26 05 18

Une belle encyclopédie portative…

Le Petit Larousse illustré 2019.jpgIndispensable outil pour maîtriser la langue française, transmettre le savoir et parfaire ses connaissances encyclopédiques, voici Le Petit Larousse 2019 en quelques précisions chiffrées :

– Plus de 63 350 mots dont 150 nouveaux [1], 125 000 sens, 20 000 locutions et expressions, 28 000 noms propres dont 40 nouveaux [2], 2 000 régionalismes et mots de la francophonie :

  • Des définitions claires et précises, accompagnées d’exemples.
  • Les étymologies.
  • Des synonymes et analogies.
  • Les niveaux de langue sont précisés pour un emploi correct des mots.
  • Une présentation rigoureuse et structurée de chaque article.

– Un véritable guide d’expression écrite et orale :

  • Toutes les difficultés et les particularités grammaticales expliquées pour aider à maîtriser l’orthographe et la syntaxe.
  • Des remarques de langue ou d’orthographe.

– Un dictionnaire encyclopédique :

  • Des milliers de notices encyclopédiques sur tous les domaines de la connaissance : sciences, économie, philosophie…
  • 28 000 noms propres : personnalités, œuvres, lieux, pays, événements historiques.

– Une énorme banque d’images avec :

  • 5 500 photos, cartes, dessins, schémas et planches.
  • Une chronologie universelle.
  • Une documentation encyclopédique avec des centaines de schémas fléchés pour apprendre du vocabulaire spécialisé et comprendre le fonctionnement et la fabrication d’un objet ou la mise au point d’une technique.

– Le dictionnaire Internet Larousse 2019 :

  • Plus de 80 000 mots.
  • 9 600 verbes conjugués.
  • 34 000 expressions.
  • La sonorisation de tous les mots difficiles.
  • Des mises à jour régulières.
  • Un hypertexte total pour passer d’un mot à un autre en un clic.
  • Des dossiers encyclopédiques et des quiz sur les notions clés de la culture générale (en histoire, écologie, géographie et économie, vie politique et éducation civique, sciences et techniques, littérature et philosophie, histoire des arts et sciences de la vie).

Du lourd…

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse illustré 2019, ouvrage collectif, préface de Bernard Cerquiglini, Paris, Éditions Larousse, mai 2018, 2 044 pp. en quadrichromie au format 15,6 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

 

[1] Actorat, agriculture verticale, bêta-lecteur/trice, biloute, blockchain, boboïsation, Brexit, cadeauter, césarisé, couponing, cotravail, démocrature, détox, douciner, écotoxique, écoforesterie, flexitarisme, geekette, gougounes, gouttiner, gyoza, jour du dépassement, liker, main de Bouddha, mapping vidéo, mixologie, neige industrielle, oscarisé, pet-de-sœur, poutouner, principe pollueur-payeur, rançongiciel, salle de montre, sans-abrisme, sauce barbecue, schmutz, se boujouter, se faire péter la miaille, startuper ou startupeur/euse, teaser, test de résistance, transpartisan, vapoteuse, vlog…

[2] Johan Auwerx, Shigeru Ban, Emmanuelle Béart, Charles Bonnet, Magnus Carlsen, Guy Cassiers, Jerome Charyn, Philippe Claudel, Hélène Darrroze, Stanislas Dehaene, Esther Duflo, François Gabart, Andy Goldsworthy, Francis Hallé, ICAN, Kazuo Ishiguro, André Jacob, Philippe Jaroussky, Jean-Noël Jeanneney, Yasmina Khadra, Joseph Kosuth, Manu Larcenet, Bruno Latour, Maxime Le Forestier, Marie-Amélie Le Fur, Manuel Legris, Mikr Leigh, Mourad Merzouki, Yves Meyer, Jean-Jacques Milteau, Claude Mossé, Elon Musk, Stanislas Nordey, François Ozon, John Pendry, Louise Penny, Thomas Pesquet, Sidney Poitier, Denis Villeneuve et Rainer Weiss.

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25 05 18

Deux millénaires en cent repères...

Les 100 dates de l'histoire de l'Église.jpgDocteure en histoire (Paris-I Panthéon-Sorbonne) et maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’université de Paris-Ouest Nanterre la Défense, Bénédicte Sère est également coauteure, avec Nelly Labère, des 100 mots du Moyen Âge, un ouvrage paru aux Presses universitaires de France dans la collection « Que sais-je ? ».

Chez le même éditeur et dans la même collection, elle a publié Les 100 dates de l’histoire de l’Église, un brillant essai au sein duquel elle fait montre d’une grande maestria synthétique dans l’exposé et l’interprétation des soubassements historiques, politiques, culturels et religieux de l’Occident et du Moyen-Orient depuis la crucifixion de Jésus-Christ jusqu’à l’élection du pape François, une véritable gageure.

Extrait :

1555

Abdication de Charles Quint

« En ce geste éclatant de la fin de sa vie, Charles Quint, l'empereur d'« un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais », renonce librement au pouvoir et se retire quelques mois plus tard, en 1556, à Yuste, dans un couvent d'Estrémadure.

L'abdication a lieu le 25 septembre 1555, à Bruxelles, vers trois heures de l'après-midi, heure de la mort du Christ en croix, racontent les chroniques et les sources du temps. Elle a lieu, surtout, le jour même où fut signée la paix d'Augsbourg, c'est-à-dire la reconnaissance de la confession luthérienne, désormais l'égale juridique de la confession catholique selon le principe cujus regio, ejus religio (« tel prince, telle religion »). Les sujets sont libres de choisir leur religion et doivent émigrer en cas de désaccord avec leur suzerain.

C'est la première reconnaissance officielle de la liberté de religion. Par ce compromis est définitivement abandonnée la longue unité religieuse de l'Empire romain germanique.

Les contemporains sont bouleversés et s'interrogent : grandeur d'âme (Montaigne) ou faiblesse (Brantôme) du caesar abdicans ? L'empereur qui abdique reste un exemplum moral de la fatigue du pouvoir liée à la défaillance des forces, il est vrai. L'homme fut toujours fidèle aux enseignements de son précepteur, Adrien d'Utrecht, devenu pape sous le nom d'Adrien VI, pour qui rien n'était plus malheureux que le pouvoir suprême.

Plus fondamentalement, l'abdication de Charles Quint apparaît d'une certaine manière comme l'échec d'un rêve : rêve d'une unité religieuse, rêve d'un Empire chrétien, rêve du maintien d'un catholicisme contre les protestants et d'une reconquête sur les sujets rebelles. D'un mot : rêve d'un messianisme impérial et d'un triomphe de la chrétienté, dont il faut bien dire que l'essence reste toute médiévale.

Charles Quint, on l’a beaucoup écrit, est le dernier des empereurs médiévaux, hanté par l'autre Charles que fut Charlemagne. Parce que sa sensibilité fut toute médiévale, autant que sa foi et sa piété, le geste du renoncement suprême au pouvoir est à sa manière le terme de la longue tradition spirituelle du mépris du monde et de la retraite. Le geste est religieux, indéniablement, en référence à ce passé médiéval. Mystique même lorsque l'absolu désintéressement de la foi mène à la gloire héroïque par mépris de la gloire.

Ce que signe l'abdication de Charles Quint, c'est aussi la fin de la chrétienté médiévale. »

Bien vu !

Bernard DELCORD

Les 100 dates de l'histoire de l'Église par Bénédicte Sère, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », mai 2018, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

Liste des 100 dates :

Vers 30-33 : Crucifixion de Jésus et annonce de sa résurrection

50 : Le « concile de Jérusalem »

70 : Chute de Jérusalem et destruction du Temple

Vers 150 : Le canon de Muratori

177 : Irénée de Lyon élabore la théologie de l’unité contre le dualisme gnostique

250-251 : Persécution de Dèce

313 : L’édit de Milan a-t-il eu lieu ?

325 : Concile de Nicée

386 : Conversion d’Augustin dans le jardin de Milan

405 : La Vulgate

410 : Sac de Rome : drame ou rupture ?

400-410 : Le monastère de Lérins

496 : Remi n’a pas baptisé Clovis à Reims

Vers 550 : La règle de Benoît de Nursie

587 : Conversion de Reccared, roi wisigoth

597 : Augustin, apôtre des Anglais et premier évêque de Cantorbéry

638 : Jérusalem prise par les Arabes ou le défi de l’Islam

Vers 800 : L’Occident invente la chrétienté

830 : Le plan de Saint-Gall ou le monastère idéal

861 : Conversion des Slaves par Cyrille et Méthode

909 ou 910 : Fondation de Cluny

963 : Fondation du monastère de la Grande Laure au mont Athos

1000 : Gerbert d’Aurillac, pape de l’an mil

1033 : Raoul Glaber, entre fin des temps et renouveau du monde

1054 : Le mythe d’un schisme entre Orient et Occident

1095 : L’appel de Clermont par Urbain II et le début des croisades

1113 : Romuald fonde les Camaldules en Toscane

1115 : Bernard, moine cistercien

1122 : Concordat de Worms

1143 : Première traduction du Coran en latin

1170 : Assassinat de Thomas Becket dans sa cathédrale de Cantorbéry

1202-1204 : Les sacs de Zara et de Constantinople

1205 : François se dévêt en place publique et s’en remet à l’évêque d’Assise

1209 : Simon de Montfort en croisade contre les Albigeois

1215 : Le concile de Latran IV

1228 : Frédéric II Hohenstaufen, Antéchrist ou empereur éclairé ?

1252 : L’Inquisition

1270 : Louis IX meurt à Tunis du typhus

1271-1272 : Thomas d’Aquin rédige la Somme théologique

1277 : Étienne Tempier condamne 210 thèses à l’université de Paris

1282 : Kubilai Khan accueille le culte chrétien en Chine

1302 : Boniface VIII fulmine la bulle Unam sanctam

1310 : Marguerite Porete est brûlée à Paris

1317 : Jean XXII condamne les spirituels

1331 : Le débat sur la vision béatifique commence

1352 : L’Église et la peste en Avignon

1378 : Urbain VI élu pape à Rome dans la peur et l’agitation

1398 : L’université de Paris propose de « soustraire l’obéissance » au pape

1438 : La Pragmatique Sanction est rédigée à Bourges

1450 : Nicolas V proclame le jubilé à Rome

1486 : Le Marteau des sorcières

1494 : Savonarole inquiète Florence

1516 : François Ier signe le concordat de Bologne

1517 : Luther placarde ses 95 thèses

1521 : Correspondance spirituelle entre Guillaume Briçonnet et Marguerite d’Angoulême

1534 : Henry VIII, « chef unique et suprême de l’Église d’Angleterre »

1540 : La Compagnie de Jésus est reconnue à Rome

1541 : Calvin fonde l’Église réformée de Genève

1550 : Controverse de Valladolid

1555 : Abdication de Charles Quint

1563 : Baptême d’Ômura Sumitada

1564 : Début de la réception des décrets du concile de Trente

1572 : Gaspard de Coligny est assassiné lors de la nuit de la Saint-Barthélemy

1579 : Diego Valadés publie la Rhetorica christiana

1593 : Henri IV assiste à une messe catholique en abjurant le protestantisme

1601 : Matteo Ricci arrive à Pékin

1615 : Arrivée des Récollets en Nouvelle-France

1648 : Le pape Innocent X proteste contre les articles du traité de Westphalie

1656 : Pascal commence la publication des Provinciales

1697 : Le quiétisme : Fénelon contre Bossuet

1713 : La bulle Unigenitus

1740 : Benoît XIV, pape éclairé ?

1773 : Clément XIV supprime la Compagnie de Jésus

1790 : La Constitution civile du clergé

1801 : Le régime concordataire de Napoléon

1825 : Johann Adam Möhler publie L’Unité de l’Église

1837 : Première messe de Pierre Chanel sur l’île de Futuna (Océanie)

1845 : Le mouvement d’Oxford et John Henry Newman

1858 : Les apparitions à la grotte de Massabielle

1863 : Renan publie la Vie de Jésus

1870 : Le concile du Vatican proclame le dogme de l’infaillibilité pontificale

1886 : Charles Lwanga, martyr ougandais de la foi chrétienne en Afrique

1890 : Fondation du Congrès évangélique social

1891 : Léon XIII accepte-t-il le monde moderne par l’encyclique sociale ?

1902 : Alfred Loisy publie L’Évangile et l’Église

1905 : Loi de séparation de l’Église et de l’État en France

1912 : L’Église devient un idéal-type

1917 : Ordination du premier prêtre africain en Tanzanie

1925 : Canonisation de Thérèse de Lisieux

1937 : Encycliques Mit brennender Sorge contre le nazisme et Divini Redemptoris contre le communisme

1950 : Condamnation de la « nouvelle théologie »

1951 : Premier congrès international pour l’apostolat des laïcs à Rome

1959 : Fondation de la Conférence des Églises européennes

1962 : Messe d’ouverture du concile Vatican II

1968 : Contestation de l’encyclique Humanae vitae

1975 : Traduction œcuménique de la Bible

1979 : Conférence de Puebla

1999 : Déclaration commune à propos de la doctrine de la justification

2013 : Démission de Benoît XVI

13 mars 2013 : Le pape François, pontife d’un style nouveau ?

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24 05 18

« La science est un jeu dont la règle du jeu consiste à trouver quelle est la règle du jeu. » (François Cavanna)

Théorie des jeux coopératifs et non coopératifs.jpgSylvain Béal est professeur d’économie à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté et directeur du CRESE (Centre de Recherche sur les Stratégies économiques). Il est l’auteur de plusieurs articles portant sur la théorie des jeux, non coopératifs comme coopératifs, et publiés dans des revues internationales de référence dans le domaine (Games and Economic Behavior, International Journal of Game Theory, Social Choice and Welfare, Journal of Mathematical Economics...)

Yannick Gabuthy est professeur d’économie à l’Université de Lorraine et chercheur au BETA (Bureau d’Économie théorique et appliquée). Il est l’auteur de plusieurs articles portant sur l’étude des mécanismes de résolution des litiges, domaine qui mobilise la théorie des jeux non coopératifs comme outil d’analyse. Ces articles ont également été publiés dans plusieurs revues internationales (European Economic Review, International Review of Law and Economics, Labour Economics, Journal of Institutional and Theoretical Economics…)

Ils ont publié aux Éditions De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve un essai intitulé Théorie des jeux coopératifs et non coopératifs – Application aux sciences sociales qui s’adresse aux étudiants en licence (ou en master ou en baccalauréat, selon le pays où ils mènent leur cursus) de sciences économiques et gestion, d’administration économique et sociale et de mathématiques appliquées aux sciences sociales ainsi qu’à ceux qui sont inscrits en école de commerce ou en institut d’études politiques.

L’ouvrage leur propose, avec de nombreux exemples, une présentation synthétique et accessible de deux approches de la théorie des jeux et de leurs applications en sciences sociales tout en offrant un ensemble de dispositifs de contrôle des connaissances (QCM et exercices corrigés) qui permet au lecteur de maîtriser rapidement les notions fondamentales.

La théorie des jeux est un outil d’analyse des interactions sociales dont l’objectif consiste à modéliser et à comprendre les comportements sous-jacents à ces interactions par le biais des jeux coopératifs et/ou non coopératifs.

De très nombreuses situations économiques et sociales peuvent être appréhendées par cet outil, comme la concurrence entre les entreprises, les relations de travail, le commerce international, ou encore les problèmes de partage de coûts.

Une approche scientifique innovante !

Bernard DELCORD

Théorie des jeux coopératifs et non coopératifs – Application aux sciences sociales par Sylvain Béal et Yannick Gabuthy, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, collection « Ouvertures économiques », avril 2018, 391 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 26,50 €

TABLE DES MATIÈRES

I – Jeux non coopératifs à information complète

  1. Jeux statiques à information complète

1.1 Modélisation

1.2 Élimination des actions dominées

1.3 Équilibre de Nash en actions pures

1.4 Équilibre de Nash en actions mixtes

1.5 Conclusion

1.6 Exercices

1.7 QCM

1.8 Corrections

  1. Jeux dynamiques à information complète

2.1 Modélisation

2.2 Rétroduction et perfection en sous-jeux

2.3 Jeux répétés et théorèmes du folklore

2.4 Conclusion

2.5 Exercices

2.6 QCM

2.7 Corrections

II – Jeux non coopératifs à information incomplète

  1. Jeux statiques à information incomplète

3.1 Modélisation

3.2 Équilibre de Nash bayésien

3.3 Conclusion

3.4 Exercices

3.5 QCM

3.6 Corrections

  1. Jeux dynamiques à information incomplète

4.1 Modélisation

4.2 Équilibre de Nash bayésien parfait

4.3 Conclusion

4.4 Exercices

4.5 QCM

4.6 Corrections

III – Jeux coopératifs

  1. Problèmes de négociation

5.1 Modélisation

5.2 La méthode axiomatique

5.3 Situation de Nash

5.4 Autres règles d’allocation

5.5 Conclusion

5.6 Exercices

5.7 QCM

5.8 Corrections

  1. Jeux coopératifs à utilité transférable

6.1 Modélisation

6.2 Cœur

6.3 Valeur de Shapley

6.4 Autres règles d’allocation

6.5 Conclusion

6.6 Exercices

6.7 QCM

6.8 Corrections

Bibliographie

Index

 

23 05 18

Cinéma, science et sexe…

Ecstasy and me.jpgHedy Lamarr est une actrice, productrice de cinéma et inventrice autrichienne et américaine, née Hedwig Eva Maria Kiesler le 9 novembre 1914 à Vienne (Autriche-Hongrie) et morte le 19 janvier 2000 à Casselberry (Floride).

Au cours de sa carrière cinématographique, durant laquelle elle fut sacrée « plus belle femme du monde », elle a joué sous la direction des plus grands réalisateurs : King Vidor, Jack Conway, Victor Fleming, Richard Thorpe, Jacques Tourneur, Marc Allégret, Cecil B. DeMille ou Clarence Brown.

Outre sa carrière au cinéma, elle a marqué l'histoire scientifique des télécommunications en inventant (1940), en collaboration avec le compositeur d’avant-garde George Antheil, pianiste et inventeur comme elle, la « technique Lamarr », un système secret de communication applicable aux torpilles radioguidées, qui permettait au système émetteur-récepteur de la torpille de changer de fréquence, rendant pratiquement impossible la détection de l'attaque sous-marine par l'ennemi. Il s'agit d'un principe de transmission (étalement de spectre par saut de fréquence) toujours utilisé pour le positionnement par satellites (GPS, GLONASS…), les liaisons chiffrées militaires, les communications des navettes spatiales avec le sol, la téléphonie mobile ou dans la technique Wi-Fi.

En 1933, dans Extase, un film tchèque de Gustav Machaty, dont l'histoire est proche de L'Amant de lady Chatterley, sa nudité intégrale et une scène d'orgasme avaient fait sensation et cette réputation sulfureuse ne la quitta plus. Le film, présenté à la Biennale de Venise, fut condamné par le pape Pie XII. Par la suite, la jeune femme remporta un grand succès en jouant Elizabeth d'Autriche (Sissi) sur scène.

Les Éditions Séguier à Paris ont publié sous le titre Ecstasy and me – La folle autobiographie d’Hedy Lamarr la traduction française de ses mémoires parus aux États-Unis en 1966 et qui ont causé des dommages à son image de déesse intouchable, la star s'y attardant sur sa vie privée mouvementée. Cet ouvrage figure parmi les dix autobiographies les plus érotiques de tous les temps selon le magazine Playboy. L’actrice a cru à l’époque que la franchise du texte avait mis un point final à sa carrière et en a accusé ses nègres. Le livre a été même précédé de deux introductions, une médicale et une psychiatrique, car la sexualité non maritale était alors considérée comme pathologique.

Recopions ici la présentation de l’éditeur français :

« Beauté vénéneuse, filmographie fournie et amants célèbres : Hedy Lamarr avait tout pour figurer au panthéon des reines du cinéma, entre Greta Garbo et Marlene Dietrich. Mais elle semble avoir joué de malchance... Peut-être était-elle trop sulfureuse pour l'Amérique puritaine des années 1940 ? Elle fuit son premier époux, déguisée en prostituée ; se maria six fois ; revendiqua sa bisexualité ; prit pour amants les plus grands noms d'Hollywood ; abusa de la chirurgie esthétique ; dilapida sa fortune ; se retira de la vie publique à quarante ans, ne réapparaissant qu'au gré de ses condamnations pour vol à l'étalage.

Dans cette autobiographie controversée, Hedy Lamarr livre, avec une remarquable candeur, les détails de son ascension spectaculaire, brossant au fil des pages un portrait au vitriol du Hollywood décadent des années 1940. »

Very hot, indeed!

Bernard DELCORD

Ecstasy and me – La folle autobiographie d’Hedy Lamarr, traductions de l’américain par Charles Villalon, Paris, Éditions Séguier, avril 2018, 438 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

FILMOGRAPHIE D’HEDY LAMARR

1930 : Geld auf der Straße de Georg Jacoby : la jeune fille à la table du night-club

1931 : Tempête dans un verre d'eau (Die Blumenfrau von Lindenau) de Georg Jacoby : la secrétaire

1931 : Die Koffer des Herrn O.F. d’Alexis Granowsky : Helene, la fille du maire

1932 : Man braucht kein Geld de Carl Boese : Käthe Brandt

1933 : Extase de Gustav Machatý : Eva Hermann

1938 : Casbah (Algiers) de John Cromwell : Gaby

1939 : La Dame des Tropiques (Lady of the Tropics) de Jack Conway : Manon de Vargnes Carey/Kira Kim

1940 : Cette femme est mienne (I Take This Woman) de W.S. Van Dyke : Georgi Gragore Decker

1940 : La Fièvre du pétrole (Boom Town) de Jack Conway : Karen Vanmeer

1940 : Camarade X de King Vidor : Golubka, ou Theodore Yahupitz et Lizvanetchka 'Lizzie'

1941 : Viens avec moi (Come Live with Me) de Clarence Brown : Johnny Jones

1941 : La Danseuse des Folies Ziegfeld (Ziegfeld Girl) de Robert Z. Leonard : Mrs. Sandra Kolter

1941 : Souvenirs (H.M. Pulham, Esq.) de King Vidor : Marvin Myles Ransome

1942 : Tortilla Flat de Victor Fleming : Dolores Ramirez

1942 : Carrefours (Crossroads) de Jack Conway : Lucienne Talbot

1942 : Tondelayo (White Cargo) de Richard Thorpe : Tondelayo

1944 : Le Corps céleste (The Heavenly Body) d'Alexander Hall : Vicky Whitley

1944 : Les Conspirateurs (The Conspirators) de Jean Negulesco : Irene Von Mohr

1944 : Angoisse (Experiment Perilous) de Jacques Tourneur : Allida Bederaux

1945 : La Princesse et le Groom (Her Highness and the Bellboy) de Richard Thorpe : Princesse Veronica

1946 : Le Démon de la Chair (The Strange Woman) de Edgar G. Ulmer : Jenny Hager

1947 : La Femme déshonorée (Dishonored Lady) de Robert Stevenson : Madeleine Damien

1948 : Vivons un peu (Let's Live a Little) de Richard Wallace : Dr. J.O. Loring

1949 : Samson et Dalila (Samson and Delilah) de Cecil B. DeMille : Delilah

1950 : La Dame sans passeport (A Lady Without Passport) de Joseph H. Lewis : Marianne Lorress

1950 : Terre damnée (Copper Canyon) de John Farrow : Lisa Roselle

1951 : Espionne de mon cœur (My Favorite Spy) de Norman Z. McLeod : Lily Dalbray

1954 : L'Amante di Paride de Marc Allégret et Edgar G. Ulmer : Hedy Windsor/Hélène de Troie/Impératrice Joséphine/Geneviève de Brabant

1954 : L'Eterna femmina de Marc Allégret

1957 : L'Histoire de l'humanité (The story of Mankind) d'Irwin Allen : Jeanne d'Arc

1958 : Femmes devant le désir (The Female Animal) d'Harry Keller : Vanessa Windsor

 

 

Sources : Wikipédia.

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16 05 18

« Une politique se juge par ses résultats. » (Charles Maurras)

L'avenir de l'intelligence et autres textes.jpgMartin Motte, ancien élève de l'ENS-Ulm, est agrégé et docteur en histoire, directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il est par ailleurs félibre, d'où sa connaissance du patrimoine littéraire provençal. Il a codirigé avec le professeur Georges-Henri Soutou (de l'Institut) Entre la vieille Europe et la seule France : Charles Maurras, la politique extérieure et la Défense nationale (Economica, 2009), est l'auteur de plusieurs articles prolongeant le livre (notamment dans le Cahier de l'Herne consacré à Maurras en 2011) et a par ailleurs étudié l'esthétique maurrassienne à l'occasion des colloques « Maurrassisme et littérature » (actes publiés en 2012 aux éditions du Septentrion) et « Charles Maurras, soixante ans après » (actes publiés en 2013 aux Éditions Tequi).

Jean-Christophe Buisson est directeur adjoint du Figaro Magazine et présentateur de l'émission Historiquement show sur la chaîne Histoire. Il est notamment l'auteur de 1917, l'année qui a changé le monde (Perrin, 2016).

Ils ont publié chez Robert Laffont, dans la célèbre collection « Bouquins », un volumineux recueil de textes de Charles Maurras (1868-1952) intitulé L'avenir de l'intelligence et autres textes donnant un bon aperçu de la pensée et de l’œuvre du journaliste, essayiste, homme politique et poète français, académicien et théoricien du nationalisme intégral dont l’aura, avant la Seconde Guerre mondiale, fut équivalente à celle de Jean-Paul Sartre dans les années qui suivirent le conflit.

Doté d’un talent littéraire incontestable et ardent polémiste, Charles Maurras dirigea le journal L'Action française, fer de lance de l'Action française, formation royaliste, nationaliste, contre-révolutionnaire et antidémocratique, qui fut le principal mouvement intellectuel et politique d'extrême droite sous la Troisième République. Sa doctrine, définie par Maurras, prônait une monarchie héréditaire, antiparlementaire et décentralisée, tout en se revendiquant antisémite, antiprotestante, antimaçonnique et xénophobe.

Avec plus de dix mille articles publiés entre 1886 et 1952, il demeure le journaliste politique et littéraire le plus prolifique de son siècle.

Maurras soutint dès 1940 le régime de Vichy et le maréchal Pétain, s'enthousiasmant pour la fin de la démocratie et de la République ainsi que pour l'instauration d'une législation antisémite et la création de la Milice. Poursuivant la publication de L'Action française sous l'occupation allemande, il y réclame notamment l'exécution des résistants qu'il dénonce comme « terroristes » et « révolutionnaires ». Arrêté à la Libération de la France, il fut condamné, pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison, à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, le 28 janvier 1945. De cette dernière condamnation découla son exclusion automatique de l'Académie française (qui attendit cependant sa mort pour procéder à son remplacement) ainsi que du Félibrige.

Son activité à la tête de son mouvement politique éclipse aujourd'hui son œuvre de littérateur bohème lié aux avant-gardes [1].

Nous recopions ici le prière d’insérer de l’ouvrage :

« L'œuvre de Maurras est aussi vaste que diverse. Outre la politique, abordée sous l'angle d'une anthropologie fondamentale (notamment dans La Politique naturelle) ou dans les commentaires au jour le jour de L'Action française, elle comprend des essais de critique littéraire et philosophique, des récits autobiographiques, des récits de voyage, des nouvelles, un roman, de la poésie...

Ce volume réunit les textes fondamentaux du directeur de L'Action française. Le choix opéré a été guidé par l'ambition de couvrir le champ le plus large possible, des textes fédéralistes de jeunesse à la somme de références que constitue Mes idées politiques (reprises presque in extenso) en passant par la réflexion sur les rapports entre littérature et politique (L'Avenir de l'intelligence, Trois Idées politiques), entre philosophie et politique (Auguste Comte), mais aussi la politique étrangère et la géopolitique, avec de larges extraits de Kiel et Tanger, et le testament politique constitué par Votre bel Aujourd'hui, dans lequel Maurras revient sur la Seconde Guerre mondiale et adapte sa pensée au contexte de la guerre froide naissante, de la dissuasion nucléaire, etc. Quant à la vingtaine d'articles de L'Action française retenue, elle couvre les moments forts de l'analyse maurrassienne et en montre tant les grandeurs (dont la dénonciation du péril nazi dès le milieu des années 1920, non seulement comme menace géopolitique, mais aussi comme aberration mentale) que les bassesses, avec les textes consternants contre les Juifs et les résistants. Des extraits du procès Maurras viennent compléter ce point.

La partie autobiographique comprend les Quatre nuits de Provence, où Maurras conte à la fois son enfance et son initiation métaphysique, la préface à Sans·la muraille des cyprès, confession d'une expérience traumatique            t qui lui inspire une leçon politique, la Confession de Denys Talon et des extraits d'Au signe de Flore, autobiographie politique où il explique la naissance de l'Action française.

On trouve aussi dans le volume des textes consacrés aux arts et à la critique d'art, des récits de voyage, des méditations sur l'évolution du paysage à l'ère industrielle, de larges extraits des Amants de Venise (livre sur l'amour romantique appréhendé à travers la liaison de Musset et de George Sand) et même un long texte sur la cuisine provençale, et enfin la monographie consacrée à Frédéric Mistral, dont il a été le maître et l'ami.

Figure aussi la majeure partie des poèmes publiés ainsi que des poèmes érotiques inédits, qui permettent d'entrevoir un tout autre Maurras que celui qui s'est imposé dans le débat public. »

Et l’avis du directeur de la collection « Bouquins » :

Rééditer Maurras ? À l'heure où paraît ce volume, la question fera probablement débat. Au nom de quels principes des livres déjà existants devraient-ils se voir interdits de nouvelle publication ? Ce serait abdiquer face à des diktats incompatibles à nos yeux avec cette liberté d'expression dont notre pays reste l'un des meilleurs symboles. Pour autant, faut-il livrer tels quels des textes d'auteurs réprouvés à juste titre pour certains de leurs engagements ? L'un des intérêts de les exhumer est précisément de pouvoir apporter aux lecteurs, en s'appuyant sur le travail des meilleurs historiens, tous les moyens de les apprécier en connaissance de cause.

Charles Maurras fut au XXsiècle une figure centrale de notre histoire nationale. Après l'avoir influencée de son vivant, ses écrits ont continué d'irriguer, de manière plus souterraine, la vie politique de notre pays, en inspirant aussi bien l'esprit monarchique de nos institutions que les choix géopolitiques de notre diplomatie. Maurras fut aussi l'un des écrivains les plus admirés de sa génération : Proust, Apollinaire ou Malraux ont salué en lui un esthète exigeant et un poète métaphysique dont l'œuvre puise aux sources gréco-latines, toscanes et provençales.

Ce sont tous ces aspects du kaléidoscope Maurras, des polémiques les plus ignobles aux méditations les plus élevées, qui sont présentés dans ce volume. »

En tout cas, voici un outil remarquable pour les historiens, les chercheurs et les politologues…

Bernard DELCORD

L'avenir de l'intelligence et autres textes par Charles Maurras, édition établie et présentée par Martin Motte, préface de Jean-Christophe Buisson, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », octobre 2015, 1280 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras

10 05 18

Quand la bêtise crasse s'invite à la fête…

Les braves gens ne courent pas les rues.jpgFervente catholique ayant vécu au cœur de la Bible Belt fondamentaliste protestante sudiste, la femme de lettres et nouvelliste Mary Flannery O'Connor, née le 25 mars 1925 à Savannah en Géorgie et décédée à 39 ans le 3 août 1964 des suites d’un lupus érythémateux disséminé [1] à Milledgeville dans le même État, est une importante voix de la littérature américaine.

Elle est l'auteure de deux romans, de trente-deux nouvelles, ainsi que de nombreux textes courts (des commentaires d’ouvrages sur des thèmes théologiques et éthiques).

Ses Histoires Complètes ont remporté le National Book Award dans la catégorie fiction aux États-Unis en 1972, à titre posthume, huit ans après son décès.

Son style, qualifié de Southern Gothic, intimement lié à sa région, révèle à coups de caricatures cinglantes, de personnages aussi cocasses que détestables, de scènes tragiques, parfois glaçantes, souvent cruelles, toujours exquises, ce qu'il y a de pire dans le genre humain.

Ses écrits à l’humour sardonique se déroulent d’habitude dans le Sud et tournent autour de personnages truffés de défauts moraux, les questions liées à la race y apparaissant souvent dans l’arrière-plan de l’histoire.

En 1955, elle fit paraître Les braves gens ne courent pas les rues (désormais disponible dans sa traduction française par Henri Morisset en regard de la version anglaise dans une publication de poche parue aux Éditions Gallimard, dans la collection « Folio bilingue »), un recueil de quatre nouvelles [2] mettant en avant des éléments perturbants, bien qu’elle n’aimât pas être décrite comme étant une femme cynique.

« J’en ai assez des critiques qui cataloguent Les Braves gens ne courent pas les rues de brutal et sarcastique », écrivit-elle. « Les histoires sont dures parce qu’il n’y a rien de plus dur ou de moins sentimental que le réalisme chrétien… » [3]

Et que les écrits de Flannery O’Connor !

Bernard DELCORD

Les braves gens ne courent pas les rues et autres nouvelles – A Good Man Is Hard To Find and Other Short Stories par Flannery O’Connor, traduction de l’anglais par Henri Morisset, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio bilingue », février 2018, 233 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,30 € (prix France)

 

[1] C est une maladie systémique auto-immune chronique.

[2] Les braves gens ne courent pas les rues, Un cercle dans le feu, Tardive rencontre avec l’ennemi, Braves gens de la campagne.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Flannery_O%27Connor

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10 05 18

« Là où la légèreté nous est donnée, la gravité ne manque pas. » (Maurice Blanchot)

L’Éloge de la légèreté.jpgL’essayiste française Dominique Loreau, qui réside au Japon depuis des lustres, partage dans les best-sellers qu’elle a rédigés (L’Art de la simplicité, Mon Kakebo, L’Art de l’essentiel, Vivre heureux dans un petit espace, L’Art de la délicatesse, Mon sac, reflet de mon âme…) son expérience de la philosophie zen en exposant divers préceptes qui affranchissent des esclavages du matérialisme, du temps et de l'argent tout en donnant les clés d'une existence minimaliste plus riche, où règnent style, élégance, liberté et équilibre.

Dans L’Éloge de la légèreté – Jeter l’inutile pour vivre plus libre (Paris, Éditions Flammarion), elle dénonce le poids des possessions qui donnent la fausse impression de matérialiser les souvenirs et elle préconise le renoncement à l’encombrement en prônant un minimalisme alliant ordre, éthique, esthétique et liberté.

Bernard DELCORD

L’Éloge de la légèreté – Jeter l’inutile pour vivre plus libre par Dominique Loreau, Paris, Éditions Flammarion, mai 2018, 223 pp. en noir et blanc au format 11,9 x 18,9 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 9,90 € (prix France)

SOMMAIRE

Introduction

PRENONS CONSCIENCE DE NOTRE ENCOMBREMENT

Nous étions tous des minimalistes avant l'industrialisation

Comment en sommes-nous venus à posséder autant ?

La dictature des objets et la souffrance de trop posséder

Les dangers pour la santé de trop posséder

LES PEURS NOUS EMPÊCHENT DE NOUS DÉSENCOMBRER

La peur de perdre de l'argent

La peur d'être pauvre

La peur de gaspiller

La peur de manquer

La peur du vide

La peur du regard des autres

La peur du changement

La peur de perdre ses souvenirs ou de les regretter

L'ART DE PRENDRE DES DÉCISIONS

Prendre des décisions s'apprend

Les freins aux prises de décision

Quelques alternatives pour ceux qui sont plus lents à se décider

Vendre, donner ou jeter ?

Osez aller au-delà de votre propre score

La vraie simplicité, c'est le juste milieu

Le danger des extrêmes

LES BIENFAITS DU DÉSENCOMBREMENT

« Yutari » ou l'art de vivre avec aisance et ampleur

Un mental plus clair

Une autre perception de la vie

Un cœur libéré des attachements

Conclusion

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09 05 18

Images de la « révolution symbolique ».

Gilles Caron 1968.jpgCatalogue de l’exposition « Anniversaire de Mai 1968 » présentée à l’hôtel de ville de Paris jusqu’au 20 juillet 2018, le beau livre de Michel Poivert [1] intitulé Gilles Caron 1968 publié chez Flammarion présente 310 clichés du photographe et reporter de guerre (pour l’agence Gamma) Gilles Caron (1939-1970) décédé prématurément au Cambodge dont il couvrait le conflit [2].

Célèbre pour ses reportages en Israël lors de la guerre des Six Jours, au Vietnam, au Biafra, en Irlande du Nord, à Prague, au Tchad dans les années 1960, Gilles Caron est aussi considéré comme « le » photographe de Mai 68 et de ses suites, dont il a pris sur le terrain, dans les amphis et au cours des manifs des milliers de vues tout au long d'une année afin de brosser un portrait de la jeunesse française, de ses vedettes [3], de ses hommes politiques (Charles de Gaulle, André Malraux…) et d'une foule d'anonymes décidée à changer d'époque.

Il a aussi participé au tournage de quelques films : La guerre est finie d’Alain Resnais, Weekend de Jean-Luc Godard, Baisers volés de François Truffaut, Slogan de Pierre Grimblat.

L’ouvrage se conclut par des images prises au Biafra, Au Mexique et en Guinée-Bissau.

Daniel Cohn-Bendit devant la Sorbonne, Paris, mai 1968.jpg

Daniel Cohn-Bendit devant la Sorbonne, Paris, mai 1968.

© Fondation Gilles Caron Genève courtesy School Gallery / Olivier Castaing

 

De précieux témoignages !

Bernard DELCORD

Gilles Caron 1968 par Michel Poivert, Paris, Éditions Flammarion, mai 2018, 288 pp. en noir et blanc et en quadrichromie au format 20,9 x 28,9 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 €

INFORMATIONS PRATIQUES

Hôtel de Ville

5, rue de Lobau

F-75004 PARIS

Jusqu’ au 28 juillet 2018

Les lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi de 10 heures à 18 heures

Prix : gratuit

 

[1] Ancien élève de l'École du Louvre, Michel Poivert (°1965) est un historien de la photographie et un commissaire d'exposition français. Il a soutenu une thèse de doctorat d'histoire de l'art en 1992 à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et, depuis 2006, il est professeur dans cette même faculté, où il dirige le département d’histoire de l’art.

[2] Sur la route n°1 qui relie le Cambodge au Vietnam dans une zone contrôlée par les khmers rouges de Pol Pot.

[3] James Brown, Mireille Darc, Romy Schneider, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Serge Reggiani, France Gall, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Jacques Brel, Yves Saint-Laurent, Sheila, Françoise Hardy, Charles Aznavour, Johnny Hallyday, François Truffaut, Jean-Louis Trintignant, Jean-Luc Godard, Louis Armstrong, Marguerite Duras, Jean-Paul Sartre, Daniel Cohn-Bendit…

08 05 18

« Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout. » (Jean-Luc Godard)

Nos films de toujours.jpgLa nouvelle édition augmentée de Nos films de toujours par l’équipe de Monsieur Cinéma publiée chez Larousse à Paris décrit et décrypte près de 360 films, succès d'un jour ou chefs-d'œuvre de toujours, sommets du box-office ou grands classiques du cinéma, soit 16 de plus que la version princeps parue en 2002.

Commençant par Le Quai des brumes (1936) et terminant par La planète des singes : les origines (2011) en passant par Voyage dans la Lune (1902), Metropolis (1927), L’Ange bleu (1930), Autant en emporte le vent (1939), Le Magicien d’Oz (1939), Le Dictateur (1940), Citizen Kane (1941), Le Grand sommeil (1946), Le Train sifflera trois fois (1952), À l’Est d’Eden (1955), La Mort aux trousses (1959), La dolce vita (1960), Un taxi pour Tobrouk (1961), Les Tontons flingueurs (1963), Le Guépard (1963), Le docteur Jivago (1965), Bullitt (1968), 2001 : L’Odyssée de l’espace (1968), Z (1969), Orange mécanique (1971), Cris et chuchotements (1973), Barry Lindon (1975), L’Empire des sens (1976), Les Bronzés (1978), Shining (1980), Le Père Noël est une ordure (1982), Furyo (1983), Le Nom de la rose (1986), Basic Instinct (1992), La Haine (1995), Scream (1996), Titanic (1997), Le Dîner de cons (1998), Ratatouille (2007), Intouchables (2011), Avengers (2012), Gravity (2013), Winter Sleep (2014), Sils Maria (2014), Sicario (2015), La La Land (2016), Au revoir là-haut (2017) et bien d’autres encore, l’ouvrage voit son contenu rassemblé autour de 20 thématiques et se conclut par deux index, des titres de films et des réalisateurs.

Un véritable Cinéma Paradiso (1988) !

Bernard DELCORD

Nos films de toujours par l’équipe de Monsieur Cinéma, prologue de Pierre Tchernia, Paris, Éditions Larousse, avril 2018, 400 pp. en quadrichromie au format 17,8 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 22 € (prix France)

LISTE DES THÉMATIQUES :

– Amour, toujours

– Aux franges du réel

– Cow-boys et Indiens

– Divines…

– L’envers de la guerre

– Flics, détectives et truands

– Gags à gogo

– Grands spectacles

– Guerriers inoubliables

– Héros au grand cœur

– Histoires de famille

– Je t’aime, moi non plus

– Marginaux et décalés

– Le monde est une jungle

– Monstres, vampires et Cie

– Sexe, mensonges, etc.

– Le souffle du suspense

– Sur un air de musique

– Tranches de vie

– Univers futurs

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04 05 18

L’homme d’un grand rêve…

Martin Luther King.jpgÀ l’occasion du cinquantenaire de son décès, les Éditions Gallimard à Paris ressortent la biographie de Martin Luther King bellement rédigée avec lyrisme par Alain Foix [1] et parue en 2012.

Martin Luther King Jr., né à Atlanta (Géorgie) le 15 janvier 1929 et mort assassiné le 4 avril 1968 à Memphis (Tennessee), était un pasteur baptiste afro-américain inspiré par Gandhi, militant non-violent pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, pour la paix et contre la pauvreté.

Entré à l'âge de 15 ans au Morehouse College, une université réservée aux garçons noirs, après avoir sauté deux années de lycée et sans avoir officiellement obtenu son certificat de fin d'études, il en sort avec le diplôme de Bachelor of Arts en sociologie le 20 juin 1948 et rentre au Crozer Theological Seminary pour un Bachelor of Divinity à Chester (Pennsylvanie) – qui correspond à une licence en théologie – qu'il obtient le 12 mai 1951. Il obtient son doctorat en théologie, à l'université de Boston, le 18 juin 1955.

Devenu en 1953 le pasteur de l'église baptiste de l'avenue Dexter à Montgomery (Alabama), il a organisé et dirigé avec le soutien du pasteur Ralph Abernathy des actions telles que le boycott (il dura 382 jours…) des bus de cette ville pour défendre le droit de vote, la déségrégation et l'emploi des minorités ethniques après que, le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une femme noire, eut été arrêtée pour avoir violé les lois ségrégationnistes de la ville en refusant de céder sa place à un Blanc.

Martin Luther King fut lui-même conduit en prison durant cette campagne extrêmement tendue au cours de laquelle des racistes blancs ont eu recours au terrorisme : la maison de Martin Luther King fut attaquée à la bombe incendiaire le matin du 30 janvier 1956, ainsi que celle de Ralph Abernathy et quatre églises, et King a été victime de violences physiques.

Il a prononcé un discours célèbre le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washington durant la marche pour l'emploi et la liberté : “I have a dream” (cf. infra).

Il était soutenu par John F. Kennedy dans la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis ; la plupart de ces droits seront promus par le “Civil Rights Act” et le “Voting Rights Act” sous la présidence de Lyndon B. Johnson.

Martin Luther King fut le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale et pour la paix.

Il commença alors une campagne contre la guerre du Viêt Nam et la pauvreté, qui prit fin en 1968 avec son assassinat officiellement attribué à James Earl Ray, dont la culpabilité et la participation à un complot sont toujours débattues.

Il s’est vu décerner à titre posthume la médaille présidentielle de la Liberté par Jimmy Carter en 1977, le prix des droits de l'homme des Nations unies en 1978, la médaille d'or du Congrès en 2004, et il est considéré comme l'un des plus grands orateurs américains. Depuis 1986, le Martin Luther King Day est jour férié aux États-Unis [2].

Bernard DELCORD

Martin Luther King par Alain Foix, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio biographies », avril 2018, 307 pp. en noir et blanc + 1 cahier de 8 pp. en quadrichromie au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)

J'ai un rêve

(Discours prononcé le 28 août 1963 par Martin Luther King à Washington devant le Lincoln Memorial)

Il y a cinq fois vingt ans, un grand Américain, qui aujourd'hui encore nous inonde de son ombre symbolique, a signé la Proclamation d'émancipation. Ce décret d'une importance capitale est devenu une lueur d'espoir pour des millions d'esclaves noirs marqués au fer rougi à la flamme d'une injustice avilissante. Ce décret fut perçu comme l'aube empreinte de joie annonçant la fin d'une longue nuit de captivité.

Mais, un siècle plus tard, les Noirs ne sont toujours pas libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs est toujours cruellement entravée par la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Un siècle plus tard, les Noirs vivent sur un îlot de pauvreté perdu au milieu d'un vaste océan de prospérité matérielle. Un siècle plus tard, les Noirs dépérissent toujours en marge de la société américaine et sont des exilés sur leur propre terre. Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est pour dénoncer une condition honteuse.

Nous venons en quelque sorte à la capitale pour encaisser un chèque. Lorsque les architectes de notre république ont écrit les mots magiques de la Constitution et de la Déclaration d'indépendance, ils ont signé un chèque plein de promesses dont chaque Américain est devenu l'héritier. Ce chèque a été la promesse faite à tous les hommes, qu'ils soient noirs ou blancs, de jouir des droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur. Aujourd'hui, tout montre que l'Amérique n'a pas tenu sa promesse, tout au moins en ce qui concerne les citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à son obligation sacrée, l'Amérique a remis au peuple noir un chèque en bois, un chèque qui revient marqué de ces mots : « Sans provision ». Mais nous refusons de croire que la banque de la justice a fait faillite. Nous refusons de croire qu'il n'y a pas les fonds nécessaires dans les grands coffres de l'opportunité de la nation. Et c'est pourquoi nous venons encaisser notre chèque et exigeons le versement des richesses de la liberté et la garantie de la justice.

Nous sommes également venus dans ce lieu sacré pour rappeler à l'Amérique l'urgence absolue du moment présent. L'heure est passée de s'accorder le luxe de calmer les esprits ou de se laisser endormir par la théorie évolutive du gradualisme. Il est temps de s'engager réellement et de créer une démocratie. Il est temps de sortir de la vallée obscure et désertée de la ségrégation et d'emprunter la voie éclairée par les rayons du soleil de la justice raciale. Il est temps pour notre nation d'échapper aux sables mouvants de l'injustice raciale et de s'agripper au solide rocher de la fraternité. Il est temps, maintenant, que la justice devienne une réalité pour chacun des enfants de Dieu.

Il serait fatal pour la nation de passer outre l'urgence du moment présent. Cet été étouffant marqué par le mécontentement légitime des Noirs ne prendra fin qu'avec l'arrivée d'un automne vivifiant qui véhiculera la liberté et l'égalité. L'année 1963 n'est pas une fin, mais un commencement. Celles et ceux qui espèrent que les Noirs se contenteront d'exprimer leur colère auront un dur réveil si la nation revient, comme si de rien n'était, à ses affaires. L'Amérique ne connaîtra ni le repos ni la tranquillité tant que les Noirs ne jouiront pas de leurs droits civiques. Les tumultes de la révolte continueront à ébranler les fondations de notre nation jusqu'au jour où la lumière de la justice brillera enfin.

Mais je tiens à dire quelque chose à mon peuple prêt à franchir le seuil du palais de la justice. En voulant accéder à la place qui nous revient, nous ne devons pas nous rendre coupables d'actes frauduleux. N'étanchons pas notre soif de liberté en buvant à la coupe de l'amertume et de la haine, mais menons notre combat avec dignité et discipline. Ne laissons pas notre revendication créative dégénérer en violence physique. Encore et encore, élevons-nous vers les hauteurs majestueuses en veillant à ce que la force de l'âme l'emporte sur la force physique.

Ce nouveau militantisme merveilleux dans lequel s'engouffre la communauté noire ne doit pas nous conduire à la méfiance envers le peuple blanc, car nombre de nos frères blancs – comme le prouve leur présence aujourd'hui – ont compris que leur destinée est intimement liée à la nôtre. Ils doivent maintenant comprendre que leur liberté est inextricablement liée à la nôtre. Nous ne pouvons pas faire route seuls.

Et alors que nous marchons, nous devons nous engager à toujours aller de l'avant. À ne jamais faire demi-tour. Il y a ceux qui demandent aux partisans des droits civiques : « Quand serez-vous satisfaits ? » Nous ne serons pas satisfaits tant que les Noirs seront les victimes des horreurs indescriptibles dues à la brutalité de la police. Nous ne serons pas satisfaits tant que nos corps, pliant sous le poids de la fatigue du voyage, ne pourront pas se reposer dans les motels au bord des routes ou dans les hôtels en centre-ville. Nous ne serons pas satisfaits tant qu'un Noir du Mississippi n'aura pas le droit de vote et tant qu'un Noir à New York ne verra pas ce pour quoi il peut voter. Non, non. Nous ne sommes pas satisfaits et nous ne serons pas satisfaits tant que la justice n'aura pas gain de cause et que la vertu ne s'imposera pas.

Je n'oublie pas que certains d'entre vous sont venus ici après avoir été jugés et avoir subi moult souffrances. Certains d'entre vous viennent tout juste de quitter une cellule de prison étroite. Certains d'entre vous viennent de lieux où la quête de liberté les a exposés aux tempêtes des persécutions et aux brutalités policières.

Vous êtes les vétérans de la souffrance créative. Continuez à œuvrer avec la conviction que la souffrance non méritée est rédemptrice. Retournez dans le Mississippi. Retournez en Alabama. Retournez en Caroline du Sud. Retournez en Géorgie. Retournez en Louisiane. Retournez dans les bidonvilles et les ghettos des villes du Nord, convaincus que, d'une manière ou d'une autre, cette situation peut changer et changera. Ne nous embourbons pas dans la vallée du désespoir, je vous le dis aujourd'hui, mes amis. Et même si nous sommes confrontés aux difficultés d'aujourd'hui et de demain, je garde en moi un rêve. Et ce rêve est profondément enraciné dans le rêve américain.

J'ai un rêve qu'un jour cette nation se relèvera et verra se réaliser son credo : nous tenons ces vérités comme allant de soi, que tous les hommes naissent égaux en droits.

J'ai un rêve qu'un jour sur les collines rouges de la Géorgie, les fils des premiers esclaves et les fils des premiers maîtres seront capables de s'asseoir côte à côte à la table de la fraternité.

J'ai un rêve qu'un jour même l'État du Mississippi, un État étouffé par la chaleur de l'injustice, étouffé par la chaleur de l'oppression, deviendra une oasis de liberté et de justice.

J'ai un rêve qu'un jour mes quatre jeunes enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés pour la couleur de leur peau, mais pour ce qu'ils sont.

J'ai un rêve aujourd'hui !

J'ai un rêve qu'un jour, en Alabama, État connu pour ses racistes haineux, son gouverneur qui n'a sur les lèvres que les mots interposition et invalidation, qu'un jour en Alabama, les petits garçons noirs et les petites filles noires donneront la main à des petits garçons blancs et des petites filles blanches comme s'ils étaient frères et sœurs.

J'ai un rêve aujourd'hui !

J'ai un rêve qu'un jour toutes les vallées seront élevées, toutes les collines et les montagnes seront nivelées, tous les lieux rugueux seront lissés et tous les endroits tortueux seront redressés, et que la gloire du Seigneur sera révélée et que tous les hommes la verront ensemble.

Tel est notre espoir. Telle est la foi que je veux ramener avec moi dans le Sud. Avec cette foi, nous serons capables de tailler dans la montagne du désespoir un bloc d'espoir. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les dissensions fracassantes de notre nation en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de combattre ensemble, d'être emprisonnés ensemble, d'œuvrer ensemble pour la liberté en sachant qu'un jour nous serons libres.

Et quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront chanter : « Mon pays c'est toi, doux pays de liberté que je chante. Pays où mes pères sont morts, pays dont les pèlerins sont fiers, sur tous les versants des montagnes, que retentisse la liberté ! ». Et si l'Amérique veut être une grande nation, ce jour doit arriver.

Et que la liberté retentisse de tous les sommets des collines prodigieuses du New Hampshire.

Que la liberté retentisse des montagnes toutes-puissantes de New York.

Que la liberté retentisse des hauteurs des Alleghany en Pennsylvanie.

Que la liberté retentisse des sommets enneigés des montagnes Rocheuses du Colorado.

Que la liberté retentisse des pentes douces de Californie.

Mais pas seulement. Que la liberté retentisse de Stone Mountain en Géorgie.

Que la liberté retentisse de Lookout Mountain au Tennessee.

Que la liberté retentisse de toutes les collines et de toutes les montagnes du Mississippi, de tous les versants des montagnes, que la liberté retentisse !

Et quand cela se produira, quand nous laisserons cette liberté retentir, quand cette liberté retentira de tous les villages et de tous les hameaux, de tous les États et de toutes les villes, nous pourrons précipiter la venue de ce jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les Gentils, les protestants et les catholiques pourront se donner la main et entonner les paroles du vieux negro spiritual « Enfin libres ! Enfin libres ! Merci Dieu Tout-Puissant, nous sommes enfin libres ! ».

(Extrait de Ces grands discours qui ont changé le monde, de Jésus à Obama, présentation de Simon Sebag Montefiore, Paris, Éditions Dunod, 2010)

 

[1] Écrivain et metteur en scène, Alain Foix (né à Pointe-à-Pitre en 1954), docteur en philosophie à la Sorbonne et diplômé d'études supérieures de 3cycle en ethnologie, fut professeur de philosophie et journaliste pigiste avant de devenir directeur de la Scène nationale de la Guadeloupe, du théâtre Le Prisme à Saint-Quentin-en-Yvelines et de La Muse en Circuit, Centre national de création musicale. Il est actuellement directeur artistique et metteur en scène de la compagnie Quai des arts. Il a déjà publié deux ouvrages dans la collection « Folio Biographies » : Toussaint Louverture (2007) et Che Guevara (2015).

[2] Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King

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