18 02 18

Bras d'honneur...

Rien à battre.jpgTommy Jaud est un écrivain et scénariste allemand. À la fois fasciné par les livres de self-help parus aux États-Unis et profondément irrité par la vague montante des obligations sans limite, il s'est décidé à écrire son propre manuel de développement personnel.

Paru chez Favre à Lausanne, il s’intitule Rien à battre ! – Pour en finir avec la mauvaise conscience et il s’en prend avec drôlerie aux ukases de notre époque qui veut que l’on surveille constamment son poids, que l’on range et aménage son logis « comme il faut », que l’on soit en permanence écologiquement correct, que l’on ait une opinion sur tout, que l’on profite de sortir dès qu'il fait beau, que l’on mange toujours sainement, que l’on ait une vie sociale très active et que l’on affiche tous les prétendus signes de réussite, en les envoyant sur les roses.

Pour défendre ses thèses, il s'est inventé un double excessif et attachant, Sean Brummel, « grand gourou californien » et fervent adepte de la dolce vita, à qui il fait dire ce que chacun pense en son for intérieur mais n'ose plus assez revendiquer : le droit à la paresse, à la non-performance, au plaisir…

Un livre qui fait VRAIMENT du bien !

Bernard DELCORD

Rien à battre ! – Pour en finir avec la mauvaise conscience par Tommy Jaud, Lausanne, Éditions Favre, janvier 2017, 288 pp. en couleurs au format 14,3 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 19 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage joyeusement à contre-courant l’extrait délicieusement provocateur suivant :

Pourquoi les véganes n’ont pas le droit de freiner

Ne manger aucun produit alimentaire issu de l’animal, c’est la première étape du véganisme. La deuxième étape consiste, pour certains, à nourrir leurs animaux de compagnie aussi sur le mode végane, tout en posant des questions stupides à leurs concitoyens, qui ne leur ont rien demandé.

Pas plus tard que la semaine dernière, un de mes clients à la brasserie Brummelstore voulait absolument savoir si les étiquettes de mes bouteilles mentionnaient la présence de caséine ; car si tel était le cas, cela signifiait que ma bière contenait de la souffrance animale.

Suivit un bref, mais intense moment de souffrance, humaine cette fois, puis le type sortit de la boutique plus vite qu'il n'y était entré. Sans bière. Depuis, j'ai compris : il y a une catégorie d'abstinents qui non seulement s'interdisent toute nourriture d'origine animale, mais restent à distance de toute fabrication, même non comestible, ayant quelque chose à voir avec l'animal : sièges en cuir, édredons en plume, écrans LCD. Oui, c'est comme ça : on ne peut pas regarder la télé non plus, car beaucoup de cristaux liquides sont basés sur la cholestérine.

Donc, les véganes vont aller au cinoche, direz-vous ? Mais pour quoi faire ? Un végane digne de ce nom, conscient de ses valeurs éthiques, s'interdira de regarder un film, car la pellicule est à base de gélatine.

De toute façon, la question ne se pose pas, car un végane archi-convaincu ne peut pas prendre sa voiture pour se rendre au cinéma : la fabrication des pneus comprend une petite proportion de stéarine animale.

Mais en imaginant que notre végane archi-convaincu se déplace prudemment en roulant sur les jantes, c'est dangereux pour lui, car il lui est interdit de freiner : le liquide de freins contient du glycérol.

Et c'est aussi tragiquement dangereux pour toutes les bestioles innocentes qui s'écrasent sur sa vitre à mesure qu'il accélère... et voici maintenant qu'un daim jaillit devant sa voiture !

Pardon ? Si c'est comme ça, autant se pendre tout de suite, non ?

Bon, la chose mérite d'être considérée, mais à une condition : refuser d'utiliser une corde avec de la laine !

Pensez à ces pauvres moutons !

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 02 18

Festival de vacheries…

À la fin de l'envoi, je touche.jpgChroniqueur, essayiste, fasciné par la richesse de la langue française, Olivier Clodong aime traquer les bons mots, les traits d'esprit et les répliques qui font mouche. Il leur a consacré plusieurs livres, dont Et toc ! (Fayard, 2015).

Il a fait paraître à Paris, aux Éditions J’ai Lu dans la collection « Librio », un petit ouvrage caustique intitulé « À la fin de l'envoi, je touche ! » – Histoire, cinéma, politique, littérature - Les répliques qui tuent dans lequel sont rassemblées de nombreuses estocades hilarantes.

Court florilège :

De Georges Clemenceau sur Paul Deschanel : « Il a un bel avenir derrière lui… »

Du même, à propos du décès de Félix Faure : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ».

De Winston Churchill sur son rival travailliste Clement Atlee : « C’est un homme modeste qui a de nombreuses raisons de l’être ».

De François Mitterrand sur Margaret Thatcher : « Elle a les lèvres de Marylin, les yeux de Caligula ».

De Jacques Chirac : « Sarkozy, il faut marcher dessus. Et du pied gauche, ça porte bonheur ».

En 1796, Mme de Staël sollicite l’avis de Rivarol : « Que pensez-vous de mon livre ? » [1] Réponse : « Je fais comme vous, Madame, je ne pense pas ».

De Louis Scutenaire, poète surréaliste belge : « Saint-John Perse, mais il y a mis le temps ! »

De Rodin à Picasso qui lui propose une de ses toiles : « Commencez par signer, que je sache dans quel sens ça se regarde… »

D’une admiratrice à l’écrivain Paul Morand « Vous souvenez-vous, Cher maître, des cerises que nous avons cueillies ensemble il y a quatre ans ? » Réponse : « Oui, je me souviens parfaitement des cerises… »

Ou encore de Jean Cocteau, à propos d’un dîner en ville : « Tout était froid, sauf le champagne ».

Une vaste compilation assassine !

Bernard DELCORD

« À la fin de l'envoi, je touche ! » – Histoire, cinéma, politique, littérature - Les répliques qui tuent par Olivier Clodong, Paris, Éditions J’ai Lu, collection « Librio », novembre 2017, 91 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 5 € (prix France)

[1] De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 01 18

Vous prendrez bien un peu de Witz

9782259230292.jpg

 C'est autour de la notion de Witz  intraduisible en français  - mettons que c'est un trait d'esprit - qu'Adam Biro articule ce plaisant abécédaire.

   Rappelons que, chère à notre blog, la collection des Dictionnaires amoureux laisse libre cours, subjectif parcours à son auteur.  Partant, le nombre des entrées, longueur et  prisme thématique relèvent, dans ce nouvel opus,  de l'arbitre pétillant d'Adam Biro, juif athée et d'une distinction bien établie entre les philosémites et ceux qui ne le sont pas. Ainsi "hitler" et sinistre compagnie se voient-ils privés de leur majuscule patronymique. Reconnaissons qu'il ne l'ont pas volé.

 Longue  et bavarde  ballade -  l'ouvrage compte  800 pages! -  le recueil nous révèle qu'il y a plusieurs variétés d'humour juif,  le séfarade, l'ashkenaze - mais aussi celui  qui est lié au continent, au pays de résidence.

   Un point commun : le lien que l'humour entretient avec le tragique. Dieu sait comme l'Histoire en a nourri le peuple juif. Une dimension mystique, également.

Jalonné du portrait de nombreuses personnalités, pimenté de nombreuses plaisanteries, le dictionnaire offre une incursion passionnante sur la mentalité juive et l'affirmation de la valeur suprême du judaïsme qu'est la vie.

 Apolline Elter

 Dictionnaire amoureux de l'Humour juif, Adam Biro, abécédaire, Ed. Plon,  sept. 2017,  800 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Dictionnaires, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 01 18

« Waterzooie ! Waterzooie ! Waterzooie ! Morne plat ! » (René Goscinny in Astérix chez les Belges)

Goscinny – Faire rire, quel métier.jpgAux visiteurs de l’exposition intitulée René Goscinny. Au-delà du rire qui se tient jusqu’au 4 mars 2018 au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris, nous conseillons vivement la lecture du petit ouvrage d’Aymar du Chatenet et de Caroline Guillot plaisamment intitulé Goscinny – Faire rire, quel métier ! paru dans la collection « Découvertes Gallimard » en 2009 et qui n’a pas pris une ride.

Les auteurs y retracent, appuyée par 150 documents iconographiques, la vie (1926-1977) et la carrière prolifique, multiforme et pleine d’humour du génial scénariste d'Astérix, de Lucky Luke, du Petit Nicolas, d'Iznogoud, de Modeste et Pompon, d’Oumpah Pah le Peau-Rouge ou encore des « Dingodossiers » [1] qui a su s'associer aux plus grands dessinateurs (Sempé, Uderzo, Morris, Franquin, Tabary...) et qui, par son action à la direction du légendaire magazine Pilote, a mis le pied à l’étrier le pied de nombreuses grosses pointures de la bande dessinée française (Bilal, Bretécher, Cabu, Druillet, Fred, Giraud, Gotlib, Mézières, Reiser…)

Un véritable bain de Jouvence !

Bernard DELCORD

Goscinny – Faire rire, quel métier ! par Aymar du Chatenet et Caroline Guillot, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », octobre 2009, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,70 € (prix France)

Informations pratiques :

À l’occasion de la commémoration des quarante ans de la disparition de René Goscinny, le mahJ, en partenariat avec l’Institut René Goscinny, présente la première rétrospective consacrée au co-créateur d’Astérix et du Petit Nicolas. L'exposition rassemble plus de 200 œuvres, dont des planches et scénarios originaux, et de nombreux documents inédits issus des archives Goscinny.

Adresse :

Musée d’art et d’histoire du judaïsme

Hôtel de Saint-Aignan

71, rue du Temple

75003 Paris

Tél. 00 33 1 53 01 86 60

Horaires :

Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h

Samedi et dimanche de 10 h à 18 h

Les caisses ferment 45 minutes avant la fermeture du musée

Prix :

Plein tarif : 8 €

Tarif réduit : 5 € (18-25 ans, familles nombreuses, Amis du Louvre)

Exposition « Goscinny et le cinéma, Astérix, Lucky Luke et Cie », à la Cinémathèque française : demi-tarif (soit 5,50 €) sur présentation du billet d’entrée à l’exposition « René Goscinny. Au-delà du rire », et gratuité pour les moins de 18 ans.

L’exposition est accessible aux personnes à handicap moteur ou à mobilité réduite

[1] Il est aussi le scénariste du film-culte Le Viager réalisé par Pierre Tchernia et dont le rôle principal est joué par Michel Serrault (1972).

26 11 17

Belge une fois

belge une fois.jpgQuelle excellente idée que de donner la parole à ces nouveaux communicateurs que sont les blogueurs ! En l’occurrence, il s'agit de blogueurs belges, Natacha Filipak et Arthur Renson, propriétaires de la marque « Belge une fois » qui se décline de plusieurs façons.

L'édition Racine leur a demandé de proposer dans un superbe petit livre cartonné 32 expressions connues chez nous. Un régal pour les amateurs de notre patrimoine. Le sous-titre est « le parler belge illustré ».

Pour vous donner « l'eau à la bouche » (puisque nous sommes dans les expressions, domaine que j'adore, comme vous savez!), voici la première expression du livre : « Avoir bon ».

« Liste non exhaustive de tous ces moments qui te font dire combien tu as bon ... ! - Le « chpops » d'une bouteille de champagne. -La jouissance de péter le papier bulle. - Recevoir sa bière après une longue file d'attente au bar. - Réussir une mayonnaise du premier coup. - Entendre le pop-corn exploser dans le micro-ondes. » Génial, non ?

Au hasard des mots, en voici quelques-uns qui apparaissent dans ce beau livre à offrir pour les fêtes : Baraki, Babeleir, Douf, Bisbrouille, Drache, Froucheler, Boentje, Racuspoter, Spiter, Rawette...

Les dessins d'Arthur rivalisent de drôlerie avec les textes de Natacha. Voilà un merveilleux objet pour mettre en valeur notre patrimoine avec humour.

 

Jacques MERCIER

 

Belge une fois, le parler belge illustré, édition Racine, 64 pp, 17cm/17cm, couverture cartonnée, couleurs, 15 euros.

 

14 11 17

« L'humour juif, c'est de faire rire avec une histoire qui a un double sens et qu'on ne comprend qu'à moitié. » (Popeck)

L’humour juif expliqué à ma mère.jpgDans L’humour juif expliqué à ma mère, une compilation désopilante parue chez Chiflet et Cie à Paris, le journaliste et écrivain Franck Medioni aborde son sujet

– en 7 chapitres (Les Juifs sont juifs ; Dieu est juif ; Ma mère est juif ; Ma famille aussi est juif ; L'argent est juif ; Les goys et les antisémites sont-ils juifs ? ; L'humour est juif)

– dans des citations traitées par thèmes : amour, bonheur, argent, sexe, vieillesse... rassemblant les meilleures histoires juives qui se transmettent par la tradition orale, à savoir

– des citations d'humoristes (S. J. Perelman, Groucho Marx, Woody Allen, Jerry Lewis, Lenny Bruce, Pierre Dac, Tristan Bernard, Jerry Seinfeld, Georges Wolinski, Gad Elmaleh...)

– et de figures historiques (Benjamin Disraeli, Golda Meïr, Henry Kissinger, Albert Einstein…),

– des répliques de cinéma (dans des films de Billy Wilder, Mel Brooks, Marcel Ophuls, Milos Forman, Roman Polanski, Woody Allen, Georges Lautner, Gérard Oury...)

– et des extraits de romans et de livres (de Franz Kafka, Heinrich Heine, Marcel Proust, Arthur Schnitzler, Romain Gary, Isaac Bashevis Singer, Albert Cohen, Georges Perec, Eugène Ionesco, Vladimir Jankélévitch, Philip Roth...)

Florilège :

« Je ne sais pas si Dieu existe. Mais s’il existe, j’espère qu’il a une bonne excuse. » (Woody Allen)

« Quand je suis né, j’étais tellement laid que le médecin a giflé ma mère. » (Henny Youngman)

« Je m’en sors plutôt bien si l’on considère que j’ai triomphalement survécu au nazisme et à deux épouses. » ‘Albert Einstein)

– Une femme : « Oh, vous aimez les enfants ?

– Groucho Marx : « Non, je préfère les faire… »

« J’ai fait un cauchemar, hier soir : j’étais un bébé, Jennifer Lopez était ma mère et elle me nourrissait au biberon. » (Robin Williams)

« J’ai dit à mon dentiste que mes dents devenaient jaunes. Il m’a conseillé de porter une cravate marron. » (Rodney Dangerfield)

« J’ai épousé un Allemand. Tous les soirs, je me déguise en Pologne et il m’envahit. (Bette Midler)

« Ma grand-mère était une jongleuse juive. Elle arrivait à s’inquiéter à propos de six choses en même temps. » (Richard Lewis)

« Personne ne gagnera la guerre des sexes. Il y a beaucoup trop de fraternisation avec l’ennemi. » (Henry Kissinger)

« Nous devons croire au libre-arbitre. Nous n’avons pas le choix. « Isaac Bashevis Singer)

« Tu aimeras ton prochain comme le précédent. » (Philippe Bouvard)

« Ma musique n’est pas moderne, elle est seulement mal jouée. » (Arnold Schönberg)

Mazel tov !

Bernard DELCORD

L'humour juif expliqué à ma mère par Franck Médioni, préface de Boris Cyrulnik, postface de Florient Azoulay, illustrations de Serge Bloch, Paris, Éditions Chiflet & Cie, septembre t 2017, 359 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France).

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 10 17

Quel bonheur que la découverte de "Chacun son Chat!" de Geluck

chat.jpgCe que je pourrais vous dire d'enthousiasmant pourrait vous paraître exagéré, puisque Philippe Geluck est mon ami, et pourtant ce nouvel album du Chat (le 21e!) « Chacun son Chat » me semble le meilleur, le plus abouti, le plus varié, le plus profond et le plus drôle !

Je pourrais analyser et détailler, comme je le faisais quand j'interviewais Philippe sur antenne à pareille occasion, mais je me suis donné le bonheur de ne pas prendre de notes en découvrant hier soir l'album : simplement sourire, rire, réfléchir. Et me dire souvent, comme toujours : « Bigre ! C'est une réflexion drôle d'une telle évidence, j'aurais dû la trouver, mais lui, il trouve ce trait avant nous et c'est ça son génie ! »

Déja la page de titre avec cette déclaration (hommage à Barbara) : « Ma plus belle histoire d'humour... C'est vous ! »

Cette si touchante allusion à Goscinny et Uderzo qui occupe toute la première page : « Nous sommes en 2017 après J.-C. Le monde entier est envahi par une sorte de morosité bien compréhensible. Le monde entier ? Pas vraiment ! Un petit pays résiste encore et toujours à la déprime générale... »

"Allez !", comme on dit trop souvent en télévision pour accélérer artificiellement le rythme d'une émission, allez, encore quelques textes pour vous donner le ton de l'ouvrage (Ils prendront place dans mes phrases très matinales ces jours prochains!):

« Les ennuis de mes amis sont mes ennuis »

« Rien ne sert de courir, surtout si c'est dans le mauvais sens... »

« S'il y a une autre vie après la vie, j'aimerais qu'on m'explique quel est l'intérêt de mourir ? »

Une dernière ?

« Si tu y réfléchis un peu, tu constateras que dans ta vie, tu auras passé plus de temps avec tes lunettes qu'avec tes enfants ! »

 

Ne ratez pas les ajouts quotidiens de l'Appli Le Chat sur iPhone !

 

Jacques MERCIER

 

Chacun son Chat, Philippe Geluck, 48 pp, 22,6X30,5 cm, Edition Casterman ou Geluck.com 11,50 ou 11,95 euros.

 

Écrit par Jacques Mercier dans B.D., Belge, Humour, Jacques Mercier, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 05 17

Paroles d’or…

Ma petite poésie ne connaît pas la crise.jpgComme toujours, le nouvel opus, au titre cette fois très « bashungien », de l’ami Jean-Pierre Verheggen (°Gembloux, 1942), ne décevra pas les amateurs d’humour décapant dans des textes décalés !

On se souviendra d’abord qu’en 2009, son L'Oral et Hardi, joué et mis en scène par Jacques Bonnaffé, a été récompensé en France d'un « Molière » dans la catégorie « meilleure compagnie », sans que personne se soit avisé qu’il s’agissait d’un patchwork des discours du maire de Champignac dans les aventures de Spirou et Fantasio dessinées par André Franquin.

Il est vrai que la poésie de Verheggen « est avant tout une parodie de la poésie, une critique radicale de l'idéologie que véhicule ce genre et un pastiche burlesque de ses conventions. À partir de là, il développe dès 1968 le concept de réécriture et en applique les effets à des champs d'investigation plus larges, allant de la bande dessinée à la langue politique la plus stéréotypée, en passant par la perversion d'un langage par un autre, en l'occurrence du français classique et scolaire par son wallon maternel, sauvage et sexuel ».[1].

Cette fois, au cri de « Tout va très bien madame la Marcrise ! », il s’en prend avec une belle truculence libertaire aux petits et aux grands travers de notre époque.

Par exemple, à la passion dont s’est pris le bon peuple télévisuel de par chez nous pour les émissions culinaires en tout genre :

« Abonnez-vous à “la cuisine crapuleuse” et découvrez chaque semaine une recette inédite parmi :

l'académicien en rosette,

le faisan à l'andouille,

la bécasse marquée bécasse au front,

le clafoutis à la Jean-Baptiste Clément (en saison),

le loup façon mère-grand,

le chouchou de Bruxelles,

la souris d'agneau à la Mickey et ses mousses maison,

le soigneur sportif aux petits oignons,

la contractuelle à l'aubergine,

le vieux croûton dans son jus,

le pigeonné par une cocotte,

le chapon Banania,

l'enfant de chœur au vin de messe,

l'époisse marquée pas de chance,

le lapin à la prestidigitation aux deux chapeaux,

l'avocat aux marrons,

le ramenard à la fraise de grand veau,

le homard au « m'a tué »,

le boucher maturé,

le boss à moelle,

le poulet ripoux,

le petit vicaire à l'étouffe-chrétien,

l’idiot au beaujolais village

le dentiste à la fraise des bois (en saison),

le pêcheur durable,

le boulanger dans le pétrin,

le bûcheron de Noël,

etc. À suivre ! »

Un vrai cortège à la Prévert, non ? On aime aussi ses traductions latines, comme :

Ab imo pectore

Je lui ai charcuté la poitrine.

Lapsus calami

Elle s’est fait sucer par un calamar.

A parte

Elle a accouché toute seule.

In medias res

Au milieu de ta raie.

Deo gratias

Dieu est un peu gras !

La vraie science littéraire, en somme…

Bernard DELCORD

Ma petite poésie ne connaît pas la crise par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, mai 2017, 113 pp. en noir et blanc au format 21 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)

 

[1] Alphabet des lettres belges de langue française, Promotion des lettres belges de langue française, Bruxelles, 1982, p. 302.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 02 17

Pintes de bon sang…

Perles de people.jpg« Le plus grand souvenir de mes 20 ans, c’est quand j’avais 16 ans… » (Johnny Hallyday)

« De plus en plus, nos importations viennent de l’étranger. » (George W. Bush)

« Ils m’ont mal sous-estimé ! » (George W. Bush, encore lui)

« Maintenant, il faudra faire avec sans Zizou. » (Franck Ribéry)

« C’est dur d’être filmé 7 jours sur 24 ! » (Hayder, Secret Story 2)

« Paris, c’est ma ville préférée, car je peux acheter plein de tee-shirts avec mon prénom dessus. » (Paris Hilton)

« Je suis têtue comme une moule ! » (Daniela, Secret Story 3)

« Il ne faudrait pas que celui qui vient de donner son sperme s'en lave les mains ! » (Christine Boutin)

« Il faut rendre César à César ! » (Patrice Évra)

« Où se tiendra le festival de Cannes, cette année ? » (Christina Aguilera)

« J’ai toujours été célèbre, c’est juste que personne ne le savait. » (Lady Gaga)

« Si tu invites des gens qui ont tous le même groupe sanguin à une fête, mais que tu ne leur dis pas, ils vont parler d’autre chose. » (Jean-Claude Van Damme)

Voici quelques sentences définitives relevées dans Perles de people, un ana de 400 phrases réunies par Stéphane Garnier paru aux Éditions First à Paris, un petit bouquin à mourir de rire qui en dit long sur l’époque formidable que nous vivons…

Bernard DELCORD

Perles de people par Stéphane Garnier, Paris, Éditions First, collection « Humour », août 2015, 191 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 4,95 € (prix France). Existe en format Kindle (3,49 €)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 02 17

Un joyeux délire !

bière qui coule.jpgSi vous aimez comme moi la langue française et les expressions, mais si, en plus, vous aimez sourire, rire et jouer sur les mots, ce petit livre délicieux Bière qui coule n'amasse pas mousse est pour vous ! Charlotte Dekoker s'amuse dans un joyeux délire à décortiquer quelques expressions, à imaginer, à prendre des chemins de traverse. Un humour qui ressemble beaucoup au non-sens belge ou anglais. Il faut beaucoup d'imagination et un sens de la dérision intelligente pour réussir dans ce domaine. Mais, ne vous y trompez pas, on apprend aussi en s'amusant. Mine de rien, on trouve des mots justes et précis.

« Se tenir à carreau », « Avoir les dents qui rayent le parquet », « Être dur de la feuille », « La politique de l’autruche », « Mettre les points sur les i » ou « Se dorer la pilule » sont des expressions que vous n'utiliserez plus jamais de la même façon, innocente et savante ! L'auteur aura semé en vous le grain de folie qui rend la vie plus belle.

J'aime aussi les NB traduits de manière différente à la fin de chaque chapitre. Par exemple : NB Napoléon Bonaparte.

Pour vous donner le ton de l'ouvrage, voici comment l'auteure nous met tout de suite dans le bain ! Voici les premières phrases de l'ouvrage : « Je serais vraiment passée à côté de quelque chose si je n'avais pas écrit ce livre. Quant à vous, mes gros lapins, n'en parlons pas. Votre vie aurait tout simplement été comme avant. C'est dire. L'angoisse. »

Charlotte Dekoker a 30 ans, vit à Paris, où elle occupe des fonctions de direction dans le secteur du mécénat. Gageons qu'elle a dû passer de bien belles récréations en dehors de son travail pour mener à bien la rédaction de ce petit livret.

 

Jacques Mercier

 

« Bière qui coule n'amasse pas mousse », Charlotte Dekoker, Digobar Éditions, 2016, 110 pp. 12 euros.