24 05 18

« La science est un jeu dont la règle du jeu consiste à trouver quelle est la règle du jeu. » (François Cavanna)

Théorie des jeux coopératifs et non coopératifs.jpgSylvain Béal est professeur d’économie à l’Université de Bourgogne-Franche-Comté et directeur du CRESE (Centre de Recherche sur les Stratégies économiques). Il est l’auteur de plusieurs articles portant sur la théorie des jeux, non coopératifs comme coopératifs, et publiés dans des revues internationales de référence dans le domaine (Games and Economic Behavior, International Journal of Game Theory, Social Choice and Welfare, Journal of Mathematical Economics...)

Yannick Gabuthy est professeur d’économie à l’Université de Lorraine et chercheur au BETA (Bureau d’Économie théorique et appliquée). Il est l’auteur de plusieurs articles portant sur l’étude des mécanismes de résolution des litiges, domaine qui mobilise la théorie des jeux non coopératifs comme outil d’analyse. Ces articles ont également été publiés dans plusieurs revues internationales (European Economic Review, International Review of Law and Economics, Labour Economics, Journal of Institutional and Theoretical Economics…)

Ils ont publié aux Éditions De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve un essai intitulé Théorie des jeux coopératifs et non coopératifs – Application aux sciences sociales qui s’adresse aux étudiants en licence (ou en master ou en baccalauréat, selon le pays où ils mènent leur cursus) de sciences économiques et gestion, d’administration économique et sociale et de mathématiques appliquées aux sciences sociales ainsi qu’à ceux qui sont inscrits en école de commerce ou en institut d’études politiques.

L’ouvrage leur propose, avec de nombreux exemples, une présentation synthétique et accessible de deux approches de la théorie des jeux et de leurs applications en sciences sociales tout en offrant un ensemble de dispositifs de contrôle des connaissances (QCM et exercices corrigés) qui permet au lecteur de maîtriser rapidement les notions fondamentales.

La théorie des jeux est un outil d’analyse des interactions sociales dont l’objectif consiste à modéliser et à comprendre les comportements sous-jacents à ces interactions par le biais des jeux coopératifs et/ou non coopératifs.

De très nombreuses situations économiques et sociales peuvent être appréhendées par cet outil, comme la concurrence entre les entreprises, les relations de travail, le commerce international, ou encore les problèmes de partage de coûts.

Une approche scientifique innovante !

Bernard DELCORD

Théorie des jeux coopératifs et non coopératifs – Application aux sciences sociales par Sylvain Béal et Yannick Gabuthy, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, collection « Ouvertures économiques », avril 2018, 391 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 26,50 €

TABLE DES MATIÈRES

I – Jeux non coopératifs à information complète

  1. Jeux statiques à information complète

1.1 Modélisation

1.2 Élimination des actions dominées

1.3 Équilibre de Nash en actions pures

1.4 Équilibre de Nash en actions mixtes

1.5 Conclusion

1.6 Exercices

1.7 QCM

1.8 Corrections

  1. Jeux dynamiques à information complète

2.1 Modélisation

2.2 Rétroduction et perfection en sous-jeux

2.3 Jeux répétés et théorèmes du folklore

2.4 Conclusion

2.5 Exercices

2.6 QCM

2.7 Corrections

II – Jeux non coopératifs à information incomplète

  1. Jeux statiques à information incomplète

3.1 Modélisation

3.2 Équilibre de Nash bayésien

3.3 Conclusion

3.4 Exercices

3.5 QCM

3.6 Corrections

  1. Jeux dynamiques à information incomplète

4.1 Modélisation

4.2 Équilibre de Nash bayésien parfait

4.3 Conclusion

4.4 Exercices

4.5 QCM

4.6 Corrections

III – Jeux coopératifs

  1. Problèmes de négociation

5.1 Modélisation

5.2 La méthode axiomatique

5.3 Situation de Nash

5.4 Autres règles d’allocation

5.5 Conclusion

5.6 Exercices

5.7 QCM

5.8 Corrections

  1. Jeux coopératifs à utilité transférable

6.1 Modélisation

6.2 Cœur

6.3 Valeur de Shapley

6.4 Autres règles d’allocation

6.5 Conclusion

6.6 Exercices

6.7 QCM

6.8 Corrections

Bibliographie

Index

 

16 05 18

« Une politique se juge par ses résultats. » (Charles Maurras)

L'avenir de l'intelligence et autres textes.jpgMartin Motte, ancien élève de l'ENS-Ulm, est agrégé et docteur en histoire, directeur d'études à l'École pratique des hautes études. Il est par ailleurs félibre, d'où sa connaissance du patrimoine littéraire provençal. Il a codirigé avec le professeur Georges-Henri Soutou (de l'Institut) Entre la vieille Europe et la seule France : Charles Maurras, la politique extérieure et la Défense nationale (Economica, 2009), est l'auteur de plusieurs articles prolongeant le livre (notamment dans le Cahier de l'Herne consacré à Maurras en 2011) et a par ailleurs étudié l'esthétique maurrassienne à l'occasion des colloques « Maurrassisme et littérature » (actes publiés en 2012 aux éditions du Septentrion) et « Charles Maurras, soixante ans après » (actes publiés en 2013 aux Éditions Tequi).

Jean-Christophe Buisson est directeur adjoint du Figaro Magazine et présentateur de l'émission Historiquement show sur la chaîne Histoire. Il est notamment l'auteur de 1917, l'année qui a changé le monde (Perrin, 2016).

Ils ont publié chez Robert Laffont, dans la célèbre collection « Bouquins », un volumineux recueil de textes de Charles Maurras (1868-1952) intitulé L'avenir de l'intelligence et autres textes donnant un bon aperçu de la pensée et de l’œuvre du journaliste, essayiste, homme politique et poète français, académicien et théoricien du nationalisme intégral dont l’aura, avant la Seconde Guerre mondiale, fut équivalente à celle de Jean-Paul Sartre dans les années qui suivirent le conflit.

Doté d’un talent littéraire incontestable et ardent polémiste, Charles Maurras dirigea le journal L'Action française, fer de lance de l'Action française, formation royaliste, nationaliste, contre-révolutionnaire et antidémocratique, qui fut le principal mouvement intellectuel et politique d'extrême droite sous la Troisième République. Sa doctrine, définie par Maurras, prônait une monarchie héréditaire, antiparlementaire et décentralisée, tout en se revendiquant antisémite, antiprotestante, antimaçonnique et xénophobe.

Avec plus de dix mille articles publiés entre 1886 et 1952, il demeure le journaliste politique et littéraire le plus prolifique de son siècle.

Maurras soutint dès 1940 le régime de Vichy et le maréchal Pétain, s'enthousiasmant pour la fin de la démocratie et de la République ainsi que pour l'instauration d'une législation antisémite et la création de la Milice. Poursuivant la publication de L'Action française sous l'occupation allemande, il y réclame notamment l'exécution des résistants qu'il dénonce comme « terroristes » et « révolutionnaires ». Arrêté à la Libération de la France, il fut condamné, pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison, à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, le 28 janvier 1945. De cette dernière condamnation découla son exclusion automatique de l'Académie française (qui attendit cependant sa mort pour procéder à son remplacement) ainsi que du Félibrige.

Son activité à la tête de son mouvement politique éclipse aujourd'hui son œuvre de littérateur bohème lié aux avant-gardes [1].

Nous recopions ici le prière d’insérer de l’ouvrage :

« L'œuvre de Maurras est aussi vaste que diverse. Outre la politique, abordée sous l'angle d'une anthropologie fondamentale (notamment dans La Politique naturelle) ou dans les commentaires au jour le jour de L'Action française, elle comprend des essais de critique littéraire et philosophique, des récits autobiographiques, des récits de voyage, des nouvelles, un roman, de la poésie...

Ce volume réunit les textes fondamentaux du directeur de L'Action française. Le choix opéré a été guidé par l'ambition de couvrir le champ le plus large possible, des textes fédéralistes de jeunesse à la somme de références que constitue Mes idées politiques (reprises presque in extenso) en passant par la réflexion sur les rapports entre littérature et politique (L'Avenir de l'intelligence, Trois Idées politiques), entre philosophie et politique (Auguste Comte), mais aussi la politique étrangère et la géopolitique, avec de larges extraits de Kiel et Tanger, et le testament politique constitué par Votre bel Aujourd'hui, dans lequel Maurras revient sur la Seconde Guerre mondiale et adapte sa pensée au contexte de la guerre froide naissante, de la dissuasion nucléaire, etc. Quant à la vingtaine d'articles de L'Action française retenue, elle couvre les moments forts de l'analyse maurrassienne et en montre tant les grandeurs (dont la dénonciation du péril nazi dès le milieu des années 1920, non seulement comme menace géopolitique, mais aussi comme aberration mentale) que les bassesses, avec les textes consternants contre les Juifs et les résistants. Des extraits du procès Maurras viennent compléter ce point.

La partie autobiographique comprend les Quatre nuits de Provence, où Maurras conte à la fois son enfance et son initiation métaphysique, la préface à Sans·la muraille des cyprès, confession d'une expérience traumatique            t qui lui inspire une leçon politique, la Confession de Denys Talon et des extraits d'Au signe de Flore, autobiographie politique où il explique la naissance de l'Action française.

On trouve aussi dans le volume des textes consacrés aux arts et à la critique d'art, des récits de voyage, des méditations sur l'évolution du paysage à l'ère industrielle, de larges extraits des Amants de Venise (livre sur l'amour romantique appréhendé à travers la liaison de Musset et de George Sand) et même un long texte sur la cuisine provençale, et enfin la monographie consacrée à Frédéric Mistral, dont il a été le maître et l'ami.

Figure aussi la majeure partie des poèmes publiés ainsi que des poèmes érotiques inédits, qui permettent d'entrevoir un tout autre Maurras que celui qui s'est imposé dans le débat public. »

Et l’avis du directeur de la collection « Bouquins » :

Rééditer Maurras ? À l'heure où paraît ce volume, la question fera probablement débat. Au nom de quels principes des livres déjà existants devraient-ils se voir interdits de nouvelle publication ? Ce serait abdiquer face à des diktats incompatibles à nos yeux avec cette liberté d'expression dont notre pays reste l'un des meilleurs symboles. Pour autant, faut-il livrer tels quels des textes d'auteurs réprouvés à juste titre pour certains de leurs engagements ? L'un des intérêts de les exhumer est précisément de pouvoir apporter aux lecteurs, en s'appuyant sur le travail des meilleurs historiens, tous les moyens de les apprécier en connaissance de cause.

Charles Maurras fut au XXsiècle une figure centrale de notre histoire nationale. Après l'avoir influencée de son vivant, ses écrits ont continué d'irriguer, de manière plus souterraine, la vie politique de notre pays, en inspirant aussi bien l'esprit monarchique de nos institutions que les choix géopolitiques de notre diplomatie. Maurras fut aussi l'un des écrivains les plus admirés de sa génération : Proust, Apollinaire ou Malraux ont salué en lui un esthète exigeant et un poète métaphysique dont l'œuvre puise aux sources gréco-latines, toscanes et provençales.

Ce sont tous ces aspects du kaléidoscope Maurras, des polémiques les plus ignobles aux méditations les plus élevées, qui sont présentés dans ce volume. »

En tout cas, voici un outil remarquable pour les historiens, les chercheurs et les politologues…

Bernard DELCORD

L'avenir de l'intelligence et autres textes par Charles Maurras, édition établie et présentée par Martin Motte, préface de Jean-Christophe Buisson, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », octobre 2015, 1280 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras

03 05 18

Pour se rajeunir les idées...

68 année rhétorique – Les meilleurs slogans de Mai 68.jpgMouvement social et culturel français ayant marqué les esprits bien au-delà des frontières de l’hexagone, Mai 68 fut aussi le printemps des slogans politiques, qu’on retrouve avec humour, choisies et commentées par Arthur Anjou, dans l’anthologie « façon Cyrano de Bergerac » intitulée 68 année rhétorique – Les meilleurs slogans de Mai 68 et publiée, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, à Paris, aux Éditions Flammarion, dans la collection « Librio ».

Un bain de jouvence…

Florilège :

« L’année 68, je la salue avec sérénité. » (Charles de Gaulle, le 31 décembre 1967.)

Légendaire

« Il est interdit d’interdire. »

Éternel

« Métro-boulot-dodo. »

Cordial

« L’aboutissement de toute pensée, c’est le pavé dans ta gueule, CRS. »

Sectaire

« Je suis marxiste, tendance Groucho. »

Ergonomique

« Aimez-vous les uns sur les autres. »

Cathodique

« Fermons la télé, ouvrons les yeux. »

Paranoïaque

« Les murs ont des oreilles, vos oreilles ont des murs. »

Barbouillé

« Arrêtez le monde, je veux descendre ! »

Lucide

« J’emmerde la société, et elle me le rend bien. »

Prophétique

« Consommez plus, vous vivrez moins. »

« La récréation est finie. » (Charles de Gaulle, rabat-joie, le 18 mai 1968.)

Fermez le ban !

Bernard DELCORD

68 année rhétorique – Les meilleurs slogans de Mai 68 choisis et commentés par Arthur Anjou, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », avril 2018, 93 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

21 04 18

« Le monde de l'édition serait tellement moins compliqué sans les auteurs. » (Dan Brown)

Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles.jpgPascal Durand est professeur ordinaire à l'Université de Liège, où il dirige le Centre d'Étude du Livre contemporain. Spécialiste de Mallarmé et de la poésie moderne, il est aussi l'auteur d'ouvrages sur l'histoire de l'édition, les rapports presse/littérature et les figures contemporaines de l'orthodoxie politico-médiatique. Tanguy Habrand est assistant au département Médias, Culture et Communication de l'Université de Liège et par ailleurs éditeur associé à la fameuse collection d’auteurs belges « Espace Nord » ; ses recherches et publications portent sur les stratégies éditoriales, les politiques du livre et l'édition indépendante.

Ils ont fait paraître aux Impressions Nouvelles à Bruxelles une monumentale Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles retraçant le parcours d’un secteur économique et culturel particulièrement vivant et créatif à travers les âges.

En voici le prière d’insérer :

« Depuis l'Histoire du livre et de l'imprimerie en Belgique publiée dans l'entre-deux-guerres par le Musée du Livre, aucun ouvrage de synthèse n'avait remis en perspective les grandes tendances de l'édition belge. L'ouvrage de Pascal Durand et Tanguy Habrand vient combler cette lacune en entrecroisant histoire de l'édition, histoire des idées et histoire des institutions de la vie littéraire et intellectuelle.

La production du livre belge de langue française correspond à un marché restreint, tributaire de logiques qui lui sont propres – avec un poids particulier des industries graphiques – tout en étant soumis à la force d'attraction exercée par l'édition française sur les genres les plus prestigieux. Quelques-uns, tels Albert Lacroix, éditeur de Victor Hugo et de Charles De Coster dans les années 1860, ou Edmond Deman, éditeur de Verhaeren et Mallarmé, ont brièvement réussi à tirer leur épingle de ce jeu déséquilibré.

Plus nombreux et significatifs sont ceux qui, de Casterman à Marabout, ont dégagé de durables ressources de créativité dans les domaines du livre religieux, de la bande dessinée, du livre pratique et du livre pour la jeunesse.

En six chapitres de longueur croissante, c'est tout un paysage de livres et d'éditeurs qui se trouve reconstruit sous les yeux du lecteur, allant des premiers imprimeurs dans les territoires qui formeront la Belgique jusqu'aux processus de concentration éditoriale actuels, en passant par les industriels de la contrefaçon, les grands éditeurs de bande dessinée et les pionniers du livre de poche francophone.

Sans oublier les maisons de taille souvent modeste qui, vouées au roman, à la poésie, au théâtre, à l'essai lettré, contribuent à la vie du livre comme vecteur de haute culture. »

Un essai où l’on retrouve des marques prestigieuses comme Casterman, Dupuis, Le Lombard, Marabout, Duculot, Desclée de Brouwer, Brepols, De Boeck, La Renaissance du Livre, le Daily-Bul… et des éditeurs novateurs ou créatifs comme Jean-Baptiste Baronian, Jacques Antoine, André De Rache, Pierre Mardaga, Marc Quaghebeur, André Versaille, Luc Pire, Bernard Gilson…

Et où l’on rappelle que Robert Denoël était belge !

Bernard DELCORD

Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles par Pascal Durand et Tanguy Habrand, postface d’Yves Winkin, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, mars 2018, 569 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 €

04 04 18

La fin d'un monde...

Qu'est-il arrivé à l'Empire romain.jpgNé en 1938, Jean-Christian Lambelet est professeur honoraire à l’Université de Lausanne où il a enseigné la macroéconomie, l’histoire économique et les méthodes quantitatives jusqu’en 2004. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres et d’environ deux cents études et articles en économie, en histoire et en science politique.

Il a fait paraître chez Slatkine à Genève un essai solidement argumenté intitulé Qu'est-il arrivé à l'Empire romain ? – Essai d'explication par un économiste dans lequel il se penche avec sagacité sur le faisceau de causes qui a provoqué la chute du plus grand État antique d’Occident.

Écoutons-le :

« De récentes données quantitatives conduisent à une nouvelle interprétation de la trajectoire de l’Empire romain, une interprétation qui fait aussi appel à des concepts analytiques modernes tels que la globalisation, le progrès technologique ou la notion de coût fixe.

Au point de départ, la supériorité militaire de Rome lui a permis d’unifier le monde antique. Une première phase d’expansion a été essentiellement prédatrice, mais elle allait céder la place à une période d’intégration économique et politique. Il en est résulté une vaste zone d’échanges économiques, une explosion du commerce à moyenne et longue distance et une forte poussée des activités économiques. La diffusion de divers procédés de production a aussi contribué à cet essor.

Ces diverses sources de croissance se sont taries dès le Ier siècle. On se serait donc attendu à ce que l’essor économique initial soit suivi par une phase de “stagnation séculaire”. Mais c’est alors que l’économie et le monde romains ont été frappés par un choc négatif soudain et brutal : la peste des années 165-185, dont l’impact a été dévastateur.

Cette pandémie allait déclencher un cercle vicieux lié en premier lieu à la sécurité extérieure. Pour faire face aux menaces pesant sur un empire hypertrophié, des forces armées de taille commensurable étaient indispensables. Les légions constituaient donc un très important “coût fixe”, lequel est devenu toujours plus lourd au fur et à mesure que la base économique de l’Empire s’affaiblissait ; avec pour résultat des finances publiques toujours plus déséquilibrées, une inflation toujours plus forte due à la monétisation des déficits, une pression fiscale toujours plus lourde et des taux d’intérêt toujours plus élevés. D’où la phase de déclin dans laquelle une contraction économique continue alliée à un système politique instable a débouché sur la disparition de l’Empire d’Occident.

D’autres explications du déclin de l’Empire, comme un empoisonnement collectif par le plomb, une poussée irrésistible des peuples “barbares” ou l’influence débilitante du christianisme, sont examinées.

La question est enfin discutée de savoir si la trajectoire de l’Empire peut comporter des enseignements pour notre propre époque. »

Et la réponse est : « Oui ! »

Bernard DELCORD

Qu'est-il arrivé à l'Empire romain ? – Essai d'explication par un économiste par Jean-Christian Lambelet, Genève, Éditions Slatkine, collection « Histoire, politique et économie internationale », février 2018, 254 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)

03 04 18

Nouveau keynésianisme…

Économie du secteur public.jpgFier d’avoir pu apporter une modeste pierre éditoriale à l’édification de ce monument, j’ai le plaisir de vous annoncer la parution aux Éditions De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve de la traduction française de la quatrième édition américaine de l’essai de Joseph Eugene Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001 [1], assisté dans sa rédaction par Jean-Dominique Lafay [2] et Jay Rosengard [3], intitulé Économie du secteur public, la bible la plus actuelle en matière de gestion de l’État en Occident.

En voici le prière d’insérer :

« Le secteur public occupe une place croissante dans les économies nationales, notamment dans les pays européens, où il dépasse parfois 50% du PIB. Pour cette raison, la science économique s'intéresse de plus en plus à la logique des décisions publiques. Comment l'État sélectionne-t-il les programmes à mettre en œuvre ? Quel rôle joue-t-il dans la société ? Est-il capable de concevoir un système de taxes à la fois efficace et équitable ? Dans le secteur public, l'idéologie et la politique peuvent facilement prendre le pas sur le rationnel, sinon sur le raisonnable.

Pour comprendre et prévoir les options retenues dans ce cadre, il a été nécessaire de construire une analyse fondée sur des bases scientifiques rigoureuses. C'est ainsi qu'a vu le jour, au cours du dernier demi-siècle, une économie publique nouvelle, au sein de laquelle l'étude des comportements politiques est devenue essentielle. Joseph Stiglitz, Jean-Dominique Lafay et Jay Rosengard mettent à profit leur expertise pour faire partager au lecteur cette problématique clé de l'économie du secteur public.

Claire et accessible, cette version française de la quatrième édition américaine s'adresse particulièrement aux étudiants en économie, de niveau licence 2 à master 2, mais aussi à l'ensemble des économistes, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à cette discipline. »

Pointons au passage les chapitres consacrés aux soins de santé aux États-Unis permettant de mieux saisir la politique yankee en la matière (systèmes de Medicare, Medicaid et Obamacare) et les débats qu’elle soulève…

Bernard DELCORD

Économie du secteur public par Joseph Eugene Stiglitz, Jean-Dominique Lafay & Jay Rosengard, révision scientifique de J.-F. Caulier, traduction française de la 4édition américaine par Françoise Nouguès, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, collection « Ouvertures économiques », mars 2018, 1 088 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 55 €

TABLE DES MATIÈRES

PARTIE I – RÔLE ET TAILLE DU SECTEUR PUBLIC

Chapitre 1 Les fonctions du secteur public

Chapitre 2 La taille du secteur public

PARTIE II – LES FONDEMENTS DE L’ÉCONOMIE DU BIEN-ÊTRE

Chapitre 3 L’efficacité du marché

Chapitre 4 Les défaillances du marché

Chapitre 5 Biens publics et biens privés fournis publiquement

Chapitre 6 Externalités et environnement

Chapitre 7 Efficacité et équité

PARTIE III – LA THÉORIE DES DÉPENSES PUBLIQUES

Chapitre 8 La production publique de biens et services

Chapitre 9 L'analyse des choix publics

PARTIE IV – LA DÉPENSE PUBLIQUE EN PRATIQUE

Chapitre 10 Les dépenses publiques : un cadre d’analyse

Chapitre 11 L’évaluation des dépenses publiques

Chapitre 12 Défense, recherche et technologie

Chapitre 13 Économie de la santé

Chapitre 14 Économie de l'éducation

Chapitre 15 Programmes de bien-être social et redistribution du revenu

Chapitre 16 L'assurance sociale

PARTIE V – THÉORIE DE LA FISCALITÉ

Chapitre 17 Introduction à la fiscalité

Chapitre 18 L'incidence fiscale

Chapitre 19 Impôt et efficacité économique

Chapitre 20 Fiscalité et optimum

Chapitre 21 La fiscalité du capital

PARTIE VI – LA FISCALITÉ EN PRATIQUE

Chapitre 22 L'impôt sur le revenu des personnes

Chapitre 23 L'impôt sur le revenu des sociétés anonymes

Chapitre 24 Manuel de l'évitement fiscal

Chapitre 25 Les réformes du système fiscal

PARTIE VII – AUTRES SUJETS IMPORTANTS

Chapitre 26 Les relations budgétaires entre les niveaux de gouvernement

Chapitre 27 Dépenses et impôts subnationaux

Chapitre 28 Déficits budgétaires et dette publique

 

[1] Joseph Eugene Stiglitz (°1943) est professeur à l'Université Columbia, après avoir enseigné aux universités de Princeton, Yale, Oxford et Stanford. Lauréat du prix Nobel d'économie 2001, il est l'auteur de centaines d'articles et de livres scientifiques, notamment de Principes d'économie moderne (De Boeck Supérieur), manuel "bestseller" destiné aux étudiants de premier cycle. Joseph Stiglitz a occupé d'importantes fonctions comme président du Council of Economic Advisers, sous la présidence de Bill Clinton, puis comme "économiste en chef" de la Banque mondiale.

[2] Jean-Dominique Lafay (°1944) est professeur émérite à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ancien directeur du Laboratoire d'économie publique, auteur de nombreux livres et articles scientifiques consacrés aux décisions publiques et aux interactions entre économie et politique. Il a exercé des fonctions administratives nationales, notamment celles de directeur scientifique pour le droit et l'économie et de vice-chancelier des universités de Paris.

[3] Jay Rosengard est lecturer (chargé de cours) à la Kennedy School de l'Université Harvard, où il enseigne les politiques publiques. Il est également directeur académique de plusieurs programmes, notamment au Mossavar-Rahmani Center (concernant le secteur financier de cette institution). Il possède une longue expérience internationale des politiques de développement (en matières monétaire, financière, budgétaire et d'administration publique).

05 03 18

Intuition

 

_thomassetie.jpgAvec une belle persévérance, Monique Thomassettie poursuit un prolifique travail d'écriture : nouvelles, textes, poèmes, journal. Ce livre Intuition est entièrement réalisé par elle-même, comme elle le signale : « Forme et fond ; inspiration / travail (écriture, peinture, dessin) ; structure ou archiecteure ; ainsi que la couverture. Et la composition / mise en page. Et l'insertion des images. Comme dans tous mes livres parus chez M.E.O. Et à Monéveil. La couverture présente est une huile de 19921 titrée « Villes promises ».

Ce tome VII contient de la poésie Ma lucide candeur ou Les Ajours de ma nuit, un Journal et l'Arc-en-ciel de mes orages, de courts textes.

Voici quelques mots trouvés dans le livre, dans les endroits poétiques) :

Les vrais poètes ne sont pas « voleurs de feu »

Le feu est en eux

 

En date du 7 juillet 2017 :

Au fond marin de mes yeux

revient un paysage

imaginaire, mais inspiré de mes voyages.

 

En septembre et titré « Musique » ces sublimes vers :

Toute enfance

est une éternité

inachevée.

 

Je vous laisse découvrir tout ce livre touffu, riche, varié, profond, poétique et sincère.

 

Jacques MERCIER

 

Inutition (Tome VII), Monique Thomassettie, 256 pp, 15cmX21cm, Edition Monéveilo, monique.thomassettie@belgacom.net (20 euros?)

 

 

 

 

 

02 03 18

Comme Albert Camus...

Un prof a changé ma vie.jpgVincent Remy est rédacteur en chef à Télérama. Il a fait paraître au Livre de poche à Paris Un prof a changé ma vie, un recueil de 21 témoignages de personnalités françaises [1] en vue qui expliquent comment un enseignant « gentil, sympa, cool ou vache au contraire » a modifié leur trajectoire pour les amener où ils sont arrivés.

Qu’il s’agisse pour l’un de tout un corps professoral ou presque, d’un professeur de lettres pour une autre, ou d’un couple d’instituteurs pour un troisième, voici une galerie de portraits touchants où l’on trouve aussi une cantatrice tchèque, un économiste sceptique, une passeuse de littérature moderne, un grand-père dandy, un professeur de sport, un vieux hussard de la République, une violoniste, une passionnée de théâtre, un tourneur-fraiseur, un karatéka, un docteur en physique et en philosophie, une prof de khâgne en mini-jupe et blouson de cuir, un arpenteur du désert, un acteur et metteur en scène, un ténor du barreau, un instituteur qui domptait la peur et même… un maître qu’on n’a pas eu !

Un inventaire à la Prévert !

Bernard DELCORD

Un prof a changé ma vie par Vincent Remy, préface de Daniel Pennac, complété d’un entretien avec Najat Vallaud-Belkacem, Paris, Le Livre de poche, septembre 2015, 235 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,60 € (prix France)

 

[1] L’économiste Érik Orsenna, l’écrivaine Danièle Sallenave, l’homme d'affaires François Pinault, la chanteuse Barbara Carlotti, le cinéaste Bruno Podalydès, l’ex-ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filipetti, le couturier Christian Lacroix, la comédienne et animatrice de radio et de télévision Sophia Aram, l’écrivain et réalisateur Philippe Claudel, l’actrice Gladys Cohen, le comédien André Dussollier, l’homme d’État Michel Rocard, la femme politique française et ancienne karatéka Chantal Jouanno, le biologiste Miroslav Radman, l’auteure Agnès Desarthe,  le journaliste, producteur, animateur et homme politique Nicolas Hulot, la comédienne et metteur en scène Muriel Mayette, l’avocat et ancien Garde des Sceaux Robert Badinter, l’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga et le philosophe Alain Finkielkraut.

02 03 18

Le bréviaire du nazisme...

Tout sur Mein kampf.jpgMein Kampf [1] d’Adolf Hitler est un ouvrage sulfureux dont on parle souvent, sans jamais – ou presque – l’avoir lu.

Il est vrai qu’il s’agit d’un épais pensum rédigé entre 1924 et 1925 dans un style des plus lourdingues où abondent les digressions dans un fatras confus d’idées (?) les plus diverses…

Commencé par son auteur pendant les neuf mois de sa détention à la prison de Landsberg à la suite du putsch manqué dit de la Brasserie à Munich dont il était le meneur [2], l'ouvrage contient des éléments autobiographiques, l'histoire des débuts du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et diverses réflexions sur la propagande ou l'art oratoire.

L'auteur expose, dans un style empreint de haine, la « conception du monde » du national-socialisme, avec ses composantes hégémoniques, belliqueuses, mais aussi racistes et ouvertement antisémites, mêlée d'irrédentisme, d'ultranationalisme et de revanchisme [3].

Alors que ce minable brûlot est entré dans le domaine public le 1er janvier 2016 et que sa parution suscite de vives polémiques, dans Tout sur Mein Kampf (Paris, Éditions Perrin), l’historien français Claude Quétel (°1939) [4] pose dix questions cardinales sur la genèse et le contenu du livre, son impact réel sur l'Allemagne du IIIe Reich, son accueil ailleurs dans le monde, notamment dans la France des années 1930 ainsi qu’à propos de ses conséquences sur le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Avec rigueur et pédagogie, l'historien livre ici les résultats de son enquête, dans un exposé d’une parfaite clarté et d’une très grande précision.

Un décryptage passionnant !

Bernard DELCORD

Tout sur Mein Kampf par Claude Quétel, Paris, Éditions Perrin, janvier 2017, 277 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

Sommaire :

Qui était Hitler avant Mein Kampf ?

Comment Mein Kampf est-il ne ?

Que dit Mein Kampf ?

Mein Kampf annonce-t-il les crimes à venir du IIIReich ?

Mein Kampf est-il le seul livre de Hitler ?

Quelle a été la diffusion de Mein Kampf en Allemagne ?

La France a-t-elle ignore Mein Kampf ?

Quels autres pays ont publié Mein Kampf ?

Mein Kampf a-t-il été évoqué au cours du procès de Nuremberg ?

Qu'est devenu Mein Kampf jusqu'à nos jours ? 

 

[1] « Mon combat », dont la traduction française a paru aux Nouvelles Éditions latines à Paris en 1934.

[2] Il eut lieu principalement à la Bürgerbräukeller dans la soirée du 8 novembre 1923 avec la participation, entre autres, d’Hermann Göring, Ernst Röhm, Rudolf Hess, Heinrich Himmler et Julius Streicher.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mein_Kampf

[4] Directeur de recherche au CNRS (section Histoire moderne et contemporaine), Claude Quétel s’est spécialisé, entre autres, dans l’histoire de la psychiatrie, la psychohistoire et la recherche iconographique. Entre 1992 et 2005, il a été directeur scientifique du Mémorial de Caen. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nouvelle histoire de la psychiatrie (Privat, 1983, codirection et corédaction ; réédité chez Dunod en 1994 et 2009), le Larousse de la Seconde Guerre mondiale (direction et corédaction, 2004), Dictionnaire de la Guerre froide (direction et corédaction, Larousse, 2008), Images de la folie (Gallimard, 2010), Le Débarquement pour les Nuls (First, 2014), L'effrayant docteur Petiot - fou ou coupable ? (Perrin, 2014 - prix Marianne 2015), La Seconde Guerre mondiale (Perrin, 2015).

28 02 18

Survivor...

J'ai vu la mort en face.jpgVient de paraître aux Éditions du Rocher à Monaco, sous le titre J’ai vu la mort en face, le témoignage bouleversant d’un rescapé de l’attentat fomenté par des terroristes de l’État islamique à l’aéroport de Bruxelles en 2016.

Voici l’excellente présentation de l’éditeur :

« Walter Benjamin est sur le point d’embarquer quand un kamikaze se fait exploser à quelques mètres de lui. Violemment projeté en arrière, il découvre hébété qu’il a perdu une jambe. Nous sommes le 22 mars 2016, il est 7 h 58 à l'aéroport de Bruxelles. Autour de lui, des corps brûlés, un homme décapité. Une scène apocalyptique. Il est amené à l’hôpital dans un état critique – il a perdu énormément de sang –, mais les médecins parviendront tout de même à le sauver.

Débute alors le récit d’une reconstruction, les longs mois d'hospitalisation, les opérations, la rééducation. Cet homme de 49 ans, à la tête d'une agence matrimoniale, doit alors mener un combat quotidien contre ses angoisses, ses idées noires, réapprendre à vivre dans ce nouveau corps, s’autoriser à aimer aussi. Walter ne lâche rien, sa force, il la puise dans l'amour de sa fille. S’il éprouve de la colère, ce n’est qu’envers les politiques pour leur négligence face à la montée du terrorisme, tandis qu’il appelle à la bienveillance envers la communauté musulmane qui ne doit pas être englobée dans ce fanatisme religieux.

Aujourd’hui, Walter Benjamin –qui se rendait en Israël ce jour-là pour voir sa fille –a noué une amitié très forte avec son sauveur Hassan, un musulman.

En quête de réponses, il est parti à la rencontre des jeunes de Molenbeek, pour comprendre qui ils sont. Et il se rend régulièrement dans le service où il a été soigné pour insuffler aux patients gravement handicapés l’espoir et l’envie de se battre. »

Une magnifique leçon de courage et de vie !

Bernard DELCORD

J'ai vu la mort en face – Une vie après l’attentat par Walter Benjamin, Monaco, Éditions du Rocher, collection « Témoignage », mars 2018, 240 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 20,3 cm sous couverture brochée en couleurs, 16,90 € (prix France)