12 02 12

Un œuvre impérissablement vacharde...

Les quatre Hollandais.gifLe texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Les trente nouvelles qui composent le recueil intitulé Les quatre Hollandais paru récemment en poche aux Éditions Robert Laffont à Paris ont été écrites par Somerset Maugham (1874-1965) avant la Seconde Guerre mondiale et elles ont pour cadre la Malaisie, à l'époque de l'Empire colonial anglais.

Une fois de plus, Maugham y fait la part belle aux voyages et aux colonies et il dépeint, au travers de portraits au scalpel et au vitriol, ceux qui ont fait le choix des îles, ces « Européens, fonctionnaires, planteurs, commerçants qui passaient en Malaisie leurs années actives ».

L'auteur – dont les œuvres ont été adaptées quarante-trois fois au cinéma, excusez du peu ! –prend toujours le soin d'affubler ses personnages ordinaires d'un trait psychologique qui bouleversera leur vie, d'inclure à son histoire un événement fortuit qui changera irrémédiablement le cours des choses.

Ainsi, les passions peuvent éclater et faire des ravages... On croise alors le chemin de ces quatre Hollandais, des marins qui parcourent les mers du Pacifique et dont l'amitié à toute épreuve fait l'admiration de tous, jusqu'à l'arrivée d'une jeune Malaise à bord de leur navire...

 Ici et dans les nouvelles qui suivent, Somerset Maugham se fait l'analyste impitoyable et désabusé de tous les secrets que peut receler le cœur humain.

Stéphane Denis, dans Valeurs actuelles (du 02/12/2010), a montré l'influence de Jules Renard sur l'écrivain britannique qu'il décrit comme un misanthrope talentueux nourri d'une grande curiosité des êtres.

Rien n'est plus exact !

Pour le plus grand plaisir du lecteur tout ébaubi...

Bernard DELCORD

Les quatre Hollandais par Somerset Maugham, traductions de Joseph Dobrinsky, Jacky Martin, Pierre Nordon & Claude-Noël Thomas, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Pavillons poche », septembre 2011, 712 pp. en noir et blanc au format 12,3 x 18,3 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 11,90 €  (prix France)

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06 02 12

Vu d'Afrique

Écrivain et oiseau migrateur.gifGrand Prix Littéraire de l'Afrique noire en 1998 pour son roman Bleu-Blanc-Rouge, Prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic, Prix Georges Brassens 2010 pour Demain j'aurai vingt ans et professeur titulaire de littérature francophone depuis 2007 à l'Université de Californie à Los Angeles (la fameuse UCLA), l'écrivain congolais –du Congo-Brazzaville – Alain Mabanckou déborde de talent et jette sur la culture de langue française un regard empreint d'une profonde sagesse nourrie aux meilleures œuvres de l'africanité au sens large : celles de Frantz Fanon, Boubacar Boris Diop, Camara Laye, Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi, Sami Tchak, Tchicaya U Tam'si, Victor Gary, James Baldwin...

Il apporte un sang neuf à la production française, et c'est tant mieux pour elle. Nous en voulons pour preuve son opus intitulé Écrivain et oiseau migrateur paru chez André Versaille à Bruxelles, dans lequel il a rassemblé des souvenirs et des réflexions sur ses rencontres, ses voyages, ses lectures, ses amitiés, qu'il narre avec une verve et un sens de la concision impressionnants.

Écoutons-le présenter son ouvrage :

« Mon pays d'origine, le Congo, possède une petite fenêtre qui donne sur la mer.

De là, gamin, je voyais passer toutes sortes d'oiseaux, certains pressés, d'autres à l'envol lourd. Parmi eux, les oiseaux migrateurs, qui planaient loin au-dessus de ma tête, me fascinaient. Lorsqu'ils se posaient sur les branches d'un arbre, le bec ouvert, je les observais contempler l'horizon, les ailes marquées par leur longue traversée. J'étais enfant et je voulais, moi aussi, devenir un oiseau migrateur.

Mais je suis devenu un écrivain, sans doute par compensation... Et la plupart de mes grands voyages sont nés des rencontres et des lectures que j'ai faites et qui m'ont construit. Dans ce livre, j'ai voulu dévoiler certaines pages de mon univers. La clé est dans la serrure : il suffit de la tourner, de pousser doucement la porte pour entrer dans ce jardin que j'arrose encore avec la foi du charbonnier.

On y trouvera l'ombre de ma mère, les éclats de rire de mes amis, une promenade silencieuse avec J-M G Le Clézio, et bien d'autres souvenirs. »

De grands bonheurs d'écriture !

Et de lecture...

Bernard DELCORD

Écrivain et oiseau migrateur par Alain Mabanckou, Bruxelles, Éditions André Versaille, collection « Chemin faisant », septembre 2011, 192 pp. en noir et blanc au format 12,3 x 21,4 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,90 €

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11 01 12

La possibilité d'une île?

 Rentrée littéraire 2012 - Parution ce jeudi 12 janvier

41hcBf7NUJL._SL500_AA300_.jpg" Il n'était pas sûr d'être absolument sincère. Mais il soupçonnait que, en temps voulu, ce qu'il venait de dire serait vrai, ce qui le rendait vrai, ou presque, à l'instant présent."

Radioscopie incisive de notre mode de vie occidental - américain en l'occurrence -  le roman de Lionel Shriver, nous fait partager le quotidien de deux couples d'amis, Glynis & Shep, Carol & Jackson, atteints par la maladie: le cancer rare et invasif de Glynis et la dystonie familiale, invalidante,  de Flicka, fille aînée du second couple.  A quoi s'ajoute l'opération esthétique ratée qu'a tentée Jackson.

 Personnage central du roman, Shep voit s'effondrer, avec la maladie de son épouse, le rêve essentiel et vital d'une échappée en "Outre-Vie", sur l'ïle de Pemba, près de Zanzibar. L'asservissement à l'argent qu'il tentait de fuir de la sorte lui revient de plein fouet, l'obligeant à composer avec la défection d'une sécurité sociale particulièrement perverse.

 Sondant sans tabou et avec une lucidité désabusée les tréfonds de l'âme humaine, Lionel Shriver envoûte  une nouvelle fois le lecteur du rythme d'un récit percutant, tracé  d'une plume alerte, maîtrisée qui transperce la judicieuse traduction opérée par Michèle Lévy-Braun.

 Tout ça pour.... la possibilité d'une île...?

 Apolline Elter.

 Tout ça pour quoi, Lionel Shriver, roman, traduit de l'américain par Michèle Lévy-Braun, Belfond, janvier 2012, 528 pp, 23 €

24 12 11

Joyeux Noël..toqué

9782226219176.jpgElle vient de nous parvenir entre les mains, la "petite anthologie savoureuse de l'esprit à table" concoctée par Laurent Mariotte, chef et animateur de plusieurs émissions-TV et le journaliste Marc Pasteger. Traquant les (bons) mots jusque dans leur chair, ce dernier avoue éprouver "un vrai plaisir à cuisiner autrui."

 Et les compères de convier Sacha Guitry, Napoléon, Curnonsky, Mary Welsh et son célèbre Bloody Mary, Alexandre Grimod de la Reynière...à la table d'un facétieux festin verbal et des formules... assaisonnées de personnages qui n'avaient pas leur langue en poche.

 "Sacha Guitry sort de mauvaise humeur d'un restaurant: " Le vol-au-vent, c'était du vol, il n'y avait que du vent!"

Et toque. Petite anthologie savoureuse de l'esprit à table, Laurent Mariotte et  Marc Pasteger, Albin Michel, novembre 2011, 182 pp

22 12 11

Une magnifique fresque du grand âge

Sans titre2.jpgImpensable de conclure 2011 sans partager avec vous une belle, une très belle découverte. Ce coup de coeur, je le dois à Emmanuel Khérad et son émission radiophonique hebdomadaire  La Librairie francophone.

L'émission, diffusée le week-end du 19 et 20 novembre 2011, recevait la romancière québécoise Jocelyne Saucier, lauréate du dixième Prix des Cinq Continents, pour son roman, Il pleuvait des oiseaux.

 Un roman?

 Pas vraiment. Bien plutôt un récit aux allures de conte.

 "L'histoire s'installe tranquillement. Rien ne se fait très vite au nord du 49e parallèle. Tom et Charlie commencent leurs journées en dépliant leurs membres endoloris par le sommeil puis se dirigent lentement vers le poêle pour l'attisée du matin et les patates aux lardons."

 Partie à la recherche du  peintre Ted Boychuck, un des derniers survivants des Grands Feux  de 1916, qui anéantirent, plusieurs villes du Grand Nord (le nord de l'Ontario), une photographe rencontre  ses compagnons d'ermitage, Charlie et Tom, deux vieillards qui ont décidé de fuir la vie civilisée et l'irrémédiable tyrannie du sort réservé aux personnes âgées.

  " A eux trois, ils ont formé un compagnonnage qui avait assez d'ampleur et de distance pour permettre à chacun de se croire seul sur sa planète"

Mais Ted est apparemment mort, qui emporte ses secrets avec lui.

 Survient alors Gertrude, aussitôt baptisée Marie-Desneiges, qui renaît à la vie après 66 années passées dans une institution psychiatrique.

 Et c'est cette nouvelle naissance, la possibilité d'une vraie vie, la rencontre de l'Amour et l'apprivoisement conjoint de la mort, "vieille  et [patiente] amie" qui rendent ce roman à ce point émouvant. La plume de Jocelyne Saucier, nourrie d'humanité, de tendresse introspective, de rythme et d'un sens neuf de l'image le rend ...exceptionnel.

"La mort est une vieille amie. Ils en parlent à leur aise. Elle les suit de près depuis si longtemps qu'ils ont l'impression de sentir sa présence tapie quelque part, en attente, discrète le jour mais parfois envahissante la nuit. Leur conversation du matin est une façon de la tenir à distance. Dès qu'ils prononcent son nom, elle arrive, se mêle à la conversation, insiste, veut toute la place, et eux la rabrouent, s'en amusent, l'insultent parfois, puis la renvoient, et elle, bon chien, s'en retourne ronger son os dans son coin. Elle a tout son temps."

Merci, Jocelyne Saucier

 Apolline Elter

 Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, roman,  Editions XYZ (Canada), coll. Romanichels, 1er trimestre 2011, 182 pp,

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21 12 11

64 libraires passent à la casserole

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Les éditions de l'Epure  fêtaient, cette année, leurs 20 ans d'existence. L'occasion de s'adjoindre la complicité de libraires amis, français et belges, et de les ...passer à la casserole.

En effet, outre la révélation de leur recette-fétiche, les 64 libraires participants étaient invités à préciser l'ouvrage culinaire qui les a le plus marqués et assaisonner le tout d'un extrait littéraire cher à leurs yeux.

Notre blog ne se sent dès lors plus d'aise, qui traque, consulte et collectionne, les liens entre la table et la littérature (voir notre rubrique "Gourmandises")

 S'il opte pour un extrait de l'ouvrage d'André-François Ruaud, Les nombreuses vies d'Hercule Poirot  (réédité en 2012), le Libraire Toqué (Namur) nous propose un Crumble de chicons aux épices...pas tristes, tandis qu'il rend hommage à Christiane et Dédée van Goidsenhoven et leur fabuleuse "Cuisine à qiatre mains" .

 A Grignan, la librairie Colophone (Chantal Bonnemaison) propose de déguster un passage extrait de Le sang noir de Louis Guilloux, où il est question de quatre-quart trempé dans du vin.., saisissant le prétexte des origines bretonnes de l'auteur pour révéler la recette d'un authentique far breton.

 Plus savoureux les uns que les autres, les noms des libraires défilent - L'Ecume des pages, la 25e Heure, La Machine à Lire, Le Goût des Mots, Dédicaces.....- tandis que les extraits et les recettes mettent le lecteur en appétit conjoint  d'une anthologie qui se décline si joliment autour de la table.

Apolline Elter

Les yeux plus gros que le ventre. Ou comment 64 libraires passent du livre à la casserole, collectif, Editions de l'Epure, septembre 2011, 160 pp, 15 €

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17 12 11

Bruxelles, très belle

 Sans titre4.jpgQu'il est bon de voir Bruxelles décrite sous la plume aimable d'écrivains aussi prestigieux qu'Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Erasme, Colette, Victor Hugo, Gérard de Nerval,  Théophile Gautier, Jacqueline Harpman ...

 " La Belgique est un livre d'art magnifique dont [...] les chapitres sont un peu partout, mais dont la préface est à Bruxelles et n'est qu'à Bruxelles. A toute personne qui serait tentée de sauter la préface pour courir au livre, je dirais qu'elle a tort, qu'elle ouvre le livre trop tôt et qu'elle le lira mal" (Eugène Fromentin)

 D'autres, tels  Châteaubriand, Voltaire ou Baudelaire . règlent son compte d'un mépris bien suspect - forcément subjectif - lui faisant parfois payer le prix d'un exil mal digéré...

 Quoi qu’il en soit, ils en parlent de notre chère "cosmopole" , révélant, de leurs écrits, la part sans doute..capitale, qu'elle prit un jour dans leur destinée.

 Spécialiste de Bruxelles, du bruxellois, qu'il pratique et enseigne, Georges Lebouc a extrait de sa prodigieuse culture littéraire un florilège de citations, passages, anecdotes...consignant les impressions - variées...-  d'écrivains célèbres. La ballade dans la ville est on ne peut plus instructive, qui s'assortit de photos magnifiques.

 Décidément, cette fin d'année regorge de bijoux à (se faire) offrir!

 Apolline Elter

 Bruxelles vue par les grands  écrivains, Georges Lebouc- Préface de Jean-Baptiste Baronian, beau livre, éd. Luc pire, novembre 2011, 162 pp, 29 €

Billet de ferveur

AE: Georges Lebouc, quelque quatre-vingts écrivains - et non des moindres - passent sous la loupe passionnante de votre bien allègre plume.  Mentionnons aussi le précieux index biographique que vous leur consacrez en fin d'ouvrage. Rares - heureusement -  sont les écrivains que Bruxelles laisse indifférents. Avez-vous eu des surprises à cet égard, cherchant vainement les traces d'un quelconque état d’âme?

 Georges Lebouc: J’ai, en effet, pour principe, de ne pas étaler mes états d’âme mais puisque vous m’invitez à me « déboutonner », je vous avouerai que la plus surprenante des idées relatives à Bruxelles, je l’ai trouvée sous la plume d’Alfred Jarry, lui qui imagina qu’on pourrait transformer les Vierges à l’Enfant en… vierges au Manneken-Pis. Aggravant son cas, il ajoutait que cela nécessiterait une « canalisation ingénieuse » et, pire encore, justifiait que puisqu’on « met le gaz dans les églises, pourquoi pas l’eau ? ». Il fallait être le créateur d’Ubu pour oser se permettre une idée aussi blasphématoire avec une aussi tranquille impudeur !

AE: vous séjournez à Paris, en ce moment. J'ose espère qu’à son tour,  la ville ne vous laisse pas indifférent..

 Georges Lebouc: En effet, Paris fut la ville de mes grands-parents et mon père y est né. J’en garde la double nationalité et j’ai écrit, comme mon grand âge m’y autorise, un Paris des jeunes seniors (j’insiste sur jeunes) ouvrage qui me fut commandé par des éditeurs parisiens, étonné que je connaisse certains coins de la Ville Lumière aussi bien qu’eux. Oserais-je écrire « Parfois mieux » sans rougir ?

14 12 11

Jumeau du Roy

Sans titre6.jpgPremier volet, d'une saga consacrée à Versailles, "Le Palais de toutes les promesses", le roman de Jean-Michel Riou pose la pierre du gigantesque chantier et du destin énigmatique, tragique, de Toussaint Delaforge, jumeau de naissance de Louis XIV, né, comme lui, le 5 juillet 1638.

 La destinée royale et celle de Toussaint, issu d'un cloaque, et d'une mère aussitôt morte - étouffée - seront évoquées en parallèle, pour converger, animées d'une même passion sur le chantier du futur palais.

 Pris sous l'aile de  l'architecte Louis Le Vau, Toussaint s'annexe au célèbre trio Le Brun - Le Nôtre - Le Vau , maîtres incontestés des lieux. Mais il lui faut aussi chercher son père - inconnu au bataillon - et le secret bien caché de ses origines obscures. Il le fera avec une cruauté amère,  assez inattendue pour un héros de roman. ...

 Deviendra-t-il ce "Roi noir de Versailles" qui nous donne rendez-vous, début 2012, pour le deuxième tome de la saga?

 Soucieux de marquer le départ entre fiction et réalité historique, Jean-Michel Riou dote son ouvrage d'une notice qui remet les pendules à l'heure de l'Histoire.

 Apolline Elter

 Un jour, je serai Roi- Versailles, le Palais de toutes les promesses(I), Jean-Michel Riou, roman historique, Flammarion, novembre 2011, 622 pp, 23 €

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24 11 11

Uchronique, vous avez dit..

a_Astridcouv2_66257.jpgQui n'a rêvé de refaire le cours de l'Histoire?

 

Stéphane de Lobkowicz le réalise qui nous propose un roman "uchronique", ressuscitant la Reine Astrid de l'accident automobile de Küssnacht, tandis que son royal époux décède sur le coup.

 

Une inversion des rôles qui change le cours des événements et d'une Histoire belge que l'auteur imagine avec une fougue jubilatoire :  attendant la majorité de Baudouin, âgé de 4 ans à l'époque, la Reine Elisabeth accepte d'assurer la régence du Royaume. La guerre 40-45 la propulse Commandant en Chef de l'Armée, rôle qu'elle assume avec autorité et courage. Exilée en Espagne et à Londres, la famille royale aura la grande joie de s'adjoindre les services d'une gouvernante, hors pair, une certaine Lilian Baels....

 

Dotée d'une connaissance aiguë de cette période de l'Histoire, Stéphane de Lobkowicz s'offre le plaisir visible de la réorganiser. Les lecteurs un peu perdus - dont je suis - pourront remettre leurs pendules à l'heure des faits avérés en découvrant l'annexe rédigée par Charles de Trazegnies, en fin d'ouvrage , " Les faits tels qu'ils se sont réellement produits et succédés dans le temps."

 

Dès lors, autant savourer en toute sérénité , le mauvais quart d'heure que la Reine Elisabeth fait passer à Hitler, l'invectivant en son dialecte bavarois natal, le lapin que le Prince Charles pose à l'Occupant (allemand) et le cri (du coeur) d'un certain Jules Lahaut....

 

Apolline Elter

 

La reine Astrid n'est pas morte à Küssnacht, Stéphane de Lobkowicz, roman historique (uchronique), Editions de l'Arbre, novembre 2011, 332 pp, 18,9 €

 

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16 11 11

Un magnifique et émouvant témoignage !

nadia salmi.jpgC'est le premier livre de Nadia Salmi et il est magnifique ! C'est un roman, car on romance toujours un peu, les souvenirs se déforment, on ne se souvient pas de tout, mais c'est avant tout un récit poignant et qui nous bouscule avec un talent rare. La mission de Nadia Salmi, qui se découvre (comme dit le bandeau) parmi les 400.000 Français, petite-fille d'un soldat allemand, est de crier son amour, sa compréhension à sa mère ! Après avoir lu en avant-première le manuscrit, je ne peux que vous retranscrire des extraits de la lettre que j'ai envoyée à Nadia Salmi, croisée au hasard d'une interview (elle travaille pour le moment à la télévision à Lille, mais vit à Bruxelles).

Comme te traduire l'émotion que je ressens à la fin de la lecture de "Des étoiles sombres dans le ciel" ? Je suis touché, troublé, ému. C'est magnifiquement rendu. L'histoire multiple, compliquée, terrible est là, sous nos yeux, et avance peu à peu, au rythme des découvertes, des pleurs, mais avec une volonté, une force qui sont si belles. Tu as les mots justes et forts. Des trouvailles tout au long du récit : "Au moment où le stupide petit oiseau est sorti", par exemple. Ou encore le sommeil que Thérèse ne trouve pas avec "un mouton, deux brebis, trois agneaux..."; le jeu des 7 erreurs dans la lettre, la berceuse en ch'ti, ou "chaque jour que Satan fait", ou à la fin les défauts d'Hitler étalés sur la feuille... Et cette oiriginalité page 132 des courts extraits d'avant.
J'aime cette reconstruction, ces lettres, ces photos décrites; avec la documentation, la recherche. Les réflexions qui accompagnent : "Il faudrait pouvoir parler librement, écouter les témoignages des survivants avant qu'ils ne meurent", que nous pouvons appliquer à toutes les situations, même moins tragiques.
Quelques détails encore : la journée érotique et sensuelle sans mots crus. Quelle description !
La tribu, les réponses au questionnaire de Proust.
Le rejet de Noël, l'attirance vers les personnages orphelins.
Le courriel arrivé en Mauritanie.
Bref, tu as compris que je trouvais ton livre remarquable et digne cent fois d'être édité et partagé avec un grand public.

Nadia Salmi est une nouvelle écrivaine, n'en doutons pas ! Je ne peux que vous engager à partager sa création. Vous ne verrez plus le monde, l'humanité, de la même façon. Et c'est ça la qualité d'un livre : sa lecture nous change !
 
Jacques MERCIER
 
Des étoiles sombres dans le ciel, récit, Nadia Salmi, Editions OH !, 264 pp. Photo de couverture de la collection de l'auteur. Prix : 17,90 euros. www.oheditions.com et https://www.facebook.com/nadnad77

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