15 03 16

Chroniques passionnantes

_crickillon.jpgUne des spécialités littéraires de notre pays est l'imaginaire. Elle se décline sous une série de formes intéressantes, comme le fantastique, la science-fiction ou le heroic fantasy. Jacques Crickillon a eu l'excellente idée de tenir entre 1988 et 2013 des chroniques à ce sujet. L'édition Samsa et l'Académie royale de langue et de littérature françaises éditent ces chroniques sous le titre de « Compagnons d'aventure ».

Arnaud de la Croix dans l'introduction resitue le propos : « Un quart de siècle au rythme d'une chronique bimestrielle dans la revue Lectures, destinée en priorité aux bibliothécaires de la Communauté française de Belgique, le romancier et poète Jacques Crickillon, dont l’œuvre a été consacrée par différents prix, parmi lesquels le prestigieux Prix Rossel en 1980, s'est attaché à recenser et critiquer les parutions nouvelles dans plusieurs domaines de la littérature dite de genre. » Plus loin : « Son jugement est sans appel. A l'aube du XXIe siècle, il indique par exemple « le caractère prophétique de la SF de haut niveau ». Et de préciser, que l'auteur stigmatise avec un singulier et salutaire franc-parler : "Ce genre méprisé par les peigne-culs de la pseudo-culture véhicule depuis plus d'un demi-siècle les seules interrogations qui comptent, celles de la morale et de la métaphysique : Qui suis-je ? Et qu'est-ce qu'un humain ? »

Jacques Crickillon dans sa préface écrit des choses magnifiques, par exemple : « Sans l'imagination, l'écrivain n'est qu'une fourmi laborieuse. »

Il nous embarque ensuite dans un incroyable état des lieux. Il met en avant ses découvertes et ses avis, nous fait découvrir et redécouvrir.

Voici le début de sa première chronique en 1988 : « Et si l'on parlait des livres dont on en parle jamais ? Cette littérature d'aventure, classée paralittérature en francophonie, comme si de raconter n'était pas le propos du roman, comme si un bon romancier devait être avant tout philosophe et moraliste ! Si Jean Ray avait écrit en anglais, il serait considéré comme un classique aux côtés de Stevenson et de Fenimore Cooper.(...) Ces derniers temps, bien des livres d'aventure m'ont séduit et j'ai la faiblesse d'aimer faire partager mes découvertes. » Le style et le ton de Crickillon sont originaux : « Lisez et relisez d'abord Le Seigneur des anneaux. Lecture lente, attentive. Ça n'est pas du surgelé, que diable ! Lecture qui réclame l'environnement de la nature sauvage... »

Quelques endroit picorés dans ce merveilleux livre de découvertes. Il parle de Sternberg : « Dans les Contes à régler, on retrouve l'humour noir, le froid ricanement, la déception cachée sous le sarcasme de celui qui, dans Les Pensées, écrivait : « Il n'est pas nécessaire de réussir pour désespérer. » ou « Il y a deux sortes de ruminants : les bovidés qui ruminent de l'herbe et les humains qui ruminent du verbe ».

Plus loin, il fustige la Francophonie qui a dédaigné des écrivains comme Lewis Carroll « rejeté jusqu'il y a peu au rayon des petites histoires pour mouflets » ou Paul Féval « utilisé comme réserve à navets cinématographiques » ou enfin l'Italien Collodi « totalement effacé par son enfant de bois Pinocchio, avec même son œuvre édulcorée par Walt Disney et qui a été totalement purgée de sa pensée anarchisante ».

En 1993, Jacques Crickillon parle du Liégeois Alain Dartevelle : « Comme il arrive le plus souvent à nos écrivains de talent, Dartevelle traite son genre littéraire d'élection avec la liberté d'invention qui fleurit, vénéneuse et pulsante, dans notre marge nordique de la francophonie ».

L'auteur nous donne à aimer ces genres marginalisés, nous les explique, nous les définit. Il évoque Thomas Owen, Jean Muno, et au passage la collection dont je fus un temps le directeur littéraire « Les Maîtres de l'Imaginaire », ce qui me vaut d'être cité dans l'index avec mes années de naissance... et de mort en 2008 (Erreur sans doute par rapport à mon départ de la RTBF cette année-là... J'en souris, car c'est une première et forcément ça arrivera... avec une autre année!).

Encore, pour conclure, ce paragraphe génial : « Notre monde est-il à ce point insupportable (comme s'exclamait Joris-Karl Huysmans quand il avait égaré ses pantoufles) que depuis ses origines l'Humanité ne cesse d'en imaginer d'autres, sur Terre ou dans un improbable ailleurs ? C’est que la mort guette, que la perfection n'est pas de ce monde. Alors, rêvons ! »

 

Jacques Mercier

 

Compagnons d'aventure (Chroniques de Science-fiction, fantasy et fantastique (1988-2013), Jacques Crickillon, Éditions Samsa, Bruxelles. 280 pp. 22 euros.

 

20 03 13

Une fresque fantastique et magnifique !

 

d_un-certain_fevrier.jpgEnfin ! Avec quelle impatience nous attendions l'écrivain(e) qui poursuivrait cette merveilleuse lignée des « Maîtres de l'Imaginaire » ! Nancy Vilbajo non seulement s'inscrit dans ce réalisme poétique, qu'illustrent bien des auteurs (Jean Ray, Thomas Owen, Jean-Baptiste Baronian, Jean Muno, André-Marcel Adamek, pour ne citer qu'eux), mais elle rejoint aussi le cercle fermé du « Fantastique féminin », qualifié par Anne Richter, fine analyste, d'art sauvage !

 

« Tout ce dont je suis sûr » dit un des personnages « c'est que parfois, il faut accepter de traverser cet impossible univers, celui qui n'est pas soumis aux servitudes du début et de la fin ».

 

C'est une fresque magnifique qui commence avant l'humanité et qui se poursuit dans l'épopée d'une ville, jamais nommée – il n'en est nul besoin, vous la connaissez ! -, mais qui est révélée ici dans toute sa beauté, son histoire, sa violence et son mystère, ses amours, ses traditions, son architecture et sa musique. « Nous sommes tous à la recherche d'un endroit, qui pour y bâtir son foyer, qui pour s'y recueillir, qui pour y mourir » dit d'emblée l'auteure. Mais la ville de ce livre « D'un certain février » est vivante, les veines gonflées du sang de la musique...

Une superbe phrase décrit ce rapport ville-musique-histoire... : « A chaque fois, c'était pareil, elle avait l'impression que ses racines lui sortaient des jambes et l'envoyaient puiser toutes ses forces dans une mystérieuse mémoire collective ».

 

Nous suivons ainsi l'histoire des personnages, des « élus » liés au-delà des générations et qui nous emmènent dans un fantastique flamboyant, poétique, lyrique, dont on peut difficilement se détacher une fois la lecture entamée. Et je vous rassure déjà : la finale est grandiose !

Les récits de Nancy Vilbajo nous font entrer dans une multitude d'émotions palpables par le miracle de ses mots et de son style : la peur, par exemple, comme dans « La nuit des goules », où le naturel des dialogues contraste avec l'effroi.

La mort est aussi un des sujets principaux du livre. « La mort nous fascine alors que nous habitons un monde qui ne tourne que pour ce qui vit », observe l'auteure. Ou ailleurs cette si juste ntotation : « Une nuit sans rêve c'est l'apéritif de la mort ».

La mort et son corollaire la guerre : « Sans prévoir, la guerre se dénuda sous mes yeux. Comme elle était laide sans son masque de bravoure ! »

Mais dans ce tableau de la vie et de la mort, on trouve aussi l'enfance et ses « contes de fée », la nature et ses jardins, le sourire de l'humour et les secrets. Le secret ! On trouve aussi comme nom propre d'un personnage « Secret ». Mais secret est un mot magique, qui parcourt comme une vibration invisible toute la lecture.

 

C'est un livre original, qui comporte par exemple en son sein une courte nouvelle de Gérard Prévot, sans doute un des plus grands et des plus méconnus Maîtres de l'Imaginaire belge, un de nos grands auteurs fantastiques. Ce n'est pas un hasard puisqu'il est né dans cette même ville. Avec quel talent Nancy Vilbajo parvient à l'intégrer dans sa propre odyssée !

 

N'en doutez pas, nous sommes ici en présence d'une grande écrivaine et d'un grand livre ! Un de ceux qu'appelait de ses vœux Friedrich Nietzsche dans « Le gai savoir » : « Qu'importe un livre qui ne sait même pas nous transporter au-delà de tous les livres ? » Ou comme ceux définis par Jean d'Ormesson dans « C'est une chose étrange à la fin que le monde » : « Les bons livres sont ceux qui changent un peu leurs lecteurs. » Croyez-moi, vous ne serez plus les mêmes après avoir lu cet ouvrage aux résonnances infinies, comme l'écho des tambours...

 

Jacques Mercier

"D"un certain février". Nancy Vilbajo. Editions Murmures des soirs. Collection "Fantastique", 20X15. broché. 338p. 20 euros. 

           

 

02 04 12

C'est dans la poche ! : Faim du monde !

wwz.jpgCe que dit la quatrième de couv’ : La guerre des zombies a eu lieu, manquant d'éradiquer l'humanité. Le narrateur, en mission pour l'ONU, a parcouru le monde pour rencontrer, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planète, les survivants de ces années apocalyptiques. Le mythe des morts vivants revisité sous l'angle de la critique sociale et politique.

 

Les morts-vivants sont en passe de devenir les nouvelles coqueluches du petit monde de l’imaginaire (encore que, moins sexy que les vampires, ils risquent tout de même d’être moins excitants pour les hordes d’adolescentes à peine pubères…) et il est donc de bon aloi de revenir sur un des premiers romans de la « nouvelle vague » à prendre le phénomène à bras-le-corps. Max Brooks, déjà auteur d’un Guide de Survie en Territoire Zombie, laisse ici tomber le ton humoristique pour entreprendre ce qui peut être vu comme un récit « historique/uchronique », une collection de témoignages recueillis après que notre planète ai survécu à une invasion de morts-vivants. Ici, l’important n’est donc pas le « pourquoi » derrière l’épidémie, mais bien le « comment ». Comment les militaires, les gouvernements, des grandes compagnies multinationales, les citoyens, les chefs religieux, ont-ils réagit à ce soudain bouleversements. Dans la plus pure tradition du fantastique, les zombies de Max Brooks sont avant tout un miroir, une surface réfléchissante où nos peurs, nos réflexes, nos aveuglements, se reflètent. De la foi aveugle des militaires en la technologie, au cynisme horriblement moderne d’un roi du marketing, en passant par l’aventure étrangement poétique d’une femme pilote de chasse, les témoignages se suivent et tissent un paysage passionnant, fait d’émotions, d’actions, d’horreur et d’espoir. Au final, on regrette juste que la forme choisie empêche toute structure narrative « évidente », ce qui donne aux derniers chapitres du livre un côté inachevé… à la fois logique, puisque le monde se trouve alors en pleine reconstruction, mais un peu frustrant pour le lecteur happé dans ce tourbillon terriblement réaliste.

N.B. : Les droits du roman on été acheté par Brad Pitt, et le film devrait être sur les écrans en Juillet 2013.

 

World War Z, de Max Brooks, au Livre de Poche. 544 p.  

Dr Corthouts

18 03 12

Mystérieuse "Claire de lune" !

Claire de lune.jpgComment ne pas être heureux de l'arrivée d'une nouvelle écrivaine dans cette façon d'écrire qui est tellement proche de nous, de notre patrimoine : l'imaginaire ! Valérie Narval aurait eu sa place dans la défunte et regrettée collection "les Maîtres de l'Imaginaire" aux côtés de Dartevelle, Owen, Muno ou Ray ! Nous sommes un pays d'écrivains marginaux aussi, dans la BD, dans la poésie, dans le fantastique (N'est-ce pas, Christophe Corthouts ?)... Quel plaisir de suivre l'histoire de Clara et d'Alex, une histoire d'aujourd'hui, où l'on "chatte" aussi ! "L'amour s'insinue, fait mal, d'un mal dont Alex ne peut bientôt plus de passer !". Ce roman fantastique est aussi tourné vers la jeunesse, car ce texte les concerne. Et l'auteur, dans la vie comme dans son livre, est une excellente communicatrice. J'aime quand soudain on avance en zone brumeuse : "... J'ai reçu ce pendentif de ma mère, il n'y pas si longtemps que ça. Il est dans la famille depuis plusieurs générations. Même s'il n'est pas très beau, il revêt à mes yeux, une grande valeur sentimentale. Il paraît que son apparence varie en fonction de celui ou de celle qui le porte..." J'adore ces phrases-là qui ouvre soudain l'imaginaire, tous les possibles... Les mots, les situations jouent de l'imagination et chez nous, habitués durant longtemps à rêver ce que nous n'avons pas, c'est comme si nous retrouvions de très anciennes racines encore plantées dans notre cerveau ! Bienvenue Valérie Narval !

Jacques MERCIER

"Claire de lune", roman, par Valérie Narval, éditions Dricot. 2012, 382 pages, couverture malikartgraphik, 23 euros.

12 01 12

Le mélange du réel et de l'imaginaire !

Dartelevelle narconews.jpgAvec quel bonheur, j'avais eu l'occasion au début des années 2000 de publier dans la collection "Les Maîtres de l'Imaginaire", et dont j'étais le directeur littéraire, des textes d'Alain Dartevelle ! C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine de mes deux romans différents "L'Année 13" et "Mortes Maisons", rééditées en numérique depuis quelques semaines. Alain Dartevelle est un auteur mutliple. Son premier roman "Script" fut publié chez Denoël dans la collection "Présences du futur" et le suivant "Imago" chez J'ai Lu ! De sérieux références pour un début de carrière littéraire de cet "homme de la poste", où il fit sa carrière ! Les questions que posent les nouvelles de ce nouveau recueil sont actuelles et à peine cachées ! Comment donc a fini cet Etat Belgica dont le sort se décide en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Parodie évidemment, mais aussi érotisme et fantastique se partagent les sentiments de lecture. A sa manière, chacun de ces récits fait un mélange des genres un mode d'élucidation de ce monde qu'on dit réel.Un extrait pour vous mettre en appétit : "Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions  éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette."

Jacques MERCIER

 Narconews, et autres mauvaises nouvelles du monde, Editions Murmure des soirs, 2011, couv. impr., bande-titre, 87 p. Prix : 14,00 € www.murmuredessoirs.com

12 12 10

Manitou… est dit ?

9782352944355FS.gifAu même instant, des milliers d Américains perdent la vue. Les avions s'abattent, d'innombrables carambolages se produisent, les communications ne fonctionnent plus. La civilisation américaine est ramenée deux cents ans en arrière du jour au lendemain. Misquamacus, le chaman indien, est revenu à la vie pour exercer une ultime vengeance destructrice sur l'homme blanc qui a massacré son peuple. Mais une fois
encore, Harry Erskine est bien décidé à l'en empêcher.

32 ans ! Oui, déjà 32 ans que Manitou, le premier roman de Graham Masterton débarquait dans les librairies françaises. A cette époque, le 
flammes de l’horreur entretenues par le succès de Stephen King, dévore les habitudes de lecture des amateurs de fantastique. L’histoire de Misquamacus, l’homme médecine revenu d’entre les morts pour venger les massacres des Native Americans frappe alors l’imaginaire des lecteurs.

Et le personnage d’Harry Erskine, faux diseur de bonne aventure / vrai héros, entre au panthéon des figures notoire de la littérature populaire.

Depuis, bien des lunes se sont couchées sur les plaines et Graham Masterton n’a jamais cessé d’explorer les légendaires les plus divers, dans un savant mélange de terreur, de sexe, de sang et de fantastique.


Non sans revenir, de temps à autre, sur la destinée de Misquamacus et son indécrottable nemesis, le sieur Erskine. D’où ce cinquième affrontement, qui prend, dans les premières pages du roman, des airs de véritable apocalypse. Il faut dire que l’homme médecine n’y va pas avec le dos de la cuillère, puisqu’il rend aveugle une bonne partie de la population américaine, provoquant une série impressionnante de catastrophes. Des catastrophes que Masterton entreprend de nous compter au travers d’une narration éclatée, où ce bon vieux Harry Erskine n’est qu’un personnage parmi d’autre. Si l’on peut comprendre le besoin, pour l’auteur, de s’éloigner d’une formule trop utilisée, celle du point de
vue unique, on regrettera tout de même d’assister à un festival pyrotechnique réglés par un artificier qui connait son métier… mais qui semble en mode « pilotage automatique ». Cette nouvelle tentative de vengeance du pauvre Misquamacus prend du coup des allures de « suite » hollywoodienne : plus longue, plus violente, plus spectaculaire… mais pas forcément plus passionnante, ni plus épique.

Dr Corthouts

Peur Aveugle,  Graham Masterton,  Editions Bragelonne, octobre 2010, 385P., 20€00.

30 03 10

Apparition : une nouvelle séquelle de Twilight

JACKET_3La seconde et brève vie de Bree Tanner, le nouveau roman de Stephenie Meyer, l'auteure de TWILIGHT, paraîtra en français le 5 juin prochain. Un événement qui sera encore une fois très médiatisé au regard des 85 millions d'exemplaires de la saga vendus dans le monde.
Le roman raconte l'histoire de Bree, un des personnages qui apparaît dans Hésitation dont l'adaptation cinématographique sera en salles le 7 juillet prochain.
Le roman raconte le périple de l’armée de jeunes vampires que Victoria forme pour accomplir sa vengeance, et la préparation à l’affrontement avec Bella Swan et les Cullen.
Je suis aussi surprise que tout le monde par ce roman a déclaré Stephenie Meyer. Lorsque j’ai commencé à travailler dessus en 2005, c’était un simple exercice pour m’aider à approcher un autre aspect de HESITATION, que j’étais alors en train de réviser. Je pensais alors que cela pourrait donner lieu à une nouvelle que je mettrais ensuite sur mon site. Puis, lorsque nous avons commencé à travailler sur "Le guide officiel de la saga Twilight", j’ai pensé que ce texte pourrait y être inséré. Finalement, l’histoire s’est développée plus que je ne l’escomptais, et le récit a pris trop d’ampleur pour être inclus dans le guide.

La seconde et brève vie de Bree Tanner
, Stephenie Meyer, Hachette, à paraître en juin 2010.

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19 09 09

Bon sang ne saurait mentir

DEL TOROOh, que voilà un exercice difficile. Offrir au vaste monde de la littérature de l’imaginaire une relecture un tant soit peu originale du mythe du vampire. En ces temps où la tendance est davantage aux déclinaisons adolescentes et aux amourettes interdites entre suceurs de sang et jeune lycéenne complexée, Guillermo Del Toro (monsieur Labyrinthe de Pan, Hellboy et autre Echine du Diable, bientôt réalisateur du Hobbit sous le haut parrainage de Peter Jackson) et Chuck Hogan (jeune valeur montante du thriller) empruntent les cheminsexcitants d’une aventure scientifique rythmée comme un tube de hard-rock.
Un avion en rade en bout de piste, du côté de l’aéroport de JFK, despassagers frappés par un prédateur/virus inconnu… Il n’en faut pas pluspour alerter le Dr. Eph Goodweather et son équipe de spécialistes des menaces virales. Dans le même temps, Abraham Setrakian, survivant des camps d’extermination nazi et chasseur de vampires devine l’arrivée d’un vieil ennemi sur le sol américain.
Classique ? C’est sans compter la richesse de la mythologie que Del Toroinsuffle au cœur d’un récit qui laisse le lecteur à bout de souffle ! Avec un sens aigu de la mise en scène, du suspense, La Lignée jette lesbases d’une trilogie qui devrait faire date dans le petit univers de la littérature de genre. Les images évoquées par Chuck Hogan s’impriment dans les esprits et les relents d’Apocalypse qui flottent sur le fin du récit annoncent une suite de la meilleure eau.
La Lignée, ou l’association géniale entre l’imaginaire d’un metteur enscène visionnaire et la plume acérée d’un auteur en pleine possession deson art.
Vite, la suite !
Dr Corthouts

La lignée, Guillermo Del Toro et Chuck Hogan, Presses de la Cité, septembre 2009, 444p., 21€50.

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29 06 09

Chaaaaarrrrgggeeezzzzz !!!!

FORSTCHENLa littérature populaire américaine possède une tradition de « romans de guerre » qui prend sa source dans les divers conflits qui ont touché cette « jeune » nation. Fascination pour les faits d’armes, descriptions quasi chirurgicales des batailles les plus obscures, ou encore respect scrupuleux de l’organisation très codifiée des corps armés, les auteurs qui surfent sur cette vague connaissent les « ficelles » etl’attachement de leurs fans pour le détail… C’est donc avec une certaine méfiance que j’entrais dans ce Ralliement qui compte les aventures d’un bataillon de Yankees, précipité dans un monde parallèle au sortir d’une rude campagne de la Guerre de Sécession. Allais-je apprendre la longueur exacte des mousquets de l’époque ? Le poids, au gramme près, des dix sept chevaux ayant servis à hâler la pièce d’artillerie principale du siège de Walnut Groove ? Devoir m’extasier sur lesvictoires manichéennes d’un groupe de soldat à la mâchoire carrée ?
Heureusement non !
Les influences de William R.Forstchen sont évidentes dès les premiers chapitres : Le Monde du Fleuve de P. J. Farmer, Une Princesse de Mars de Burrough, une pincée de Moorcock… Le tout saupoudré de réflexions pertinentes sur le pouvoir, la religion, la politique et la morale. Saga épique qui s’étend sur plusieurs volumes (quatre sont déjà annoncés chez Bragelonne/Milady, mais huit bouquins existent en version originale), les aventures de ce Régiment Perdu aux confins d’un univers où se mêlent hommes venus de Russie médiévale, Mayas ou encore géants dévoreurs de chaire humaine ravivent avec bonheur les souvenirs des grandes aventures populaires… dénuées de toute pédanterie. Nerveux sans être hystérique, relevé sans pour autant se complaire dans la vulgarité ou les effetsfaciles, les exploits d’Andrew Keane et sa troupe de Tuniques Bleues allient avec maitrise le divertissement et juste ce qu’il faut de réflexion.
Que demander de plus ?
Dr Corthouts

Regiment Perdu T2 - Rassemblement, de William R. Forstchen, Milady, juillet 2009, 8€00.

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08 05 09

The eagle will rise again

GENEFORTDe grands bouleversements s'annoncent pour les seigneurs comme pour les hordes. Les augures deviennent folles, les rumeurs d'apocalypse se propagent tandis que les incursions de démons se multiplient. Dans le chaos qui se précise, la horde du Serpent tente de survivre sans le bras-démon qui assurait naguère à son capitaine Audric une forceinvincible. Désormais, c'est Marween qui mène le jeu: à la tête de la horde de l'Aigle, il est le fer de lance d'une conquête implacable pour le compte du duc Coresh. Mais à quel jeu joue Solenn, la Prime Augure? Pourquoi aide-t-elle Coresh à éradiquer les seigneurs concurrents, alors que cela risque de livrer l'humanité tout entière aux démons ? Reste-t-il un avenir pour les deux mondes?
Laurent Genefort possède une place toute particulière au panthéon de ma passion de la lecture. En effet, si ma mémoire est bonne, c’est avec Laurent que j’ai réalisé ma toute première interview d’un auteur « connu », publié à l’époque au Fleuve Noir (dans sa version poche), à la table d’un café parisien ! Souvenir aussi d’avoir préparé cette rencontre avec délectation, en lisant tous les romans du bonhomme parus à cette époqueet en redécouvrant du même coup le plaisir d’une SF populaire, pleine d’action, de mondes originaux mais pas envahissant et d’images ultra-cinématographiques.
Ensuite, le temps passant, la vague de la « nouvelle SF française » prenant peu à peu de l’ampleur, j’ai continué à suivre les aventures de Laurent … sans jamais pourtant retrouver ce souffle « populaire » des premiers essais. Omale prenait des allures de grande fresque SF trop contemplative à mes yeux… Et seul finalement ses excellents romans pour la jeunesse conservaient de cette saveur « insouciante » presque quicaractérise la SF divertissante à mes yeux.
J’abordais donc le premier volume de la Horde, L’Ascension du Serpent, avec l’esprit ouvert mais la peur de me heurter à nouveau à une fantasy trop « sérieuse ». Et quel plaisir de m’être trompé ! Violent, épique, passionnant, résonnant davantage des échos de la terreur à la Masterton que des envolées bucoliques d’un Tolkien, ce premier volume tenait toutes les promesses de sa magnifique couverture.
Avec « Le Vol de l’Aigle », Laurent Genefort allait-il réussir la passe de deux ? Si vous ne désirez pas lire plus loin, j’annonce la couleur : oui ! Progression logique d’un second opus qui s’enfonce davantage dans la noirceur (un classique dans la bonne vieille mécanique des trilogies…), ce Vol de l’Aigle s’attache au destin d’Marween, jeune guerrier dont l’accession au pouvoir est la résultat d’une quête sanguinaire, d’une poussée adolescente de testostérone et d’une fascination pour ces démons qui vivent juste là, à côté, dans une dimension si proche. Toujours soucieux de mêler aventure épique etévasion, Genefort développe ici son bestiaire et son habituelle fascination pour les décors organiques, tout en ne perdant pas de vue une seule seconde qu’il raconte une histoire et qu’il convient, dans la veine populaire de ses débuts de tenir le lecteur « sur le bord de sonsiège » afin de lui offrir divertissement, tout autant que réflexion sur le pouvoir, l’amour et la corruption.
Ce second volume refermé, on se réjouit déjà de retrouver, en fin d’année, la conclusion d’une trilogie qui résume très bien la philosophie qui anime les éditions Bragelonne : qualité, action et divertissement !
Dr Corthouts

Le Vol de l’Aigle, Les Hordes, Tome2, Laurent Genefort, éd. Bragelonne, 2008, 327p., 20€00

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