13 06 17

Les cinq filles du pasteur Brontë

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 Belle découverte en cette fin d'année académique que la  sélection de ces quelque trois cents lettres, familiales, traduites et annotées  par Constance  Lacroix, principalement  jaillies de la plume de Charlotte, la troisième des cinq filles du pasteur Patrick Brontë. 

Charlotte est l'auteur de Jane Eyre, un roman qu'elle publie sous le pseudo de Currer Bell. 

Les nombreuses missives qu'elle envoie à son amie de pension Ellen Nussey - elle l'a connue, en 1831, à l'âge de quinze ans -  nous en disent long sur une vie par trop confinée en la cure d'Haworth, coupée de deux séjours à Bruxelles,  préoccupée de la santé de ses proches , frappée de deuils nombreux : son frère et ses quatre soeurs meurent vraisemblablement tous  de la tuberculose.

Elle se confie également avec simplicité et humilité à William S. Williams, l'adjoint de son éditeur Smith, soutien et découvreur de son talent:  

Je ne sais pourquoi la vie doit être si pauvre, si brève et si amère - je ne peux m'expliquer pourquoi des êtres plus
jeunes et plus nobles que moi sont ainsi fauchés avant l'heure, riches encore de tant de projets inaccomplis - mais
je crois que Dieu est sage - parfait - miséricordieux.

 Mariée avec plus de raison que de conviction au vicaire de son père, Arthur Bell Nicholls, Charlotte décède le 31 mars 1855,  neuf mois après ses noces.

Lettres choisies de la famille Brontë, 1821-1855,  traduites de l'anglais et annotées par Constance Lacroix, Ed. Quai Voltaire, avril 2017, 624 pp

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12 06 17

« Donnez-moi un musée et je le remplirai. » (Pablo Picasso)

Musée d'Ixelles – Les collections.jpgRiche de plus de 10 000 (chefs-d’) œuvres accumulé(e)s depuis son ouverture en 1892, le musée d’Ixelles [1], l’une des dix-neuf communes de Bruxelles, vaut incontestablement une et même plusieurs visites, et la consultation de son beau catalogue (Musée d'Ixelles – Les collections) ne pourra que vous en convaincre !

Les œuvres phares des collections du musée d'Ixelles se répartissent en cinq catégories [2] :

– Art ancien (XVIe au XVIIIe siècle)

La collection d’art ancien se compose essentiellement d’œuvres d’artistes d’Europe du Nord. Paysages, natures mortes et portraits en sont les thématiques principales. Les portraits, avec leurs étoffes somptueuses et leurs regards pénétrants, témoignent de la vie des habitants. Les tables chargées de victuailles, les trophées de chasse évoquent les mœurs d’antan. De La Cigogne d’Albrecht Dürer à la Vue du Meir d’Erasmus de Bie en passant par des tableaux de Jan Fyt, Godfried Schalcken, Jan-Albrtus Rootius, Bernaert De Rijckere, Anthony De Lorme, Ludolf Backhuyzen ou Jean-Honoré Fragonard, c’est le riche passé de ces régions qui soudain resurgit.

– Affiches

C’est l’une des collections les plus emblématiques du musée – avec notamment la totalité de la production lithographique de Toulouse-Lautrec. Quelque 700 affiches d’artistes belges ou européens, de la Belle Époque aux années 1950 (Pierre Bonnard, Alfons Mucha, Privat Livemont, Armand Rassenfosse, Auguste Donnay…), témoignent des premiers usages publicitaires, vantant les voyages ou les cabarets de Paris. Ce n’en est pas moins un art à part entière. Avec leurs couleurs vives, leurs compositions novatrices, leurs femmes typiques de l’Art nouveau, les affiches ont révolutionné l’art de l’image.

– XIXe siècle

L’art du XIXe siècle occupe une place prépondérante dans les collections du musée d’Ixelles. Du réalisme au symbolisme, en passant par l’impressionnisme, le néo-impressionnisme et l’orientalisme, le parcours révèle les richesses de ce siècle épris de modernité et de liberté créatrice, avec des œuvres de Jacques-Louis David, Gustave Courbet, Théo Van Rysselberghe, Berthe Morisot, Émile Claus, Georges Lemmen, Maurice Denis, Constantin Meunier, William Degouve de, Nuncques, Léon Spilliaert, Fernand Khnopff, Félicien Rops, Henri Evenepoel... Au gré de votre visite, vous serez captés par le déferlement de couleurs, éblouis par le jaillissement de la lumière, étonnés par les jeux de matières picturales audacieuses, mais aussi interpellés par les interrogations sociales ou envoûtés par les atmosphères énigmatiques et veloutées des symbolistes.

– XXe siècle

Le XXe siècle se caractérise comme le siècle des révolutions artistiques et marque l’essor de la modernité. Les collections du musée d’Ixelles révèlent le bouillonnement si particulier de ce siècle, tant au niveau des recherches esthétiques que conceptuelles. Qu’il s’agisse des expériences abstraites ou des explorations des multiples possibilités de la figuration, toutes les tendances dialoguent aux cimaises du musée d’Ixelles : fauvisme, futurisme, constructivisme, expressionnisme, surréalisme, CoBrA jusqu’au Pop Art et à la nouvelle figuration, autour des noms de Maurice de Vlaminck, Rk Wouters, Pablo Picasso, Francis Picabia, René Magritte, Paul Delvaux, Paul Alechinsky, Christian Dotremont, Paul Bury, Marcel Broodthaers, Joan Miro, Jan Fabre…

– Art actuel

Depuis sa constitution, le musée d’Ixelles se consacre à la création contemporaine. Outre les expositions temporaires qui lui sont régulièrement dédiées, de nombreuses acquisitions représentatives des développements de l’art contemporain viennent compléter les collections permanentes. Ainsi, une commission d’experts sélectionne les œuvres d’aujourd’hui estimées devenir les valeurs sûres de demain.

Une mine d’or !

Bernard DELCORD

Musée d'Ixelles – Les collections, ouvrage collectif sous la direction de Claire Leblanc, Milans, Silvana Editoriale, novembre 2010, 192 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

 

[1] 71, rue Jean Van Volsem à 1050 Bruxelles. Tél. +32 (0)2 515 64 21. Du mardi au dimanche, de 9h30 à 17h00 (derniers tickets à 16h45). Fermé le lundi et les jours fériés. Prix d’entrée : 8 € (5 € pour les étudiants, seniors, groupes de 10 personnes ou plus, Amis du Musée, Ixellois, détenteurs d'un billet Thalys et d'un billet SNCB en cours de validation). Site Web : http://www.museedixelles.irisnet.be/

[2] Source : http://www.museedixelles.irisnet.be/presentation/collecti...

11 06 17

Les 1 000 bonnes tables de Bruxelles et ses alentours…

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2017-2018.jpgL’édition 2017-2018 (c’est la 40e) du Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles qui vient de paraître – et dont l’un des auteurs n’est autre que votre serviteur… – recense par ordre alphabétique et pour un prix inchangé les 1 000 restaurants ainsi que les 143 hôtels, apparthôtels et flathôtels de même que les salles de séminaire de la capitale de l’Europe et de ses environs proches tout en permettant, par un système très pratique de dix index placés en fin d’ouvrage, de sélectionner aussi les restaurants par commune d’implantation, par gammes de prix, par types de cuisine, proposant un chef à domicile, en fonction de leur ouverture (non-stop, tard le soir ou le dimanche), disposant de salons particuliers, proposant un service banquets, un brunch ou des tables de plein air.

Pour chaque établissement, l’ouvrage fournit une quantité considérable d’informations objectives (coordonnées diverses, nom du propriétaire, date de fondation, type de cuisine, gamme de prix, exemples de propositions à la carte, origine des vins, nombre de couverts, types de cartes de crédit acceptées, facilités pour les personnes handicapées, jeux pour les enfants à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement, présence d'un bar, d’un fumoir, d’une terrasse, d'une piscine en plein air ou couverte, d'un garage, d’un parking ou d’un service voiturier…) complétées, quand l’entreprise les mérite, d’appréciations sous forme de logos (nombre de toques, beau cadre, belle cave, bon rapport qualité-prix, coup de cœur Delta…) et de commentaires rédigés par les chroniqueurs de la maison.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne les lauréats annuels de la profession [1].

De plus, avec une moyenne de 10 000 visiteurs uniques par jour et une base de données de 5 500 hôtels et restaurants, le prolongement du guide sur Internet (www.deltaweb.be) constitue une référence incontournable pour trouver un restaurant ou un hôtel en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg.

Enfin, l’ouvrage renferme un « Passeport Delta » valable jusqu’au 30 juin 2018 faisant bénéficier son utilisateur d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction TVAC) dans 40 établissements gourmands, scrupuleusement sélectionnés, classés par quartier et par catégorie (table gastronomique, bon rapport qualité-prix, coup de cœur et beau cadre), ce qui représente pour son détenteur une économie potentielle de… 2 000 euros !

Une seule utilisation de ce Passeport rembourse donc le prix d’achat du Guide…

Une belle aubaine !

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2017-2018, Bruxelles, Les Guides Delta, mai 2017, 336 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 27,75 €

 

[1] Delta d’Or : Brinz’l à Uccle ; Delta d’Argent : Brugmann à Forest ; Delta de Bronze : Poivre noir à Braine-l’Alleud. Lauréats par type de cuisine : Al Piccolo (cuisine italienne) ; B34 Steak & Burger House (burgers et steaks) ; Hispania (cuisine espagnole) ; Les Marmites du Monde (cuisine mauricienne et du Monde) ; Moro (cuisine méditerranéenne) ; O Beyrouth (cuisine libanaise) ; Seino (cuisine japonaise) ; Yijangnan (cuisine chinoise). À ces noms, il convient d'adjoindre les lauréats au titre du Guide Delta 2017 des hôtels et des restaurants de Belgique et du Grand-duché de Luxembourg, à savoir : Deltas d’Or : Restaurant PM à Autre-Église, D'Artagnan à Leuven et Mosconi à Luxembourg ; Deltas d’Argent : Matthias and Sea à Tarcienne, The Jane à Anvers et Two6Two à Strassen; Deltas de Bronze : La Petite Madeleine à Tournai, Escabèche à Knokke-Heist et La Maison Lefèvre à Esch-sur-Alzette.

11 06 17

Grand entretien avec Astrid Chaffringeon

Astrid ChaffringeonA l'occasion de la sortie de son premier roman, Nicky Depasse rencontre Astrid Chaffringeon, une Française de Bruxelles qu'on sait passionnée d'art et d'art de vivre.

Cet entretien a été diffusé dans Café de Flore sur Radio Judaïca les 7 et 11 juin.


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Cueillir ses rires comme des bourgeons, Astrid Chaffringeon, Avant-Propos, mai 2017, 166 pp, 20€

10 06 17

Toi, mon fils, "oui-autiste"

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Mon Robinson sans mot, sans surprise et sans fard, Sans sermon, sans surmoi, sans projet d'avenir, Sans bouteille à la mort au secours du hasard

Adressé à son fils "oui-autiste", un poème  beau, mélodieux  ouvre ce récit, témoignage d'une relation père-fils hors du commun.

Laurent est docteur  en Langues et Littératures romanes 

Il  enseigne la littérature française à l'Université de Liège, en Belgique. Barthes, la langue, les signifiants, les signifiés, il connaît ...

Il est poète, aussi.

Il est surtout le père de trois enfants, dont le cadet, âgé aujourd'hui d'une quinzaine d'années est "oui-autiste", absolument rétif à notre langage, isolé des pratiques de notre société,  vulnérable face à ses innombrables dangers. Aussi, quand il en a la garde, le père se consacre-t-il entièrement à son fils, son "bébé de Damoclès".  Ce qui exige une vigilance de chaque instant, mais aussi une appréhension neuve et vivifiante de la réalité:

Comme si, en compagnie de Robinson, je sortais un oeil hors de mes pensées pour entrer plus avant dans la réalité du monde. "

 Car c'est bien cela, le coeur, l'âme de ce témoignage sublime: observant ce fiston de 10 ans - à la date du récit - par le double prisme du père aimant et de l'entomologue, Laurent Demoulin tente, par tous les moyens, et surtout sans établir de hiérarchie ni de jugement, de créer une passerelle de communication entre deux univers radicalement incompatibles. Ce faisant,  il ose le paradoxe, n'hésite pas à remettre en question nos propres modes de fonctionnement, notre rapport à la vie.

Les  péripéties se succèdent sous formes de chapitres  thématiques, tantôt courts, vifs, emportés, tantôt plus détaillés, qui décrivent le quotidien semé d'embûches - les écueils des courses au supermarché, d'une virée à la piscine, ... tant d'épisodes tragi-comiques  -  de ce couple père-fils et de la sorte de huis-clos que la société leur impose.

Un humour manié d'autodérision et d'une très belle plume parcourt cette séquence de péripéties, qui ouvre large, primordial pan à la scatologie, ses effets, ses fantasmes, dotant l'éternel duo Eros-Thanatos d'un partenaire excrémentiel assez inédit.

Une lecture de toute puissante facture

Je vous la recommande vivement

Apolline Elter

 Robinson, Laurent Demoulin, récit, Ed. Gallimard, oct. 2016, 240 pp

 

Billet de ferveur

AE :  La communication est au cœur de ce récit.  Les « non-autistes » que nous pensons être sont, en somme, les autistes des « oui-autistes » ?

Laurent Demoulin : Jolie formule ! Oui, en un sens, on pourrait dire cela : les uns sont mystérieux et difficiles à comprendre pour les autres, dans les deux sens. Mais il me semble surtout qu’aucune forntière ne sépare nettement les  oui-autistes et les non-autistes : il s’agit d’un continuum tout au long duquel se rencontrent autant de cas que d’individus. Sur cette chaîne infinie, tous les chaînons sont des intermédiaires entre les deux extrémités.

 

 

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08 06 17

Yaya

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Si le titre du récit évoque la célèbre chanson de Joe Dassin, le contenu en est plus âpre. C''est l'histoire de l' arrachement de Claire à  Yaya, sa Nounou, de l'impossible attachement à sa Maman.

Terrassée et rendue sourde par une crise d'éclampsie à la naissance de Claire,  le 8 octobre 1937, sa mère confie l'enfant à Yaya, une nourrice qui l'emmène dans la Creuse. Elle n'en vient la rechercher que quelques années plus tard, au mitan de la guerre.

Découvrant sa famille - pétainiste -  et l'appartement cossu du  Boulevard de Courcelles, l'enfant de 6 ans s'y sent d'emblée étrangère.  Face à cette mère, qui sans doute lui en veut inconsciemment de son infirmité, tout en essayant de lui donner de l'affection,  Claire Gallois va développer un mécanisme de défense, largement nourri d'indifférence.

"Face à elles, j’allais assez vite acquérir un réflexe qui me protégerait toute ma vie : l’indifférence immédiate envers qui vous embête."

Mais on ne peut vivre totalement protégé - c'est heureux - ni s'affranchir d'un amour véritable: celui que lui vouait Yaya.

Et la fillette devenue femme, écrivain, de mettre tout en oeuvre pour retrouver la fée de ses jeunes années.

Apolline Elter

 Et si tu n'existais pas, Claire Gallois, récit, Ed. Stock, janvier 2017, 144 pp

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07 06 17

Bon anniversaire, Madame

Hébard.jpg Le jour de ses quatre-vingts ans, Frédérique Hébrard fait le serment , à Anne Franck  à "toutes ses espérances massacrées" d'écrire un livre de souvenirs  et d'hommages à ces nombreuses  et admirables femmes qu'elle a côtoyées depuis sa tendre enfance.

La fille de l'académicien André Chamson, épouse de Louis Velle, romancière à succès - On lui doit La Demoiselle d'Avignon, Le château des Oliviers, - fête, ce 7 juin, ses 90 printemps, promesse accomplie.

Guerre de 40-45,  début sur les planches, rencontres avec l'homme de sa vie - son mari- et avec des personnalités solaires et généreuses, telles les actrices Michèle Morgan, Brigitte Fossey, Eva Darlan...glaciales,  telle Simone de Beauvoir ou violentes..., maternités, souci de santé.. jalonnent le récit d'une vie heureuse et bien remplie,  empreinte d'une fondamentale bienveillance et de l'idée thucydidienne que " Les choses n'arrivent qu'à ceux qui peuvent les raconter." 

Bon anniversaire, Madame

 Apolline Elter

  Elle était une fois, Frédérique Hébrard, souvenirs, Ed Flammarion, mars 2017, 382 pp

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06 06 17

La sottise contemporaine mise à nu…

Lauzier Intégrale.jpgLes Éditions Dargaud à Bruxelles ont réuni dans Lauzier les quatre albums du grand maître de l’humour décapant qu’était [1] l’auteur de La Course du rat (1978), de La Tête dans le sac (1980), de Souvenirs d'un jeune homme (1983) et de Portrait de l'artiste (1992) dans lesquels il croquait à pleines dents et avec un talent fou des cadres dépressifs, des intellectuels de gauche suffisants, des révolutionnaires pathétiques, des bourgeois satisfaits et des femmes sublimes de beauté, de naïveté, de bêtise ou d’ambition.

La charge – qui n’a pas pris une ride, rien n’ayant changé sous le soleil – était à la fois terrible, monumentale et drôlissime, et elle fit des ravages dans les rangs de la gauche caviar et parmi les bobos parisiens dont elle suscita l’ire, tant le portrait ridicule qu’elle brossait d’eux était criant de vérité.

Trois de ces albums, adaptés au cinéma avec Christian Clavier (Je vais craquerLa Course du rat, 1980) et Guy Marchand (La Tête dans le sac, 1984 et P’tit con – Souvenirs d'un jeune homme, 1984), sont d’ailleurs devenus des classiques incontournables.

Quatre pintes de bon sang !

Bernard DELCORD

Lauzier par Gérard Lauzier, Bruxelles, Éditions Dargaud, avril 2017, 240 pp. en quadrichromie au format 24,2 x 31,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,99 €

 

[1] Dessinateur de BD (Les Sextraordinaires Aventures de Zizi et Peter Panpan dans Lui, 1974, Tranches de vie dans Pilote, 1974-1978, Les Sexties, 1980, Les Cadres, 1981), scénariste (Psy, 1981, À gauche en sortant de l'ascenseur, 1988), auteur de pièces de théâtre (Le Garçon d'appartement, 1980, L'Amuse-gueule, 1986) et réalisateur de cinéma (Mon père, ce héros, 1991, Le plus beau métier du monde, 1996), Gérard Lauzier était né à Marseille en 1932 et est décédé à Paris en 2008.

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03 06 17

Ach Zo

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 Après un 14 juillet qui avait enflammé, à la rentrée,  notre gastronomie livresque( voir chronique sur ce  blog) Eric Vuillard nous revient avec un récit tout aussi flamboyant et nous plonge, d'entrée de pages, au coeur d'une réunion historique qui vit, le 20 février 1933, vingt-quatre patrons d'entreprise - les plus prospères d'Allemagne - accorder leur soutien à Hitler.

" Et ils se tiennent là, impassibles, comme vingt-quatre machines à calculer aux portes de l'enfer."

 Et le lecteur subjugué d'assister à la montée en puissance méthodique d'Hitler et des siens, Goebbels, Goering et charmante compagnie, à la singulière cécité de Lord Halifax, surdité du président Lebrun,  humiliation de Schusshnigg, le chancelier autrichien qui voit imposer à son pays des mesures insoutenables tandis que l'Allemagne interdite de fabrication de chars depuis le traité de Versailles (1918) reconstitue, hors frontières, son équipement d'assaut.

"Une armée en panne, c'est le ridicule assuré."

L'annexion de l'Autriche  par l'Allemagne nazie, le 12 mars 1938, relève tant du machiavélisme que du rocambolesque, avec la congestion des chars d'assaut, à la frontière, pour panne technique, la fureur du ...Fürher et  l'interminable dîner londonien  qui empêche  Chamberlain de vaquer aux affaires d'Etat pour la simple raison qu'il n'arrive pas à se débarrasser de l'encombrant Ribbentrop ...

On se croit au cinéma tant l'auteur nous fait vivre les événements, les destins particuliers,  avec brio, juste tempo et un humour confondant. 

La farce est tragique: elle a coûté la vie à des millions d'Européens.

La fresque est grandiose, soutenue d'une plume, d'une écriture remarquables.

Apolline Elter

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

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01 06 17

Minimalisme vous avez dit?

Certaines biographies vous subjuguent tant elles ciblent l'essence de leur sujet, 

Tel le portrait, par Laurence  Benaïm,  du décorateur Jean-Michel FRANK ( 1895- 1941)  pape du minimalisme et de la période des Arts déco.

Je vous reviens, à son sujet, à la rentrée, mais je ne peux vous  laisser passer été sans toucher mot de cette découverte. Le nombre de post-it fleurissant sur la tranche de l'ouvrage est, pour le moins, .éloquent

Jugez-en:

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Né à Paris, le 28 février 1895, au sein d'une famille juive aisée, Jean-Michel doit à son teint bistre, sa petite taille, sa démarche ..insolite, la conscience immédiate d'être différent. L'affaire Dreyfus qui sévit, dès sa naissance, fait grand obstacle à la volonté d'intégration des Frank à la France.

Nés sur le sol français, les frères aînés de Jean-Michel meurent en 1915 sous les drapeaux - français - de la Grande Guerre tandis que leur père se voit refuser la nationalité française, sous prétexte d'origines allemandes; il  ne s'en remet pas, se suicide, le 11 novembre 1915 à 11 heures, tandis que son épouse tombe progressivement en grave dépression..  Jean-Michel a 20 ans. Le destin familial va le poursuivre toute sa vie, semer le germe de son propre suicide, à New York, le 8 mars 1941.

Entre-temps, il a connu le monde, exprimé son angoisse existentielle, à travers une série de chantiers de décoration intérieure, qui en raison de la fortune, de la notoriété des commanditaires, signeront sa gloire. Il aménage - et dépouille de la sorte -  les intérieurs de Colette et Pierre Drieu de la Rochelle,  Marie-Laure et Charles de Noailles, .. de François Mauriac, Elsa Schiaparelli,  Nelson Rockfeller.. faisant du vide, de l'absence, du silence mais aussi du jeu de la lumière, sa marque de fabrique.  Les tons sont sobres, d'une palette qui va du blanc au brun, en passant par le beige; les matériaux rares, luxueux et communs, s'associent en une mixité bien d'avant-garde, les revêtements en galuchat, côtoyant ceux faits de simple paille. Notamment...

Une ascèse qui invite à la méditation et préfigure par de nombreux points notre esthétique contemporaine.

Un récit flamboyant

A suivre, assurément.

Apolline Elter

Jean-Michel Frank, Le chercheur de silence, Laurence Benaïm, biographie, Ed. Flammarion, avril 2017, 342 pp

 

 

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