21 04 18

« Le monde de l'édition serait tellement moins compliqué sans les auteurs. » (Dan Brown)

Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles.jpgPascal Durand est professeur ordinaire à l'Université de Liège, où il dirige le Centre d'Étude du Livre contemporain. Spécialiste de Mallarmé et de la poésie moderne, il est aussi l'auteur d'ouvrages sur l'histoire de l'édition, les rapports presse/littérature et les figures contemporaines de l'orthodoxie politico-médiatique. Tanguy Habrand est assistant au département Médias, Culture et Communication de l'Université de Liège et par ailleurs éditeur associé à la fameuse collection d’auteurs belges « Espace Nord » ; ses recherches et publications portent sur les stratégies éditoriales, les politiques du livre et l'édition indépendante.

Ils ont fait paraître aux Impressions Nouvelles à Bruxelles une monumentale Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles retraçant le parcours d’un secteur économique et culturel particulièrement vivant et créatif à travers les âges.

En voici le prière d’insérer :

« Depuis l'Histoire du livre et de l'imprimerie en Belgique publiée dans l'entre-deux-guerres par le Musée du Livre, aucun ouvrage de synthèse n'avait remis en perspective les grandes tendances de l'édition belge. L'ouvrage de Pascal Durand et Tanguy Habrand vient combler cette lacune en entrecroisant histoire de l'édition, histoire des idées et histoire des institutions de la vie littéraire et intellectuelle.

La production du livre belge de langue française correspond à un marché restreint, tributaire de logiques qui lui sont propres – avec un poids particulier des industries graphiques – tout en étant soumis à la force d'attraction exercée par l'édition française sur les genres les plus prestigieux. Quelques-uns, tels Albert Lacroix, éditeur de Victor Hugo et de Charles De Coster dans les années 1860, ou Edmond Deman, éditeur de Verhaeren et Mallarmé, ont brièvement réussi à tirer leur épingle de ce jeu déséquilibré.

Plus nombreux et significatifs sont ceux qui, de Casterman à Marabout, ont dégagé de durables ressources de créativité dans les domaines du livre religieux, de la bande dessinée, du livre pratique et du livre pour la jeunesse.

En six chapitres de longueur croissante, c'est tout un paysage de livres et d'éditeurs qui se trouve reconstruit sous les yeux du lecteur, allant des premiers imprimeurs dans les territoires qui formeront la Belgique jusqu'aux processus de concentration éditoriale actuels, en passant par les industriels de la contrefaçon, les grands éditeurs de bande dessinée et les pionniers du livre de poche francophone.

Sans oublier les maisons de taille souvent modeste qui, vouées au roman, à la poésie, au théâtre, à l'essai lettré, contribuent à la vie du livre comme vecteur de haute culture. »

Un essai où l’on retrouve des marques prestigieuses comme Casterman, Dupuis, Le Lombard, Marabout, Duculot, Desclée de Brouwer, Brepols, De Boeck, La Renaissance du Livre, le Daily-Bul… et des éditeurs novateurs ou créatifs comme Jean-Baptiste Baronian, Jacques Antoine, André De Rache, Pierre Mardaga, Marc Quaghebeur, André Versaille, Luc Pire, Bernard Gilson…

Et où l’on rappelle que Robert Denoël était belge !

Bernard DELCORD

Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles par Pascal Durand et Tanguy Habrand, postface d’Yves Winkin, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, mars 2018, 569 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 €

18 04 18

ZAD royale...

Le Hameau de la Reine.jpgEn 1774, Louis XVI (1754-1793) offrait le Petit Trianon à Marie-Antoinette (1755-1793) désireuse de disposer d'un lieu pour échapper à l'étiquette rigide et contraignante de la Cour.

La jeune reine va passionnément aimer ce domaine, bientôt prolongé d'un jardin anglo-chinois à l'opposé de la splendeur géométrique des jardins de Versailles. En 1782, elle y ajoute un nouveau jardin qui abrite, autour d'un étang, des chaumières à colombages formant un véritable village aux façades rustiques.

Il s’agit du Hameau de la Reine, construit entre 1783 et 1787, sur une idée du peintre Hubert Robert (1733-1808), puis réalisé et décoré par l’architecte Richard Mique (1728-1794). Il comprend à l’origine une douzaine de maisons à l’apparence extérieure pittoresque et champêtre en contraste avec un décor intérieur sophistiqué.

Quatre maisons sont réservées à l’usage de la Reine et de ses invités : la Maison de la Reine, le Boudoir, le Moulin et la Laiterie de Propreté, les autres étant dévolues à l’occupation paysanne ou au service.

Le Hameau comprend en outre une ferme et son fermier chargé de l'exploitation, gérant le bétail, les cultures, le moulin et la laiterie.

Non loin de là, la reine fit ériger le théâtre de Trianon dont la finalité était double : il devait offrir un cadre satisfaisant pour accueillir les spectacles commandés aux artistes de l’Académie royale de musique et donc être doté d’un dispositif scénique convenable, mais il devait aussi permettre à la souveraine de satisfaire son goût pour le théâtre de société et lui procurer un moyen commode de jouer la comédie avec son entourage quand bon lui semblerait.

Longtemps abandonné, considéré, à tort, comme une excentricité de Marie-Antoinette qui y avait vécu des moments heureux, mais aussi des heures dramatiques, le Hameau revit aujourd’hui peu à peu.

Hameau de la Reine.jpg

Le Hameau de la Reine

© Château de Versailles

Le programme de restauration actuellement engagé porte à la fois sur un assainissement des ouvrages et une restauration complète des structures maçonnées, des charpentes et des couvertures. Les structures sont consolidées pour permettre des visites guidées ; les sols, menuiseries et peintures sont repris selon leurs dispositions précisées par les mémoires de travaux du XVIIIsiècle, ou selon l’aménagement effectué au début du XIXsiècle pour l’impératrice Marie-Louise, épouse de Napoléon Ier qui occupe alors les lieux.

La restauration des décors intérieurs et le remeublement des pièces principales de la Maison de la Reine représentent un des éléments majeurs de cette opération.

La restauration du Réchauffoir, réalisée en parallèle, abrite une grande cuisine et un ensemble de petites pièces de service (garde-manger, argenterie, dressoir, lavoir). Elle était utilisée pour la préparation des repas servis dans la salle à manger de la Maison de la Reine, attenante. [1]

La restauration de ladite Maison, au cœur du domaine, a inspiré à Jean des Cars, immense spécialiste de l’histoire des dynasties européennes un ouvrage somptueux et érudit–, mais parfaitement accessible à tous –, paru chez Flammarion à Paris sous le titre Le Hameau de la Reine – Le monde rêvé de Marie-Antoinette, un Baedeker abondamment illustré de photographies prises in situ ou à partir d’une riche documentation originale.

Magnifique !

Bernard DELCORD

Le Hameau de la Reine – Le monde rêvé de Marie-Antoinette par Jean des Cars, photographies de Hillel Winograd et Franck Robin, Paris, Éditions Flammarion, avril 2018, 222 pp. en quadrichromie au format 16 x 21 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,90 € (prix France)

INFORMATIONS PRATIQUES

Château de Versailles

Domaine de Trianon

Hameau de la Reine

Téléphone : 00 33 1 30 83 78 00

Tarifs :

Le billet Domaine de Trianon (12 €) donne accès :

– au domaine de Trianon

– aux expositions temporaires présentées au Grand Trianon

– aux Jardins (hors jours de Grandes Eaux Musicales ou de Jardins Musicaux) et au Parc

– à la galerie des Carrosses

Gratuit pour :

– les moins de 18 ans (moins de 26 ans si résidents de l’Union Européenne),

– les enseignants affectés dans un établissement français munis de leur Pass éducation,

– les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur,

– les demandeurs d’emplois en France et les bénéficiaires des minima sociaux sur présentation d’un justificatif de moins de 6 mois.

Horaires :

Le Domaine de Trianon ouvre uniquement de 12 h à 18 h 30, du mardi au dimanche.

Pour s’y rendre :

Le Domaine de Marie-Antoinette est accessible depuis la ville de Versailles et depuis le domaine du château de Versailles.

Pour vous y rendre depuis la ville, deux possibilités :

– par la Grille de la Reine ou la Porte Saint-Antoine

– en bus (le Bus TRI est accessible des gares Versailles Château Rive Gauche, Versailles Chantiers et Versailles Rive Droite.

 

[1] Source : http://www.chateauversailles.fr/actualites/vie-domaine/re...

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12 04 18

« Entre ici, avec Claude-Ambroise Regnier, duc de Massa… »

L'Affreux du Panthéon.jpgNé en 1968, Bruno Fuligni est haut fonctionnaire, historien et maître de conférences à Sciences Po. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres aussi étonnants qu'érudits sur l'histoire politique et littéraire française.

Dans son dernier opus en date, L'Affreux du Panthéon publié à Paris aux Éditions de La Table Ronde, le narrateur, sous l’effet de l’alcool et du haschich, se réfugie un soir dans l'ancienne église Sainte-Geneviève devenue le temple des Grands Hommes de la France et de la République et s’y endort, avant d’être réveillé par un personne aussi ironique qu’énigmatique se présentant comme Claude-Ambroise Regnier, duc de Massa, dont il apparaîtra plus tard qu’il s’agit des mânes d’un politicien parjure et assassin, face noire de l'Histoire et agent de la raison d'État.

Ledit duc fait alors les honneurs de l'austère monument national de dix-sept mille tonnes de pierre et de fer à son visiteur d’une nuit, lui donnant d’assister aux échanges, teintés de vieilles querelles politiques et personnelles, entre les fantômes de certains de ses illustres pensionnaires, mais aussi de croiser quelques ombres… restées dans l’ombre.

L’occasion pour Bruno Fuligni de jeter un regard malicieux – et néanmoins critique – sur des vedettes de l’histoire comme Jean Jaurès, Jacques-Germain Soufflot, le comte de Mirabeau, Jean-Paul Marat, Victor Hugo, Émile Zola, Victor Schœlcher, Marcellin et Sophie Berthelot, Marie et Pierre Curie, Paul Langevin ou André Malraux, ainsi que sur des méconnus comme Michel Ordener, Gabriel Louis de Caulaincourt, Charles Erskine de Kellie ou Girolamo Durazzo, le dernier doge de la république de Gênes, tout en commentant nombre des œuvres d’art qui ornent ce gigantesque tombeau.

Un cicerone éclairé !

Bernard DELCORD

L'Affreux du Panthéon par Bruno Fuligni, Paris, Éditions de La Table Ronde, collection « La petite Vermillon », janvier 2018, 142 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

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24 03 18

« Trempa-t-elle au complot de ses frères perfides ? » (Jean Racine, Phèdre [1677], I, 1)

13 complots qui ont fait l'histoire.jpgAuteur de divers essais passionnants parmi lesquels on pointera, aux Éditions Racine à Bruxelles, Treize livres maudits, Les Illuminati, La religion d’Hitler ou encore Hitler et la franc-maçonnerie, le philosophe et historien belge Arnaud de la Croix (°1959) s’est penché, chez le même éditeur, sur 13 complots qui ont fait l’histoire, à savoir :

– 63 avant Jésus-Christ : la conjuration de Catilina

– 44 avant Jésus-Christ : l’assassinat de César

– 64 après Jésus-Christ : le grand incendie de Rome

– 1348 : la peste noire

– XVIe et XVIIe siècles : le pacte diabolique

– 1605 : la Conspiration des poudres

– 1776, 1789 et au-delà : Illuminati, francs-maçons et Skull & Bones

– 1901 : le « complot juif mondial »

– 1939-1945 : la Seconde Guerre mondiale fut-elle un complot nazi ?

– 1950-1954 : le « complot communiste » en Amérique

– 22 novembre 1963 : l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy

– 1982-1985 : les tueurs du Brabant

– Le 11 septembre 2001

des machinations réelles ou supposées qui ont durablement marqué les esprits avec leur lot d’inventions débridées et de manipulations plus ou moins subtiles teintées, selon les cas, de xénophobie, de racisme, d’antisémitisme, d’antimaçonnisme ou d’anticommunisme.

En confrontant les témoignages, les documents officiels et les recherches les plus actuelles, cet essai robustement bâti et préfacé par Michel Hermans [1] apporte des réponses claires, ouvre sur des réflexions critiques et remet en perspective la notion même de complot [2].

Ajoutons que si l’auteur a choisi de traiter treize affaires, c’est en raison des connotations de ce nombre (les « treize à table » de la Dernière Cène le Jeudi saint pour les chrétiens et le choix par le roi de France Philippe IV de procéder à l’élimination des templiers le vendredi 13 octobre 1307).

Il aurait aussi pu écrire que pour les kabbalistes, le nombre 13 est la signification du serpent, du dragon, de Satan et du meurtrier…

Bernard DELCORD

13 complots qui ont fait l'histoire par Arnaud de la Croix, préface de Michel Hermans, Bruxelles, Éditions Racine, mars 2018, 183 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €

[1] Michel Hermans est politologue, licencié en science politique et administration publique de l'Université de Liège et docteur en science politique de l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

[2] Complot : projet concerté secrètement afin de fomenter un coup d'État, un putsch, une guerre d'agression, un attentat, une révolution.

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24 03 18

« Le passé, du futur est le meilleur prophète. » (Lord George Gordon Byron)

Tout sur l'archéologie.jpgDéveloppant en 7 chapitres rédigés par des sommités scientifiques un corpus particulièrement varié, l’ouvrage collectif intitulé Tout sur l'archéologie – Panorama des sites, des découvertes et des objets remonte à la nuit des temps pour parcourir les époques et les continents et faire découvrir d’un œil nouveau, en se fondant sur les technologies les plus actuelles (télédétection par laser, méthodes de datation relative et absolue, analyses isotopiques, recours à l’ADN et au scanner…), des trésors que l’on croyait bien connaître, depuis les grottes de Lascaux jusqu'à Angkor Vat, en passant par le tombeau de Toutankhamon, Persépolis, Pompéi et Herculanum, Cuzco, l’île de Pâques ou l'armée de terre cuite chinoise.

Une grande diversité de sites sont parcourus en détails, depuis les ensembles religieux spectaculaires enfouis dans les déserts et les jungles jusqu'à la révolution industrielle.

Au passage, les auteurs répondent à des questions d’une grande diversité : comment l'homme est-il devenu ce qu'il est aujourd'hui ? Comment les États se sont-ils formés ? Qu'est-ce que l'archéologie peut nous révéler des conflits passés ? Que sont le Grand Zimbabwe, Rapa Nui, Stonehenge et Jéricho ? Qui étaient les seigneurs de Sipan ? Que révèle la culture de Nok ? Que nous apprennent les bateaux vikings de Roskilde ? Comment l’archéologie a-t-elle réfuté le mythe de la fin de la bataille de Little Big Horn (1876) et de la mort du général Custer ?

Et ils fournissent bien entendu tous les outils indispensables : repères chronologiques, illustrations détaillées, glossaire, index...

Bernard DELCORD

Tout sur l'archéologie – Panorama des sites, des découvertes et des objets, ouvrage collectif sous la direction de Paul Bahn, avant-propos de Brian Fagan, traduction de l’anglais par Julie Debiton avec Elina Gakou Gomba, Paris, Éditions Flammarion, collection « Tout sur… », mars 2018, 576 pp. en quadrichromie au format 17,2 x 24,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 35 € (prix France)

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05 03 18

L’étude magistrale d’un sujet touchy…

Léopold II, potentat congolais – L'action royale face à la violence coloniale.jpgAdapté de sa thèse de doctorat en histoire défendue en 2015 à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, l’ouvrage de Pierre-Luc Plasman intitulé Léopold II, potentat congolais – L'action royale face à la violence coloniale (Bruxelles, Éditions Racine) est l’étude magistrale d’un sujet particulièrement délicat, comme l’indique son maître, le professeur Michel Dumoulin, dans sa préface :

« Une abondante littérature existe désormais aussi bien à propos du deuxième roi des Belges qu'à celui de l'État indépendant du Congo (EIC), dont il fut le souverain entre 1885 et 1908. Mais qui dit quantité ne dit pas nécessairement qualité, et ce, quelle que soit l'orientation des auteurs. Les uns, confondant enquête historique et réquisitoire implacable prononcé au nom de la morale de notre temps, accumulent les clichés et les contre-vérités. Les autres, nostalgiques du temps colonial, confèrent à leur mémoire le statut de source de la vérité historique. Dès lors, faut-il même souligner combien tout discours soucieux d'échapper au simplisme est rendu quasiment inaudible du fait du tumulte provoqué par l'instrumentalisation du passé au nom de la repentance par les uns, des bienfaits de la colonisation et du gâchis de la décolonisation par les autres ?

Sans prétendre détenir LA vérité, Pierre-Luc Plasman, s'appuyant sur les travaux souvent pionniers d'illustres prédécesseurs et exploitant une masse impressionnante de sources inédites, publiques et privées, ainsi que de non moins nombreuses sources imprimées, vise deux objectifs. Le premier, pour faire bref, consiste à étudier la naissance et le développement des rouages de l'EIC. Le second relève du souci de comprendre pourquoi le régime léopoldien a été synonyme d'une très grande violence épousant diverses formes.

Léopold II, jadis présenté comme un géant au génie incompris de ses contemporains aussi mesquins que dépourvus d'ambition pour leur patrie, l'est, aujourd'hui, comme un sinistre génocidaire. Cette opposition radicale entre deux représentations, la seconde l'emportant désormais largement sur la première, a limité l'étude de la substance et des formes du régime léopoldien à la portion congrue. Comme si la volonté du roi des Belges avait été la seule et unique source d'inspiration du système progressivement mis en place. Or, s'il est évident que le Roi a sans cesse été à la recherche d'une colonie ou d'un domaine rémunérateur, il tombe sous le sens qu'il ne pouvait pas y parvenir “seul contre tous”. »

L’ouvrage aborde pour la première fois dans les détails et en chiffres le fonctionnement de l'État indépendant du Congo ainsi que le rôle précis de Léopold II en vue de mieux comprendre les atrocités liées à la récolte du caoutchouc commises par les acteurs sur place – « hauts fonctionnaires territoriaux et directeurs de sociétés abusant largement de leurs prérogatives, agents subalternes et sentinelles africaines intégrant la bestialisation de leur comportement dans leur cadre de travail » [1] – ainsi que les actions du souverain dans une voie réformatrice, mais aveuglée par le déni et prenant la campagne anti-congolaise pour l’expression d’une frustration de l’impérialisme anglais, alors que la source des abus résidait dans le système même d’exploitation de l’EIC.

Enfin, « aussi horribles soient-elles, (l)es violences de masse ne peuvent pas être qualifiées de génocidaires. De même, la moitié de la population congolaise n’a pas été exterminée. Il existe cependant bel et bien un déclin démographique dans lequel la terreur et la violence jouent un rôle primordial à côté d’autres facteurs, comme la dénatalité vénérienne. » [2]

Une vaste remise en place des idées reçues…

Bernard DELCORD

Léopold II, potentat congolais – L'action royale face à la violence coloniale par Pierre-Luc Plasman, préface de Michel Dumoulin, Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2017, 246 pp. + un cahier photos de 8 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,95 €

 

[1] Page 226.

[2] Pages 226-227.

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02 03 18

Le bréviaire du nazisme...

Tout sur Mein kampf.jpgMein Kampf [1] d’Adolf Hitler est un ouvrage sulfureux dont on parle souvent, sans jamais – ou presque – l’avoir lu.

Il est vrai qu’il s’agit d’un épais pensum rédigé entre 1924 et 1925 dans un style des plus lourdingues où abondent les digressions dans un fatras confus d’idées (?) les plus diverses…

Commencé par son auteur pendant les neuf mois de sa détention à la prison de Landsberg à la suite du putsch manqué dit de la Brasserie à Munich dont il était le meneur [2], l'ouvrage contient des éléments autobiographiques, l'histoire des débuts du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et diverses réflexions sur la propagande ou l'art oratoire.

L'auteur expose, dans un style empreint de haine, la « conception du monde » du national-socialisme, avec ses composantes hégémoniques, belliqueuses, mais aussi racistes et ouvertement antisémites, mêlée d'irrédentisme, d'ultranationalisme et de revanchisme [3].

Alors que ce minable brûlot est entré dans le domaine public le 1er janvier 2016 et que sa parution suscite de vives polémiques, dans Tout sur Mein Kampf (Paris, Éditions Perrin), l’historien français Claude Quétel (°1939) [4] pose dix questions cardinales sur la genèse et le contenu du livre, son impact réel sur l'Allemagne du IIIe Reich, son accueil ailleurs dans le monde, notamment dans la France des années 1930 ainsi qu’à propos de ses conséquences sur le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Avec rigueur et pédagogie, l'historien livre ici les résultats de son enquête, dans un exposé d’une parfaite clarté et d’une très grande précision.

Un décryptage passionnant !

Bernard DELCORD

Tout sur Mein Kampf par Claude Quétel, Paris, Éditions Perrin, janvier 2017, 277 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

Sommaire :

Qui était Hitler avant Mein Kampf ?

Comment Mein Kampf est-il ne ?

Que dit Mein Kampf ?

Mein Kampf annonce-t-il les crimes à venir du IIIReich ?

Mein Kampf est-il le seul livre de Hitler ?

Quelle a été la diffusion de Mein Kampf en Allemagne ?

La France a-t-elle ignore Mein Kampf ?

Quels autres pays ont publié Mein Kampf ?

Mein Kampf a-t-il été évoqué au cours du procès de Nuremberg ?

Qu'est devenu Mein Kampf jusqu'à nos jours ? 

 

[1] « Mon combat », dont la traduction française a paru aux Nouvelles Éditions latines à Paris en 1934.

[2] Il eut lieu principalement à la Bürgerbräukeller dans la soirée du 8 novembre 1923 avec la participation, entre autres, d’Hermann Göring, Ernst Röhm, Rudolf Hess, Heinrich Himmler et Julius Streicher.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mein_Kampf

[4] Directeur de recherche au CNRS (section Histoire moderne et contemporaine), Claude Quétel s’est spécialisé, entre autres, dans l’histoire de la psychiatrie, la psychohistoire et la recherche iconographique. Entre 1992 et 2005, il a été directeur scientifique du Mémorial de Caen. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nouvelle histoire de la psychiatrie (Privat, 1983, codirection et corédaction ; réédité chez Dunod en 1994 et 2009), le Larousse de la Seconde Guerre mondiale (direction et corédaction, 2004), Dictionnaire de la Guerre froide (direction et corédaction, Larousse, 2008), Images de la folie (Gallimard, 2010), Le Débarquement pour les Nuls (First, 2014), L'effrayant docteur Petiot - fou ou coupable ? (Perrin, 2014 - prix Marianne 2015), La Seconde Guerre mondiale (Perrin, 2015).

13 02 18

« L’aventure est dans chaque souffle de vent. » (Charles Lindbergh)

Aventuriers des îles.jpgL’essayiste français – ô combien érudit – Bruno Fuligni [1] a dirigé le sixième numéro de la revue Folle Histoire (paru chez Prisma à Paris) qui s’intitule Aventuriers des îles et réunit quarante contributions faisant voyager le lecteur sur toutes les mers et à travers le temps.

Voici ce qu’il en dit :

« Il n'y a pas d'îles désertes : même les plus inaccessibles ont attiré des aventuriers venus y tenter leur chance. Parmi ces casse-cou qui ont rompu avec le continent, on trouvera des forbans et des assassins, faisant de leur île un repaire inexpugnable ; des conquérants et des utopistes, qui s'emparent d'une terre lointaine pour y planter leur drapeau et y imprimer leur marque ; des ermites et des naufragés, survivant à l'écart du monde ; des exilés et des relégués enfin, pour qui la robinsonnade tourne parfois au tragique. »

« La possibilité d'une infinité d’îles » aurait pu en dire Michel Houellebecq…

Bernard DELCORD

Aventuriers des îles sous la direction de Bruno Fuligni, dessins de Daniel Casanave, Paris, Éditions Prisma, collection « Folle Histoire » n°6, mai 2016, 102 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17,95 € (prix France)

TABLE DES MATIÈRES

Le vrai trésor des îles par Bruno Fuligni

Le mythe

L'île de Ponape par Bruno Léandri

CHAPITRE I

FORBANS ET ASSASSINS

 

Tibère (42 av. J.-C.-37 apr. J.-C.)

Capri c'est infini, par Nicolas Mietton

 

Bertrand d'Ogeron (1613-1676)

La France à Saint-Domingue par Pascal Varejka

 

Sir Henry Morgan (v. 1635-1688)

Un sacré boucan par Philippe Di Folco

 

Al Capone (1899-1947)

En terre française par Matthieu Frachon

 

Kurt Student (1890-1978)

Sur la ligne de Crète par Jean-Yves Boriaud

 

Truong van Thoai (1908-1987)

Le roi des Montagnes par Franck Sénateur

 

Bob Denard (1929-2007)

Le sultan blanc des Comores par Matthieu Frachon

L’objet

Une vraie monnaie pour un faux roi par Claude Quétel

CHAPITRE II

CONQUÉRANTS ET UTOPISTES

 

Leif Eriksson (v. 970-v. 1020)

La saga du Vinland par Philippe Di Folco

 

Philippe de Clèves (1459-1528)

La croisade de Mytilène par Jean-Yves Boriaud

 

Louis de Saint-Aloüarn (1738-1772)

Australie française ! par Clémentine-Portier Kaltenbach

 

John Adams (1767-1829)

Le dernier mutin de Pitcairn par Marieke Stein

 

Giuseppe Garibaldi (1807-1882)

La république idéale de Caprera par Marieke Stein

 

George Graeme Watson-Taylor (1820-1865)

Une Autriche-Hongrie boréale par Pascal Varejka

 

Elisabeth d'Autriche (1837-1898)

Sissi à Corfou par Nicolas Mietton

 

Auguste Lutaud (1847-1925)

Le roi de l'île d'Or par Stéphane Mahieu

 

Gaston et André Durville (1887-1971 et 1896-1979)

Les apôtres du naturisme par Frédéric Chef

 

La baronne Wagner (?-1934)

L'impératrice des Galâpagos par Nicolas Carreau

 

Antoine Fornelli (1919-1999)

Le roi de Tanna par Pierre Mollier

 

Jacques Brel (1975-1978)

Belles Marquises par Hélios Azoulay

La caricature

Un tampon des îles de Crozet par Bruno Fuligni

CHAPITRE III

ERMITES ET NAUFRAGÉS

 

Pedro Luis Serrano (v. 1499-v. 1565 ?)

Le Robinson espagnol par Philippe Di Folco

 

Alexander Selkirk (1676-1721)

Le vrai Robinson Crusoé par Frédéric Chef

 

Joseph Kabris (1780-1822)

Le prince tatoué de Nuka-Hiva par Frédéric Chef

 

Gabriel Auguste Jugan (?-1855)

L’infortune de mer par Jean-Yves Boriaud

 

Narcisse Pelletier (1844-1894)

L'Aborigène vendéen par Philippe Di Folco

 

François Édouard Raynal (1830-1898)

Le naufragé des Auckland par Nicolas Carreau

 

Tom Neale (1902- 1977)

Le Robinson volontaire de Suwarrow par Frédéric Chef

 

Jacques Talrich (1927- ?)

L'heureux gagnant par Philippe Godard

Le document

Un décret sur Madagascar par Bruno Fuligni

CHAPITRE IV

EXILÉS ET RELÉGUÉS

 

Julia Livilla (18-42)

Les errances d'une princesse impériale par Jean-Yves Boriaud

 

Sénèque (v. 1-65 apr. J.-C.)

Ô Corse, île d'amour... par Jean-Yves Boriaud

 

Les îles des Princes (IXsiècle)

L'archipel du goulag byzantin par Nicolas Mietton

 

Marie Stuart (1542-1587)

Le fantôme de Lochleven par Nicolas Mietton

 

Ranavalona (1862-1917)

Les trois exils de la reine de Madagascar par Mohamed Sadoun

 

Georges Goursat dit Sem (1863-1934)

Les chiens d'Oxia par Hélios Azoulay

 

Shoichi Yokoi (1915-1997)

Le dernier soldat du Mikado par Philippe Godard

Le film

Les Naufragés de l'île de la Tortue par Guilkmette Odicino

 

[1] Bruno Fuligni (°1968) est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1991). Après avoir participé à la rédaction du compte rendu analytique des séances de l'Assemblée nationale (1996-2005), il a dirigé la Mission éditoriale de l'Assemblée nationale (2005-2012). Régent du Collège de 'Pataphysique, c'est un grand amateur d’histoire, d’utopies et d’aventures humaines insolites. Depuis 2014, il dirige la revue Folle Histoire aux Éditions Prisma ainsi que la collection « Archives du crime » aux Éditions de l'Iconoclaste.

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11 02 18

« Les colonies sont faites pour être perdues. » (Henry de Montherlant)

Traces de la vie coloniale au Congo belge et au Ruanda-Urundi .jpgRédigé sous la direction de l’universitaire, poète, écrivain, essayiste et critique belge Marc Quaghebeur (°1947) et préfacé par lui, le douzième numéro de la revue Congo-Meuse [1] intitulé Traces de la vie coloniale au Congo belge et au Ruanda-Urundi met en avant des documents, souvent inédits, ainsi que des témoignages d'acteurs de terrain et de voyageurs, qui éclairent la vie quotidienne et les mentalités dans les colonies belges à l’issue de la Première Guerre mondiale jusqu’aux moments des Indépendances.

Un recueil d’une richesse extraordinaire, comme en témoigne la table des matières reproduite ci-après, qui restitue avec un appareil de notes bien construit l’ambiance d’alors et qui décrit le quotidien du système colonial, y compris ses contradictions et ses failles, à travers ses divers composants belges, congolais, ruandais et urundais.

Nul doute qu’il retiendra l’attention d’un large public, celui qu’agitent aujourd’hui dans notre pays l’épineuse question coloniale et les interrogations sur sa réalité profonde telle que l’ont connue les colonisateurs et les colonisés.

En cela, il constitue une pièce importante du dossier à charge et à décharge…

Bernard DELCORD

Traces de la vie coloniale au Congo belge et au Ruanda-Urundi par Jean-Claude Kangomba, Nicole Leclercq et Francine Meurice sous la direction de Marc Quaghebeur, Paris, L’Harmattan, collection « Congo-Meuse » n°12, décembre 2017, 440 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 42 € (prix France)

TABLE DES MATIÈRES

 

I. CÉLÉBRATION ET CONTRADICTIONS DE L'EMPIRE

Retour sur un premier voyage de journaliste (1922)

Par Pierre Daye

La voix critique d'un Congolais (1937-1952)

Par Paul Lomami Tchibamba

L'émerveillement d'un magistrat international (1944)

Par Maurice de Wée

« Problèmes africains », un point de vue syndical et laïque (1950)

Par Charles Bertin

« Latitude Zéro », la splendeur de la langue au service de l'Empire (1950)

Par Charles Bertin

Une visite royale au Ruanda (1957)

Par un auteur inconnu

Médecin au Kasaï ! (1942-1952)

Par Albert Van Dorpe

Réflexions d'un administrateur de la partie orientale de l'Empire colonial (1951-1957)

Par Nicolas Joseph Muller

Un jeune chercheur dans la province de l'Équateur (1957-1960)

Par José Trussart

 

II. DES TRÉTEAUX ET DES VOIX

Une tournée théâtrale (1950)

Par Anne Carpriau

Le Journal de bord directorial d'une autre tournée théâtrale (1953)

Par Claude Étienne

Des marionnettes très courtisées, les Bilulus (1956)

Par Monique Heckmann et Jacques Zimmermann

La scène en dehors du théâtre de l'histoire (1959)

Par Anne Carpriau

 

III. AU SEUIL DES INDÉPENDANCES

Un partisan de l'indépendance progressive (1958)

Par Charles François

Le journal d'un témoin et acteur privilégié (1956-1960)

Par Albert Maurice

Derniers mois avant l'indépendance du Congo (1960)

Par Charles Moeller

Départ des coloniaux (1960)

Par Maximilien Philips

À l'approche de la fin de la tutelle sur le Burundi. Les Chasseurs ardennais (1960)

Par le lieutenant Dubois

 

IV. LES ADIEUX ET LES LARMES

Souvenirs d'un journaliste congolais

Par Joseph Mbungu NKandamana

Conscience et errance dans l'univers post-colonial

Par Muepu Muamba

 

Postface

Par Jean-Claude Kangomba

INDEX

 

[1] Cette revue est animée conjointement par des auteurs et des contributeurs européens et africains.

10 02 18

Le « Goebbels français »

Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur.jpgAgrégé d'histoire, docteur et HDR de l'Institut d'études politiques de Paris, Christian Delporte (°1958) est un historien français spécialiste d’histoire politique et culturelle de la France du XXsiècle, notamment de l’histoire des médias, de l’image et de la communication politique. Il fut l'élève de René Rémond et de Serge Berstein, est professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et dirige la revue Le Temps des médias.

On lui doit, parue récemment chez Flammarion à Paris, une biographie fortement charpentée intitulée Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur dans laquelle il revient sur la « carrière » du très brillant – et en cela très dangereux – thuriféraire du nazisme en France sous la botte hitlérienne.

S'appuyant sur des archives inédites, notamment celles des Renseignement généraux, Christian Delporte retrace le parcours et décrit la personnalité du troisième homme fort de Vichy, député catholique de la 4circonscription de Bordeaux en 1932, réélu en 1936, député jusqu'en 1940 et pourtant antiparlementaire, antisémite viscéral, comploteur contre la République en février 1934, membre du comité directeur de l'Union antimaçonnique de France en 1935, antiallemand devenu pro-hitlérien à partir du 22 juin 1941, quand l'Allemagne envahit l'URSS, éditorialiste de Radio-Vichy de février 1942 à décembre 1943, tribun de Radio-Paris (on l’appelait « l'homme à la voix d'or ») à partir de cette date [1], membre de la Milice française en mars 1943, secrétaire d'État à l'Information et à la Propagande du gouvernement Laval en janvier 1944, un ultra parmi les ultras qui paradoxalement se rêvait poète ou écrivain, admirait Flaubert et Anatole France, et chassait les papillons qu'il collectionnait avec passion...

Philippe Henriot (7 janvier 1889 – 28 juin 1944), surnommé le « Goebbels français » par les dignitaires nazis, est finalement tombé à Paris sous le balles d’un commando du COMAC, le Comité d'action militaire dépendant du Comité central des mouvements de Résistance.

Au passage, Christian Delporte répond avec subtilité dans son ouvrage à des questions comme : comment devient-on Philippe Henriot ? Comment le catholicisme français peut-il parfois nourrir de tels dévoiements, qui conduisent à la trahison même de son pays ?

Des péchés mortels sans absolution possible…

Bernard DELCORD

Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur par Christian Delporte, Paris, Éditions Flammarion, collection « Grandes biographies », janvier 2018, 415 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

[1] Sur les ondes de Radio-Londres, c’est l’humoriste Pierre Dac qui lui donnait la réplique, avec l’immense talent qu’on lui connaît.