24 01 17

L'Univers, notre maître à penser ?

 

heymans.jpgA la fois scientifique et philosophique, le dernier essai de André Heymans « L'univers, notre maître à penser » est une (comme le dit le sous-titre) «Une nouvelle compréhension de l'existence pour une Terre heureuse. » Le livre n'est pas qu'une démonstration, qu'une théorie, puisque il s'achève avec « Une Charte de l'Humanité ».

J'avais déjà apprécié pour leur clarté les trois ouvrages précédents de cet essayiste (belge et plusieurs fois diplômé – maîtrise en philosophie, doctorat en droit, etc -, il vit à Ostende) : L'univers et l'homme. Pourquoi la Vie ? En 1997, L'universalisme ou la philosophie de l'espoir, En 2006 et La Révolution pour une nouvelle Civilisation, En 2011.

La présentation du livre en quatrième de couverture nous donne fort bien le propos : « Trop de problèmes majeurs aux effets désastreux se posent actuellement à l'humanité. Persévérera-t-elle à s'accroître impunément, à surexploiter les richesses naturelles de la Terre, à ne pas lutter efficacement contre le réchauffement de la planète ? Comment atteindre des solutions heureuses qui en plus mettront fin aux pénibles conflits territoriaux et religieux ? Comment résorber les inégalités offensantes entre quelques puissants dominateurs et la majorité des individus ? Aucune réussite n'est à espérer sans une nouvelle conception de l'existence qui telle une lame de fond assurera plus de solidarité, d'entraide, de confiance mutuelle. Il s'agit de repenser le plus loin possible le pourquoi et le comment de la réalité, à commencer par le phénomène grandiose et éblouissant qu'est l'univers : il est en mesure de nous donner des leçons magistrales. Mêlant vulgarisation scientifique et réflexion, cet ouvrage incite à aller de l'avant sur base d'une perception envoûtante de l'existence. Il ne manque pas de l'analyser sous ses aspects particulièrement attrayants, ceux que révèlent l'astronomie, la biologie, l'évolution des espèces. Et si l'auteur porte un regard très critique sur notre monde, il conclut néanmoins à la valeur exceptionnelle de l'être humain, pouvant se hisser au-delà des antagonismes et apporter son savoir et son dynamisme pour résoudre les difficultés les plus épineuses. Instructif, riche et accessible à tous, un message d'espoir malgré les défis, laissant deviner l'universalisme de l'homme de demain. »

 

En exergue de l'ouvrage, nous lisons : « Une grande espérance se lève pour ceux qui pensent » (Jean Guitton.)

Voici quelques courtes phrases qui donnent le ton et quelques idées de l'essai. Mais bien sûr, ce ne peut être qu'un pâle et rapide reflet du livre vraiment passionnant (et optimiste, finalement, ce qui nous change des décadences ou autres apocalypses du moment).

« Nous apprendrons que l'infini est indissociable de son contraire, les finitudes, qu'en respectant des constantes la force créatrice qui est régulatrice, que loin d'être dominée uniquement par la matière, l’existence est pénétrée d'immatérialité qui l'oriente et assure son plein épanouissement, que le bonheur, l'amour, la beauté constituent des objectifs majeurs. L'univers est notre maître à penser. »

« De l'inexistence du néant se déduit que l'existence en sa totalité est éternelle, indestructible, plénitude absolue, omniprésente, infinie. »

« Si l'Univers était sans conscience, il ne surgirait pas, alors que se différenciant du néant, il se déploie avec éclat. Ou bien, s'il s'exprimait sans se conformer à des règles qu'il s'est imposées, rien de valable ne s'organiserait. Tout échouerait lamentablement en confusions et destructions brutales incessantes, contrairement à l'existence qui de façon intrinsèque cherche à réussir avec abondance des ensembles structurés, tant minuscules qu'imposants. »

«Les particules élémentaires, les atomes, les molécules possèdent outre leur matérialité des propriétés immatérielles. La sensibilité, qui aboutit à la conscience, qui est accentuée par la connaissance. Indispensable aussi est la mémoire. »

«Si l'existence se manifestait uniquement comme infinité absolue, elle serait d'une morosité indescriptible. Les abondances de compositions et d'agencement décèlent au contraire une ivresse créatrice qui s'éteindrait rapidement sans stimulants procurant de hautes satisfactions. Ce sont le bonheur, l'amour, la beauté qui aident à surmonter et oublier la durée des expériences, le côté négatif des tentatives infructueuses, les échecs par la complexité des choses. Ce sont eux qui poussent l''existence à persister pour rayonner, se sentir heureuse, atteindre une plénitude d'être. Ils sont indissociables des propriétés immatérielles, depuis les particules élémentaires jusqu'aux champs et intelligences cosmiques. »

« L'être humain est tout un monde. Par son intelligence et sa sensibilité l'homme se sent uni aux fondements du majestueux système dont il dépend. »

« Par sa courte durée la vie incite à se parfaire en culture et humanisme pour recueillir les fruits savoureux d'un parcours réussi. »

« Certes, la mort est inévitable, mais elle n'est pas le critère décisif ; c'est la vie. »

« L'humanité doit se repenser. Tous nous sommes appelés à nous ouvrir pour plus de disponibilité, de fraternité, de paix, tous invités à être porteurs de valeurs pour assurer justice et bonheur. »

Pour tout vous avouer, c'est un livre tellement riche, complet et enthousiasmant, que je vais le relire pour mieux l'appréhender encore. Il fera donc partie des quelques rares livres que j'ai eu l'envie (et le temps) de relire !

 

Jacques MERCIER

« L'Univers, notre maître à penser », essai, André Heymans, Ed Société des écrivains 2015, 200 pp, Version papier 18,95 euros, Numérique 9,49 euros.

 

21 01 17

« Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. » (Stéphane Mallarmé)

Le hasard a un goût de cake au chocolat.jpgAprès l’excellent Monsieur a la migraine publié chez Luce Wilquin en 2015 et centré sur le plaisir sexuel féminin, Valérie Cohen (°Bruxelles, 1968), qui est sans nul doute une des écrivaines belges les plus subtiles de ce début de siècle, a fait paraître chez le même éditeur un nouveau roman particulièrement succulent, intitulé Le hasard a un goût de cake au chocolat, dans lequel elle traite en touches pointillistes la question du hasard et de sa nécessité.

En voici le pitch :

« Le hasard existe-t-il ? Les coïncidences peuvent-elles avoir un sens ?

Impossible, vous dirait Roxanne. La charmante jeune femme vit aux côtés d'un compagnon peu loquace, d'une mère angoissée et d'une inséparable sœur. Lorsqu'elle reconnaît, sur un marché aux puces, une photographie de son arrière grand-oncle, ses certitudes sont ébranlées. Cette improbable rencontre la bouleverse.

Persuadée que les signes du destin guident ses pas, sa tante Adèle mettra tout en œuvre pour en convaincre sa protégée. Entre simples coïncidences et clins d'œil de l'existence, le quotidien tranquille de la jeune femme vacille... »

On admirera tout particulièrement le style de l’auteure, empreint de grâce et de simplicité, pour décrire des événements du quotidien avec une touche de fantaisie.

La lire est un plaisir !

Bernard DELCORD

Le hasard a un goût de cake au chocolat par Valérie Cohen, Avin, Éditions Luce Wilquin, janvier 2017, 138 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 01 17

Une femme engagée

 9782873869847 (1).jpgCe livre n'est pas un livre qui raconte la grande Histoire. Les historiens s'en sont déjà chargés. D'autres suivront. Ce livre raconte les souvenirs d'une petite fille, d'une adolescente, d'une femme qui voua à son père un amour, une admiration sans bornes. Une femme qui vécut dans son ombre, qui l'accompagna dans tous ses combats, ses victoires et ses défaites. Une femme qui se lança, elle aussi, en politique. Pour s'y faire un prénom, Antoinette, dans un parti fédéraliste, le dernier engagement de son père. Mais non le moindre.

D'entrée de propos Francis Van de Woestyne balise le contenu des quelque quinze entretiens réalisés en l'appartement d'Antoinette Spaak, de la lecture des carnets et notes que la femme d'Etat lui a confiés.  Les questions sont précises,directes, vives, les réponses fusent, sans tabou, qui donnent à la lecture un tour alerte, vivifiant. Prodigieusement intéressant.

De ce virus de l'action politique injecté par son  célèbre père, Paul-Henri Spaak,  la jeune femme ne fera usage qu' après son décès - le 31 juillet 1972 - la quarantaine passée, ses deux enfants élevés, vie de femme au foyer et de mondanités assumée... Elle embraie  sur la "conscience fédéraliste" que le grand homme lui a inculquée, entre au FDF,  à l'invitation conjointe de Lucien Outers et André Lagasse,  et poursuit parallèlement l'oeuvre de construction de l'Europe dont il fut un des pères fondateurs.

Si elle quitte officiellement la  vie politique en 1999, Antoinette Spaak garde une conscience aiguë de son évolution, du danger que représenterait pour les francophones une séparation entre les Wallons et les Bruxellois,  de l'asphyxie de gestion d'une Commission européenne dépassée par le nombre de ses pays membres .

Agnostique, républicaine, "femme engagée" et de tempérament, Antoinette Spaak  se révèle sans faux-semblants. Elle traduit une vraie ouverture d'esprit, un respect de la chose politique, de ses acteurs, qui dépasse les clivages traditionnels.  Ce faisant, elle offre  au lecteur une leçon de maturité, une leçon de vie des plus bénéfique

Apolline Elter

Antoine Spaak, Entretiens avec Francis Van de Woestyne, Ed. Racine, décembre 2016, 136 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 01 17

Lignée présidentielle

 

images.jpg

 A l'heure où les Etats-Unis s'apprêtent à investir leur 45e président dans ses fonctions, il est bon de se pencher sur la lignée constituée par ses 44 prédécesseurs, les plus illustres, tels George Washington, premier président des States,  Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt, Abraham Lincoln, JFK, Richard Nixon, Bill Clinton,  Barack Hussein Obama... mais aussi ceux que l'Histoire a tus, John Tyler, James Buchanan, .. et je les passe, à mon tour aussi.

Galerie de portraits et de tempéraments, bilans d'actions et de mandats, étayés d'une solide documentation, l'essai offre un regard intéressant sur une séquence peu ordinaire: celle des "hommes les plus puissants du monde." Il s'assortit d'un précieux  glossaire commenté .

Les présidents des Etats-Unis, Histoire et portraits, Georges Ayache, essai, Ed Perrin, août 2016,  45 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

19 01 17

Poupette

qtbFqRFkbx7fmuXztomY_HR2tSs.jpg

Assorti de la prudente mention de roman, le témoignage de Flavie Flament sur les abus sexuels dont elle fut victime à l'âge de treize ans a suscité bien des réactions. Le suicide, fin novembre,  du photographe octagénaire David Hamilton, incriminé à mots couverts, semble corroborer ces effroyables accusations.

" Que ceux qui dorment tranquilles sur l'oreiller de mon silence poli depuis tant d'années comprennent leur méprise: la petite fille que j'étais a toujours crié au fond de moi et n'a jamais douté de la cause de son indignation.

Le silence a cette vertu de paraître éternel. Mais tant qu'on est vivant, on peut le briser."

Si la célèbre animatrice-TV a pu garder silence toutes ces années durant, c'est qu'elle s'était mentalement  enfuie, dissociée de "Poupette", l'enfant - bafouée - qu'elle était.  Une enfant instrumentée par une mère déprimée par la routine du foyer.  De là à donner ingénument sa fille en pâture à un photographe, durant l'été 1987, passé parmi les nudistes du Cap d'Agde...

" J'étais Poupette. Personne ne l'a aidée. Même pas moi."

Jalonné de constats cinglants, d'allers et retours entre présent et passé, finement identifiés par l'emploi de polices différentes, le récit donne d'autant plus froid à l'âme que le lecteur saisit la relation destructrice que la mère  impose à sa fille : régime alimentaire draconien, mépris, chosification...tant de vils moyens au service de ses glauques desseins. 

Précipitée dans des "attaques de panique" au décès de son cher Papy, Flavie va entreprendre un long chemin de  "consolation', de guérison auprès d'un psychiatre. Elle va se reconnecter avec la Poupette fuie, abandonnée dans la détresse abyssale de son inconscient.

 La consolation, Flavie Flament, roman, Ed. JC Lattès, oct. 2016, 256 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

18 01 17

« Tout à fait dignes du panier de Madame de Sévigné... » (Georges Brassens)

Lettres choisies de Madame de Sévigné.jpgMarie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, plus connue sous le nom de Madame de Sévigné, est une épistolière française, née le 5 février 1626 à Paris et morte le 17 avril 1696 au château de Grignan (Drôme).

Orpheline de père à l'âge d’un an, celui-ci ayant été tué au siège de La Rochelle, elle perd aussi sa mère, Marie de Coulanges (1603-1633), six ans plus tard.

Elle vit néanmoins une jeunesse choyée et heureuse, d’abord chez son grand-père, Philippe de Coulanges, puis, après sa mort en 1636, chez le fils aîné de celui-ci, Philippe de Coulanges.

Le 4 août 1644, elle épouse Henri de Sévigné (1623-1651), mais devient veuve à vingt-cinq ans, le 5 février 1651, quand son époux est tué lors d’un duel.

Le couple a deux enfants :

– Françoise-Marguerite (1646-1705) qui épousera en 1669 François Adhémar de Monteil de Grignan, nommé lieutenant-général de Provence l’année suivante ; la nouvelle comtesse de Grignan le rejoint une année plus tard. Le couple résidera au château de Grignan pendant presque quarante ans.

– Charles (1648-1713), qui restera sans postérité.

La correspondance de Madame de Sévigné avec sa fille s’effectua à peu près pendant vingt-cinq ans au rythme de deux ou trois lettres par semaine. S’y ajoutèrent de nombreuses missives à sa famille et à ses amis [1].

Madame de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, le badinage, l’intelligence et la spontanéité.

Nouvellement sélectionnées et commentées par Nathalie Freidel, des Lettres choisies de Madame de Sévigné ont été publiées récemment chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio classique »

Écoutons ce qu’en dit l’éditrice :

« De même que deux vers de Racine suffisent à reconnaître la main du maître, deux lignes de Sévigné signalent immédiatement le style, le savoir-faire, la langue inimitables de l'épistolière.

Encline au libertinage intellectuel, réfractaire à l'endoctrinement, Madame de Sévigné est le pur produit de la société du loisir lettré. (…)

Par le détour du pastiche, de l'ironie et de l'humour, elle dresse un portrait de soi parmi les plus vivants, les plus audacieux et les plus émouvants de son siècle. Mais les lettres consacrées aux opérations militaires, à la révolte de la Bretagne, à l'exil des rois d'Angleterre ainsi que l'intérêt porté à la politique familiale des Grignan en Provence dévoilent aussi un engagement sur un terrain où les femmes étaient loin d'être les bienvenues.

Par son rayonnement – de la vie mondaine à la sphère politique en passant par l'intime – et son ton unique, Madame de Sévigné fait souffler un vent de liberté dans le classicisme français. »

Avec quel style et quel panache !

Bernard DELCORD

Lettres choisies de Madame de Sévigné, édition et annotations par Nathalie Freidel, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio classique », novembre 2016, 744 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,80 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_S%C3%A9vign%C3%A9

18 01 17

Ici et maintenant

 Vous savez Christophe André cher à notre blog. Le psychiatre dispense, en un langage clair et pragmatique, une série de mantras, d'exercices pratiques,  de bon téléchargement.jpget positif sens qui recentrent nos corps, esprits, âmes, au coeur de l'ici et maintenant, de la vraie vie.

Ce sont des évidences mais elles le sont tellement qu'elles se font souvent oublier. Nous passons à côté du présent - ce cadeau - de la Nature - cette force - et partant, de nous-mêmes.

Extraites de l'émission produite sur France culture, durant l'été 2016, ces quarante séquences de trois minutes se picorent au gré de nos attentes, formulées ou ...latentes, enjoignant à nos corps de participer activement à cette méditation en pleine conscience qui est la clef de voûte de l'édifice.  La lecture s'accompagne d'un CD MP3 lu de la voix chaleureuse et apaisante de Christophe André

Gestion du souffle, de la gratitude, bienveillance, mastication, étirement, fin d'un état, ... sont voies d'accès vers l'apaisement, la sérénité et, qui sait le bonheur, si l'on en fait un moyen d'existence

Apolline Elter

3 minutes à méditer , Christophe André, essai, Ed L'Iconoclaste/ France Culture janvier 2017, 231 pp + CD Mp3 40 plages

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Bien-être, Vie pratique | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 01 17

Céroni n'a pas tout révélé

ppm_medias__image__2016__9782226329738-x.jpg

Une inondation de cave provoque, chez Laura Visconti, la découverte fortuite d'un tableau d'Amedeo Modigliani  (1884-1920), portrait  - malmené  - de "sa fameuse maîtresse",  Beatrice Hastings.  Emballé de papier bulle, le portrait provient de la succession de Silvio Visconti,  grand-père de Giulio, le  mari de Laura.

" Long frisson en détaillant ce prodigieux portrait qui n'est pas signé. Celui d'une femme très brune aux épaules tombantes, dont l'expression est sombre, introvertie et mystérieuse."

Saisie de fascination pour le tableau et sa mystérieuse dévolution, Laura se livre d'emblée à une enquête - à rebondissements -    qui vire à la quête obsessionnelle, menace l'équilibre conjugal,  familial

Le marché de l'art n'est pas prêt de reconnaître l'oeuvre, qui ne jure, asservi, que par le catalogue - raisonné -  d'Ambrogio Ceroni. Lequel, dont la dernière mise à jour date des années '70 - ne mentionne pas le tableau en son inventaire.

Ponctué de découvertes saisissantes, d'une recherche documentaire intéressante et  d'une incursion dans les pratiques singulières d'un certain marché de l'art, le roman se lit avec d'autant plus d'intérêt qu'il est basé sur des faits avérés.

Possession de Max Jacob, le célèbre poète, le tableau a vraisemblablement été troqué contre une confection de son ami, le tailleur Visconti...

Je vous en recommande la lecture

Apolline Elter

 Le tableau, Laurence Venturi, roman, Ed. Albin Michel, nov.2016, 344 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 01 17

Un Virginien hors du commun

Tandis que tous les yeux seront bientôt rivés sur la figure et houppe donaldesques du nouveau président des Etats-Unis, il est bon de se pencher sur l'un de ses plus illustres prédécesseurs, un des pères fondateurs de la la fédération, entendez son troisième  président, Thomas Jefferson (1743-1826)

 Jefferson-cover-BAT.png

« Thomas Jefferson a rédigé seul, à 33 ans, le premier jet du texte de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique. Il a été gouverneur de Virginie, ministre plénipotentiaire à Paris, secrétaire d’État, vice-président puis président. Il a fait plus que doubler la superficie des États-Unis. Il en est l’un des Pères fondateurs. L’Histoire lui a fait ses plus grandes faveurs en lui offrant un destin magnifique. Il a eu une longue vie heureuse. Il aimait passionnément les livres. Ses amis lui ont été fidèles. »

Investi d'une sympathie et d'une connivence assumées, par-delà les siècles qui séparent les deux hommes, André Querton, diplomate honoraire,  nous trace de l'illustre Virginien - fondateur de l'Université de Charlotesville, près de sa résidence de Monticello - un portrait engagé, flamboyant.

L'homme est en effet fascinant qui jouit d'une curiosité insatiable, d'un appétit livresque incommensurable - sa bibliothèque rassemble la plus importante collection privée d'ouvrages des Etats-Unis - d'un esprit brillant  et méthodique qu'il met au service de la politique, de son pays et d'innombrables correspondants.  

Agé de 33 ans, il rédige le premier jet de la Déclaration d'indépendance des Etats- Unis

Aimant la vie, le vin et la famille -  il conçoit un nombre important d'enfants légitimes et autres - il assiste en témoin éclairé à la Révolution française, tandis qu'il exerce à Paris, sa charge de ministre plénipotentiaire. De retour au pays, il assume bientôt un double mandat présidentiel : 1801-1809 avant de s'en retourner en sa retraite paisiblement active de Monticello

Sondant le coeur de l'homme,  le moteur de son ardeur et d'un destin hors du commun,  André Querton en réalise, de plume alerte et fluide,  un portrait vivant, des plus engageants. 

  Thomas Jefferson, vie, liberté et bonheur: Portrait amoureux,  André Querton, essai, Ed. Mardaga, sept.  2016, 206 p

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Documents, récits, essais | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 01 17

Rien ne va plus..

HKB.jpg"Depuis que mon passeport a été confisqué par la police à la suite d'un stupide malentendu, je suis condamné à espérer un miracle ou à attendre la fin du monde dans ce paradis d'artifice ou une panne d'électricité qui fera disparaître ce décor en trompe l'oeil."

Rien ne va.

Anti-héros foenkinossien - comme  Alain Berenboom les aime - Markus Deschanel accumule les contrariétés.  Après publication d'un premier roman remarqué, il accumule les échecs avec une lucidité confondante.

" Ma réaction prouvait que j'étais vraiment un écrivain. Les écrivains sont des mammifères narcissiques dont l'orgueil est perpétuellement blessé parce que leur oeuvre est si importante à leurs yeux et si peu à ceux du reste du monde." 

Outre l'insuccès croissant de ses publications, Markus Deschanel doit affronter l'échec de sa vie affective - assiégé par la rédaction de son quatrième roman, il a négligé sa compagne, Kathryne, leur  toute petite fille, Gabrielle  - mais aussi les soucis financiers corollaires et l'interdiction de quitter le territoire de Hong Kong où il séjourne, suspecté d'être mêlé à un meurtre...

Sous l'aimable imbroglio de situations qui s'enchaînent et d'un étau qui se enserre le narrateur se glisse une réflexion intéressante sur la production littéraire, la protection de ses  droits - chère à l'auteur -  et l'inévitable  rançon de la gloire.

Hong Kong Blues, Alain Berenboom, roman, Ed. Genèse, janvier 2017, 320 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |