12 06 17

« Donnez-moi un musée et je le remplirai. » (Pablo Picasso)

Musée d'Ixelles – Les collections.jpgRiche de plus de 10 000 (chefs-d’) œuvres accumulé(e)s depuis son ouverture en 1892, le musée d’Ixelles [1], l’une des dix-neuf communes de Bruxelles, vaut incontestablement une et même plusieurs visites, et la consultation de son beau catalogue (Musée d'Ixelles – Les collections) ne pourra que vous en convaincre !

Les œuvres phares des collections du musée d'Ixelles se répartissent en cinq catégories [2] :

– Art ancien (XVIe au XVIIIe siècle)

La collection d’art ancien se compose essentiellement d’œuvres d’artistes d’Europe du Nord. Paysages, natures mortes et portraits en sont les thématiques principales. Les portraits, avec leurs étoffes somptueuses et leurs regards pénétrants, témoignent de la vie des habitants. Les tables chargées de victuailles, les trophées de chasse évoquent les mœurs d’antan. De La Cigogne d’Albrecht Dürer à la Vue du Meir d’Erasmus de Bie en passant par des tableaux de Jan Fyt, Godfried Schalcken, Jan-Albrtus Rootius, Bernaert De Rijckere, Anthony De Lorme, Ludolf Backhuyzen ou Jean-Honoré Fragonard, c’est le riche passé de ces régions qui soudain resurgit.

– Affiches

C’est l’une des collections les plus emblématiques du musée – avec notamment la totalité de la production lithographique de Toulouse-Lautrec. Quelque 700 affiches d’artistes belges ou européens, de la Belle Époque aux années 1950 (Pierre Bonnard, Alfons Mucha, Privat Livemont, Armand Rassenfosse, Auguste Donnay…), témoignent des premiers usages publicitaires, vantant les voyages ou les cabarets de Paris. Ce n’en est pas moins un art à part entière. Avec leurs couleurs vives, leurs compositions novatrices, leurs femmes typiques de l’Art nouveau, les affiches ont révolutionné l’art de l’image.

– XIXe siècle

L’art du XIXe siècle occupe une place prépondérante dans les collections du musée d’Ixelles. Du réalisme au symbolisme, en passant par l’impressionnisme, le néo-impressionnisme et l’orientalisme, le parcours révèle les richesses de ce siècle épris de modernité et de liberté créatrice, avec des œuvres de Jacques-Louis David, Gustave Courbet, Théo Van Rysselberghe, Berthe Morisot, Émile Claus, Georges Lemmen, Maurice Denis, Constantin Meunier, William Degouve de, Nuncques, Léon Spilliaert, Fernand Khnopff, Félicien Rops, Henri Evenepoel... Au gré de votre visite, vous serez captés par le déferlement de couleurs, éblouis par le jaillissement de la lumière, étonnés par les jeux de matières picturales audacieuses, mais aussi interpellés par les interrogations sociales ou envoûtés par les atmosphères énigmatiques et veloutées des symbolistes.

– XXe siècle

Le XXe siècle se caractérise comme le siècle des révolutions artistiques et marque l’essor de la modernité. Les collections du musée d’Ixelles révèlent le bouillonnement si particulier de ce siècle, tant au niveau des recherches esthétiques que conceptuelles. Qu’il s’agisse des expériences abstraites ou des explorations des multiples possibilités de la figuration, toutes les tendances dialoguent aux cimaises du musée d’Ixelles : fauvisme, futurisme, constructivisme, expressionnisme, surréalisme, CoBrA jusqu’au Pop Art et à la nouvelle figuration, autour des noms de Maurice de Vlaminck, Rk Wouters, Pablo Picasso, Francis Picabia, René Magritte, Paul Delvaux, Paul Alechinsky, Christian Dotremont, Paul Bury, Marcel Broodthaers, Joan Miro, Jan Fabre…

– Art actuel

Depuis sa constitution, le musée d’Ixelles se consacre à la création contemporaine. Outre les expositions temporaires qui lui sont régulièrement dédiées, de nombreuses acquisitions représentatives des développements de l’art contemporain viennent compléter les collections permanentes. Ainsi, une commission d’experts sélectionne les œuvres d’aujourd’hui estimées devenir les valeurs sûres de demain.

Une mine d’or !

Bernard DELCORD

Musée d'Ixelles – Les collections, ouvrage collectif sous la direction de Claire Leblanc, Milans, Silvana Editoriale, novembre 2010, 192 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

 

[1] 71, rue Jean Van Volsem à 1050 Bruxelles. Tél. +32 (0)2 515 64 21. Du mardi au dimanche, de 9h30 à 17h00 (derniers tickets à 16h45). Fermé le lundi et les jours fériés. Prix d’entrée : 8 € (5 € pour les étudiants, seniors, groupes de 10 personnes ou plus, Amis du Musée, Ixellois, détenteurs d'un billet Thalys et d'un billet SNCB en cours de validation). Site Web : http://www.museedixelles.irisnet.be/

[2] Source : http://www.museedixelles.irisnet.be/presentation/collecti...

27 05 17

Un grand artiste haut en couleurs…

Rik Wouters – Rétrospective (cover).jpgFigure de proue du fauvisme brabançon et maître incontournable de l’Art moderne belge, Rick Wouters (Malines, 1882 - Amsterdam, 1916) a dominé à la fois la peinture, la sculpture et le dessin.

La rétrospective de son œuvre présentée jusqu’au 2 juillet 2017 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, en partenariat avec le Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, est tout à fait exceptionnelle, dans la mesure où elle rassemble pour la première fois la plus importante collection d’œuvres de l’artiste (200 peintures, sculptures et œuvres sur papier, prêtées par plus de 30 musées, institutions et collectionneurs privés belges et étrangers – dont certaines n’ont jamais été montrées au public).

Rik Wouters laisse une œuvre éclatante et colorée, chatoyante et spontanée, entre fauvisme et avant-garde, loin des drames qui ont marqué son existence jusqu’à sa disparition prématurée en 1916, à l’âge de 33 ans, des suites d’un cancer de la face.

Voici ce qu’écrivent les commissaires de l’exposition :

« L’art de Rik Wouters, c’est avant tout une abondance de couleurs. Il n’a pas représenté de scènes mythologiques ou religieuses ni de sujets politiques ou sociaux. Il a puisé son inspiration dans son entourage immédiat : intérieurs de maison, natures mortes, son épouse Nel, paysages de son environnement, portraits d’amis…

Par son langage visuel, la construction de ses sujets et la richesse lumineuse de sa palette, il a développé un style d’avant-garde, tout en ayant été associé à Ensor et à Cézanne.

Rik Wouters – Rétrospective (La Vierge folle).jpg 

La Vierge folle (sculpture inspirée par la danseuse Isadora Duncan, 1877 ou 1878-1927),

1912, Bruxelles, Musée d’Ixelles — © photo : Mixed Media

Rik Wouters fut rapidement apprécié par ses contemporains ; son talent fulgurant, fauché dans sa jeunesse par la Grande Guerre [1] puis la maladie, nous lègue un héritage artistique fascinant et magnifique. »

Rik Wouters – Rétrospective (Reflets).jpg 

Reflets (1912), collection privée © Olivier Bertrand

Incontestablement !

Bernard DELCORD

Rik Wouters – Rétrospective, catalogue d’exposition, préface de Michel Draguet, Paris-Bruxelles, coédition Somogy & Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, mai 2017, 304 pp. en quadrichromie au format 25,4 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu’au 2 juillet 2017.

Adresse : Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : 3, rue de la Régence - 1000 Bruxelles.

Horaires : ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h en semaine, de 11 h à 18 h le week-end. Fermé le lundi.

Tarifs : 8 € plein tarif, 6 € tarif réduit, 2 € : étudiants (-26 ans), groupes scolaires.

 

[1] Contraint, avec son régiment, de se replier sur les Pays-Bas en 1914, il y sera emprisonné jusqu’au printemps 1915, alors qu’il souffre déjà de la maladie qui l’emportera.

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18 05 17

Actes de foi...

Du Jourdain au Congo.jpegSi, passionné comme nous de culture du Continent noir, vous avez manqué l’exposition éponyme qui s’est tenue jusqu’au 2 avril 2017 au Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris et dont le commissaire, Julien Volper, officie en tant que conservateur au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, son catalogue intitulé Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale est un grand must !

Car, écrit-il, « il illustre la singulière histoire par laquelle, sur plus de cinq siècles, les traditions religieuses et politiques de différentes populations d'Afrique centrale ont incorporé la rencontre avec le christianisme par une réinterprétation d'éléments qui leur étaient étrangers, qu'il s'agisse de croyances, de rituels et/ou d'objets.

Ces œuvres (crucifix, statuettes de saint Antoine, figures inspirées du culte marial...) dévoilent ainsi tout le foisonnement artistique et culturel dans la région ».

L’ouvrage abonde d’illustrations, de cartes et d’explications permettant de comprendre le caractère métissé de la religion catholique pratiquée par les Congolais déjà à l’époque précoloniale et ensuite, mais aussi la grandeur du talent d’artistes inspirés et la profonde humanité d’œuvres en prise avec la vie comme elle allait jadis dans les villages et dans la brousse.

C’est que, comme l’écrit John K. Thornton dans un des textes du catalogue, « la conversion du royaume de Kongo fut remarquable à plusieurs égards. Il est en effet inhabituel, dans l'histoire des premiers temps de la colonisation européenne, qu'une région se convertisse en dehors d'un contexte de conquête comme celle des Amériques et des Philippines par l'Espagne, ou celle du Brésil par le Portugal.

Lorsque la conversion n'allait pas de pair avec la conquête, comme en Chine, au Japon ou en Inde, par exemple, il s'agissait en général d'une religion minoritaire tolérée à laquelle ne se convertissaient pas les élites et qui n'était pas encouragée par l'État. Ailleurs, les convertis pouvaient éventuellement se rassembler autour de forteresses ou de comptoirs, à l'écart des grandes conquêtes ou des conversions massives de pays entiers.

Le royaume de Kongo, en revanche, se christianisa par sa propre volonté. Quelques années à peine après le premier contact [avec l’explorateur portugais Diego Cão (vers 1450 - vers 1486) qui fit deux voyages le long de la côte atlantique de l'Afrique au XVe siècle.], Nzinga a Nkuwu décida de se faire chrétien et d'entraîner son pays tout entier derrière lui. C'est donc en 1491 que Nzinga a Nkuwu devint chrétien, se choisissant pour nom de baptême João 1er. Et dès 1530, la nouvelle religion, soutenue par l'État, s'était implantée dans l'ensemble du pays et possédait tout un réseau d'écoles et d'enseignants, et même son propre évêque à partir de 1518.

Du Jourdain au Congo (statuette).jpg 

Pendentif de Denis Malau,

culture kongo, XVIIIe siècle, ivoire, 13 x 4 cm,

Donald & Adele Hall collection

Si l'essor du christianisme fut si rapide dans cette région, c'est justement que la conversion ne découlait pas d'une conquête et que les dirigeants politiques de Kongo décidèrent eux-mêmes d'embrasser cette religion, usant de leur autorité et de leur pouvoir pour l'imposer.

De plus, ces dirigeants étant à l'origine de sa diffusion, les élites de Kongo purent jouer un rôle beaucoup plus important, au moment de déterminer comment la nouvelle religion allait se développer et quels aspects de l'ancienne lui seraient incorporés, que cela n'aurait été le cas s'il s'était agi d'une minorité religieuse ou d'un contexte de conquête.

En réalité, les prêtres portugais qui le connaissaient par son implication dans la mise en forme de la nouvelle foi appelaient Afonso 1er dont le règne commença en 1509, fils et successeur de João 1er, « l 'apôtre du Congo ».

Afin de soutenir cet effort théologique, un certain nombre de jeunes issus de l'élite du royaume furent, à partir de 1483, choisis et envoyés au Portugal pour y étudier ; ils revinrent ensuite au pays pour aider à imaginer comment les concepts théologiques kongo pouvaient être associés aux concepts chrétiens.

À Lisbonne, un établissement éducatif financé par les dominicains répondait aux besoins des étudiants africains ; dans les années 1530, il était dirigé par l'un des cousins d'Afonso qui portait le même prénom ».

Surprenant, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Du Jourdain au Congo – Art et christianisme en Afrique centrale, catalogue d’exposition bilingue français-anglais, Paris, coédition Flammarion & Musée du quai Branly-Jacques Chirac, novembre 2016, 216 pp. en quadrichromie au format 20,4 x 26,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

05 04 17

« Je n'invente rien, je redécouvre. » (Auguste Rodin)

Rodin – L'invention permanente.jpg

Auguste Rodin (1840-1917) est considéré comme le père de la sculpture moderne.

A l’occasion du centenaire de sa mort, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Rodin à Paris présentent jusqu’au 31 juillet 2017 « Rodin. L'exposition du centenaire » où l’on peut voir ses plus grands chefs-d'œuvre (Le Penseur, Le Baiser, Les Bourgeois de Calais…)

Le parcours retrace les rêves et les gloires de ce poète de la passion, maître incontesté et monstre sacré. Entre scandales et coups d’éclat, il révolutionne la création artistique avant Braque, Picasso ou Matisse, et la fait à jamais basculer dans la modernité.

L’exposition revient enfin sur son extraordinaire postérité auprès de générations d’artistes, de Carpeaux à Richier, en passant par Bourdelle, Claudel, Brancusi ou Picasso, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. [1]

Parallèlement, les Éditions Gallimard et celles de la Réunion des Musées nationaux – Grand Palais ont publié, dans la fameuse collection « Découvertes Gallimard », rédigé par Catherine Chevillot [2], un bien joli petit livre-objet intitulé Rodin – L'invention permanente qui va à l’essentiel avec un texte limpide et des photographies qui se déplient pour comparer les œuvres de Rodin à celles de ses épigones.

Les Bourgeois de Calais au Musée de Mariemont (Belgique).jpg

Les Bourgeois de Calais au Musée de Mariemont (Belgique)

Écoutons l’auteure :

« Géant de la sculpture moderne, dont Le Penseur et Le Baiser sont des icônes, Auguste Rodin a tout osé : assemblage de formes préexistantes, utilisation de l'"accident", figures partielles, collages, dessin très libre, travail sur la photographie...

(…)

Des générations d'artistes ont redécouvert un Rodin moderne, insolite, expérimental.

De sa sensibilité esthétique est issue une sculpture dont le naturalisme expressif conserve un attachement à la figure humaine : visages ardents, expressions exacerbées, épidermes frémissants, corps où la chair palpite.

Rodin reste le "maître inépuisable". »

Et incontestable !

Bernard DELCORD

Rodin – L'invention permanente par Catherine Chevillot, Paris, Éditions Gallimard & Rmn-Grand Palais, collection « Découvertes Gallimard », mars 2017, 32 pp. en quadrichromie au format 12,4 x 17,6 cm sous couverture Integra en couleurs, 9,20 € (prix France)

Informations pratiques :

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

F-75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

ENTRÉE DU PUBLIC

Entrée Clemenceau, place Clemenceau, 75008 Paris

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, 75008 Paris

ACCÈS DES PERSONNES À MOBILITÉ RÉDUITE

Avenue du Général Eisenhower – Porte B

HORAIRES

Jusqu’au 31 juillet 2017

Tous les jours de 10 heures à 20 heures

Nocturne le mercredi, le vendredi et le samedi de 10 heures à 22 heures

Fermé le mardi

Fermé le lundi 1er mai et le vendredi 14 juillet

L’exposition participe à la Nuit européenne des musées le 20 mai : entrée gratuite de 20 heures à minuit

Dernier accès à l’exposition : 45 minutes avant la fermeture

Fermeture des salles : à partir de 15 minutes avant la fermeture

TARIFS

Plein tarif : 13 €

Tarif réduit : 9 €

Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes entre 16 et 25 ans) : 35 €

 

[1] Source : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/rodin-lexposition-...

[2] Conservateur du patrimoine depuis 1987, Catherine Chevillot a été successivement adjointe au directeur du musée de Grenoble (1988-1990), conservateur au musée d’Orsay (section sculptures, 1990-1996), chef de la filière Sculpture au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (1999-2003), chef du service de la recherche du musée d’Orsay (2003-2008), conservateur en chef au musée d’Orsay pour la Sculpture (2008-2012). Elle dirige le musée Rodin depuis 2012, et a conduit une très importante campagne de rénovation de l’hôtel Biron, qui présente les collections léguées par Rodin à l’État français en 1916. Docteur en histoire de l’art, elle a soutenu en 2013 (Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense) une thèse intitulée « Paris, creuset pour la sculpture (1900-1914) ». (https://www.franceculture.fr/personne-catherine-chevillot...)

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16 03 17

A bâtons rompus

enthoven.jpg

Tandis que sévit au Louvre, l'exposition consacrée à Vermeer et les maîtres de la peinture de genre  ( du 22 février au 22 mai - réservations en ligne sur le site du musée)et son impressionnant succès de foule, il fait bon se pencher sur les entretiens à bâtons - philosophiques - rompus qu'échangent Jacques Darriulat et son ancien élève d'hypokhâgne, Raphaël Enthoven,  à propos du  célèbre maître de Delft (1632-1675) 

Ce sont en tout cinq entretiens - menés par Raphaël Enthoven - qui d'un regard aigu, autorisé, porté sur les détails des toiles,  invitent le lecteur au coeur de l'esthétique du peintre, ses gammes chromatiques privilegiées, le mènent  à l'intime de son âme

" La peinture était pour Vermeer un exercice de la patience et comme un avant-goût de la vie éternelle." 

De l'Art de la peinture -  oeuvre-*fétiche du peintre aux célèbres Dentellière, Vue de Delft, Jeune fille lisant une lettre, Jeune fille à la perle, .. et Laitière, galvaudée par la publicité Nestlé- Chambourcy,  les philosophes réveillent et révèlent les secrets d'un sphinx, trop  prompt à s'effacer, convoquant au passage, ses contemporains, Descartes, Pascal et compagnie et admirateurs postérieurs, parmi lesquels Marcel Proust tient place de choix..

Apolline Elter

Vermeer: le jour et l'heure, Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven, entretiens, Ed Fayard, février 2017, 304 pp

 

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01 03 17

« Bruxelles, ma belle… » (Dick Annegarn)

100 trésors des musées bruxellois.jpgLes musées de la capitale de l’Europe débordent d’œuvres extraordinaires, comme on peut le découvrir dans le superbe ouvrage collectif intitulé 100 trésors des musées bruxellois publié à Bruxelles aux Éditions Racine, un beau livre qui se doit de trôner dans la bibliothèque de tout amateur d’art qui se respecte.

Qu'il s'agisse d'œuvres de Pieter BRUEGEL l’Ancien, Jan BREUGHEL, Jérôme BOSCH, Quentin METSYS, Rogier VAN DER WEYDEN, Hans MEMLING, ÉRASME, Albrecht DÜRER, Pierre-Paul RUBENS, REMBRANDT, Jacques-Louis DAVID, Félicien ROPS, Constantin MEUNIER, Fernand KHNOPFF, Georges SEURAT, Henri de TOULOUSE-LAUTREC, Victor HORTA, James ENSOR, Gustave DE SMET, Léon SPILLIAERT, René MAGRITTE, Paul DELVAUX, Marcel BROODTHAERS, Francis BACON, PANAMARENKO, Pierre ALECHINSKY, Salvador DALI ou Jan FABRE, des iguanodons de Bernissart, d’un canthare attique à figures rouges, d’une corne à boire mérovingienne, d'un fétiche à clous congolais, d’un porteur d’offrande chimu (représenté en couverture de l’ouvrage et rendu mondialement célèbre par Hergé dans Tintin et l’oreille cassée), du dossier judiciaire Rimbaud-Verlaine de 1872-73, de planches originales de bandes dessinées ou du Manneken Pis fondu en 1619 par Jérôme DUQUESNOY l’Ancien, les 100 trésors présentés dans ce livre appartiennent aux collections permanentes de quelque 41 musées bruxellois.

Ils ont été sélectionnés en fonction de leur portée historique, leur état de conservation, leur unicité ou leur rareté.

Pour chacune des pièces, les auteurs livrent une description, une remise en contexte et une anecdote.

Une vraie mine d’arts…

Bernard DELCORD

100 trésors des musées bruxellois, ouvrage collectif, Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 16 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19,95 €

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28 01 17

« Plus les éléments employés sont purs, plus l'œuvre est pure. » (Édouard Vuillard)

Bonnard & Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière .jpg

Les « Nabis » est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier vers 1888. Le terme Nabi, ou nebiim signifie en hébreu, dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, Nabi a été traduit par « prophète » « illuminé » ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ».

Ce cercle naît d'une controverse autour d'une peinture de Paul Sérusier, Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, réalisée sous la direction de Paul Gauguin, durant l'été 1888. Gauguin encourage Sérusier à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures et vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.

Lorsque Sérusier revient à Paris, son tableau fait naître des débats enflammés avec les autres étudiants de l'Académie Julian et de l'École des Beaux-Arts, sur le rôle sacré de l'art et de la peinture. Sérusier forme alors le groupe des Nabis, avec ses proches amis Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi ainsi que le sculpteur Aristide Maillol les rejoignent.

Ils se donnent tous un surnom, signe de leur initiation, et paraphent les lettres qu'ils échangent du sigle ETPMVMP (« en ta paume mon verbe et ma pensée ») [1].

Vuillard Jeune fille.jpg

 

Édouard Vuillard, Jeune fille la main sur la poignée de la porte (1891)

© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Jusqu’à la fin mars 2017, le musée d'Orsay présente pour la première fois dans ses murs l'ensemble de la donation de Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière consentie au cours de l'année 2010 et dont l'usufruit est tombé avec la disparition de Jean-Pierre Marcie-Rivière, le 6 janvier 2016.

Cette libéralité constitue un événement majeur dans l'histoire des collections publiques françaises qui coïncide avec la célébration des trente ans d'ouverture du musée.

La donation comprend 25 tableaux et 94 dessins de Pierre Bonnard [2] ; 24 tableaux, 3 pastels et 2 dessins d’Édouard Vuillard [3].

Commencée dans les années 1960 par André Levy-Despas, le premier mari de Zeineb Kebaïli, la collection a été poursuivie pendant plus de quarante ans par Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière.

Elle exprime une sensibilité aux sujets intimes et aux compositions mystérieuses parfois jusqu'à l'hermétisme ou la caricature. Soirées musicales, portraits saisis sur le vif, intérieurs avec personnages, scènes urbaines, témoignent des correspondances étroites entre Bonnard et Vuillard au temps des Nabis. Des tableaux de la maturité des deux artistes complètent cet ensemble d'œuvres créées dans les années 1890. À cette époque, Bonnard et Vuillard s'intéressent aux mêmes sujets avec une prédilection pour les scènes intimistes représentant leur univers familier [4].

Bonnard Chien sur la terrasse.jpg

Pierre Bonnard, Chien sur la terrasse (1917)

© Adagp - Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Le superbe catalogue de cette exposition, publié par les Éditions Flammarion et le Musée d’Orsay, s’intitule Bonnard/Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, rassemble 160 illustrations ainsi que des textes remarquables de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, des as de la vulgarisation artistique.

Un ouvrage somptueux !

Bernard DELCORD

Bonnard / Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, catalogue d’exposition avec des textes de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, Paris, Éditions Flammarion & Musée d’Orsay, novembre 2016, 172 pp. en quadrichromie au format 19 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)

Informations pratiques :

Musée d’Orsay

1 rue de la Légion d'honneur

75007 Paris

Salles 67, 68 et 69

Informations téléphoniques : 00 33 1 40 49 48 14

Métro : ligne 12, station Solferino

RER : ligne C, station Musée d'Orsay

Bus : 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

Horaires :

Ouverture de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche de 9h30 à 21h45 le jeudi.

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi.

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi.

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi.

Fermeture tous les lundis.

Tarifs :

Plein tarif : 12 €

Tarif réduit : 9 €

– Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

– Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Gratuit

– Pour tous le premier dimanche de chaque mois.

– Moins de 18 ans.

– 18-25 ans ressortissants ou résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Enseignants des établissements français du primaire au secondaire, munis d'un Pass éducation en cours de validité.

– L'entrée du musée est gratuite et prioritaire par la porte C pour la personne handicapée (mobilité réduite, déficience auditive, intellectuelle ou visuelle) et son éventuel accompagnateur, sur présentation d'un justificatif : cartes délivrées par une MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ou attestation étrangère équivalente, accompagnée d'une pièce d'identité avec photographie.

 

[1] [1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabi_(peinture)

[2] Peintre de personnages, figures, nus, portraits, paysages animés, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, Pierre Bonnard (1867-1947) est un artiste postimpressionniste membre du groupe des Nabis.

[3] Jean Édouard Vuillard (1868-1940) est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français. Membre fondateur du mouvement nabi, il s'est illustré dans la peinture de figures, de portraits, d'intérieurs, de natures mortes, de scènes intimistes, de compositions murales et de décors de théâtre.

[4] Plus d’informations sur http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/bonnard-vuillard...

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21 12 16

« Ce sera l'impression de ce que j'aurai ressenti, moi tout seul. » (Claude Monet)

Tout sur l' impressionnisme.jpgHistorienne de l'art formée à l’École du Louvre, conférencière et journaliste à Connaissance des Arts, Véronique Bouruet Aubertot est l'auteure de L'Art contemporain (Autrement, 1999) et de L'impressionnisme (Palette, 2007). Elle est aussi à l'initiative d'expositions et de projets culturels comme « Paris à petits pas » et « Paris par quartier ».

Elle a fait paraître chez Flammarion à Paris un ouvrage remarquable intitulé Tout sur l'impressionnisme – Panorama d’un mouvement, œuvres phares, repères chronologiques et notions clés dans lequel elle dépoussière une vision convenue de l'impressionnisme en resituant dans son époque et son contexte ce courant décisif qui a initié un renouvellement de l'art occidental.

« Accompagnant la révolution industrielle et le basculement du monde dans la modernité, écrit notre essayiste, l'impressionnisme naît de l'esprit dissident de jeunes artistes, prêts à affronter le mépris et l'opprobre pour émanciper l'art du carcan où il reste enfermé. »

L’ouvrage contient de très nombreuses illustrations et une vingtaine de chefs-d'œuvre [1] sont détaillés à travers des entrées thématiques : la ville, les lieux de plaisir, le jardin, les paysages, l'industrie, les expositions, la révolution photographique, les séries, la place des femmes, la mode, les écrivains...

L’ensemble se complète de biographies de peintres et d’une chronologie.

Un livre qui en met plein la vue !

Bernard DELCORD

Tout sur l'impressionnisme – Panorama d’un mouvement, œuvres phares, repères chronologiques et notions clés par Véronique Bouruet Aubertot, chronologie et biographies par Sylvie Blin, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2016, 384 pp. en quadrichromie au format 17,2 x 24,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 29,90 € (prix France)

 

[1] Rue de Paris, temps de pluie (1877) par Gustave Caillebotte, La Loge (1874) par Auguste Renoir, Le Déjeuner des canotiers (1881) par Auguste Renoir, Les Raboteurs de parquet (1875) par Gustave Caillebotte, L’Atelier rue de La Condamine (1870) par Frédéric Bazille, Olympia (1863) par Édouard Manet, Soleil couchant sur l’Oise (1865) par Charles François Daubigny, Scène d’été (1869) par Frédéric Bazille, La Balançoire (1876) par Auguste Renoir, Les Dindons (1876-77) par Claude Monet, Femme à l’ombrelle tourné vers la gauche (1886) par Claude Monet, Impression, soleil levant (1872) par Claude Monet, Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival (1881) par Berthe Morisot, Portrait d’Émile Zola (1868) par Édouard Manet, Madame Charpentier et ses enfants (1878) par Auguste Renoir, Nymphéas (1914-18) par Claude Monet, Un dimanche à la Grande Jatte (1884-86) par Georges Seurat, Nocturne : bleu et or – Le vieux pont de Battersea (ca 1872-75) par James Abbott McNeil Whistler, La chapelle Rothko (1964) par Mark Rothko,

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« Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue. » (Auguste Rodin)

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Raphaël Masson a été conservateur au musée Rodin, chargé des archives et de la bibliothèque, tandis que Véronique Mattiussi est responsable du fonds historique de la même institution parisienne [1].

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Le Penseur (1880-81)

Il se sont associés pour rédiger un splendide album sobrement intitulé Rodin, publié chez Flammarion à Paris, rassemblant une iconographie forte de nombreux dessins, aquarelles, documents d'archives et nouvelles prises de vue des sculptures, spécialement effectuées pour ce livre qui invite à la redécouverte de l’œuvre d’Auguste Rodin (1840-1917) [2] dont les statues les plus célèbres (Les Bourgeois de Calais, Le Baiser, La Porte de l'Enfer, Le Penseur...), longtemps contestées, appartiennent au patrimoine collectif de l’art occidental.

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Camille Claudel, La Valse, 1905

Bernard DELCORD

Rodin par Raphaël Masson et Véronique Mattiussi, préface de Jacques Vilain, Paris, Éditions Flammarion & Musée Rodin, septembre 2016, 248 pp. en quadrichromie au format 20,3 x 26,1 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

 

[1] 79, rue de Varenne, F-75007 Paris

[2] Qui fut aussi le mentor de la géniale Camille Claudel (1864-1943).

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« Être surréaliste, c'est bannir de l'esprit le déjà vu et rechercher le pas encore vu. » (René Magritte)

Les plus belles œuvres de René Magritte .jpgC'est jusqu'au 23 janvier 2017 que se tient, au Centre Pompidou à Paris, une exposition intitulée René Magritte - La trahison des images qui propose une approche inédite de la production de l’artiste belge.

Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d'autres peu connues, provenant des plus importantes collections publiques et privées, cet événement offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne à travers une centaine de tableaux, de dessins et de documents d’archives.

De leur côté, les Éditions Larousse à Paris ont publié, sous la plume d'Éloi Rousseau, un bel album intitulé Les plus belles œuvres de René Magritte qui offre l'occasion de découvrir son parcours original ainsi que son étonnante personnalité.

Écoutons l'auteur :

« Proche des surréalistes français mais toujours à distance du groupe qu'ils formaient, René Magritte (1898-1967) a poussé à l'extrême leur réflexion sur le rêve, l'étrangeté du réel et la mémoire, devenant un des artistes majeurs du XXe siècle. Ses tableaux stupéfiants explorent les rapports entre le mot et l'image, le nom et la chose, créant un univers trouble et déconcertant. Sa technique, précise et froide, sert des compositions qui, en défiant les lois de la proportion, de la logique et de la science, dévoilent ce qui, au-delà de la vision, demeure caché.

L'homme au chapeau melon qui exerça son ironie à l'encontre de toutes formes d'image, à commencer par celle qu'il renvoyait, n'a eu de cesse de jouer avec nos perceptions et notre conception du monde. Facétieux et provocateur, le maître du surréalisme belge est aujourd'hui un des peintres les plus surprenants, l'incarnation de la puissance de la pensée en peinture. »

Bernard DELCORD

Les plus belles œuvres de René Magritte par Éloi Rousseau, Paris, Éditions Larousse, septembre 2016, 128 pp. en quadrichromie au format 20 x 24,2 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 12,90 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu'au 23 janvier 2017

Centre Pompidou

Galerie 2

Place Georges Pompidou

F-75004 Paris

Tarifs :

Plein tarif : 14 euros

Moins de 26 ans : 11 euros

Horaires d'ouverture :

De 11h à 21h tous les jours sauf le mardi (fermeture des caisses à 20h, sortie des espaces d’exposition à partir de 20h45)

Nocturnes les lundis et les jeudis jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h, sortie des espaces d’exposition à partir de 22h45)