02 01 17

« Le temps est l’architecte, le peuple est le maçon. » (Victor Hugo)

Les francs-maçons sous l'Occupation.jpgEmmanuel Pierrat, avocat et écrivain français, est conservateur du musée du Barreau à Paris. Il a publié de nombreux essais à caractère historique sur la censure, les mœurs, la justice et la franc-maçonnerie.

Il est l’auteur, chez Albin Michel en 2016, d’une planche particulièrement solide intitulée Les francs-maçons sous l'Occupation – Entre résistance et collaboration dans lequel il rappelle que :

« Parmi les femmes et les hommes persécutés par la police de Vichy et la Gestapo, les francs-maçons figurent en bonne place : 64 000 furent fichés ; 3000 fonctionnaires perdirent leur emploi et plus d'un millier furent assassinés par les Allemands. Nombre de francs-maçons furent résistants et beaucoup le payèrent de leur vie. Quelques-uns s'engagèrent aux côtés du maréchal Pétain, d'autres adoptèrent une attitude plus ambiguë »,

Avant de brosser onze portraits passionnants et instructifs de collaborationnistes notoires (Jean Mamy, alias Paul Riche, Jean Marquès-Rivière, Henry Coston, Bernard Faÿ, Henry du Moulin de Labarthète et Pierre Laval), mais aussi d’un manipulateur nazi plus ou moins habile (l’Allemand Otto Abetz) et – ouf ! – de héros authentiques (Pierre Brossolette, Jean Zay, Pierre Masse et le Belge Paul Hanson) qui sauvent l’honneur des Loges par la fidélité à leurs principes d’humanisme et de liberté galvaudés par les renégats, les opportunistes, les réactionnaires, les antisémites, les fascistes et les complotistes grenouillant dans les rouages de l’État français à la sauce pétainiste…

Un beau morceau d’architecture historique…

Bernard DELCORD

Les francs-maçons sous l'Occupation – Entre résistance et collaboration par Emmanuel Pierrat, Paris, Éditions Albin Michel, février 2016, 362 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

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21 12 16

« L'Italie est comme un artichaut qu'il faut manger feuille à feuille. » (Metternich)

La science en cuisine et l'art de bien manger.jpgConsidéré comme le père de la cuisine nationale de la Botte, Pellegrino Artusi, né le 4 août 1820 à Forlimpopoli, près de Forlì, en Émilie-Romagne, alors partie des États pontificaux, et mort le 30 mars 1911 à Florence, est un critique littéraire, écrivain et gastronome italien.

Son essai intitulé La Science en cuisine et l'art de bien manger, enfin traduit en langue française à l’initiative des Éditions Actes Sud en Arles, a révolutionné à son époque l'idée de la gastronomie.

En voici la présentation par l’éditeur :

« Publié une première fois à compte d'auteur en 1891, cet ouvrage, qui s'appuie sur quelques préceptes à la portée du plus grand nombre, connaîtra ensuite, du vivant d'Artusi, quinze éditions dont la dernière, posthume, rassemble 790 recettes.

Car ce qui est sans doute le premier livre de cuisine interactif s'est progressivement enrichi des recettes proposées à l'auteur par des correspondants – et surtout des correspondantes – des quatre coins de l'Italie, même si les régions de prédilection d'Artusi, liées à sa biographie, restent l'Émilie-Romagne et la Toscane.

Recettes qu'il testait ensuite systématiquement, chez lui, avant de les faire siennes et de les intégrer à son livre. Accompagné de réflexions hygiénistes, émaillé d'anecdotes savoureuses, d'allusions à l'actualité de l'époque et de références littéraires parfois malicieuses qui vont de la citation au pastiche, son œuvre se caractérise aussi par sa volonté d'unification linguistique, dans un pays dont l'unité politique était toute récente.

Il constitue ainsi non seulement un texte canonique, qui a fondé les codes de la cuisine bourgeoise italienne (au point qu'on l'offrait souvent, il y a encore peu de temps, aux jeunes mariées), mais aussi un ouvrage qui permet des lectures multiples. Sans cesse repris, imité, commenté, voire piraté, il reste un modèle en la matière : celui d'une cuisine de marché, réalisable et pleine de bon sens, exigeante sur la qualité des produits, mais adaptable au goût et aux possibilités de chacun, ouverte à la nouveauté, mais refusant le snobisme.

Cette traduction, préfacée et supervisée par Alberto Capatti, éminent spécialiste d'Artusi, est rigoureusement fidèle à l'édition historique de 1911. »

Bernard DELCORD

La Science en cuisine et l'art de bien manger par Pellegrino Artusi, préface d’Alberto Capatti, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli & Lise Chapuis, Arles, Éditions Actes Sud, septembre 2016, 639 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette originale suivante :

Langue en sauce

Prenez 1 langue de bœuf qui, sans le cornet, pèse environ 1kg.

Ébouillantez-la le temps qu'il faut pour pouvoir la peler, après quoi vous l'accommoderez ainsi :

Préparez un hachis généreux avec 50g de jambon cru,1 demi oignon moyen, céleri, carotte, persil, et mettez-le sur le feu avec 50g de beurre et la langue, salée et poivrée.

Une fois que celle-ci aura bien rissolé, incisez-la avec du bouillon que vous verserez progressivement, et du coulis ou de la conserve de tomates.

Passez ce jus.

Mélangez, à part, 1 cuillerée rase de farine et 20g de beurre.

Laissez roussir, ajoutez le jus et mettez la langue dans cette sauce.

Faites mijoter un moment avant de servir la langue, coupée en tranches de 1 cm d’épaisseur et accompagnée de céleri ou d'un autre légume, préalablement revenu dans la sauce.

C’est un plat qui peut suffire pour 8 personnes.

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20 12 16

« La liberté de la presse ne s'use que lorsque l'on ne s'en sert pas. » (Devise du Canard enchaîné)

Le Canard enchaîné 100 ans.jpgFondé durant la Première Guerre mondiale – sa publication régulière a commencé le 5 juillet 1916 [1] – par un journaliste, Maurice Maréchal, et par un dessinateur, Henri-Paul Gassier, le Canard Enchaîné se voulait un contre-feu de la propagande officielle et de l’information censurée par le recours à la dérision dans un esprit libertaire et insoumis.

Pour fêter ses vingt lustres, les Éditions du Seuil à Paris ont publié, choisis par Laurent Martin et Bernard Comment, Le Canard enchaîné, 100 ans – Un siècle d'articles et de dessins, une remarquable – et épaisse [2] – compilation d’articles et de dessins propres à dérider les esprits les plus chagrins et à raviver les mémoires défaillantes [3].

Seul journal français, à ce jour, à n'accepter aucune publicité et à ne vivre que de ses lecteurs, il a connu un succès croissant au fil des décennies [4], sans avoir jamais épargné personne de ses sarcasmes et de son humour dévastateur : les autorités politiques, militaires, religieuses, diplomatiques, académiques, ainsi que les capitaines de l’industrie et de la finance, le monde de l’édition, les vedettes du show-business et du sport ou encore les journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision… tout en dénonçant avec une belle constance les magouilles et les affaires, les turpitudes et les hypocrisies, les lâchetés et les forfanteries, mais aussi les totalitarismes et les fanatismes…

Un régal d’esprit et de l’esprit !

Bernard DELCORD

Le Canard enchaîné, 100 ans – Un siècle d'articles et de dessins choisis par Laurent Martin et Bernard Comment, Paris, Éditions du Seuil, octobre 2016, 614 pp. en quadrichromie au format 23,8 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49 € (prix France)

 

[1] Cinq premiers numéros avaient paru à l'automne 1915, mais la publication fut interrompue, faute d'avoir trouvé suffisamment de lecteurs. Par ailleurs, Le Canard n’a pas paru de juin 1940 à septembre 1944, sous l'Occupation.

[2] Elle est faite d’un choix de plus de 2000 articles et dessins, organisés chronologiquement et thématiquement, présentés par de brèves notices pour les restituer dans leur contexte.

[3], L’ouvrage contient aussi Le Roman du Canard (une centaine de pages du livre), un texte de Patrick Rambaud qui donne là une histoire haute en couleurs, faite de personnages souvent truculents, dans des époques ressuscitées avec un grand nombre de détails révélateurs.

[4] Près d'un demi-million d'exemplaires sont actuellement vendus chaque semaine.

07 12 16

« Il est vrai qu'on ne peut trouver la pierre philosophale, mais il est bon qu'on la cherche. » (Fontenelle)

Les Pierres du Moyen Âge.jpgValérie Gontero-Lauze est maître de conférences de langue et littérature du Moyen Âge à l'université d'Aix-Marseille. Ses recherches portent sur la littérature encyclopédique, en particulier sur les lapidaires et les bestiaires et elle a notamment publié Parures d'or et de gemmes – L'orfèvrerie dans les romans antiques du XIIe siècle (Le Roman de Thèbes, Le Roman d'Eneas, Le Roman de Troie de Benoît de Sainte Maure et Le Roman d'Alexandre d'Alexandre de Paris) à Aix-en- Provence, aux Presses universitaires de Provence en 2002 ainsi que Sagesses minérales – Médecine et magie des pierres précieuses au Moyen Âge à Paris, aux Éditions des Classiques Garnier en 2010.

Elle revient sur le sujet avec Les Pierres du Moyen Âge – Anthologie des lapidaires médiévaux, un splendide ouvrage fort bellement illustré publié par les Éditions Les Belles Lettres à Paris.

Voici ce qu’elle en dit :

« Le Moyen Âge croyait aux pouvoirs des pierres précieuses ; leurs vertus médicinales et magiques étaient consignées dans des traités encyclopédiques, les lapidaires.

Ce savoir, hérité de l'Antiquité, est resté pérenne durant des siècles ; le diamant rend invincible ; le saphir délivre les prisonniers ; l'émeraude guérit les problèmes de vision ; l'améthyste protège de l'ivresse ; l'hématite arrête les hémorragies, etc.

Les pouvoirs attribués aux pierres procèdent par analogie, mode de pensée qui prévaut pendant toute la période médiévale.

Cette anthologie des lapidaires médiévaux propose pour la première fois une édition bilingue de ces textes longtemps méprisés et toujours largement méconnus, avec une sélection d'extraits en ancien et moyen français, accompagnés de leur traduction. »

Un livre précieux !

Bernard DELCORD

Les Pierres du Moyen Âge – Anthologie des lapidaires médiévaux par Valérie Gontero-Lauze, Paris, Éditions Les Belles Lettres, octobre 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 19,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 21 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la table des matières de cet ouvrage passionnant :

Introduction

L'encyclopédisme médiéva1

Les traités sur les pierres précieuses

L'article de lapidaire, un exercice de style

Genre encyclopédique et genre romanesque, des liens étroits

Anthologie des lapidaires médiévaux :

  1. L'escarboucle, la pierre de lumière
  2. Le rubis, la pierre de l'amour
  3. Le saphir, la pierre du ciel
  4. L'émeraude, la pierre de la vision
  5. Le diamant, la pierre de l'invincibilité
  6. Le cristal, la mère des pierres
  7. L'améthyste, la pierre contre l'ivresse
  8. L'agate, la pierre anti-venin
  9. L'hématite, la pierre du sang
  10. La pyrite, la pierre du feu
  11. Le corail, la pierre végétale
  12. La perle, la pierre de la rosée
  13. L’héliotrope, la pierre du soleil
  14. La topaze, la pierre de la lune
  15. L'alectoire, la pierre du chapon
  16. La chélidoine, la pierre de 1'hirondelle
  17. Le ligure, la pierre du lynx
  18. La panthère, la pierre du fauve
  19. La dracontite, la pierre du dragon
  20. La magnétite, la pierre de 1'attraction
  21. La céraunie, la pierre de la foudre
  22. L'onyx, la pierre de la magie noire
  23. La mède, la pierre de Médée
  24. Le diadoque, la pierre à ressusciter les morts

Notes

Bibliographie sélective

Index des pierres

Index des personnages légendaires et historiques

04 12 16

Une bien belle chronique...

_marguerite et léon.jpgCe court récit de vie, je l'ai lu il y a une semaine et il me reste encore en mémoire. C'est qu'il touche, c'est qu'il est écrit d'une manière belle et efficace. Lorsque j'ai rencontré son auteure, Nelly Hostelaert, elle m'a avoué son admiration pour les livres de René Hénoumont (« Un oiseau pour le chat », par exemple), que j'ai eu la chance de croiser à la rédaction du Pourquoi Pas ? et dont j'appréciais également la plume.

On retrouve dans « Marguerite et Léon » cette façon vivante de raconter ; et souvent le passé est au présent, ce qui le rend palpable. C'est une chronique de famille, de quelques générations qui se suivent depuis le début du XXe siècle à Baudour, en Belgique.

Outre le texte, des photos, des articles de presse, des documents illustrent le propos. On retrouve les colombophiles, le tir à l'arc, les guinguettes...

On découvre avec l'écrivaine les premiers congés payés à Coxyde au « Lys Rouge », le meurtre dans le village, oeuvre d'un ancien bagnard, mais aussi les deux grandes guerres, la résistance et le travail obligatoire, la situation de la femme.

C'est tout un siècle qui est balayé ici en quelques pages, mais vu de l'intérieur, à hauteur humaine. Depuis l'époque des servantes au château de Baudour, où l'on prenait les eaux chez la princesse de Ligne, jusqu'aux noces d'or fêtées au début du XXIe siècle ! Ce que j'apprécie aussi dans l'ouvrage c'est la vérité, celle des faits, celle des noms aussi.

Si vous avez envie de plonger dans ce passé récent, mais qui s'enfuit de plus en plus vite aujourd'hui, je vous conseille « Marguerite et Léon »...

 

Jacques MERCIER

 

« Marguerite et Léon », Nelly Hostelaert, récit, 118 pp, 15 euros. franz.nelly@yahoo.fr

 

 

01 12 16

François ...Villon, joyeux follastre

téléchargement (12).jpgOn ne sait rien de la mort de François Villon: il s'évapore sans traces laisser, début janvier 1463. En revanche, il est avéré qu'il naît François de Montcorbier, en 1431,  dans  un quartier populeux de la rive droite parisienne.  D'une pauvreté revendiquée, il arpente, dès sa prime enfance ce Paris auquel il restera si attaché.

Placé dès l'âge de raison - entendez sept ans - sous la protection de Maïtre  Guillaume de Villon, un ecclésiastique pétri de bienveillance à son égard, il doit à ce "second père" une éducation soignée particulièrement propice à éveiller la vive intelligence tôt décelée en lui.

François Villon obtient de la sorte une prestigieuse maîtrise ès arts en 1452. Mais le jeune homme est de nature rebelle et facétieuse: il interrompt un parcours académique bien entamé pour devenir le "joyeux follastre"' que le postérité retiendra de lui.

" La fable fait du poète un petit escroc, vivant au jour le jour, bon mangeur et grand buveur, entouré de compagnons tout aussi décidés que lui à berner le bourgeois. François n'est pas pour rien dans la création de cette imagerie parisienne; il s'est lui-même amusé à se présenter dans ses poèmes comme un "bon follastre."

Et la fable n'a pas vraiment tort: impliqué dans le célèbre cambriolage de Navarre et quelques autres exploits, notre homme sera soumis à la question - sans façons..- effectuera quelques séjours en prison. Celle de Meung lui sera particulièrement cruelle et le séjour en ses murs transformera sa vision de la vie. Amant transi, victime quelques (rares) fois de méprises, François Villon est banni de Paris, vers le 8 janvier, il ne donnera plus signe de vie

Réalisons l'intense travail d'investigation que l'historienne Sophie Cassagne-Brouquet - elle enseigne l'histoire médiévale à l'université Toulouse- Jean Jaurès - a réalisé pour rédiger cette biographie. On ne peut dès lors qu'en savourer davantage le côté alerte, vivant, singulièrement présent du portrait d'un électron libre, version XVe siècle.Des extraits de ballades, du fameux Testament,  ponctuent le propos, lui font  judicieux écho.

 Une lecture très plaisante

Apolline Elter 

 

"De moi, pauvre, je veux parler" Vie et mort de François Villon, Sophie Cassagne-Brouquet, biographie, Ed. Albin Michel, oct. 2016, 352 pp

27 11 16

« Toute l'eau de la rugueuse et vulgaire mer ne saurait laver l'huile sainte d'un roi oint. » (William Shakespeare)

Le Siècle des Sacres.JPGHistorien réputé des dynasties occidentales et auteur à grand succès – parfaitement justifié, en raison de la qualité de sa documentation, du sérieux de son travail et de la flamboyance de son style –, le journaliste et écrivain Jean Marie de Pérusse des Cars, dit Jean des Cars (1943–), a signé nombre de best-sellers : Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La véritable histoire des châteaux de la Loire, Inoubliable Grace de Monaco, Dictionnaire amoureux des trains, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines, La Saga des favorites ou encore Le Sceptre et le sang : rois et reines dans la tourmente des deux guerres mondiales ainsi que Nicolas II et Alexandra de Russie. Une tragédie impériale.

Dans Le Siècle des Sacres, un bel album illustré publié tout récemment à Paris aux Éditions Perrin, il fait la narration, entre faste et solennité, de 16 sacres et couronnements parmi les plus importants ou les plus marquants, depuis celui de la reine Victoria d'Angleterre en 1838 jusqu’à l'accession au trône du roi Felipe VI d'Espagne en 2014, en passant par ceux de Napoléon III, empereur des Français (1853), du tsar Nicolas II (1896), de Charles IV, roi de Hongrie (1916), de Rainier III, prince de Monaco (1949), de Baudouin Ier, roi des Belges (1951), d’Elizabeth II, reine du Royaume-Uni et du Commonwealth (1953), de Mohammad Reza Pahlavi , shah d’Iran (1967), de Margrethe II, reine de Danemark (1972), de Charles XVI Gustave, roi de Suède (1973), de Juan Carlos, roi d’Espagne (1975), de Harald V, roi de Norvège (1991), d’Henri, grand-duc de Luxembourg (2000), d’Albert II, prince de Monaco (2005), de Willem-Alexander, roi des Pays-Bas (2013) et de Philippe Ier, roi des Belges (2013).

Écoutons l’auteur :

« Les premières années du XXIe siècle ont vu l'arrivée d'une nouvelle génération de souverains sur les trônes de diverses monarchies européennes. Leurs intronisations ont été fortement médiatisées, suscitant la curiosité et le plus souvent l'enthousiasme, non seulement de leurs sujets mais d'innombrables téléspectateurs ayant suivi ces cérémonies le plus souvent spectaculaires. Le sacre, qui est un rite religieux remontant à l'Ancien Testament a été, pendant des siècles, en usage en Europe dans les empires, royaumes et principautés. Cette tradition, (le sacre) – précédant le couronnement qui est un acte politique symbolisant l'entrée en fonction du monarque – a progressivement été remplacée par une installation sous forme de prestation de serment devant le Parlement. Celle-ci est parfois précédée ou suivie d'une célébration religieuse, obligatoire quand est instituée une religion d'État dans le pays concerné et que le monarque en est le chef. »

De fastueux débuts de carrière !

Bernard DELCORD

Le Siècle des Sacres par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2016, 256 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

10 11 16

Au royaume des nombres

 louis-20incroyable-20histoire-20de-20la-20numeration-20des-20rois-20de-20france-55910baaa2145.jpg

" Tout est parti de Charles le Gros. Il s'agit d'un Carolingien, c'est-à-dire un descendant de Charlemagne, et les

généalogies des rois de France nous apprennent qu'il arégné entre 884 et 888. Parmi les rois qui l'ont précédé

on trouve Charles II le Chauve, et parmi ceux qui l'ont suivi Charles III le Simple. Charles le Gros n'est pas

numéroté, il semble avoir été oublié. Pourquoi? "

 Il est des questions que nous ne nous posons, tant paraît couler de source la numérotation des rois de France...

Qu'à Louis XIV succède Louis XV, quoi de plus attendu, même si ce dernier n'est que  l'arrière-petit-fils du Roi Soleil...

Oui mais .... si l'on y réfléchit: 

- Quand est apparue la numérotation des Rois de France? 

- Est-ce leur seule homonymie - que de Louis - qui a enjoint leur qualification numérique? 

- Le Roi Soleil se savait-il déjà quatorzième du prénom? 

 Curiosité avivée par le constat d'oubli de Charles Le Gros - il ne devait cependant pas passer inaperçu - dans la séquence numérique de l'Histoire et du peu de cas que représente le sujet auprès des sommités historiques, le polytechnicien Michel-André Lévy s'est livré à une vaste,  rigoureuse, minutieuse enquête sur le sujet, augmentant au long de son cheminement le nombre des questions que suscite le canevas des royales successions, base de l'enseignement de l'Histoire.

Car rien n'est simple au royaume des nombres.

Surtout, ne l'oublions pas, que la France n'a pas toujours représenté un territoire unique, unifié.

C'est là que la question se corse, si j'ose dire.

Si Charlemagne, mon digne ancêtre - 42e degré de l'échelle - je vous livre un scoop et le sais- fut tout naturellement Charles premier, force est de constater que sa dynastie préférait les surnoms, celle des Elter, pompon, qui descendons pareillement des des Rois fainéants... Mais nous nous égarons.. On pourrait dater des règnes capétiens les premières numérotations durables

Reprenons le fil des questions, des observations:

-  Bien qu'il n'ait pas régné, le fils de Louis XVI se verra attribuer le numéro XVII. Par décision de qui, de Louis XVIII, pardi!

-Même s'il laisse des zones d'ombres, des questions non résolues, le système de la numérotation a l'avantage d'apporter une cohérence toute pédagogique à la continuité historique et l'essai de Michel-André Lévy de nous offrir une généalogie précise et structurée des règnes qui se sont succédé.

Louis I, II, III....XIV... L'étonnante histoire de la numérotation des rois de France, Michel-André Lévy, essai, Ed

 Jourdan, avril 2016, 328 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

06 11 16

« Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier. » (Talleyrand)

À la table des diplomates (cover).jpg

Des festins du Camp du Drap d’Or donnés par François Ier en l’honneur d’Henri VIII en 1520 jusqu’à celui la Cop 21 en 2015, une vingtaine de grands rendez-vous diplomatiques [1] sont racontés en textes et en images sous l’angle culinaire par des historiens et des spécialistes de renom [2] dans À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas, 1520-2015 paru sous la direction de Laurent Stéfanini [3] aux Éditions de l’Iconoclaste à Paris en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises.

Pour la première fois y sont montrés une sélection de menus et de documents inédits provenant des fonds d’archives du service de protocole du Quai d’Orsay, mais aussi de l’Élysée.

Parallèlement à ce travail historique, de grands chefs d’aujourd’hui [4] y commentent les menus avec leur regard de gastronome et revisitent, avec leur savoir-faire, la recette d’un des plats servis à l’époque.

À la table des diplomates  (menu).jpg 

Menu du dîner de 480 couverts servi dans la galerie des fêtes de l’Hôtel de ville de Paris

à l’occasion du baptême du fils de Napoléon III.

Un moyen passionnant de faire découvrir au lecteur l’histoire du « repas à la française » (inscrit au patrimoine de l’Unesco) et comment ce savoir-faire culinaire a joué un rôle -parfois fondamental- dans les événements qui ont fait l’histoire et contribué au rayonnement de la France à travers le monde.

Bernard DELCORD

À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas 1520-2015, ouvrage collectif sous la direction de Laurent Stéfanini Paris, Éditions de l’Iconoclaste en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises, octobre 2016, 366 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil estival la recette suivante, de Marc Haeberlin revisitant un plat servi à l’occasion de la signature du traité de l’Élysée en 1963 :

Le homard Thermidor aux algues

Pour 2 personnes

Ingrédients :

1 homard breton de 600g

1 cuillère à café poudre de moutarde à l'anglaise

¼ de litre de sauce armoricaine

1 cuillère à soupe de cognac

100 g d'algues wakamé cuites

2 cuillères à soupe de chapelure

Pour la mousse :

125 g de chair de sole

125 g de crème fleurette

1 œuf entier

Sel, poivre, muscade

Recette :

Cuire le homard à l'eau bouillante salée durant 6 minutes.

Le fendre en deux.

Retirer la chair de la queue et décortiquer la pince.

Couper la chair de la queue en escalopes et la redisposer dans chaque ½ carcasse.

Badigeonner d'un peu de cognac.

Dans un blender, faire la mousse de sole avec la chair de sole, la crème fleurette, l'œuf, sel, poivre, muscade et la poudre de moutarde à l'anglaise.

Étaler cette préparation sur chaque ½ homard, parsemer d'un peu de chapelure.

Rôtir à four chaud (220°C) durant 8 minutes.

Disposer sur un peu de sauce armoricaine.

Parsemer d'algues wakamé cuites.

Disposer sur le dessus la pince de homard.

 

[1] Le mariage d’Henri IV et Marie de Médicis à Lyon le 17 décembre 1600, la signature de la paix des Pyrénées par Louis XIV et Philippe IV d’Espagne en 1660, la réception de la nouvelle dauphine Marie-Josèphe de Saxe par Louis XV au château de Choisy en 1747, le mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche en 1810, le Congrès de Vienne en 1815, le baptême du prince impérial le 14 juin 1856, l’inauguration du canal de Suez le 18 novembre 1869, le banquet de Guillaume Ier à Versailles à l’issue de la guerre de 1870, la signature de l’alliance franco-russe en 1897, les expositions universelles de 1889 et 1900, la venue en France du président américain Wilson après la victoire de 1918, celle de Winston Churchill en novembre 1944, la visite officielle de Nikita Khrouchtchev en 1960, celle de John et Jacqueline Kennedy en 1961, celle du shah d’Iran la même année, le traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande en 1963, le dîner offert par Charles de Gaulle au Premier ministre  québécois en 1967, le voyage officiel de François Mitterrand en Chine en 1983, le banquet en l’honneur de Yasser Arafat en 1993, celui de la visite d’Elisabeth II d’Angleterre en 2004

[2] Louis Amigues, Jean- Pierre Babelon, Séverine Blenner-Michel, Jacques-Olivier Boudon, Hélène Carrère d’Encausse, Corinne Defrance, Jean-Pierre Filiu, Bruno Fuligni, Marc Haeberlin, Tristan Hordé, André Kaspi, François Kersaudy, Vincent Laniol, Ulrich Pfeil, Franck Philippe, Florent Quellier, Patrick Rambourg, Isabelle Richefort, Maurice Vaïsse et Hubert Védrine.

[3] Laurent Stéfanini, diplomate et amateur d'histoire, a été chef du protocole de 2010 à 2016 et a contribué à organiser la présidence française du G8 et du G20 en 2011, ainsi que la conférence de Paris sur les changements climatiques de 2015. Il est aujourd'hui l'ambassadeur de France auprès de l'Unesco.

[4] Ghislaine Arabian, Olivier Bellin, Jean-Pierre Billoux, Yves Camdeborde, Thierry Charrier, Alain Dutournier, Adeline Grattard, Michel Guérard, Marc Haeberlin, Xavier Hamon, Patrick Henriroux, Arnaud Lallement, Stéphanie Le Quellec, Régis Marcon, Thierry Marx, Jacques Maximin, Alain Passard, Michel Portos, Andrée Rosier, Benjamin Toursel, Pierre Troisgros et Mathieu Viannay.

 

26 10 16

Un quart de quarteron…

Salan Qui suis-je.jpgLe journaliste français d’extrême droite Jean-Paul Angelelli [1] est né à Alger en 1934 et il a fait son service militaire de 1960 à 1962 dans l'ouest constantinois, au 3e escadron du 6e régiment de Spahis, et il fut à cette époque décoré de la croix de la Valeur militaire avec citation. Il a été professeur certifié d'histoire-géographie aux lycées de Pithiviers (de 1962 à 1969) et de Beauvais (de 1969 à 1994) avant de décrocher le titre de docteur en histoire (titre de sa thèse : L'Algérie et l'opinion française en 1930, Nanterre, 1972) et de poursuivre sa carrière d’enseignant. Il est actuellement vice-président de l'association des Amis de Raoul Salan.

Fils du général André Zeller, Bernard Zeller est né en 1946. Polytechnicien (X66), docteur-ingénieur, ingénieur en chef de l'armement, il a fait carrière dans les industries spatiale et de défense où il a tenu des postes de direction. Il fut président de l'association des Amis de Raoul Salan de 2004 à 2015.

Ils sont les auteurs de Salan, Qui suis-je ? aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing, une biographie remarquable – et nos lecteurs connaissent nos convictions, très éloignées de celles des auteurs et du sujet de leur ouvrage – du général d’armées Raoul Salan (1899-1984) qui fut commandant en chef des forces terrestres, aériennes et navales en Indochine (1953-54) puis commandant supérieur interarmées en Algérie (1956-1959) et gouverneur militaire de Paris (1959-1960) avant de prendre part à une tentative de coup d’État militaire contre Charles de Gaulle et de diriger l’OAS, une sanglante organisation terroriste et colonialiste.

Admis à Saint-Cyr en 1917, Salan est affecté au 5e Régiment d’infanterie coloniale (RIC) à Lyon le 14 août 1918. Chef de section à la 11e compagnie, il participe aux combats de novembre 1918 dans la région de Verdun (Saint-Mihiel, Les Éparges, Fort de Bois-Bourru, Côte de l’Oie, Cumières-le-Mort-Homme) et est cité à l’ordre de la brigade en date du 29 décembre 1918. Ces combats ont marqué le jeune officier pour la vie.

Détaché dans l’administration coloniale en Extrême-Orient (1924-1937), il sort de la tourmente de 1940 avec trois citations. En 1944-1945, du débarquement en Provence à l’Allemagne, il mène ses troupes jusqu’à la victoire et est cité deux fois à l’ordre de l’Armée, les 29 avril et 2 décembre 1945, pour son action à la tête du 6e régiment d’infanterie coloniale et à la tête de l’infanterie de la 9e division d’infanterie coloniale.

En Indochine, aux côtés du général Philippe Leclerc, en 1945, puis du général Jean de Lattre de Tassigny, en 1951, il défend cette colonie qu’il a bien connue dans l’entre-deux-guerres. Il y affronte un ennemi implacable : le Viêt-minh, après avoir négocié sans succès avec Hô Chi Minh en 1946 à Đà Lạt et à Fontainebleau.

En 1958, après avoir échappé à un attentat au bazooka commis le 16 janvier 1957 par des ultras qui lui reprochaient, outre d’avoir « bradé l’empire » en Indochine, une addiction à l’opium, des opinions socialistes et une appartenance à la franc-maçonnerie, Raoul Salan avait soutenu Charles de Gaulle, revenu aux affaires publiques après une traversée du désert longue de 12 années, avant de participer en avril 1961 au putsch d’Alger contre de Gaulle qu’il accusait de trahison [2] et de prendre la tête de l’Organisation de l’armée secrète (1961-1962), une organisation politico-militaire clandestine française, créée le 11 février 1961 pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle.

On se souvient de la fameuse bourde de langage commise le 23 avril 1961 par Charles de Gaulle qui, dénonçant la tentative de putsch dirigée par Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller et Raoul Salan, commença son intervention radio-télévisée par : « Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie par un pronunciamento militaire. (…) Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite… » [3]

Arrêté le 20 avril 1958 et condamné à la détention criminelle à perpétuité, Raoul Salan fut libéré le 15 juin 1968 et rétabli dans l’intégralité de ses droits le 3 décembre 1982 (sous la présidence de François Mitterrand).

En dépit de son parti-pris très laudateur, l’essai de Jean-Paul Angelelli et de Bernard Zeller présente, à nos yeux, deux avantages essentiels : d’une part, la remise en perspective factuelle de l’embrouillamini politico-militaire qui entraîna la chute de l’empire colonial français et dont les militaires firent les frais, et, d’autre part, le récit de la vie entière de Raoul Salan (et pas seulement de l’époque des événements en Algérie), le tout permettant de mieux comprendre comment il et comment on en était arrivé là…

Bernard DELCORD

Salan Qui suis-je ? par Jean-Paul Angelelli et Bernard Zeller, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », juin 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

 

Sommaire :

 

ENFANCE ET JEUNESSE

Une enfance heureuse

La Grande Guerre et la campagne de Syrie (1918-1921)

 

PASSION INDOCHINOISE

 

LA GUERRE DE 1939-45 ET SES PRÉMICES

Le Service de renseignement intercolonial

La campagne de France

Vichy (août 1940-février 1942)

Dakar (février 1942-août 1943)

Alger (septembre 1943-mai 1944)

Le débarquement de Provence

Vers la victoire (hiver 1944-printemps 1945)

 

LA GUERRE D'INDOCHINE (1945-1954)

Salan diplomate (1945-1946)

Négociations entre la France et le Viêt-minh

Les débuts de l'affrontement avec le Viêt-minh

Avec de Lattre (1951)

Commandant en chef en Indochine

Diên Biên Phu et la fin de la présence de la France en Indochine

 

RESPONSABILITÉS SUPRÊMES EN ALGÉRIE

Le chef de guerre

L'affaire du bazooka

Les batailles d'Alger

Le 13 mai 1958

Délégué général en Algérie

Bilan algérien

Vers le passage dans la réserve

 

LE PASSAGE DANS L'ILLÉGALITÉ, LE PUTSCH ET L'OAS

Intermède espagnol

Le putsch

À la tête de l'OAS

Arrestation du général Salan

 

PROCÈS

Ouverture et déclaration du général Salan

Témoignages

Réquisitoire, plaidoiries et verdict

Les suites du procès

 

DÉTENTION, LIBERTÉ, FIN

À Tulle

Liberté recouvrée

La fin

 

[1] Jeune étudiant à l'université, il milita au Cercle Henri Quatre (Lycéens et Étudiants d'Action française) et, durant toute sa carrière jusqu’aujourd’hui, il a collaboré ou collabore encore à La Nation française, à Rivarol (quitté en 2010) et aux revues Est-Ouest, Écrits de Paris, L’Algérianiste, Nous les Africains, Mémoire Vive. Il fut candidat sur les listes u Front national en 1988.

[2] Le 13 mai 1958 à Alger, Raoul Salan avait participé à la formation d’un « comité de salut public » appelant le général de Gaulle au pouvoir pour sauver l’Algérie française. À cet égard, le « Vive le général de Gaulle ! » lancé le 15 mai 1958 par Salan à l’issue de son discours prononcé au balcon du gouvernement général fut décisif et Charles de Gaulle devint président du Conseil le 1er juin suivant. Dans des discours prononcés successivement les 4 et 6 juin 1958 à Alger puis à Mostaganem, de Gaulle, s’adressant à ceux qui l’avaient ramené au pouvoir, s’écria : « Je vous ai compris » et « Vive l’Algérie française ! » avant de proposer l’autodétermination pour l’Algérie le 16 septembre 1959…

[3] Pour « un quatuor ». Quarteron, quarteronne (de l’espagnol cuarterón, de cuarto, quart) est un nom qui désigne un métis ayant un quart d'ascendance noire et trois quarts d'ascendance blanche… (Dictionnaire Larousse)