18 03 18

Superbe roman : Le champ de bataille !

colin.jpg« Le champ de bataille » de Jérôme Colin est un magnifique petit (parce qu'il se dévore et en donne l'impression) roman d'aujourd'hui (dans cette ère du « virtuolithique », comme on le dit sur la quatrième de couverture). Vous ne serez pas déçu du voyage. C'est la plupart d'entre nous en ce moment – ou plus précisément il y a quelques mois en Belgique. C'est une observation juste et sensible de l'histoire d'un couple et de ses deux enfants ado et pré-ado. Les rapports entre les parents, avec les enfants, avec l'école, avec une psy. C'est l'occasion de réflexions tellement pertinentes sur l'éducation, sur les apparences, sur la communication. Et puis, surtout, c'est une fort belle création autour de l'amour entre les êtres.

Le style est superbe. Beaucoup de dialogues. Des énumérations étonnantes (J'ai détesté...), telle celle-ci :

« Nous avons attendu. L'attente est une composante essentielle de la vie de parent. On attend qu'ils s'endorment. On attend qu'ils terminent la sieste. On attend qu'ils acceptent de se laver les dents. On attend qu'ils s'habillent. On attend à la sortie de l'école. On attend après l'entraînement de football. On attend à la sortie du cours de danse. On attend les résultats du bulletin. On attend qu'ils soient rentrés pour pouvoir enfin s'endormir en se disant que, ce soir encore, tout le monde est vivant dans la maison. »

Nous nous trouvons parfois face à des décomptes, face à une succession d'heures précises. Cette diversité est pour beaucoup dans le grand plaisir de lecture.

Jérôme Colin met le doigt sur nos peurs, nos faiblesses. C'est toujours la même chose : nous avons envie de faire, mais on ne le fait pas. Ainsi le héros se réfugie-t-il dans les toilettes pour s'évader :

« Je ne suis jamais allé en Thaïlande parce qu'il y a toujours une bonne raison de ne pas voyager. C'est pour cela que nos vies sont si petites alors que le monde est si grand. »

On trouve aussi, pour l'auteur plongé dans les médias lui-même, une extraordinaire critique de ce que deviennent les médias, entre autres lors de catastrophes. Il met vraiment le doigt où cela blesse !

Quelques petites phrases, pour vous donner le ton du roman : A propos du couple :

« Je lui ai proposé de boire un verre de vin, elle a répondu : « Pas aujourd'hui, faisons plutôt ça demain... » Je détestais cette phrase. Comme si l'on pouvait remettre le plaisir au lendemain. Comme si nos heures n’étaient pas comptées. Car demain n'est pas une certitude, c'est au mieux une éventualité. »

De la femme :

« Le pragmatisme des femmes est une création divine. »

De l'adolescence :

« L'avantage, quand il parle, c'est qu'on n'entend pas les fautes d'orthographe. »

De notre pays :

« J'ai toujours aimé la capacité des Belges à réagir à l'adversité. Nous le faisons avec une sorte de fatalité comique, qui semble dire que rien, jamais, ne nous mettra véritablement à terre. »

Voilà un de ces livres qui vous réconcilient avec le roman ou vous confortent dans votre désir de lecture. Un roman qui comporte toutes les qualités qu'on en attend, perdus que nous sommes entre les réseaux sociaux, l'information permanente et les composantes de notre société qui ne semblent pas avancer au même rythme. (Je suis fier d'avoir un jour aidé Jérôme en étant son invité dans le casting gagnant de « Hep, Taxi ! »... )

 

Jacques MERCIER

 

« Le champ de bataille », Jérôme Colin , roman, Allary Éditions, 208 pp, 17,90 euros.

 

 

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17 03 18

Une valise d'Amour

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J'ai ouvert une vieille valise à laquelle je n'avais pas touché depuis plus de cinquante ans. Je l'avais bouclée en déménageant ici rue des Saints-Pères avec Joris, en me promettant sûrement de faire le tri, ce que je n'ai jamais fait. " 

Frappée d'une brusque cécité,  puis de la récupération d'une - faible - partie de sa vision, l'époustouflante nonagénaire ouvre la valise de son passé.  Un passé marqué, à quinze ans,  par sa déportation aux camps d'Auschwitz-Birkenau, Bergen-Belsen et Theresienstadt,  d'où elle sera libérée le 10 mai 1945. 

Nous avions découvert, avec émotion, la lettre qu'elle adressait à son père, Et tu n'es pas revenu,  déjà aidée,  en sa relation  des faits, par la merveilleuse Judith Perrignon (Ed Grasset, 2015 - voir chronique sur ce blog) qui n'ayant " pris que ses mots a permis à [ses] amis de [la] retrouver" s'émerveille Marceline Loridan-Ivens, lors d'une interview radiophonique diffusée le 10 février passé (nous n'avons pas noté la chaîne ni le nom de son interlocuteur et le prions de nous en excuser) 

L'amie de Simone Veil - elle fit  partie du même convoi - visite à notre intention cette valise d'Amour, y découvrant lettres et  quelques pans de son passé qu'elle avait totalement oubliés.

 " C'est là que surgit l'amour, puisqu'il faut bien qu'on en parle, là que commence le ballet des hommes qui a chassé le nom de mon père de mon état civil"

Née Rozenberg, le 19 mars 1928, Marceline cherche -sans doute - dans le regard des hommes qu'elle côtoie, à son retour des camps, 'la certitude d'être vivante".  Elle épouse "très vite, trop vite"  Francis Loridan, un ingénieur de (re) constructions  mais ce mariage d'huile et de feu se réduit à une relation à dominante épistolaire - on songe à celui d'Alexandra David-Néel - dont elle garde le patronyme avant de rencontrer l'homme de sa vie, Joris Ivens, de 30 ans son aîné, celui avec qui "tout s'est mis en place naturellement."

Réduite à un simple matricule par la cruauté nazie et les dégradations corollaires, la jeune fille en conserve un rapport  perverti à son corps, à la sexualité, à l'amour.  Il la  sépare irrémédiablement de ceux qui n'ont pas vécu cette expérience.Elle ne trouvera jamais la paix car elle aura "toujours un camp dans sa tête" (ITW 10 février) 

Soucieuse que son récit perdure au-delà de sa vie, en un monde qui n'a fait que semblant de tirer les leçons de l'holocaute, Marceline Loridan-Ivens nous offre un témoignage inestimable, frappé de sobriété, de phrases courtes, de sentences fortes, percutantes.

Une sur-vie riche de vérité, de transmission, d'émotion.

Une lecture absolument recommandée

Apolline Elter 

L'amour après, Marceline Loridan-Ivens, avec Judith Perrignon, récit, Ed. Grasset, janvier 2018, 160 p

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16 03 18

La madone moderne

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 Une exposition de ravissante, passionnante facture traversera le printemps - attendu -  et les salles du musée Jacquemart- André (Paris VIII) , du 9 mars au 23 juillet prochain, à savoir Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris.

Elle est soutenue de l'édition d'un catalogue - beau livre illustré, en tous points remarquable. Il nous permet d'intégrer la visite dans l'effervescence artistique, mais aussi l'atmosphère de l'époque

Née en Pennsylvanie d'une famille aisée,  d'origine française huguenote, Mary Cassatt (1844-1926)  conquiert rapidement son indépendance en assouvissant, à Paris, l'appel de sa vocation artistique. Refusée d'inscription aux Beaux-Arts  - elle cumule le double handicap d'être femme et étrangère -  Mary suit les cours de Jean Léon Gérôme (1824-1904) .  Sa technique (bien) acquise est de facture réaliste et ses oeuvres se voient acceptées aux "Salons" de 1872 à 1876. Le refus de deux de ses toiles  à l'édition 1877 du Salon la fera virer de cap et intégrer, à l'invitation de Degas, son ami, le groupe des impressionnistes

 Datée de 1877-78, la " Petite fille dans un fauteuil bleu" consacre l'entrée de Mary Cassatt dans la mouvance impressionniste ainsi que le symbole de l'exposition.

 Mary reste attachée à sa famille et à sa soeur Lydia qu'elle représente dans la sublime "Tasse de thé".

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  Un attachement qui lui vaudra de nombreux portraits familiaux, saisis avec naturel et tendresse et une conversion progressive - entre 1881 et 1891 - en peintre de " La madone moderne" . Mary représente alors la relation maternelle dans toute sa sensualité, captant cette fusion corporelle à laquelle elle n'a pas goûté, restée célibataire et sans enfants

1881 consacre également sa rencontre et le début d'une amitié durable avec le marchand d'art Paul Durand-Ruel;  

Mais Mary ne se cantonne à cette simple veine "familiale"  d'inspiration. Elle aime relever les défis et intègre à son art, la simplification des lignes et le faciès des estampes japonaises. 

 Fusains, pointes sèches,  pastels, aquarelles, gravures (vernis mou) ... accompagnent l'exposition des huiles , révélant les faces multiples d'une  Elisabeth Vigée-Lebrun, à la mode Belle époque.

Je vous en recommande la visite, ainsi que la découverte du catalogue

Apolline Elter

Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris,  Nancy Mowll Mathews (dir), Flavie Durand-Ruel Mouraux et Pierre Curie,  beau livre publié à l'occasion de l'exposition, Co-édition, Musée Jacquemart- André, Institut de France, Culturespaces et Fonds Mercator, mars 2018, 180 pp, 

Exposition: du 9 mars au 23 juillet 2018 - Musée Jacquemart-André,  158 Bd Haussmann - 75.008 Paris

Toutes précisions sur le site : http://www.musee-jacquemart-andre.com/ 

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15 03 18

Rambouillette

.salons littéraires.jpgFocalisé sur la célèbre "chambre bleue", entendez le salon de l'hôtel Rambouillet, au sein duquel la marquise Catherine de Vivonne tint quarante années durant - la première moitié du XVIIe siècle - le plus célèbre salon littéraire de la Capitale, l'essai entend quelque peu démythifier la gloire qui lui est accrochée.

Nous avons cherché à en contester la vision traditionnelle, accréditée dans l'opinion et amplifiée par l'attitude laudative, trop souvent adoptée. Notre analyse de l'univers de la Marquise s'est efforcée 
de rétablir les proportions plus modérées de la question et de parler des amis du cercle en termes propres, afin de définir leur vraie identité et de déterminer ainsi le noyau psychologique du salon où ils se jetèrent à corps perdu. De lui rendre le privilège d'être ce qu'il fut. Pour ce faire, il a fallu déchirer la légende et 
renverser quelques statues.

 Cénacle littéraire aux membres triés sur le volet - Chapelain, Voiture, Bossuet, Guez de Balzac,  Madeleine de Scudéry, notre chère marquise de Sévigné, ...-  le salon fut l'antre de réunions précieusement codées, conviviales - il s'agissait de se "désennuyer " , danser, jouer, se déguiser, organiser farces, surprises et cadeaux (dans le sens premier de collations champêtres) ...- de  joutes discursives et de querelles célèbres, telle la "Querelle des Supposés" et celle du Cid.  Il se prolongeait d'échanges épistolaires, dûment répertoriés, qui nous renseignent parfois sur la véritable atmosphère des réunions, au gré d'indiscrétions, de distractions au code de la préciosité, savamment distillées.

De santé précaire, la marquise recevait ses hôtes, en position allongée.  Initié vers 1608, le salon ne survécut pas à la Fronde (1648-1653) qui vit sa compagnie exploser.

Assumant son parti-pris iconoclaste, l'essai offre un regard neuf sur un Salon des plus mythique

A Elter

Les Salons littéraires, De l'hôtel de Rambouillet..sans précaution, Barbara Krakewska, essai, Ed. Jourdan, janvier 2018, 366 pp 

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15 03 18

Fenêtre sur rêve

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 Notre vie ressemblait à un rêve étrange et flou

 C’est un premier roman,  largement nourri de l’enfance, de la vie d’Isabelle Carré.  Dans une interview accordée à Léa Salamé, la comédienne justifie la forme romanesque  prêtée aux faits par une « redistribution des cartes à sa façon. »

Née du couple hybride d’une mère d’origine aristocrate et d’un père issu d’une famille de cheminots, la narratrice se replonge dans la « famille bordélique » qui a construit son enfance,  dans les parfum et atmosphère propres aux années ’70, avec le prisme d’incompréhension qui fut sien face à l’inexorable naufrage du couple parental et la découverte de l’homosexualité paternelle.

 « Qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui a tout fait déraper ? Ils n’ont pas toujours été si fragiles. Leur monde n’a pas pu chavirer comme ça, du jour au lendemain, sans signe avant-coureur. »

 Et l’actrice, consciente de l’image lisse,  « discrète et lumineuse »  qu’elle arbore, d’ouvrir une fenêtre sur ses angoisses, questions, fragilités qui l’ont conduite, adolescente, à une profonde crise existentielle.

«  Je suis le fruit d’un malentendu »

Le théâtre, le cinéma lui rendent goût à la vie, qui lui permettent d’en endosser cent, de revisiter d’une démarche mure et cathartique, ses nombreux carnets de notes et de les partager avec le lecteur.

Un premier roman sensible et généreux.

Les Rêveurs, Isabelle Carré, roman, Ed. Grasset,  janvier 2018, 304 p

 

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05 03 18

L’étude magistrale d’un sujet touchy…

Léopold II, potentat congolais – L'action royale face à la violence coloniale.jpgAdapté de sa thèse de doctorat en histoire défendue en 2015 à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, l’ouvrage de Pierre-Luc Plasman intitulé Léopold II, potentat congolais – L'action royale face à la violence coloniale (Bruxelles, Éditions Racine) est l’étude magistrale d’un sujet particulièrement délicat, comme l’indique son maître, le professeur Michel Dumoulin, dans sa préface :

« Une abondante littérature existe désormais aussi bien à propos du deuxième roi des Belges qu'à celui de l'État indépendant du Congo (EIC), dont il fut le souverain entre 1885 et 1908. Mais qui dit quantité ne dit pas nécessairement qualité, et ce, quelle que soit l'orientation des auteurs. Les uns, confondant enquête historique et réquisitoire implacable prononcé au nom de la morale de notre temps, accumulent les clichés et les contre-vérités. Les autres, nostalgiques du temps colonial, confèrent à leur mémoire le statut de source de la vérité historique. Dès lors, faut-il même souligner combien tout discours soucieux d'échapper au simplisme est rendu quasiment inaudible du fait du tumulte provoqué par l'instrumentalisation du passé au nom de la repentance par les uns, des bienfaits de la colonisation et du gâchis de la décolonisation par les autres ?

Sans prétendre détenir LA vérité, Pierre-Luc Plasman, s'appuyant sur les travaux souvent pionniers d'illustres prédécesseurs et exploitant une masse impressionnante de sources inédites, publiques et privées, ainsi que de non moins nombreuses sources imprimées, vise deux objectifs. Le premier, pour faire bref, consiste à étudier la naissance et le développement des rouages de l'EIC. Le second relève du souci de comprendre pourquoi le régime léopoldien a été synonyme d'une très grande violence épousant diverses formes.

Léopold II, jadis présenté comme un géant au génie incompris de ses contemporains aussi mesquins que dépourvus d'ambition pour leur patrie, l'est, aujourd'hui, comme un sinistre génocidaire. Cette opposition radicale entre deux représentations, la seconde l'emportant désormais largement sur la première, a limité l'étude de la substance et des formes du régime léopoldien à la portion congrue. Comme si la volonté du roi des Belges avait été la seule et unique source d'inspiration du système progressivement mis en place. Or, s'il est évident que le Roi a sans cesse été à la recherche d'une colonie ou d'un domaine rémunérateur, il tombe sous le sens qu'il ne pouvait pas y parvenir “seul contre tous”. »

L’ouvrage aborde pour la première fois dans les détails et en chiffres le fonctionnement de l'État indépendant du Congo ainsi que le rôle précis de Léopold II en vue de mieux comprendre les atrocités liées à la récolte du caoutchouc commises par les acteurs sur place – « hauts fonctionnaires territoriaux et directeurs de sociétés abusant largement de leurs prérogatives, agents subalternes et sentinelles africaines intégrant la bestialisation de leur comportement dans leur cadre de travail » [1] – ainsi que les actions du souverain dans une voie réformatrice, mais aveuglée par le déni et prenant la campagne anti-congolaise pour l’expression d’une frustration de l’impérialisme anglais, alors que la source des abus résidait dans le système même d’exploitation de l’EIC.

Enfin, « aussi horribles soient-elles, (l)es violences de masse ne peuvent pas être qualifiées de génocidaires. De même, la moitié de la population congolaise n’a pas été exterminée. Il existe cependant bel et bien un déclin démographique dans lequel la terreur et la violence jouent un rôle primordial à côté d’autres facteurs, comme la dénatalité vénérienne. » [2]

Une vaste remise en place des idées reçues…

Bernard DELCORD

Léopold II, potentat congolais – L'action royale face à la violence coloniale par Pierre-Luc Plasman, préface de Michel Dumoulin, Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2017, 246 pp. + un cahier photos de 8 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,95 €

 

[1] Page 226.

[2] Pages 226-227.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 03 18

Intuition

 

_thomassetie.jpgAvec une belle persévérance, Monique Thomassettie poursuit un prolifique travail d'écriture : nouvelles, textes, poèmes, journal. Ce livre Intuition est entièrement réalisé par elle-même, comme elle le signale : « Forme et fond ; inspiration / travail (écriture, peinture, dessin) ; structure ou archiecteure ; ainsi que la couverture. Et la composition / mise en page. Et l'insertion des images. Comme dans tous mes livres parus chez M.E.O. Et à Monéveil. La couverture présente est une huile de 19921 titrée « Villes promises ».

Ce tome VII contient de la poésie Ma lucide candeur ou Les Ajours de ma nuit, un Journal et l'Arc-en-ciel de mes orages, de courts textes.

Voici quelques mots trouvés dans le livre, dans les endroits poétiques) :

Les vrais poètes ne sont pas « voleurs de feu »

Le feu est en eux

 

En date du 7 juillet 2017 :

Au fond marin de mes yeux

revient un paysage

imaginaire, mais inspiré de mes voyages.

 

En septembre et titré « Musique » ces sublimes vers :

Toute enfance

est une éternité

inachevée.

 

Je vous laisse découvrir tout ce livre touffu, riche, varié, profond, poétique et sincère.

 

Jacques MERCIER

 

Inutition (Tome VII), Monique Thomassettie, 256 pp, 15cmX21cm, Edition Monéveilo, monique.thomassettie@belgacom.net (20 euros?)

 

 

 

 

 

04 03 18

Du bout du jour

_colmant.jpgC'est par les réseaux sociaux que l'écrivaine Martine Rouhart a pu découvrir la poésie de Philippe Colmant et lui écrire une préface. On y lit : « Une poésie introspective, une mise à nu, des descriptions pensives : l'univers de Philippe Colmant, qui nous livre ici un peu de son âme, touche par sa profondeur et sa sincérité. »

Ce que j'aime aussi dans « Du bout du jour », ce sont les photos réalisées par l'auteur lui-même. Ce sont des illustrations magnifiques.

Dès le premier court poème, on est emporté :

Il est de ces matins

Où, pris à contre-jour,

Le monde se résume

A ma fenêtre ouverte

Sur un jardin de pluie

Implorant le soleil.

 

Celui-ci :

J'ai appris l'essentiel :

Certains arbres sont creux

Pour abriter les rêves ;

D'autres, plus vigoureux

Pour nourrir de leur sève

Les racines du ciel

Et enfin, pour vous donner l'eau à la bouche et les mots dans le cœur :

Il reste quelques rêves

Oubliés par la nuit

Dans les replis du cœur

Où le jour n'entre pas.

 

Il me semble que c'est le onzième recueil de poème de Philippe Colmant depuis cinq ans. Mais ce poète prolifique ne déçoit pas et ajoute une fleur nouvelle au bouquet, à chaque parution.

 

Jacques MERCIER

 

« Du bout du jour », poèmes, Philippe Colmant. Éditions Demdel. 100 pp. 16Cm/24cm. 12 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 03 18

« Nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose. » (Benjamin Constant)

Benjamin Constant (1767-1830) – Les égarements du cœur et les chemins de la pensée .jpgProfesseur honoraire du département de langues et littératures romanes (Université de Liège) spécialisé en littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles et grand connaisseur de l’œuvre de l’écrivain vaudois Benjamin Constant, Paul Delbouille (°1933) est l’auteur, aux Éditions Slatkine à Genève, d’un impressionnant – et passionnant – essai intitulé Benjamin Constant (1767-1830) – Les égarements du cœur et les chemins de la pensée, la première biographie en français depuis trente ans consacrée à l'auteur des Principes de politique, (1806) et d'Adolphe (1816) [1], et ce, dans le cadre de l'édition en cours des Œuvres complètes de Benjamin Constant, une entreprise scientifique internationale dont l’enseignant liégeois est l'un des principaux artisans.

Écoutons-le :

« Pionnier du libéralisme politique, précurseur de l'écriture intime et du roman psychologique, théoricien du sentiment religieux, penseur de la modernité, Benjamin Constant est aujourd'hui considéré comme une figure majeure de l'histoire intellectuelle du tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

Né à Lausanne en 1767 dans une famille d'origine huguenote, il n'a cessé par la suite de sillonner l'Europe, en privilégiant l'Allemagne, où il a mené de vastes recherches érudites, et la France, où il s'est illustré dans le domaine de l'action politique en tant que membre du Tribunat sous le Consulat et membre de la Chambre des députés sous la Restauration.

Chef de file de l'opposition libérale, il a exercé une influence significative dans la vie parlementaire et médiatique. À sa mort en décembre 1830, la population parisienne lui a offert des funérailles triomphales.

Cette trajectoire singulière – entre Lumières, Révolution, Empire et Restauration – n'a manqué ni de rebondissements ni de zones d'ombre, d'autant que plusieurs aventures sentimentales mouvementées sont venues se mêler à la carrière politique et littéraire de Benjamin Constant, à l'image de sa célèbre liaison avec Germaine de Staël. »

Assise sur une base documentaire nouvelle, cette biographie fournit le récit détaillé d'une destinée passionnante et constitue pour les chercheurs un instrument de travail de première importance.

Bernard DELCORD

Benjamin Constant (1767-1830) – Les égarements du cœur et les chemins de la pensée par Maurice Delbouille, Genève, Éditions Slatkine, août 2015, 743 pp. en noir et blanc + 16 pp en quadrichromie au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 55 € (prix France)

 

[1] Adolphe raconte l'inexorable décomposition d'une relation amoureuse. Après avoir séduit Ellénore par vanité plus que par amour, Adolphe ne parvient ni à rompre ni à aimer. Son indécision, entre sincérité et mauvaise foi, ainsi qu’une sorte de sadisme mêlé de compassion, précipiteront la course à l’abîme de ce couple fatal. Échappé comme par mégarde de la plume de Constant pour se divertir de ses déboires sentimentaux avec Charlotte de Hardenberg et Madame de Staël (c'est une certaine conception de la genèse du texte), Adolphe est un chef d’œuvre du roman d’analyse : une « histoire assez vraie de la misère du cœur humain ».

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_(roman)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 03 18

Au temps de la Belgique Joyeuse…

Expo 58, l'espion perd la boule.jpgPrix Rossel 2013 pour son émouvant récit Monsieur Optimiste, l’avocat belge spécialiste du droit d’auteur Alain Berenboom (°1947) a publié chez Genèse Éditions à Bruxelles un polar historique intitulé Expo 58, l'espion perd la boule dans lequel on retrouve Michel Van Loo, son détective privé de prédilection, pour une plongée en immersion dans le monde barbouzard de la Guerre froide sur fond de chantier de l’exposition universelle de Bruxelles qui fut le point d’orgue des Golden Fifties.

Au menu de cet ouvrage teinté d’humour au second degré : l’Atomium, le meurtre d’un chef de chantier, un attentat à la bombe devant le pavillon américain, un savant hydrauliste, des espions venus du froid, des embrouilles au Moyen-Orient, la rue du Labrador chère à Hergé, le palis du Midi, la zwanze brusseleir, la Belgique de papa, des rebondissements inattendus, un style décalé…

Et la gueuze Mort Subite, indeed

Bernard DELCORD

Expo 58, l'espion perd la boule par Alain Berenboom, Bruxelles, Genèse Éditions, mars 2018, 272 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,50 €