30 03 17

Pureté rayonnante

product_9782070107124_195x320.jpg" Son coup de téléphone vient de tout balayer."

 De fait, on voudrait tous l'avoir connu, côtoyé le Père Deau.

Professeur d'Anne Wiazemski et de son frère,  au Collegio Francia de Caracas (Venezuela), l'ecclésiastique renoue avec son élève, quelques décennies  plus tard, après avoir reconnu sa voix sur les ondes radiophoniques de France Inter.  Il est rentré en France et vit à Bordeaux une retraite méritée.Les souvenirs d'une relation hors du commun, d'estime et de confiance, jaillissent dans la mémoire de l'écrivain, relation malencontreusement dissoute par l'effet d'une tierce malveillance.

"Nous n'évoquions jamais ce rendez-vous matinal, c'était tacite. Une sorte de rituel que nous avions établi sans jamais le décider et qui nous réjouissait autant l'un que l'autre. Le père Deau me traitait comme une égale, je trouvais cela naturel et de fait, lors de ces discussions, c'était comme si nous avions le même âge. Très animés, nous remontions et descendions l'allée jusqu' à ce que la cloche du collège annonce le début des Cours."

Honni soit qui mal en pense.  

L'hommage que l'écrivain rend à son ancien professeur - elle le retrouve à Bordeaux, fief de la famille Mauriac , échange avec lui coups de fil et correspondance - restitue sa bienveillance, sa pureté rayonnante.

On aimerait l'avoir côtoyé

Un portrait bienfaisant

Apolline Elter

Un saint homme, Anne Wiazemski, récit, Ed. Gallimard, janvier 2017, 120 pp 

 

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25 03 17

Edmonde Charles-Roux

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 " (...) la vieillesse l’a rayée de ses listes. Sa vivacité intellectuelle est absolue, un modèle du genre. On la dit féroce mais j’avoue que je suis tombé amoureux. La conversation, qui a duré quatre heures, fut ponctuée d’éclats de rire. Edmonde incarne pour moi une certaine idée de la littérature française, une Germaine de Staël."

Ce serait faire injure à Edmonde Charles-Roux( 1920 -2016) que de tracer d'elle un portrait de complaisance. Jean-Noël Liaut lui rend un vrai hommage qui révèle,  de sa vie,  les lignes de force - elles sont nombreuses - sans rien occulter de son tempérament, des paradoxes d'une "femme oxymore"  , libertine, libre.

Issue d'une famille patricienne d'origine marseillaise,  infirmière, résistante de guerre, Edmonde entre , en 1948, au siège français du magazine Vogue, pour y assister Michel de Brunhoff - l'oncle de... Babar - qui en est rédacteur en chef depuis 1929.

Grand bien fera au célèbre magazine dont la jeune femme prendra les rênes en 1954

"Edmonde est la messagère d’un autre univers, elle comprend les règles de l’élégance traditionnelle, qui est le sceau de la revue, mais elle sait aussi que les priorités des femmes ont changé depuis la guerre."

 Belle, intellectuelle, déterminée,  Edmonde pratique"l'amphibie sociale" qui lui confère pareille aisance quelle que soit l'extraction sociale de son interlocuteur. Elle épouse, le 30 octobre 1973, son amant, Gaston Deferre et se consacre tout à lui, à  son engagement politique, marquant de sa touche personnelle, l'aboutissement de plusieurs projets culturels. 

Biographe de Don Juan d'Autriche, de Coco Chanel - c'est la lecture de L"Irrégulière qui suscite en  Jean - Noël Liaut sa propre vocation - et d'Isabelle Eberhardt, sa soeur "edmondienne", Edmonde Charles-Roux est élue à l'Académie Goncourt, le 13 septembre 1983. Sentant ses forces décliner - elle a 93 ans. - elle renonce à sa présidence du Prix, fin 2013. C’est Bernard Pivot qui prend sa succession.

Premier biographe de cette femme hors du commun, Jean-Noël Liaut réalise un portrait passionnant, au  souffle d'écriture remarquable

Une lecture vivement conseillée

Apolline Elter

Elle, Edmonde, Jean-Noël Liaut, biographie, Ed Allary, janvier 2017, 200 pp

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23 03 17

Fa-bu-leux

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C'était un roman fort et -phare de la rentrée d'août. Il paraît ce printemps en version audioliovresque

Plus que temps de vous en faire résumé, ou du moins le tenter..

A l'instar de l'auteurE, Kimia, la narratrice, est née en Iran, au sein d'une famille d'opposants aux régimes successifs du Shah et de Khomeiny  - Voilà qui nous rappelle vivement le merveilleux Nous trois ou rien ( un film de Kheiron - chronique sur ce blog) -  Elle arrive en France au début des années '80.

 Ca c'est pour les composantes autobiographiques; la narration va prendre son propre envol...

 A savoir

Tandis qu'elle patiente dans une salle d'attente de l'hôpital Cochin pour recevoir l'insémination artificielle qui lui permettra de devenir mère,  malgré son homosexualité, Kimia Sadr repasse en esprit, tous les événements de sa vie,  la généalogie, l'épopée de sa famille, à travers tout le XXe siècle, avec, en filigranes, le spectre de L'EVENEMENT, le drame qui a eu raison de la santé mentale de sa mère Sara.

 Les récits s'enchaînent, s'enchâssent, à la manière volubile d'un conte, celui d'un Orient pétri de sons, d'images et de couleurs.....

" L'Iranien n'aime ni la solitude ni le silence - tout autre bruit que la voix humaine, même le vacarme d'un embouteillage, étant considéré comme silence. Si Robinson Crusoë était iranien, il se laisserait mourir dès son arrivée sur l'île et l'affaire serait réglée.

Cette tendance à bavarder sans fin, à lancer des phrases comme des lassos dans l'air à la rencontre de l'autre, à raconter dcs histoires qui telles des matriochkas ouvrent sur d'autres histoires, est sans doute une façon de s'accommoder d'un destin qui n'a connu qu'invasions et totalitarisme."

Je ne vous en dis pas davantage, vous engageant vivement à découvrir, entendre, vous immerger en  ce roman puissant, cinématographique,  qui d'un regard subtilement décalé confronte les mentalités orientale et occidentale, sur fond d'événements historiques.

Apolline Elter 

Déoorientale, Négar Djavadi, roman, Ed Liana Levi, août 2016, 352 pp- Ed Audiolib, 22 mars 2017 - texte intégral lu par Lila Tamazit, durée: +/- 11h30

A noter que ce merveilleux roman a été doté du Prix Première 2017, attribué, le jeudi 9 mars, lors de la 47e édition de la Foire du livre de Bruxelles et que Négar Djavadi honorera de sa présence le Festival Passa Porta, qui se déroule en Bruxelles, ce week-end.... Que de bonnes nouvelles 

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21 03 17

Quand son monde était tailleur…

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Nathalie Skowronek est une écrivaine belge née en 1973 qui vit à Bruxelles.

Son roman, Karen et moi (Arléa, 2011) raconte la fascination d'une femme pour l'écrivaine danoise Karen Blixen. Il a fait partie des sélections du Prix Rossel des Jeunes, Prix Première, Grand Prix des lectrices du magazine Elle et Prix des lecteurs du Télégramme.

Max, en apparence (Arléa, 2013) a été finaliste du Prix Rossel. Il dresse le portrait d'un rescapé d'Auschwitz parti refaire sa vie dans le Berlin d'après-guerre, à travers le regard de sa petite-fille.

Son essai La Shoah de Monsieur Durand est paru en 2015 aux éditions Gallimard. Il éclaire avec intelligence ce qu’est en train de vivre la quatrième génération de Juifs après Auschwitz. [1]

Dans Un monde sur mesure paru chez Grasset à Paris, elle retrace l’histoire de sa famille venue de Pologne en Belgique au cours des années 1920, des petits tailleurs juifs, pauvres et industrieux œuvrant à Charleroi dans un atelier des plus modestes, leur petit appartement, et dont les enfants essaimeront le commerce à Gand et à Bruxelles, ouvrant avec un certain succès des boutiques de vêtements bâtis sur mesure, en bons et infatigables « confectionneurs de shmattes, ces chiffons, ces loques, ou bouts de tissus sans valeur, qu’un extraordinaire fourmillement va transformer en vêtement que les client(es) vont s’arracher de saison en saison, mode après mode ».

L’auteure témoigne de la mutation radicale du métier avec l’émergence du « prêt-à-porter » et son cortège de nouveaux fournisseurs en Extrême-Orient, avec l’apparition de nouvelles pratiques commerciales et avec la création de nouveaux points de vente, toutes choses qui ont supplanté le « sur mesure » et précipité la fin du Yiddishland.

Extrait :

« Des marchés où s’était épuisée notre arrière-grand-mère aux magasins de prêt-à-porter montés par nos parents, tout nous ramenait aux tailleurs juifs des shtetls de Pologne.

Quatre générations plus tard, on ne se fournissait plus dans le Sentier, à Paris, mais chez d’invisibles intermédiaires qui ramenaient la marchandise du Bangladesh, du Pakistan ou de Chine. Qu’importait la provenance des pièces, qui les avait confectionnées et comment, nous devions reconnaître parmi les vêtements entassés les articles susceptibles de plaire. Il fallait être rapide, choisir juste. Nous prenaient de court ces nouvelles enseignes qui ouvraient dans toute l’Europe. Le shmattès yiddish allait bientôt disparaître. »

Insistons sur la qualité de la narration et sur la construction du récit, véritable miroir d’époques successives décrites avec une finesse de tous les instants et une grande sensibilité aux drames de l’Histoire – le souvenir de la Shoah n’est jamais loin –, dans un texte mémorable, aux divers sens du terme.

Comme un mix du Proust de la Recherche du temps perdu et du Zola d’Au bonheur des dames

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Un monde sur mesure par Nathalie Skowronek, Paris, Éditions Grasset, mars 2016, 189 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18,00 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Skowronek

19 03 17

Une pêche aux carpes impériales

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 C'est un roman majeur de la rentrée littéraire de janvier. 

Un conte nippon, antique,  sensuel, olfactif, amoureux,  exotique,... magistralement écrit

Maniée d'humour et d'esprit, la plume de Didier Decoin nous offre une évasion "gratuite" en un climat éditorial mitraillé d'essais, de confessions, d'auto -, d'exofictions..

Et cela fait grand bien

Survenue veuve de Katsuro, pêcheur de carpes hors pair et fournisseur des étangs impériaux d’Heiankyō, , Amakusa Miyuki décide de porter, elle-même,  à l'empereur,  le dernier butin de  pêche de son cher époux.  L'expédition est longue, épuisante, périlleuse, qui permettra à la jeune femme de sauver l'honneur de son village et de futures commandes. Elle lui permet aussi de maintenir en songes et rêves l'amour qui l'unissait à Katsuro et de revivre les effusions charnelles d'un mariage célébré par "intrusion nocturne".

Doté de nombreuses découvertes, rencontres -parfois cruelles, humiliantes-  la route de Miyuki l'éveille aux  coutumes et langages de contrées et milieux qu'elle ne connait pas- celle d'un Japon antique -  elle ouvre au lecteur une manne de sensations visuelles, cinématographiques,  sublimes, quand elles ne convoquent l'odorat, dans ses manifestations les plus basiques, pestilentielles  mais aussi les plus impériales.. 

Quelque chose d’invisible emmaillotait la veuve du pêcheur, suivait les contours de son corps, en épousait les pleins et les déliés, formant autour d’elle comme une seconde enveloppe charnelle, mais invisible, inaudible, intouchable. Cette sorte d’aura, parfaite réplique immatérielle de Miyuki, corps subtil suppléant le corps réel, ne se dévoilait qu’à un odorat aussi entraîné et passionné que celui du directeur du Bureau des Jardins et des Étangs.

 Une lecture recommandée

Envoûtante.

Apolline Elter

Le Bureau des Jardins et des Etangs, Didier Decoin, roman, Ed. Stock, janvier 2017,  396 pp

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16 03 17

A bâtons rompus

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Tandis que sévit au Louvre, l'exposition consacrée à Vermeer et les maîtres de la peinture de genre  ( du 22 février au 22 mai - réservations en ligne sur le site du musée)et son impressionnant succès de foule, il fait bon se pencher sur les entretiens à bâtons - philosophiques - rompus qu'échangent Jacques Darriulat et son ancien élève d'hypokhâgne, Raphaël Enthoven,  à propos du  célèbre maître de Delft (1632-1675) 

Ce sont en tout cinq entretiens - menés par Raphaël Enthoven - qui d'un regard aigu, autorisé, porté sur les détails des toiles,  invitent le lecteur au coeur de l'esthétique du peintre, ses gammes chromatiques privilegiées, le mènent  à l'intime de son âme

" La peinture était pour Vermeer un exercice de la patience et comme un avant-goût de la vie éternelle." 

De l'Art de la peinture -  oeuvre-*fétiche du peintre aux célèbres Dentellière, Vue de Delft, Jeune fille lisant une lettre, Jeune fille à la perle, .. et Laitière, galvaudée par la publicité Nestlé- Chambourcy,  les philosophes réveillent et révèlent les secrets d'un sphinx, trop  prompt à s'effacer, convoquant au passage, ses contemporains, Descartes, Pascal et compagnie et admirateurs postérieurs, parmi lesquels Marcel Proust tient place de choix..

Apolline Elter

Vermeer: le jour et l'heure, Jacques Darriulat et Raphaël Enthoven, entretiens, Ed Fayard, février 2017, 304 pp

 

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10 03 17

Grossesse.com

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Un  événement majeur se présente ce jour - et demain - au sein de la Foire du Livre de Bruxelles, à savoir, la présence d'Harlan Coben, le célèbre "boss du thriller" , la rencontre avec ses innombrables fans,  ce vendredi, de 18h à 20h et de 21h à 22h, samedi, de 11h à 12h30 et de 15h à 16h30 ( détails dans le programme de la foire: www.flb.be)

Harlan Coben sera également l'invité d'honneur du blog du Pavillon de la Littérature tout le week-end durant

La raison vous en sera donnée rapidement

Le temps de ménager, à notre tour,  quelque suspens.. de bonne guerre , d'heureuse augure

Pour l'heure, penchons-nous sur Intimidation ( Ed Belfond noir, oct.2016),  le  dernier thriller, traduit en français, qu'il nous vient dédicacer.

En voici l'intrigue:

Marié à la belle, intelligente, efficace Corinne, Adam Price mène la vie paisible et comblée d'un père de famille, attentif au bien-être des siens. Il est abordé par un inconnu tandis qu'il assiste à une épreuve qualificative  de crosse pour ses fils, Thomas et Ryan et se voit asséner une absurde vérité:  Corinne aurait feint sa dernière grossesse.. De là à imaginer qu'elle a d'autres secrets enfouis en travers de leur couple,  qu'Adam n'est peut-être pas le père de ses fils.. il n'y a qu'un pas, qu'Adam refuse de franchir

Mais le ver du doute est introduit dans le fruit. Difficile de l'en déloger. Il ronge lentement et sûrement la relation du couple , d'autant que Corinne, mutique, implore un délai pour révéler la vérité à Adam... , aussitôt disparaît. Sans guère laisser de traces...

Basé sur le tracé des secrets révélés par la toile (Internet) et le chantage auquel peuvent se livrer d'odieux défenseurs de vertus, vils redresseurs de torts .. le thriller suspend, une nouvelle fois, le lecteur à sa respiration haletante..

Apolline Elter

Intimidation, Harlan Coben, thriller traduit de l'américain par Roxane Azimi, Ed Belfond noir, octobre 2016, 380 pp

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09 03 17

S'il n'y en a qu'un

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"Les quelques milliers de chômeurs restés en souffrance étaient sa cible numéro 1 et il fallait leur mettre une pression considérable pour qu'ils se trouvent un travail. (…) l'État avait donc créé des brigades spéciales antichômeurs, soit des unités de police formées et entraînées à les pourchasser dans les parcs, aux terrasses des cafés, dans les piscines, les salles de cinéma en semaine, dans les rues en train de flâner. Elles contrôlaient leur identité partout à tout instant. Chaque contrôleur était muni du portrait dépeignant le chômeur type afin de l'aider à repérer les « têtes de glandeur», les «je-m'en-foutistes ». Ces parasites étaient ciblés en priorité et soumis à des interrogatoires. On guettait leur moindre faute pour les abattre à coups de radiation, cherchant l'extinction totale de cette espèce naguère protégée et dont dorénavant la chasse était ouverte et autorisée toute l'année."

 Président de la République, Verley entend gérer celle-ci comme une entreprise.....

N"'établissons aucun rapport avec un certain Donald, nanti d'une (chou-) croute capillaire

Et encore moins avec l'enjeu des élections présidentielles françaises

Toujours est-il qu'un certain Meurchaud ( je n'ai pas dit "cadavre froid") - à ne point confondre avec l'étrange(r) Meursault de Camus- fait de la résistance. il est et entend rester "le dernier chômeur"

S'ensuit un combat à grande échelle e à froid, une politique-fiction qui pose certaines bonnes questions...

Le dernier chômeur,  DJF Audebert, roman, Ed. Albin Michel, février 2017, 366 pp

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08 03 17

Jeanne-Antoinette Poisson

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S'il est majeur  exploit dont Jeanne-Antoinette POISSON, célèbre marquise (et même duchesse) de Pompadour (1721-1764) peut se targuer, c'est d'être restée dans le coeur, les faveurs du Roi - Louis XV- plus de vingt ans durant.  La première rencontre avec le souverain date de 1743; leur amitié ne s'éteint qu'au décès de la Reine des Lumières,  mi-avril 1764.

Mariée au disgracieux Charles-Guillaume Le Normant d'Etiolles  lorsqu'elle s'éprend du Roi,  Jeanne-Antoinette sera royalement déliée de cette union encombrante, dotée du marquisat, puis du titre, de Pompadour, de châteaux, ermitages, hôtels successifs... dont  l'élégant hôtel d'Everux, futur palais de l'Elysée.  Belle, pétillante, éprise d'arts, de philosophie et de littérature, la marquise soutient ses amis Jean-Jacques (Rousseau), Voltaire, ... favorise la publication des deux premiers tomes de L'Encyclopédie ( Diderot et d'Alembert), ...tandis qu'elle tente de préserver son statut ô combien précaire de favorite.

Jalousée de nombreuses parts pour son ascension sociale fulgurante, la marquise entretient avec la Reine (Marie Leszynska) des relations correctes, sinon relativement cordiales. Cette dernière sait qu'elle peut trouver pire rivale...

Conclu d'une précieuse annexe, ce roman historique nous mène au coeur d'une femme mythique, somme toute sympathique

Reine des Lumières, Karin Hann, roman historique, Ed. du Rocher, mars 2017, 426 pp

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07 03 17

Une lettre d'amour

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Le nom d'Alexis Jenni vous évoquera, à coup sûr, le Prix Goncourt 2011 pour son roman, L'art français de la guerre ( Ed Gallimard) 

Nous le retrouvons dans un contexte différent. ...

Parce qu'il ne trouve pas les mots, l'expression juste, pour qualifier les sensations qu'il éprouve  à la vue, au contact de la femme qu'il aime, le narrateur lui écrit une longue lettre, convoquant la peinture -  Pierre Bonnard (et Maria Boursin..) , Pablo Picasso, Georges  de la Tour, Jean-Honoré Fragonard et même quelque esquisse d'Auguste Rodin, .... au secours de sa plume .

Et de la beauté

"Le sentiment de la beauté est très particulier, il donne à boire et étanche la soif, il entretient la soif et il redonne toujours à boire. La beauté emporte dans un ravissement profond et paradoxal, qui reste identique à lui-même, et n'arrête jamais."

Dans l'attente de toi, Alexis Jenni,  Lettre, Ed L'iconoclaste, sept.2016, 272 pp

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