26 04 12

Rallumez les Lumières ! Episode 8

sherlock.jpgSituation inédite cette semaine, puisque sur nos écrans, à moins que ma cervelle ne souffre d’un affreux ralentissement du aux températures automnales, pas un seul long métrage présents sur les écrans belges n’est né entre les couvertures d’un livre. J’en profite donc pour revenir en quelques lignes sur une réussite télévisuelle de taille : Sherlock, époustouflante réinterprétation moderne du personnage d’Arthur Conan Doyle sous la houlette de Sephen Moffat et Mark Gatiss. Casting, réalisation, scénario, musique… Rien ne dénote dans cet ensemble dont la seconde saison vient d’être diffusé sur France 4 et devrait être proposé par la RTBF dans quelques semaines. Chaque épisode s’inspire d’une des nouvelles de Sir Arthur Conan Doyle, garde son titre (à l’une ou l’autre variation près…) et lui donne un éclairage moderne, pertinent… et drôle ! Benedict Cumberbatch campe un Sherlock fascinant et détestable à la fois et Martin Freeman (qui devrait exploser en fin d’année dans la peau de Bilbon Le Hobitt pour Peter Jackson…) est un John Watson à la fois tendre, combatif et humain. Bref, un délice qui a l’élégance de se décliner à petite dose (3 épisodes par saison, c’est le prix de la qualité) et qui donne envie de revenir au texte !

 

Et n’oubliez pas : le télévision aussi ça se lit !

24 04 12

Simple et Efficace !

carter_marque.jpgCe que dit le quatrième de couv’ : A L.A. un ange de plus s'en est allé... Une jeune femme a été retrouvée assassinée, le visage arraché. Mais pour le détective Rob Hunter, le fait le plus marquant se trouve sur la nuque de la victime : un morbide emblème taillé dans ses chairs... La marque du Tueur au double crucifix, arrêté deux ans plus tôt. Hunter repart en chasse. La première pour son nouveau coéquipier. Et peut-être la dernière s'ils ne trouvent pas le lien
entre les victimes...

 

Le plaisir des hasards du net ! Alors que je surfe, à la recherche d’informations sur le devenir de Chris Carter, auteur et producteur de « X-Files », le petit Google me tricote un lien vers un homonyme, auteur de thriller ! Détour par son site, clair et bien fait. Découverte de trois romans… Donc deux sont déjà parus chez nous. La Marque du Tueur s’avère de plus être nouvellement disponible en poche. Le décor est connu : Los Angeles dans toute sa diversité, entre fascination pour le rêve hollywoodien et déchéance des jeunes starlettes tombées dans les griffes des proxénètes. Le drame qui se noue, la poursuite d’un sérial killer retords (ceci dit, je vous l’accorde, les sérial-killers équilibré, aux fantasmes basiques font de moins bons antagonistes…) est l’occasion de découvrir un enquêteur sympathique, Robert Hunter, mélange improbable entre l’âpreté virile d’un John McClane/ Jack Reacher et le génie psychologique d’un Sherlock Holmes et surtout d’entrer de plein pied dans un univers où les frontières entre le bien et le mal se brouillent. Certes, Carter ne vise pas la complexité thématique d’un Michael Connelly. Ici, on reste dans le domaine du roman efficace, du « whodunnit » hérité d’Agatha Christie et d’un développement resserré de l’intrigue. On regrettera peut-être certaine longueur… Et une approche un rien maladroite des fausses pistes proposées aux lecteurs. Mais pour un premier roman, Carter s’en sort avec les honneurs. A découvrir donc.

 

La Marque du Tueur, de Chris Carter. Editions Pocket. 531p.

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24 04 12

Pas cher payé...

peur_carter.jpgCe que dit la quatrième de couv’ : Quelques jours avant Noël, clans une église de Los Angeles, le cadavre d'un prêtre est retrouvé sur les marches de l'autel. Sa tête a été remplacée par celle d'un chien. En charge de l'enquête, le détective Rob Hunter découvre qu'un cauchemar récurrent hantait le religieux : qu'on le décapite... Bientôt, les cadavres s'accumulent. Noyée ou brûlée vive, chaque victime meurt de la façon qu'elle redoutait le plus. Comment le tueur pouvait-il connaître leur pire angoisse ? Quel lien unit ses proies ? De qui le serial killer cherche-t-il à se venger ? Pour Rob, c'est le début d'une traque infernale au coeur de la jungle urbaine de la Cité des Anges, à la poursuite d'un tueur déterminé à faire payer le prix fort à ses victimes, le prix de la peur.

 

L’exercice du second roman n’est jamais chose aisée… Après le succès public de La Marque du Tueur, Chris Carter nous propose une deuxième enquête de Robert Hunter, croisement improbable entre les plus fins limiers britons et les flics durs à cuir de l’imaginaire américain. Les choses démarrent plutôt « bien » avec un assassin aux méthodes gratinées, qui prend un temps exquis pour soumettre ses victimes à leur peurs les plus profondes… mais la narration s’enfonce très vite dans la routine, un découpage excessif (les chapitres de trois, quatres pages sont courants…) et surtout une tentative de pimenter l’aventure avec une dose de fantastique… qui n’ose jamais dire son nom. On sent l’auteur attiré par l’idée du paranormal… mais le poids de l’éditeur, sans doute effrayé à l’idée de s’aliéner un public supposé rationnel, prends toute son importance au fil des pages. Le Prix de la Peur devient alors bancal, mélange improbable de deux univers vivants un mariage forcé. Dommage, parce que l’on sent Carter capable de bien plus… et surtout à l’aise dans la maniement d’un humour décalé qui rappelle les premiers romans d’un certain Robert Crais. On rangera cette enquête dans le tirroir « peut mieux faire »… Et on attendra donc avec impatience la troisième enquête de Robert Hunter, intitulée The Night Stalker prévue dans quelques mois.

 

Le Prix de la Peur, de Chris Carter. Editions Les Escales. 441 p.

 

Christophe Collins

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22 04 12

Un Monde à la Page !

10003243SriLnka©R.Dominique_unesco_01.jpgCe lundi 23 avril, sous l’égide de l’UNESCO, il sera temps de fête la Journée Mondiale du Livre et du droit d’auteur. 24 heures entièrement consacrée à la célébration de notre objet fétiche à travers la planète entière ! On sait à quel point la lecture, l’écriture et l’éducation sont des clés essentielles pour assurer le développement social des jeunes... et des moins jeunes. L’UNESCO a donc décidé de fêter le livre, à travers le monde, depuis 1995. Vous pourrez trouver tous les détails de cette grande journée ICI, mais en attendant, l’équipe de Lire est Un Plaisir vous propose un véritable tour du monde littéraire avec un coup de projecteur sur leurs auteurs... venus d’ailleurs !

Entre un avion, un bateau et deux lectures de bio rock’n’roll, Brice Depasse nous confie : « Mes auteurs étrangers favoris : Philip Roth (Un homme, J’ai épousé un communiste), Umberto Eco (Le nom de la rose), Paul Auster (Brooklyn follies), Russell Banks (Trailer park, La réserve).Je sais, ce n’est pas original. ». Gwendoline Fusillier, qui passe une partie de ses journées à rattraper nos boulettes de mise en ligne prend tout de même le temps de lire « international ». La preuve : « Le premier qui me vient à l'esprit est sans doute: « Jamais sans ma Fille » de Betty Mahmoody, publié en 1987. Sinon dans un style plus léger j'aime beaucoup: Anna Sam: « Les tribulations d'une caissière » et « Conseil d'une amie à la clientèle » ou encore Sophie Kinsella avec sa série « Accro du shopping » et enfin Katarina Mazetti: « Le mec de la tombe d'à côté » et « Le caveau de la famille ». Quant à Jacques Mercier, lui qui a si bien incarné les quatre coins de notre Belgique dans Forts en Tête, il n’hésite pas à voyager entre les lignes : « J’adore Lawrence Durrell, surtout dans le "Quatuor d'Alexandrie", une tétralogie qui comporte : "Justine", "Mountolive", "Balthazar" et "Cléa". Il s'agit de la ville d'Alexandrie et de la même histoire vue par les protagonistes. J'ai peu rencontré d'atmosphère aussi fortes : peut-être chez F. S. Fitzgerald ? C'est dans "Justine" que l'auteur écrit : "Une ville devient un univers lorsqu'on aime un seul de ses habitants »... ». Quand à votre serviteur, c’est à travers les romans de Stephen King que, tout jeune, il a baigné dans la culture américaine... Avant de se forger un amour immodéré pour les thrillers au feu des brûlots incendiés par James Elroy, Ernest Hemingway ou encore Graham Masterton... Sans parler de Dona Leone et son oeuvre vénitienne !

Le monde entier célèbre le livre, durant toute une journée... Pour les 364 autres ? Lire est un Plaisir s’en charge !  

Chris Corthouts

19 04 12

Rallumez les lumières - Episode 7

mee_zoo.jpgAvec l’approche de l’été et l’arrivée de la vague des blockbusters inspirés par la BD, les jeux de plateaux - oui, pour rappel aux distraits, Battleships, ou Rhianna joue la comédie avec l’expressivité d’une crevette échouée dans les filets d’un pêcheur ostendais est basé sur le jeu « Combat Naval » de Hasbro, fin de la digression – ou les séries télés, le nombre d’adaptation littéraires semble fondre comme neige au soleil. Cette semaine donc, on retrouve sur grand écran Matt Damon dans « Nouveau Départ », inspiré d’une histoire vraie, écrite par Benjamin Mee. L’occasion pour moi de donner un coup de projecteur sur ces « mémoires » dont les anglo-saxons raffolent et qui s’inspirent de la vie, souvent inattendue, drôle, dramatique, de leurs auteurs. Véritables phénomènes de librairies outre-Atlantique, ces « mémoires » font également les beaux jours du grand écran et des producteurs, qui adooorent coller au bas de leur affiche le fameux « inspiré de faits réels ». Et peu importe si, pour les besoins de la dramatisation, certains de ces carnets de vie se voient comme par magie réarticulés autour de la sacro-sainte structure en trois actes des scénaristes de Hollywood.

La bande-annonce : ICI

On a acheté un zoo, Benjamin Mee, Presses de la Cité, 320 p.

 

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14 04 12

Suspense En Tranches

 

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Ce que dit le quatrième de couv’ : Une injection. Sept minutes pour accéder au subconscient d Emily Scott. Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire. Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

 

Les tentatives pour transformer l’expérience de lecture et rapprocher le livre d’un objet « multimédias » à la hauteur des évolutions technologiques qui semblent éloigner chaque jour davantage de lecteurs de la chose écrite, seront de plus en plus nombreuses dans les années à venir. Pour arracher l’étiquette de « has-been », de divertissement d’un autre temps qui lui colle parfois à la peau, les éditeurs devront faire un effort. Surtout qu’après la manne des romans pour adolescents (dont le nombre est allé en grandissant... mais les succès à la Harry Potter ou Twilight se comptent tout de même sur les doigts d’une main...), le secteur du livre reste bel et bien en crise. Sérum est-il un pas dans la bonne direction ? L’avenir des chiffres nous le dira. Reste que, paradoxe des paradoxes, Loevenbruck et Mazza tente l’aventure du renouvellement en se tournant résolument vers un mode d’écriture venu tout droit du... passé ! Puisqu’ils remettent au goût du jour pas moins que le roman feuilleton, ses histoires « en tranches » qui apparaissaient dans de nombreux journaux ou encore sous forme de fascicule, à la grande époque de la littérature populaire. Sherlock Holmes, Harry Dickson, Doc  Savage... Mais aussi les romans d’Alexandre Dumas étaient alors livrés au public au compte gouttes, provoquant une ferveur inégalée chez les lecteurs.

Avec Sérum, la référence est évidement télévisuelle (le premier Tome est l’Episode 1 de la Saison 1) mais il ne faut pas avoir étudié les médias en long et en large pour savoir que la petite lucarne a elle-même piqué l’idée de la sérialisation de ses histoires au cinéma d’une part et dans la littérature « pulp » très populaire Outre Atlantique.

Ce premier épisode fait donc office de « pilote » afin de planter le décor (New York et sa proche banlieue), les personnages (flic-mère-divorcée, victime amnésique, némesis énigmatique et tout puissant) et la situation (l’enquête sur une jeune femme amnésique, victime d’une attaque en plein Broocklynn cache bien plus qu’une simple agression et des forces sombres déplacent peu à peu leurs pions sur un vaste échiquier qui échappe au lecteur). Du côté du style, pas de soucis, ça dépote ! Pas un poil de graisse sur ce texte court (c’est le but de l’exercice) qui se dévore en une soirée, sans laisser le moindre répit au lecteur. L’intrigue par contre... Pour un premier volume, la mise en place est peut-être un peu longue et le « suspense » de fin de volume manque d’épaisseur... D’autant que le personnage qui en est le protagoniste est introduit fort tard dans l’épisode. Sans compter que le quatrième de couverture en dit sans doute trop... Voire plus que le premier épisode ! Etrange choix de promo...

On s'arrêtera aussi uelques instants sur les "flashcodes" qui sont présents de loin en loin dans le roman et qui permettent d'avoir accès à des "suppléments" (musiques, éléments de l'enquête etc.) qui permettent de se plonger plus avant dans l'univers du livre. Le tout est de savoir, comme c'était déjà le cas dans la série Level 26, créee par le scénariste des Experts, dans quel mesure la gmnastique nécessaire pour accéder à ces contenus ajoute au plaisir de lecture... Ou brise le rythme et l'immersion... Chacun se fera un avis...

Mais comme dans toute série qui se respecte, l’important est maintenant de voir comment les éléments mis en place vont évoluer, pour donner au lecteur à la fois le plaisir de la surprise... Et l’envie de s’attacher au destin des divers personnages sculptés par les deux auteurs. Dans cet esprit, la mission de ce premier volume, donner envie d’en savoir davantage sur l’univers de Sérum, est clairement remplie.

Dr Corthouts

Serum, de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza. Editions J'ai Lu. 190p.

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05 04 12

Rallumez les Lumières - Episode 5

baleine.jpgEt on décolle cette semaine vers le grand nord, avec l’histoire de trios baleines emprisonnées dans les glaces… Et sauvées au terme d’une véritable opération internationale excessivement médiatisée… Un livre et puis un film, c’est la suite logique pour cette histoire dont les journalistes raffolent… Même si elles sont truffées de paradoxes, comme la glorification-minute de deux capitaine de brise-glaces russes venus au secours des baleines… Alors que la Russie est aujourd’hui encore un des pays qui massacre le plus de baleines pour en faire commerce…

 

 

 

adam.jpgEn France, ce sont les Vents Contraires d’Olivier Adam qui trouvent le chemin des grands écrans. Auteur adapté plusieurs fois au cinéma, Olivier Adam est un « auteur de la solitude », qui examine avec finesse et émotion le résultat souvent ravageur que l’absence provoque au sein des relations humaines. On se souvient du formidable « Je vais bien, ne t’en fais pas », avec un bouleversant Kad Merad.

 

 

 

 

marsu.jpgDifficile de refermer cette chronique sans faire un légère entorse à la logique « un film, un livre », puisque cette semaine verra débarquer sur les écrans « Sur la Piste du Marsupilami », d’Alain Chabbat qui s’inspire de l’œuvre de Franquin et d’une de ces créations les plus étonnantes, le mythique animal de la jungle palombienne. Une adaptation « libre » qui permettra au public de revenir vers les aventures de Spirou et Fantasio (où le Marsu fait son apparition pour la première fois…) et du Marsupilami ‘en solo’ dans la série dessinée par Batem et scénarisée par… plein de gens qu’ils sont bien !    

 

 

Et n’oubliez pas : le cinéma ? Ca se lit !

 

Dr Corthouts

03 04 12

L'amour aux trousses...

7ans.jpgCe que dit le quatrième de couv’ : Artiste bohème au tempérament de feu, Nikki fait irruption dans la vie sage et bien rangée de Sebastian. Tout les oppose, mais ils s’aiment passionnément. Bientôt, ils se marient et donnent naissance à des jumeaux : Camille et Jeremy.

Pourtant, le mariage tourne court : reproches, tromperies, mépris ; la haine remplace peu à peu l’amour. Au terme d’un divorce orageux, chacun obtient la garde d’un des enfants : Sebastian éduque sa fille avec une grande rigueur alors que Nikki pardonne facilement à son fils ses écarts de conduite. Les années passent. Chacun a refait sa vie, très loin de l’autre. Jusqu’au jour où Jeremy disparaît mystérieusement. Fugue ? Kidnapping ? Pour sauver ce qu’elle a de plus cher, Nikki n’a d’autre choix que de se tourner vers son ex-mari qu’elle n’a pas revu depuis sept ans. Contraints d’unir leurs forces, Nikki et Sebastian s’engagent alors dans une course-poursuite, retrouvant une intimité qu’ils croyaient perdue à jamais.

 

L’année dernière, lors de la sortie de L’Appel de l’Ange je parlais « d’évolution » dans le chef de Guillaume Musso, avec un glissement sensible de la comédie romantique et fantastique vers une forme de thriller « grand public », où les relations sentimentales se trouvaient tissées dans une intrigue au rythme endiablé. Avec 7ans Après, la transformation se poursuit… et l’ombre d’un certain Harlan Coben flotte clairement sur les premiers chapitres de l’aventure. Pied au planché, Guillaume Musso plonge tête la première dans le « cauchemar » de tout parent : la disparition inexplicable d’un adolescent. Une disparition d’autant plus problématique qu’elle surgit sept ans après un divorce pour le moins difficile. Avec un sens consommé de la narration et de ce que les américains appellent « l’exposition », soit la présentation de la toile de fond psychologique, historique et géographique sur laquelle le récit va se dérouler, ce nouveau Musso s’inscrit clairement dans la catégorie des ouvrages que l’on a toutes les difficultés du monde à déposer une fois entamer. On n’oubliera pas non plus ces dizaines de références qui font le plaisir des lecteurs attentifs, pépites extraites de la culture populaire, qui brillent discrètement au cœur de la trame et ne manqueront pas d’attirer le regard d’une génération biberonnées aux exploits de Marty McFly et des super-héros de la Marvel… sans pour autant laisser les novices sur le bord de la route.

Là où le roman perd un peu son objectif de vue, c’est lors de la troisième partie, la plus courte, où les héros sont soudain confrontés à une bande de trafiquants tout droits sortis d’une mauvaise série B. On sent l’auteur pressé de confronter ces personnages à un enjeu vital, mais l’exécution devient brouillonne, les relais narratifs improbables et ce qui aurait pu constituer un second volume se voit réduit à un enchaînement trop rapide de situations à peine ébauchées.

Reste que la part du contrat le plus importante que remplit Guillaume Musso avec ce neuvième roman, celle d’un plaisir innocent, d’une aventure relevée, d’un univers que d’aucun qualifierai de « naïf » alors qu’il s’agit avant tout d’une intraveineuse d’évasion, d’un roman de qualité qui s’inscrit dans une logique de pure divertissement. Certains y verront une démarche mercantile et insupportable dans un monde en pleine tourmente, d’autres vous diront que cesser de se prendre la tête pendant quelques centaines de pages ça peut aussi faire du bien… Et je suis de ceux là !

7 ans Après..., de Guillaume Musso. Editions XO. 400p.

02 04 12

C'est dans la poche ! : Faim du monde !

wwz.jpgCe que dit la quatrième de couv’ : La guerre des zombies a eu lieu, manquant d'éradiquer l'humanité. Le narrateur, en mission pour l'ONU, a parcouru le monde pour rencontrer, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planète, les survivants de ces années apocalyptiques. Le mythe des morts vivants revisité sous l'angle de la critique sociale et politique.

 

Les morts-vivants sont en passe de devenir les nouvelles coqueluches du petit monde de l’imaginaire (encore que, moins sexy que les vampires, ils risquent tout de même d’être moins excitants pour les hordes d’adolescentes à peine pubères…) et il est donc de bon aloi de revenir sur un des premiers romans de la « nouvelle vague » à prendre le phénomène à bras-le-corps. Max Brooks, déjà auteur d’un Guide de Survie en Territoire Zombie, laisse ici tomber le ton humoristique pour entreprendre ce qui peut être vu comme un récit « historique/uchronique », une collection de témoignages recueillis après que notre planète ai survécu à une invasion de morts-vivants. Ici, l’important n’est donc pas le « pourquoi » derrière l’épidémie, mais bien le « comment ». Comment les militaires, les gouvernements, des grandes compagnies multinationales, les citoyens, les chefs religieux, ont-ils réagit à ce soudain bouleversements. Dans la plus pure tradition du fantastique, les zombies de Max Brooks sont avant tout un miroir, une surface réfléchissante où nos peurs, nos réflexes, nos aveuglements, se reflètent. De la foi aveugle des militaires en la technologie, au cynisme horriblement moderne d’un roi du marketing, en passant par l’aventure étrangement poétique d’une femme pilote de chasse, les témoignages se suivent et tissent un paysage passionnant, fait d’émotions, d’actions, d’horreur et d’espoir. Au final, on regrette juste que la forme choisie empêche toute structure narrative « évidente », ce qui donne aux derniers chapitres du livre un côté inachevé… à la fois logique, puisque le monde se trouve alors en pleine reconstruction, mais un peu frustrant pour le lecteur happé dans ce tourbillon terriblement réaliste.

N.B. : Les droits du roman on été acheté par Brad Pitt, et le film devrait être sur les écrans en Juillet 2013.

 

World War Z, de Max Brooks, au Livre de Poche. 544 p.  

Dr Corthouts

01 04 12

La Fiction rattrape la réalité !

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La date de publication de cette note a évidemment toute son importance... Il s'agit bien entendu d'un poisson...

Ce que dit le quatrième de couverture : Dans les locaux de Souvenirs, une des radios les plus écoutées de la Communauté française, le corps de B. Depace est retrouvé, sans vie, un lecteur MP3 au fond de la gorge. A-t-il voulu absorber l’album de trop ? La porte du bureau fermée de l’intérieur et le dernier message envoyé depuis son smartphone semble le confirmer. Mais la jeune inspectrice Gwenaëlle Fussili, fraîche émoulue de l’école de police d’Evere découvre rapidement qu’une brochette d’étranges personnages évoluait autour du spécialiste de la musique. Et que dire de son passé de producteur d'artistes ? Et de trapéziste sado-masochiste… Le mystère s’épaissit lors qu’un ancien présentateur de télévision contacte Gwenaëlle, prêt à lui faire des révélations fracassantes.

 

Cela devait arriver. A force d’occuper le devant de la scène musicale et littéraire de notre petite Communauté Wallonie Bruxelles, Brice Depasse (à peine déguisé dans cet ouvrage) devient le héros, mort, de son propre roman policier. Roman à clé, énigme complexe trempée dans un bon bain de couleurs locales, Passe un rock, ça fera du bruit ! voyage entre Bruxelles, Liège, Namur et Binche dans un festival de situations burlesques que ne renierait pas les Monty Python. L’auteur assure que tout est vrai dans ce roman, sauf ce qui ne l’est pas, bien entendu. On rit d’ailleurs de voir avec quel précision il dépeint le monde impitoyable des médias francophones belges, petite cour de récréation où les égos se télescopent pour des broutilles et où le pire des châtiments est de ne pas recevoir son badge V.I.P pour parader dans les allées de la Foire du Livre au soir de son inauguration officielle. Personne ne sort vraiment indemne de ce jeu de massacre… Et c’est peut-être là une des faiblesses de ce roman à la nitroglycérine : personne ne mérite d’être sauvé si l’on en croit l’auteur et en ces temps de cynisme galopant, un petit rayon de soleil, une jeune stagiaire pleine d’espoir ou même un chien de berger au poil brillant, était-ce trop demander ?

Passe un rock, ça fera du bruit !, de Christophe Collins. Editions des Ichtyologues Réunis. 224p.