07 10 17

« Soyez réalistes : demandez l'impossible ! » (Che Guevara)

Che Guevara – Compagnon de la révolution.jpgErnesto Rafael Guevara, né le 14 juin 1928 à Rosario, en Argentine, est tombé le 9 octobre 1967 à La Higuera, en Bolivie, sous les balles d’un commando de l’armée bolivienne lancé à ses trousses à la demande de la CIA et, peut-être, de l’URSS, si l’on en croit son frère, Juan Martin Guevara. (1)
 
Plus connu sous le nom de « Che Guevara », c’était un révolutionnaire marxiste et internationaliste argentin ainsi qu'un homme politique d'Amérique latine.
 
Il avait notamment été un des dirigeants de la révolution cubaine qui renversa le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959 et qui installa Fidel Castro au pouvoir, révolution qu'il a théorisée et tenté d'exporter vers d'autres pays, comme la République démocratique du Congo (où il se joignit aux maquis de Laurent-Désiré Kabila) ou la Bolivie.
 
À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition, les Éditions Gallimard à Paris ont ressorti (l’édition princeps date de 1997), dans leur belle collection « Découvertes », la courte biographie riche de 150 illustrations intitulée Che Guevara – Compagnon de la révolution parue sous la plume du grand reporter Jean Cormier (°1943) avec la collaboration de l’historien et biographe Jacques Lapeyre.
 
L’ouvrage est bien fait, les événements sont bien précisés, qui ont fait du Che, parce qu’il était beau, parce qu’il était audacieux, parce qu’il était brillant, parce qu’il savait ce qu’il voulait et parce qu’il est mort jeune et au combat, une légende qui se poursuit de nos jours...
 
Pointons néanmoins une petite lacune qui change certaines choses : il n’est pas rappelé que le 2 février 1959, Ernesto Guevara s'est installé dans la prison de La Cabaña, à l'entrée du port de La Havane. Il y fut le procureur d'un tribunal révolutionnaire qui a exécuté plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre. Des volontaires y étaient invités à participer au peloton d’exécution, par exemple des membres des familles des victimes. Certains condamnés à mort devaient, devant leurs parents proches, justifier leur exécution.
 
Puis le Che créa des camps de « travail et de rééducation »…
 
Nobody’s perfect, pas vrai ?
 
Bernard DELCORD
 
Che Guevara – Compagnon de la révolution par Jean Cormier avec la collaboration de Jacques Lapeyre, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », septembre 2017, 144 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,60 € (prix France)

(1) http://www.levif.be/actualite/international/le-parti-communiste-a-sans-doute-trahi-che-guevara/article-normal-732449.html

04 10 17

A quatre mains

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"Nous avons choisi le point de vue de la vie pour raconter celle de Gabriële Buffet"

 Et c'est en effet un portrait particulièrement vivant de leur arrière-grand-mère, Gabriële Buffet (1881-1985) que tracent, à plumes chorales, parfaitement synchronisées,  les soeurs Berest, Anne et Claire.

Jeune fille indépendante, musicienne avertie, Gabriële vit à Berlin, en ce XXe siècle débutant. Elle rencontre l'artiste- peintre d'origine cubaine Francis Picabia, au cours d'un déjeuner familial. Riche, fantasque,  gâté,  amateur de voitures, ..  Francis Picabia (1879-1951) trouve en Gabriële, l'interlocutrice, la muse, la protectrice dont il ne pourra se passer, toute sa vie durant, même s'il multiplie les frasques et infidélités d'une union matrimoniale contractée en 1909.

A l'âge de 27 ans, Gabriële sacrifie sa carrière musicale - prometteuse -  à celle de son mari.Ce sera au même âge que  Vincente Picabia, leur fils cadet, mettra fin à séjours quelques décennies plus tard.. Il était le grand-père des narratrices.

Le couple est insolite, aussi indépendant qu'interdépendant. Son histoire nous mène de Paris à New York, en passant par la Suisse, au coeur des liens tissés avec Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire, Tristan Tzara et les mouvances avant-gardistes de la première moitié du XXe siècle.. Un curieux marché, conclu avec Germaine Everling, maîtresse de Francis Picabia, porte, un temps, le ménage à trois personnes..

La séparation qui advient peu après (en 1919)  n'entamera jamais les liens d'un duo décidément singulier.De son côté, Gabriële  "retournera à New York où elle vivra enfin une relation amoureuse exclusive avec Marcel Duchamp" 

Un récit de vie - plus que centenaire - captivant

Apolline Elter

Gabriële, Anne et Claire Berest, récit, Ed. Stock, août 2017,  450 pp

04 10 17

« Rubens fait vraiment sur moi une forte impression. Je trouve ses dessins colossalement bons, je parle des dessins de têtes et de mains. » (Vincent van Gogh)

Rubens – Portraits princiers.jpgCoédité à Paris par la Réunion des Musées nationaux - Grand Palais et par les Éditions Gallimard en raison de l’exposition éponyme qui se tiendra jusqu’au 14 janvier 2018 au Palais du Luxembourg dans la même ville, le superbe petit livre-objet intitulé Rubens – Portraits princiers paru sous la plume de Julien Magnier, un historien d’art spécialiste de la peinture française du XVIIe siècle, est une belle invitation à ne pas manquer l’événement !
 
Rappelons que Pierre Paul Rubens, né le 28 juin 1577 à Siegen (Westphalie) et mort le 30 mai 1640 à Anvers, est un peintre baroque flamand de toute première importance.
 
Et voici la présentation (1) de l’exposition par son commissaire, Dominique Jacquot, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Strasbourg, et par Cécile Maisonneuve, conseillère scientifique à la Réunion des Musées nationaux - Grand Palais :
 
« Rubens fut, sans doute un peu malgré lui, un immense portraitiste de cour. S’il se voulait d’abord peintre de grands sujets historiques, il excella dans le domaine du portrait d’apparat, visitant les plus brillantes cours d’Europe.
 
Prisé pour son érudition et sa conversation, il joua aussi un rôle diplomatique important, jouissant d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps.
 
Autour des portraits de Philippe IV, Louis XIII ou encore Marie de Médicis réalisés par Rubens et par quelques célèbres contemporains (Pourbus, Champaigne, Velázquez, Van Dyck…), l’exposition plonge le visiteur dans une ambiance palatiale au cœur des intrigues diplomatiques du XVIIe siècle. » 
 
Par ailleurs, le film inédit Rubens. Peindre l’Europe accompagne l’exposition Rubens. Portraits princiers. Un documentaire éclairant sur l’œuvre flamboyante de cet « Homère de la peinture » (comme le surnommait Delacroix), le portraitiste des princes, et sur le rôle majeur qu’il a tenu dans le traité d’entente qui ramènera la paix en Europe au XVIIe siècle. (2)
 
L’ouvrage de Julien Magnier, avec ses superbes reproductions et ses brefs commentaires très éclairants, constitue quant à lui un remarquable petit guide pratique à lire avant de se rendre à cette exposition-phare et à consulter tout au long de la visite.
 
Une initiative de toute beauté !
 
Bernard DELCORD
 
Rubens – Portraits princiers par Julien Magnier, Paris, Réunion des Musées nationaux - Grand Palais & Éditions Gallimard, collection « Découvertes », octobre 2017, 64 pp. en quadrichromie au format 12 x 17 cm sous couverture Intégra en couleurs, 9,20 € (prix France)
 
Informations pratiques :
 
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard
75006 Paris
Tél. : 01 40 13 62 00
 
Horaires d’ouverture du musée :
Du lundi au dimanche de 10 h 30 à 19 h.
Nocturne tous les vendredis jusqu’à 22 h.
Nocturnes supplémentaires jusqu’à 22 h les lundis du 13 novembre au 18 décembre.
(Pas de jour de fermeture hebdomadaire.)
Fermeture le 25 décembre.
Ouverture de 10 h 30 à 18 h les 24 et 31 décembre.
Dernière entrée 45 minutes avant l’heure de fermeture.
Début d’évacuation des salles 15 minutes avant l’heure de fermeture du musée.
 
Tarifs :
– Plein tarif : 12 €.
– Tarif réduit : 8,5 € (16-25 ans inclus, demandeur d'emploi et famille nombreuse).
– Tarif spécial jeunes : 8,5 € pour 2 personnes de 16 à 25 ans inclus, du lundi au vendredi après 16 heures.
– Gratuit pour les moins de 16 ans et les bénéficiaires des minima sociaux.
– Des audioguides (en 4 langues : français, anglais, espagnol et allemand) sont proposés sur place à la location au tarif de 5€ par appareil.
 
Suite au renforcement des mesures de sécurité dans le cadre du plan Vigipirate, nous vous informons qu’un seul sac par personne (format A3 maximum) sera autorisé dans l’enceinte du Musée du Luxembourg. Aucun sac, cabas, bagage ou objet encombrant ne sera admis, y compris au vestiaire.
 
(1) http://museeduluxembourg.fr/evenement/presentation-de-lexposition-1  
(2) http://museeduluxembourg.fr/actualite/rubens-peindre-leurope   

Écrit par Brice dans Arts, Bernard Delcord, Expositions | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 09 17

Mardi-tes-moi, Charles

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 Nous évoquions, le 31 août dernier, les 150 ans du décès de Charles Baudelaire ( 1821-1867) (voir billet sur ce blog) 

L'anniversaire est prétexte à la publication d'une biographie aussi intéressante, que fouillée et instructive, sous la plume vivante de Marie-Christine Natta, spécialiste du dandysme.

Dandy, le poète l'était, dans son habillement, son comportement, sa quête du Beau.  Atteint de "déménagite" aiguë  -  pour échapper à ses créanciers - Baudelaire fut un prolixe épistolier. L'angle d'approche de la biographie fait généreuse part à sa correspondance pour la grande joie de notre blog. Les lettres à sa Maman, veuve en deuxièmes noces du Général Aupick, sont une source sûre et passionnante d'accès à l'âme d'un être complexe, souvent inquiet, toujours désargenté.

Précieux  et assez inédit aussi - je pense - ce focus sur l'amitié qui lie le poète à son éditeur,  Auguste Poulet - Malassis et le merveilleux dévouement de ce dernier à la cause de l'auteur controversé des Fleurs du Mal.

C'est dit, ce sera fait, nous plaçons l'étude de la correspondance du poète, critique d'art, et grand ami ..des Belges, au programme d'une prochaine année de cours épistolaires.

Soyez remerciée, Marie-Christina Natta, pour ce travail d'investigation colossal

Nous vous reviendrons

Apolline Elter

Baudelaire, Marie-Christine Natta, biographie, Ed. Perrin, août 2017, 896 pp

 

 

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 09 17

Jacques a dit ... les secrets de vos rêves

Tobie Nathan, revesDans ce Mémo, Jacques Mercier vous explique les secrets de vos rêves, en décortiquant ce livre passionnant de Tobie Nathan. Enfin, Monsieur Dictionnaire préfère utiliser le terme picorer que décortiquer, ce verbe sied mieux à cet exercice radiophonique auquel il s'adonne chaque semaine avec Nicky Depasse dans Café de Flore sur Radio Judaïca.


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23 09 17

Dans la bibliothèque d'Eric-Emmanuel Schmitt ...

eric emmanel, schmitt, vengeance du pardon, albin michelVous ne trouverez pas son dernier livre, La vengeance du pardon, ni aucun autre d’ailleurs. Ils sont tous rangés dans son bureau, à Uccle, dans toutes leurs traductions. Pourquoi ? Parce que je ne peux pas vivre avec mes livres. Je fais les miens, je suis heureux qu’on les lise mais je vis avec les livres des autres.

Ecoutez notre entretien dans son intégralité (diffusé dans Café de Flore sur Judaïca et publié en images dans le numéro de novembre du Elle Belgique) :


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La vengeance du pardon, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, août 2017, 336 pages, 21€50 env.

Eric Emmanuel Schmitt, Nicky Depasse, comme au cinéma, Populaire

Photo et Artwork, tirée de ma série "Comme au cinéma" : Nicolas Draps

 

 

23 09 17

La vie en blanc

Sophie Fontanel, L'apparition, Robert LaffontSe teindre les cheveux pour tuer le gris, c’est out depuis que certaines influenceuses ont décidé de laisser les produits dans les rayons et mieux encore, d’afficher leur bonheur.

Sophie Fontanel, journaliste et auteure française, est devenue la figure de proue de cette nouvelle génération branchée gris et sel. Son nouveau roman, Une apparition, est un manifeste à la liberté de se montrer belle, telle quelle, à quarante, cinquante ans et plus.

Nicky Depasse

Ecoutez le podcast de notre interview qui a été diffusée sur Judaïca.


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L'autre partie de cet entretien est publiée dans le Elle du mois d'octobre sous le titre, L'Instagram way of life de Sophie Fontanel.

Une apparition, Sophie Fontanel, Robert Laffont, août 2017, 252 pages, env. 19 euros

Sophie Fontanel, Nicky Depasse, Nicolas Draps, Une apparitionPhoto : Nicolas Draps

 

 

23 09 17

Opé-rats

"Ainsi Degas franchit-il, avec cette sculpture, une double frontière symbolique: celle de la bienséance et celle des règles académiques de l'art. Il accomplit une révolution à la fois morale et esthétique, il brise les tabous."

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Bronze posthume d'Edgar Degas (1834-1917) - entendez par là que la statuette végétait à l'état de cire en son atelier,  que c'est Albert Bartholomé, son fidèle sculpteur qui en tira les bronzes -  La petite danseuse de quatorze ans a d'emblée diffusé un parfum de scandale et fait couler des rivières d'encre.

Sa première exposition date d'avril 1881, au Salon des Indépendants.  Le visage disgracieux de la fillette  - une certaine Marie Geneviève Van Goethem - le port d'un tutu de gaze et de tulle et d'une chevelure - de poupée - spécialement commandée pour l'occasion, la nudité crue habillée,  l'aura de misère qui se dégage de l'oeuvre... offusquent la bienséance .. tant que l'hypocrisie ambiantes.

Car sous le mythe du " gracieux petit rat de l'opéra " se révèle une réalité glauque de libertinage, pédophilie,  imposés à des enfants issus de milieux misérables.

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Fascinée par le bronze dont on peut admirer un exemplaire au musée d'Orsay, la romancière Camille Laurens a mené un travail d'investigation de longue haleine - deux années - et de grand intérêt, pour comprendre les motivations de l'artiste : Edgar Degas voulait-il provoquer le public, le sensibiliser à une réalité choquante, dénaturant de la sorte sciemment le vrai visage de son modèle? 

Cette enquête au coeur de la création permet de mieux cerner la place de Degas au sein du mouvement impressionniste. En imposant ainsi une réalité crue et sans filtre, le sculpteur offre à sa réalisation une place à part , qui tient davantage de l'oeuvre naturaliste.

Elle permet au lecteur d'approcher une réalité sociale perverse - la statut de petit rat -  et l'épreuve que constituent les séances de pose, sous le regard clinique quand il n'est cruel de l'artiste un peu ermite, grandement énigmatique qu'est Degas.

 Une approche ..fascinante

Apolline Elter

La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens, essai, Ed. Stock, août 2017, 176 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 09 17

Petit Tom de ma vie

couv jacobs.jpgVoilà un livre extraordinaire et touchant. Il est conçu sous la forme d'un journal, de lettres écrites en temps réel par une maman à son petit garçon Tom. L'idée forte de l'auteure, Céline Jacobs, est de transmettre à son enfant sa mémoire, celle à laquelle il n'a pas accès, soit depuis le moment de la grossesse jusqu'à ses 4 ans. Nous avons tous rêvé de lire un tel document qu'on retrouverait dans les archives maternelles. Mais « Petit Tom de ma vie » est bien plus qu'un compte-rendu. L'auteure y livre une analyse psychologique et des pensées philosophiques pertinentes : sur la vie de couple, sur sa propre vie, sur la maladie, l'école et bien sûr sur le bouleversement d'une naissance. Plus tard, Tom pourra répondre à la question « Qui suis-je ? » puisque l'essentiel de notre existence est influencée par ces années-là !

Voici quelques exemples, presque pris au hasard, mais qui vous donneront le ton général du livre, d'une fort belle écriture au demeurant.

« Mardi 13 décembre 2011, 12h30

La nouvelle année arrive à grands pas. Et toi aussi. ! Voilà que je commence à te sentir bouger... C'est stupéfiant. Je ressens des sortes de « bulles » dans mon ventre quand tu remues, c'est plutôt agréable »

« En fait, tu as deux parents plutôt marginaux. Si tu devais ne retenir qu'une chose, sache que nous sommes deux jeunes adultes qui ont eu une enfance difficile pour différentes raisons. Cela nous a beaucoup fait souffrir. Mais aujourd'hui, on essaye de comprendre ce qui s'est passé pour apprendre qui on est et tâcher de retrouver un équilibre. »

Tom passe par de multiples désagréments, maladies, etc. Cela s'ajoute aux soucis des deux parents.

« Mercredi 26 mars 2014, 1h30

Mon petit bout, Tom, On va être obligé de t'opérer, après ton deuxième anniversaire. Sinon, ça deviendra encore plus grave. Plus on attend, plus ce sera difficile. Je suis désolée que tu doives traverser cette expérience. Ton papa et moi, nous sommes très attristés mais forcés d'agir « dès que possible ».

« Ton papa et moi, on prend du recul. Comme il le dit lui-même, de toute manière, il n'y a pas d'espace ici pour vivre bien à trois. C'est une maison pour toi et moi. Mais il est toujours là. Il m'aide à faire la vaisselle et les courses, très gentiment. On s'aime beaucoup. C'est sûr. Mais on se sent mieux ainsi. »

« Pour l'instant, tu apprends que c'est pas facile de s'exprimer et d'être contrarié mais je souhaite que tu intègres le plus tôt possible que c'est dans ton intérêt de comprendre la réalité. Ta réalité surtout, savoir qui tu es (c'est aussi pour cela que je t'écris ce livre) pour te connaître et ne pas te laisser piéger par des personnes qui pourraient abuser de ta crédulité ou de ta naïveté. Il est capital que tu aies confiance en toi pour cela. »

Et bien sûr, la vie extérieure, hors l'école et la maison, fait aussi irruption avec sa réalité.

« Mardi 22 mars 2016, 20h02

Catastrophe à Bruxelles ! Attentat-suicide à Zaventem et explosion dans le Métro à Maelbeek, au cœur de l'Europe... Est-ce qu'il va y en avoir d'autres ? »

Réellement il s'agit d'un livre touchant et qui fait réfléchir, qui rappelle nos propres souvenirs, nos existences d'enfant ou de parent. Céline Jacobs, qui a étudié le journalisme, écrit avec justesse. Elle-même a vécu la maladie, la souffrance, l'hospitalisation, elle connaît de l'intérieur ce monde qu'elle décrit.

 

Jacques MERCIER

 

Petit Tom de ma vie, Céline Jacobs, récit, Netbook 2017, 14,8cm/21 cm, 204 pp. 17 euros. www.editions-netbook.com

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Livre de Bord, Récits, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 09 17

Une union durable

 

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" Le mariage de plaisir" est terme consacré. Il marque la possibilité pour un musulman éloigné de son domicile de contracter une union éphémère, évitant de la sorte un recours à la prostitution.

Ainsi Amir,homme bon,  honorable commerçant fassi, contracte-t-il avec Nabou, une Peule sénégalaise, un mariage de plaisir. Fait non prévu, il en tombe amoureux et décide de l'emmener dans sa famille, à la grande ire de son épouse.

Nabou donne naissance à des jumeaux, un blanc, un noir - sans déroger aux lois de Mendel - qui vont stigmatiser, par leur différence - l'injustice du regard porté sur les noirs,  le racisme ambiant. Mais ce n'est pas la seule différence que ce conte beau et poignant met en exergue.  Le personnage central et lumineux de Karim, enfant du premier lit, atteint d'un léger handicap mental, partage avec Nabou , humanité et bienveillance qui fondent la vraie intelligence humaine.

Une audition recommandée.

A. Elter

Le mariage de plaisir, Tahar Ben Jelloun, roman, Ed Gallimard 2016 - Ecoutez lire, juin 2017, texte intégral lu par Hervé Pierre, durée d'écoute +/- 7 h

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |