13 05 12
William Shakespeare, un imposteur d'état ?
Depuis plus de deux siècles, des dizaines d'historiens y sont allés de leur théorie sur l'oeuvre de Shakespeare. Comment ce petit homme de Stratford a-t-il pu sans avoir reçu aucune éducation, à la fin du XVI° siècle manier la langue anglaise de la sorte ? Comment ce petit acteur qui en savait juste assez pour lire a-t-il pu être le plus grand poète de son temps et des siècles à venir ?
On a tout lu et tout entendu. Et on aura aussi tout vu avec ce film, Anonymous de ... Roland Emmerich. Comment le réalisateur (allemand) de tant de navets (américains) comme 2012, Godzilla, Universal soldiers ou encore Independance day a-t-il pu tourner un film aussi réussi, aussi touchant ? On parlera de rédemption ou de coup de génie mais en tous les cas on ne s'en plaindra pas.
Dans Anonymous, Emmerich reprend la théorie selon laquelle le véritable auteur de ces pièces et sonnets ne fut autre que le Comte d'Oxford, Edouard de Vere. Comment et pourquoi ? La réponse dans le film admirablement joué et tourné, une illustration supplémentaire de la cohabitation de l'art le plus noble et de la violence politique de cette époque.
Ce film m'a littéralement dévoré de bout en bout ; j'espère qu'il vous fera le même effet.
Brice Depasse
Anonymous, Roland Emmerich, DVD Columbia, mai 2012.
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05 04 12
Rallumez les Lumières - Episode 5
Et on décolle cette semaine vers le grand nord, avec l’histoire de trios baleines emprisonnées dans les glaces… Et sauvées au terme d’une véritable opération internationale excessivement médiatisée… Un livre et puis un film, c’est la suite logique pour cette histoire dont les journalistes raffolent… Même si elles sont truffées de paradoxes, comme la glorification-minute de deux capitaine de brise-glaces russes venus au secours des baleines… Alors que la Russie est aujourd’hui encore un des pays qui massacre le plus de baleines pour en faire commerce…
En France, ce sont les Vents Contraires d’Olivier Adam qui trouvent le chemin des grands écrans. Auteur adapté plusieurs fois au cinéma, Olivier Adam est un « auteur de la solitude », qui examine avec finesse et émotion le résultat souvent ravageur que l’absence provoque au sein des relations humaines. On se souvient du formidable « Je vais bien, ne t’en fais pas », avec un bouleversant Kad Merad.
Difficile de refermer cette chronique sans faire un légère entorse à la logique « un film, un livre », puisque cette semaine verra débarquer sur les écrans « Sur la Piste du Marsupilami », d’Alain Chabbat qui s’inspire de l’œuvre de Franquin et d’une de ces créations les plus étonnantes, le mythique animal de la jungle palombienne. Une adaptation « libre » qui permettra au public de revenir vers les aventures de Spirou et Fantasio (où le Marsu fait son apparition pour la première fois…) et du Marsupilami ‘en solo’ dans la série dessinée par Batem et scénarisée par… plein de gens qu’ils sont bien !
Et n’oubliez pas : le cinéma ? Ca se lit !
Dr Corthouts
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02 04 12
C'est dans la poche ! : Faim du monde !
Ce que dit la quatrième de couv’ : La guerre des zombies a eu lieu, manquant d'éradiquer l'humanité. Le narrateur, en mission pour l'ONU, a parcouru le monde pour rencontrer, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planète, les survivants de ces années apocalyptiques. Le mythe des morts vivants revisité sous l'angle de la critique sociale et politique.
Les morts-vivants sont en passe de devenir les nouvelles coqueluches du petit monde de l’imaginaire (encore que, moins sexy que les vampires, ils risquent tout de même d’être moins excitants pour les hordes d’adolescentes à peine pubères…) et il est donc de bon aloi de revenir sur un des premiers romans de la « nouvelle vague » à prendre le phénomène à bras-le-corps. Max Brooks, déjà auteur d’un Guide de Survie en Territoire Zombie, laisse ici tomber le ton humoristique pour entreprendre ce qui peut être vu comme un récit « historique/uchronique », une collection de témoignages recueillis après que notre planète ai survécu à une invasion de morts-vivants. Ici, l’important n’est donc pas le « pourquoi » derrière l’épidémie, mais bien le « comment ». Comment les militaires, les gouvernements, des grandes compagnies multinationales, les citoyens, les chefs religieux, ont-ils réagit à ce soudain bouleversements. Dans la plus pure tradition du fantastique, les zombies de Max Brooks sont avant tout un miroir, une surface réfléchissante où nos peurs, nos réflexes, nos aveuglements, se reflètent. De la foi aveugle des militaires en la technologie, au cynisme horriblement moderne d’un roi du marketing, en passant par l’aventure étrangement poétique d’une femme pilote de chasse, les témoignages se suivent et tissent un paysage passionnant, fait d’émotions, d’actions, d’horreur et d’espoir. Au final, on regrette juste que la forme choisie empêche toute structure narrative « évidente », ce qui donne aux derniers chapitres du livre un côté inachevé… à la fois logique, puisque le monde se trouve alors en pleine reconstruction, mais un peu frustrant pour le lecteur happé dans ce tourbillon terriblement réaliste.
N.B. : Les droits du roman on été acheté par Brad Pitt, et le film devrait être sur les écrans en Juillet 2013.
World War Z, de Max Brooks, au Livre de Poche. 544 p.
Dr Corthouts
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29 03 12
Rallumez les Lumières - Episode 4
On débute la chronique de cette semaine avec un film de pirates… pas comme les autres ! Le nouvel opus des Studios Aardman, inventeur des géniaux Wallace et Gromit, met en scène une bandes d’écumeurs des mers qui enchaînent les boulettes plutôt que les abordages réussis. Leur origine ? Une série de romans pour la jeunesse, dus à la plume de Gidéon Dafoe, héritier auto-proclamé de l’auteur de Robinson Crusoe. Sous sa forme livresques, cette vision délirante du monde des pirates revêt une saveur particulière, un humour décalé, dont l’équivalent est peu présent dans la littérature jeunesse francophone.
La Bande annonce : ICI
Changement total de registre, puisque Bye,Bye Blondie, de Virginie Despentes ne s’adresse pas du tout à un public « jeune ». Despentes adapte donc son propre roman où on retrouve… des sentiments exacerbés, des gens qui hurlent et des femmes qui s’aiment. Despentes a sans aucun doute son public, mais l’aspect systématique des thèmes qu’elle aborde rend parfois son propos un rien… caricatural ?
La Bande annonce : ICI
Et on termine le petit tour de cette semaine avec Ces Petites Choses, un roman de Déborah Moggah, qu’elle a elle-même adapté pour le grand écran sous le titre d’Indian Palace. Film chorale, réflexion sur le temps qui passe, répliques humoristiques… Et un casting de premier plan pour une adaptation trois étoiles. Normal pour un palace !
La Bande-annonce : ICI
Et n’oubliez pas : le cinéma ? Ca se lit !
Dr Corthouts
N.B. : Cette chronique se base sur les sorties cinéma annoncées dans les salles belges.
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28 01 12
Michel Galabru ne sait pas dire non
Entretien réalisé au théâtre de Paris pour Ciné Clip Clap et Livre de bord
Une émission de Nicky Depasse sur Liberty TV
Janvier 2012
Michel Galabru, Je ne sais pas dire non !, Michel Lafon, novembre 2011, 18€95, 317p.
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24 01 12
L'amour selon Frédéric Beigbeder
Frédéric Beigbeder adapte lui-même au cinéma son roman "L'amour dure trois ans". Une adaptation qui est plutôt une suite au texte qui lui a valu de se faire remarquer comme auteur et récompenser par un jury et l'attention du public.
Nicky a rencontré l'auteur, désormais réalisateur, lors de l'avant-première de son film qui, disons le tout de suite, est très réussi.
Frédéric Beigbeder, L'amour dure trois ans, Folio, janvier 2012, 194p., 5€70.
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19 11 11
Jubilatoire
" Je dis souvent que le temps qui passe ne pèse que sur les épaules de ceux qui ne savent pas tendre les bras"
Exquise Marthe Mercadier.
S'il est vrai que les épreuves - un an de mutisme absolu, deux ans de paralysie, conséquence d'une chute, l'épreuve de la guerre et, à son insu, de la Résistance- cela vous forge une personnalité, la pétillante octogénaire est la preuve qu'avec un zeste d'envie, on célèbre la vie,... à l'envi.
"En vie...deux mots qui, réunis, n'en font qu'un et pas n'importe lequel: envie."
.Joie de vivre, exubérance parfois éreintante ...sont les leitmotive d'un parcours résolument placé sous le signe de la baraka.
Un parcours que la célèbre actrice trace à l'attention de ses lecteurs, revisitant quelques événements majeurs du XXe siècle et l'engagement social et politique qui est le sien.
Un parcours placé sous le signe de l'amitié qui fait revivre les grands noms des planches et du petit écran, Francis Blanche, Micheline Presle, Jean le Poulain, Michel Serrault, Michèle Morgan, André Bourvil, Fernandel... et autres célébrités tels Edith Piaf, Jacqueline Auriol, Blaise Cendrars, ....
Un parcours dévoué à la générosité, à sa famille aimée, ses animaux chéris, et une jouvence dont cette nouvelle Denise Grey, nous révèle quelques secrets truffés d'humour:
"Il y a encore quelques mois, lorsqu'un moins de vingt ans me reconnaissait dans la rue, cela relevait du miracle...ou de mauvais traitement à enfant de parents fanatiques! Puis, j'ai participé à l'émission de télévision "Danse avec les stars." Depuis, je ne peux plus passer devant un lycée, un collège ou même une école maternelle sans qu'on m'y délivre un sourire ou quelques mots que, faute d'une parfaite audition, j'imagine gentils".
L'adepte des bains de siège glacés et des joggings dans le bois de Boulogne pourrait de la sorte réaliser un voeu qui devient également cher à nos yeux:
"J'aimerais assez atteindre mes quatre-vingt-dix-sept ans. On serait alors en 2025 et je pourrais fêter le cinq centième anniversaire du statut d'actrice."
Une vraie, belle et radieuse leçon de vie.
Apolline Elter
Je jubilerai jusqu'à cent ans. Souvenirs et bons conseils, Marthe Mercadier, avec la collaboration d'Alain Morel, biographie, Flammarion, octobre 2011, 239 pp, 19 €
Billet de saveur
AE: Après cette vibrante et délicieuse plongée dans un parcours pour le moins tonique, nous serions curieux de connaître, chère Marthe Mercadier, votre madeleine de Proust:
Marthe Mercadier: Ma madeleine, ce sont trois personnes qui ont eu une importance toute particulière au cours de mon enfance et durant ma jeunesse (souvenirs renforcés par mes promenades dans Paris) : Napoléon III, Hausmann et Offenbach.
Mes grands-parents m’ont transmis tout ce que Napoléon III et Haussmann ont fait pour la France. Il y a eu beaucoup de joie, d’enthousiasme dans tous les travaux qu’ils ont réalisés pour la France, pour Paris : on en parle peu je trouve, ce qui est bien dommage car cela est vraiment important.
On a dit beaucoup de bien de leurs aménagements dans les villes françaises, on a dit que la France était belle (et elle l’est toujours). Napoléon III et Haussmann ont participé au renouveau de la France, ils ont triplé les réseaux de chemins de fer de notre pays.
Offenbach a, quant à lui, bercé mon enfance : c’était un grand musicien, dès que j’entends une de ses œuvres, je replonge dans mes souvenirs . »
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10 10 11
Quand Bruxelles sort en boîte (à images)…
Dans Bruxelles fait son cinéma, un petit essai éclairant fort brillamment rédigé (par le cinéphile Georges Lebouc) et très habilement illustré (par le photographe Laurent Poma ) qui vient de paraître chez 180° éditions à Saint-Gilles, le lecteur apprend tout, à travers la présentation d’une sélection de 60 films, sur les liens entretenus par le cinéma avec la capitale belge de l’Europe, et ils sont nombreux !
Bien entendu, la plupart des cinéastes de chez nous ont choisi la ville de Tintin pour cadre de l’un ou l’autre de leurs films. Cela va du précurseur Alfred Machin (Saïda a enlevé Manneken-Pis, 1913), bien oublié aujourd’hui, à Jaco van Dormael (Mr Nobody, 2009), sans oublier Gaston Schoukens (Bossemans et Coppenolle, 1938, Un « Soir » de joie, 1954), André Delvaux (Belle, 1972), Jacques Brel (Le Far West, 1973), Benoît Lamy (Home sweet Home, 1973), André Ernotte (Rue Haute, 1976), Gérard Corbiau (Le Maître de Musique, 1988), Stijn Coninx (Koko Flanel, 1990, Daens, 1993), Rémy Belvaux (C’est arrivé près de chez vous, 1993), Jan Bucquoy (La Vie sexuelle des Belges, 1994), Alain Berliner (J’aurais voulu être un danseur, 2005)…
Mais nombre de réalisateurs français ont aussi tourné dans la cité des Kiekefretters : Philippe Fourastié (La Bande à Bonnot, 1968), Claude Chabrol (La Rupture, 1970, Le Sang des autres, 1984), Alain Resnais (Providence, 1976), Bertrand Blier (Préparez vos mouchoirs, 1977), Claude Miller (Mortelle randonnée, 1982), Patrice Leconte (Monsieur Hire, 1988), Jacques Rouffio (L’Orchestre rouge, 1989), Éric-Emmanuel Schmitt (Odette Toulemonde, 2006), François Ozon (Angel, 2007), Laurent Tirard (Le petit Nicolas, 2008), Yann Moix (Cineman, 2010) et Dany Boon (Rien à déclarer, 2010), par exemple.
Sans oublier l’un(e) ou l’autre cinéaste venu(e) notamment des États-Unis (Fred Zinnemann, Au risque de se perdre, 1959, avec l’actrice Audrey Hepburn née à Ixelles en 1929), de Pologne (Jerzy Skolimowski (Le Départ, 1967) ou des Pays-Bas (Dorothée van den Berghe (Meisje, 2002), de même que diverses scènes et épisodes de Meurtres à domicile, Louis la Brocante, Les Anges gardiens, Les Barons et de bien d'autres longs métrages.
Qui ont fait leur chouchou de Bruxelles, en quelque sorte…
Bernard DELCORD
Bruxelles fait son cinéma par Georges Lebouc, photographies de Laurent Poma, introduction par Henri Sonet, Bruxelles, 180° éditions, collection "Bruxelles ma belle", septembre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 21 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 €
Écrit par Brice dans Cinéma et littérature | Commentaires (0) |
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27 06 11
« Il n'y a aucun mérite à être quoi que ce soit. » (Marcel Mariën)
Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 27/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :
Le 15 mars 1960, parodiant à sa manière le livre de dévotion chrétienne L’Imitation de Jésus-Christ du moine allemand Thomas a Kempis (1380-1471), l’écrivain surréaliste belge Marcel Mariën (1920-1993), qui était aussi poète, essayiste, éditeur, photographe, cinéaste, créateur de collages et d'objets insolites tout autant que révolutionnaire d’obédiences diverses, fit projeter un film dont il était l’auteur et dont Tom Gutt [1] (1941-2002) était l’acteur principal, L’Imitation du Cinéma, une farce érotico-freudienne anticléricale qui fit un beau scandale durant quelques jours avant d’être interdite une bonne fois pour toutes.
Or ne voilà-t-il pas qu’un petit éditeur belge, La Maison d’à côté, vient de ressortir en DVD cette histoire d’un jeune homme du XXe siècle qui, pour trop avoir lu l’œuvre mystique du sous-prieur de l’abbaye de Zwolle, choisit de se faire crucifier… par imitation.
Il n’y a pas loin, on s’en doute, du comique à la provocation et au blasphème mais, si l’on ne peut que louer la qualité du travail technique réalisé pour mettre ce film surréaliste (le seul, en somme, avec Le chien andalou et L’âge d’or de Buñuel) à la portée du public contemporain, force est de constater qu’il a beaucoup perdu de son impact et que l’on se surprend trop souvent à bayer aux corneilles devant ses recherches d’effet devenues quelque peu surannées…
Sic transit gloria rerum novarum !
PÉTRONE
L’Imitation du Cinéma de Marcel Mariën, Histoire d’un film ignoble (comprenant le film de 52’ sur DVD, quelques bonus, une interview de l’auteur et un livret de 87 pp. analysant l’histoire du film, augmenté de textes de Marcel Mariën), Bruxelles, La Maison d’à côté, septembre 2010, un coffret cartonné en noir et blanc au format 15 x 15 cm, 27,60 €
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17 06 11
Le cinéma de Guillaume Musso
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