28 07 17

En voiture, Simone !

La clé sous la porte.jpgParu d’abord chez Joëlle Losfeld en 2015, La clef sous la porte de Pascale Gautier (1) – dont le roman précédent, Les Vieilles (Joëlle Losfeld, 2010, Prix Renaudot poche 2012) avait connu un immense succès – ressort en format de poche chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio ».
 
En voici le pitch :
 
« Ils sont solitaires, dociles, désabusés. Ils sont enseignant, retraité, cadre, employée. Tous sont ligotés à leur petite vie, à leur faux confort. Auguste, comme chaque fois qu'il retrouve ses parents, est pris en tenaille entre une mère tyrannique et un père plutôt faible. José, retraité endurci, vit devant la télé, allumée 24 heures sur 24. Ferdinand subit une femme volage et une fille ado, véritable tête à claques. Agnès, toujours amoureuse d'hommes mariés, est harcelée par ses trois frères qui lui demandent de venir au chevet de leur mère qui est en train de mourir pour la cinquième fois...
 
Jusqu'au jour où, grains de folie aidant, ces quatre contre-héros vont rompre les amarres. Parents, métier, épouse, raison : tout finit par voler en éclats… »
 
Caustique à souhait, cette exploration des vies ordinaires en crise et des travers de notre société est aussi une ode à la liberté…
 
Bernard DELCORD
 
La clef sous la porte par Pascale Gautier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », avril 2017, 224 pp. en noir et blanc au format 10,7 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,60 € (prix France)
 

(1) Qui est par ailleurs directrice littéraire du domaine français aux Éditions Buchet-Chastel. La clef sous la porte est son onzième roman.

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25 07 17

La peinture pour tous...

Racontant un épisode de la vie de l’artiste avant d’en présenter l’œuvre générale, la collection « Les Grands Peintres » publiée chez Glénat à Grenoble est un bel outil qui met l’histoire de la peinture européenne des XIXe et XXe siècles à la portée des jeunes et de ceux qui le sont moins.
 
Elle est riche de nombreux titres, parmi lesquels nous avons épinglé les cinq suivants, dont nous reproduisons le pitch :
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby

Collection Les Grands Peintres (Gauguin).jpg

 « Novembre 1888. Fourbu, Paul Gauguin arrive à Arles à la fin de la nuit... Cela fait des semaines que Van Gogh l'implore de venir le rejoindre dans le sud. Il rêve d'un travail en atelier. C'est alors le début d'une curieuse relation. Les deux peintres font plus que cohabiter, ils tentent d'unir leurs talents et confrontent leurs existences. S'ils sont conscients de leur génie respectif, chacun s'estime supérieur à l'autre. Les deux amis en arrivent à se détester lorsque Paul travaille sur une œuvre personnelle alors que Vincent voudrait privilégier un travail commun. Mais Paul ne veut rien entendre, il conçoit seul le Portrait de l'artiste au Christ jaune, que Van Gogh se met à haïr...
Patrick Weber et Nicoby nous font découvrir l'œuvre de Gauguin à travers un moment charnière de sa vie : sa cohabitation à Arles avec Van Gogh. Deux mois d'amitié, d'affrontement et d'incompréhension, animés par la passion de l'art et les pulsions destructrices qu'elle peut engendrer. »
 
Monet par Frank Secka & Vincent Gravé

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 « Giverny, automne 1886. Émilie, jeune protégée de Claude Monet, fait la rencontre de Francis Hawkins, fils d'un galeriste de New York venu rencontrer le célèbre peintre impressionniste. L'une vit en France, l'autre aux États-Unis, mais, malgré cette distance, ils le savent : un jour, ils se marieront. Cette promesse marque le début d'un amour pur qui sera pourtant souvent perturbé par les aléas de l'Histoire. Un amour qui traversera 4 saisons, 4 périodes de l'œuvre de Monet et qui sera toujours bercé par les magnifiques couleurs du jardin du peintre, lorsqu'il réalisera ses célèbres Nymphéas...
Tant par le scénario que par le dessin, Frank Secka et Vincent Gravé nous replongent avec force dans la fin de l'œuvre de Monet, période Giverny, et dans ce bouillonnant moment artistique que fut le début du XXe siècle en France. »
 
Egon Schele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure

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 « 1912, Vienne. Le fougueux Egon Schiele fait parler de lui dans la capitale autrichienne. Fasciné par les plaisirs interdits, ce jeune peintre est réputé pour dessiner de très jeunes filles dans des positions lascives et suggestives, s'attirant les foudres de la bienpensante bourgeoisie. Accusé à tort d'avoir violé l'un de ses derniers modèles, une mineure, Schiele est à présent en prison en attente de son jugement. Pour assurer sa défense, ses deux meilleurs amis et son avocat vont faire appel aux plus grands de l'époque alors rassemblés à Vienne : Stefan Zweig, Sigmund Freud, Gustav Klimt... tous, captivés par le génie de Schiele et par amour pour l'art, vont conjuguer leurs talents et leur influence. Peintre sulfureux cultivant le goût du scandale, mort à l'âge de 28 ans, Egon Schiele est une étoile filante de l'histoire de l'art. Sa courte vie aura pourtant marqué l'art du XXe siècle.
Retraçant l'épisode de son incarcération de 1912, Dimitri Joannidès et Nicolas Sure nous font découvrir la personnalité tout en excès de ce prodige, et en profitent pour nous plonger dans l'effervescence artistique qui habitait Vienne au début du XXe siècle. »
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo

Collection Les Grands Peintres (Géricault).jpg

« En juillet 1816, la frégate française La Méduse fait naufrage au large des côtes mauritaniennes. Pour préserver le confort du gouverneur et du capitaine à bord, les canots de sauvetage ne sont remplis qu'à moitié, si bien que l'essentiel de l'équipage doit quitter le navire à bord d'un radeau de fortune. Très vite, la promiscuité et le manque de vivres poussent les hommes à la sauvagerie... Les bonapartistes s'emparent de cette tragédie pour en faire le symbole de leur opposition au pouvoir royal.
Le peintre Géricault s'apprête même à en faire le sujet principal de son prochain tableau... Frank Giroud et Gilles Mezzomo nous plongent les secrets de la confection de l'un des tableaux les plus célèbres du monde. Ils en profitent pour nous montrer comment, dans l'Histoire, l'art a aussi pu servir d'outil politique. »
 
Renoir par Dodo & Ben Radis

Collection Les Grands Peintres (Renoir).jpg

 « Paris, hiver 1893. Par l'intermédiaire de son ami le marchand d'art Paul Durand Ruel, Auguste Renoir rencontre Erik Satie au cabaret montmartrois du Chat Noir. En discutant, Renoir se rend compte qu'il connait la future épouse de Satie qui fut un temps l'une de ses muses. À l'époque, le peintre avait deux modèles féminins favoris qui étaient également ses maîtresses : Suzanne Valadon, qui posa pour Danse à la Ville, et Aline Charigot pour Danse à la Campagne. Deux rivales, de caractères totalement opposés, qui se jalousaient Renoir et dont le destin a ironiquement voulu que leurs tableaux soient toujours exposés côte à côte. Une relation tumultueuse qui démontre l'influence des muses sur les artistes de l'époque.
Dodo et Ben Radis nous replongent dans l'effervescence artistique du Montmartre de la fin du XIXe siècle : cette période de transition entre la Commune et la Première Guerre mondiale qui fut l'une des plus prolifiques de l'histoire des arts. »
 
Bernard DELCORD
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Monet par Frank Seeka & Vincent Gravé, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Egon Schiele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Renoir par Dodo & Ben Radis, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)

Écrit par Brice dans Arts, B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

18 07 17

En hommage à Jane Austen

Jane Austen (1775-1817) mourait le 18 juillet 1817, il y a tout juste 200 ans.

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Nous avons découvert sa correspondance à ses nièces, lors du récent festival de la correspondance de Grignan et ne manquerons pas d'y revenir.  Pour l'heure, pour le jour, nous vous proposons d'écouter l'excellente lecture par Cachou Kirsch du texte intégral de Raison et sentiments, un roman paru en 1811. 

Reléguées, avec leur mère,   dans le Devonshire après la mort de leur père, les soeurs Elinor, Marianne et Margaret Dashwood voient leur train de vie fortement comprimé.A cette gène qu'elles ont l'élégance de cacher s'ajoute celle de ne pas être un parti enviable pour qui loucherait sur leur dot.  Ce qui n'empêche l"éclosion des  sentiments, les vrais, clamés au grand jour, leur lot de trahisons et de désillusions.

Avec finesse et une plume diantrement efficace, Jane Austen brosse toute la gamme d'expression d'une société bourgeoise very british.  Les tableaux sont vivants, éloquents, pétris de fraîcheur et de suspens adroitement distillé.

Décidément l'auteur n'a pas pris de ride; son roman non plus

L'écoute audiolivresque  en est des plus agréable

Je vous la recommande

Apolline Elter 

Raison et sentiments,  Jane Austen, roman traduit de l'anglais par Jean Privat, texte intégral lu par Cachou Kirsch, Ed Audiolib, 5 juillet  2017,  Durée d'écoute: 12h02

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

03 07 17

Sic transit gloria mundi…

Le Roman d'Héliopolis.jpgDescendante de Boghos Nubar Pacha [1], Amélie d'Arschot Schoonhoven [2] est historienne et conférencière, notamment à la Villa Empain.

Elle a fait paraître chez Avant-Propos à Waterloo Le Roman d'Héliopolis, un ouvrage dans lequel elle retrace l’histoire de la ville égyptienne qui fut érigée à partir de 1905 et jusqu’en 1912 sur une grande parcelle de désert au nord-ouest du Caire par le baron [3] et industriel belge Édouard Louis Joseph Empain (1852-1929) et son associé Boghos Nubar Pacha, une cité ultramoderne avec ses bâtiments inspirés de diverses architectures du monde entier, son système de distribution d’eau, sa ligne de chemin de fer, ses routes, ses plantations et son réseau de tramways électriques.

Héliopolis, qui fut au départ peuplée d'étrangers et de coptes (Égyptiens chrétiens) puis par les classes moyennes du Caire, est aujourd’hui un quartier de la capitale égyptienne dont la surpopulation a conduit à la disparition des nombreux jardins.

Fondé sur les archives familiales de l’auteure et brillamment rédigé, ce roman historique retraçant une formidable saga urbaine s’avère en tout point passionnant !

Bernard DELCORD

Le Roman d'Héliopolis par Amélie d’Arschot Schoonhoven, Waterloo, Éditions Avant-Propos, juin 2017, 204 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,00 €

 

[1] Fils de Nubar Pacha (1825-1899), régent d'Égypte, Boghos Nubar Pacha (1851-1930) a épousé Marie Dadian en 1879. Leur fille Eva Zarouhi se maria en 1907 avec le comte Guillaume d'Arschot-Schoonhoven (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boghos_Nubar_Pacha).

[2] Elle est administrateur de l'Association Royale des Demeures Historiques de Belgique.

[3] Général et aide de camp du roi des Belges, il a été anobli par Léopold II en 1907.

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30 06 17

La voix du Destin !

couverture-destins.jpeg« Celui qui a dit que le destin n’existe pas est un menteur. Car
il existe bel et bien et il est écrivain. Mais le pire dans tout
cela, c’est qu’il trouve son inspiration dans les trois milliards
de dossiers que composent nos existences. Alors vous pensez
bien qu’il ne se gêne pas pour raconter nos vies avec la suave
cruauté du chat devant la souris.
Ce livre, c’est un déferlement de secrets, un jeu de massacre
dont la partie ne se gagne qu’à grands coups d’incertitudes,
un labyrinthe où se croisent les âges, les gens et les époques.
Ouvrez-le et découvrez les destins perdus de Josiane, de
Maddox, de Janis, de René, de Lou et de bien d’autres encore. »

 

Cette présentation par l'éditeur du livre de Nancy Vilbajo « Le bureau des destins perdus » est parfaite. Le livre fut de plus « coup de coeur » des libraires lors de l'événement « Auteurs à la page ». Cette Binchoise n'est pas à son coup d'essai, mais elle nous surprend de livre en livre pour sa totale maîtrise de ce qu'on appelle « L'imaginaire belge » (à l'époque j'eus l'honneur d'être directeur littéraire d'une collection qui présentait cette mouvance : de Thomas Owen et Jean Ray jusqu'à Alain Dartelevelle, Jean-Baptiste Baronian et Jacques Crickillon. Les illustrations de François Bouton soulignent encore cette filiation.

Les séquences sont courtes, les dialogues nombreux et vivants, le suspense toujours présent. Un livre tel qu'on les aime !

Et ce Destin qui prend voix !

« Je suis toi, ta petite voix rien qu’à toi. Je suis ton enfance, je suis ta jeunesse, celle du temps où ton destin était encore un rêve. »

 

Pour vous donner le ton d'un des destins :

« Je me mis à donner des coups de pieds dans les cartables, à lancer les plumiers à l’autre bout de la pièce. Mais chaque objet revenait aussitôt à sa place comme si un doigt invisible avait appuyé sur le bouton «rewind» d’un vieux magnéto. Et vu que cela ne suffisait pas, les lettres tracées au tableau tombaient en poussière. Une à une, sournoises, mesquines et méchantes. »

 

Mais aussi :

« La pourpre d’un été finissant donnait à Calador une allure apocalyptique, un soir parfait pour la fin du monde. Et d’ailleurs, c’était bien la seule consolation du condamné, il aurait détesté mourir en hiver. »

 

Nancy Vilbajo est une de nos grandes écrivaines, qui s'affirme de texte en texte. Découvrez-la !

 

Jacques MERCIER

 

« Le bureau des destins perdus », Nancy Vilbajo, Edition Chat Ailé, 2017, de 18 à 22 euros. www.chaitaile.com

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 06 17

Le bonheur de lire Jean d'Ormesson !

guide égarés.jpgVous avez peut-être manqué la sortie de ce merveilleux livre de Jean d'Ormesson ? C'est le moment de le découvrir. Ce « Guide des égarés » est comme toujours une source de beauté et de réflexion. Des courts textes dont les enchaînements vont de soi, comme si nous poursuivions avec l'auteur une longue et douce pensée toujours renouvelée.

Voici quelques phrases pour vous donner le ton :

 

La lumière n’est peut-être rien d’autre que le premier et le plus simple de nos bonheurs.

 

Nous ne voyons les arbres, la mer, les îles du Dodécanèse, les astres dans le ciel, les champs de lavande au printemps, les objets de chaque jour, le visage des êtres aimés que parce que la lumière nous les offre.

 

Nous pouvons vivre – plus ou moins bien – sans livres, sans rêves, sans idées, sans amour. Nous ne pouvons pas nous passer de l’air que nous respirons et que nous ne voyons pas.

 

Tout passe. Rien ne dure. Mais, dans un triangle, le carré de l’hypoténuse est égal, a toujours été égal et sera toujours égal à la somme des carrés des deux autres côtés.

 

Mais, au lieu de considérer le mal comme la rupture scandaleuse d’un ordre universel dominé par le bien, peut-être devrions-nous inverser la perspective. Et voir le bien comme une exception lumineuse dans un monde où règne le mal.

 

Vivre, c’est d’abord essayer d’éviter le pire. Et le pire n’est pas toujours la mort.

 

Entrer dans ce monde est un mystère. En sortir est un mystère. Et l’entre-deux, que nous appelons la vie, est encore un mystère.

 

Chacun a le droit, et peut-être le devoir, d’être heureux.

 

Le bonheur n’est pas un but, encore moins une carrière ou une obligation, mais un don gratuit, une surprise et la récompense de ceux qui ne passent pas leur temps à le cultiver.

 

Rien n’échoue comme le succès.

 

Mieux vaut parfois aimer les autres que de leur dire notre vérité. Il y a quelque chose de supérieur à la vérité – comme d’ailleurs à tout le reste : c’est l’amour.

 

Nous ne savons ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes tous des égarés.

 

Jacques MERCIER

 

« Le guide des égarés », Jean d'Ormesson, Edition Gallimard, 2016. 118 x 185 mm , 128 pp. 14 euros.

30 06 17

Tout commence à Sumer

 

 

histoire sumer.jpgOn n'en finit pas de découvrir la richesse de la civilisation sumérienne. Elle date de 3000 ans avant notre ère ! Certains pensent qu'une civilisation plus avancée de l'univers est venue donner l'impulsion nécessaire pour cet épanouissement. Ce qui est sûr c'est qu'une série impressionnante de « premières » dans nos civilisations actuelles sont nées à Sumer.

Ce livre « L'histoire commence à Sumer » est la référence historique, écrite il y a déjà quelques décennies par Samuel Noah Kramer, qui enseignait à l'Université de Pennsylvanie. Depuis lors bien des découvertes ont eu lieu, de nouveaux écrits, mais c'est une excellente base pour explorer les nouveaux rebondissements...

Quelques exemples de premières :

 

Les premières écoles :

Après que Sumer eut été progressivement conquis, dans le dernier quart du IIIe millénaire, par les Sémites akkadiens, les professeurs sumériens entreprirent la rédaction des plus vieux « dictionnaires » que l'on connaisse. Les conquérants sémitiques, non seulement avaient emprunté aux Sumériens leur écriture, mais ils en avaient conservé précieusement les œuvres littéraires, qu'ils étudièrent et imitèrent longtemps, après que le sumérien eut disparu comme langue parlée. D'où le besoin de « dictionnaires » dans lequel les expressions et les mots sumériens fussent traduits en akkadien.

 

Le premier Moïse :

Quand le monde eut été créé et que le sort de Sumer et de la cité d'Ur eut été décidé, An et Enlil, les deux principaux dieux sumériens, nommèrent roi d'Ur le dieu de la lune, Nanna. Celui-ci à son tour choisit Ur-Nammu comme son représentant terrestre pour gouverner Sumer et Ur. Les premières décisions du nouveau chef eurent pour objet d'assurer la sécurité politique et militaire du pays.

 

La première cosmologie :

Pour expliquer la marche et le gouvernement de l'univers, les philosophes sumériens avaient recours non seulement à des personnalités divines, mais aussi à des forces impersonnelles, à des lois et règlements divins, les « me ». Ce mot est attesté dans un grand nombre de documents : on constate notamment que des « me » président au devenir de l'homme et de sa civilisation.

 

Notre auteur en énumère environ cent. (Une soixantaine est intelligible aujourd'hui)

 

Les premiers animaux des fables :

Ces compilations de proverbes et de dictons ne nous traduisent qu'un aspect de la littérature sapentale des Sumériens. Ils connaissent d'autres genres d'écrits utilitaires destinés à inculquer la « sagesse » et par là l'exercice d'une vie équilibrée et heureuse.

L'almanach du fermer offre un exemple de traité didactique ; et sous son air de narration sans autre but que le plaisir littéraire, la Vie d'un écolier est au fond une sorte de portrait moral. Autre genre : la controverse.

 

Premiers parallèles avec la Bible, le paradis :

Il est passionnant de suivre le cheminement des idées et des œuvres à travers ces vieilles civilisations, des Sumériens aux Babyloniens et aux Assyriens, aux Hittites, aux Hurrites et aux Araméens. Les Sumériens n'exercèrent évidemment pas une influence directe sur les Hébreux, puisqu'ils avaient disparu bien avant l'apparition de ces derniers. Mais il n'est guère douteux qu'ils influencèrent profondément les Cananéens, prédécesseurs des Hébreux en Palestine. C'est ainsi qu'on peut expliquer les nombreuses analogies relevées entre les textes sumériens et certains livres de la Bible.

 

Le premier Noé :

Le déluge via Babylone et remontant à Sumer.

 

Le premier symbolisme sexuel :

Les chants érotiques qui célébraient le mariage d'un roi-berger et de la déesse de la fertilité pourraient fort bien être les précurseurs du Cantique des Cantiques, cette suite disparate de chants d'amour sensuels dont la présence dans l'Ancien Testament, aux côtés du Livre de Moïse, des Psaumes où domine la prière et du Livre des Prophètes plein d'appels tonnants à la morale, a toujours surpris et laisse encore perplexe plus d'un spécialiste de la Bible.

 

La première légende de la résurrection :

La déesse de l'amour, que ce soit la Vénus romaine, l'Aphrodite grecque ou l'Ishtar des Babyloniens, a toujours enflammé l'imagination des hommes et surtout des poètes. Les Sumériens l'adoraient sous le nom d'Inanna, la « Reine du ciel ».

 

Le premier saint Georges :

Avant Saint Georges : Héraclès et Persée.

La mise à mort du Dragon était un thème familier de la mythologie sumérienne dès le IIIe millénaire avant Jésus-Christ.

 

L'été est une période propice à la découverte, n'hésitez pas à vous ouvrir de nouveaux horizons sur notre passage sur Terre !

 

Jacques MERCIER

 

« L'histoire commence à Sumer », Samuel Noah Kramer, Essai, Champs Histoire, Flammarion 86/94. 320 pp. 9 euros.

 

28 06 17

Le bras vous en tomberont

Ce n'est vraiment pas ce que je vous souhaite, en cette veille des vacances d'été.

Je préfère vous inviter à une aimable balade , " à la bonne franquette" dans ce recueil de 100 expressions populaires dont Catherine Guennec, infatigable traqueuse de bons mots nous révèle l'origine, depuis la nuit des temps.

Guennec.jpg

"C'est Byzance" me direz-vous .

Certes.

D'autant que parfois, "les bras vous en tomberont"  en constatant les glissement de sens, de sons, de certaines expressions.

Du ton alerte et enjoué qui signe ses écrits, Catherine Guennec ne se contente de vous signifier l'origine des métaphores - souvent argotiques - elle vous nourrit également - c'est que du bonheur - de synonymes. Vous apprendrez ainsi qu'au lieu de rouler [la viande$ dans la farine , vous pouvez simplement la "singer'"

Prenez-en de la graine plutôt que pour votre grade.

Loin de ramener sa fraise, Catherine Guennec a la culture aussi généreuse qu'elle est abyssale.

Vous boirez du petit-lait, à la lecture de ce sympathique recueil. C'est tout le bien que je vous souhaite.

Ainsi qu'un merveilleux été

Apolline Elter

Marcher à côté de ses pompe et 99 autres expressions populaires, Catherine Guennec, recueil, Ed. First, mai 2017, 208 pp

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27 06 17

Un emblème des années 1950…

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954.jpgL’album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 sorti aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble les aventures – passionnantes – du détective pour les compagnies d’assurance Jean Valhardi qu'Eddy Paape dessina à l’époque pour le Journal de Spirou.

Ce troisième volume rassemble, après un important volet introductif de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Jean Valhardi et les êtres de la forêt (1950-51, scénario d’Yvan Delporte), Le château maudit (1951-52, scénario de Jean-Michel Charlier, une BD cultissime…), Le rayon super-gamma (1952-53, scénario de Jean-Michel Charlier) et La machine à conquérir le monde (1953-54, scénario de Jean-Michel Charlier). Y est adjoint un conte illustré de deux pages, inédit en album, intitulé Au feu !... (septembre 1952, scénario de Xavier Snoeck).

Un monument de la bande dessinée belge des Golden Fifties !

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 par Eddy Paape, Jean-Michel Charlier et Yvan Delporte, introduction de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2017, 300 pp. en quadrichromie, au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €

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26 06 17

Intime conviction

9782367623214-001-X.jpeg Poussé à bout par un enchaînements d'événements toxiques - son divorce, le délire qui a mené son fils, Erwan en prison , son licenciement et l'arnaque opérée   par Antoine Lazenec,  un promoteur immobilier véreux,  Martial Kermeur précipite ce dernier à la mer.

Il va de soi que cela ne se fait pas et qu'il devra répondre de cet homicide devant la Justice.

Interrogé par le juge di'instruction , Martial  décline,, méthodiquement et par la voix sublime de Feodor Atkine - la séquence des événements qui l'ont conduit à accomplir le geste fatal. La séance semble relever davantage d'un entretien psychanalytique que d'un interrogatoire judiciaire.

Va-t-il convaincre le juge, dans l'intime liberté de son verdict du bien-fondé de son ressentiment? 

Vous le saurez en écoutant ce roman fascinant.

Article 353 du code pénal,  Tanguy Viel, roman, , Ed. Minuit, février 2017, Ed. Audiolib, avril 2017, texte intégral lu par Féodor Atkine, , durée: 4 heures.

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |