21 04 18

Une année bissextile très spéciale...

_russon bissextile.jpgLa Loi décide de tout et on vit dans les contraintes d'une société surveillée. Demain ou déjà aujourd'hui ? Eric Russon avec Bissextile nous plonge dans un univers proche de Jacques Sternberg. Une mère violoncelliste connue, mais sans amour maternel pour sa fille Sarah, une villa entre mer et forêt angoissante... quelques ingrédients de ce thriller fort bien écrit par ce spécialiste de l'actualité culturelle. Après Crispations chez Lamiroy, voici un deuxième roman aussi bien réussi.

Beaucoup de dialogues donnent vie à l'histoire, qu'on suit, comme il se doit, avec un intérêt croissant vers la fin des énigmes.

Pour vous donner une idée du style, voici quatre courts extraits :

Sa vie ressemble à une vieille armoire, avec une foule de tiroirs où chaque objet a sa place, bien séparé des autres. Et il y a fort à craindre qu'à sa mort, tous les tiroirs soient jetés à terre et leur contenu répandu, mélangé. Les compartiments qu'elle a passé une vie entière à garder fermés risquent de se retrouver sens dessus dessous.

 

Il a suffi de deux générations pour que l'oubli s'installe. Si des vieux comme lui ne l'entretenaient pas, la mémoire s'effacerait. Certaines mots ont déjà été retirés des nouveaux dictionnaires. Pourquoi les y laisser puisqu'ils ne désignent plus rien ? Des livres ont été bannis des bibliothèques et des librairies, ils pourraient inutilement instiller des valeurs subversives.

.

Cette couleur qui n'existe nulle part ailleurs. Ni bleus. Ni verts. Juste suffisamment clairs pour vous brûler à l'intérieur. Lucie Beaumont aurait très bien pu ne jamais parler. Ses yeux se chargeaient de transmettre à qui croisait son regard l'essentiel de ce qu'elle voulait dire, son humeur ou ses envies. On dirait presque qu'en s'ouvrant, ses yeux éclairent un peu plus la pièce.

 

Ses pas font gémir le plancher. La poussière danse en suspension dans les rayons de lumière qui quadrillent l'espace. Au-dessus d'elle, le sous-bois de poutres lui souhaite la bienvenue en craquant. Elle avance presque sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le sommeil des armoires, des malles, des vélos rouillés, des poupées dormant les yeux ouverts dans un rocking-chair crasseux, ou des lustres qui n'éclairent plus rien depuis une éternité.

 

J'adore les gens qui ont un tel talent, merci Eric !

 

Jacques Mercier

 

Bissextile, Eric Russon, Roman, 356 pp. Édition Robert Laffont, 20 euros.

 

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21 04 18

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21 04 18

« Si je devais me noter sur 10, je me mettrais un 11. » (José Mourinho)

Guide de la Coupe du Monde 2018  (version belge).jpg

Disponible en deux versions, l’une à destination du public belge et l’autre du public français, le Guide de la Coupe du Monde 2018 rédigé par Pascal Scimé et Denis Chaumier publié à Paris aux Éditions Hugo Sport fournit quantité d’informations sur :

– Les stades : travaux réalisés, nombre de places, emplacement, spécificités...

– Les équipes : avec un focus sur toutes les équipes engagées, en accordant évidemment une place privilégiée (7 pages) à l'équipe de Belgique ou de France, selon l’ouvrage.

– L’analyse des forces et des faiblesses des équipes afin de discerner les chances de réussite de chacune dans la compétition.

Guide de la Coupe du Monde 2018  (version française).jpg

– Les stars : de celles des Diables Rouges (Hazard, De Bruyne, Mertens, Lukaku, Meunier...) au joueur le plus cher de l'histoire, Neymar (Brésil) attaquant du PSG, en passant par le Français Antoine Griezmann, star du football tricolore, le Portugais Cristiano Ronaldo, l'Argentin Lionel MessI, ou encore les joueurs du PSG et super stars du Championnat de France Julian Draxler (Allemagne) et Edinson Cavani (Uruguay), pour découvrir toutes les têtes d'affiche de l'épreuve.

– Les entraîneurs : présentation de tous les entraîneurs et de leurs stratégies, notamment celui de l'équipe de Belgique, Roberto Martinez, ou celui de l'équipe de France, Didier Deschamps, en fonction de la version du livre.

Et en bonus, le programme et le tableau final à détacher et à compléter sont fournis.

Avis aux footeux !

Bernard DELCORD

Guide de la Coupe du Monde 2018 par Pascal Scimé et Denis Chaumier, Paris, Éditions Hugo Sport, avril 2018, 64 pp. en quadrichromie au format 21 x 29 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,95 €

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18 04 18

ZAD royale...

Le Hameau de la Reine.jpgEn 1774, Louis XVI (1754-1793) offrait le Petit Trianon à Marie-Antoinette (1755-1793) désireuse de disposer d'un lieu pour échapper à l'étiquette rigide et contraignante de la Cour.

La jeune reine va passionnément aimer ce domaine, bientôt prolongé d'un jardin anglo-chinois à l'opposé de la splendeur géométrique des jardins de Versailles. En 1782, elle y ajoute un nouveau jardin qui abrite, autour d'un étang, des chaumières à colombages formant un véritable village aux façades rustiques.

Il s’agit du Hameau de la Reine, construit entre 1783 et 1787, sur une idée du peintre Hubert Robert (1733-1808), puis réalisé et décoré par l’architecte Richard Mique (1728-1794). Il comprend à l’origine une douzaine de maisons à l’apparence extérieure pittoresque et champêtre en contraste avec un décor intérieur sophistiqué.

Quatre maisons sont réservées à l’usage de la Reine et de ses invités : la Maison de la Reine, le Boudoir, le Moulin et la Laiterie de Propreté, les autres étant dévolues à l’occupation paysanne ou au service.

Le Hameau comprend en outre une ferme et son fermier chargé de l'exploitation, gérant le bétail, les cultures, le moulin et la laiterie.

Non loin de là, la reine fit ériger le théâtre de Trianon dont la finalité était double : il devait offrir un cadre satisfaisant pour accueillir les spectacles commandés aux artistes de l’Académie royale de musique et donc être doté d’un dispositif scénique convenable, mais il devait aussi permettre à la souveraine de satisfaire son goût pour le théâtre de société et lui procurer un moyen commode de jouer la comédie avec son entourage quand bon lui semblerait.

Longtemps abandonné, considéré, à tort, comme une excentricité de Marie-Antoinette qui y avait vécu des moments heureux, mais aussi des heures dramatiques, le Hameau revit aujourd’hui peu à peu.

Hameau de la Reine.jpg

Le Hameau de la Reine

© Château de Versailles

Le programme de restauration actuellement engagé porte à la fois sur un assainissement des ouvrages et une restauration complète des structures maçonnées, des charpentes et des couvertures. Les structures sont consolidées pour permettre des visites guidées ; les sols, menuiseries et peintures sont repris selon leurs dispositions précisées par les mémoires de travaux du XVIIIsiècle, ou selon l’aménagement effectué au début du XIXsiècle pour l’impératrice Marie-Louise, épouse de Napoléon Ier qui occupe alors les lieux.

La restauration des décors intérieurs et le remeublement des pièces principales de la Maison de la Reine représentent un des éléments majeurs de cette opération.

La restauration du Réchauffoir, réalisée en parallèle, abrite une grande cuisine et un ensemble de petites pièces de service (garde-manger, argenterie, dressoir, lavoir). Elle était utilisée pour la préparation des repas servis dans la salle à manger de la Maison de la Reine, attenante. [1]

La restauration de ladite Maison, au cœur du domaine, a inspiré à Jean des Cars, immense spécialiste de l’histoire des dynasties européennes un ouvrage somptueux et érudit–, mais parfaitement accessible à tous –, paru chez Flammarion à Paris sous le titre Le Hameau de la Reine – Le monde rêvé de Marie-Antoinette, un Baedeker abondamment illustré de photographies prises in situ ou à partir d’une riche documentation originale.

Magnifique !

Bernard DELCORD

Le Hameau de la Reine – Le monde rêvé de Marie-Antoinette par Jean des Cars, photographies de Hillel Winograd et Franck Robin, Paris, Éditions Flammarion, avril 2018, 222 pp. en quadrichromie au format 16 x 21 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,90 € (prix France)

INFORMATIONS PRATIQUES

Château de Versailles

Domaine de Trianon

Hameau de la Reine

Téléphone : 00 33 1 30 83 78 00

Tarifs :

Le billet Domaine de Trianon (12 €) donne accès :

– au domaine de Trianon

– aux expositions temporaires présentées au Grand Trianon

– aux Jardins (hors jours de Grandes Eaux Musicales ou de Jardins Musicaux) et au Parc

– à la galerie des Carrosses

Gratuit pour :

– les moins de 18 ans (moins de 26 ans si résidents de l’Union Européenne),

– les enseignants affectés dans un établissement français munis de leur Pass éducation,

– les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur,

– les demandeurs d’emplois en France et les bénéficiaires des minima sociaux sur présentation d’un justificatif de moins de 6 mois.

Horaires :

Le Domaine de Trianon ouvre uniquement de 12 h à 18 h 30, du mardi au dimanche.

Pour s’y rendre :

Le Domaine de Marie-Antoinette est accessible depuis la ville de Versailles et depuis le domaine du château de Versailles.

Pour vous y rendre depuis la ville, deux possibilités :

– par la Grille de la Reine ou la Porte Saint-Antoine

– en bus (le Bus TRI est accessible des gares Versailles Château Rive Gauche, Versailles Chantiers et Versailles Rive Droite.

 

[1] Source : http://www.chateauversailles.fr/actualites/vie-domaine/re...

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15 04 18

« Une œuvre d'art doit être un tout complexe (…) vivant de sa vie propre et à son propre compte. » (František Kupka)

 

Kupka.jpg

Historien de l'art, spécialiste de l'œuvre du peintre austro-hongrois František Kupka (1871-1957) et de celle de l'artiste constructiviste russe Antoine Pevsner (1884-1962), Pierre Brullé est l'un des commissaires de la rétrospective Kupka organisée au Grand Palais à Paris jusqu’au 30 juillet 2018 et il en a rédigé un « carnet d’expo » paru aux Éditions Gallimard.

Écoutons-le :

« Figure majeure de l'art du XXsiècle, auteur d'une création picturale très originale, Kupka est le premier artiste à affronter le public parisien avec des œuvres non figuratives lors du Salon d'automne de 1912.

Le rejet de toute référence au monde sensible lui a été dicté par des réflexions personnelles, au terme d'un raisonnement logique rigoureux.

Singulier et solitaire, il développe par la suite une œuvre cohérente et variée, dans la fidélité à ses choix esthétiques initiaux, et crée une "autre réalité" en peinture, caractérisée notamment par la prégnance du géométrique et le lyrisme de la couleur. »

Anarchisant et antimilitariste, mais néanmoins volontaire dans l’armée française en 1914 (il se retrouva alors sur le front dans la Somme, dans la même compagnie que le poète suisse Blaise Cendrars, avant de tomber malade en 1915, d’être évacué sur Paris, puis d’être à nouveau mobilisé en 1918 et de terminer la guerre avec le grade de capitaine et la Légion d'honneur), Kupka commença sa carrière comme peintre académique, puis impressionniste et symboliste avant de passer à l’abstraction à partir de 1908.

Kupka - Disques de Newton.jpg

Disques de Newton, huile sur toile, 1912.

© ADAGP Paris 2018

Un vrai parcours du combattant !

Bernard DELCORD

Kupka par Pierre Brullé, Paris, Éditions Gallimard et Rmn – Grand Palais, collection « Découvertes Gallimard – Carnet d’expo », mars 2018, 64 pp. en quadrichromie au format 12 x 17 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 9,20 € (prix France)

INFORMATIONS PRATIQUES

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Tél. : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Tarifs :

Plein tarif : 14 €

Tarif réduit : 10 €

Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes de 16-25 ans) : 38 €

Gratuit pour les jeunes de 16 à 25 ans inclus, sans billet ni réservation, les mercredis 4 avril, 2 mai, 6 juin et 4 juillet, entre 19 heures et 22 heures (dernière entrée 21 heures)

Horaires d’ouverture du musée :

Lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10 heures à 20 heures

Mercredi de 10 heures à 22 heures

Fermeture hebdomadaire le mardi

Fermeture exceptionnelle le samedi 14 juillet

Fermeture anticipée à 18 heures le jeudi 22 mars 2018

Dans le cadre de la nuit des musées, l'exposition sera ouverte et gratuite à partir de 20 heures le samedi 19 mai 2018 (entrée jusqu'à minuit – fermeture à 1 heure)

Accès :

Accès pour les personnes à mobilité réduite : avenue du Général Eisenhower – Porte B.

En transports en commun :

RER : ligne C, arrêt Invalides

Métro : ligne 13, arrêt Champs-Élysées-Clemenceau ; ligne 9, arrêt Franklin D. Roosevelt

Bus : lignes 42, 72, 73, 83, 93

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14 04 18

« Pour connaître les hommes, il faut les voir agir. » (Jean-Jacques Rousseau)

Lassaâd Metoui – Le pinceau ivre.jpgÀ l’occasion de la carte blanche [1] laissée (à l’Institut du Monde arabe à Paris jusqu’au 30 septembre 2018) au calligraphe tunisien Lassaâd Metoui Alain Rey (°1928), le lexicographe bien connu (Il est le rédacteur en chef des publications des Éditions Le Robert), amoureux de la langue et des signes, dévoile dans un joli petit ouvrage intitulé Lassaâd Metoui – Le pinceau ivre, ses affinités électives avec la production de l’artiste.

En voici la présentation :

« Lassaâd Metoui, né en 1963 dans l'oasis de Gabès, a été initié très tôt à la calligraphie arabe. Il est aujourd'hui un artiste majeur dans cette discipline.

À la croisée des cultures, sa pratique témoigne de la quête d'une modernité plastique qui emprunte plusieurs voies : des livres, où ses œuvres dialoguent avec les textes de Khalil Gibran, Roumi, Victor Hugo, Andrée Chedid, Yasmina Khadra [2] ou… Alain Rey, des expositions, et des performances au cours desquelles le public assiste à la genèse de la pensée, du geste et des formes.

Sur papier ou sur toile, les compositions de Lassaâd Metoui conjuguent les ondulations des lettres de l'alphabet arabe avec des motifs ancestraux ou issus de la nature.

Elles sont nourries par la vision d'artistes qui ont interrogé le regard porté sur le réel – Delacroix, Matisse, Picasso, Giacometti, Hartung ou Soulages. »

Sans oublier l’art d’Extrême-Orient, notamment japonais.

Lassaâd Metoui – Bazar 2013.jpg

 

Bazar, 2013

Ajoutons enfin que les travaux de Lassaâd Metoui sont présents dans de nombreuses collections privées et publiques (Centre Georges Pompidou, musée Guimet, British Museum, musée du Bardo, musée d’Art du Castello Sforzesco de Milan…)

Bernard DELCORD

Lassaâd Metoui – Le pinceau ivre par Alain Rey, Paris, Éditions Gallimard et Institut du Monde arabe, collection « Découvertes Gallimard – Carnet d’expo », avril 2018, 64 pp. en quadrichromie au format 12 x 17 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 9,20 € (prix France)

INFORMATIONS PRATIQUES

Institut du Monde arabe

1, rue des Fossés-Saint-Bernard

75005 Paris

Tél. : 00 33 1.40.51.38.14

Tarifs :

Plein tarif : 5 €

Tarif réduit : 3 €

Horaires d’ouverture de l’exposition :

Tous les jours (sauf lundi) de 10 heures à 18 heures,

Week-ends et jours fériés (sauf 1er mai) jusque 19 heures

Fermeture des caisses 45 minutes avant la fermeture de l’exposition

Accès :

Métro Jussieu

Site Web : https://www.imarabe.org/fr

 

[1] Le principe de la carte blanche : faire dialoguer un créateur avec les collections du musée, lui permettant d’exprimer son vécu, sa relation et sa perception du monde arabe. Lassaâd Metoui y a toute sa place, tant dans sa pratique d’une calligraphie réinterprétée que dans le lien qu’il entretient avec les mots. Son « Pinceau ivre » donne forme et couleur au langage et incarne les sons et rythmes de l’oralité.

(Source : https://www.imarabe.org/fr/expositions/le-pinceau-ivre)

[2] Et Amélie Nothomb.

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12 04 18

« Entre ici, avec Claude-Ambroise Regnier, duc de Massa… »

L'Affreux du Panthéon.jpgNé en 1968, Bruno Fuligni est haut fonctionnaire, historien et maître de conférences à Sciences Po. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres aussi étonnants qu'érudits sur l'histoire politique et littéraire française.

Dans son dernier opus en date, L'Affreux du Panthéon publié à Paris aux Éditions de La Table Ronde, le narrateur, sous l’effet de l’alcool et du haschich, se réfugie un soir dans l'ancienne église Sainte-Geneviève devenue le temple des Grands Hommes de la France et de la République et s’y endort, avant d’être réveillé par un personne aussi ironique qu’énigmatique se présentant comme Claude-Ambroise Regnier, duc de Massa, dont il apparaîtra plus tard qu’il s’agit des mânes d’un politicien parjure et assassin, face noire de l'Histoire et agent de la raison d'État.

Ledit duc fait alors les honneurs de l'austère monument national de dix-sept mille tonnes de pierre et de fer à son visiteur d’une nuit, lui donnant d’assister aux échanges, teintés de vieilles querelles politiques et personnelles, entre les fantômes de certains de ses illustres pensionnaires, mais aussi de croiser quelques ombres… restées dans l’ombre.

L’occasion pour Bruno Fuligni de jeter un regard malicieux – et néanmoins critique – sur des vedettes de l’histoire comme Jean Jaurès, Jacques-Germain Soufflot, le comte de Mirabeau, Jean-Paul Marat, Victor Hugo, Émile Zola, Victor Schœlcher, Marcellin et Sophie Berthelot, Marie et Pierre Curie, Paul Langevin ou André Malraux, ainsi que sur des méconnus comme Michel Ordener, Gabriel Louis de Caulaincourt, Charles Erskine de Kellie ou Girolamo Durazzo, le dernier doge de la république de Gênes, tout en commentant nombre des œuvres d’art qui ornent ce gigantesque tombeau.

Un cicerone éclairé !

Bernard DELCORD

L'Affreux du Panthéon par Bruno Fuligni, Paris, Éditions de La Table Ronde, collection « La petite Vermillon », janvier 2018, 142 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

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10 04 18

« Quand on n'aime pas trop, on n'aime pas assez. » (Roger de Bussy-Rabutin, 1618-1693)

Le Grand Siècle déshabillé.jpgAuteur d'une Anthologie de la poésie érotique française (Fayard, 2004), Jean-Paul Goujon a assuré l'édition de l'Œuvre érotique de Pierre Louÿs. Il est l'auteur de diverses biographies dont celles de Léon-Paul Fargue (Gallimard, 1997, Grand Prix de la biographie de l'Académie française) et de Pierre Louÿs (Fayard, 2002, prix Goncourt de la biographie).

Il a fait paraître aux Éditions Robert Laffont, dans la célèbre collection « Bouquins », une compilation de textes intitulée Le Grand Siècle déshabillé – Anthologie érotique du XVIIe siècle,

Voici ce qu’il en écrit :

« Loin d'être une époque solennelle et froide, le Grand Siècle se révèle, d'un bout à l'autre, comme ardemment érotique. Sans doute moins connu que le libertinage du siècle suivant, cet érotisme prend des formes multiples, parfois surprenantes, en s'affirmant comme une sorte d'antidote à tous les pouvoirs, moraux, politiques et religieux. La veine populaire s'exprime de façon explosive et hilarante dans les facéties, les "chansons folâtres", les "contes à rire", puis, sous la Fronde, les violentes mazarinades, tandis que les "chansons de cour" brocardent sans pitié les amours des courtisans.

On voit à cette même époque surgir les premiers grands textes érotiques de notre littérature : les Confessions de Bouchard, L'École des filles, Le Bordel des Muses de Le Petit. Les écrits d'ecclésiastiques montrent que l'Église elle-même n'échappe pas à ces hantises. Objets de scandale, le saphisme et l'homosexualité masculine sont présents aussi bien dans l'œuvre des poètes que dans les anecdotes relatées par les chroniqueurs ou les rapports de police.

Certaines obsessions, en particulier la scatologie, sont perçues et exaltées comme autant d'hérésies. Les multiples amours de Louis XIV témoignent que ce souverain, loin d'être une exception, exprimait parfaitement les goûts de son siècle tout enivré d'amour et de sensualité.

Nombre de textes ici rassemblés sont peu connus, sinon ignorés, et certains n'avaient même jamais été réédités. Ils sortent ainsi du purgatoire sans rien perdre de leur verve trouble et sulfureuse. »

Et franchement paillarde !

Bernard DELCORD

Le Grand Siècle déshabillé – Anthologie érotique du XVIIe siècle, édition établie, annotée et présentée par Jean-Paul Goujon, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », mai 2017, 1024 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 € (prix France)

Extraits (softs) :

 

Salomon de Priezac, Sur un amant qui fit un pet en présence de sa maîtresse (1650)

 

Un jour chez Alidor, un galant malheureux

Faisant l'expression de son zèle amoureux,

Frappa d'un petit vent l'oreille de sa Dame :

Mais holà ! lui dit-il, qui s'en moque est un fou,

Car dans le désespoir et l'ardeur qui m'enflamme,

Pourvu que je soupire, il n'importe par où.

 

Le Cabinet satyrique (1618)

POUR ÉCRIRE SUR LE LUTH D'UNE DEMOISELLE. SONNET

 

Si votre main blanche et légère

Anime et donne au luth la voix,

Jugez ce qu'elle pourrait faire

D'un autre instrument que de bois.

 

Croyez, belle ménestrière,

Pendant que vous avez le choix,

Remuez un peu le derrière,

Et non pas si souvent les doigts.

 

Le luth pour un temps vous peut plaire,

Mais ce plaisir ne dure guère :

Il ennuie et lasse parfois ;

 

Mais un vit fait tout le contraire,

Car son entretien ordinaire

Fait que les ans semblent des mois.

 

                                          ANONYME

04 04 18

La fin d'un monde...

Qu'est-il arrivé à l'Empire romain.jpgNé en 1938, Jean-Christian Lambelet est professeur honoraire à l’Université de Lausanne où il a enseigné la macroéconomie, l’histoire économique et les méthodes quantitatives jusqu’en 2004. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres et d’environ deux cents études et articles en économie, en histoire et en science politique.

Il a fait paraître chez Slatkine à Genève un essai solidement argumenté intitulé Qu'est-il arrivé à l'Empire romain ? – Essai d'explication par un économiste dans lequel il se penche avec sagacité sur le faisceau de causes qui a provoqué la chute du plus grand État antique d’Occident.

Écoutons-le :

« De récentes données quantitatives conduisent à une nouvelle interprétation de la trajectoire de l’Empire romain, une interprétation qui fait aussi appel à des concepts analytiques modernes tels que la globalisation, le progrès technologique ou la notion de coût fixe.

Au point de départ, la supériorité militaire de Rome lui a permis d’unifier le monde antique. Une première phase d’expansion a été essentiellement prédatrice, mais elle allait céder la place à une période d’intégration économique et politique. Il en est résulté une vaste zone d’échanges économiques, une explosion du commerce à moyenne et longue distance et une forte poussée des activités économiques. La diffusion de divers procédés de production a aussi contribué à cet essor.

Ces diverses sources de croissance se sont taries dès le Ier siècle. On se serait donc attendu à ce que l’essor économique initial soit suivi par une phase de “stagnation séculaire”. Mais c’est alors que l’économie et le monde romains ont été frappés par un choc négatif soudain et brutal : la peste des années 165-185, dont l’impact a été dévastateur.

Cette pandémie allait déclencher un cercle vicieux lié en premier lieu à la sécurité extérieure. Pour faire face aux menaces pesant sur un empire hypertrophié, des forces armées de taille commensurable étaient indispensables. Les légions constituaient donc un très important “coût fixe”, lequel est devenu toujours plus lourd au fur et à mesure que la base économique de l’Empire s’affaiblissait ; avec pour résultat des finances publiques toujours plus déséquilibrées, une inflation toujours plus forte due à la monétisation des déficits, une pression fiscale toujours plus lourde et des taux d’intérêt toujours plus élevés. D’où la phase de déclin dans laquelle une contraction économique continue alliée à un système politique instable a débouché sur la disparition de l’Empire d’Occident.

D’autres explications du déclin de l’Empire, comme un empoisonnement collectif par le plomb, une poussée irrésistible des peuples “barbares” ou l’influence débilitante du christianisme, sont examinées.

La question est enfin discutée de savoir si la trajectoire de l’Empire peut comporter des enseignements pour notre propre époque. »

Et la réponse est : « Oui ! »

Bernard DELCORD

Qu'est-il arrivé à l'Empire romain ? – Essai d'explication par un économiste par Jean-Christian Lambelet, Genève, Éditions Slatkine, collection « Histoire, politique et économie internationale », février 2018, 254 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)

03 04 18

Nouveau keynésianisme…

Économie du secteur public.jpgFier d’avoir pu apporter une modeste pierre éditoriale à l’édification de ce monument, j’ai le plaisir de vous annoncer la parution aux Éditions De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve de la traduction française de la quatrième édition américaine de l’essai de Joseph Eugene Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001 [1], assisté dans sa rédaction par Jean-Dominique Lafay [2] et Jay Rosengard [3], intitulé Économie du secteur public, la bible la plus actuelle en matière de gestion de l’État en Occident.

En voici le prière d’insérer :

« Le secteur public occupe une place croissante dans les économies nationales, notamment dans les pays européens, où il dépasse parfois 50% du PIB. Pour cette raison, la science économique s'intéresse de plus en plus à la logique des décisions publiques. Comment l'État sélectionne-t-il les programmes à mettre en œuvre ? Quel rôle joue-t-il dans la société ? Est-il capable de concevoir un système de taxes à la fois efficace et équitable ? Dans le secteur public, l'idéologie et la politique peuvent facilement prendre le pas sur le rationnel, sinon sur le raisonnable.

Pour comprendre et prévoir les options retenues dans ce cadre, il a été nécessaire de construire une analyse fondée sur des bases scientifiques rigoureuses. C'est ainsi qu'a vu le jour, au cours du dernier demi-siècle, une économie publique nouvelle, au sein de laquelle l'étude des comportements politiques est devenue essentielle. Joseph Stiglitz, Jean-Dominique Lafay et Jay Rosengard mettent à profit leur expertise pour faire partager au lecteur cette problématique clé de l'économie du secteur public.

Claire et accessible, cette version française de la quatrième édition américaine s'adresse particulièrement aux étudiants en économie, de niveau licence 2 à master 2, mais aussi à l'ensemble des économistes, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à cette discipline. »

Pointons au passage les chapitres consacrés aux soins de santé aux États-Unis permettant de mieux saisir la politique yankee en la matière (systèmes de Medicare, Medicaid et Obamacare) et les débats qu’elle soulève…

Bernard DELCORD

Économie du secteur public par Joseph Eugene Stiglitz, Jean-Dominique Lafay & Jay Rosengard, révision scientifique de J.-F. Caulier, traduction française de la 4édition américaine par Françoise Nouguès, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, collection « Ouvertures économiques », mars 2018, 1 088 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 55 €

TABLE DES MATIÈRES

PARTIE I – RÔLE ET TAILLE DU SECTEUR PUBLIC

Chapitre 1 Les fonctions du secteur public

Chapitre 2 La taille du secteur public

PARTIE II – LES FONDEMENTS DE L’ÉCONOMIE DU BIEN-ÊTRE

Chapitre 3 L’efficacité du marché

Chapitre 4 Les défaillances du marché

Chapitre 5 Biens publics et biens privés fournis publiquement

Chapitre 6 Externalités et environnement

Chapitre 7 Efficacité et équité

PARTIE III – LA THÉORIE DES DÉPENSES PUBLIQUES

Chapitre 8 La production publique de biens et services

Chapitre 9 L'analyse des choix publics

PARTIE IV – LA DÉPENSE PUBLIQUE EN PRATIQUE

Chapitre 10 Les dépenses publiques : un cadre d’analyse

Chapitre 11 L’évaluation des dépenses publiques

Chapitre 12 Défense, recherche et technologie

Chapitre 13 Économie de la santé

Chapitre 14 Économie de l'éducation

Chapitre 15 Programmes de bien-être social et redistribution du revenu

Chapitre 16 L'assurance sociale

PARTIE V – THÉORIE DE LA FISCALITÉ

Chapitre 17 Introduction à la fiscalité

Chapitre 18 L'incidence fiscale

Chapitre 19 Impôt et efficacité économique

Chapitre 20 Fiscalité et optimum

Chapitre 21 La fiscalité du capital

PARTIE VI – LA FISCALITÉ EN PRATIQUE

Chapitre 22 L'impôt sur le revenu des personnes

Chapitre 23 L'impôt sur le revenu des sociétés anonymes

Chapitre 24 Manuel de l'évitement fiscal

Chapitre 25 Les réformes du système fiscal

PARTIE VII – AUTRES SUJETS IMPORTANTS

Chapitre 26 Les relations budgétaires entre les niveaux de gouvernement

Chapitre 27 Dépenses et impôts subnationaux

Chapitre 28 Déficits budgétaires et dette publique

 

[1] Joseph Eugene Stiglitz (°1943) est professeur à l'Université Columbia, après avoir enseigné aux universités de Princeton, Yale, Oxford et Stanford. Lauréat du prix Nobel d'économie 2001, il est l'auteur de centaines d'articles et de livres scientifiques, notamment de Principes d'économie moderne (De Boeck Supérieur), manuel "bestseller" destiné aux étudiants de premier cycle. Joseph Stiglitz a occupé d'importantes fonctions comme président du Council of Economic Advisers, sous la présidence de Bill Clinton, puis comme "économiste en chef" de la Banque mondiale.

[2] Jean-Dominique Lafay (°1944) est professeur émérite à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ancien directeur du Laboratoire d'économie publique, auteur de nombreux livres et articles scientifiques consacrés aux décisions publiques et aux interactions entre économie et politique. Il a exercé des fonctions administratives nationales, notamment celles de directeur scientifique pour le droit et l'économie et de vice-chancelier des universités de Paris.

[3] Jay Rosengard est lecturer (chargé de cours) à la Kennedy School de l'Université Harvard, où il enseigne les politiques publiques. Il est également directeur académique de plusieurs programmes, notamment au Mossavar-Rahmani Center (concernant le secteur financier de cette institution). Il possède une longue expérience internationale des politiques de développement (en matières monétaire, financière, budgétaire et d'administration publique).