22 01 15

Montesquieu d'une grande actualité !

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Qui est Montesquieu ?

Charles-Louis de Secondat (1689 – 1755) fut conseiller au parlement de Bordeaux. Un oncle lui cède nom « de Montesquieu » et ses biens. Il fait partie de la Justice. En 1721 on publie anonymement ses « Lettres persanes » ensuite « De l'esprit des Lois » en 1748 . Il entre à l'Académie française. Il entreprend des voyages et des enquêtes sur le terrain. Il écrit le chapitre « Essai sur le Goût » pour Encyclopédie de Diderot.

 

« Pensées », est un recueil posthume publié en 1899-1900. Il écrit pour mieux comprendre l'humanité et éviter de juger nos semblables dans leur diversité. C'est une invitation à la tolérance et à la solidarité. 

 

Quelques phrases, picorées, dans le chapitre : Plaisirs et bonheur

 

« Le bonheur consiste plus dans une disposition générale de l'esprit et du coeur, qui s'ouvre au bonheur que la nature de l'homme peut prêter que dans la multiplicité de certains moments dans la vie. Il consiste plus dans une certaine capacité de recevoir ces moments heureux. »

 

« Si on ne voulait être qu'heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile, parce que nous croyons les autres plus heureux qu'ils ne sont. »

 

« J'ai ouï dire au cardinal Imperiali : « Il n'y a point d'homme que la Fortune ne vienne visiter une fois en sa vie. Mais, lorsqu'elle ne le trouve pas prêt à le recevoir, elle entre par la porte et passe par la fenêtre. »

 

« J'ai toujours vu que, pour réussir parfaitement bien dans le monde, il fallait avoir l'air fou et être sage. »

 

« C'est un malheur qu'il y a trop peu d'intervalle entre le temps où l'on est trop jeune, et le temps où l'on est trop vieux. »

 

Et dans le chapitre : Curiosité

 

« Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir en sa vie, contre des heures délicieuses. »

 

« Il faut avoir beaucoup étudié pour savoir peu. »

 

Enfin dans celui consacré au Vice et à la Vertu :

 

« Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie : il ne faut pas être au-dessus des hommes ; il faut être avec eux. »

 

« Je n'estime pas les hommes parce qu'ils n'ont pas de défauts, mais parce qu'ils se sont corrigés des défauts qu'ils avaient. »

 

Le génie des philosophes est d'être encore et toujours d'une grande actualité pour la compréhension des hommes !

 

Jacques Mercier

 

Plaisirs et bonheur (et autres pensées), Montesquieu. Editions Folio Sagesses Gallimard, 2014. 96 pp. 2 euros

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21 01 15

Le summum de la pensée grecque...

Œuvres complètes d'Aristote .jpgTraducteur d’Aristote (384 av. J.-C. – 322 av. J.-C.), Pierre Pellegrin, directeur de recherche émérite au CNRS, a conduit aux destinées du Centre d'histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales à Paris. Expert du corpus zoologique du philosophe, il est aussi l'un des principaux spécialistes de sa pensée politique.

Il a dirigé la publication, chez Flammarion à Paris, des Œuvres complètes du Stagirite, un ouvrage monumental qui comprend la totalité des œuvres authentiques d'Aristote, ainsi que la traduction inédite en français des Fragments.

Écoutons-le :

« Il n'est pas une branche du savoir de son temps qu'Aristote n'ait étudiée : de la logique à la rhétorique en passant par la dialectique, de la physique et la chimie à la cosmologie, de la métaphysique et la théologie aux mathématiques, de la politique et l'éthique à la psychologie, sans oublier le très important corpus biologique et le recueil des différentes constitutions qu'il avait compilées avec ses élèves.

On redécouvre aujourd'hui l'importance du "maître de ceux qui savent" tant pour l'Occident chrétien que pour l'Orient islamique, et l'on trouve un fondement aristotélicien à presque toutes nos sciences dites "humaines". »

Si elle exerça une grande influence de son vivant, la pensée d’Aristote connut le purgatoire en Grèce après sa mort, et elle ne revint au premier rang que vers la fin de l’Antiquité. Elle demeura cependant vivace dans les mondes byzantin et musulman, ce dernier ayant largement contribué au sauvetage du contenu des textes.

« Plus de 2 300 ans après sa mort, Aristote demeure l'un des hommes les plus influents que le monde ait connus, celui dont les connaissances ont été les plus vastes et qui a abordé l'éventail le plus large des champs du savoir », a écrit Bryan Magee, grand vulgarisateur anglais de la pensée philosophique, dans son Histoire de la philosophie [1].

Ajoutons pour conclure que l’ouvrage comporte aussi une introduction générale, des notices de présentation pour chaque groupe de traités, un index des notions et un index des philosophes, le tout facilitant grandement la lecture et la compréhension.

Un travail de bénédictin !

Bernard DELCORD

Œuvres complètes d'Aristote sous la direction de Pierre Pellegrin, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2014, 2 925 pp. en noir et blanc au format 17,3 x 24,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 69 € (prix de lancement en France jusqu’au 28/02/2015, puis 79 €)



[1] Bryan Magee, The Story of Philosophy, 2010, p. 34.

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13 01 13

Le Proust letton...

Œuvres choisies (von Kaiserling).gifL'éditeur présente en termes fort justes les Œuvres choisies Histoires de château parues récemment en Arles chez Actes Sud dans leur traduction française : « Considéré comme un maître par Thomas Mann, le comte Eduard von Keyserling (1855-1918) est incontestablement l'écrivain le plus représentatif de l'impressionnisme allemand et l'exemple parfait de l'esprit "fin de siècle". Issu d'une lignée de barons baltes de langue allemande, installés aux confins de la Prusse-Orientale dont dépendait la Courlande (actuelle Lettonie) jusqu'au début du XXe siècle, il dépeint, dans une langue élégante et subtilement ironique, le crépuscule d'une société encore somptueuse mais irrévocablement poussée vers sa fin ».

L'ouvrage rassemble treize textes exemplaires de l'auteur, intitulés respectivement Beate et Mareile, Été brûlant, Harmonie, Son expérience de l'amour, Dumala, Cœurs bigarrés, Versant sud (adapté au cinéma en 1989 par Daniel Vigne sous le titre Comédie d'été), Le Murmure des vagues, Maisons du soir, Nicky, Altesses, Dans un coin tranquille et Les Enfants des beaux jours, de véritables petits bijoux de subtilité dans lesquels l'auteur se sert de la lumière et des subtiles variations de la nature pour peindre les derniers beaux jours de l'aristocratie balte, ses châteaux, ses chasses, ses rituels, tout un art de vivre raffiné qui illustre l'impossibilité de l'amour et l'impuissance à contenir les passions exacerbées d'une société encore fastueuse mais déjà consciente d'un déclin irréversible. [1]

 Un classique à (re)découvrir absolument.

Bernard DELCORD

Œuvres choisies Histoires de château par Eduard von Kaiserling, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Thesaurus », octobre 2012, 893 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)



[1]  Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Eduard_von_Keyserling

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13 10 10

Le Jean de La Fontaine des Marolles

Fables complètes par Virgile du Pourquoi Pas.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 13 octobre 2010 sur le site du magazine satirique belge Satiricon.be (www.satiricon.be) :

Léon Crabbé (1891-1970) fit, sous le pseudonyme de Virgile, les beaux jours du défunt magazine politique bruxellois « Pourquoi Pas ? » (1910-1989) en y publiant chaque semaine, en français mâtiné de « brusseleir », un Dialogue attendu des lecteurs (et pas seulement de la capitale) comme le Messie ou, s’agissant de nos contemporains, comme le prochain gouvernement de Ce Pays (c’est une façon de parler : en réalité, on s’en fout complètement, car la Belgique, c’est une vérité prouvée, n’a jamais été aussi bien que sans gouvernement… Vérifiez, vous serez édifiés !)

Le sieur Virgile, donc, fit rigoler nos pères… Et notamment par ses pastiches des fables de La Fontaine (Menhier le Corbeau et Menhier le Renard, Le Chêne et le Roseauke, Le Loup et le Lemmeke, La Laitière et le Melkpot en sont quelques ornements hilarants) mais aussi par 49 textes d’une inspiration toute personnelle, joignant au pittoresque la sagesse de la plus brave, à ce qu’on dit, des nations : La Baleine et le Sprok, Le Caniche et le Zinneke, Le Hérisson et le Rolmops, Les deux Moumas, La Puce qui donnait son Sang, L’Apprenti et la Femme du Façadeklacher, Le Philosophe et le Snul, La Vache et la Pin-up, on en passe et des plus tof !

Georges Lebouc, qui est à la bruxellitude ce que Léopold Sedar Senghor est à la négritude, c’est-à-dire un grand témoin et un passeur de mémoire (nè !), a eu l’excellente idée de rassembler ces pépites dans un joyeux recueil intitulé Fables complètes (aux Éditions Racine à Bruxelles) pour lequel il a rédigé une introduction, un lexique complet et des notes expliquant les mots difficiles.

Il a donc droit à notre reconnaissance éternelle et, surtout et c’est là le plus important, à une demi-gueuze !

PÉTRONE

Fables complètes par Virgile du « Pourquoi Pas ? », introduction, lexique et notes de Georges Lebouc, Bruxelles, Éditions Racine, août 2010, 149 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,95 €

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01 05 09

Il était une fois

100Les Éditions Librio à Paris sortent, sous la plume de l’écrivain et journaliste Pierre Vavasseur, Le Guide des 100 premières phrases incontournables qui recense et commente l’incipit (en français) d’œuvres aussi essentielles que, par exemple, La religieuse de Diderot, Les liaisons dangereuses de Laclos, Don Quichotte de Cervantès, L’éducation sentimentale de Flaubert, 1984 d’Orwell, Le rivage des Syrtes de Gracq, Lumière d’août de Faulkner, Le procès de Kafka, Ulysse de Joyce, Nord de Céline ou À la recherche du temps perdu de Proust…
On ne manquera toutefois pas de rester coi en raison de la présence, au sein de cette liste
d’« incontournables », de quelques nullités comme Quitter la ville de Christine Angot ou La garde du cœur de Françoise Sagan, sans oublier Les bienveillantes de Jonathan Littel, rédigé dans une langue plus qu’approximative.
Mais ces erreurs de jugement de l’auteur ne doivent pas gâcher le plaisir qu’il offre à ressusciter pour le lecteur des phrases comme « Jamais je n’ai commencé un roman avec plus d’appréhension » (Le fil du rasoir de Maugham), « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas » (L’étranger de Camus), « Étendu sur sa couchette, Charley Anderson demeura immobile dans un flamboiement sonore » (La grosse galette de Dos Passos), « Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189… » (Le grand Meaulnes d’Alain-Fournier), « Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé » (Zazie dans le métro de Queneau) ou encore « C’était au temps où j’errais, affamé, dans Kristiania, cette ville étrange que nul ne quitte avant d’en avoir reçu les empreintes » (Faim d’Hamsun), autant de portes ouvertes à l’imagination et « battant sur les étoiles », comme disait Léo Ferré.
Bernard DELCORD

Le Guide des 100 premières phrases incontournables
par Pierre Vavasseur, Paris, Éditions Librio, mars 2009, 122 pp., 3 €

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06 04 09

"J'écris ton nom : liberté !"

pamphletsPar ces temps de libéralisme chancelant, il n’est pas inutile de relire l’un de ses chantres les plus pointus, Frédéric Bastiat (1801-1850), dont les Éditions Les Belles Lettres à Paris rééditent les Pamphlets, un classique jubilatoire composé de textes dont la brièveté n’enlève rien à l’aspect percutant…
Il faut dire que l’auteur s’en prend avec une joie certaine aux dérives de la révolution de 1848 et au caractère foncièrement spoliateur du socialisme et de l’étatisme moderne nés à cette époque. Il y développe au passage une théorie de la justice sociale basée sur la liberté individuelle, prônant la solidarité interpersonnelle, examinant la fonction de l’impôt, de l’enseignement ou de l’argent (il soutiendra en 1849-50 une vive polémique avec Proudhon dans La Voix du peuple au sujet de la gratuité du crédit) et se penchant sur l’exercice du droit de propriété, sur les rapports du droit et de la loi voire sur les interventions de l’État. Au passage, il règle son compte à l’humanisme classique idolâtrant le latin, fondateur de tant de préceptes occidentaux via la civilisation chrétienne, alors que les Romains basaient leur économie, leur morale et leur organisation politique sur le pillage des peuples étrangers, dont l’État romain partageait le butin entre les seuls citoyens (il en résulte depuis lors que « l’État, c’est le vol », que « le patriotisme, c’est l’infamie » et que « la loi supprime les droits »…). Le moins que l’on puisse dire, même si on ne partage pas les options politiques plutôt radicales de l’auteur, c’est qu’il a mis « Émile dans le pan », comme disait Coluche !
Bernard DELCORD

Pamphlets par Frédéric Bastiat, préface de Michel Leter, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Bibliothèque classique de la liberté », mars 2009, 412 pp., 27 €

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11 12 08

L'Ésope éternel

LAFONTAINEConnu de tous et pourtant méconnu du plus grand nombre, Jean de La Fontaine (1621-1695) a fait l’objet, sous la plume de Patrick Dandrey, professeur en Sorbonne, d’un remarquable petit essai paru dans la collection « Découvertes Gallimard » sous le titre La Fontaine ou les métamorphoses d’Orphée, qui met la vie et l’œuvre du fabuliste à la portée d’un vaste public, forcément séduit par la fluidité et la clarté de l’exposé, autant que par la qualité et la richesse de l’iconographie. L’auteur y souligne qu’avant la publication, en mars 1668,
de ses 120 premières fables (une quantité égale suivra au cours des 25 années suivantes, pour un total de plus de 10 000 vers), La Fontaine avait publié des Contes et nouvelles en vers, charmants et licencieux, après divers textes (Adonis, Le songe de Vaux, Élégie aux nymphes de Vaux…) dédiés à Nicolas Fouquet ou composés en faveur de celui-ci, dont la chute en 1661 avait valu au futur fabuliste quelques déboires avec le pouvoir royal (rappelons que la très munificente fête d’inauguration du château de Vaux-le-Vicomte avait valu à son propriétaire, le surintendant des Finances Fouquet, de se faire arrêter dès le lendemain par d’Artagnan sur ordre d’un Louis XIV jaloux, furieux et soupçonneux, puis enfermer à la forteresse de Pignerol où il mourra en 1680).
Et que c’est en raison de ses fables, dont beaucoup sont adaptées d’Ésope (Le Corbeau et le Renard, Le Loup et L’agneau, Le Rat des Villes et le Rat des Champs, Le Renard et la Cigogne, Le Renard et les Raisins…) et dont, véritable Orphée moderne, il a révolutionné la forme, que Jean de La Fontaine est allé à la postérité.
Pour le plus grand bonheur teinté de nostalgie des ex-potaches que nous sommes tous un peu restés, pas vrai ?
Bernard DELCORD

La Fontaine ou les métamorphoses d’Orphée par Patrick Dandrey, Paris, Éditions Gallimard, 1995 (nouvelle édition : novembre 2008), collection « Découvertes Gallimard », 112 pp., 10,20 €

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20 08 08

Un cardinal diabolique

DUMASUn oublié d’Alexandre Dumas (1802-1870), écrit entre 1865
et 1866, voilà qui fait plaisir ! Grâces soient donc rendues aux Éditions Kryos à Paris qui ont ressorti en version intégrale
Le Sphinx rouge
, un roman palpitant dont le personnage central n’est autre que le cardinal de Richelieu, un épigone plus que doué du prince imaginé par Machiavel. Dans ce pendant des Trois Mousquetaires, on assiste à l’affermissement du pouvoir du prédécesseur de Mazarin, dans un contexte d’enquête sur le complot qui mena à l’assassinat du roi Henri IV, de conquête du Pas de Suse, passage stratégique entre la France et la péninsule italienne, et de visées sur la manière de donner un héritier au trône de France. Les personnages foisonnent, comme les rebondissements, et l’on se prend à revêtir la cape et à brandir l’épée en se mettant au service de la France éternelle…
De la lecture interactive, en quelque sorte. Et ô combien passionnante !
Bernard DELCORD

Le Sphinx rouge par Alexandre Dumas, établissement du texte, préface, notes et dictionnaire des personnages par Radu Portocala, Paris, Éditions Kryos, Paris, 2008, 732 pp., 23,75 €

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16 02 08

Antoine sauvé des eaux

St ExupéryLes Éditions Gallimard à Paris proposent un petit coffret de quatre livres particulièrement précieux, puisqu’il recèle des inédits d’Antoine de Saint-Exupéry, rédigés entre 1925 et 1943. Et il ne s’agit pas de fonds de tiroir, mais bien de textes qui, pour avoir été trop brefs en vue d’une publication isolée, n’en éclairent pas moins l’art et la manière de l’auteur du Petit Prince autant que le regard du lecteur passionné… De l’histoire d’une poule de luxe, Manon, égarée au petit matin à la recherche vaine du réconfort jusqu’aux lettres d’amour de l’auteur à sa maîtresse Natalie, petite-fille du tsar Alexandre II, on découvre une courte nouvelle, des fragments abandonnés de romans, une correspondance avec Yvonne de Lestrange et Louise de Vilmorin, des notes préparatoires à des conférences, des réflexions morales et même une lumineuse critique de critique, celle de Vol de nuit par Robert Brasillach dans L’Action française du 23 juillet 1931.
Bernard Delcord

Antoine de SAINT-EXUPÉRY, Manon, danseuse et autres écrits, coffret de quatre volumes (I. Manon, danseuse, suivi de L’Aviateur [1925], II. Autour de Courrier Sud et de Vol de nuit [1928-1932], III. Je suis allé voir mon avion ce soir, suivi du Pilote et d’On ne peut croire aux hommes [1935], IV. Sept lettres à Natalie Paley [1942-1943]), Paris, Gallimard, 27 novembre 2007, 360 pages en tout, 28,90 €.

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13 02 08

Une œuvre magistrale

ROLLANDLes Éditions Albin Michel ressortent un monument de la littérature française, érigé par l’écrivain pacifiste Romain Rolland (1866-1944, prix Femina 1905 et prix Nobel de littérature 1915), le formidable Jean-Christophe dont les dix volumes ont paru en feuilleton dans les fameux Cahiers de la Quinzaine entre 1904 et 1912. Dans cette épopée moderne, vaste « roman-fleuve » selon l’expression inventée par l’auteur pour la circonstance, le compositeur et musicien allemand de génie Jean-Christophe Krafft, sorte de Werther mâtiné de Beethoven et de Liszt, doit traverser une série d’épreuves, les « cercles de l’enfer » (douleur, injustice, chagrins, deuils), et maîtriser ses passions pour atteindre à l’Harmonie, dans un monde qui bascule devant la guerre qui monte. Chantre de la paix et de la complémentarité de la France et de l’Allemagne, Romain Rolland ma mis dans ce roman son expérience de la vie et de la création artistique, ainsi que sa vision lyrique autant que critique du monde intellectuel européen de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le tout servi par une langue magnifique, un sens de la narration hors du commun et un art consommé des effets et de l’émotion. Une pure merveille… Un chef-d’œuvre !
Bernard Delcord

Romain ROLLAND, Jean-Christophe, Paris, Albin Michel, 2007, 1490 pp., 29,00 €.

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