Christophe Corthouts
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10.10.2011
Avant-Première de Choix !
Vertiges
De Franck Thilliez
Editions Fleuve Noir
Certains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher?
Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s'imposera, impérieuse : jusqu'ou faut-il aller pour survivre ?
Y a du pervers dans le Thilliez ! Cela ne fait plus aucun doute. A la lecture du quatrième de couverture ci-reproduit avec toute l’attention voulue, les influences de ce nouveau roman du « noir saigneur du nord » semblent évidente : la série Saw ! Hostel ! Cube ! Mais cela serait trop facile… Je vous le dis, Franck Thilliez est tordu… Et on adore cela !
Dans Vertige, il s’éloigne résolument des contrées du polar glauque, il abandonne durant quelques centaines de pages le destin de son commissaire Sharko et de sa compagne d’infortune, la demoiselle Henebelle, pour plonger tête la première dans la noirceur d’un thriller pur jus. Avec le temps, l’écriture de Franck a pris de l’assurance… Et il ose aujourd’hui « dévisser » et se lancer dans le vide, sans la ligne de secours que constitue la squelette rassurant d’une intrigue policière. Mieux, il forge un huis-clos, un jeu de dupe à trois personnages, une quasi unité de lieu… Sans que jamais le rythme ne faiblisse, l’intérêt ne s’étiole. Avec une science consommée du suspense, le nordiste s’appuie sur des personnages solidement charpentés, aux réactions totalement réalistes et atrocement humaines.
Il y a du Stephen King et du Serge Burssolo dans ce type là ! Et je n’aborderai même pas la chute du roman qui, sans avoir l’air d’y toucher, oblige le lecteur à s’interroger sur tout ce qu’il vient de lire ! Un tour de force que l’on associe généralement aux longs métrages de cinéma… mais que Thilliez parvient à transposer sur le page écrite avec brio et cohérence.
Un coup de maître pour un auteur qui n’a pas fini de nous surprendre.
Dr Corthouts
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29.09.2011
La Mémoire dans la Peau
Le Passager, de Jean Christophe Grangé – Editions Albin Michel
Je suis l'ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m'en sortir, une seule option : fuir l'autre. Mais si l'autre est moi-même ?
Le quatrième de couv’ du nouveau roman de Jean-Christophe Grangé est pour le moins laconique, façon accroche d’affiche de ciné… Mais ce n’est pas pour autant que « Le Passager » prend des allures de scénario à peine épaissi… Avec plus de sept cents pages au compteur, cette descente aux enfers dans les tréfonds du cerveau humain prend le temps de s’installer… Et d’enserrer le lecteur entre les bras de son intrigue en forme de poupée russe. Comme toujours ultra-pointu, Grangé explore les méandres de la mémoire humaine et aborde un phénomène authentique : celui « des voyageurs sans bagages », ces gens qui perdent totalement la mémoire après un violent trauma. Vient se greffer sur cette chasse à l’homme d’un genre nouveau une série de crimes, inspirés de la mythologie… et l’histoire torturée d’une jeune femme flic en total déséquilibre.
Il y a certes longtemps que Jean Christophe Grangé ne nous surprend plus, son obsession pour les personnages déchirés et les intrigues à double/tripe/quadruple fonds étant bien connu des amateurs, mais dans Le Passager, la recette est préparée avec professionnalisme. Actions, réflexions, complots, hommes de l’ombre et héros ordinaires plein de ressources se conjuguent pour offrir aux lecteurs une aventure automnale de qualité. On regrettera seulement l’un ou l’autre longueur… Et ici et là quelques préjugés qui flirtent avec une idéologie appuyée à droite. L’auteur s’en défendrait sans doute en les attribuant à ses personnages de la maréchaussée, mais le lecteur attentif ne manquera pas de grincer des dents.
Dr Corthouts
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19.09.2011
Y a Pas de Miracle !
Remède Mortel, de Harlan Coben
Editions Belfond
Une clinique new-yorkaise hautement sécurisée. Un médecin qui se suicide. Des patients sauvagement assassinés. Coïncidences ? Complot ? Et si l'annonce prochaine d'une extraordinaire découverte médicale avait déclenché cette vague meurtrière ? Sara Lowell, jeune journaliste très en vue, mène l'enquête. Mais ses révélations pourraient bien faire d'elle la prochaine victime d'un mystérieux serial killer... Guerre des lobbies pharmaceutiques, machination politique, pression des médias, mensonges... Au coeur d'un débat toujours aussi brûlant, un thriller angoissant et terriblement réaliste par celui qui allait devenir le maître de vos nuits blanches.
Je ne saurais que trop vous conseiller de lire l’avant-propos de ce « nouveau » roman de Harlan Coben, empilé sur les tables des libraires depuis le 15 septembre dernier. En quelques mots, le roi du thriller quotidien nous met en garde : ce roman n’est PAS neuf, c’est le second opus des « manuscrits perdus », premières tentatives de publication d’un auteur en devenir. Il renchérit d’ailleurs : le roman est livré au lecteur « dans l’état », sans aucune mise à jour, ni éventuelle modernisation… Du coup, si je m’explique la démarche éditoriale derrière une telle opération - en clair, offrir une sortie « bonus » aux amateurs entre deux Coben printaniers – j’ai du mal à croire qu’un tel concentré de clichés, de personnages stéréotypés et de situations téléphonées puisse attirer de nouveaux lecteurs dans l’escarcelle de celui qui est davantage connu pour son efficacité que ses longueurs. Objet d’étude ? Preuve par 400 pages que tout auteur peut évoluer ? Pur objet de lucre ? Difficile de choisir la catégorie dans laquelle glisser ce « Remède Mortel ». Certaines des qualités d’Harlan Coben apparaissent bien en filigrane au cours du roman, mais le tout est noyé sous une solide couche de maladresse… Cynique, j’ai l’espoir que l’auteur de "Ne le dis à personne" a touché un solide chèque pour laisser s’échapper de son fond de tiroir une œuvre aussi médiocre.
Dr Corthouts
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