Apolline Elter
Apolline Elter a écrit 94 notes
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26.11.2011
Le dernier amour de George Sand
"Voilà peut-être ce que l'on appelle la maturité: le sentiment du bonheur, la capacité d'en jouir, la conscience de sa fragilité."
C'est à la figure d'Alexandre Manceau - le "dernier amour" de George Sand que la biographe Evelyne Bloch-Dano s'attache, dans un essai vivant, brillant, passionnant.
La célèbre écrivain a 45 ans quand Alexandre Manceau entre dans sa vie; il en a 13 de moins. A première vue, il paraît son valet, attentif à ses moindres désirs, lui qui "se met tout entier dans un verre d'eau qu'il m'apporte ou dans une cigarette qu'il m'allume." Mais la relation est bien plus riche qu'il n'y paraît: "seul homme à la mesure de la générosité [sandienne]", Alexandre sera 15 ans durant le compagnon "à la fois homme et femme comme elle", d'une George Sand apaisée, simplement heureuse d'aimer. La période est féconde pour l'écrivain qui publiera alors pas moins de cinquante ouvrages. Seule la mort d'Alexandre, en 1865, rompra l'harmonie du couple.
Au départ de cette période de quinze ans et d'une analyse approfondie du couple Sand - Manceau, Evelyne Bloch-Dano autopsie la relation violente qui unit George Sand à Solange, sa fille: fille présumée de Stéphane d'Ajasson de Grandsagne, Solange restera toute sa vie, « la part d'ombre » (et d'échec) de sa mère.
En parallèle et écho contrasté, la relation tendre, généreuse, passionnée qui lie l'écrivain à son fils chéri, Maurice, alias "Bibi", à ses petits-enfants, dont sa chère Nini, tragiquement décédée, à sa belle –fille, Lina Calamatta - "J'adore ma nouvelle fille » - et à tous ces enfants d'adoption que George Sand couvera de son aile bienveillante.
Et puis, il y a le portrait de Nohant, la demeure qui incarne l'hospitalité légendaire de sa propriétaire (rendez-vous, demain à 17 heures pour un High Tea centré sur un magnifique passage de l'ouvrage). Nohant qui aura vu tant de personnalités de prestige, Balzac, Flaubert, Tourgueniev, Liszt, Marie d'Agoult, Théophile Gauthier, Edmond Plauchut.... s'assoir à sa table, goûter aux joies d'un séjour qui pouvait parfois se prolonger plusieurs années...
Merveilleuse George Sand, sincère, altruiste et entière dans ses engagements.
Une lecture hautement recommandée
Apolline Elter
Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, septembre 2010, 320 pp, 20 €
Billet de ferveur
AE: Evelyne Bloch-Dano, vous voyez en Nohant, la "texture du paysage mental" de George Sand. Le lecteur sent battre le coeur de la demeure, à travers les passages que vous lui consacrez. (Quand) nous concocterez-vous une biographie de Nohant?
Evelyne Bloch-Dano: Ce n’est pas dans mes projets ! J’ai jadis consacré un livre à la maison d’Émile Zola (Le roman d’une maison – Chez les Zola à Médan Payot), mais on a déjà beaucoup écrit sur Médan…
AE: George Sand se serait-elle éprise d'Alexandre Manceau si elle l'avait rencontré, dix ans plus tôt?
Evelyne Bloch-Dano: Comment savoir ? Probablement, non. Dix ans plus tôt, à peu de choses près, elle rencontrait Chopin…
AE: A votre avis, quelle serait la "madeleine de Proust" de George Sand?
Evelyne Bloch-Dano: Je renvoie vos lecteurs au très beau début du chapitre 11 de la deuxième partie de Histoire de ma vie, dans lequel elle évoque la mémoire et les souvenirs d’enfance…
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24.11.2011
Uchronique, vous avez dit..
Qui n'a rêvé de refaire le cours de l'Histoire?
Stéphane de Lobkowicz le réalise qui nous propose un roman "uchronique", ressuscitant la Reine Astrid de l'accident automobile de Küssnacht, tandis que son royal époux décède sur le coup.
Une inversion des rôles qui change le cours des événements et d'une Histoire belge que l'auteur imagine avec une fougue jubilatoire : attendant la majorité de Baudouin, âgé de 4 ans à l'époque, la Reine Elisabeth accepte d'assurer la régence du Royaume. La guerre 40-45 la propulse Commandant en Chef de l'Armée, rôle qu'elle assume avec autorité et courage. Exilée en Espagne et à Londres, la famille royale aura la grande joie de s'adjoindre les services d'une gouvernante, hors pair, une certaine Lilian Baels....
Dotée d'une connaissance aiguë de cette période de l'Histoire, Stéphane de Lobkowicz s'offre le plaisir visible de la réorganiser. Les lecteurs un peu perdus - dont je suis - pourront remettre leurs pendules à l'heure des faits avérés en découvrant l'annexe rédigée par Charles de Trazegnies, en fin d'ouvrage , " Les faits tels qu'ils se sont réellement produits et succédés dans le temps."
Dès lors, autant savourer en toute sérénité , le mauvais quart d'heure que la Reine Elisabeth fait passer à Hitler, l'invectivant en son dialecte bavarois natal, le lapin que le Prince Charles pose à l'Occupant (allemand) et le cri (du coeur) d'un certain Jules Lahaut....
Apolline Elter
La reine Astrid n'est pas morte à Küssnacht, Stéphane de Lobkowicz, roman historique (uchronique), Editions de l'Arbre, novembre 2011, 332 pp, 18,9 €
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22.11.2011
De main de maître
" Me consacrer à la chirurgie de la main à une époque où elle était encore pratiquement inexistante en France tenait de la gageure,..."
Né en 1915, Raoul Tubiana vit une enfance heureuse et choyée en Algérie. La santé fragile de sa maman, son décès, confirment sa vocation pour la médecine. Il étudie en France et devient chirurgien.
La guerre de 40-45 lui donne l'occasion d'exercer pleinement son métier, loin de sa famille, réfugiée à Saint-Tropez. Elle scelle également son destin puisque qu'il découvre, à cette occasion, de nouvelles techniques qui feront de lui un chirurgien des mains renommé.
Récit jalonné de rencontres prestigieuse - il croisera les route et amitié de Bernard Buffet, Raymond Queneau, Louise de Vilmorin, Coco Chanel, .. et même, par deux fois, le Général de Gaulle - le livre de Raoul Tubiana offre un regard intéressant sur un XXe siècle, traversé ...de main de maître.
Apolline Elter
Entre tes mains. Un chirurgien traverse le siècle, Raoul Tubiana, biographie, France Empire, septembre 2011, 294 pp, 22 €
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19.11.2011
Jubilatoire
" Je dis souvent que le temps qui passe ne pèse que sur les épaules de ceux qui ne savent pas tendre les bras"
Exquise Marthe Mercadier.
S'il est vrai que les épreuves - un an de mutisme absolu, deux ans de paralysie, conséquence d'une chute, l'épreuve de la guerre et, à son insu, de la Résistance- cela vous forge une personnalité, la pétillante octogénaire est la preuve qu'avec un zeste d'envie, on célèbre la vie,... à l'envi.
"En vie...deux mots qui, réunis, n'en font qu'un et pas n'importe lequel: envie."
.Joie de vivre, exubérance parfois éreintante ...sont les leitmotive d'un parcours résolument placé sous le signe de la baraka.
Un parcours que la célèbre actrice trace à l'attention de ses lecteurs, revisitant quelques événements majeurs du XXe siècle et l'engagement social et politique qui est le sien.
Un parcours placé sous le signe de l'amitié qui fait revivre les grands noms des planches et du petit écran, Francis Blanche, Micheline Presle, Jean le Poulain, Michel Serrault, Michèle Morgan, André Bourvil, Fernandel... et autres célébrités tels Edith Piaf, Jacqueline Auriol, Blaise Cendrars, ....
Un parcours dévoué à la générosité, à sa famille aimée, ses animaux chéris, et une jouvence dont cette nouvelle Denise Grey, nous révèle quelques secrets truffés d'humour:
"Il y a encore quelques mois, lorsqu'un moins de vingt ans me reconnaissait dans la rue, cela relevait du miracle...ou de mauvais traitement à enfant de parents fanatiques! Puis, j'ai participé à l'émission de télévision "Danse avec les stars." Depuis, je ne peux plus passer devant un lycée, un collège ou même une école maternelle sans qu'on m'y délivre un sourire ou quelques mots que, faute d'une parfaite audition, j'imagine gentils".
L'adepte des bains de siège glacés et des joggings dans le bois de Boulogne pourrait de la sorte réaliser un voeu qui devient également cher à nos yeux:
"J'aimerais assez atteindre mes quatre-vingt-dix-sept ans. On serait alors en 2025 et je pourrais fêter le cinq centième anniversaire du statut d'actrice."
Une vraie, belle et radieuse leçon de vie.
Apolline Elter
Je jubilerai jusqu'à cent ans. Souvenirs et bons conseils, Marthe Mercadier, avec la collaboration d'Alain Morel, biographie, Flammarion, octobre 2011, 239 pp, 19 €
Billet de saveur
AE: Après cette vibrante et délicieuse plongée dans un parcours pour le moins tonique, nous serions curieux de connaître, chère Marthe Mercadier, votre madeleine de Proust:
Marthe Mercadier: Ma madeleine, ce sont trois personnes qui ont eu une importance toute particulière au cours de mon enfance et durant ma jeunesse (souvenirs renforcés par mes promenades dans Paris) : Napoléon III, Hausmann et Offenbach.
Mes grands-parents m’ont transmis tout ce que Napoléon III et Haussmann ont fait pour la France. Il y a eu beaucoup de joie, d’enthousiasme dans tous les travaux qu’ils ont réalisés pour la France, pour Paris : on en parle peu je trouve, ce qui est bien dommage car cela est vraiment important.
On a dit beaucoup de bien de leurs aménagements dans les villes françaises, on a dit que la France était belle (et elle l’est toujours). Napoléon III et Haussmann ont participé au renouveau de la France, ils ont triplé les réseaux de chemins de fer de notre pays.
Offenbach a, quant à lui, bercé mon enfance : c’était un grand musicien, dès que j’entends une de ses œuvres, je replonge dans mes souvenirs . »
Écrit par Apolline Elter dans Biographies, Cinéma et littérature | Commentaires (0) |
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18.11.2011
Belle-au-Bois-dormant
"Je suis en train d'écrire un livre sans pages dans un monde sans lecteurs"
Seule rescapée d'une apocalypse planétaire et d'un désastre dans sa vie privée, Eve tente d'accéder aux portes de son passé au gré d'un trousseau de souvenirs dont elle possède les clefs.
Eve de fin de monde, l'héroïne a vu sa vie éclater par la trahison d'un homme, "M.", le sien.
"Je suis la dernière femme du monde. Je ne sais pas où je suis, je ne sais rien de ce qui m'entoure mais qu'importe, quand on souffre d'amour, on est toujours l'ultime femme du monde."
Belle-au-bois-dormant d'une nuit hors temps, la narratrice revisite son enfance, sa famille, son couple, avec un réalisme, truffé d'absurde, d'humour et nous concocte un de ces spirituels cocktails dont Marie-Eve Sténuit a le secret.
Apolline Elter
Un éclat de vie, Marie-Eve Sténuit, roman, Le Castor Astral, octobre 2011, 84 pp, 12 €
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12.11.2011
Prise de vie

La rentrée littéraire est décidément féconde, cette année, qui voit la vitrine de ce blog, regorger de lectures hautement recommandées.
Il faut nous en réjouir.
Et vous mander ce nouveau coup de cœur.
Surnommé "Cheyenn", Sam Montana-Touré, un sans-abri, est retrouvé mort, au fond d'une filature désaffectée. Sans doute a-t-il été assassiné par une bande de skins. De sa vie sur terre, il ne reste que des haillons et les images d'une séquence documentaire prise, quelques mois avant sa mort, par un cinéaste.
Signé de la belle écriture, riche, mélodieuse, inspirée et aspirante de l'écrivain belge François Emmanuel, Cheyenn inscrit une réflexion, une déontologie de la prise de vues et de la propriété artistique: l'intrusion d'une caméra dans la vie d'un SDF - Cheyenn- impose au narrateur une responsabilité posthume écrasante: répondre à l'attente muette d'un regard saisi par hasard.
"Cette image je la porte en moi désormais, il suffit que je ferme les yeux pour que j'en revoie le détail: sa face hirsute, son harnachement de sacs plastique dont les bandoulières de corde se croisent sur son gilet matelassé et son accoutrement d'Indien d'Amérique avec des cordelettes qui lui barrent le front, une patte de chat en pendentif, des morceaux de fourrure qui balancent au bout de ses tresses, tout un attirail qui donnerait envie de rire si son regard n'était là fixe et tremblant, tout en terreur dépassée, comme s'il me disait prenez-moi maintenant, c'est moi que vous devez prendre, c'est pour moi que vous êtes venu."
Véritables tableaux, instantanés d'atmosphère, les descriptions du narrateur, cinéaste, sont quête d'âme. Il lui faut à tout prix remonter le passé de Cheyenn, comprendre les raisons de sa déchéance sociale, de son assassinat, pour que la vie de ce dernier ne reste pas lettre morte, étiquette glacée attachée à un corps non réclamé.
"Je m'étais dit que mon film était devenu la seule marque d'identité sociale d'un homme qui n'avait pas encore de nom, était simplement désigné comme un sans-abri de peau métissée."
Un rendez-vous raté qui se meut en une magnifique prise de vie.
Apolline Elter
Cheyenn, François Emmanuel, roman, Le Seuil, août 2011, 128 pp, 14 €
Billet de faveur
AE: François Emmanuel, avec ce très beau récit, nourri du souffle de votre plume et d'une réflexion sur le rôle de l'image, est-ce une certaine culture journalistique, avide d'émotion facile et superficielle que vous mettez sur la sellette ?
François Emmanuel: Pour moi Cheyenn est un livre qui parle avant tout du lien social. Il s’y applique par la négative, en tentant de redonner une humanité à un homme qui est exclu de tout lien. Pour arriver à ses fins le cinéaste documentariste doit certes passer outre une forme de culture journalistique dominante mais aussi toute une série d’intervenants professionnels qui ne peuvent donner de Cheyenn que la « vérité », inscrite dans leur propre discours et formatée par celui-ci. Poussée ici à l’extrême c’est sans doute la difficulté de tout témoignage artistique.
AE: vous portez un regard respectueux, réfléchi sur les SDF, cette "communauté du bout de la vie", un regard, passerelle d'humanité. Est-ce à l'inverse notre absence de regard, notre indifférence qui déshumanise les sans-abri?
François Emmanuel: Cheyenn s’est évidemment exclu lui-même autant qu’il a été exclu. Une fois qu’ils sont passés de l’autre côté, dans cette zone inhabitable de nos villes, nous sommes bien mal à l’aise pour tenter de redonner une présence humaine à ces errants d’aujourd’hui. La médiation du documentaire permet d’entrer (ici
a posteriori) dans le temps de cet homme mais bien sûr c’est à travers ce support, cette distanciation, qu’elle le réintroduit à nos yeux dans l’humanité qui nous est commune.
Écrit par Apolline Elter dans Rentrée littéraire, Romans | Commentaires (0) |
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11.11.2011
Mercédès s'habille en Monoprix
" Ne cherchez pas en vain les motifs qui poussent un individu normalement constitué à se métamorphoser en fossoyeur de l'humanité. La raison est d'une simplicité désarmante: à la télévision, tout marche par relations."
C'est à une visite guidée des coulisses de la TV qu'Isabelle Dumas-Pelletier entraîne le lecteur. Lequel découvrira, sidéré, l'univers... sidérant de stars et d'émissions à grande audience. Autopsiant d'un regard incisif, assaisonné d'humour, parfois de tendresse, et de certaines crudités, les usages d'une société impitoyable, Isabelle Dumas nourrit sa plume d'envolées verbales rythmées, d'images et d'un sens de la formule saisissants.
"Ce qui est grave, chez Nicolas Poupon, ce n'est pas d'avoir la tête qu'il a mais de la mériter."
Plaisante Comédie humaine, désopilant remake d'un Diable s'habille en Prada, version Mercédès s'habille en Monoprix, l'ouvrage d'Isabelle Dumas-Pelletier démythifie, pour le moins, l'aura de l'animateur-vedette.
Une chose est sûre. On en redemande...
Apolline Elter
Télevision. Dans le secret des dieux et des divas , Isabelle Dumas-Pelletier, essai, Editions Jacob-Duvernet, oct 2011, 330 pp, 20 €
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09.11.2011
Colette et Bertrand
Exercice subtil et risqué que de se glisser dans la peau, dans l'âme de Colette, d'autopsier l'amour qui la lia quelque cinq ans à son beau-fils, Bertrand de Jouvenel. Colette avait alors 47 ans, Bertrand, 17...
"Bertrand n'est pas un problème parce qu'il a dix-sept ans, Bertrand n'est pas un problème parce qu'il est le fils de mon mari, Bertrand n'est pas un problème parce qu'il m'aime et me désire, Bertrand est un problème car il m'attire."
Saisie dans un long monologue avec un médecin, psychanalyste, la célèbre écrivain fait le point sur sa vie amoureuse, passée et future, sur son enfance et le sentiment fort qui la lie à sa mère.
L'amour de Bertrand et de Colette leur permettra-t-il de panser leurs plaies respectives ?
Autorisant son imagination personnelle à pratiquer le "mentir vrai, empathique et schizophrénique", Delphine de Malherbe trace de la Phèdre du XXe siècle un portrait intéressant. Un portrait que n'aurait peut-être pas renié Colette...
Apolline Elter
L'aimer ou le fuir, Delphine de Malherbe, roman, Plon, août 2011, 128 pp, 17 €
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27.10.2011
Un peu..marteau
" Les journalistes, il y en a de deux catégories: ceux qui disent du bien de mes livres (de remarquables professionnels) et puis les autres."

Affranchi du Chat, l'espace de quelques textes d'humeur et planches de ...salut, Philippe Geluck offre à ses fans un florilège de considérations pétries d'humour - noir - et d'une mauvaise foi...insurmontable. Des anonymes qui n"ont jamais connu la gloire - et pour cause - aux prisonniers conviés à purger leur peine en des maisons particulières, l'humoriste belge passe en revue les couacs de nos modes de vie et les résoud ...à coups de massue. Aucune limite n'est imposée à un humour par trop féroce quelquefois, qui fait fi des tabous et enfonce le clou un peu trop loin...
"Je n'ai jamais aimé les morts. D'abord, je les trouve froids et distants, ensuite, ils m'emmerdent copieusement"
AE
Geluck enfonce le clou. Textes et dessins inadmissibles, Philippe Geluck, recueil, couverture cartonnée, 26 oct 2011, 144 pp, 18 €
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25.10.2011
Réflexions de miroirs
" Le pantomime suit son cours: Louison, de dos, gigote péniblement d'un vêtement à l'autre et se retourne vers moi, la grimace fin prête; Elle tord sa bouche,plisse ses yeux, chiffonne son front, fronce ses sourcils, tout cela en alternance, et presque en permanence; je crois n'avoir jamais vu son vrai visage, à supposer qu'il y en ait un derrière ce masque versatile."
Rassemblés dans une cave par une collectionneuse aveugle, des miroirs, animés par des rais de lumière subreptices s'échangent une amène série de ..réflexions. Ils revivent leur vie passée et ces scènes intimes dont ils ont été les témoins privilégiés.
Une dizaine de nouvelles, un point de vue inventif -quelques bribes de phrases en ..miroir - une plume alerte, subtile et maîtrisée reflètent... une belle surprise de la rentrée littéraire, une oeuvre sur laquelle il est bon de poser son regard.
Apolline Elter
Tous nos petits morceaux, Emmanuelle Urien, recueil de nouvelles, Ed. D'un noir si bleu, sept 2011, 178 pp, 16,5€
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