03 07 17

Sic transit gloria mundi…

Le Roman d'Héliopolis.jpgDescendante de Boghos Nubar Pacha [1], Amélie d'Arschot Schoonhoven [2] est historienne et conférencière, notamment à la Villa Empain.

Elle a fait paraître chez Avant-Propos à Waterloo Le Roman d'Héliopolis, un ouvrage dans lequel elle retrace l’histoire de la ville égyptienne qui fut érigée à partir de 1905 et jusqu’en 1912 sur une grande parcelle de désert au nord-ouest du Caire par le baron [3] et industriel belge Édouard Louis Joseph Empain (1852-1929) et son associé Boghos Nubar Pacha, une cité ultramoderne avec ses bâtiments inspirés de diverses architectures du monde entier, son système de distribution d’eau, sa ligne de chemin de fer, ses routes, ses plantations et son réseau de tramways électriques.

Héliopolis, qui fut au départ peuplée d'étrangers et de coptes (Égyptiens chrétiens) puis par les classes moyennes du Caire, est aujourd’hui un quartier de la capitale égyptienne dont la surpopulation a conduit à la disparition des nombreux jardins.

Fondé sur les archives familiales de l’auteure et brillamment rédigé, ce roman historique retraçant une formidable saga urbaine s’avère en tout point passionnant !

Bernard DELCORD

Le Roman d'Héliopolis par Amélie d’Arschot Schoonhoven, Waterloo, Éditions Avant-Propos, juin 2017, 204 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,00 €

 

[1] Fils de Nubar Pacha (1825-1899), régent d'Égypte, Boghos Nubar Pacha (1851-1930) a épousé Marie Dadian en 1879. Leur fille Eva Zarouhi se maria en 1907 avec le comte Guillaume d'Arschot-Schoonhoven (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boghos_Nubar_Pacha).

[2] Elle est administrateur de l'Association Royale des Demeures Historiques de Belgique.

[3] Général et aide de camp du roi des Belges, il a été anobli par Léopold II en 1907.

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30 06 17

Tout commence à Sumer

 

 

histoire sumer.jpgOn n'en finit pas de découvrir la richesse de la civilisation sumérienne. Elle date de 3000 ans avant notre ère ! Certains pensent qu'une civilisation plus avancée de l'univers est venue donner l'impulsion nécessaire pour cet épanouissement. Ce qui est sûr c'est qu'une série impressionnante de « premières » dans nos civilisations actuelles sont nées à Sumer.

Ce livre « L'histoire commence à Sumer » est la référence historique, écrite il y a déjà quelques décennies par Samuel Noah Kramer, qui enseignait à l'Université de Pennsylvanie. Depuis lors bien des découvertes ont eu lieu, de nouveaux écrits, mais c'est une excellente base pour explorer les nouveaux rebondissements...

Quelques exemples de premières :

 

Les premières écoles :

Après que Sumer eut été progressivement conquis, dans le dernier quart du IIIe millénaire, par les Sémites akkadiens, les professeurs sumériens entreprirent la rédaction des plus vieux « dictionnaires » que l'on connaisse. Les conquérants sémitiques, non seulement avaient emprunté aux Sumériens leur écriture, mais ils en avaient conservé précieusement les œuvres littéraires, qu'ils étudièrent et imitèrent longtemps, après que le sumérien eut disparu comme langue parlée. D'où le besoin de « dictionnaires » dans lequel les expressions et les mots sumériens fussent traduits en akkadien.

 

Le premier Moïse :

Quand le monde eut été créé et que le sort de Sumer et de la cité d'Ur eut été décidé, An et Enlil, les deux principaux dieux sumériens, nommèrent roi d'Ur le dieu de la lune, Nanna. Celui-ci à son tour choisit Ur-Nammu comme son représentant terrestre pour gouverner Sumer et Ur. Les premières décisions du nouveau chef eurent pour objet d'assurer la sécurité politique et militaire du pays.

 

La première cosmologie :

Pour expliquer la marche et le gouvernement de l'univers, les philosophes sumériens avaient recours non seulement à des personnalités divines, mais aussi à des forces impersonnelles, à des lois et règlements divins, les « me ». Ce mot est attesté dans un grand nombre de documents : on constate notamment que des « me » président au devenir de l'homme et de sa civilisation.

 

Notre auteur en énumère environ cent. (Une soixantaine est intelligible aujourd'hui)

 

Les premiers animaux des fables :

Ces compilations de proverbes et de dictons ne nous traduisent qu'un aspect de la littérature sapentale des Sumériens. Ils connaissent d'autres genres d'écrits utilitaires destinés à inculquer la « sagesse » et par là l'exercice d'une vie équilibrée et heureuse.

L'almanach du fermer offre un exemple de traité didactique ; et sous son air de narration sans autre but que le plaisir littéraire, la Vie d'un écolier est au fond une sorte de portrait moral. Autre genre : la controverse.

 

Premiers parallèles avec la Bible, le paradis :

Il est passionnant de suivre le cheminement des idées et des œuvres à travers ces vieilles civilisations, des Sumériens aux Babyloniens et aux Assyriens, aux Hittites, aux Hurrites et aux Araméens. Les Sumériens n'exercèrent évidemment pas une influence directe sur les Hébreux, puisqu'ils avaient disparu bien avant l'apparition de ces derniers. Mais il n'est guère douteux qu'ils influencèrent profondément les Cananéens, prédécesseurs des Hébreux en Palestine. C'est ainsi qu'on peut expliquer les nombreuses analogies relevées entre les textes sumériens et certains livres de la Bible.

 

Le premier Noé :

Le déluge via Babylone et remontant à Sumer.

 

Le premier symbolisme sexuel :

Les chants érotiques qui célébraient le mariage d'un roi-berger et de la déesse de la fertilité pourraient fort bien être les précurseurs du Cantique des Cantiques, cette suite disparate de chants d'amour sensuels dont la présence dans l'Ancien Testament, aux côtés du Livre de Moïse, des Psaumes où domine la prière et du Livre des Prophètes plein d'appels tonnants à la morale, a toujours surpris et laisse encore perplexe plus d'un spécialiste de la Bible.

 

La première légende de la résurrection :

La déesse de l'amour, que ce soit la Vénus romaine, l'Aphrodite grecque ou l'Ishtar des Babyloniens, a toujours enflammé l'imagination des hommes et surtout des poètes. Les Sumériens l'adoraient sous le nom d'Inanna, la « Reine du ciel ».

 

Le premier saint Georges :

Avant Saint Georges : Héraclès et Persée.

La mise à mort du Dragon était un thème familier de la mythologie sumérienne dès le IIIe millénaire avant Jésus-Christ.

 

L'été est une période propice à la découverte, n'hésitez pas à vous ouvrir de nouveaux horizons sur notre passage sur Terre !

 

Jacques MERCIER

 

« L'histoire commence à Sumer », Samuel Noah Kramer, Essai, Champs Histoire, Flammarion 86/94. 320 pp. 9 euros.

 

13 06 17

Criminels de guerre...

La Division Das Reich.jpgLe 8 juin 1944, commandée par le général Heinz Lammerding, pur produit du système nazi, la 2e division blindée SS Das Reich, forte de 15 000 hommes [1] ainsi que de 209 chars et pièces d'artillerie, quitte Montauban en direction de la Normandie.

Entravée dans sa progression par la Résistance française, par des opérations de commando et les bombardements de l'aviation alliée, elle mettra quinze jours – au lieu des trois initialement prévus – pour arriver sur les lieux du débarquement.

Mais cette légendaire action de guérilla restera marquée par des représailles sanglantes : la pendaison de 99 habitants de Tulle (9 juin 1944) par des SS de Lammerding et par des séides du Sipo-SD, et le massacre d'Oradour-sur-Glane (10 juin 1944), qui fit 642 victimes civiles, lâchement exécutées par un détachement du 1er bataillon du 4e régiment de Panzergrenadier Der Führer appartenant à la Panzerdivision Das Reich.

Ces exactions barbares, perpétrées lors d'une phase critique des hostilités, allaient avoir indirectement d'importantes conséquences au niveau stratégique.

En effet, si la division Das Reich était arrivée à temps en Normandie, elle aurait, selon toute vraisemblance, sinon permis aux forces allemandes de rejeter les Alliés à la mer, du moins contribué à différer l'issue de la bataille, retardant du même coup la libération rapide de la France.

Dans La Division Das Reich – Tulle, Oradour-sur-Glane, Normandie, 8 juin - 20 juin 1944, (Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein), Max Hastings, qui fut journaliste à l'Evening Standard de Londres et grand reporter à la BBC, fait le récit détaillé de l'une des pages les plus douloureuses et les plus extraordinaires de la guerre secrète sur le territoire français durant la Seconde Guerre mondiale, dont certains épisodes n'avaient encore jamais été racontés.

L’ouvrage se complète par un index des noms, un glossaire, des notes et des références, tous instruments des plus utiles à la lecture et à la compréhension des événements relatés.

Bernard DELCORD

La Division Das Reich – Tulle, Oradour-sur-Glane, Normandie, 8 juin - 20 juin 1944 par Max Hastings, traduit de l’anglais par René Brest, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, avril 2014, 382 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 11 € (prix France)

Sommaire :

– IIe Division Panzer SS, Montauban, mai 1944

– SOE : Baker Street

– SOE : Sud de la France

– La route

– Tulle : « La Libération »

– Tulle : le prix

– Les Jedburgh

– « Les Panzer sont trop bons pour ça »

– Oradour-sur-Glane : « Un nettoyage rapide et durable »

– Excès de zèle

– Opération Bulbasket

– La Normandie

– Désormais…

 

[1] Elle était composée de Waffen-SS volontaires et de Volksdeutsche, notamment des Alsaciens-Mosellans.

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26 05 17

Approche bilantaire...

Congo – Ambitions et désenchantement (1880-1960) .jpgJean-Luc Vellut a enseigné aux universités de Kinshasa et de Lubumbashi en République démocratique du Congo. En Belgique, il est professeur émérite de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve et membre de l'Académie royale des Sciences d'Outre-Mer.

Ce grand spécialiste de l’histoire de l’Afrique centrale a fait paraître récemment chez Karthala à Paris un volumineux essai (une compilation d’articles très documentés rédigés à partir des années 1970) intitulé Congo – Ambitions et désenchantement (1880-1960) dans lequel il se penche sur le passé colonial congolais de la Belgique.

Voici ce qu’il en dit :

« C’est un livre consacré au déroulement d'une étape, à la fois courte et décisive, dans le long passé de cette région. Au point de départ, les années 1880. Elles virent la concrétisation de vieux rêves de découpage de l'Afrique en grands ensembles transcontinentaux. Rien n'annonçait toutefois que le fleuve Congo devienne un marqueur géopolitique. Ce coup de crayon sur la carte porte la griffe de Léopold II, personnalité hors-norme, grand rêveur et maître-manoeuvrier au sein de différents mondes, ceux de la diplomatie, du capital et des "affaires", mais qui fut aussi porté par les grandes inspirations de l'époque, le mouvement scientifique, le réveil chrétien, la vague antiesclavagiste tout comme par les recompositions alors en cours en Afrique même.

Sans lui, il n'y aurait eu ni "Congo belge" ni page congolaise dans l'histoire de Belgique. Le livre rassemble un bouquet d'essais et de questions. Quels furent les grands seuils de la période ? Quelles ambitions économiques, technocratiques, scientifiques, morales, mais aussi quels itinéraires, plus humbles ? Quelle place de la région sur l'échiquier mondial des puissances et du mouvement des idées ? Quid de l'insubmersible Afrique, de son économie de production et de trafics, mais aussi de sa pauvreté ? Quid de sa vie spirituelle toujours renouvelée, mais jamais contrôlée, de sa vie artistique, elle aussi toujours novatrice ? Autant de coups de projecteur portés sur trois générations, avec d'occasionnelles excursions dans leurs passés et dans les représentations portées par le présent.

En 1960, au sortir de l'épisode colonial, une semaine d'indépendance en 1960 confirma que le "Congo belge" avait été conquis, mais non soumis. On ne trouvera ici ni complaisances ni ressentiments, mais le sillage d'une génération d'historiens dont l'engagement fut d'inscrire le passé de l'Afrique dans les grands chapitres de l'histoire universelle. De nouveaux chantiers s'ouvrent désormais, ceux des sensibilités, des mémoires.

Le défi reste de repérer les ruptures, mais aussi le long fil des généalogies qui, en Afrique comme ailleurs, relient le présent au passé. »

Bernard DELCORD

Congo – Ambitions et désenchantement (1880-1960) par Jean-Luc Vellut, Paris, Éditions Karthala, mars 2017, 509 pp. en noir et blanc + un cahier photo de 8 pp. en quadrichromie au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 € (prix France)

 

TABLE DES MATIÈRES

 

PREMIÈRE PARTIE

ÉTAT DU CONGO. ÉTAT CONQUÉRANT, ÉTAT DE TRANSITION

 

  1. L'État indépendant du Congo dans l'histoire des géopolitiques du centre de l'Afrique

Le centre de l'Afrique aux marges des économies mondiales.

Antennes du capital marchand et amorces géopolitiques

Une « boîte à outils » pour un formatage géopolitique nouveau.

Léopold II s'insinue dans l'histoire de l'Afrique

Enthousiasmes et désenchantements de la génération Stanley

 

  1. Épisodes d'un « grand désordre », 1880-1910

 

Guerres africaines dans l'État du Congo

Deux grandes offensives : de l'Uele au Nil, et du Lomami aux Grands Lacs

Ngongo Leteta, Francis Dhanis : seigneurs de la guerre

Sentinelles, auxiliaires, « mutins » : chefs locaux

Violence et construction : le double visage de l'Histoire

 

DEUXIÈME PARTIE

CONGO, COLONIE BELGE : VOLETS D'UN ORDRE COLONIAL

 

  1. Hégémonies en construction. Articulations entre État et entreprises dans un « bloc colonial »

L'autonomie du bloc colonial belge dans le contexte politique de la métropole

La structure du bloc colonial, en Belgique et au Congo belge

La pratique de l'hégémonie coloniale : la conjoncture et les hommes

Conclusion. Un itinéraire de l'autosatisfaction technocratique au doute existentiel

 

  1. Matériaux d'Europe et d'Afrique pour une image du Blanc en colonie

Le peuplement européen au Congo belge

L'image du Blanc au Congo : le point de vue des conquérants

L'image du Blanc au Congo : la vision des vaincus

Liste des sources citées

 

  1. La communauté portugaise du Congo belge. Une minorité ethnique

 

À l'aube de l'entreprise léopoldienne : présences portugaises dans le bas-fleuve Congo

L'immigration portugaise au Congo belge : quelques points de repère (1885-1940)

Réseaux portugais au Congo (env. 1910-1940)

Le poids de l'entreprise portugaise dans le Congo colonial

Clivages

L’affirmation d’une identité

 

TROISIÈME PARTIE

MALAISES COLONIAUX

 

  1. Résistances et espaces de liberté dans l'histoire coloniale du Congo (env. 1876-1945)

 

Les résistances dans l'histoire de l'État conquérant (env. 1876-1910)

Anachronismes : les résistances primaires dans la période de normalisation (env. 1910-1925)

En ordre dispersé :  résistances dans l'État fragmenté

Conscience du phénomène colonial : la vue globale

La colonisation à son apogée, le nationalisme en veilleuse (1920-1940).

 

  1. Détresse matérielle et découvertes de la misère dans les territoires belges d'Afrique

L'histoire devant la pauvreté et devant les pauvres

La pauvreté de masse dans le monde rural : crises de subsistance et misère quotidienne

La misère rurale dans la perspective coloniale : économie morale des colonisateurs

Fléaux et crises de misère : épidémies, dépeuplement, disettes (1900-1930)

Sous-alimentation, mauvaise santé : inventaires de la misère rurale (1930-1945)

Les visages de la misère dans la société coloniale de croissance (1946-1960)

Pour conclure. La pauvreté des « basenji »

 

  1. La peine de mort au Congo colonial. À propos de l'exécution de Bwana François, 1922

Congo belge : la peine capitale au fil de la mise en place d'un appareil de Justice

Peine de mort et compromis colonial : le poids des cultures

Le pouvoir de la couleur au sein du compromis colonial

La mort de Musafiri Bwana, François, Élisabethville, 22 septembre 1922

Vers une procédure précipitée

La grâce refusée. Lectures divergentes, européennes et africaines

Le supplice, les acteurs, le spectacle, les réflexions d'après

 

QUATRIÈME PARTIE

COMMENT RÊVER L'ÂME DU CONGO

 

Le Congo dans les esthétiques de l'Occident, l'Occident dans les esthétiques du Congo

Itinéraires et vies des objets dans les rencontres Congo-Europe

Récoltes et collections

Problèmes de sens

L'entrée des peintres congolais sur la scène européenne et la recherche de l'Afrique innocente

 

  1. Un charisme du XVIe au XXe siècle : présences de la Vierge Marie au Congo

Itinéraires du catholicisme au Congo. Premiers points de repère

Christianismes d'Europe et d'Afrique : entre religion savante et religion populaire

Facteurs extérieurs, facteurs endogènes : ambitions universelles et expériences hybrides

 

  1. Simon Kimbangu dans le « roman national » congolais. À propos du contrôle des représentations

Simon Kimbangu dans la pensée radicale : de la cooptation à l'éclipse et à l'échec

Le « Simon Kimbangu » de Serge Diantantu: un « roman national » prend forme

La ligne claire dans la forme et le fond

Matériaux pour un récit (1) : chroniques écrites des acteurs et des témoins

Matériaux pour un récit (2) : voix populaires

Matériaux pour un récit (3) : histoires savantes

Fusions, coexistences, tensions, silences autour du récit national

 

CINQUIÈME PARTIE

RIDEAUX SUR UN TEMPS COLONIAL

 

  1. 1920-1939 : avancées, anxiétés et replâtrages dans la construction du Congo

Années 1920 : avancées du capital aux marges des secteurs africains autonomes

Le Congo belge sous l'impact de la crise mondiale et des crises locales

Rencontres et convergences entre fronts conservateurs de l'extérieur et de l'intérieur

Une refondation coloniale aux yeux de l’Histoire : quel bilan ? quels bilans ?

 

  1. 1920-1940 : incertitudes internationales. Les deux Congo, pions sur l'échiquier de la Realpolitik

L'Afrique dans le sillage de la Première Guerre mondiale : incertitudes idéologiques et géopolitiques, 1919-1939

L'Afrique coloniale dans la « drôle de guerre »

À l'ombre des armistices de mai-juin 1940

Congo belge et AEF : le cap des hésitations, juin-septembre 1940

Parallèles et divergences : les entrées en guerre de I' AEF et du Congo belge, octobre-décembre 1940

En guise de conclusion : les jeux de la « mémoire historique »

 

  1. 1944-1960 : la marche vers l'indépendance du Congo belge

Le Congo belge sort de la guerre. Ancrages anciens, regards vers l'avenir

Réflexions autour d'une économie africaine autonome

Géant aux pieds d'argile : derrière la façade Potemkine, d'autres réalités se laissent deviner

Premières fissures dans une construction coloniale

Vers l'indépendance, 1958-1960

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18 05 17

Actes de foi...

Du Jourdain au Congo.jpegSi, passionné comme nous de culture du Continent noir, vous avez manqué l’exposition éponyme qui s’est tenue jusqu’au 2 avril 2017 au Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris et dont le commissaire, Julien Volper, officie en tant que conservateur au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, son catalogue intitulé Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale est un grand must !

Car, écrit-il, « il illustre la singulière histoire par laquelle, sur plus de cinq siècles, les traditions religieuses et politiques de différentes populations d'Afrique centrale ont incorporé la rencontre avec le christianisme par une réinterprétation d'éléments qui leur étaient étrangers, qu'il s'agisse de croyances, de rituels et/ou d'objets.

Ces œuvres (crucifix, statuettes de saint Antoine, figures inspirées du culte marial...) dévoilent ainsi tout le foisonnement artistique et culturel dans la région ».

L’ouvrage abonde d’illustrations, de cartes et d’explications permettant de comprendre le caractère métissé de la religion catholique pratiquée par les Congolais déjà à l’époque précoloniale et ensuite, mais aussi la grandeur du talent d’artistes inspirés et la profonde humanité d’œuvres en prise avec la vie comme elle allait jadis dans les villages et dans la brousse.

C’est que, comme l’écrit John K. Thornton dans un des textes du catalogue, « la conversion du royaume de Kongo fut remarquable à plusieurs égards. Il est en effet inhabituel, dans l'histoire des premiers temps de la colonisation européenne, qu'une région se convertisse en dehors d'un contexte de conquête comme celle des Amériques et des Philippines par l'Espagne, ou celle du Brésil par le Portugal.

Lorsque la conversion n'allait pas de pair avec la conquête, comme en Chine, au Japon ou en Inde, par exemple, il s'agissait en général d'une religion minoritaire tolérée à laquelle ne se convertissaient pas les élites et qui n'était pas encouragée par l'État. Ailleurs, les convertis pouvaient éventuellement se rassembler autour de forteresses ou de comptoirs, à l'écart des grandes conquêtes ou des conversions massives de pays entiers.

Le royaume de Kongo, en revanche, se christianisa par sa propre volonté. Quelques années à peine après le premier contact [avec l’explorateur portugais Diego Cão (vers 1450 - vers 1486) qui fit deux voyages le long de la côte atlantique de l'Afrique au XVe siècle.], Nzinga a Nkuwu décida de se faire chrétien et d'entraîner son pays tout entier derrière lui. C'est donc en 1491 que Nzinga a Nkuwu devint chrétien, se choisissant pour nom de baptême João 1er. Et dès 1530, la nouvelle religion, soutenue par l'État, s'était implantée dans l'ensemble du pays et possédait tout un réseau d'écoles et d'enseignants, et même son propre évêque à partir de 1518.

Du Jourdain au Congo (statuette).jpg 

Pendentif de Denis Malau,

culture kongo, XVIIIe siècle, ivoire, 13 x 4 cm,

Donald & Adele Hall collection

Si l'essor du christianisme fut si rapide dans cette région, c'est justement que la conversion ne découlait pas d'une conquête et que les dirigeants politiques de Kongo décidèrent eux-mêmes d'embrasser cette religion, usant de leur autorité et de leur pouvoir pour l'imposer.

De plus, ces dirigeants étant à l'origine de sa diffusion, les élites de Kongo purent jouer un rôle beaucoup plus important, au moment de déterminer comment la nouvelle religion allait se développer et quels aspects de l'ancienne lui seraient incorporés, que cela n'aurait été le cas s'il s'était agi d'une minorité religieuse ou d'un contexte de conquête.

En réalité, les prêtres portugais qui le connaissaient par son implication dans la mise en forme de la nouvelle foi appelaient Afonso 1er dont le règne commença en 1509, fils et successeur de João 1er, « l 'apôtre du Congo ».

Afin de soutenir cet effort théologique, un certain nombre de jeunes issus de l'élite du royaume furent, à partir de 1483, choisis et envoyés au Portugal pour y étudier ; ils revinrent ensuite au pays pour aider à imaginer comment les concepts théologiques kongo pouvaient être associés aux concepts chrétiens.

À Lisbonne, un établissement éducatif financé par les dominicains répondait aux besoins des étudiants africains ; dans les années 1530, il était dirigé par l'un des cousins d'Afonso qui portait le même prénom ».

Surprenant, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Du Jourdain au Congo – Art et christianisme en Afrique centrale, catalogue d’exposition bilingue français-anglais, Paris, coédition Flammarion & Musée du quai Branly-Jacques Chirac, novembre 2016, 216 pp. en quadrichromie au format 20,4 x 26,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

18 05 17

La Kollaboration !

colla.jpgCet ouvrage est magistral. Il raconte en détails une époque et ses dérives. Ce n'est pas seulement un document, avec ses dates, ses noms, ses précisions, c'est une histoire. Ce n'est pas un roman, même si on peut le lire ainsi, car tout est vrai, vérifié même.

L'auteur, Eddy De Bruyne, a déjà écrit plusieurs livres qui ont traité de la collaboration ; cette fois, il s'attache à la collaboration en Wallonie et en particulier à celle de la région de Liège. L'éditeur explique à propos de « Entre collaboration et kollaboration » : « L'ensemble jette une lumière crue sur une époque particulièrement trouble mettant en scène victimes et protagonistes. »

« En guise de prélude », en début de livre, et sous le titre « La croisière s'amuse », l'auteur nous raconte la randonnée en bateau-mouche que fit Léon Degrelle en septembre 1936. On lui avait refusé un meeting en salle, il choisit de le faire sur la Meuse, à l'aide d'un haut-parleur ! Quant aux dernières pages, pour boucler l'aventure, nous découvrons les « Tribulations d'un agent double liégeois » !

Au fil des chapitres, on découvre la magistrature et l'occupant, les apprentis policiers de Rex ou le recrutement pour la légion Wallonie.

En passant, nous avons également l'envie des uns d'un séparatisme wallon, des autres d'un rattachisme.

Le texte rend ces événements actuels, lisibles, et donc d'autant plus intéressants à découvrir.

Un exemple ? Quelques lignes prises au début de la page 90 : « Au début de l'Occupation, le département politique et culturel de la « Sipo-Sd » de Bruxelles approuvait un éventuel rattachement de la Wallonie à la France en échange de la session de l'Alsace et de la Lorraine à l'Allemagne. Par la suite, il approuva plutôt l'idée de la constitution d'un État wallon autonome auquel seraient rattachées les provinces du Nord français, soit la Franche-Comté, la Picardie et les Flandres. »

Voici déjà deux livres remarquables (avec « L'Opéra dans l'Histoire ») parus dans cette superbe collection dirigée avec le talent qu'on lui connaît par Bernard Delcord.

 

Jacques Mercier

 

Entre collaboration et Kollaboration, Eddy De Bruyne, Les éditions de la province de Liège, 428 pp, 24 euros. www.edplg.be

 

 

17 05 17

Traîtres mous et traîtres durs…

Entre Collaboration et Kollaboration.jpgC’est cette fois dans la collection « Histoire » dirigée par votre serviteur aux Éditions de la Province de Liège que l’historien spécialiste de la Collaboration Eddy De Bruyne [1] a publié un nouvel essai intitulé Entre Collaboration et Kollaboration – Particularismes, reflets et aspects en région liégeoise et ailleurs, une compilation de 26 articles traitant de sujets pour le moins dérangeants.

Écoutons l’auteur :

« Si aujourd’hui le grand public connaît l’action et la portée de la Collaboration en Belgique francophone, quelques aspects moins connus, voire méconnus, n’ont guère été traités, si ce n’est, pour certains d’entre eux, dans le cadre d’études académiques ou d’autres travaux dont l’accès est généralement restreint, voire confidentiel. Ce sont précisément ces sources et autres archives enfouies depuis des décennies qui ont été utilisées pour rédiger le corps de cet ouvrage.

Articulé en plusieurs exposés embrassant des sujets aussi variés que les démêlés de la magistrature avec l’occupant, l’attitude des wallingants germanophiles face aux partisans de la chimère vichyste, l’univers collaborationniste wallon, les tenants et aboutissants de la collaboration militaire, les effets et contre-effets de la Résistance, sans oublier quelques facettes propres à la région liégeoise, l’ensemble jette une lumière crue sur une époque particulièrement trouble mettant en scène victimes et protagonistes.

Et, en filigrane, on notera l’omniprésence de l’occupant et de ses polices répressives, ces dernières épaulées par les “Tueurs de Rex”, nom populaire donné à leurs auxiliaires. »

Un ouvrage où l’on retrouve cités, parmi des milliers d’autres [ 2], des noms inattendus comme ceux de Wallonie libre et de Fernand Dehousse, mais où l’on apprend aussi, entre autres choses, que divers séides de la Gestapo liégeoise s’étaient illustrés auparavant dans les Brigades internationales communistes durant la Guerre d’Espagne…

Bernard DELCORD

Entre Collaboration et Kollaboration – Particularismes, reflets et aspects en région liégeoise et ailleurs par Eddy De Bruyne, Liège, Éditions de la Province de Liège, collection « Histoire » dirigée par Bernard Delcord, avril 2017, 428 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 €

TABLE DES MATIÈRES

– 1. La croisière s’amuse… La randonnée-meeting de Léon Degrelle en bateau-mouche à Seraing le 15 septembre 1936

– 2. Le parti communiste et les arrestations du 22 juin 1941 dans la région liégeoise

– 3. Le Grand-Liège (octobre 1942 - septembre 1944)

– 4. Une certaine Wallonie… un certain wallingantisme… vus d’en face – wallingants francophiles, germanophiles, hitlérophiles et germanolâtres...

– 5. La politique Nossent au sein de la Sipo-Sd liégeoise

– 6. À verser au dossier Wallonie libre – Sur le fil du rasoir : Fernand Dehousse face à la Sipo-Sd liégeoise (1942-1944)

– 7. Le bureau liégeois de l’Office du Travail, la Werbestelle et le Fahndungsdienst

– 8. Les liaisons hasardeuses – La magistrature liégeoise et la Brigade judiciaire antiterroriste 1942-1943

– 9. Le corps des officiers belges pendant la Seconde Guerre mondiale – Le cas Lucien Lippert : Kommandeur de la Légion Wallonie, de la 5.SS-Freiw.Sturmbrigade Wallonien et SS-Sturmbannführer malgré lui ?

– 10. Le recrutement dans les stalags et oflags en faveur de la Légion Wallonie

– 11. Pur et pur ! – Le contingent du 10 mars 1942, dit de la jeunesse, en faveur de la Légion Wallonie

– 12. Comment se meurt un réseau – La section sérésienne du Front wallon ou… cherchez la femme

– 13. le Mouvement national populaire wallon – MNPW, prélude à la formation en Wallonie d’un parti unique d’Ordre nouveau

– 14. La Maison wallonne rexiste liégeoise

– 15. L’Außenstelle der Sipo-Sd Lüttich

– 16. Les apprentis policiers de Rex

– 17. Le cas Andreas Folmer

– 18. Les anciens établissements Pieper 1940-1944

– 19. Le Conseil culturel d’Expression française

– 20. Le comité liégeois de la Société Dante Alighieri

– 21. Les fascistes italiens à Liège

– 22. La grève des magistrats liégeois

– 23. La dissolution du Cercle littéraire de Malmedy

– 24. Note en marge de la reparution du Pays Réel le 25 août 1940

– 25. Les auxiliaires de la Gestapo à l’œuvre

– 26. Les tribulations d’un agent double liégeois – La mission Violet-Dalimier

 

[1] Eddy De Bruyne a consacré plus de vingt-cinq années à l’étude de la Collaboration en Belgique francophone durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’est plus particulièrement penché sur le rexisme de guerre et le parcours de Léon Degrelle pendant cette période. Ces années de recherches intensives se sont concrétisées par la publication de plusieurs livres parmi lesquels, édités par votre serviteur, Léon Degrelle et la Légion Wallonie – La fin d’une légende (Éditions Luc Pire, 2011), Les Commandos wallons d'Hitler septembre 1944 - mai 1945 (Éditions Luc Pire, 2013) et Moi, Führer des Wallons – Léon Degrelle et la Collaboration outre-Rhin septembre 1944 - mai 1945 (Éditions Luc Pire, 2014). Par ailleurs, Eddy De Bruyne a fait partie de l’équipe des correspondants du Centre de Recherches et d’Études historiques sur la Deuxième Guerre mondiale (‘actuel CEGES) et, comme tel, est intervenu dans les mémorables débats télévisés organisés par Maurice De Wilde (L’Ordre nouveau) et Jacques Cogniaux (Léon Degrelle – Face et Revers).

[2] Nul doute que bien des dents grinceront et que bien des yeux s’écarquilleront dans la Cité ardente et ses alentours…

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13 04 17

« J'ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m'en suffiraient. » (Jules Renard)

Chambord – Le rêve d'un roi.jpgGrand reporter au Figaro Culture et sur le figaro.fr, Claire Bommelaer-Bettan est l’auteure, chez Gallimard à Paris, de Chambord – Le rêve d'un roi, un magnifique hors-série de la fameuse collection « Découvertes » dans lequel elle convie le lecteur à une passionnante promenade derrière et hors les murs de l’un des plus prestigieux joyaux de l’architecture castrale de la Renaissance française.

En voici la présentation :

« Lorsque, à l'occasion d'un séjour à Amboise, François Ier, passionné de chasse, découvre le petit château érigé par les comtes de Blois au cœur d'un vaste territoire giboyeux, il n'a de cesse d'y bâtir un somptueux édifice, symbole de toute sa puissance. Ce chantier audacieux commence en 1519 se déroule sur une période de trente ans et est le point de départ d'une aventure qui dure depuis cinq siècles, au sein d'un splendide domaine de la taille de Paris intramuros.

Léonard de Vinci a sans doute été associé au projet et l’escalier à double révolution au centre du château qui lui est attribué constitue un objet de fascination depuis le XVIe siècle, qui attire aujourd'hui encore les visiteurs du monde entier.

Au fil du temps, les propriétaires successifs ont fréquenté le domaine sans s'y établir longuement et il a plusieurs fois frôlé la ruine, voire la destruction.

Propriété de l'État français depuis 1930, classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, le domaine de Chambord a connu plusieurs périodes de restauration, aussi bien pour le monument que pour son parc et sa forêt.

Aujourd'hui, de nombreux événements culturels sont organisés au sein du bâtiment et à ses abords, valorisant ainsi ses atouts et permettant à un large public de découvrir l'âme de Chambord dont la beauté et le charme sont – et resteront – l'éternelle expression du génie de la Renaissance. »

Une destination de vacances toute trouvée !

Bernard DELCORD

Chambord – Le rêve d'un roi par Claire Bommelaer-Bettan, Paris, Éditions Gallimard, hors-série de la collection « Découvertes Gallimard », avril 2017, 48 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 20,5 cm sous couverture Integra en couleurs, 14,50 € (prix France). Une version en langue anglaise est en vente au château.

Sommaire :

Introduction : les mille vies de Chambord

  1. Le château de Chambord, un rêve de pierre
  2. Une vision de la Renaissance
  3. Le château remeublé et ses collections
  4. Ceux qui ont bâti l'histoire de Chambord
  5. Un domaine giboyeux réputé pour la chasse
  6. Une nature intacte au cœur d'un site grandiose
  7. Chambord : un patrimoine tourné vers l'avenir

07 04 17

Massacre à la machette…

Le génocide des Tutsi au Rwanda.jpgConstitutionnaliste et politologue belge, Filip Reyntjens est professeur émérite de droit et de sciences politiques à l'université d'Anvers. Ancien expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda, il a aussi participé à l'élaboration de la Constitution rwandaise.

Il a fait paraître à Paris, aux Éditions des Presses universitaires de France, dans la collection « Que sais-je ? », une brillante synthèse historique sur Le génocide des Tutsi au Rwanda, perpétré d'avril à juillet 1994 et qui fut exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d'un demi-million de victimes ont été exterminées en cent jours.

Elles sont généralement tombées sous les coups d'un très grand nombre d'assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires.

L’auteur tente de comprendre les ressorts de cette tragédie en répondant à des questions simples : comment s'est-elle déroulée ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Quelles séquelles a-t-elle laissées, au Congo notamment ?

Il montre aussi que ce génocide n'appartient pas qu'à l'histoire, car il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu'ailleurs, notamment en France où les controverses restent intenses et où les termes du débat sont souvent violents [1].

Et insultent la mémoire des victimes, Tutsi, Hutu modérés, Twa et casques bleus belges…

Bernard DELCORD

Le génocide des Tutsi au Rwanda par Filip Reyntjens, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », avril 2017, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

 

[1] Le gouvernement français était alors dirigé par Édouard Balladur tandis que François Mitterrand exerçait la présidence de la République, et leur attitude face aux crimes perpétrés par les génocidaires hutu, très nombreux dans l’armée rwandaise dont beaucoup de cadres avaient été formés dans l’Hexagone, est à tout le moins sujette à caution, voire pire…

01 03 17

Souvenirs coloniaux au féminin…

Une jeunesse au Congo.jpgDans Une jeunesse au Congo – 14 femmes racontent leurs souvenirs du Congo belge, (Waterloo, Éditions de la Renaissance du Livre), Dominique De Mets a réuni les témoignages d’anciennes religieuses, femmes au foyer ou hôtesses de l’air qui ont vécu ou voyagé dans les immenses territoires de l’actuelle RDC, à Léopoldville, à Kikwit, à Inongo, à Kindu, à Bukavu, à Élisabethville, à Stanleyville, à Albertville ou dans des villages de brousse, surtout durant la dernière décennie de la colonisation qui prit fin, on s’en souvient, le 30 juin 1960.

Écoutons l’auteure :

« La plupart des Belges partis travailler au Congo étaient des hommes jeunes et ambitieux. Mais ils ne partaient souvent pas seuls : dans leur sillage, ils entraînaient fréquemment une femme qui suivait fidèlement son mari vers un continent lointain et inconnu pour y fonder une famille et y construire une vie. Dans cet environnement africain, loin de ceux qu'elles connaissaient et chérissaient, elles entamaient ainsi leur vie d'adulte.

Les récits présentés dans ce livre sont authentiques et mettent en lumière le rôle oublié de ces jeunes femmes belges au Congo. Vivant côte à côte avec le peuple congolais, elles ont découvert une nouvelle culture riche en traditions et ont appris à parler des langues étrangères. Certaines ont encore la nostalgie de cette époque, tandis que d'autres sont toujours hantées par les mauvais souvenirs liés à leur départ précipité. »

Ces femmes ont pour nom Simonne Blanchart, Oda Vandeputte, Sœur Pascale Polfliet, Sœur Walburgis Van Quekelberghe, Sœur Jeanne Lenaers, Denise Creupelant, Christiane Blanjean, Geneviève Corin, Michèle Zoll, Anne Le Grelle, Christiane Lienart, Élise Sillen, Anne-Jacqueline Scheere et Monique Genonceaux, cette dernière fournissant en outre le récit détaillé du pont aérien entre le Congo et la Belgique auquel elle participa en tant que personnel navigant de la SABENA et qui, entre juillet et août 1960, permit l’évacuation de 25 711 passagers, parmi lesquels 8 327 enfants, 1 888 bébés et 9 742 femmes.

Une autre façon, ouverte et sensible, de se pencher sur un passé qui a du mal à passer…

Bernard DELCORD

Une jeunesse au Congo – 14 femmes racontent leurs souvenirs du Congo belge par Dominique De Mets, Waterloo, Éditions de la Renaissance du Livre, février 2017, 191 pp. en noir et blanc au format 16,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 22,90 €

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