20 09 17

« On admire toujours ce qu'on ne peut pas vraiment comprendre. » (Eleanor Roosevelt)

Ils admiraient Hitler.jpgAprès Léon Degrelle 1906-1994, Hitler et la franc-maçonnerie et La religion d’Hitler, trois textes très documentés et de haute volée parus aux Éditions Racine à Bruxelles, le philosophe et historien belge Arnaud de la Croix publie aujourd’hui, toujours dans la même maison, un nouvel essai intitulé Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur dans lequel il se penche avec sagacité sur le cas de personnages très divers unis par l’adulation du monstre nazi.
 
Il s’agit du roi Édouard VIII d’Angleterre (1894-1972), de la cinéaste allemande Leni Riefenstahl (1902-2003), du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), de l’industriel américain Henry Ford (1863-1947), de l’aviateur américain Charles Lindbergh (1902-1974), de l’écrivain et publiciste français Robert Brasillach (1909-1945), du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), de l’instituteur et dictateur fasciste italien Benito Mussolini (1883-1945), du politicien belge Léon Degrelle (1906-1994), de l’écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952, lauréat du prix Nobel de littérature en 1920), de l’évêque catholique autrichien Alois Hudal (1885-1963) et de l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) qui, pour des raisons diverses clairement et sobrement expliquées par l’auteur, ont versé dans l’adulation du maître du IIIe Reich et de son « œuvre ».
 
Un condensé de racisme, de nationalisme, d’antisémitisme, de totalitarisme et d’antiparlementarisme, mais aussi d’égotisme, de carriérisme, de veulerie, d’exaltation aveugle, d’admiration de la force ou d’espérances insensées, bref, d’idées grandement stupides et gravement criminelles, que d’aucuns ont camouflées derrière une apparence plus honorable d’anticommunisme et d’antistalinisme.
 
Remarquable, mais forcément lacunaire – tant le sujet est immense –, l’excellent travail d’Arnaud de la Croix ouvre la porte à d’autres recherches, par exemple sur les laudateurs de gauche du caporal bavarois, comme les députés français Jacques Doriot (communiste), et Marcel Déat (socialiste), les auteurs belges d’extrême gauche du groupe des écrivains prolétariens, le romancier et médecin suisse John Knittel…
 
Et, pour ceux qui lisent l’allemand, l’étude qui n’a pas été traduite en français d’Hans Werner Neulen intitulée Europas Verratene Sohne (Les Fils trahis de l’Europe, Éditions Universitas, 1980) fera naître un abîme de réflexions sur l’engagement des non-Allemands dans la Waffen-SS – y compris des Indiens – durant la Seconde Guerre mondiale…
 
Bernard DELCORD
 
Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur par Arnaud de la Croix, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 160 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €

19 09 17

Un chef-d’œuvre classique… mais pas seulement !

Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon (cover).jpgPierre Rosenberg est membre de l'Académie française. Ancien directeur du Louvre, il a organisé de nombreuses expositions. Spécialiste de l'art français et italien des XVIIe et XVIIIe siècles, il a fait de Nicolas Poussin l'un de ses sujets de prédilection.
 
Il est par ailleurs l’un des commissaires de l’exposition Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon qui se tient jusqu’au 7 janvier 2018 au Jeu de Paume du château de Chantilly – riche de la deuxième plus importante collection de peintures anciennes après le musée du Louvre – et il a dirigé la publication de son catalogue paru sous le même titre aux Éditions Flammarion à Paris, un superbe ouvrage fort de 180 belles illustrations.
 
Nicolas Poussin (1594-1665) est un peintre français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Formé à Paris, il est surtout actif à Rome à partir de 1624. Il a peint aussi bien des scènes d'histoire que religieuses ou mythologiques, mais aussi des paysages animés. Sa renommée lui permet de devenir peintre du roi et de revenir en France entre 1640 et 1642. Il préfère finalement repartir à Rome où il réside jusqu'à sa mort. Il est l'un des plus grands maîtres classiques de la peinture française et son influence est considérable, de son vivant et jusqu'à nos jours.
 
Outre 400 dessins, entre 220 et 260 tableaux lui sont attribués, parmi lesquels Le Massacre des Innocents (circa 1627-1628) (1). 
 
Cette œuvre représente une scène du massacre des Innocents, issue du Nouveau testament et citée dans l'Évangile selon Matthieu, chapitre 2, versets 16-18. Il s’agit du meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem, ordonné par Hérode, craignant la concurrence d'un roi des Juifs dont la venue lui avait été annoncée par les Mages, peu après la naissance de Jésus.

Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon (tableau).jpg

 Le Massacre des Innocents
Huile sur toile, 147 × 171 cm
 
Pablo Picasso (1881-1973) étudiera la composition de l'œuvre lors de sa période méditerranéenne de 1920-1922, et il reprendra le personnage à l'étoffe bleue à droite dans plusieurs de ses dessins. L'attitude et la posture des femmes du tableau se retrouvent notamment dans divers personnages féminins de Guernica (2).
 
L’exposition se concentre sur le chef-d’œuvre de Nicolas Poussin. À travers les prêts prestigieux d’une cinquantaine d’œuvres, elle met en lumière sa postérité en accordant une large place à l’art moderne et contemporain.
 
Le visiteur y découvre tout d’abord l’histoire du tableau et de ses propriétaires, de son commanditaire italien, le marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637) au duc d’Aumale (1822-1897), de Rome à Chantilly en passant par Londres.
 
Puis le chef-d’œuvre est confronté à des grands maîtres du XVIIe siècle (Guido Reni, Pietro Testa), à une version antérieure du tableau provenant du Petit Palais et à un dessin préparatoire.
 
Le parcours se poursuit par différentes interprétations allant du XVIIIe au début du XIXe siècle (Jean-Baptiste-Marie-Pierre, Léon Cogniet).
 
Les dernières salles montrent les relectures modernes et contemporaines du Massacre des Innocents. Le Charnier (1945) de Pablo Picasso y côtoie Head II (1949) de Francis Bacon ainsi que des œuvres d’artistes contemporains (Henri Cueco, Jean-Michel Alberola…)
 
Enfin, des propositions inédites d’Annette Messager, Pierre Buraglio ou Jérôme Zonder démontrent toute la force et l’actualité du chef-d’œuvre de Chantilly.
 
Un événement à ne pas manquer !
 
Bernard DELCORD
 
Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon sous la direction dr Pierre Rosenberg, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2017, 192 pp. en quadrichromie au format 22 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 45,00 € (prix France)
 
Informations pratiques :
 
Lieu : Salle du Jeu de Paume du Domaine de Chantilly
 
Coordonnées : en voiture, le Domaine de Chantilly est à 20 min de l’aéroport Paris Charles de Gaulle et 40 km de Paris centre.
Depuis Paris : autoroutes A3 et/ou A1 sortie Chantilly ou D316 et D317
Depuis Lille et Bruxelles : autoroute A1 sortie Senlis
 
Coordonnées GPS (DD) :
Latitude : 49.193854
Longitude : 2.485316
 
Horaires :
Jusqu’au 1er novembre inclus :
Ouvert 7J/7
10h-18h / 20h pour le parc
Du 2 novembre au 7 janvier inclus :
Tous les jours sauf le mardi
10h30-17h / 18h pour le parc
 
Billets et tarifs :
Exposition incluse sans supplément dans le billet Domaine.
Billet Domaine (château, parc, grandes écuries + exposition) : 17€ Plein tarif / 10€ Tarif réduit
Billet Exposition + Parc : 10€ Plein tarif / 6€ Tarif réduit
 
Visite guidée de l'exposition : 3€ en supplément du billet d'entrée
Tous les week-ends et jours fériés à 11h, 15h et 16h
Inscription sur place dans la limite de 20 personnes par créneau horaire
Aucune visite guidée le 25 décembre
 
Parking (à régler sur place) : 4€
 
 
(1) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Poussin
 
(2) Guernica : capitale historique et spirituelle du Pays basque, elle est particulièrement connue pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les aviateurs de la légion Condor, envoyés par Hitler afin de soutenir le général Franco durant la guerre civile d’Espagne (1936-1939). Guernica est aussi le titre d’une célébrissime huile sur toile monumentale de style cubiste réalisée entre le 1er mai et le 4 juin 1937, à Paris, par Pablo Picasso pour dénoncer le bombardement de la ville, qui fit de nombreuses victimes civiles.

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04 09 17

Au fil des jours…

Almanach des Terres de France 2018 .jpgL'Almanach des Terres de France 2018 compile une nouvelle fois le meilleur et l'essentiel des régions de l’Hexagone.
 
Depuis sa création en 2008, cette parution annuelle égrène les 365 jours de l'année, au fil des saisons et au gré de ses rubriques.
 
Dans ses 320 pages, en images et en textes, vous dénicherez les produits des terroirs français (gastronomie, recettes, étapes gourmandes…), vous vous engagerez sur des chemins de traverse (lieux insolites, promenades, maisons de personnalités…), vous mettrez à profit des astuces pratiques (maison, bricolage, jardinage, bons plans, petits gestes écologiques…), vous garderez l'esprit en éveil (dictons, subtilités de la langue française, personnalités régionales, patrimoines architecturaux, croyances populaires…), vous vous chouchouterez (conseils de vie, de santé, de bien-être…), vous vous plongerez dans des lectures variées et passionnantes (poèmes, citations, 52 extraits de romans de la célèbre collection « Terres de France »…)
 
Et bien d’autres choses encore !
 
Bernard DELCORD
 
Almanach des Terres de France 2018 par Gérard Boutet, Didier Cornaille, Marie-Charlotte Delmas et Isabelle Dupré, présentation de Pierre Legros, Paris, Éditions des Presses de la Cité, collection « Terres de France », septembre 2017, 320 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs avec reliure à spirale, 19,95 € (prix France)
 
Pour vous, nous avons recopié dans cette compilation passionnante
la recette régionale suivante :
 
Pommes au four à la normande
 
Pour 4 personnes
 
Ingrédients :
 
4 pommes reinettes
70 g de sucre en poudre
20 g de beurre
15 cl de cidre
 
Recette :
 
Pelez et évidez les pommes.
Déposez-les dans un plat préalablement beurré.
Saupoudrez de sucre et coupe sur chaque pomme un petit morceau de beurre.
Versez le cidre dans le fond du plat et faites cuire 30 minutes au four à 180° C.

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02 09 17

Le déni d’un déni de mémoire…

 
L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927) .jpgMonique Slodzian est professeure à l'Institut national des langues et civilisations orientales.
 
Spécialiste de la Russie et de la littérature russe contemporaine, elle est l'auteure d'une dizaine de traductions, d'adaptations de romans et de pièces de théâtre d'écrivains russes et soviétiques.
 
En février 2017, quatre mois avant la mise en liquidation judiciaire des Éditions de la Différence à Paris, elle y a fait paraître un essai aussi passionnant que dérangeant intitulé L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927), dans lequel, à travers la narration de cette affaire judiciaire retentissante, elle met en accusation l’actuel gouvernement fasciste de l’Ukraine et ses méthodes tout à la fois infâmes, révisionnistes, pronazies et antisémites.
 
Écoutons-la :
 
« À l'heure où l'Ukraine revient sur le devant de la scène politique et où la France, faisant désormais partie intégrante de l'OTAN, semble frappée d'amnésie, il n'est pas indifférent de rappeler l'enjeu de ce procès qui eut un retentissement comparable à celui de l'Affaire Dreyfus.
 
Le 25 mai 1926, à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Racine à Paris, un Juif russe naturalisé français à la fin de la guerre de 1914, Samuel Schwartzbard, assassine Simon Petlioura, l'ancien président du Directoire ukrainien (du 14 décembre 1918 au 5 février 1919).
 
Il le tient pour responsable du massacre de dizaines de milliers de Juifs lors de pogromes organisés par l'armée indépendantiste ukrainienne dont Petlioura est l'ataman général.
 
À l'époque, ce procès sensationnel qui dura huit jours et vit témoigner les plus grands noms de la science et de la littérature des années trente, a bel et bien mobilisé l'opinion française tout entière et fait la une de la presse internationale.
 
Ce grand élan pro-juif qui s'intercale entre la réhabilitation du capitaine Dreyfus en 1906 et les actes antisémites du gouvernement de Vichy correspond bien aux années où l'antisémitisme dans la société française connaît son plus bas étiage.
 
Au mitan des années vingt, les horreurs de la guerre hantent les esprits et un puissant sentiment d'empathie se lève en faveur des victimes des pogromes.
 
Les difficultés économiques se chargeront de souffler une nouvelle vague d'antisémitisme à partir de 1931.
Me Torrès, l'avocat de Schwartzbard, était cent fois fondé à bâtir sa plaidoirie sur l'horrifiante réalité des pogromes et à la clore dans un élan oratoire irrésistible : “Non, ce n'est plus vous, Schwartzbard, qui êtes en cause ici : ce sont les pogromes”.
 
Aujourd'hui, Schalom Schwartzbard, en dépit du verdict d'acquittement, reste pour les Ukrainiens “l'assassin à la solde de l'ennemi de l'Ukraine indépendante”. »
 
Après avoir rappelé qu’en 2015 le président nationaliste Porochenko a fait transférer toutes les archives nationales de son pays à l’Institut national ukrainien de la mémoire dirigé par l’historien patriotard Volodymir Viatrovytch, selon Monique Slodzian un « maître internationalement reconnu en matière de falsification de documents », et en restituant les tenants et les aboutissants de ce procès historique, l’auteure met en lumière la part plus qu’obscure du nationalisme ukrainien actuel naïvement défendu par l'Union européenne comme une pure aspiration à la liberté.
 
Un texte qui fait ouvrir les yeux !
 
Bernard DELCORD
 
L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927) par Monique Slodzian, Paris, Éditions de la Différence, collection « Politique », février 2017, 270 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,00 € (prix France)

27 08 17

« Nous ne sommes rien. Ce que nous cherchons est tout. » (Friedrich Hölderlin)

Naissance de l'art romantique.jpgSpécialiste du romantisme européen, Pierre Wat (°1965) est professeur à Paris I – où il occupe la chaire d'histoire de la peinture du XIXe siècle.
 
Il a aussi été maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l’université François-Rabelais de Tours, conseiller scientifique à l'Institut national d'histoire de l'art (1999-2004), professeur à l'Université Aix-Marseille I et à l'École du Louvre.
 
Il a notamment publié Constable (Hazan, Paris, 2002), Les nymphéas, la nuit : Claude Monet (Nouvelles éditions Scala, Paris, 2010) et Turner, menteur magnifique (Hazan, Paris, 2010).
 
Parue chez Flammarion en 1998, sa thèse de doctorat intitulée Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre est ressortie en 2013 chez le même éditeur, revue et corrigée, dans la collection « Champs arts ».
 
Il s’y concentre sur l'Allemagne de Caspar David Friedrich, de Johann Wolfgang von Goethe et de Philipp Otto Runge ainsi que sur l'Angleterre de William Blake, de John Constable et de William Turner, les deux pays où s'inventent conjointement une nouvelle pratique et une nouvelle théorie de l'art, le romantisme.
 
« En France, écrit l’auteur à propos de son livre, qui dit romantisme dit Delacroix, Victor Hugo, le spleen, le goût de la ruine, l'attirance de la nuit, pour la mort… Autant d'images toutes faites, et de clichés. Mais alors, qu'est-ce que le romantisme ?
 
Cet ouvrage tente de montrer que le romantique se construit sur la subversion de l'image néo-classique à travers l'histoire esthétique de cette naissance et de son ambition.
 
Le romantisme est un art nouveau pour un monde nouveau. Un art qui détruit la norme classique, et un art sans norme, mais éternellement classique. Un art absolu. »
 
C’est absolument exact !
 
Bernard DELCORD
 
Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre par Pierre Wat, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », mars 2013, 318 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 € (prix France)

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22 08 17

« Le désir de l'amour engendre l'amour. » (Tahar Ben Jelloun)

Dire l'amour en poésie .jpgConforme aux nouveaux programmes d’enseignement du français au collège et rédigée par Lucie Lelong, l’anthologie intitulée Dire l'amour en poésie publiée à Paris aux Éditions Gallimard dans la collection « Folio + Collège » propose, dans sa première moitié, 49 textes d’auteurs variés (cf. infra) articulés autour de 8 thématiques :
 
1. Expliquer l’amour
2. Rêver à l’amour
3. Déclarer sa flamme
4. Dire l’étreinte
5. Clamer sa passion
6. La plainte amoureuse
7. Taire l’amour ?
8. Dire l’amour et médire
 
La seconde moitié, purement pédagogique, se divise en 4 parties :
 
– Je découvre
(Situation de l'écriture poétique ; Orphée raconté par Eurydice ; Retour dans le passé : le lecteur de poésie à travers les âges ; Ce qu'il s'est passé dans l'histoire de la poésie ; Les origines et la postérité du poème « Le lac » ; Les mots ont une histoire ; Les noms propres sont porteurs de sens ; Dernières observations avant l'analyse)
 
– J’analyse
(Au cœur de la phrase ; La construction de l'anthologie ; Caractérisation des personnages ; Les intentions des auteurs : pourquoi écrire des poèmes d'amour ? ; Quelle vision de la femme dans les poèmes amoureux ? ; Résumons ! ; Exercices ; Jeu de lettres ; Le 20 sur 20)
 
– Nous avons la parole
(À nous de jouer ; Organisons le débat)
 
– Prolongements
(Groupement de textes, « De Narcisse au narcissisme : amoureux de soi-même » ; Histoire des arts)
 
Un bien bel outil !
 
Bernard DELCORD
 
Dire l'amour en poésie par Lucie Lelong, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio + Collège », mai 2017, 195 pp. en noir et blanc+ 2 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 3,90 € (prix France)
 
TABLE DES MATIÈRES
 
1. EXPLIQUER L’AMOUR
 
Jean-Baptiste de Grécourt, Qu'est-ce que l'amour ?
Jean de La Fontaine, L'Amour et la Folie
Pierre de Ronsard, Madrigal
Anonyme, Tourments sans passions...
Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour
Jacques Prévert, Cet amour
 
2. RÊVER À L’AMOUR
 
Arthur Rimbaud, Sensation
Paul Verlaine, Mon rêve familier
Louise Gillot de Saintonge, Je croyais, en dormant...
Aloysius Bertrand, Madame de Montbazon
Robert Desnos, J'ai tant rêvé de toi
Charles Cros, Distrayeuse
 
3. DÉCLARER SA FLAMME
 
Charles Baudelaire, Chanson d'après-midi
Paul Verlaine, Green
Jean Tardieu, Étude de pronoms
Paul Eluard, Je t'aime
 
4. DIRE L’ÉTREINTE
 
Charles Baudelaire, Un hémisphère dans une chevelure
Pierre Alferi, Préservatif
Jacques Prévert, Alicante
Marc Papillon de Lasphrise, Ha Dieu ! Que j'ai de bien...
Robert Desnos, Coucher avec elle
Évariste de Parny, Le lendemain
 
5. CLAMER SA PASSION
 
LES TOURMENTS DE LA PASSION
Louise Labé, Je vis, je meurs…
Marc Papillon de Lasphrise, Je l'œilladais, mi-nue...
Marquise d'Antremont, Ô Mort ! anéantis mon être...
 
L'AIMÉE ADORÉE
Louis Aragon, Que serais-je sans toi...
Philippe Soupault, Georgia
 
6. LA PLAINTE AMOUREUSE
 
AMOUR IMPOSSIBLE
Jules Laforgue, Complainte-litanies de mon sacré-cœur
Louis Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux
 
CŒURS BRISÉS
Alfred de Musset, À Mademoiselle ***
Paul Verlaine, Ô triste, triste était mon âme...
Christine de Pisan, Seulette suis et seulette veux être...
Léon Gontran Damas, Quand malgré moi...
 
LA MORT DE L'ÊTRE CHER
Alphonse de Lamartine, Le lac
Tristan l'Hermite, Sur un tombeau
Claude Esteban, Élégie de la mort violente (extrait)
 
7. TAIRE L’AMOUR ?
 
Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés
Gabriel-Charles de Lattaignant, Les époux indiscrets
 
8. DIRE L’AMOUR ET MÉDIRE
 
LE TEMPS OU LA REVANCHE DE L'ÉCONDUIT
Pierre de Ronsard, Quand vous serez bien vieille…
Théophile de Viau, Ton orgueil peut durer...
Raymond Queneau, Si tu t'imagines…
 
DÉFIGURER : LA POÉSIE COMME MIROIR DÉFORMANT DE LA CRUELLE
Étienne Jodelle, Comment pourrais-je aimer...
Clément Marot, Le beau tétin
Clément Marot, Le laid tétin
 
SE SOUVENIR DE L'AMOUR
Alfred de Musset, Rappelle-toi
Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau
Philippe Desportes, Est-il vrai qu'autrefois…
Paul Verlaine, Streets
Marceline Desbordes-Valmore, L'amour
 

21 08 17

« Tout ce qui passe n'est que symbole. » (Johann Wolfgang von Goethe)

Le Symbolisme .jpgLicencié en droit et diplômé d'histoire de l'art, Rodolphe Rapetti a été conservateur au musée d'Orsay, puis directeur des musées de Strasbourg. Il est à présent conservateur du Patrimoine à la Direction des musées de France.
 
Il a enseigné à l'École du Louvre, ainsi qu'à l'Université Paris-X Nanterre, et il a publié de nombreux ouvrages et articles consacrés à l'art du XIXe siècle, comme De Van Gogh à Kandinsky (Bruxelles, Fonds Mercator, 2012).
 
Il s'est en outre vu confier le commissariat scientifique de plusieurs expositions, parmi lesquelles « Odilon Redon » (Grand-Palais, 2011) et « Émile Bernard » (musée de l’Orangerie, 2014).
 
Il a fait paraître, cette fois dans la collection « Champs arts » des Éditions Flammarion à Paris, une nouvelle version revue et augmentée (deux versions précédentes ont vu le jour en 2005 et 2007 chez le même éditeur) de son maître ouvrage intitulé Le Symbolisme, l’une des synthèses les plus complètes, les plus pédagogiques et les plus réussies sur ce sujet complexe.
 
Voici ce qu’il en écrit :
 
« Courant de pensée innervant les arts et les lettres entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, le symbolisme porte en germe de nombreux aspects de l'art moderne, de l'abstraction au surréalisme.
 
En révolte contre une époque marquée par le positivisme et le progrès de la science, il fut essentiellement un art de l'idée et de la subjectivité, où se combinent quête de la modernité et recherche délibérée d'archaïsme.
 
Se nourrissant de la pensée philosophique des romantiques allemands, de la théorie baudelairienne des "correspondances" et de l'idée wagnérienne d'art total, il tend à une unité intemporelle entre l'homme et le monde, unité perdue qui ne sera retrouvée que dans l'évocation du mythe.
 
Les préraphaélites anglais, Gustave Moreau et Puvis de Chavannes comptent parmi les figures tutélaires de ce mouvement et nombre des personnalités les plus novatrices de cette période – Gauguin, Redon, Ensor, Munch ou Holder, niais aussi Burne-Jones, Böcklin, Khnopff et Klimt – figurèrent dans ses rangs. »
 
Cet ouvrage, qui représente la somme de plus de dix ans de recherches, situe le mouvement artistique symboliste dans son contexte historique, celui de l'Europe industrielle de la fin du XIXe siècle, et retrace ses liens avec l'évolution des idées et la littérature.
 
Il se présente comme une confrontation des postulats symbolistes, et principalement de l'idéalisme issu de la tradition néo-platonicienne, avec les enjeux essentiels de l'art à cette époque, à savoir la recherche de nouvelles structures formelles allant du cloisonnisme à l'usage de la couleur inobjective, la figuration du mythe ou la revendication de l'irrationnel, toutes analysées en profondeur.
 
Du grand art, lui aussi…
 
Bernard DELCORD
 
Le Symbolisme par Rodolphe Rapetti, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », septembre 2016, 402 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

21 08 17

« Fais-toi l'esclave de la philosophie pour jouir d'une vraie indépendance. » (Sénèque)

7 philosophes qui ont fait le XXe siècle .jpgPhilosophe et écrivain né en 1949 à Paris, Roger-Pol Droit a été chercheur au CNRS, enseignant à Sciences Po et il collabore au Monde des livres, au Point et aux Échos. Il est notamment l'auteur de Petites expériences de philosophie entre amis (Plon, 2012) et d'Une brève histoire de la philosophie (Flammarion, Champs, 2014).
 
C’est également chez Flammarion, dans la collection « Librio », qu’il a fait paraître un court essai intitulé 7 philosophes qui ont fait le XXe siècle dans lequel il décrypte les concepts, les combats et les démarches de la philosophie moderne à travers la pensée de Sigmund Freud, de Martin Heidegger, d’Hannah Arendt, de Jean-Paul Sartre, de Claude Lévi-Strauss, d’Albert Camus et de Michel Foucault.
 
Le tout dans des présentations courtes, simples, aisément compréhensibles, s’ouvrant par la fiche biographique de chaque auteur et se concluant par des conseils de lecture.
 
Pour les étudiants, et ceux qui l’ont été, un vade-mecum indispensable, à un prix démocratique !
 
Bernard DELCORD
 
7 philosophes qui ont fait le XXe siècle par Roger-Pol Droit, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », août 2016, 89 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

19 08 17

Un fabuleux trésor…

Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève .jpgLe Musée d’art et d’histoire de Genève conserve plus de 280 peintures flamandes et hollandaises du XVe au XVIIIe siècle. Issu principalement de dons et de legs successifs dus à la générosité de plusieurs collectionneurs, le fonds constitue, sur le plan numérique, le plus important ensemble de peintures de ces écoles en Suisse et présente une remarquable cohérence qui en fait un cas exemplaire dans l’histoire des collections.
 
Entre 2002 et 2009, il a fait l’objet d’une campagne systématique de restauration et d’étude scientifique, qui a permis d’en mesurer la place au sein du musée et l’importance sur le plan international. (1)
 
Par ailleurs, c’est à Lens dans le Valais suisse et avec la collaboration exceptionnelle de ce musée que la Fondation Pierre Arnaud a exposé jusqu’au 22 janvier 2017 une sélection de 81 tableaux flamands et hollandais d’artistes souvent peu connus mais de très grand talent qui n’avait plus été présentée depuis 2009 et dont le catalogue a paru aux Éditions Favre à Lausanne sous le titre Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève.
 
Focalisée sur le XVIIe siècle, le Siècle d'or, c'est-à-dire l'époque de Rubens et de Rembrandt, l'exposition s'organisait en six sections thématiques (portraits, peinture d’histoire, peinture d’architecture et de scènes de genre d’intérieur, scènes de genre d’extérieur et de paysage, scènes de cavalerie, de chasse et pastorales, peinture animalière et natures mortes).
 
Elle mettait en évidence le phénomène de spécialisation des peintres dans un genre particulier, en soulignant le contraste entre le marché diversifié des sept Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels, souvent désignés par métonymie comme la Hollande), majoritairement calvinistes, et celui, plus centralisé, des Pays-Bas espagnols (la Belgique actuelle, désignée comme la Flandre), restés catholiques.

Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève (Antoine ou Abraham Beertstraaten, Village en hiver).jpg

Antoine ou Abraham Beertstraaten, Village en hiver, ca 1660-65.
© Collection des Musées d’art et d’histoire de la Ville de Genève.
 
Elle se donnait deux objectifs principaux ; d'une part révéler à un large public un pan aussi important que méconnu des collections genevoises : d'autre part, le replacer dans une histoire du goût.
 
Cet ouvrage contribue largement et bellement à leur atteinte !
 
Bernard DELCORD
 
Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève par la Fondation Pierre Arnaud, préface de Daniel Salzmann, Lausanne, Éditions Favre, février 2017, 143 pp. en quadrichromie au format 17,3 x 124,2 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17,00 €
 
 
(1)   Source : http://www.fondationpierrearnaud.ch/fr/1113/votre-visite/exposition-a-venir 

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18 08 17

« Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. » (Sun Tzu)

Sun Tzu Qui suis-je.jpgSaint-cyrien, breveté de l'École de guerre, le lieutenant-colonel Yann Couderc a servi sur plusieurs théâtres d'opération. Son intérêt pour l'Asie l'a conduit à entreprendre une étude approfondie de L'Art de la guerre de Sun Tzu et à développer sa propre réflexion sur la pensée du stratège chinois. Créateur et animateur d'un blog de référence, Sun Tzu France (http://suntzufrance.fr/), il est l'auteur de plusieurs publications sur le sujet. (1)
 
Sun Tzu est un général chinois du VIe siècle av. J.-C. (544-496 av. J.-C.). Il est surtout célèbre en tant qu'auteur de l'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu : L'Art de la guerre.
 
L'idée principale de son œuvre est que l’objectif de la guerre est de contraindre l’ennemi à abandonner la lutte, y compris sans combat, grâce à la ruse, l'espionnage, une grande mobilité et l'adaptation à la stratégie de l'adversaire. Tous ces moyens doivent ainsi être employés afin de s'assurer une victoire au moindre coût (humain, matériel).
 
Les idées de L'Art de la guerre ont été reprises et adaptées par différents auteurs pour la stratégie, et notamment la stratégie d'entreprise.
 
Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut être interprété comme une méthode de résolution des conflits. (2)
 
Chez Pardès à Grez-sur-Loing, Yann Couderc a publié Sun Tzu Qui suis-je ?, un passionnant petit ouvrage très accessible et abondamment illustré dans lequel il se penche sur la destinée personnelle et sur la pérennité de l’œuvre de cet orfèvre de la stratégie guerrière.
 
Voici la présentation qu’il a faite de son ouvrage :
 
« Il y a encore cinquante ans, en dehors de quelques orientalistes, personne n'avait entendu parler de Sun Tzu. C'est là un paradoxe : alors que l'humanité s'est montrée peu avare en conflits et a toujours cherché à accroître son niveau de compétence dans le domaine militaire, la reconnaissance de Sun Tzu et de son traité, L'Art de la guerre, est assez récente. De ce personnage, dont la tradition situe la vie au VIe siècle avant Jésus-Christ, le peu que l'on sait est d'une origine tardive et d'une authenticité douteuse.
 
Sa première biographie a été rédigée quatre siècles après sa mort officielle et, curieusement, on ne trouve que très peu de traces de lui dans les annales. Une seule chose est certaine : nous possédons aujourd'hui un traité, intitulé L'Art de la guerre, dont l'existence est attestée depuis au moins 2 200 ans, dans lequel sont étudiés le caractère politique et psychologique de la guerre, le rôle du commandement, l'exploitation des dissensions chez l'ennemi, l'importance du renseignement, etc.
 
Nos connaissances sur Sun Tzu ont évolué depuis 1971, date de la première traduction française de L'Art de la guerre. Sun Tzu Qui suis-je ? se donne pour ambition de présenter une synthèse de ce que nous savons actuellement sur cet exceptionnel stratège, dont la parfaite connaissance du traité était au programme du recrutement de tous les officiers chinois jusqu'en 1905. »
 
Si vis pacem, para bellum (3), disaient nos anciens.
 
Une excellente raison pour se plonger dans la lecture de l’essai de Yann Couderc !
 
Bernard DELCORD
 
Sun Tzu Qui suis-je ? par Yann Couderc, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », mai 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)
 
SOMMAIRE
 
INTRODUCTION - Références au texte de Sun Tzu
 
I. SUN TZU
1. Avant de commencer : Sun Tzu, Sun Wu ou Sun Zi ?
2. Ce que dit la tradition
3. Sun Tzu et les concubines du roi
4. Une histoire de Sun Tzu
5. Sun Tzu : un mythe ?
 
II. LE MONDE DE SUN TZU
1. L’époque des Royaumes combattants
2. Un environnement philosophique en pleine effervescence
3. La descendance de Sun Tzu
4. Wu Zixu, compagnon de Sun Tzu et auteur avant lui d’un Art de la guerre
5. Les personnages historiques de L’Art de la guerre
 
III. L’ART DE LA GUERRE
1. Le plus ancien traité de stratégie connu ?
2. Sun Tzu a-t-il écrit L’Art de la guerre ?
3. Comment a émergé le texte de L’Art de la guerre ?
4. Un texte qui ne se fige que plus de 500 ans après la mort de Sun Tzu
5. Le manuscrit du Yinqueshan : une lucarne ouverte sur le processus de composition
 
IV. L’HÉRITAGE DE SUN TZU
1. Sun Tzu en Chine
2. Sun Tzu en Occident
3. Sun Tzu aujourd’hui
4. Les raisons du succès
 
CONCLUSION
 
ANNEXES
I. Les grands lecteurs de Sun Tzu, une mystification
II. Repères chronologiques
III. Bibliographie
 
 
 (1) Comme sa thèse de doctorat : Sun Tzu en France, Nuvis, Paris, 2012.
 (2) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sun_Tzu
 (3) « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » (Phrase attribuée à l’auteur latin Végèce, fin du IVe siècle.)