12 02 12
« Chaque baiser est un tremblement de terre. » (Lord Byron)
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Manifestation de l'affection, de l'intimité ou de l'amour, Les Baisers, auxquels Serge Bramly et Jean Coulon ont consacré une magnifique monographie illustrée publiée aux Éditions Flammarion à Paris, sont aussi des moyens d'expression de la transgression et de la mort et ils occupent une place artistique importante dans bien des civilisations, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours.
L'ouvrage reproduit fort bellement et commente judicieusement des sculptures, des fresques, des peintures, des estampes et des photographies d'auteurs aussi divers que Jérôme Bosch, Brassaï, Bruegel l'Ancien, Paul Cézanne, Marc Chagall, Larry Clark, Honoré Daumier, Wim Delvoye, Maurice Denis, Marcel Duchamp, Giotto, Jeff Koons, Le Corbusier, René Magritte, Edvard Munch, Pablo Picasso, Man Ray, Bettina Rheims, Pierre-Paul Rubens, Henri de Toulouse-Lautrec, le Véronèse, Wang Du, ainsi que Gustav Klimt et Auguste Rodin bien entendu, sans oublier les anonymes à qui l'on doit des œuvres de l'Égypte, de la Grèce, de la Rome et de l'Inde antiques, du Moyen Âge et de la Renaissance en Europe, ou encore les sculpteurs africains sur bois et les peintres d'estampes japonaises du XIXe siècle.
Qu'il soit échangé entre le dieu Ptah et le pharaon Sésostris Ier, Hercule et Omphale, Sappho et Errina, Léda et le cygne, Jupiter et Io, Psyché et l'Amour, la Vierge Marie et l'enfant Jésus, Judas et le même Jésus, Roméo et Juliette, Pygmalion et Galatée, la Muse et le Poète, la Mort et la Femme, des époux ou des amant(e)s, qu'il ait pour cadre les rues de Paris ou un salon particulier, les frises d'un temple ou un atelier d'artiste, le siège d'une automobile ou celui d'un piano, une chambre d'hôtel ou le jardin d'Éden, qu'il soit volé ou donné, tendre ou voluptueux, mêlé d'acide ou de miel, le baiser a de tout temps inspiré les passions les plus vives et exprimé les sentiments les plus profonds.
Parce qu'il emmène, comme l'écrivait Musset, vers des mondes inconnus !
Bernard DELCORD
Les Baisers par Serge Bramly et Jean Coulon, Paris, Éditions Flammarion, janvier 2012, 256 pp. en quadrichromie au format 21,3 x 28 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)
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23 01 12
Un fameux ancien Belge...
Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Traitant en quatre parties (L'individu et le monde ; L'image et la technique ; L'œuvre et sa diversité thématique ; La postérité et la renommée) de la vie et de la production graphique de Pierre Bruegel l'Ancien dans un très beau livre qui vient de reparaître chez Flammarion à Paris (l'édition princeps date de 1997), Philippe et Françoise Roberts-Jones proposent une approche fouillée quoiqu'accessible au profane de celui qui, avec Jan Van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens, est considéré comme une des quatre grandes figures de la peinture flamande.
Né à Bruegel (près de Breda, au nord d'Anvers) vers 1525 et mort le 9 septembre 1569 à Bruxelles, l'artiste à qui l'on doit notamment La Chute d'Icare (1558), Le Combat de Carnaval et Carême (1559), Le Triomphe de la Mort (1562), La Chute des anges rebelles (1562), La Tour de Babel (1563), Le Repas de noce (1568) et La Parabole des aveugles (1568) ainsi que des dessins et des gravures de grande qualité, s'il eut une vie fort courte, l'a particulièrement bien remplie en témoignant de la réalité et des vicissitudes de son temps et en marquant l'histoire mondiale de son empreinte décisive et indélébile.
Décisive parce qu'elle jette un pont pictural et technique entre le Moyen Âge des primitifs flamands et la Renaissance italienne, indélébile parce qu'elle ne fut égalée ni par ses contemporains ni par ses épigones.
On ignore presque tout de la personnalité de Bruegel, en dehors de ces quelques lignes de son contemporain le peintre et écrivain flamand Carel van Mander (1548-1606) :
« C'était un homme tranquille, sage, et discret ; mais en compagnie, il était amusant et il aimait faire peur aux gens ou à ses apprentis avec des histoires de fantômes et mille autres diableries. »
Il est vrai que notre homme vivait dans les Marolles...
Bernard DELCORD
Pierre Bruegel l'Ancien par Philippe et Françoise Roberts-Jones, Paris, Éditions Flammarion, collection « Les grandes monographies », novembre 2011, 352 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 26,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 30 € (prix France)
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23 01 12
De grands artistes méconnus
Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Dans Des métiers de la mode aux maisons d'art paru à Rennes aux Éditions Ouest-France, l'historienne d'art Alexandra Fau dresse le portrait des petits métiers de la mode qui, depuis le Moyen Âge, ont fait de Paris l'une des capitales mondiales du bon goût vestimentaire.
Sous sa plume ressuscitent, richement illustrés de belles photographies, les talents et la production des artisans d'antan (teinturiers, sabreurs de soie, plisseurs, tailleurs-pourpointiers, couturières, corsetiers, merciers, modistes, boutonniers-passementiers, tissutiers-rubanniers, bonnetiers, bouquetières, fleuristes, perruquiers, plumassiers, chapeliers, gantiers-parfumeurs, éventaillistes, dentellières, brodeurs-chasubliers et autres cordonniers) qui contribuèrent, de manière souvent décisive, à faire les modes en agrémentant les parures et en sublimant les étoffes.
L'auteure prolonge son exploration jusqu'aux célèbres maisons d'aujourd'hui : Michel (chapeaux), Massaro (chaussures), Lesage (broderies), Causse (gants), Lemarié (plumes), Lognon (plisseur) ainsi qu'auprès d'autres petits artisans travaillant dans l'ombre des grandes maisons de couture, qui tous lui ont démontré leur savoir-faire et lui ont livré leurs sources d'inspirations multiples.
Bellissimo !
Bernard DELCORD
Des métiers de la mode aux maisons d'art par Alexandra Fau, Rennes, Éditions Ouest-France, mars 2009, 128 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15,90 € (prix France)
Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage fort élégant les quelques lignes suivantes :
Les tissutiers-rubanniers
Excepté son rôle ornemental, le ruban se prêtait admirablement au langage amoureux.
Dans le roman écrit par Mme de La Fayette en 1678, le duc de Nemours ne surprend-il pas la princesse de Clèves à prendre dans une corbeille pleine de rubans des petits bouts de textile aux couleurs qu'il avait portées au tournoi ? « Il vit qu'elle en faisait des nœuds, à une canne des Indes, fort extraordinaire, qu'il avait donnée à sa sœur, à qui Madame de Clèves l'avait prise. »
De tous les ornements, les rubans étaient pourtant jugés parmi les plus vertueux. Loin du clinquant des diamants et du luxe tapageur des plumes, les demoiselles adoptaient les rubans de soie qui étaient alors le privilège de la jeunesse tout comme l'était le port des fleurs du temps de Marie-Antoinette. Une des filles de Louis XV, déjà fort âgée, ne craint pourtant pas le ridicule lorsqu'elle commande à Adélaïde Labille-Guiard son portrait en tenue d'intérieur très enrubannée : Madame Adélaïde (1787).
La ville de Saint-Étienne se fit une spécialité du ruban. On y comptait trente fabricants en 1669, un chiffre qui ne fit que croître au XVIIIe siècle grâce au succès de ces petits morceaux textiles. Les Stéphanois réussirent à adapter la mécanique Jacquard au métier de ruban avec le métier « à la zurichoise » dans les années 1780. Cette nouvelle machine offrait la possibilité de tisser simultanément jusqu'à 24 pièces, ce qui permit à la Fabrique stéphanoise de s'imposer sur les marchés français et internationaux.
Après la crise de la Révolution et de l'Empire, le ruban, bénéficiant de nouveaux progrès apportés par les métiers Jacquard, connut un essor prodigieux. La production, tournée vers la mode, était très variée : rubans façonnés, unis, noirs ou en couleurs (plusieurs centaines de coloris différents étaient disponibles). Des multiples techniques de tissage (taffetas, sergé, satin) dérivent des produits aux noms précieux : royale, simuline, louisine, crêpe de Chine, faille, ottoman, satinette ... C'est alors que, avec la banalisation de la consommation, le ruban bon marché l'emporta sur le ruban de luxe.
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10 12 11
Les 150 printemps de Victor Horta

Quand, en 1901, Victor Horta (1861-1947) s'attaque à la construction de l'Hôtel, pour son frère de Loge, l'avocat Max Hallet, il a déjà de belles réalisations à son actif: les hôtels Autrique, Van Eetvelde, Tassel, Solvay, ....notamment. Il peut dès lors décliner son génie en toute maturité, s'adaptant, comme chaque fois, aux besoins spécifiques de son commanditaire.
Député socialiste, dévoué à la cause des plus démunis, Max Hallet préfère le raffinement à toute forme d'ostentation.
Le marbre blanc veiné alternera dès lors avec des sols en mosaïque, soutenant, réverbérant la luminosité remarquable des lieux. L'omniprésence de boiseries et de courbes réchauffe le coup d'oeil tandis que l'usage des ferronneries et de métal doré allège le côté imposant des lieux.
De son côté, Madame Hallet, passionnée de fleurs, se verra construire, à l'entresol, un jardin - d'hiver - ...extraordinaire: jaillies de la façade, trois baies vitrées, lobées offrent, sur le jardin extérieur, une perspective en triple cul-de-four. Les radiateurs en épousent les courbes. L'eau de pluie, nécessaire à l'arrosage des plantes, est acheminée dans la pièce par un système des plus ingénieux...signé Horta.
Réalisation majeure de l'architecte de génie, l'Hôtel Hallet est un des rares joyaux rescapés de la destruction ou de transformations indues. Acquis en 2006, par Michel Gilbert, passionné d'Art Nouveau et propriétaire de quatre immeubles Horta, l'hôtel a bénéficié d'une restauration intégrale, dans le plus pur souci de son aspect originel. Il est désormais ouvert au public, sur rendez-vous et théâtre de réceptions privées.
Passionnée par l'oeuvre de Victor Horta, Michèle Goslar signe ici une monographie remarquable: elle intègre la biographie de l'Hôtel Hallet dans la perspective complète de la vie et de l’œuvre de l’architecte mais aussi de l'époque et de l’aménagement de la célèbre avenue Louise. L'occasion rêvée pour le lecteur de rassembler, d'organiser ses connaissances sur le sujet. Les quelque cinquante illustrations soulignent magnifiquement le propos et rendent la visite virtuelle très engageante.
Une lecture hautement recommandée.
A (s')offrir sans hésitation.
Apolline Elter
Hôtel Hallet, signé Horta, Michèle Goslar, Beau-livre, Ed. Avant-Propos, octobre 2011, 96 pp, 24,95 €
Billet de faveur
AE : Michèle Goslar, passionnée de l’œuvre de Victor Horta, vous l’êtes aussi de celle – littéraire – de Marguerite Yourcenar. Rappelons que vous avez créé et que vous dirigez Le Centre international de Documentation Marguerite Yourcenar, à Bruxelles. A part le fait, comme vous le rappelez, que la célèbre écrivain est née, avenue Louise, établissez-vous un lien entre ces deux passions ?
Michèle Goslar : Finalement, Marguerite Yourcenar et Victor Horta ont nombre de points en commun : sens du travail acharné et lent (un livre important tout les dix ans pour Yourcenar, remise sur le chantier de ses constructions pour Horta ; recherche de l’expression la plus « exacte » pour les deux ; audace de la pensée dans les deux cas…) même si c’est le hasard d’une interview de Gérard Valley sur la biographie de Yourcenar qui m’a mise sur la voie de la continuation de l’écriture… et la rencontre du livre sur la Maison du Peuple qui m’a conduite à écrire sur Horta. Loin de l’accident de l’avenue Louise, Yourcenar comme Horta sont, pour moi, deux passions. La seule différence entre eux, pour moi, est que l’une est écrivain et l’autre architecte.
La monographie sur l’hôtel Hallet n’est qu’une excroissance d’un gros ouvrage sur Victor Horta qui doit paraître chez Mercator d’ici peu. J’y ai travaillé pendant 12 ans et c’est Michel Gilbert qui, connaissant cet autre vaste projet, m’a demandé de rédiger un livre sur son hôtel ouvert au public et à divers événements car il n’en existait pas.
AE : L’année 2011 célèbre le 150e anniversaire de la naissance de Victor Horta. Michel Gilbert lui rend un hommage remarquable avec la restauration , parachevée, de l’Hôtel Hallet :
Michèle Goslar : J’ai dédicacé mon gros livre sur Horta à Michel Gilbert qui réalise un travail de restauration remarquable des hôtels qu’il a acquis, construits par l’architecte. Je suis heureuse que le livre sur l’hôtel Hallet soit sorti pour cet anniversaire. J’escomptais que le livre sur la vie et l’œuvre de Horta sortirait aussi en 2011, mais il n’est annoncé que pour mars 2012, afin de le rendre unique, notamment par les illustrations (des plans de toutes les constructions de Horta).
Écrit par Apolline Elter dans Arts, Beaux Livres, Biographies | Commentaires (0) |
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22 11 11
Une œuvre éblouissante !
L'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Docteur en histoire de l’art de la Sorbonne – sa thèse portait sur « la peinture de lumière », un courant artistique italien du XVe siècle dont les maîtres furent Masaccio (1401-1428), Piero della Francesca (vers 1412 ou vers 1420-1492) et Fra Angelico (vers 1400-1455) –, université où il enseigna durant trois ans, l’éminent spécialiste Neville Rowley vient de faire paraître dans la célèbre collection « Découvertes » des Éditions Gallimard un petit ouvrage splendide intitulé Fra Angelico - Peintre de lumière à l’occasion de l’exposition Fra Angelico et les maîtres de la lumière qui se tient à Paris du 23 septembre 2011 au 16 janvier 2012 dans les locaux du Musée Jacquemart-André de l’Institut de France [1].
L’auteur s’y penche avec autant de clarté que de sagacité sur la tension interne du frère angélique qui, dit-on, n'arrivait pas à retenir ses larmes en peignant les nombreuses crucifixions dont il a orné les murs de son couvent de San Marco à Florence tout en se hissant au sommet de la modernité (en ce début du XVe siècle, la capitale toscane est le théâtre de l'une des révolutions artistiques les plus importantes de l’histoire, l'invention de la Renaissance), tension qui déboucha sur une œuvre artistique magnifique et paradoxale, fondée autant sur une large ouverture au progrès que sur des convictions religieuses ancrées dans la tradition la plus rigoriste.
Pour le plus grand bonheur des adorateurs de la beauté !
Bernard DELCORD
Fra Angelico - Peintre de lumière par Neville Rowley, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », septembre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,20 € (prix France)
[1] Musée Jacquemart-André, 158, boulevard Haussmann - 75008 PARIS ; Tél. : + 33 (0)1 45 62 11 59 ; www.musee-jacquemart-andre.com
Le Musée se situe à 400 m de la place Charles de Gaulle-Étoile. Métro : lignes 9 et 13 (Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule) ; RER : RER A (Charles de Gaulle-Étoile) ; Bus : 22, 28, 43, 52, 54, 80, 83, 84, 93 ; Parc de stationnement : Haussmann-Berri, au pied du musée, ouvert 24h/24.
Le Musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne les lundis et samedis jusqu’à 21h30 (pas de nocturne les 24 et 31 décembre).
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01 11 11
Un splendide musée portatif

Publié aux Éditions Skira-Flammarion à l’occasion de la réouverture du Musée d’Orsay à Paris en octobre 2011 et du nouvel accrochage des galeries de peintures qui l’a accompagnée, le somptueux ouvrage intitulé Peinture - Musée d’Orsay est l’œuvre de Stéphane Guégan, l’actuel conservateur dudit musée.
Il y a rassemblé une magnifique sélection de 300 reproductions de tableaux que l’on peut y voir, d’artistes officiels, académiques ou de genre (Baudry, Belly, Bonnat, Bouguereau, Cabanel, Chassériau, Couture, Daumier, Descamps, Delacroix, Detaille, de Neuville, Fromentin, Gérôme, Ingres, Laurens, Stevens), symbolistes (Klimt, Moreau, Redon, Puvis de Chavannes), réalistes (Antigna, Courbet, Fantin-Latour), de l’école des Barbizon (Rousseau, Millet, Corot), impressionnistes (Bazille, Caillebotte, Cézanne, Degas, Manet, Monet, Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley, Whistler), postimpressionnistes et autres (Cross, Derain, de Vlaminck, Gauguin, Matisse, Munch, Seurat, Signac, Toulouse-Lautrec, Van Gogh) et du groupe des Nabis (Bonnard, Denis, Vuillard)…
Que du beau linge !
Bernard DELCORD
Peinture - Musée d’Orsaypar Stéphane Guégan, préface de Guy Cogeval, Paris, Éditions Skira-Flammarion, octobre 2011, 335 pp. en quadrichromie au format à l’italienne 30 x 25 cm sous couverture cartonnée et toilée en couleurs, 49 € (prix France)
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29 10 11
Le plus beau musée du monde…
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Rédigé par un spécialiste (diplômé de l’Institut des hautes études en sciences sociales à Paris, Vincent Brocvielle a longtemps travaillé pour le ministère français de la Culture, au musée Rodin notamment), Le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art est un ouvrage particulièrement soigné qui, en sept chapitres chronologiques allant de l’art égyptien jusqu’à nos jours, des tablettes de Mésopotamie à la photo numérique, des cathédrales gothiques aux impressionnistes, des génies de la Renaissance italienne au siècle de Picasso, permet au lecteur immanquablement sous le charme de découvrir les grandes périodes, les principaux styles et courants esthétiques, les artistes les plus marquants et les chefs-d' œuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture mondiales.
Chaque période s’ouvre par une introduction expliquant les différents courants et les grands principes esthétiques de l’époque, tandis que chaque courant ou artiste est présenté par une œuvre représentative de son style ou de sa démarche.
L’auteur replace également chaque création dans son contexte historique et montre comment les grandes découvertes et les changements de société ont influencé l’artiste qui l’a produite.
Quant aux splendides reproductions photographiques, elle s’accompagnent de mises en lumière des œuvres par une analyse synthétique, rythmée de commentaires d'historiens de l'art reconnus et jalonnée de réflexions parfois étonnantes des artistes sur leurs propres créations, tandis que des encadrés expliquent la manière et la technique auxquelles ils ont recouru.
Il n’y a pas à dire, c’st de la belle ouvrage… Alors, disons le quand même, haut et clair !
Bernard DELCORD
Le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Larousse, collection « Le Petit Larousse de… », octobre 2010, 319 pp. en quadrichromie au format 19 x 24 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,90 € (prix France)
Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage magnifique les quelques lignes suivantes :
Rubens
Peintre flamand. Orphelin de père, Petrus Paulus Rubens s’installe à Anvers et suit une formation de peintre paysagiste et d’histoire. Il voyage en Italie puis en Espagne, revient dans les Flandres et monte son atelier. Son style s’élabore en alliant l’italien (romantisme) et l’audace des compositions décoratives. L’atelier prospère, les commandes affluent (L’Adoration des Mages, l’Érection de la Croix, Jupiter et Callisto), lui permettant d’aborder tous les thèmes et d’expérimenter les effets de lumière (luminisme) et de teintes nouveaux. Son dessin est précis et son ambition infatigable. Il traduit dans chacune de ses toiles une énergie extraordinaire, une vitalité et une sensualité sans limites. Son génie s’expérimente en particulier dans les cycles décoratifs, il y fait la démonstration d’un dynamisme rythmique, d’un grand souci de lisibilité des sujets et d’une exaltation toute baroque.
Quelques dates essentielles
– 1577 Naissance à Siegen, Westphalie
–1610 L’Érection de la Croix
–1612 La Descente de Croix
–1621-1625 Cycle de la vie de Marie de Médicis
–1639 Les Trois Grâces
– 1640 Mort à Anvers
L’Enlèvement des filles de Leucippe (v. 1618)

Les filles de Leucippe, roi d’Argos, sont fiancées lorsque Castor et Pollux les enlèvent. Le rapt a lieu dans la campagne. Cupidon tient les rênes. Deux amours ailés interviennent afin d’aider les demi-dieux à hisser les sœurs sur leurs montures.
La toile mesure plus de deux mètres de côté, autant dire une promenade de santé pour un artiste coutumier des grands formats. On note deux sources d’inspiration italiennes, L’Enlèvement des Sabines de Jean Bologne, une sculpture que Rubens avait vue place Signoria à Florence. Et les nus vénitiens, opulents et dorés, qui le disputent à l’époque aux beautés flamandes. Mais l’allégorie est plus ancienne, on la trouvait sur les sarcophages de l’Antiquité, elle représentait le salut de l’âme. Qu’en fait Rubens ? Il compose à partir du dédoublement des figures, s’appuyant sur des diagonales ascendantes contre lesquelles s’amalgament et s’équilibrent des masses colorées. Les mouvements sont balancés de part et d’autre de l’oblique.
Le groupe s’épanouit à partir des pieds jusqu’aux volutes que dessinent les crinières pour s’associer aux nuages. Les formes s’enchevêtrent et tourbillonnent comme le plus souvent dans les toiles du maître ; ses plantureux nus féminins respirent la santé, la couleur devient la substance même des personnages, leur consistance est palpable.
Cette scène de ravissement marque en outre un point de bascule entre la peinture classique et l’art baroque. Son lyrisme évident est un hymne à l’amour qui réussit à associer la plénitude physique de la femme au désir ardent de l’homme. « Tomber amoureux, c’est reconduire un peu du temps archaïque où les hommes devaient enlever les femmes pour assurer l’exogamie : tout amoureux qui reçoit le coup de foudre a quelque chose d’une Sabine ou de n’importe laquelle des enlevées célèbres » (Barthes).
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06 10 11
Beautés nouvelles…
Au XIXe siècle, le paysage parisien subit des transformations profondes. La ville devient tentaculaire – comme disait Émile Verhaeren – et se modernise à grands pas, avec ses cafés, ses cafés-concerts, ses brasseries, ses bals, ses cirques, ses opéras, ses théâtres, ses parcs, ses jardins publics, ses grands magasins, ses gares, son métropolitain…
Autant de thèmes nouveaux pour les peintres du temps qui ont pour nom Bonnard, Caillebotte, Degas, Doré, Forain, Gauguin, Manet, Monet, Pissarro, Puvis de Chavannes, Renoir, Signac, Stevens, Toulouse-Lautrec, Vallotton ou Vuillard, dont les historiennes d’art Caroline Mathieu et Isabelle Julia ont rassemblé des œuvres représentatives du thème, conservées au Musée d’Orsay, dans un fort bel album intitulé Paris au temps des impressionnistes, 1848-1914, catalogue de l’exposition éponyme qui s’est tenue dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de la capitale française jusqu’au 30 juillet 2011.
Une magnifique séance de rattrapage pour ceux qui ne l’auraient pas admirée !
Bernard DELCORD
Paris au temps des impressionnistes, 1848-1914 par Caroline Mathieu & Isabelle Julia, Paris, Éditions Skira/Flammarion, avril 2011, 190 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)
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05 06 11
Un livre qui rend intelligent !
Dans L’art contemporain depuis 1945, le grand spécialiste Jean-Louis Pradel (il est historien, critique et chroniqueur d’art tout en enseignant l’art contemporain à l’École nationale des arts décoratifs à Paris) fait le point avec beaucoup de clarté sur la question de l’art actuel et il replace chaque courant, groupe ou mouvement ainsi que les artistes dans leur contexte politique, social et culturel, aidant ainsi à orienter lecteur dans le labyrinthe multiforme des créations de Jean Dubuffet, Victor Vasarely, Francis Bacon, Pierre Soulages, Andy Warhol, Jackson Pollock, Ernest Pignon-Ernest, Mark Rothko, Robert Ryman, Marcel Broodthaers, Pol Bury ou Jean-Michel Basquiat ainsi que parmi les néons de Dan Flavin, les peintures de Barcelo, les installations en acier de Richard Serra, les installations vidéo de Nam June Paik, les compressions de César, les empaquetages de Christo, les vêtements d'Issey Miyake, les productions du Land Art, les personnages en fibre de verre de Duane Hanson ou les architectures de Tadao Ando et de Jean Nouvel.
Le pop art, l’art cinétique, l’op art, l’art conceptuel, les happenings, le Nouveau Réalisme, l’hyperréalisme, le Minimal Art, Cobra, le néo-expressionnisme allemand ou la trans-avant-garde italienne sont notamment passés en revue dans l’ouvrage et joliment illustrés, avec un grand sens didactique qui permet de cerner rapidement les enjeux et de comprendre les œuvres qui en résultent.
Une fameuse gageure et une belle réussite !
Bernard DELCORD
L’art contemporain depuis 1945 par Jean-Louis Pradel, Paris, Éditions Larousse, collection « Comprendre & reconnaître », mai 2011, 160 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)
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10 04 11
L'art pour tous
L'Art déco, nom donné au style « moderne » du XXe siècle, connut un rayonnement mondial pendant l'entre-deux-guerres, et l’ouvrage intitulé Art déco 1910-1939 paru récemment à Bruxelles, aux Éditions de La Renaissance du Livre sous la direction de Charlotte Benton, Tim Benton & Ghislaine Wood, montre combien il laissa son empreinte dans presque tous les domaines visuels, des beaux-arts à l'architecture, de la décoration à la mode et au textile, du cinéma à la photographie.
C’est d’ailleurs ce caractère éclectique qui fut la clé de son succès et qui contribua à le faire connaître du grand public.
Représenté par des artistes aussi différents que Le Corbusier, René Lalique, Man Ray, Tamara de Lempicka, Raoul Dufy, Cartier, Elsa Schiaparelli, Jeanne Lanvin, Jean Patou, Victor Margueritte, Sonia et Robert Delaunay, l'Art déco réussit à créer un style, une attitude, une approche ou un contexte autant que des traits distinctifs.
Sa capacité à exprimer les différentes identités nationales et son association au glamour et au chic métropolitains firent de lui un style global au-dessus des frontières régionales et nationales, tout en réconciliant l'artiste avec les méthodes de production en série afin de réaliser des objets fonctionnels, bien conçus et possédant des qualités propres, individuelles.
Tombé en disgrâce jusqu'aux années 1960, il fut redécouvert en Occident, grâce notamment à l'émergence d'un nouveau marché ouvert au design individualiste, et il fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte auprès des amateurs d’art.
Comme on les comprend !
Bernard DELCORD
Art déco 1910-1939 sous la direction de Charlotte Benton, Tim Benton & Ghislaine Wood, Bruxelles, La Renaissance du Livre, février 2011, 460 pp. en quadrichromie au format 24,6 x 28,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,50 €
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