16 10 17

« Les époques dégueulasses sont propices aux chefs-d’œuvre. » (Georges Wolinski)

Tous les secrets de La Licorne.jpgGeorges Remi dit Hergé, né le 22 mai 1907 à Etterbeek et mort le 3 mars 1983 à Woluwe-Saint-Lambert, est un auteur belge de bandes dessinées mondialement connu pour Les Aventures de Tintin.
 
Le Secret de La Licorne est le onzième album de celles-ci, prépublié en noir et blanc du 11 juin 1942 au 14 janvier 1943 dans les pages du Soir « volé » dont la rédaction fut dirigée de janvier 1941 à octobre 1943 [1] par le publiciste collaborationniste, belgiciste, royaliste, unitaire et rexiste Raymond De Becker (Bruxelles 1912 – suicidé à Versailles en 1969)[2]. L'album en couleurs est paru en 1943.
 
Il avait été précédé dans les colonnes du même journal par Le Crabe aux pinces d'or (1940-1941 ; cet album marque l'arrivée du capitaine Haddock dans la série) ainsi que par L’Étoile mystérieuse (1941-1942) et il y sera suivi par Le Trésor de Rackham le Rouge (1943) et par une partie des Sept boules de cristal dont la publication sera interrompue le 2 septembre 1944 en raison de l’arrivée des Alliés et de la Libération de la Belgique. La parution reprendra en 1946.
 
Bien que les circonstances de sa parution aient été sujettes à caution (après la Libération, Hergé fut interdit de publication jusqu’en septembre 1946), Le Secret de La Licorne est une immense réussite sur les plans du scénario, de la documentation et du graphisme. Hergé y peaufine sa technique déjà grande de la ligne claire [3] et y fait montre d’une extraordinaire virtuosité technique.
 
On en trouvera une preuve magnifique dans Tous les secrets de La Licorne, un superbe ouvrage publié en coédition par Gallimard à Paris et Moulinsart à Bruxelles sous la plume d’Yves Horeau, historien de la marine du XVIIe siècle, romancier et tintinophile (Tintin, Haddock et les bateaux, Éditions Moulinsart, 1999), de Jacques Hiron (coauteur avec Yves Horeau des 120 fascicules de la collection Construisez La Licorne, Paris, Éditions Hachette, 2011) et de Dominique Maricq, auteur et archiviste aux Studios Hergé.
 
Ces auteurs passionnés y détaillent par le menu la manière dont Hergé a imaginé son trois-mâts en s’inspirant des bâtiments de la marine de Louis XIV et lui a donné le nom d’un animal mythologique, ainsi que la façon dont le scénario s’est alors mis en place, le tout accompagné de plus de 300 illustrations (strips, bleus de coloriage, crayonnés, planches au trait, plans, maquettes, objets de marine et tableaux) qui permettent de saisir la genèse et d’assister au développement d’une œuvre artistique d’importance.
 
Fascinant !
 
Bernard DELCORD
 
Tous les secrets de La Licorne par Yves Horeau, Jacques Hiron et Dominique Maricq, Paris-Bruxelles, Éditions Gallimard et Moulinsart, octobre 2017, 184 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 €
 
 [1] Ce poste avait d’abord été occupé en 1940 par l’écrivain Horace Van Offel (1876-1944) et c’est le rexiste ultra Max Hodeige qui succédera à Raymond De Becker jusqu’en septembre 1944.

 [2] Condamné à mort le 24 juillet 1946 par le Conseil de Guerre de Bruxelles, Raymond De Becker verra sa peine commuée par la suite en détention à perpétuité, avant qu'il ne soit finalement gracié le 22 février 1951. Après sa remise en liberté, il publiera des ouvrages dans des domaines tout aussi variés que le cinéma, l'homosexualité, les philosophies orientales... Son goût pour le paranormal l'a aussi amené à écrire des articles pour la revue Planète. Jusqu’à sa mort, il resta en contact avec Hergé qui en a fait un personnage de Vol 714 pour Sydney (1968).

 [3] Il s'agit d'un dessin caractérisé, après la réalisation des crayonnés, par un trait d'encre noire d'épaisseur constante. Chaque élément forme une cellule isolée par son contour, et reçoit une couleur donnée. Chaque couleur se trouve donc ainsi séparée de sa voisine par un trait.

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10 10 17

Quel bonheur que la découverte de "Chacun son Chat!" de Geluck

chat.jpgCe que je pourrais vous dire d'enthousiasmant pourrait vous paraître exagéré, puisque Philippe Geluck est mon ami, et pourtant ce nouvel album du Chat (le 21e!) « Chacun son Chat » me semble le meilleur, le plus abouti, le plus varié, le plus profond et le plus drôle !

Je pourrais analyser et détailler, comme je le faisais quand j'interviewais Philippe sur antenne à pareille occasion, mais je me suis donné le bonheur de ne pas prendre de notes en découvrant hier soir l'album : simplement sourire, rire, réfléchir. Et me dire souvent, comme toujours : « Bigre ! C'est une réflexion drôle d'une telle évidence, j'aurais dû la trouver, mais lui, il trouve ce trait avant nous et c'est ça son génie ! »

Déja la page de titre avec cette déclaration (hommage à Barbara) : « Ma plus belle histoire d'humour... C'est vous ! »

Cette si touchante allusion à Goscinny et Uderzo qui occupe toute la première page : « Nous sommes en 2017 après J.-C. Le monde entier est envahi par une sorte de morosité bien compréhensible. Le monde entier ? Pas vraiment ! Un petit pays résiste encore et toujours à la déprime générale... »

"Allez !", comme on dit trop souvent en télévision pour accélérer artificiellement le rythme d'une émission, allez, encore quelques textes pour vous donner le ton de l'ouvrage (Ils prendront place dans mes phrases très matinales ces jours prochains!):

« Les ennuis de mes amis sont mes ennuis »

« Rien ne sert de courir, surtout si c'est dans le mauvais sens... »

« S'il y a une autre vie après la vie, j'aimerais qu'on m'explique quel est l'intérêt de mourir ? »

Une dernière ?

« Si tu y réfléchis un peu, tu constateras que dans ta vie, tu auras passé plus de temps avec tes lunettes qu'avec tes enfants ! »

 

Ne ratez pas les ajouts quotidiens de l'Appli Le Chat sur iPhone !

 

Jacques MERCIER

 

Chacun son Chat, Philippe Geluck, 48 pp, 22,6X30,5 cm, Edition Casterman ou Geluck.com 11,50 ou 11,95 euros.

 

Écrit par Jacques Mercier dans B.D., Belge, Humour, Jacques Mercier, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 07 17

La peinture pour tous...

Racontant un épisode de la vie de l’artiste avant d’en présenter l’œuvre générale, la collection « Les Grands Peintres » publiée chez Glénat à Grenoble est un bel outil qui met l’histoire de la peinture européenne des XIXe et XXe siècles à la portée des jeunes et de ceux qui le sont moins.
 
Elle est riche de nombreux titres, parmi lesquels nous avons épinglé les cinq suivants, dont nous reproduisons le pitch :
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby

Collection Les Grands Peintres (Gauguin).jpg

 « Novembre 1888. Fourbu, Paul Gauguin arrive à Arles à la fin de la nuit... Cela fait des semaines que Van Gogh l'implore de venir le rejoindre dans le sud. Il rêve d'un travail en atelier. C'est alors le début d'une curieuse relation. Les deux peintres font plus que cohabiter, ils tentent d'unir leurs talents et confrontent leurs existences. S'ils sont conscients de leur génie respectif, chacun s'estime supérieur à l'autre. Les deux amis en arrivent à se détester lorsque Paul travaille sur une œuvre personnelle alors que Vincent voudrait privilégier un travail commun. Mais Paul ne veut rien entendre, il conçoit seul le Portrait de l'artiste au Christ jaune, que Van Gogh se met à haïr...
Patrick Weber et Nicoby nous font découvrir l'œuvre de Gauguin à travers un moment charnière de sa vie : sa cohabitation à Arles avec Van Gogh. Deux mois d'amitié, d'affrontement et d'incompréhension, animés par la passion de l'art et les pulsions destructrices qu'elle peut engendrer. »
 
Monet par Frank Secka & Vincent Gravé

Collection Les Grands Peintres (Monet).jpg

 « Giverny, automne 1886. Émilie, jeune protégée de Claude Monet, fait la rencontre de Francis Hawkins, fils d'un galeriste de New York venu rencontrer le célèbre peintre impressionniste. L'une vit en France, l'autre aux États-Unis, mais, malgré cette distance, ils le savent : un jour, ils se marieront. Cette promesse marque le début d'un amour pur qui sera pourtant souvent perturbé par les aléas de l'Histoire. Un amour qui traversera 4 saisons, 4 périodes de l'œuvre de Monet et qui sera toujours bercé par les magnifiques couleurs du jardin du peintre, lorsqu'il réalisera ses célèbres Nymphéas...
Tant par le scénario que par le dessin, Frank Secka et Vincent Gravé nous replongent avec force dans la fin de l'œuvre de Monet, période Giverny, et dans ce bouillonnant moment artistique que fut le début du XXe siècle en France. »
 
Egon Schele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure

Collection Les Grands Peintres (Egon Schiele).jpg

 « 1912, Vienne. Le fougueux Egon Schiele fait parler de lui dans la capitale autrichienne. Fasciné par les plaisirs interdits, ce jeune peintre est réputé pour dessiner de très jeunes filles dans des positions lascives et suggestives, s'attirant les foudres de la bienpensante bourgeoisie. Accusé à tort d'avoir violé l'un de ses derniers modèles, une mineure, Schiele est à présent en prison en attente de son jugement. Pour assurer sa défense, ses deux meilleurs amis et son avocat vont faire appel aux plus grands de l'époque alors rassemblés à Vienne : Stefan Zweig, Sigmund Freud, Gustav Klimt... tous, captivés par le génie de Schiele et par amour pour l'art, vont conjuguer leurs talents et leur influence. Peintre sulfureux cultivant le goût du scandale, mort à l'âge de 28 ans, Egon Schiele est une étoile filante de l'histoire de l'art. Sa courte vie aura pourtant marqué l'art du XXe siècle.
Retraçant l'épisode de son incarcération de 1912, Dimitri Joannidès et Nicolas Sure nous font découvrir la personnalité tout en excès de ce prodige, et en profitent pour nous plonger dans l'effervescence artistique qui habitait Vienne au début du XXe siècle. »
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo

Collection Les Grands Peintres (Géricault).jpg

« En juillet 1816, la frégate française La Méduse fait naufrage au large des côtes mauritaniennes. Pour préserver le confort du gouverneur et du capitaine à bord, les canots de sauvetage ne sont remplis qu'à moitié, si bien que l'essentiel de l'équipage doit quitter le navire à bord d'un radeau de fortune. Très vite, la promiscuité et le manque de vivres poussent les hommes à la sauvagerie... Les bonapartistes s'emparent de cette tragédie pour en faire le symbole de leur opposition au pouvoir royal.
Le peintre Géricault s'apprête même à en faire le sujet principal de son prochain tableau... Frank Giroud et Gilles Mezzomo nous plongent les secrets de la confection de l'un des tableaux les plus célèbres du monde. Ils en profitent pour nous montrer comment, dans l'Histoire, l'art a aussi pu servir d'outil politique. »
 
Renoir par Dodo & Ben Radis

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 « Paris, hiver 1893. Par l'intermédiaire de son ami le marchand d'art Paul Durand Ruel, Auguste Renoir rencontre Erik Satie au cabaret montmartrois du Chat Noir. En discutant, Renoir se rend compte qu'il connait la future épouse de Satie qui fut un temps l'une de ses muses. À l'époque, le peintre avait deux modèles féminins favoris qui étaient également ses maîtresses : Suzanne Valadon, qui posa pour Danse à la Ville, et Aline Charigot pour Danse à la Campagne. Deux rivales, de caractères totalement opposés, qui se jalousaient Renoir et dont le destin a ironiquement voulu que leurs tableaux soient toujours exposés côte à côte. Une relation tumultueuse qui démontre l'influence des muses sur les artistes de l'époque.
Dodo et Ben Radis nous replongent dans l'effervescence artistique du Montmartre de la fin du XIXe siècle : cette période de transition entre la Commune et la Première Guerre mondiale qui fut l'une des plus prolifiques de l'histoire des arts. »
 
Bernard DELCORD
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Monet par Frank Seeka & Vincent Gravé, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Egon Schiele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Renoir par Dodo & Ben Radis, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)

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27 06 17

Un emblème des années 1950…

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954.jpgL’album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 sorti aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble les aventures – passionnantes – du détective pour les compagnies d’assurance Jean Valhardi qu'Eddy Paape dessina à l’époque pour le Journal de Spirou.

Ce troisième volume rassemble, après un important volet introductif de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Jean Valhardi et les êtres de la forêt (1950-51, scénario d’Yvan Delporte), Le château maudit (1951-52, scénario de Jean-Michel Charlier, une BD cultissime…), Le rayon super-gamma (1952-53, scénario de Jean-Michel Charlier) et La machine à conquérir le monde (1953-54, scénario de Jean-Michel Charlier). Y est adjoint un conte illustré de deux pages, inédit en album, intitulé Au feu !... (septembre 1952, scénario de Xavier Snoeck).

Un monument de la bande dessinée belge des Golden Fifties !

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 par Eddy Paape, Jean-Michel Charlier et Yvan Delporte, introduction de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2017, 300 pp. en quadrichromie, au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €

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06 06 17

La sottise contemporaine mise à nu…

Lauzier Intégrale.jpgLes Éditions Dargaud à Bruxelles ont réuni dans Lauzier les quatre albums du grand maître de l’humour décapant qu’était [1] l’auteur de La Course du rat (1978), de La Tête dans le sac (1980), de Souvenirs d'un jeune homme (1983) et de Portrait de l'artiste (1992) dans lesquels il croquait à pleines dents et avec un talent fou des cadres dépressifs, des intellectuels de gauche suffisants, des révolutionnaires pathétiques, des bourgeois satisfaits et des femmes sublimes de beauté, de naïveté, de bêtise ou d’ambition.

La charge – qui n’a pas pris une ride, rien n’ayant changé sous le soleil – était à la fois terrible, monumentale et drôlissime, et elle fit des ravages dans les rangs de la gauche caviar et parmi les bobos parisiens dont elle suscita l’ire, tant le portrait ridicule qu’elle brossait d’eux était criant de vérité.

Trois de ces albums, adaptés au cinéma avec Christian Clavier (Je vais craquerLa Course du rat, 1980) et Guy Marchand (La Tête dans le sac, 1984 et P’tit con – Souvenirs d'un jeune homme, 1984), sont d’ailleurs devenus des classiques incontournables.

Quatre pintes de bon sang !

Bernard DELCORD

Lauzier par Gérard Lauzier, Bruxelles, Éditions Dargaud, avril 2017, 240 pp. en quadrichromie au format 24,2 x 31,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,99 €

 

[1] Dessinateur de BD (Les Sextraordinaires Aventures de Zizi et Peter Panpan dans Lui, 1974, Tranches de vie dans Pilote, 1974-1978, Les Sexties, 1980, Les Cadres, 1981), scénariste (Psy, 1981, À gauche en sortant de l'ascenseur, 1988), auteur de pièces de théâtre (Le Garçon d'appartement, 1980, L'Amuse-gueule, 1986) et réalisateur de cinéma (Mon père, ce héros, 1991, Le plus beau métier du monde, 1996), Gérard Lauzier était né à Marseille en 1932 et est décédé à Paris en 2008.

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25 05 17

Clap de fin...

La Patrouille des Castors, l’intégrale 8.jpgPubliés dans Le journal de Spirou entre 1990 et 1994, les deux albums réunis dans La Patrouille des Castors, l’intégrale 8 (chez Dupuis à Marcinelle) ont pour titre Torrent sur Mesin (1990) et La pierre de foudre (1993), auxquels sont joints 11 planches en noir et blanc de Les naufragés de la Marie-Jolie (s.d., inachevé en raison du décès de MiTacq), 6 planches en couleurs des Zoms (1989) et 8 planches en couleurs de La patrouille des Zoms (1994), deux pastiches animaliers de la patrouille des Castors, dont les personnages sont… des castors.

L’ouvrage – le dernier de la collection – bénéficie en outre d’une introduction très documentée et abondamment illustrée de documents divers, rédigée par le journaliste Gilles Ratier, un grand érudit en matière de bandes dessinées.

La fin de bien belles aventures !

Bernard DELCORD

La Patrouille des Castors, l’intégrale 8 par MiTacq et Wasterlain, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », mai 2017, 220 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 €

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03 03 17

« Le vin fait surnager les secrets. » (Georg Christoph Lichtenberg)

Clos de Bourgogne – Le Monopole.jpgSur un scénario bien troussé de Corbeyran et avec des dessins d’une belle élégance signés Francisco Ruizge, la bande dessinée intitulée Clos de Bourgogne – Le Monopole (Grenoble, Éditions Glénat) raconte, transcendée par une enquête dans le passé et dans un décor magnifique, une histoire de rivalité amoureuse entre un viticulteur et un négociant en vins.

En voici le résumé apéritif :

« Paul Bernodet, 55 ans, est l'heureux propriétaire du « Clos du Pré Pentu », un vignoble réputé et très apprécié de la Bourgogne. Le jour où on lui diagnostique une maladie rare et incurable, il décide de tout plaquer et de mettre son domaine en vente pour profiter du peu qu'il lui reste à vivre avec sa fortune. Géraldine Barreyre-Leroy, journaliste spécialisée, s'entretient avec lui pour connaître les détails de cette surprenante décision.

Paul jure de tout lui dire si, en échange de ses confessions, elle enquête pour lui sur une histoire vieille de trente ans... »

Suspense…

Bernard DELCORD

Clos de Bourgogne – Le Monopole, scénario de Corbeyran, dessins de Francisco Ruizge, couleurs de Jesus Yugo, Grenoble, Éditions Glénat, juin 2016, 48 pp. en quadrichromie au format 24,2 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 13,90 € (prix France)

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01 03 17

« Qui a le droit avec soi peut aller le front haut. » (Sophocle)

Le droit d'auteur .jpgL’avocat Emmanuel Pierrat est l'un des plus grands ténors du Barreau de Paris. Ce spécialiste du droit d'auteur, de l'édition et de l'image est aussi éditeur, romancier, traducteur, essayiste et chroniqueur juridique pour la revue Livres Hebdo. Fabrice Neaud, quant à lui, s'est fait connaître dans le monde de la bande dessinée avec son Journal.

Ils se sont associés pour faire paraître aux Éditions Le Lombard à Bruxelles Le droit d’auteur – Un dispositif de protection des œuvres, une bande dessinée didactique fort originale qui aborde sous tous ses aspects, avec une clarté digne de tous les éloges, la question si complexe du droit de la propriété littéraire et artistique.

Car les images, les sons, l'architecture, les objets, mais aussi nos paroles, nos vêtements, nos tatouages, nos coiffures, nos gestes… presque tout ce qui nous entoure est protégeable par le dispositif juridique appelé « droit de la propriété intellectuelle et artistique », c’est-à-dire le droit d'auteur.

Après en avoir décrit le champ d’application, l’ouvrage se penche sur des questions aussi diverses que les droits moraux (de divulgation, de respect de l’œuvre, de repentir et de respect du nom), ceux de l’exploitation d’une œuvre, ceux dits « voisins », le droit des bases de données, les sociétés de gestion collective, la rédaction de contrats, la rémunération, la contrefaçon, l’uniformisation et la globalisation du droit d’auteur, les nouveaux outils (parmi lesquels les applications pour Smartphones), la loi Hadopi et le verrouillage, le droit de la culture et le droit à la culture…

Un sac de nœuds gordiens habilement tranchés !

Bernard DELCORD

Le droit d'auteur – Un dispositif de protection des œuvres, texte d’Emmanuel Pierrat, dessins de Fabrice Neaud, couleurs de Christian Lerolle, avant-propos de David Vandermeulen, Bruxelles, Éditions Le Lombard, collection « La petite bédéthèque des savoirs », janvier 2017, 80 pp. en quadrichromie au format 14 x 19,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 10 €

19 02 17

L’invention de la « quatre pattes »…

La naissance de la 4 CV Renault.jpgDugomier, Bruno Bazile et Yves Magne se sont associés pour faire paraître chez Glénat à Grenoble un bel album de bandes dessinées intitulé La naissance de la 4 CV Renault, dans lequel ils racontent l’histoire de la conception de la plus célèbre des voitures populaires françaises – la première à être vendue à plus d’un million d’exemplaires.

En voici le résumé :

« 1939, Salon de l’Automobile de Berlin. Ferdinand Picard et Charles-Edmond Serre, deux ingénieurs de chez Renault, sont impressionnés par les véhicules allemands. Inspirés par la petite, mais ingénieuse K.D.F. Wagen – la fameuse “Coccinelle” : – de Ferdinand Porsche, ils rentrent en France avec l’idée d’un modèle similaire de voiture pour budgets modestes.

Mais en seulement quelques mois, la guerre éclate, la France capitule et l’usine Renault de Boulogne-Billancourt est réquisitionnée par l’armée nazie pour la fabrication de camions.

Pour autant, ils n’abandonnent pas leur idée. Ils en sont persuadés, après la victoire inéluctable des Alliés, la France, en pleine reconstruction, aura besoin d’une véritable voiture accessible à tous. En secret, dans des ateliers souterrains, sous le fracas des bombardements, ils se mettent à dessiner les plans et à imaginer le moteur de celle qui deviendra la future 4CV… »

Le récit rondement et bellement mené d’une grande saga industrielle française !

Bernard DELCORD

La naissance de la 4 CV Renault, scénario de Dugomier, dessins de Bruno Bazile, couleurs d’Yves Magne, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Plein gaz », février 2017, 48 pp. en noir et blanc au format 24 x 32 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,90 € (prix France)

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28 01 17

« La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid. » (Salvador Dali)

Tintin au pays des Soviets.jpgTintin au pays des Soviets (titre complet sur la couverture : Les Aventures de Tintin, reporter du « Petit Vingtième », au pays des Soviets) est le premier album de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin, créée par Hergé (1907-1983).

Alors responsable du Petit Vingtième, le supplément jeunesse du journal belge Le Vingtième Siècle, Hergé reçoit, de son rédacteur en chef l'abbé Norbert Wallez, la commande d'une bande dessinée dont le héros ferait un reportage en URSS. L'abbé fournit à Hergé le pamphlet Moscou sans voilesNeuf ans de travail au pays des Soviets publié en 1928 par Joseph Douillet (1878-1954), ambassadeur de Belgique en Russie [1], dont l'auteur s'inspire très fortement, ce qui fait de cette aventure une critique particulièrement virulente du régime communiste.

Hergé considère cette œuvre comme une « erreur de jeunesse ». En effet, il fait preuve d'inconstance dans le caractère des personnages et dans le ton anticommuniste, mais il introduit néanmoins l'usage exclusif du dessin et des phylactères dans la bande dessinée européenne, comme Alain Saint-Ogan avant lui, et il montre un réel talent pour représenter le mouvement et le son. Outre la première apparition des célèbres personnages Tintin et Milou, plusieurs moments de l'album sont passés à la postérité, par exemple la scène de la manipulation des élections.

L’histoire est prépubliée dans Le Petit Vingtième du 10 janvier 1929 au 8 mai 1930, puis paraît en album en septembre 1930. Elle est également publiée dans le magazine français Cœurs vaillants à partir d'octobre 1930. Rapidement introuvable en librairie et victime de la contrefaçon sur le marché noir, l'album n'est réédité par les éditions Casterman qu'en 1973, au sein des Archives Hergé. Jamais redessinée par les Studios Hergé, cette histoire reste dans son format original, en noir et blanc, jusqu'en 2017 [2], quand les éditions Casterman et la société Moulinsart SA, chargée de l’exploitation commerciale de l’œuvre d’Hergé, en publient une version colorisée [3].

La mise en couleurs amplifie la lisibilité du récit, la clarté des dessins et surprend par sa modernité, comme s'il s'agissait d'un nouvel album. Elle a été confiée dans le cadre des Studios Hergé à Michel Bareau, assisté de Nadège Rombaux [4].

Bien que cette publication se fonde sur des motifs purement commerciaux, le filon des aventures de Tintin et Milou s’épuisant, et qu’elle s’apparente fortement à un raclage de fonds de tiroir, force est de constater qu’elle constitue une belle réussite graphique…

Bernard DELCORD

Tintin au pays des Soviets par Hergé, Bruxelles, Éditions Casterman-Moulinsart, janvier 2017, 137 pp. en noir et blanc au format 22,6 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,95 €

Moscou sans voiles.jpg

[1] Douillet lived in Russia from 1891 to 1926. He served as the Belgian consul in Rostov-on-Don. It has been said that he "had spent so long in the country that he was almost more Russian than Belgian." In 1925 he was arrested in the USSR and was imprisoned for nine months before being expelled from the country.

In 1928 he published a book Moscou sans Voiles Neuf ans de travail au pays des Soviets, which condemned the Bolshevik regime. Among the charges recorded in the book are that the Soviet government created false factories to deceive foreign visitors. "The first part of Douillet's book was called: 'How the red paradise is portrayed', and is full of examples of how foreign visitors are deceived.

Another part of the book recorded how one Oebijkon coerced people into assenting for Communist rule during an election. "We see the communist comrade Oebijkon (who is resigning from the presidency) delivering a speech. This is what he says: 'We have three lists: one of these comes from the communist party. Let anyone who is against this list raise their hand!' At the same moment Oebijkon and four of his comrades pull their revolvers and direct them menacingly at the peasant audience. Oebijkon continued: 'Who votes against this list? No one? Then I declare that anyone voted for the communist list. There is no need to vote for the other two lists anymore.'" This episode would later be used in Tintin in the Land of the Soviets. (Source – en anglais uniquement : https://en.wikipedia.org/wiki/Joseph_Douillet)

[2] Année du centenaire de la Révolution d’Octobre.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tintin_au_pays_des_Soviets

[4] Source : http://www.decitre.fr/livres/les-aventures-de-tintin-tint...

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