11 04 17

Presse de caniveau…

Scandale à la une.jpgDans Scandale à la Une paru aux Éditions Hugo-Desinge à Paris, Gérard Aimé recense et commente 500 couvertures racoleuses de torche-culs français et américains de l'après-guerre, destinées à les faire vendre en masse aux gogos, aux pipelettes, aux porteurs d’un durillon de comptoir et aux adolescents boutonneux.

En France, ces canards déchaînés dans la sottise ont ou avaient pour nom Détective, Infos du Monde, Radar, Ici Paris, France Dimanche, Qui ? Police... Aux États-Unis, National Bulletin, Weekly World News, Police Gazette, National Examiner, The National Tattler, National Mirror, Close-Up, The National Insider...

Car si le scandale peut parfois trouver sa légitimité en s’affichant à la Une d’un journal –songeons au fameux « J’accuse » d’Émile Zola en faveur d’Alfred Dreyfus paru le 13 janvier 1898 dans L’Aurore à l’instigation de Bernard Lazare et de Georges Clemenceau –, il est, dans la presse, presque toujours utilisé à des fins bassement mercantiles en s’adressant à la naïveté, au voyeurisme et aux instincts les plus vils de son lectorat putatif.

Le résultat ? Un déferlement d’accroches, photos à l’appui, de scoops (même faux), de sexe, de glauque, d'exotisme, de témoignages (même faux aussi), de jamais vu, tous plus surréalistes les uns que les autres, confinant souvent à la paranoïa et versant régulièrement dans la drôlerie involontaire…

Florilège :

« Je suis le fils du Pape », « 39 coups de couteau, c’est tout ce que portait la strip-teaseuse », « Je n'ai pas dormi depuis 32 ans », « [Une femme] gagnée au poker par un impuissant », « Bonne chrétienne, elle oublie qu’elle a été violée », « Son assassin ne croyait pas la voir revivre ! », « Malheureux en amour, il se livre aux fauves », « À cause du LSD, une jeune fille donne naissance à une grenouille », « Une nouvelle maladie vénérienne : la blennorragie des amygdales », « Des martiens homosexuels découverts dans l’épave d’une soucoupe volante », « Ma cliente n’avait pas la clé de sa ceinture de chasteté », « Charles Manson est le fils illégitime d’Adolf Hitler », « Un boucher vend les seins de sa femme comme nourriture pour chiens », « Il ignorait que sa maîtresse était un homme… »

Albert Einstein, dit-on, aurait déclaré : « Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais, pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue ».

C’est absolument exact !

Bernard DELCORD

Scandale à la Une par Gérard Aimé, Paris, Éditions Hugo-Desinge, avril 2017, 160 pp. en couleurs au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 16,95 € (prix France)

01 02 17

Le meilleur de la légende

cover_story.jpgBrice Depasse raconte depuis 2001 – et avec un grand talent - les légendes de la musique sur Nostalgie. C'est « La Story ». Pas moins de 4500 chroniques ! C'est la grande et la petite histoire qui se mêlent. Souvent, il raconte des débuts difficiles ou insolites, parfois ce sont des aspects pittoresques et qu'on ignore des plus grands artistes. Bob Dylan qui fait fumer leur premier joint aux Beatles, David Bowie qui s’inspire d’un western pour trouver son pseudonyme, Michel Polnareff qui montre ses fesses sur des affiches publicitaires, Céline Dion qui débarque à La Louvière…

On suit l'ordre chronologique : entre autres David Bowie, Bob Dylan, Beatles, Rolling Stones, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Michel Polnareff, Renaud, Christophe, William Sheller, Roxette, Lenny Kravitz, Téléphone, Elton John, Police, R.E.M., Telex, le rock, Michael Jackson, les années 80 et jusqu'aux années 2000. Un panorama époustouflant sous forme de textes simples, documentés et précis. C'est simple : cela donne envie de tout réécouter !

Vous adorerez aussi la « septième partie », intitulée « Vous n'imaginez pas tout ce qui est arrivé près de chez vous. » Vous l'avez deviné cela concerne notre pays : Genesis à Woluwe-Saint-Lambert, Queen au théâtre 140 et, parmi toutes les anecdotes, j'ai le plaisir de lire « la nuit n'en finit pas » qui reprend une anecdote qui s'est déroulée du temps de mes études de journalisme en compagnie de Salvatore Adamo et la naissance de «Tombe la neige » !

Comme j'adore les citations, celles choisies par l'auteur en exergue du volumineux livre me paraissent tellement à propos. Celle-ci est de Philippe Sollers : « Savoir où l'on va n'est pas tant savoir où l'on va mais savoir de mieux en mieux d'où on vient » !

Quand je dis « volumineux » c'est un réel compliment, on ne reste pas sur sa faim. Faites l'expérience que j'ai faite pendant quelques soirées : vous ouvrez n'importe où le livre, c'est toujours une histoire passionnante !

 

Si vous voulez suivre Brice par ailleurs, il a écrit récemment deux bios bien belges : « Le Grand Jojo. Tout va très bien » et « Frédéric François. C'est mon histoire ».

 

Jacques MERCIER

 

« La Story », (le meilleur de la légende), Edition Renaissance du Livre, 15cmX23cm, 512 pages, 24,90 Euros.

 

 

 

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02 11 16

L'électrochoc entre la chanson française et le rock !

 

bigot je t'aime.jpgYves Bigot dans « Je t'aime moi non plus », le premier des deux volumes d'une histoire de la chanson française et du rock, nous propose un livre magistral. Tout y est : l'analyse de plus d'un demi-siècle de musique chez nous, les exemples, les interviews, les références. L'introduction seule mérite d'être lue par tous, mais surtout sans doute par ceux qui aiment et le rock et la chanson ! En voici quelques extraits :

« Ce generation gap, le premier connu de l'histoire de l'humanité, prise de pouvoir de la culture par la jeunesse du monde, forte d'une éducation sans pareille, d'une rare période de paix et de plein-emploi, de croissance euphorique, de mobilité sociale inédite, ne s'exprimera nulle part plus fortement que dans sa musique et va engendrer un schisme et une frustration. »

Bien sûr, tout ce qui concerne l'utilisation de la langue française et les raisons des difficultés à la chanter en rythme y est évoqué !

« Je mesure mieux encore à quel point le français, si riche, si précis, si précieux, si complet si parfait, si exigeant, si sexy dit-on, doit impérieusement être défendu, protégé, revendiqué, mais aussi parfois dé ringardisé. »

ou

« Les fréquences du français sont réduites, concentrées entre 1000 et 2000 hertz (soit le nombre de vibrations par seconde qui confèrent au son sa hauteur, du grave à l'aigu), ce qui noie facilement dans celles des instruments, alors que celles de l'anglais notamment lui permettent de passer plus facilement par-dessus celles des guitares électriques... »

Ou encore

« On ne saurait donc s('étonner de la sacralisation des auteurs-compositeurs-interprètes des années 50/60 qui prolongent la tradition poétique de la lignée Villon-Ronsard-Hugo-Rimbaud à peine retouchée music-hall fantaisiste et jazz par Trenet (puis Bécaud, Salvador et Nougaro)... »

Pour tomber sur cette si belle phrase :

« Le française, une langue qui raisonne plus qu'elle ne résonne. »

 

Je pourrais multiplier à l'infini les extraits, souvent drôles avec ce clin d’œil qui caractérise la personnalité brillante de l'auteur :

 

« Chaque groupe en tournée, tout au long des années 70, 80 et 90, parfois encore aujourd'hui, saura immédiatement qu'il est en France en entendant le public taper dans les mains à contretemps, quand ça n'est pas carrément à côté. »

Comme l'indique le titre, le premier des artistes analysé en détails est Serge Gainsbourg : « Pour les Britanniques, Gainsbourg est un Dylan français (pour sa virtuosité avec les mots), avec la personnalité d'un Miles Davis (pour sa distance cynique, narquoise, et son attitude cool suprême), vieux et déglingué à la Tom Waits. »

Vient ensuite Claude Nougaro :

« Nous n'avons pas toujours été si complices. Que du contraire, comme on dit à Bruxelles... »

Suivent Hugues Aufray, Nino Ferrer, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sylvie Vartan, Salvatore Adamo (On s'aperçoit combien l'auteur a saisi l'essence même de la Belgique, dans ses différences et ses qualités), Arno, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Ronnie Bird, Claude François, Michel Berger (auquel Yves Bigot a déjà consacré un livre), Christophe, Joe Dassin, Mort Shuman, Antoine, etc.

 

Yves Bigot a vécu cette histoire en direct. Sa carrière est complète : radio, presse, télévision, maison de disques.

 

Jacques MERCIER


« Je t'aime moi non plus » (les amours de la chanson française et du rock), Yves Bigot, essai, (volume 1 – de Gainsbourg à Goldman) Ed Don Quichotte 2016, 436 pp, format 22,5X14 cm, Broché : 19,90 euros ; Kindle : 13,99 euros.

 

31 03 16

Presse libre et mordante…

Médor n°2.jpgSaluons comme il se doit la parution du deuxième numéro du trimestriel belge Médor, un magazine totalement indépendant, phénomène unique dans la presse de Ce Vaillant Petit Pays, totalement inféodée aux lobbies politiques et financiers !

Rédigée par une équipe motivée, engagée (à gauche, donc, mais loin des partis officiels de cette tendance politique, quoique penchant plutôt vers la couleur verte…) et très professionnelle, cette nouvelle livraison n’hésite pas à aborder des sujets qui fâchent.

En voici le sommaire :

Le dessous des cases (sur les nouvelles cartes numériques de pointage des chômeurs) par Ludi Loiseau

Les aides du désir (sur les « assistantes sexuelles » des handicapés) par Chloé Andries

Djihad express (sur la rapide radicalisation d’un « jeune » de Vilvorde) par Philippe Engels

« Ce pays est foutu ! » (sur la relance des velléités indépendantistes de la N-VA) par Luc Delfosse

Quand Electrabel faisait du business avec Cosa nostra par Raf Sauviller

Des « mauvaises » herbes ou un bon cancer ? (à propos du lobbying de Monsanto auprès des eurocrates pour défendre les « vertus » du Roundup) par Martin Pigeon

La maculée conception (sur les bébés belges issus du business des ovules espagnols) par Céline Gautier

Le document qui accable Mithra (la société pharmaceutique wallonne) par David Leloup

Le carnaval des multinationales (l’itinéraire d’un pionnier du mouvement Écolo devenu corrupteur pour les cimentiers) par David Leloup

Médor à colorier (des dessins à mettre aux couleurs de l’actualité) par Yves Prévaux

Vie et mort d’un sanglier (l’histoire du logo de la province de Luxembourg) par Céline Gautier

Le légume et le bitume (une BD sur l’agriculture dans le Brabant wallon) par Olivier Bailly & Frédéric Rébéna

Ces morts qui nous empoisonnent (sur la gestion des cimetières à Bruxelles et en Wallonie) par Isabelle Masson-Loodts

Anne Delvaux, l’insoumise (sur l’itinéraire politique au cdH de l’ancienne présentatrice du JT rtbéen) par Quentin Noirfalisse & David Leloup

Rex en Technicolor (des photos inédites et colorisées du mouvement collaborationniste de Léon Degrelle durant la Seconde Guerre mondiale) par Quentin Noirfalisse & David Leloup

Les artisans hédonistes du dancefloor (sur les artistes bruxellois produisant de la musique de danse électronique) par Serge Coosemans

Marc Van Montagu, un ambassadeur de très bonne volonté (sur le « père » gantois des OGM, intense lobbyiste de Monsanto) par Amélie Mouton

En été, des bébés comme il vous plaît (sur les statistiques de naissances en Belgique) par Joël Matriche

Les images médicales brisent leurs chaînes (sur les logiciels libres d’imagerie médicale) par Quentin Noirfalisse

« Mike, je viens d’avoir le recteur au téléphone » (l’affaire Mithra vécue de l’intérieur par un stagiaire de Médor) par Mike Pops.

Une initiative courageuse à soutenir, même si on n’en partage pas toutes les idées !

Bernard DELCORD

Médor n°2, trimestriel belge d’enquêtes et de récits, Dave (Namur), Coopérative à responsabilité limitée et à finalité sociale Médor, printemps 2016, 128 pp. en quadrichromie au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 €

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22 02 16

Balavoine, le rebelle !

_balavoine.jpgTrente ans déjà depuis la disparition tragique de Daniel Balavoine. Fabien Lecoeuvre, spécialiste de la chanson française, propose un portrait court et profond de l'artiste rebelle et engagé. Daniel est le symbole des années 80. Je l'ai rencontré de nombreuses fois et ai pu à la fois mesurer sa richesse de caractère et sa fidélité en amitié. Un jour, qu'il avait promis de rejoindre mon émission radio en direct au Midem, entre 20 et 24 heures ; et qu'il se produisait à Nice. Il a tenu à prendre la voiture jusqu'à Cannes pour réaliser avec moi la dernière heure !

L'auteur nous propose aussi une interview réalisée en 1978 et restée inédite. On trouve bien sûr, bio et discographie.

Daniel Balavoine était proche de chez nous, ayant eu une amie belge, que nous connaissions bien dans le métier.

Daniel déclarait en 1985 : "Il est toujours trop tôt pour mourir" !

Jacques Mercier

"Balavoine", la véritable histoire, Fabien Lecoeuvre, Ed du Rocher, 194 pp. 17,50 euros.

15 09 15

Les Tweets sont des chats !

_pivot.jpg

 

Avec ce joli titre : « Les tweets sont des chats », Bernard Pivot propose aujourd'hui en version poche ce recueil original pour un vrai littéraire. Il s'en explique d'emblée dans l'avant-propos : « On se doute que je ne suis pas favorable à la tricherie qui consiste à abréger les mots et à se ficher de l'orthographe. »

Il définit ce lieu d'échange : « Twitter ou les brèves d'un gigantesque comptoir. » Et il se justifie : « Pourquoi les vieux s'interdiraient-ils d'utiliser avec fantaisie ou gravité les plus géniales inventions des nouvelles générations ? »

Enfin, l'Académicien Goncourt propose un choix de ce qu'il a écrit durant les mois précédents.

 Le titre se trouve expliqué : « J'aime les tweets parce qu'ils partent en silence, circulent en silence et arrivent en silence. Les tweets sont des chats. »

Voici un florilège qui vous donnera l'envie de tout découvrir, et peut-être aussi, de le suivre aujourd'hui sur ce réseau social :

« Les tweets sont utiles et précieux parce qu'ils sont la petite monnaie de la communication. »

« J'ai cru assez longtemps que c'était le même verbe qui permettait d'épeler les mots et les pommes de terre. »

« La littérature ne répond pas aux questions de ses lecteurs, elle les suscite. »

« Les écrivains sont de vieux écoliers qui n'auront jamais fini d'apprendre à écrire. »

« Les bons photographes ont un oeil ; les bons romanciers ont un regard. »

« La vraie réussite, c'est d'être jalousé pour ses qualités et admiré pour ses défauts. »

« Il me semble que, du temps de mes grands-parents, le monde entier, à commencer par eux, étaient en noir et blanc. »

« A quoi reconnaît-on que l'on est mort ? A ce que cette question ne nous vient pas à l'idée. »

« Est-ce une preuve de l'existence de Dieu que l'on en cherche des preuves toute sa vie sans les trouver ? »

Même en 140 signes, on a l'occasion de placer de cpourtes citations :

« Ecrire est la seule vérification que j'aie de moi-même » Françoise Sagan.

« Elle embrassait comme si elle avait soif » Alessandro Baricco.

 

Et enfin cette merveilleuse dernière pour la route !

« Des astronomes ont-ils découvert la bonne étoile sous laquelle ils sont nés ? »

Un vrai bonheur dans le rythme rapide mais maîtrisé de notre époque !

 

Jacques MERCIER

« Les tweets sont des chats », Bernard Pivot, Ed. Livre de Poche 2015. 160pp. 5 euros.

 

22 02 15

Le témoignage d'une femme courageuse

9782352876762-G-210x344.jpgPoignant, incroyable, révoltant... Le témoignage d'Amale El Atrassi pousse à la réflexion. Cette jeune femme musulmane issue d'une famille de six enfants raconte l'enfer qu'elle a vécu pendant son enfance. Pour la première fois, une femme expatriée du Maroc raconte son quotidien. Les coutumes, le viol, l'exil forcé, la séquestration, elle évoque son histoire, où les femmes ne sont pas considérées comme elles le devraient.  

Elle est née en France, y est scolarisée et pourtant... La famille vit dans le petit village de Bourges. Un jour, les filles, lassées d'être considérées comme "moins que rien" feront une fugue à Paris. Une escapade vue comme une libération.  Mais le retour sera difficile. Elles seront battues, enfermée dans la cave. Un jour, lors d'un voyage au Maroc pour aller saluer la famille, elle sera abandonnée là pendant trois ans. Confrontée à la violence, au déni, elle survivra. ESon père lui répétant sans cesse, qu'elle allait pouvoir revenir... Mensonges. Un père violent, négligeant, violent et alcoolique. t ne doit son salut qu'à sa mère. Dans son livre, Amale livre aussi l'histoire de sa maman, mariée de force à l'âge de 16ans à cet homme.

Au fil des pages, l'auteur révèle des us et coutumes où se mêlent violence et brimades. Elle a fait preuve de courage en écrivant ce livre qui risque de lui attirer les foudres des siens. A noter qu'Amale est la soeur aînée du comique et animateur de télévision, Mustapha El Atrassi. Ce dernier n'a jamais souhaité s'exprimer sur le témoignage  de sa soeur. Par honte? Peut-être... Cet enfant Aujourd'hui encore, Amale se bat contre son passé. Agée de 38 ans, elle n'est pas reconnue comme  marocaine, ni française et pourtant elle est mère de quatre enfants nés en France. 

 

Louve musulmane, Amale El Trassi, éd. Archi Poche, Paris, 206 pages, Septembre 2014

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Biographies, Gwendoline Fusillier, Médias, Portraits, Récits, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 01 15

Légendes... vivantes !

_brice legendes.jpg"La vie de chacun de nous est un roman", lit-on sur la couverture de "Légendes" de Brice Depasse... Soit ! Encore faut-il la raconter avec talent et la transmettre. Brice s'y entend comme personne pour nous faire vivre et revivre des "légendes" comme il le fait depuis des années sur Nostalgie !

L'intérêt est multiple : il y mêle avec émotion sa propre vie, et cela permet d'entrer dans le récit comme dans un roman autobiograhique; il y mêle des notes biographiques, des interviews, des photos. Bref, comment ne pas se plonger avec délice dans ce courant de notre propre existence. Car la chanson, la musique sont les bandes sonores de nos existences. Et leur souvenir c'est notre mémoire.

La chronologie nous permet de se resituer, de 1962 à aujourd'hui ! Avec les Stones, les Beatles, mais aussi le Grand Jojo, Jean-Luc Fonck. Avec deux jolis textes en préface et en postface de Joël Habay et de Marc Vossem, de sa radio préfére ! La caricature de la couverture est due à Frédéric Jannin ! Que des amis et des gens de qualité !

C'est un petit chocolat à déguster ! Brice est un maître-chocolatier !

Jacques Mercier

"Légendes" Brice De passe, essai, Edition Eric Lamiroy, 180 pages, 20 euros. www.lamiroy.be

27 06 13

Un vrai dictionnaire qui fait rire !

crétin.jpgSous le titre "Le crétin tel qu'on le parle" et "ou le jargon des élites", Pierre Chalmin nous donne à lire, à observer, à commenter tout le charabia que l'on suit dans les médias. Non seulement c'est un arrêt sur image, sur mot, devrait-on dire, car tout change vite, surtout la mode, mais c'est en même temps une vue plus profonde qu'il n'y paraît sur notre société ! Cet auteur nous avait déjà donné un succulent "Dictionnaire des injures littéraires" et nous savons qu'il est "correcteur", soit qu'il corrige précisément toutes ces dérives artificielles de l'utilisation du langage. Au hasard du livre, je vous cite : "Accidentogène" pour dangereux, "Durable" pour écologique, "Leadership" pour direction, "Lisibilité" pour clarté, "Optimiser" pour améliorer, etc. Un régal pour tous ceux qui ont envie d'une langue juste, claire et simple; à l'opposé des langues de bois, des discours brumeux et pédants des gens de pouvoir, quel qu'il soit ! Une belle entreprise de dénonciation, c'est certain ! En 1925, on trouvait déjà un tel ouvrage "Le Musée des erreurs" de Curnonsky et Bienstock et dans leur préface cette phrase : "Les gens à court d'idées sont toujours à court de mots, et ils tournent la difficulté en remplaçant le terme propre par un doublet de leur invention". La meilleure illustration est sans doute "solutionner" pour éviter la conjugaison ignorée de résoudre ou "promotionner" pour promouvoir !

 

Jacques MERCIER

"Le crétin tel qu'on le parle" de Pierre Chalmin, les Editions de Paris Max Chaleil, 2013, 80 pp. 9 euros.

 

 

21 01 13

To be or not to be bobo !

bobos.jpgIl est difficile de réussir la transposition de chroniques faites pour l'antenne, dans ce cas-ci la radio, dans un livre écrit. Pourtant en l'occurence, c'est non seulement jouissif mais cela prend une nouvelle dimension. Grâce aussi sans doute aux dessins de Nicolas Vadot qui soulignent si bien les propos. Donc, Myriam Leroy dans l'émission d'Olivier Monssens, qui préface l'ouvrage, "On n'est pas rentré" de la Première propose régulièrement une rubrique sur "Les Bobos". Dans l'avant-propos, Olivier cite Burgalat de passage sur antenne qui déclara "To be or not to be bobo" ! Pour rappel, le bobo est donc le "bourgeois-bohême". Pour le définir je prends cet extrait de la quatrième de couverture : "Sociostyle apparu il y a une dizaine d'années, le bobo est aujourd'hui au sommet de sa gloire. Pur produit de notre temps, agaçant et attachant à la fois, il n'est pas à une absurdité près. Il mange local mais voyage lointain, il s'habille vintage mais cher, il milite pour davantage de mixité sociale mais met ses enfants à l'école Decroly..." On découvre donc les travers et le charme des bobos comme les Martine : à la mer, à la ferme... Ici "les Bobos et..." les congés, les Flamands, et bébés, et cinéma, et musique... et puis j'ai eu la surprise (on ne me l'avait pas dit) de me découvrir cité trois fois dans la chronique "Les bobos et les réseaux sociaux" ! Myriam Leroy raconte que le Bobo n'est pas très Face Book, mais "lorsqu'il s'abaisse à faire un tour sur Face Book, il observe toujours ce même rituel : lire les statuts de Jacques Mercier, qui lui font croire à un monde meilleur (exemple : "Quand vous prenez conscience que rien ne vous manque, le monde entier vous appartient, dixit Lao-Tseu)." Et je vous laisse découvrir la suite. Ce monde des Bobos très bien décrit, avec l'intelligence et l'humour qu'on connaît à Myriam Leroy (par ailleurs, spécialiste des séries en DVD !), bénéficie ausi d'une édition vraiment très soignée, mise en page, caractères, illustrations, etc. Un livre à boire par petites gorgées jusqu'à l'ivresse !

Jacques MERCIER

"Les Bobos" (la révolution sans effort), par Myriam Leroy, La Renaissance du Livre, 128 pp. Illustrations de Vadot.

Écrit par Jacques Mercier dans Humour, Jacques Mercier, Médias, Société | Commentaires (2) |  Facebook | |