10 02 18

Le « Goebbels français »

Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur.jpgAgrégé d'histoire, docteur et HDR de l'Institut d'études politiques de Paris, Christian Delporte (°1958) est un historien français spécialiste d’histoire politique et culturelle de la France du XXsiècle, notamment de l’histoire des médias, de l’image et de la communication politique. Il fut l'élève de René Rémond et de Serge Berstein, est professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et dirige la revue Le Temps des médias.

On lui doit, parue récemment chez Flammarion à Paris, une biographie fortement charpentée intitulée Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur dans laquelle il revient sur la « carrière » du très brillant – et en cela très dangereux – thuriféraire du nazisme en France sous la botte hitlérienne.

S'appuyant sur des archives inédites, notamment celles des Renseignement généraux, Christian Delporte retrace le parcours et décrit la personnalité du troisième homme fort de Vichy, député catholique de la 4circonscription de Bordeaux en 1932, réélu en 1936, député jusqu'en 1940 et pourtant antiparlementaire, antisémite viscéral, comploteur contre la République en février 1934, membre du comité directeur de l'Union antimaçonnique de France en 1935, antiallemand devenu pro-hitlérien à partir du 22 juin 1941, quand l'Allemagne envahit l'URSS, éditorialiste de Radio-Vichy de février 1942 à décembre 1943, tribun de Radio-Paris (on l’appelait « l'homme à la voix d'or ») à partir de cette date [1], membre de la Milice française en mars 1943, secrétaire d'État à l'Information et à la Propagande du gouvernement Laval en janvier 1944, un ultra parmi les ultras qui paradoxalement se rêvait poète ou écrivain, admirait Flaubert et Anatole France, et chassait les papillons qu'il collectionnait avec passion...

Philippe Henriot (7 janvier 1889 – 28 juin 1944), surnommé le « Goebbels français » par les dignitaires nazis, est finalement tombé à Paris sous le balles d’un commando du COMAC, le Comité d'action militaire dépendant du Comité central des mouvements de Résistance.

Au passage, Christian Delporte répond avec subtilité dans son ouvrage à des questions comme : comment devient-on Philippe Henriot ? Comment le catholicisme français peut-il parfois nourrir de tels dévoiements, qui conduisent à la trahison même de son pays ?

Des péchés mortels sans absolution possible…

Bernard DELCORD

Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur par Christian Delporte, Paris, Éditions Flammarion, collection « Grandes biographies », janvier 2018, 415 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

[1] Sur les ondes de Radio-Londres, c’est l’humoriste Pierre Dac qui lui donnait la réplique, avec l’immense talent qu’on lui connaît.

10 02 18

« Il pleuvait encore, ce matin-là ; une pluie douce, morne, résignée comme un veuvage. » (Georges Simenon in "Cécile est morte")

Le Paris de Simenon.jpgMembre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises à Bruxelles, juré du Prix Nocturne à Paris, collaborateur du Magazine littéraire et auteur prolifique, Jean-Baptiste Baronian (°1942) est l'auteur d'une soixantaine de livres. Il a publié des romans, des essais, des biographies (Baudelaire, Verlaine et Rimbaud), ainsi que le Dictionnaire amoureux de la Belgique. Il est le président de l'association internationale « Les Amis de Georges Simenon », auquel il a consacré une centaine d'articles et plusieurs ouvrages.

Parmi ceux-ci, relevons Le Paris de Simenon (Paris, Éditions Alexandrines), dans lequel Jean-Baptiste Baronian met en avant les rapports qu’entretenait le créateur du commissaire Maigret avec la Ville Lumière.

Voici ce qu’il nous en dit :

« Simenon découvre Paris lors de son service militaire. Il écrit à Tigy, sa femme : “Paris ne m'a pas étonné. Dès la première minute, je m'y suis trouvé comme chez moi. Pas une hésitation – pas la moindre curiosité. J'étais bien, j'étais content d'être là et pas ailleurs –, je me demandais et je ne demande encore qu'à y rester toujours.” Il s'installe à Paris en 1919 et au printemps 1924, il publie Le Roman d'une dactylo.

Ses publications se vendant fort bien, au début du mois de novembre 1924, Tigy et lui louent un appartement de deux pièces sur cour au 21, place des Vosges, dans le cœur du Marais. On les voit alors partout : à La Rotonde, à La Coupole, “aussi peu bourgeois que possible”, au Select, ouvert jour et nuit, à la terrasse du Dôme... Il mène une vie trépidante et emmagasine une multitude d'expériences, d'impressions, de sensations et d'émotions. Il a d'ailleurs situé à Paris l'intrigue de cent sept romans sur les quelque deux cents qu'il a signés de son patronyme, et il l'a toujours longuement évoquée dans ses œuvres autobiographiques, en particulier dans ses vingt et une dictées.

De 1931 à 1934, ce sont donc dix-neuf aventures du commissaire Maigret, Jules de son prénom, qui paraissent à l'enseigne d'Arthème Fayard. On voit le héros se balader sur les pas de son créateur, du quai des Orfèvres au boulevard Richard Lenoir et au carrefour Montparnasse où il s'arrête à La Coupole, au milieu d'une populeuse clientèle internationale. »

Ajoutons que la plupart des romans de Simenon qui parlent de Paris ont été écrits aux États-Unis ou en Suisse.

Une histoire bien belge…

Bernard DELCORD

Le Paris de Simenon par Jean-Baptiste Baronian, Paris, Éditions Alexandrines, collection « Le Paris des écrivains », octobre 2016, 102 pp. en noir et blanc au format 10,5 x 15,2 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,90 € (prix France)

10 02 18

Théo

51R9W6KYfzL._SX195_.jpg" Très vite, Théo a appris à jouer le rôle qu'on attendait de lui. Mots délivrés au compte-goutte, expression neutre, regard baissé. Ne pas donner prise. Des deux côtés de la frontière, le silence s'est imposé comme la meilleure posture, la moins périlleuse.'

 Hélène, professeur de sciences au collège de Théo, croit reconnaître en son élève les signes de maltraitance parentale dont elle a elle-même été victime durant son enfance. Très vite, elle en alerte ses collègues, l'infirmière, .. et outrepasse le cadre de ses fonctions.

S'il ne souffre pas de sévices physiques,  le jeune Théo, pré-ado,  est l'enjeu et le jouet de la haine viscérale que sa mère porte à son père dont elle est divorcée. Il doit lui taire la déchéance physique, alcoolique et morale que connaît ce dernier sous peine de lui voir retirer  sa part de garde alternée, sans doute son ultime raison de vivre.

Alors Théo se tait et "boit de l'alcool comme s'il voulait en mourir" . Il tente d'atteindre ce coma éthylique qui seul pourra dénouer le drame qui le dépasse.

Centré sur l'abyssale difficulté de communication qui saisit certains couples - les parents de THéo, certes, mais aussi Cécile et Wiliam, parents de Mathis -  le roman de Delphine de Vigan est plombé de souffrance. 

Une souffrance si justement exprimée qu'elle suscite l'immédiate, la nécessaire empathie du lecteur

Apolline Elter 

Les loyautés, Delphine de Vigan, roman, Ed. JC Lattès, janvier 2018, 206 pp

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09 02 18

Le roi Jean...

De Lattre par Ivan Cadeau.jpgOfficier au Service historique de la Défense et docteur en histoire, Ivan Cadeau est également rédacteur en chef adjoint de la Revue historique des armées. Auteur de plusieurs ouvrages, il a publié en 2013, chez Perrin à Paris, La Guerre de Corée 1950-1953.

Dans la même maison, il a fait paraître ensuite De Lattre, une biographie lumineuse particulièrement passionnante du général d'armée et maréchal de France à titre posthume Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952).

Jeune dragon arrivé quatrième en 1908 au concours d’entrée à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr-l’École, ce brillantissime officier supérieur reçut des funérailles nationales en janvier 1952 après une carrière militaire exceptionnelle.

Qu’on en juge :

– Blessé cinq fois, il a terminé la Première Guerre mondiale avec huit citations, la Légion d'honneur et la Military Cross.

– en 1925-26, il a participé à la guerre du Rif au Maroc, où il fut à nouveau blessé.

– Au début de la Seconde Guerre mondiale, plus jeune général de France, à la tête de sa division lors de la bataille de France, il tient tête aux Allemands à la bataille de Rethel, en Champagne et sur la Loire jusqu’au 22 juin 1940.

– Commandant de la 16e division militaire à Montpellier, lorsque la zone libre est envahie par les troupes allemandes, à la suite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord, le 11 novembre 1942, il est arrêté et condamné à dix ans de prison pour avoir donné l’ordre à ses troupes de résister par les armes aux troupes du IIIReich. Il parvient ensuite à s'évader et rallie la France libre.

– À la tête de la 1re armée française débarquée en Normandie en juin 1944, il mène la campagne victorieuse, dite « Rhin et Danube » et il est le seul général français de la Seconde Guerre mondiale à avoir commandé de grandes unités américaines.

– Il a représenté la France à la signature de la capitulation allemande à Berlin, le 8 mai 1945, aux côtés d'Eisenhower, Joukov et Montgomery.

– Commandant en chef des forces françaises en Allemagne en 1945, puis inspecteur général de l'Armée de terre et chef d’État-Major général de la Défense nationale en 1947, il devient vice-président du Conseil supérieur de la guerre.

– De 1948 à 1950 auprès du maréchal Montgomery, il est le premier commandant en chef des Forces terrestres de l’Europe occidentale.

– Fin 1950, il est envoyé redresser la situation sur le front de la guerre d'Indochine, et cumule alors les postes de haut-commissaire en Indochine et de commandant en chef du corps expéditionnaire. Il remporte en 1951 plusieurs victoires importantes contre le Việt Minh, mais, très affecté par la mort de son fils Bernard (tué au combat à Ninh Binh, le 30 mai 1951) et atteint d’un cancer de la hanche, il doit quitter l'Indochine dès la fin de l'année pour se faire soigner en France où il décédera peu de temps après. [1]

« Quant à la personnalité du maréchal de Lattre, écrit Ivan Cadeau, elle continue bien après sa mort à susciter les plus vifs commentaires, les uns mettant en avant ses atouts – animateur hors pair, travailleur infatigable –, les autres préférant relever ses défauts – ses colères, sa vindicte, son goût du faste. »

Un peu comme George Patton…

Bernard DELCORD

De Lattre par Ivan Cadeau, Paris, Éditions Perrin, novembre 2017, 325 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Lattre_de_Tassigny

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09 02 18

Entretiens avec l’ange…

Des matins lumineux.jpgQuatrième petit ouvrage de la sympathique collection « Opuscule » publiée par les Éditions Lamiroy à Bruxelles, la nouvelle fort originale et habilement menée par Jacques Mercier intitulée Des matins lumineux met en scène un animateur de radio intérimaire qui converse avec ses auditeurs dans une émission appelée 5 à 7 le matin.

Entre paroles de chansons françaises et dialogues récurrents avec une auditrice ponctuelle, il ira de surprise en émois avant de partir à sa recherche.

Et de la trouver…

Bernard DELCORD

Des matins lumineux par Jacques Mercier, Bruxelles, Éditions Lamiroy, collection « Opuscule », septembre 2017, 33 pp. en noir et blanc au format 10 x 14 cm sous couverture brochée en couleurs, 4 €

08 02 18

Splendeurs baroques…

L'hôtel de ville de Liège – Un remarquable florilège d'ornements.jpgGrand spécialiste de l’histoire de l’art, de la musique et de l’ornementation architecturale, Bernard Wodon [1] a fait paraître récemment, dans la collection des « Carnets du Patrimoine » publiée à Namur par l’Institut du Patrimoine wallon, un passionnant petit ouvrage intitulé L'hôtel de ville de Liège – Un remarquable florilège d'ornements dans lequel il retrace et commente en détail la construction, durant le premier tiers du XVIIIsiècle, de ce magnifique bâtiment baroque érigé sur un plan en U.

Situé à l'emplacement de l'ancienne maison communale gothique, détruite par les troupes françaises en 1691 sur ordre de Louis XIV, ce monument municipal a été classé en 1942 et inscrit au patrimoine exceptionnel de Wallonie depuis 2002, en raison notamment de son remarquable état de conservation, de la splendeur des deux cages de ses escaliers d’honneur et de la richesse décorative de ses nombreuses salles ornées par quantité d’artistes, liégeois pour la plupart.

Une véritable débauche de feuilles d’acanthe, de rinceaux, d’espagnolettes, de culots, d’attiques, de trophées, de panneaux et de plafonds peints, de dorures, de stucs, de dais, de dessus de porte sculptés, d’atlantes, de caryatides, de boiseries travaillées, de toiles murales, de manteaux de cheminées…

De toute beauté !

Bernard DELCORD

L'hôtel de ville de Liège – Un remarquable florilège d'ornements par Bernard Wodon, Namur, Institut du Patrimoine wallon, collection « Carnets du Patrimoine », décembre 2017, 52 pp. en quadrichromie au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 6 €

[1] Docteur en musicologie et histoire de l’art de l’Université catholique de Louvain, Bernard Wodon a entre autres fonctions été chargé du cours d’analyse du décor monumental à l’Université de Liège. Il est notamment l’auteur de -2000 +2000, 4000 ans de patrimoine (Bruxelles, Éditions Didier Hatier, 2002), de l’Histoire de la Musique (Paris, Larousse, collection « In extenso », 2008, rééd. 2014), de 1000 ans de rayonnement artistique liégeois (Liège, Éditions de la Province de Liège, 2016), de L’Opéra dans l’Histoire (Liège, Éditions de la Province de Liège, 2017),  – quatre ouvrages dont votre serviteur a assuré la direction éditoriale –, ainsi que de L'Ornement. De l'Antiquité au XXsiècle (Paris, Citadelles & Mazenod, 2014).

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08 02 18

Pacte d'amitié

On l'attendait avec ferveur ce deuxième roman d'Olivier Bourdeaut. 

C'en était presque mise sous pression

A l'écrivain toutefois peu chaut

De chefs-d'oeuvre seuls, fait profession.

CVT_Pactum-salis_1141.jpg 

Après le succès d'En attendant Bojanglès qui avait ravi de fantaisie, d'humour,de gravité et de folie, ses innombrables lecteurs (billet fervent sur votre blog préféré)  l'écrivain nantais parsème de grains d'absurde et ...de sel, la relation d'un pacte d'amitié tout à fait incongru: celui que scellent Jean, Parisien trentenaire converti en paludier de Guérande et Michel, agent immobilier arriviste, imbibé d'alcool et d'argent.

Très mal engagée, leur rencontre sur tas de sel se mue et s'aimante rapidement en une tentative d'apprivoisement sur fond de fascination. Jean fait signer à Michel, ivre et dépossédé de ses facultés, un contrat de cueillette de sel qui vaudra au lecteur des descriptions d'anthologie des marais salants.

Si l'amitié entre les deux hommes peine à s'épanouir, il n'en va pas de même de l'écriture bourdeautienne, puissante,  visuelle, maîtrisée qui allie à une facture classique, diantrement soignée, les effets surprenants de syncopes rythmiques ,d 'économie verbale et d'un humour condensé.

Un défi de deuxième roman relevé haut la plume

Apolline Elter

Pactum salis, Olivier Bourdeaut, roman, Ed. Finitude, janvier 2018, 254 pp

 

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08 02 18

La cité des femmes

_liberski.jpgComme à la fin de toute bonne lecture, on s'attriste d'en avoir terminé : le plaisir est envolé. C'est la sensation que j'ai en refermant La cité des femmes, le dernier roman de Stefan Liberski. Un excellent ouvrage qui nous emmène en Italie, à Cineccità (« Cinecittà un lieu d'où le monde, malgré tous ses malheurs, apparaissait pour ce qu'il était aussi : une cour de récréation » écrit-il) entre autres avec Federico Fellini et surtout au coeur d'une terrifiante histoire d'un amour passionnel et dont le héros, Etienne, ne peut se sortir.

Les notations, les descriptions, l'ambiance, les dialogues, les innombrables mots italiens originaux en italiques, l'humour, la justesse, le style... tout est réussi dans ce nouveau roman de Liberski !

On sait que l'auteur fut lui-même présent pour le tournage du film de Fellini : La cité des femmes et on ne doute pas que bien des choses livrées soient en partie autobiographiques. (On y croise Anna Prucnal, Chantal Akerman, Marguerite Duras...)

Voici quelques extraits pour vous donner le ton : A propos de la langue italienne,

« Plongé dans une langue encore mal connue, il se retrouvait dans l'état bienheureux de l'enfance. Il se laissait porter par le bruissement alentour. Enfant, on n'a pas à choisir, rien à débattre. Les parents décident. »

A propos de Rome,

« A son filet d'éternité, Rome retenait des bribes de mondes disparus. De la nuit des temps révolus quelques tisons rougeoyaient encore, peut-être comme nous parvient la lumière de ces étoiles mortes il y a des siècles. »

A propos d'un trajet la nuit en voiture ;

« Ils rentrèrent tard à Rome, passant par de petites villes endormies. Dans la lumière des phares, les places, les fontaines et les églises d'un autre âge surgissaient un instant, décors oubliés d'un film somptueux, puis retournaient à la nuit. »

A la toute fin du livre, comme une morale, cette réflexion superbe :

« Le malheur est rassurant. Il faut un courage inouï pour le débouter du quotidien, plus encore que pour le sublimer dans une oeuvre. »

 

Le roman m'a donné envie de revoir quelques films de Fellini, et pourquoi pas Juliette des esprits, qui m'avait tant glacé le sang !

 

Jacques Mercier

 

La cité des femmes – Stefan Liberski – Roman, édition Albin Michel, 300 pp, 19 euros.

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07 02 18

Festival de vacheries…

À la fin de l'envoi, je touche.jpgChroniqueur, essayiste, fasciné par la richesse de la langue française, Olivier Clodong aime traquer les bons mots, les traits d'esprit et les répliques qui font mouche. Il leur a consacré plusieurs livres, dont Et toc ! (Fayard, 2015).

Il a fait paraître à Paris, aux Éditions J’ai Lu dans la collection « Librio », un petit ouvrage caustique intitulé « À la fin de l'envoi, je touche ! » – Histoire, cinéma, politique, littérature - Les répliques qui tuent dans lequel sont rassemblées de nombreuses estocades hilarantes.

Court florilège :

De Georges Clemenceau sur Paul Deschanel : « Il a un bel avenir derrière lui… »

Du même, à propos du décès de Félix Faure : « En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui ».

De Winston Churchill sur son rival travailliste Clement Atlee : « C’est un homme modeste qui a de nombreuses raisons de l’être ».

De François Mitterrand sur Margaret Thatcher : « Elle a les lèvres de Marylin, les yeux de Caligula ».

De Jacques Chirac : « Sarkozy, il faut marcher dessus. Et du pied gauche, ça porte bonheur ».

En 1796, Mme de Staël sollicite l’avis de Rivarol : « Que pensez-vous de mon livre ? » [1] Réponse : « Je fais comme vous, Madame, je ne pense pas ».

De Louis Scutenaire, poète surréaliste belge : « Saint-John Perse, mais il y a mis le temps ! »

De Rodin à Picasso qui lui propose une de ses toiles : « Commencez par signer, que je sache dans quel sens ça se regarde… »

D’une admiratrice à l’écrivain Paul Morand « Vous souvenez-vous, Cher maître, des cerises que nous avons cueillies ensemble il y a quatre ans ? » Réponse : « Oui, je me souviens parfaitement des cerises… »

Ou encore de Jean Cocteau, à propos d’un dîner en ville : « Tout était froid, sauf le champagne ».

Une vaste compilation assassine !

Bernard DELCORD

« À la fin de l'envoi, je touche ! » – Histoire, cinéma, politique, littérature - Les répliques qui tuent par Olivier Clodong, Paris, Éditions J’ai Lu, collection « Librio », novembre 2017, 91 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 5 € (prix France)

[1] De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations.

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07 02 18

The call of the Wild

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On l'appelait naguère L'Appel de la forêt.  Nouvellement (re)traduit de l'américain par les bons soins de Frédéric Klein, le  roman de Jack London The call of the Wild  lui vaut grand succès lors de sa parution en 1903. Il  n'a rien perdu de sa prestance, de sa magistrale puissance. Une puissance évocatrice sublimement soutenue -et je pèse mes mots - par la lecture que l'acteur Jean Reno opère du texte.

Une leçon de lecture qui s'invite dans tous les pavillons....

Je vous engage à l'écouter.

Choyé par les bons soins de son maître, le juge californien Miller,  Buck mène la vie confortable, citadine et paisible d'un bon chien domestique. Issu du croisement entre un terre-neuve et une colley, le chien développe une intelligence humaine hors du commun.

Trahi, kidnappé par l'aide-jardinier de son maître, Buck est vendu à des trafiquants de chien, violents,  peu scrupuleux et intègre les attelages de chercheurs d'or dans le Grand Nord canadien.  Il lui faudra alors renouer avec les instincts sauvages et loups qui sommeillent en lui pour se faire respecter de ses congénères, lutter pour sa simple survie. 

Un destin de chien qui personnifie le struggle for life propre à de nombreux êtres humains.

Un texte qui nous parle, aujourd'hui encore.

L'Appel sauvage, Jack London, roman traduit de l'américain par Frédéric Klein. Texte intégral lu par Jean Reno. Ed. Audiolib, 2017,   1 CD MP 3 - durée d'écoute: 3h 44

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