondateurs – cette association a pour but de permettre au plus grand nombre d'amateurs d'aborder le domaine de l'art et de la culture de manière plaisante et conviviale – sa démarche de découverte de Bruxelles à travers des œuvres picturales, Fabien de Roose propose, toujours aux Éditions Racine à Bruxelles, un nouveau guide intitulé Bruxelles vue par les peintres 2 dans lequel il propose sept promenades dans le temps et dans l’espace de la capitale de l’Europe [2], à la rencontre des œuvres que lui consacrèrent des peintres aussi divers que Marc De Coster, Anne-Pierre De Kat, Paul Delvaux François Gailliard, Dany Gilson, Jane Graverol, Jacano, Jacques Laudy, Auguste Oleffe, Herman Richir, Henri Somers, Émile Thysebaert, Rik Wouters...
En regard de chaque peinture, une photographie actuelle prise sous le même angle de vue permet au lecteur de saisir les différences entre le tableau et la vue urbaine actuelle, et de constater les multiples évolutions de la ville et de la vie de ses habitants.
Un festival de couleurs et de lumières !
Bernard DELCORD
Bruxelles vue par les peintres 2 par Fabien De Roose, Bruxelles, Éditions Racine, collection « Promenades au cœur de la ville », décembre 2011, 176 pp. en quadrichromie au format 16 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,95 €
Pour vous, nous avons recopié dans ce bel ouvrage les lignes suivantes, consacrées à un tableau de Jacano (1923-1995) peint en 1951 :
L'étang de Boitsfort

Pendant la guerre, Jacques Hanot a suivi des cours aux académies de Bruxelles et d'Ixelles. À la même époque, il commence à signer ses dessins et tableaux du nom de Jacano, pseudonyme phonétique de son nom et de son prénom. Après la Libération, il illustre des reportages et des romans-feuilletons au journal Le Soir. En 1947, il voyage en Égypte. Le jeune peintre est ébloui, au sens propre comme au sens figuré, par la lumière du continent nord-africain. Il en ramène une « palette réchauffée» par des tonalités éblouissantes. Bruxelles ne le retient pas très longtemps. Jacano part au Congo pour six mois. Il n'en revient que trois ans plus tard. avec une palette davantage colorée. Dès son retour, une exposition de ses œuvres africaines remporte beaucoup de succès. La reine Élisabeth, grande amatrice de peinture, acquiert un de ses tableaux.
Les tonalités audacieuses de cette vue de l'étang de Boitsfort caractérisent la période qui suit ses voyages en Afrique. Les couleurs douces dominent dans un environnement savamment nuancé. À cette vue, une impression de quiétude envahit le spectateur. Les automobilistes pressés ne se doutent pas qu'ils roulent sur une route qui a été construite en partie sur l'étang. Jusqu'en 1957, la chaussée de La Hulpe longe en partie l'étang. Le percement de l'avenue de la Foresterie sonne le glas de cette promenade dominicale fort appréciée par les Boitsfortois. Le muret de la terrasse du Restaurant de l'Étang se reflète sur la surface de l'eau. Un immeuble à appartements le remplace désavantageusement. Ni ses proportions, ni son style ne s'harmonisent avec son environnement. À l'avant-plan, un pêcheur et un passant animent la composition. Aujourd'hui, le flot des voitures a remplacé l'onde qui courait sur l'étang. À chaque époque sa poésie.

[1] Avenue de la Nivéole, 10 à 1020 Laeken.
[2] Promenade 1 : du Botanique à la place Saint-Josse ; Promenade 2 : Schaerbeek de Sainte-Marie à Saint-Servais ; Promenade 3 : Schaerbeek des Bienfaiteurs à Josaphat ; Promenade 4 : le long de la Woluwe, entre passé et présent 5 : Woluwe de Saint-Pierre à Saint-Lambert ; Promenade 6 : Auderghem et le Rouge-Cloître ; Promenade 7 : de Watermael à Boitsfort.
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |
15 02 12
« Souriez ! Le petit oiseau va sortir... »
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Peintre des danseuses par excellence, le Français Edgar Degas (1834-1917) a saisi avec une incroyable justesse les gestes des ballerines oscillant sur leurs pointes, exécutant un saut au-dessus de la scène ou seules dans les coulisses, à une époque où la représentation du mouvement se situait au cœur des débats menés par les critiques d'art, dans un monde en pleine mutation technique au sein duquel les artistes demandaient « plus d'imagination, et partant, plus de mouvement ! ».
Edgar Degas envisagea alors une approche nouvelle de la création artistique qui se révélerait encore plus dynamique que l'imagination. La mise au point de l'appareil photographique, qu'il utilisa dès 1895, année où les frères Lumière projetaient leurs premiers films, le fascina. Il s'adonna donc au portrait, photographiant des ballerines dans plusieurs attitudes, et celles-ci firent bientôt leur apparition sur ses toiles. « La danse a été pour moi un prétexte à peindre de jolies étoffes et à rendre le mouvement », écrivit-il alors.
Intégrant largement ce fait négligé ou ignoré par les spécialistes, l'historien d'art Richard Kendall et l'ancien danseur de ballet Jill De Vonyar proposent, dans Degas et les danseuses. L'image en mouvement, un ouvrage magnifique paru récemment aux Éditions Skira Flammarion à Paris proposent une approche nouvelle de cet artiste fasciné par son époque et ce qu'elle générait de sensations et d'images.
Généreusement illustré de pastels, d'esquisses, de dessins préparatoires, de croquis, de gravures, de peintures, de sculptures et de photographies de l'artiste, ce beau livre retrace avec brio l'évolution du travail de Degas et donne à voir la genèse d'une œuvre impérissable.
Signalons enfin que la lecture de ce bel ouvrage pourra être avantageusement complétée d'une visite à l'exposition Degas et le nu qui se tiendra au Musée d'Orsay à Paris du 13 mars au 1er juillet 2012.
Bernard DELCORD
Degas et les danseuses. L'image en mouvement par Richard Kendall & Jill De Vonyar, Paris, Éditions Skira Flammarion, septembre 2011, 276 pp. en quadrichromie au format 25 x 28,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 45 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |
12 02 12
« Chaque baiser est un tremblement de terre. » (Lord Byron)
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Manifestation de l'affection, de l'intimité ou de l'amour, Les Baisers, auxquels Serge Bramly et Jean Coulon ont consacré une magnifique monographie illustrée publiée aux Éditions Flammarion à Paris, sont aussi des moyens d'expression de la transgression et de la mort et ils occupent une place artistique importante dans bien des civilisations, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.
L'ouvrage reproduit fort bellement et commente judicieusement des sculptures, des fresques, des peintures, des estampes et des photographies d'auteurs aussi divers que Jérôme Bosch, Brassaï, Bruegel l'Ancien, Paul Cézanne, Marc Chagall, Larry Clark, Honoré Daumier, Wim Delvoye, Maurice Denis, Marcel Duchamp, Giotto, Jeff Koons, Le Corbusier, René Magritte, Edvard Munch, Pablo Picasso, Man Ray, Bettina Rheims, Pierre-Paul Rubens, Henri de Toulouse-Lautrec, le Véronèse, Wang Du, ainsi que Gustav Klimt et Auguste Rodin bien entendu, sans oublier les anonymes à qui l'on doit des œuvres de l'Égypte, de la Grèce, de la Rome et de l'Inde antiques, du Moyen Âge et de la Renaissance en Europe, ou encore les sculpteurs africains sur bois et les peintres d'estampes japonaises du XIXe siècle.
Qu'il soit échangé entre le dieu Ptah et le pharaon Sésostris Ier, Hercule et Omphale, Sappho et Errina, Léda et le cygne, Jupiter et Io, Psyché et l'Amour, la Vierge Marie et l'enfant Jésus, Judas et le même Jésus, Roméo et Juliette, Pygmalion et Galatée, la Muse et le Poète, la Mort et la Femme, des époux ou des amant(e)s, qu'il ait pour cadre les rues de Paris ou un salon particulier, les frises d'un temple ou un atelier d'artiste, le siège d'une automobile ou celui d'un piano, une chambre d'hôtel ou le jardin d'Éden, qu'il soit volé ou donné, tendre ou voluptueux, mêlé d'acide ou de miel, le baiser a de tout temps inspiré les passions les plus vives et exprimé les sentiments les plus profonds.
Parce qu'il emmène, comme l'écrivait Musset, vers des mondes inconnus !
Bernard DELCORD
Les Baisers par Serge Bramly et Jean Coulon, Paris, Éditions Flammarion, janvier 2012, 256 pp. en quadrichromie au format 21,3 x 28 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |
23 01 12
Un fameux ancien Belge...
Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Traitant en quatre parties (L'individu et le monde ; L'image et la technique ; L'œuvre et sa diversité thématique ; La postérité et la renommée) de la vie et de la production graphique de Pierre Bruegel l'Ancien dans un très beau livre qui vient de reparaître chez Flammarion à Paris (l'édition princeps date de 1997), Philippe et Françoise Roberts-Jones proposent une approche fouillée quoiqu'accessible au profane de celui qui, avec Jan Van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, est considéré comme une des quatre grandes figures de la peinture flamande.
Né à Bruegel (près de Breda, au nord d'Anvers) vers 1525 et mort le 9 septembre 1569 à Bruxelles, l'artiste à qui l'on doit notamment La Chute d'Icare (1558), Le Combat de Carnaval et Carême (1559), Le Triomphe de la Mort (1562), La Chute des anges rebelles (1562), La Tour de Babel (1563), Le Repas de noce (1568) et La Parabole des aveugles (1568) ainsi que des dessins et des gravures de grande qualité, s'il eut une vie fort courte, l'a particulièrement bien remplie en témoignant de la réalité et des vicissitudes de son temps et en marquant l'histoire mondiale de son empreinte décisive et indélébile.
Décisive parce qu'elle jette un pont pictural et technique entre le Moyen Âge des primitifs flamands et la Renaissance italienne, indélébile parce qu'elle ne fut égalée ni par ses contemporains ni par ses épigones.
On ignore presque tout de la personnalité de Bruegel, en dehors de ces quelques lignes de son contemporain le peintre et écrivain flamand Carel van Mander (1548-1606) :
« C'était un homme tranquille, sage, et discret ; mais en compagnie, il était amusant et il aimait faire peur aux gens ou à ses apprentis avec des histoires de fantômes et mille autres diableries. »
Il est vrai que notre homme vivait dans les Marolles...
Bernard DELCORD
Pierre Bruegel l'Ancien par Philippe et Françoise Roberts-Jones, Paris, Éditions Flammarion, collection « Les grandes monographies », novembre 2011, 352 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 26,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 30 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (1) |
Facebook | |
23 01 12
De grands artistes méconnus
Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Dans Des métiers de la mode aux maisons d'art paru à Rennes aux Éditions Ouest-France, l'historienne d'art Alexandra Fau dresse le portrait des petits métiers de la mode qui, depuis le Moyen Âge, ont fait de Paris l'une des capitales mondiales du bon goût vestimentaire.
Sous sa plume ressuscitent, richement illustrés de belles photographies, les talents et la production des artisans d'antan (teinturiers, sabreurs de soie, plisseurs, tailleurs-pourpointiers, couturières, corsetiers, merciers, modistes, boutonniers-passementiers, tissutiers-rubanniers, bonnetiers, bouquetières, fleuristes, perruquiers, plumassiers, chapeliers, gantiers-parfumeurs, éventaillistes, dentellières, brodeurs-chasubliers et autres cordonniers) qui contribuèrent, de manière souvent décisive, à faire les modes en agrémentant les parures et en sublimant les étoffes.
L'auteure prolonge son exploration jusqu'aux célèbres maisons d'aujourd'hui : Michel (chapeaux), Massaro (chaussures), Lesage (broderies), Causse (gants), Lemarié (plumes), Lognon (plisseur) ainsi qu'auprès d'autres petits artisans travaillant dans l'ombre des grandes maisons de couture, qui tous lui ont démontré leur savoir-faire et lui ont livré leurs sources d'inspirations multiples.
Bellissimo !
Bernard DELCORD
Des métiers de la mode aux maisons d'art par Alexandra Fau, Rennes, Éditions Ouest-France, mars 2009, 128 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15,90 € (prix France)
Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage fort élégant les quelques lignes suivantes :
Les tissutiers-rubanniers
Excepté son rôle ornemental, le ruban se prêtait admirablement au langage amoureux.
Dans le roman écrit par Mme de La Fayette en 1678, le duc de Nemours ne surprend-il pas la princesse de Clèves à prendre dans une corbeille pleine de rubans des petits bouts de textile aux couleurs qu'il avait portées au tournoi ? « Il vit qu'elle en faisait des nœuds, à une canne des Indes, fort extraordinaire, qu'il avait donnée à sa sœur, à qui Madame de Clèves l'avait prise. »
De tous les ornements, les rubans étaient pourtant jugés parmi les plus vertueux. Loin du clinquant des diamants et du luxe tapageur des plumes, les demoiselles adoptaient les rubans de soie qui étaient alors le privilège de la jeunesse tout comme l'était le port des fleurs du temps de Marie-Antoinette. Une des filles de Louis XV, déjà fort âgée, ne craint pourtant pas le ridicule lorsqu'elle commande à Adélaïde Labille-Guiard son portrait en tenue d'intérieur très enrubannée : Madame Adélaïde (1787).
La ville de Saint-Étienne se fit une spécialité du ruban. On y comptait trente fabricants en 1669, un chiffre qui ne fit que croître au XVIIIe siècle grâce au succès de ces petits morceaux textiles. Les Stéphanois réussirent à adapter la mécanique Jacquard au métier de ruban avec le métier « à la zurichoise » dans les années 1780. Cette nouvelle machine offrait la possibilité de tisser simultanément jusqu'à 24 pièces, ce qui permit à la Fabrique stéphanoise de s'imposer sur les marchés français et internationaux.
Après la crise de la Révolution et de l'Empire, le ruban, bénéficiant de nouveaux progrès apportés par les métiers Jacquard, connut un essor prodigieux. La production, tournée vers la mode, était très variée : rubans façonnés, unis, noirs ou en couleurs (plusieurs centaines de coloris différents étaient disponibles). Des multiples techniques de tissage (taffetas, sergé, satin) dérivent des produits aux noms précieux : royale, simuline, louisine, crêpe de Chine, faille, ottoman, satinette ... C'est alors que, avec la banalisation de la consommation, le ruban bon marché l'emporta sur le ruban de luxe.
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |
10 12 11
Les 150 printemps de Victor Horta

Quand, en 1901, Victor Horta (1861-1947) s'attaque à la construction de l'Hôtel, pour son frère de Loge, l'avocat Max Hallet, il a déjà de belles réalisations à son actif: les hôtels Autrique, Van Eetvelde, Tassel, Solvay, ....notamment. Il peut dès lors décliner son génie en toute maturité, s'adaptant, comme chaque fois, aux besoins spécifiques de son commanditaire.
Député socialiste, dévoué à la cause des plus démunis, Max Hallet préfère le raffinement à toute forme d'ostentation.
Le marbre blanc veiné alternera dès lors avec des sols en mosaïque, soutenant, réverbérant la luminosité remarquable des lieux. L'omniprésence de boiseries et de courbes réchauffe le coup d'oeil tandis que l'usage des ferronneries et de métal doré allège le côté imposant des lieux.
De son côté, Madame Hallet, passionnée de fleurs, se verra construire, à l'entresol, un jardin - d'hiver - ...extraordinaire: jaillies de la façade, trois baies vitrées, lobées offrent, sur le jardin extérieur, une perspective en triple cul-de-four. Les radiateurs en épousent les courbes. L'eau de pluie, nécessaire à l'arrosage des plantes, est acheminée dans la pièce par un système des plus ingénieux...signé Horta.
Réalisation majeure de l'architecte de génie, l'Hôtel Hallet est un des rares joyaux rescapés de la destruction ou de transformations indues. Acquis en 2006, par Michel Gilbert, passionné d'Art Nouveau et propriétaire de quatre immeubles Horta, l'hôtel a bénéficié d'une restauration intégrale, dans le plus pur souci de son aspect originel. Il est désormais ouvert au public, sur rendez-vous et théâtre de réceptions privées.
Passionnée par l'oeuvre de Victor Horta, Michèle Goslar signe ici une monographie remarquable: elle intègre la biographie de l'Hôtel Hallet dans la perspective complète de la vie et de l’œuvre de l’architecte mais aussi de l'époque et de l’aménagement de la célèbre avenue Louise. L'occasion rêvée pour le lecteur de rassembler, d'organiser ses connaissances sur le sujet. Les quelque cinquante illustrations soulignent magnifiquement le propos et rendent la visite virtuelle très engageante.
Une lecture hautement recommandée.
A (s')offrir sans hésitation.
Apolline Elter
Hôtel Hallet, signé Horta, Michèle Goslar, Beau-livre, Ed. Avant-Propos, octobre 2011, 96 pp, 24,95 €
Billet de faveur
AE : Michèle Goslar, passionnée de l’œuvre de Victor Horta, vous l’êtes aussi de celle – littéraire – de Marguerite Yourcenar. Rappelons que vous avez créé et que vous dirigez Le Centre international de Documentation Marguerite Yourcenar, à Bruxelles. A part le fait, comme vous le rappelez, que la célèbre écrivain est née, avenue Louise, établissez-vous un lien entre ces deux passions ?
Michèle Goslar : Finalement, Marguerite Yourcenar et Victor Horta ont nombre de points en commun : sens du travail acharné et lent (un livre important tout les dix ans pour Yourcenar, remise sur le chantier de ses constructions pour Horta ; recherche de l’expression la plus « exacte » pour les deux ; audace de la pensée dans les deux cas…) même si c’est le hasard d’une interview de Gérard Valley sur la biographie de Yourcenar qui m’a mise sur la voie de la continuation de l’écriture… et la rencontre du livre sur la Maison du Peuple qui m’a conduite à écrire sur Horta. Loin de l’accident de l’avenue Louise, Yourcenar comme Horta sont, pour moi, deux passions. La seule différence entre eux, pour moi, est que l’une est écrivain et l’autre architecte.
La monographie sur l’hôtel Hallet n’est qu’une excroissance d’un gros ouvrage sur Victor Horta qui doit paraître chez Mercator d’ici peu. J’y ai travaillé pendant 12 ans et c’est Michel Gilbert qui, connaissant cet autre vaste projet, m’a demandé de rédiger un livre sur son hôtel ouvert au public et à divers événements car il n’en existait pas.
AE : L’année 2011 célèbre le 150e anniversaire de la naissance de Victor Horta. Michel Gilbert lui rend un hommage remarquable avec la restauration , parachevée, de l’Hôtel Hallet :
Michèle Goslar : J’ai dédicacé mon gros livre sur Horta à Michel Gilbert qui réalise un travail de restauration remarquable des hôtels qu’il a acquis, construits par l’architecte. Je suis heureuse que le livre sur l’hôtel Hallet soit sorti pour cet anniversaire. J’escomptais que le livre sur la vie et l’œuvre de Horta sortirait aussi en 2011, mais il n’est annoncé que pour mars 2012, afin de le rendre unique, notamment par les illustrations (des plans de toutes les constructions de Horta).
Écrit par Apolline Elter dans Arts, Beaux Livres, Biographies | Commentaires (0) |
Facebook | |
22 11 11
Une œuvre éblouissante !
L'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Docteur en histoire de l’art de la Sorbonne – sa thèse portait sur « la peinture de lumière », un courant artistique italien du XVe siècle dont les maîtres furent Masaccio (1401-1428), Piero della Francesca (vers 1412 ou vers 1420-1492) et Fra Angelico (vers 1400-1455) –, université où il enseigna durant trois ans, l’éminent spécialiste Neville Rowley vient de faire paraître dans la célèbre collection « Découvertes » des Éditions Gallimard un petit ouvrage splendide intitulé Fra Angelico - Peintre de lumière à l’occasion de l’exposition Fra Angelico et les maîtres de la lumière qui se tient à Paris du 23 septembre 2011 au 16 janvier 2012 dans les locaux du Musée Jacquemart-André de l’Institut de France [1].
L’auteur s’y penche avec autant de clarté que de sagacité sur la tension interne du frère angélique qui, dit-on, n'arrivait pas à retenir ses larmes en peignant les nombreuses crucifixions dont il a orné les murs de son couvent de San Marco à Florence tout en se hissant au sommet de la modernité (en ce début du XVe siècle, la capitale toscane est le théâtre de l'une des révolutions artistiques les plus importantes de l’histoire, l'invention de la Renaissance), tension qui déboucha sur une œuvre artistique magnifique et paradoxale, fondée autant sur une large ouverture au progrès que sur des convictions religieuses ancrées dans la tradition la plus rigoriste.
Pour le plus grand bonheur des adorateurs de la beauté !
Bernard DELCORD
Fra Angelico - Peintre de lumière par Neville Rowley, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », septembre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,20 € (prix France)
[1] Musée Jacquemart-André, 158, boulevard Haussmann - 75008 PARIS ; Tél. : + 33 (0)1 45 62 11 59 ; www.musee-jacquemart-andre.com
Le Musée se situe à 400 m de la place Charles de Gaulle-Étoile. Métro : lignes 9 et 13 (Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule) ; RER : RER A (Charles de Gaulle-Étoile) ; Bus : 22, 28, 43, 52, 54, 80, 83, 84, 93 ; Parc de stationnement : Haussmann-Berri, au pied du musée, ouvert 24h/24.
Le Musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne les lundis et samedis jusqu’à 21h30 (pas de nocturne les 24 et 31 décembre).
Écrit par Brice dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |
01 11 11
Un splendide musée portatif

Publié aux Éditions Skira-Flammarion à l’occasion de la réouverture du Musée d’Orsay à Paris en octobre 2011 et du nouvel accrochage des galeries de peintures qui l’a accompagnée, le somptueux ouvrage intitulé Peinture - Musée d’Orsay est l’œuvre de Stéphane Guégan, l’actuel conservateur dudit musée.
Il y a rassemblé une magnifique sélection de 300 reproductions de tableaux que l’on peut y voir, d’artistes officiels, académiques ou de genre (Baudry, Belly, Bonnat, Bouguereau, Cabanel, Chassériau, Couture, Daumier, Descamps, Delacroix, Detaille, de Neuville, Fromentin, Gérôme, Ingres, Laurens, Stevens), symbolistes (Klimt, Moreau, Redon, Puvis de Chavannes), réalistes (Antigna, Courbet, Fantin-Latour), de l’école des Barbizon (Rousseau, Millet, Corot), impressionnistes (Bazille, Caillebotte, Cézanne, Degas, Manet, Monet, Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley, Whistler), postimpressionnistes et autres (Cross, Derain, de Vlaminck, Gauguin, Matisse, Munch, Seurat, Signac, Toulouse-Lautrec, Van Gogh) et du groupe des Nabis (Bonnard, Denis, Vuillard)…
Que du beau linge !
Bernard DELCORD
Peinture - Musée d’Orsaypar Stéphane Guégan, préface de Guy Cogeval, Paris, Éditions Skira-Flammarion, octobre 2011, 335 pp. en quadrichromie au format à l’italienne 30 x 25 cm sous couverture cartonnée et toilée en couleurs, 49 € (prix France)
Écrit par Brice dans Arts | Commentaires (0) |
Facebook | |





