02 02 17

Ma liberté, souvent je t'ai rêvée

Les années solex.jpg

  Les madeleines proustiennes sont souvent olfactives.. nous l'avons maintes fois constaté.

" C"'est ainsi qu'il y eut, avant que tout ne se referme, une belle échappée dont il me reste, dans l'armoire de la salle de bain, un flacon de Jolie Madame aux effluves si sucrées qu'une goutte suffit pour que je me souvienne."

C'est ainsi que Juliette, la narratrice, va se plonger dans son passé d'ado post-soixante-huitarde, offrir au lecteur un tableau d'ambiance et d'époque particulièrement incarné.

Fascinée par la conduite très libérée de sa cousine Camille, Juliette tente d'enfreindre les diktats d'une éducation provinciale - elle vit à Mulhouse-  bien trop coincée.  Elle s'éprend de Patrice, lors d'un séjour de Toussaint,  dans le château de ses grands-parents, à Mullerhof.  Les jeunes gens passent une nuit dans un grenier à foin....

Symbole de cette liberté si chère à acquérir, le Solex de Juliette sera ...moteur de son émancipation.

Le roman sort, ce jeudi 2 février, de fête et de Chandeleur

Apolline Elter

Les Années Solex, Emmanuelle de Boysson, roman, Ed. Héloïse d'Ormesson, février 2017, 220 pp

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01 02 17

Un riche patrimoine…

Les Pauvres Sœurs de Mons.jpg

Les Pauvres Sœurs de Mons et la Maison de la Mémoire de Mons organisent aux Ateliers des FUCaM [1] une passionnante exposition – en 4 jalons historiques et 7 modules patrimoniaux présentant de nombreux manuscrits et objets d’art religieux – intitulée PSM - Les Pauvres Sœurs de Mons.

Les Pauvres Sœurs de Mons sont les vivantes héritières du béguinage de Cantimpret [2].

Leur histoire, d'une particulière richesse, est donc liée à celle de la ville depuis le XIIIe siècle.

Car leur congrégation, née à Mons en 1350, a fortement marqué l'histoire du quartier de Messine et de la Ville tout entière.

Cette exposition se double de la publication d’un fort beau livre, Les Pauvres Sœurs de Mons depuis 1350, un charisme, une histoire, un patrimoine, un ouvrage collectif tiré à 1 000 exemplaires [3] dans lequel les textes d’historiens voisinent avec 190 illustrations somptueuses.

Détail d'une chasuble.jpg

 Détail d’une chasuble

La maison des Pauvres Sœurs de Mons, entre la rue de Bertaimont et la place Nervienne, apparaît ainsi dans ses murs, ses œuvres d'art, ses meubles et ses archives, comme une pièce non négligeable du patrimoine local et régional.

Aujourd'hui, il reste très peu de religieuses, mais les activités autour du couvent sont en pleine expansion avec une maison de repos, des résidences services ou encore la distribution de vivres aux plus démunis.

Et le lieu demeure, encore et toujours, le périmètre d'épanouissement d'un charisme alimenté par la spiritualité de saint Augustin.

Il est enfin l'outil d'une mission de service qui plonge ses racines jusqu'au Moyen Âge.

Bernard DELCORD

Les Pauvres Sœurs de Mons depuis 1350, un charisme, une histoire, un patrimoine, ouvrage collectif, Mons, Les Pauvres Sœurs de Mons et la Maison de la Mémoire de Mons, décembre 2016, 208 pp. en quadrichromie au format 22 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 €

Sommaire

Partie I : Au fil de l’Histoire

  1. La traversée des siècles
  2. Patrimoine et pauvreté
  3. Pauvres Sœurs contre Chanoinesses
  4. Réponses à des appels

Partie II : Une vie consacrée

  1. La spiritualité augustinienne
  2. La Règle et les Constitutions
  3. Aime et dis-le par ta vie
  4. Portraits de religieuses
  5. Notre charisme
  6. Face aux grandes épidémies

Partie III : À la découverte d’un patrimoine

  1. Topographie de la mémoire
  2. La nature au cœur du couvent
  3. Objets de célébration
  4. Le patrimoine artistique
  5. Au détour des couloirs

Partie IV : Une œuvre en expansion

  1. Trente années de croissance
  2. Vivre au quotidien avec les personnes âgées
  3. « Vivre le reste de son âge »

Archiver le présent ?

 

Informations pratiques :

L’exposition est accessible jusqu’au 25 février 2017 en semaine de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30, le samedi de 14 h à 17 h.

La totalité de l'exposition n'est visible que les mercredis et samedis de 14 à 17 h et sur demande.

Visite guidée chaque samedi à 14h30 et sur demande pour les groupes au 065/66.69.14.

 

[1] Facultés Universitaires Catholiques de Mons, rue des Sœurs Noires, 2 (entrée rue du Grand Trou Oudart) à 7000 Mons.

[2] Le béguinage de Cantimpret était sous la direction de l'église Sainte-Waudru et se trouvait sur le territoire de Cuesmes. En 1295, Jean d'Avesnes incorpore le béguinage de Cantimpret dans l'enceinte de Mons. 

En novembre 1792, les révolutionnaires français envahissent la Belgique et exigent une somme de 18 140 livres aux chanoinesses à titre d'impôt. Le 2 mars 1793, après la victoire de l'armée autrichienne, les chanoinesses retrouvent leur statut, mais, en juin 1794, après la bataille de Fleurus gagnée par les Français, le chapitre cesse d'exister.

Après le rétablissement du culte sous le règne de Napoléon Ier, quelques chanoinesses reviennent à Mons, entre autres Henriette-Bernardine-Josèphe, comtesse de Spangen, qui meurt le 15 août 1855. Elle était la dernière survivante du chapitre. (Source : http://home.scarlet.be/heraldus/Chanoinessehistorique.htm)

[3] Il peut être commandé à ladresse suivante : http://www.mmemoire.be/les-pauvres-soeurs-de-mons-depuis-...

01 02 17

Le meilleur de la légende

cover_story.jpgBrice Depasse raconte depuis 2001 – et avec un grand talent - les légendes de la musique sur Nostalgie. C'est « La Story ». Pas moins de 4500 chroniques ! C'est la grande et la petite histoire qui se mêlent. Souvent, il raconte des débuts difficiles ou insolites, parfois ce sont des aspects pittoresques et qu'on ignore des plus grands artistes. Bob Dylan qui fait fumer leur premier joint aux Beatles, David Bowie qui s’inspire d’un western pour trouver son pseudonyme, Michel Polnareff qui montre ses fesses sur des affiches publicitaires, Céline Dion qui débarque à La Louvière…

On suit l'ordre chronologique : entre autres David Bowie, Bob Dylan, Beatles, Rolling Stones, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Michel Polnareff, Renaud, Christophe, William Sheller, Roxette, Lenny Kravitz, Téléphone, Elton John, Police, R.E.M., Telex, le rock, Michael Jackson, les années 80 et jusqu'aux années 2000. Un panorama époustouflant sous forme de textes simples, documentés et précis. C'est simple : cela donne envie de tout réécouter !

Vous adorerez aussi la « septième partie », intitulée « Vous n'imaginez pas tout ce qui est arrivé près de chez vous. » Vous l'avez deviné cela concerne notre pays : Genesis à Woluwe-Saint-Lambert, Queen au théâtre 140 et, parmi toutes les anecdotes, j'ai le plaisir de lire « la nuit n'en finit pas » qui reprend une anecdote qui s'est déroulée du temps de mes études de journalisme en compagnie de Salvatore Adamo et la naissance de «Tombe la neige » !

Comme j'adore les citations, celles choisies par l'auteur en exergue du volumineux livre me paraissent tellement à propos. Celle-ci est de Philippe Sollers : « Savoir où l'on va n'est pas tant savoir où l'on va mais savoir de mieux en mieux d'où on vient » !

Quand je dis « volumineux » c'est un réel compliment, on ne reste pas sur sa faim. Faites l'expérience que j'ai faite pendant quelques soirées : vous ouvrez n'importe où le livre, c'est toujours une histoire passionnante !

 

Si vous voulez suivre Brice par ailleurs, il a écrit récemment deux bios bien belges : « Le Grand Jojo. Tout va très bien » et « Frédéric François. C'est mon histoire ».

 

Jacques MERCIER

 

« La Story », (le meilleur de la légende), Edition Renaissance du Livre, 15cmX23cm, 512 pages, 24,90 Euros.

 

 

 

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01 02 17

Emm-Alexandre

9782709659567-001-X_1.jpeg"C’est là, dans un décor semblable à un film de Sautet, dans le coup de feu d’une brasserie à l’heure du déjeuner, dans le bruit de la vaisselle, le brouhaha des conversations, que ma vie a basculé. Là que j’ai vu cet homme."

Emma a tout pour être heureuse. Et il se fait qu'elle l'est. La quarantaine avenante, un mari, trois enfants, ... une existence paisible, aisée, à Bondues, près de Roubaix.

Enclenchée de chapitres comptés à rebours, la  "mécanique du désastre" va faire voler en éclats famille et vie par trop convenue. D'un simple et furtif regard porté à un homme, marié lui aussi...

Est-ce cela la liberté? 

A l'instar de  la chèvre de Monsieur Seguin - dont l'ombre précède la narratrice et e célèbre conte issu des Lettres de mon moulin (Alphonse Daudet)  nous est donné - cadeau - à la fin de la narration- Emma va jouer avec le feu, s'offrir au loup.

Mais là encore, rien ne se passe comme convenu...

Doté d'une structure tripartite, de chapitres courts, dynamiques et d'une poétique particulièrement soignée - Grégoire Delacourt a travaillé la langue, sa musicalité - le roman s'articule autour de l'Eros/Thanatos, de l'amour et de la mort,  de leur fatalité, qui poursuit, nous semble-t-il, la réflexion entreprise dans On ne voyait que le bonheur ( Ed JcLattès, 2014) 

Avec cette différence, cette prouesse .., que cette fois, le narrateur est une femme.

Et cette conviction que Grégoire Delacourt a mis beaucoup de lui en cette écriture

Apolline Elter

Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt, roman, Ed. JcLattès, janvier 2017, 320 pp

 

 

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30 01 17

Galerie de félons…

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich.jpgSurnommé « le détective de l'histoire », Jean-Paul Lefebvre-Filleau, ancien colonel de gendarmerie, diplômé de l'université en droit, criminologie et théologie, a publié une vingtaine d'ouvrages, dont le dernier, réédité aux éditions De Borée en 2016, s’intitule La Franc-maçonnerie au cœur de la République, de 1870 à nos jours.

Il vient de faire paraître aux Éditions du Rocher à Paris Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich, un véritable Who’s who de la trahison – le parcours personnel particulièrement significatif de 77 idéologues, naïfs, antisémites, opportunistes, affairistes, stipendiés, renégats ou bandits de grands chemin – fondé sur une documentation abondante et étayé d’un impressionnant appareil de notes.

On y voit pourquoi et comment ces individus d’origines fort diverses ont basculé dans le camp de l’ennemi, allant parfois jusqu’à s’en asperger les mains de sang.

Une impressionnante enquête au cœur des ténèbres de l’âme humaine !

Bernard DELCORD

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich par Jean-Paul Lefebvre-Filleau, préface de Gilles Perrault, Paris, Éditions du Rocher, janvier 2017, 550 pp. en noir et blanc au format 15,3 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

 

LISTE DES COLLABORATEURS

Les politiques :

ALIBERT Raphaël

BAUDOUIN Paul

BEUGRAS Albert

BONNARD Abel

BOUT DE L'AN Francis

BUCARD Marcel

DÉAT Marcel

DORIOT Jacques

GABOLDE Maurice

HENRIOT Philippe, le « Goebbels » français

MARION Paul

PUCHEU Pierre

VALLAT Xavier

 

Les intellectuels :

ALGARRON André

BEAUPLAN Robert de

BENOIST-MÉCHIN Jacques

BERAUD Henri

BRASILLACH Robert

BRINON Fernand de

CÉLINE, Louis-Ferdinand

CHACK Paul

CHÂTEAUBRIANT Alphonse de

COUSTEAU Pierre-Antoine

FERDONNET Paul

HÉROLD Jean-Auguste, dit HÉROLD-PAQUIS

JEANTET Claude

LAUBREAU Alain

LUCHAIRE Jean

REBATET Lucien

SUAREZ Georges

 

Les militaires :

BASSOMPIERRE Jean

BRIDOUX Eugène

DAGOSTINI Raoul

DARNAND Joseph

DENTZ Henri

DUGÉ DE BERNONVILLE Jacques

FENET Henri

KNIPPING Max

LABORDE Jean de

LÉCUSSAN Joseph

MAYOL DE LUPÉ Jean de

PLATON Charles

PUAUD Edgar

RAYBAUD Émile

TISSOT Noël de

VAUGELAS Jean de

 

Les hauts fonctionnaires :

ANGELI Alexandre

BOUSQUET René

CHIAPPE Angelo

CUSSONAC René

DARQUIER DE PELLEPOIX Louis

FAY Bernard

LABROUE Henri

LELONG Georges

MARION Charles

SÉZILLE Paul

TOUVIER Paul

 

Les chefs d'entreprise :

BERLIET Marius

BICHELONNE Jean

BRUNETON Gaston

DEWOITINE Émile

JOANOVICI Joseph

LAGARDELLE Hubert

LESCA Charles

SZKOLNIKOFF Mandel

 

Les repris de justice :

ANDRÉ Francis, dit « Gueule-Tordue »

BONNY Pierre

CARRÉ Mathilde

DANOS Abel

DELFANNE Georges, dit Christian MASUY

FILIOL Jean

GLÈBE D'EU Guy

LAFONT Henri

MARTIN Frédéric, alias Rudy de MÉRODE

PAOLI Pierre-Marie

SOLNLEN Maurice, alias Jean MANSUY

VILLAPLANA Alexandre

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29 01 17

Bataille pour un château-fort…

Vengeance.jpg« Un château médiéval, un parc boisé, trois propriétaires, une indivision...

Louis d'Érezée vit seul avec sa mère agonisante dans cette forteresse familiale, mais son frère Maximilien et sa sœur Colienne, tenus à l'écart de sa gestion, en exigent la vente. Ils s'affrontent avec dureté, persuadés chacun que leur avenir dépend de l'issue du combat.

L’aîné s'accroche à une vision digne de l'Ancien Régime, les deux autres ne cherchent qu'à vivre avec leur temps. Ce conflit violent, lié aux particularités de letur éducation singulière, mobilise toute leur énergie. En pure perte, comme dans la majorité des conflits. »

Tel est le texte de la quatrième de couverture du passionnant roman Vengeance rédigé et publié par le marquis Charles de Trazegnies né à Bruxelles en 1946 [1].

On s’en voudrait de déflorer le scénario de cet excellent livre et ses multiples rebondissements, mais on ne peut s’empêcher d’établir un lien avec la longue bataille juridique que mena l’auteur, entre 1997 et 2008, contre son frère et sa sœur pour obtenir la sortie d’indivision et la mise en vente de la forteresse médiévale de Corroy-le-Château, finalement acquise par l’artiste Wim Delvoye [2].

Charles de Trazegnies ne dit d’ailleurs pas vraiment le contraire dans son avertissement : « Bien qu’il décrive une réalité – c’est nous qui soulignons –, ce roman est une œuvre de fiction peuplée de personnages imaginaires ».

Des fantômes fort agressifs…

Bernard DELCORD

Vengeance par Charles de Trazegnies, Bruxelles, Éditions Le Roseau vert [3], mai 2016, 314 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 €

 

[1] Il a longtemps exercé la profession d'éditeur (plus de 120 livres publiés, dont certains “best sellers” en Belgique) et de traducteur (une vingtaine de livres traduits du néerlandais et de l'anglais). Il est par ailleurs l'auteur de poèmes, de récits et de nombreux contes imaginaires.

[2] http://www.lavenir.net/cnt/112576 &

http://archives.lesoir.be/wim-delvoye-se-paye-corroy_t-20080923-00J2QY.html

[3] Rue de la Tulipe, 2 à 1050 Bruxelles.

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29 01 17

Fiction nucléaire…

Le cauhemar du Président.jpgLe premier roman du Belge Denis Ralet, Le cauchemar du Président, paru à Bruxelles aux Éditions Telarcom, décrit avec force détail et d’une plume alerte l’univers post-apocalyptique qui pourrait résulter d’une explosion nucléaire dans un futur proche.

En voici le pitch :

« Né en 1963, Charles Chabrolles est élu Président de la République française en 2022. Peu après, une explosion nucléaire en Antarctique place les hommes politiques et les consommateurs devant leurs responsabilités.

Le Président Chabrolles est alors confronté à des troubles climatiques, sécuritaires et économiques et, en 2027, l’Elysée est brièvement prise d’assaut.

En 2046, depuis sa retraite à Banon dans les Alpes de Haute-Provence, le Président Chabrolles observe la vie de ses contemporains à partir de 2027 : politique, éducation, économie, loisirs, violence, migrants…

Sur un ton parfois cynique ou désabusé, il décrit les dérives d’un monde en quête d’équilibre.

Ses dernières paroles, en 2047, furent “Honte à ma génération” ».

Avis aux amateurs du genre !

Bernard DELCORD

Le cauchemar du Président par Denis Ralet, Bruxelles, Éditions Telarcom, diffusion Éditions Weyrich, novembre 2016, 240 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 €

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28 01 17

« Plus les éléments employés sont purs, plus l'œuvre est pure. » (Édouard Vuillard)

Bonnard & Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière .jpg

Les « Nabis » est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier vers 1888. Le terme Nabi, ou nebiim signifie en hébreu, dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, Nabi a été traduit par « prophète » « illuminé » ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ».

Ce cercle naît d'une controverse autour d'une peinture de Paul Sérusier, Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, réalisée sous la direction de Paul Gauguin, durant l'été 1888. Gauguin encourage Sérusier à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures et vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.

Lorsque Sérusier revient à Paris, son tableau fait naître des débats enflammés avec les autres étudiants de l'Académie Julian et de l'École des Beaux-Arts, sur le rôle sacré de l'art et de la peinture. Sérusier forme alors le groupe des Nabis, avec ses proches amis Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi ainsi que le sculpteur Aristide Maillol les rejoignent.

Ils se donnent tous un surnom, signe de leur initiation, et paraphent les lettres qu'ils échangent du sigle ETPMVMP (« en ta paume mon verbe et ma pensée ») [1].

Vuillard Jeune fille.jpg

 

Édouard Vuillard, Jeune fille la main sur la poignée de la porte (1891)

© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Jusqu’à la fin mars 2017, le musée d'Orsay présente pour la première fois dans ses murs l'ensemble de la donation de Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière consentie au cours de l'année 2010 et dont l'usufruit est tombé avec la disparition de Jean-Pierre Marcie-Rivière, le 6 janvier 2016.

Cette libéralité constitue un événement majeur dans l'histoire des collections publiques françaises qui coïncide avec la célébration des trente ans d'ouverture du musée.

La donation comprend 25 tableaux et 94 dessins de Pierre Bonnard [2] ; 24 tableaux, 3 pastels et 2 dessins d’Édouard Vuillard [3].

Commencée dans les années 1960 par André Levy-Despas, le premier mari de Zeineb Kebaïli, la collection a été poursuivie pendant plus de quarante ans par Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière.

Elle exprime une sensibilité aux sujets intimes et aux compositions mystérieuses parfois jusqu'à l'hermétisme ou la caricature. Soirées musicales, portraits saisis sur le vif, intérieurs avec personnages, scènes urbaines, témoignent des correspondances étroites entre Bonnard et Vuillard au temps des Nabis. Des tableaux de la maturité des deux artistes complètent cet ensemble d'œuvres créées dans les années 1890. À cette époque, Bonnard et Vuillard s'intéressent aux mêmes sujets avec une prédilection pour les scènes intimistes représentant leur univers familier [4].

Bonnard Chien sur la terrasse.jpg

Pierre Bonnard, Chien sur la terrasse (1917)

© Adagp - Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Le superbe catalogue de cette exposition, publié par les Éditions Flammarion et le Musée d’Orsay, s’intitule Bonnard/Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, rassemble 160 illustrations ainsi que des textes remarquables de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, des as de la vulgarisation artistique.

Un ouvrage somptueux !

Bernard DELCORD

Bonnard / Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, catalogue d’exposition avec des textes de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, Paris, Éditions Flammarion & Musée d’Orsay, novembre 2016, 172 pp. en quadrichromie au format 19 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)

Informations pratiques :

Musée d’Orsay

1 rue de la Légion d'honneur

75007 Paris

Salles 67, 68 et 69

Informations téléphoniques : 00 33 1 40 49 48 14

Métro : ligne 12, station Solferino

RER : ligne C, station Musée d'Orsay

Bus : 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

Horaires :

Ouverture de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche de 9h30 à 21h45 le jeudi.

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi.

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi.

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi.

Fermeture tous les lundis.

Tarifs :

Plein tarif : 12 €

Tarif réduit : 9 €

– Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

– Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Gratuit

– Pour tous le premier dimanche de chaque mois.

– Moins de 18 ans.

– 18-25 ans ressortissants ou résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Enseignants des établissements français du primaire au secondaire, munis d'un Pass éducation en cours de validité.

– L'entrée du musée est gratuite et prioritaire par la porte C pour la personne handicapée (mobilité réduite, déficience auditive, intellectuelle ou visuelle) et son éventuel accompagnateur, sur présentation d'un justificatif : cartes délivrées par une MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ou attestation étrangère équivalente, accompagnée d'une pièce d'identité avec photographie.

 

[1] [1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabi_(peinture)

[2] Peintre de personnages, figures, nus, portraits, paysages animés, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, Pierre Bonnard (1867-1947) est un artiste postimpressionniste membre du groupe des Nabis.

[3] Jean Édouard Vuillard (1868-1940) est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français. Membre fondateur du mouvement nabi, il s'est illustré dans la peinture de figures, de portraits, d'intérieurs, de natures mortes, de scènes intimistes, de compositions murales et de décors de théâtre.

[4] Plus d’informations sur http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/bonnard-vuillard...

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28 01 17

« La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid. » (Salvador Dali)

Tintin au pays des Soviets.jpgTintin au pays des Soviets (titre complet sur la couverture : Les Aventures de Tintin, reporter du « Petit Vingtième », au pays des Soviets) est le premier album de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin, créée par Hergé (1907-1983).

Alors responsable du Petit Vingtième, le supplément jeunesse du journal belge Le Vingtième Siècle, Hergé reçoit, de son rédacteur en chef l'abbé Norbert Wallez, la commande d'une bande dessinée dont le héros ferait un reportage en URSS. L'abbé fournit à Hergé le pamphlet Moscou sans voilesNeuf ans de travail au pays des Soviets publié en 1928 par Joseph Douillet (1878-1954), ambassadeur de Belgique en Russie [1], dont l'auteur s'inspire très fortement, ce qui fait de cette aventure une critique particulièrement virulente du régime communiste.

Hergé considère cette œuvre comme une « erreur de jeunesse ». En effet, il fait preuve d'inconstance dans le caractère des personnages et dans le ton anticommuniste, mais il introduit néanmoins l'usage exclusif du dessin et des phylactères dans la bande dessinée européenne, comme Alain Saint-Ogan avant lui, et il montre un réel talent pour représenter le mouvement et le son. Outre la première apparition des célèbres personnages Tintin et Milou, plusieurs moments de l'album sont passés à la postérité, par exemple la scène de la manipulation des élections.

L’histoire est prépubliée dans Le Petit Vingtième du 10 janvier 1929 au 8 mai 1930, puis paraît en album en septembre 1930. Elle est également publiée dans le magazine français Cœurs vaillants à partir d'octobre 1930. Rapidement introuvable en librairie et victime de la contrefaçon sur le marché noir, l'album n'est réédité par les éditions Casterman qu'en 1973, au sein des Archives Hergé. Jamais redessinée par les Studios Hergé, cette histoire reste dans son format original, en noir et blanc, jusqu'en 2017 [2], quand les éditions Casterman et la société Moulinsart SA, chargée de l’exploitation commerciale de l’œuvre d’Hergé, en publient une version colorisée [3].

La mise en couleurs amplifie la lisibilité du récit, la clarté des dessins et surprend par sa modernité, comme s'il s'agissait d'un nouvel album. Elle a été confiée dans le cadre des Studios Hergé à Michel Bareau, assisté de Nadège Rombaux [4].

Bien que cette publication se fonde sur des motifs purement commerciaux, le filon des aventures de Tintin et Milou s’épuisant, et qu’elle s’apparente fortement à un raclage de fonds de tiroir, force est de constater qu’elle constitue une belle réussite graphique…

Bernard DELCORD

Tintin au pays des Soviets par Hergé, Bruxelles, Éditions Casterman-Moulinsart, janvier 2017, 137 pp. en noir et blanc au format 22,6 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,95 €

Moscou sans voiles.jpg

[1] Douillet lived in Russia from 1891 to 1926. He served as the Belgian consul in Rostov-on-Don. It has been said that he "had spent so long in the country that he was almost more Russian than Belgian." In 1925 he was arrested in the USSR and was imprisoned for nine months before being expelled from the country.

In 1928 he published a book Moscou sans Voiles Neuf ans de travail au pays des Soviets, which condemned the Bolshevik regime. Among the charges recorded in the book are that the Soviet government created false factories to deceive foreign visitors. "The first part of Douillet's book was called: 'How the red paradise is portrayed', and is full of examples of how foreign visitors are deceived.

Another part of the book recorded how one Oebijkon coerced people into assenting for Communist rule during an election. "We see the communist comrade Oebijkon (who is resigning from the presidency) delivering a speech. This is what he says: 'We have three lists: one of these comes from the communist party. Let anyone who is against this list raise their hand!' At the same moment Oebijkon and four of his comrades pull their revolvers and direct them menacingly at the peasant audience. Oebijkon continued: 'Who votes against this list? No one? Then I declare that anyone voted for the communist list. There is no need to vote for the other two lists anymore.'" This episode would later be used in Tintin in the Land of the Soviets. (Source – en anglais uniquement : https://en.wikipedia.org/wiki/Joseph_Douillet)

[2] Année du centenaire de la Révolution d’Octobre.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tintin_au_pays_des_Soviets

[4] Source : http://www.decitre.fr/livres/les-aventures-de-tintin-tint...

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 01 17

Léon Bakst, un homme-orchestre prodigieux

L'exposition organisée dans la bibliothèque de l'Opéra Garnier - voir billet d'hier sur le blog du Pavillon de la Littérature - est soutenue d'un (très) beau livre somptueusement illustré, collectif d'auteurs, mené sous la direction de ses commissaires, Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq  L'ouvrage entretiendra la gloire d'un personnage, homme-orchestre hors du commun,  la mémoire de ses oeuvres et influences, au-delà de l'événement par trop éphémère organisé au Palais Garnier

Attention, il est encore largement temps d'en programmer la visite en votre agenda: l'exposition ne fermera rideau que le dimanche 5 mars.

Bakst.jpg" De fait, Bakst a mené sa carrière artistique sur tous les fronts: peintre de chevalet, décorateur de théâtre, portraitiste, illustrateur, il fut aussi l'une des figures de l'art décoratif dans ses aspects les plus divers."

Et Stéphane Barsacq de révéler l'art de l'aménagement de son arrière-grand-oncle (1866-1924) des décors intérieurs - chez des particuliers - à ceux de la scène et  des scénographies événementielles (expositions). Un art, un souci de cohérence, d'harmonie poussés jusqu'à la fabrication de meubles.

Son exubérance chromatique marque ses contemporains, Gide, Proust et Rodin. Il veille paternellement sur Picasso, forme Marc Chagall, son disciple. Il est ami de Cocteaun Apollinaire, Matisse et même de notre cher Emile Verhaeren, qu'il rencontre en 1912,à l'occasion de l'adaptation scénique par Ida Rubinstein de son fameux Hélène de Sparte.

Dieu que la guerre est jolie, Dieu que le monde est petit...

Survolant sa vie, son parcours, de Saint-Petersboug à Paris, sa pensée, toutes les faces de son art et d'une créativité sans bornes, qui l'aurait conduit à Holywood si la mort n'avait interrompu son envol, l'ouvrage, richement illustré, rend digne hommage à son génie.

Bakst, Des ballets russes à la haute couture, collectif sous la direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq, co-édition BNF/ Opéra de Paris, Albin Michel et AROP, nov.2016, 192 pages (dont 100 illustrations), 39 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |