15 05 17

Le bel canto à travers les âges…

L’Opéra dans l’Histoire.jpgC’est dans la collection « Histoire » dirigée par votre serviteur que les Éditions de la Province de Liège ont publié, après 1000 ans de rayonnement artistique liégeois, L’Opéra dans l’Histoire, une somme monumentale rédigée par l’historien d’art belge Bernard WODON [1].

D’Antonio-Maria Abbatini (1595-1677) à Gregor Joseph Werner (1693-1766) en passant par Jean Absil (1893-1974), Isaac Albéniz (1860-1909), Tomaso Albinoni (1671-1751), Gregorio Allegri (1582-1652), Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871), Georges Auric (1899-1983), Jean-Sébastien Bach (1685-1750) et ses fils, Ludwig van Beethoven (1770-1827), Alban Berg (1885-1935), Hector Berlioz (1803-1869), Georges Bizet (1838-1875), François-Adrien Boieldieu (1775-1834), Pierre Boulez (1925-2016), Benjamin Britten (1913-1976), John Cage (1912-1992), Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), Frédéric Chopin (1810-1849), Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Domenico Cimarosa (1749-1801), Claude Debussy (1862-1918), Gaetano Donizetti (1797-1848), Pascal Dusapin (1955-), Manuel de Falla (1876-1946), Gabriel Fauré (1845-1924), César Franck (1822-1890), George Gershwin (1898-1937)  Philip Glass (1937-), Christoph Gluck (1714-1787), Charles Gounod (1818-1893), André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813), Edvard Grieg (1843-1907), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Joseph Haydn (1732-1809), Arthur Honegger (1892-1955), Roland de Lassus (1532-1594), Ruggiero Leoncavallo (1858-1919), György Ligeti (1923-2006), Franz Liszt (1811-1886), Jean-Baptiste Lully (1632-1687), Gustav Mahler (1860-1911), Félix Mendelssohn (1809-1847), Olivier Messiaen (1908-1992), Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Darius Milhaud (1892-1974), Claudio Monteverdi (1567-1643), Modest Moussorgski (1839-1881), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Luigi Nono (1924-1990), Jacques Offenbach (1819-1880), Giambattista Pergolesi (1710-1736), Francis Poulenc (1899-1963), Giacomo Puccini (1858-1924), Henry Purcell (1659-1695), Sergei Rachmaninov (1873-1943), Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Maurice Ravel (1875-1937), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Gioacchino Rossini (1792-1868), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Antonio Salieri (1750-1825), Erik Satie (1866-1925), Domenico Scarlatti (1685-1757), Arnold Schönberg (1874-1951), Franz Schubert (1797-1828), Bedřich Smetana (1824-1884), Karlheinz Stockhausen (1928-2007), Richard Strauss (1864-1949), Igor Stravinsky (1882-1971), Piotr Tchaïkovski (1840-1893), Georg Philipp Telemann (1681-1767), Mikis Theodorákis (1925-), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Giuseppe Verdi (1813-1901), Antonio Vivaldi (1678-1741), Richard Wagner (1813-1883), Carl Maria von Weber (1786-1826) ou Kurt Weill (1900-1950) – et on en passe des dizaines ! –, tout le gratin de l’Occident lyrique voit ses œuvres scrupuleusement passées en revue.

Voici ce que nous a récemment écrit Bernard Wodon à propos de son ouvrage :

« Si l’opéra retrouve aujourd’hui une forme de popularité sous l’influence des médias, il se présente aussi comme un événement lors de grandes représentations en plein air dans des cadres prestigieux. Ce genre continue à plaire par la magie du théâtre et par le jeu du chanteur doublé d’un comédien. Aussi, beaucoup de compositeurs bravèrent jadis la scène pour y acquérir la notoriété. L’aura du merveilleux, le talent incantatoire de la voix du soliste et la puissance des chœurs “sculptant” le sens subtil d’un mot, le mariage du texte et de la musique, le rôle jubilatoire de la chorégraphie, les prodiges de la mise en scène et l’action des interventions instrumentales ou orchestrales méritaient une synthèse actualisée.

Le couple opéra et scénologie, rehaussé par la féerie des décors et la diaprure des costumes, relève des arts plastiques (arts de l’espace) dans les ballets, les farandoles, les pantomimes et même les pirouettes. La collaboration du compositeur, du librettiste, du chorégraphe et du metteur en scène enrichit ce divertissement musical, amplifie la durée du spectacle et avive le “chef-d’œuvre”. Le chef-d’œuvre ? C’est “mettre ensemble des notes qui s’aiment… !”, réplique en boutade prêtée au bambin Mozart à la marquise de Pompadour.

Quelle définition, si ce n’est celle du secret de son discours, aussi fluide et léger qu’une dentelle !

L’année 1600 voit la naissance de l’opéra avec Euridice de Jacopo Peri (1561-1633). Mais qu’en fut-il alors de la tragédie lyrique grecque, des mystères et des miracles du Moyen Âge, des ballets allégoriques et des intermezzi de la Renaissance ? N’en représentent-ils pas les prémices ?

À grand renfort de recherches biographiques et bibliographiques, de dépouillements alphabétiques de guides, de dictionnaires et d’encyclopédies vérifiés par recoupements, je me suis attelé à tisser les antécédents et les conséquents, deux “mailles” essentielles de la trame historique laissant transparaître les transitions ou les filiations des styles lyriques au sein des différentes époques. Tel se présente le “liant historique fort” de cette synthèse chronologique.

Englobant l’opéra américain, l’ouvrage définit les styles du patrimoine lyrique et décrit les décors de théâtre. Les modes fluctuent selon la variété des genres, tragédies, opéras historiques, mythologiques, opéras bouffes, opéras-comiques, sans omettre les Singspiele, opérettes, drames et zarzuelas espagnols, ni les opéras radiophoniques et les comédies musicales.

La biographie des compositeurs révèle les difficultés de composition, de publication et d’exécution d’une œuvre. Témoignant du vécu d’un artiste, elle justifiera aussi son impact dans l’apparition, la disparition ou la résurgence des styles. En outre, le livre reprend les compositeurs actuels, les grands défis contemporains médiatiques et sensibilise aux recherches musicologiques en matière d’interprétation des opéras des xviie et xviiie siècles relatée par les textes (archives, traités, correspondances, récits des mémorialistes).

Neuf chapitres divisent cette histoire de l’opéra des origines à 2017. Chacun de ceux-ci se compose du contexte historique et culturel, de la présentation synoptique des compositeurs groupés par école, du recensement explicatif d’œuvres-jalons accompagnées de leur scénario.

Retraçant l’évolution chronologique du patrimoine lyrique, les encadrés permettent une “lecture à deux vitesses”, par les exergues recréant le climat et l’ambiance d’une époque, et par les intertitres-vedettes relatifs à l’apport des écoles ou des compositeurs.

Accessible et concis, l’exposé définit directement les termes musicaux dans le corps du texte. Pluridisciplinaire, cette synthèse brasse donc à la fois l’histoire de l’art (décor) et celle des arts phoniques ou arts de la durée, littérature (livret) alliée à la musique (vocale et instrumentale). La bibliographie, puis l’index des compositeurs et de leurs maîtres accompagnés de leurs coordonnées chronologiques terminent cet ouvrage-outil. »

Un Himalaya de culture musicale !

Bernard DELCORD

L'Opéra dans l'Histoire par Bernard Wodon, préface de Stefano Mazzonis di Pralafera, Liège, Éditions de la Province de Liège, collection « Histoire » dirigée par Bernard Delcord, avril 2017, 544 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 €

SOMMAIRE

Préface par Stefano Mazzonis di Pralafera, directeur de l’Opéra royal de Wallonie (Liège)

Introduction

Chapitre I. Les prémices 

Chapitre 2. Féérie du baroque (1600-1700)

Chapitre III. Ultimes feux du baroque (1700-1750)

Chapitre IV. « Premier souffle » du classicisme : son évolution (1750-1770) 

Chapitre V. « Ultime souffle » du classicisme :sa révolution (1770-1800) 

Chapitre VI. Premier élan du romantisme (1800-1850)

Chapitre VII. Second élan du romantisme (1850-1900)

Chapitre VIII. « Schisme » de la « modernité » (1900-1950)

Chapitre IX. Avant-gardes (1950-2016)

Conclusion 

Heuristique, méthodologie & bibliographie

Index des compositeurs & de leurs maîtres

 

[1] Docteur en philosophie et lettres de l’Université catholique de Louvain (Département archéologie, histoire de l'art et musicologie), Bernard Wodon a enseigné à l'Université de Liège et à l'Institut des hautes études des communications sociales de Bruxelles (I.H.E.C.S.) où il donna durant 25 ans un cours intitulé « L’évolution des formes plastiques et musicales ». Le Service public de Wallonie l’a requis pour les procédures de classement et la rédaction des notices de divers inventaires du patrimoine monumental.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 05 17

L'Opéra dans l'histoire... une petite merveille !

 

 

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« Ce livre s'adresse à tout mélomane et aux férus de grands « tubes ». Puisse-t-il enthousiasmer aussi les friands d'histoire culturelle ou d'histoires des mentalités, pour lesquels l'opéra reflétait la magnificence d'un prince. » écrit Bernard Wodon dans l'introduction de l'ouvrage : L'opéra dans l'histoire. D'autre part, Stefano Mazzonis di Pralafera, Directeur de l'Opéra Royal de Wallonie, note dans sa préface : « Par force de détails, précisions, anecdotes et autres curiosités, l'auteur invite le lecteur à découvrir les lieux magiques, où les sentiments des protagonistes sont traduits par les paroles et soutenus par la musique ».

Tous ces mots : friands, curiosités, magiques... ne peuvent qu'aiguiser notre appétit de connaissance.

Et puis, cela commence ainsi : « Les origines de l'opéra remontent à la Grèce antique. Tragédies ou comédies s'accompagnent de danses, de chœurs, de monologues, de duos récités et chantés.... » Et on embarque pour un merveilleux et passionnant voyage de quelques centaines de pages ! Une lecture musicale, qui plus est !

L'éditeur explique bien le propos : « Depuis 1600 en Europe, puis 200 ans plus tard en Amérique, l'opéra reflète les thèmes culturels et les différents aspects de la vie quotidienne. Neuf chapitres retracent chronologiquement cette histoire de l'opéra des origines à nos jours ; contexte historique, style lyrique, décor de théâtre et biographie des compositeurs regroupés par écoles jalonnent ce florilège des principales œuvres du répertoire. Cet outil indispensable en résume les arguments, clarifie les principaux termes musicaux et s'attarde parfois plus longuement sur les grands succès. »

Le livre s'adresse à tout mélomane, enseignant, étudiant, musicologue, ainsi qu'aux professionnels du spectacle, interprètes, programmateurs musicaux et décorateurs sonores.

Un mot de l'auteur : Bernard Wodon, Docteur en Philosophie et Lettres a déjà publié une Histoire de la musique chez Larousse et Mille ans de rayonnement artistique liégeois. Comme j'aime qu'il dédie son libre à sa maman qui a renoncé à sa carrière de cantatrice pour se dévouer pour ses enfants, tout en les sensibilisant aux grands succès du répertoire.

 

 

Jacques MERCIER

 

 

L'opéra dans l'histoire, Bernard Wodon, Les éditions de la province de Liège, 20017, 544 pp, 24 euros.

 

09 05 17

Des bienfaits du clavier

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Pianiste amateur, Catherine David se voit soudain, lâchée, trahie par sa main gauche.

" Je n'avais jamais eu à me plaindre de toi jusqu'à cette étrange alerte"

S'adressant à ce membre,  par à coups défaillant, la romancière, essayiste, critique littéraire entame une longue et belle réflexion sur les effets de la musique - sensuels, thérapeutiques, et autres,- son éternité, la pérennité de chefs d'oeuvre du répertoire classique, les bienfaits de leur pratique. Partant, elle  invite mélomanes et simples lecteurs à une approche sensible et éclairée de cette "médecine de l'âme" qui jaillit des touches du clavier.

"Il y a ce moment de bascule où la musique fuse, s’embrase et roule ses  galets, quand le toucher, la vue et l’ouïe se retrouvent solidaires, entrelacés, indiscernables. Une musique étonnante sourd alors de nos doigts comme une liqueur impalpable, une musique qui nous veut du bien, une thérapeutique antimorosité qui remplace les petites pilules du soir. À consommer sans modération, car il n’y a aucun risque d’effets secondaires dans cette médecine de l’âme. Seul un certain niveau d’addiction à la drogue appelée musique est à redouter."

Lettre ouverte à ma main gauche et autres essais sur la musique, Catherine David, essai, Ed. Acte Sud, février 2017, 316 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 04 17

L’homme aux doigts d’or…

Django Reinhardt - Le génie vagabond .jpgSorti en juin 2015 et réédité en avril 2017 à l’occasion de la sortie du film d'Étienne Comar intitulé Django avec Reda Kaleb et Cécile de France, Django Reinhardt – Le génie vagabond, la biographie, rédigée par Noël Balen [1], ramène sur le devant de la scène l'un des guitaristes de jazz les plus fulgurants du XXe siècle.

De sa naissance à Liberchies [2] (Belgique) le 23 janvier 1910 dans une famille de Sinti nomades habitués à traverser l’Europe de part en part jusqu'à sa mort à l’hôpital de Fontainebleau le 16 mai 1953 des suites d’une congestion cérébrale (il repose au cimetière de Samois-sur-Seine en Seine-et-Marne), cette biographie retrace les étapes de la carrière exceptionnelle et de l'existence riche de contrastes de ce Manouche : les premiers bals musettes, l'incendie de sa roulotte le 26 octobre 1928, à Saint-Ouen, et sa main gauche mutilée (il en perdit définitivement l’usage de l’annulaire et de l’auriculaire), la révélation du jazz et la rencontre avec Stéphane Grappelli, la création du Quintette du Hot Club de France, les années de gloire et les dépenses fastueuses, les déceptions américaines auprès de Duke Ellington et les difficiles retrouvailles de l'après-guerre...

Considéré avec Charlie Christian, Joe Pass et Wes Montgomery comme l’un des meilleurs guitaristes de jazz, Django Reinhardt est une référence majeure pour des guitaristes comme Andrès Segovia, Mark Knopfler ou Jimi Hendrix, qui a intitulé son dernier album Band of Gypsys (1970) pour lui rendre hommage [3].

L’ouvrage se complète d'une discographie chronologique exhaustive.

Bernard DELCORD

Django Reinhardt – Le génie vagabond par Noël Balen, Monaco, Éditions du Rocher, juin 2015, réédition avril 2017, 292 pp. + un cahier photo de 12 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,90 € (prix France)

 

[1] Écrivain et musicien, Noël Balen partage son activité entre littérature, productions discographiques et conférences sur les musiques noires américaines. Parmi ses nombreux ouvrages musicologiques, figure L'Odyssée du jazz, considéré comme un classique. Par ailleurs, il écrit la série romanesque Le sang de la vigne, vingt-quatre enquêtes au cœur des grands vignobles, en collaboration avec Jean-Pierre Alaux. Il cosigne également avec Vanessa Barrot les romans de la série Crimes gourmands.

[2] Chaque année, depuis 2010, le Musée Django Reinhardt y ouvre ses portes durant tout un week-end à l'occasion du festival annuel de jazz manouche « Django à Liberchies ». La donation du journaliste belge Marc Danval y présente de nombreux documents d'époque (disques 78 tours et 33 tours, photos, revues…) et une iconographie détaillée y retrace chaque étape de la vie du musicien.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Django_Reinhardt

07 04 17

« Un compositeur de l’inouï… »

Gabriel Fauré.jpgJacques Bonnaure, professeur agrégé de lettres, est critique musical. Il collabore notamment à La Lettre du musicien, Opéra Magazine et Classica. Il a publié un Saint-Saëns (2010) et un Massenet (2011) ainsi que, tout récemment, un Gabriel Fauré dans la collection « Classica » des Éditions Actes Sud.

Élève de Camille Saint-Saëns à l’école Niedermeyer et maître de Maurice Ravel au Conservatoire de Pais, Gabriel Fauré, né à Pamiers (Ariège) en 1845 et mort à Paris en 1924, est un pianiste, organiste et compositeur français célèbre pour son Requiem (1887), ses compositions orchestrales (Pavane, 1887, Pelléas et Mélisande, 1898, Masques et Bergamasques, 1919), sa musique pour piano (Valses-Caprices, Impromptus, Nocturnes, Barcarolles, Préludes…), sa musique de chambre (sonates pour violon et piano, sonates pour violoncelle et piano, Trio pour piano et cordes, quatuors pour piano et cordes, quintettes pour piano et cordes, Quatuor à cordes, Élégie, 1880, Romance sans parole), ses mélodies (Cinq mélodies de Venise, 1881, L'Horizon chimérique, 1921), La Bonne Chanson, 1892-1894, sur des poèmes de Paul Verlaine, et son opéra en trois actes Pénélope (1913).

Voici ce qu’en écrit Jacques Bonnaure :

« Compositeur très en vue, qui fut un charismatique directeur du Conservatoire de Paris, considéré avec Debussy et Ravel comme l'un des trois grands noms de la musique française de son temps, auteur de quelques pages célèbres, Gabriel Fauré n'en est pas moins un artiste mystérieux et méconnu.

Peu carriériste, grandi dans l'ombre de son aîné et ami Camille Saint-Saëns, il s'affirma peu à peu comme un maître d'une rare subtilité, refusant les brillantes séductions de la musique symphonique, alors en pleine expansion en France, pour explorer les sortilèges de la mélodie, de la musique pour piano et de la musique de chambre. 

Ce fut, pour la meilleure part de son œuvre, un compositeur de l'inouï. »

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie passionnante est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Gabriel Fauré par Jacques Bonnaure, Arles, Actes Sud, collection « Classica », avril 2017, 190 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 € (prix France)

22 02 17

Apprentissage musical…

Natalie Dessay raconte la véritable histoire de l'apprenti sorcier (cover).jpg

Constituant pour les enfants une belle initiation à la musique classique, le livre-CD intitulé Natalie Dessay raconte la véritable histoire de l'apprenti sorcier publié à Paris aux Éditions Didier Jeunesse est constitué d’un texte de Jean-Pierre Kerloc’h illustré par Rémi Saillard et dit par la grande soprano colorature française Natalie Dessay, par ailleurs comédienne de formation.

Le récit porté par les multiples voix de cette conteuse ensorcelante, qui incarne tous les personnages avec brio, donne en effet l’occasion d’approcher l’œuvre de compositeurs aussi divers que Camille Saint-Saëns, Maurice Ravel, Felix Mendelssohn, Manuel de Falla, Modeste Moussorgski, Hector Berlioz et Paul Dukas.

En voici le pitch :

Quatre enfants rêvant de devenir magiciens se présentent au maître sorcier Alto Incantador qui devra au final n’en garder qu’un. Commence alors un voyage initiatique qui leur apprendra à surmonter leurs peurs et les obligera à révéler tous leurs talents. Avant d’annoncer l’enfant élu, le grand sorcier leur racontera ses mésaventures du temps où lui aussi était apprenti sorcier.

Durée totale : 00h57’23’’

Natalie Dessay raconte la véritable histoire de l'apprenti sorcier (illu).jpg

Liste des extraits musicaux [1] (orchestre sous la direction musicale de David Pastor [2]) :

  1. INTRODUCTION : « ILS ARRIVAIENT DES QUATRE HORIZONS… »

Marche des fées (Felix Mendelssohn)

L’Enfant et les sortilèges (Maurice Ravel)

Escena (Manuel de Falla)

El aparecido (Manuel de Falla)

Danza del terror (Manuel de Falla)

En la cueva. La noche (Manuel de Falla)

  1. PREMIER VOYAGE : LA PEUR DU MAL

L’Enfant et les sortilèges (Maurice Ravel)

Une nuit sur le mont Chauve (Modeste Moussorgski)

  1. DEUXIÈME VOYAGE : LA PEUR DE L’INCONNU

Baba-Yaga (Modeste Moussorgski)

Songe d’une nuit de sabbat (Hector Berlioz)

  1. TROISIÈME VOYAGE : LA PEUR DE LA MORT 

Danse macabre (Camille Saint-Saëns)

  1. MAÎTRE ALTO INCANTADOR, APPRENTI SORCIER

L’Apprenti sorcier (Paul Dukas)

  1. ÉPILOGUE : LE CHOIX DU GRAND SORCIER

El círculo mágico (Manuel de Falla)

Menuet des follets (Hector Berlioz)

  1. L’APPRENTI SORCIER, PAUL DUKAS (version intégrale)

Bernard DELCORD

Natalie Dessay raconte la véritable histoire de l'apprentisorcier, un texte de Jean-Pierre Kerloc’h dit par Natalie Dessay et illustré par Rémi Saillard, sous la direction musicale de David Pastor Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », septembre 2016, 36 pp. en quadrichromie au format 27,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

 

[1] Certains d’entre eux sont écoutables à l’adresse suivante : http://www.didier-jeunesse-musique.com/#/fiche/9782278078660/la-veritable-histoire-de-lapprenti-sorcier

[2] David Pastor est corniste et directeur artistique de l’Ensemble Agora (quintette à vent et harpe). Son parcours musical lui a fait côtoyer les musiciens de jazz avec l’Orchestre départemental de jazz de l’Yonne, ainsi que les grandes formations classiques (Opéra national de Lyon, Orchestre de Paris, Orchestre d’Auvergne…). Il est titulaire d’un premier prix de cor du CNSMD de Lyon et d’un DESS de management des entreprises culturelles (université Lumière-Lyon II).

26 11 16

Un Noël joyeux…

Casse-noisette (cover).jpegVéritable emblème musical, Casse-noisette est un ballet-féerie de Piotr Ilitch Tchaïkovski en deux actes, soit trois tableaux et 15 scènes, représenté pour la première fois le 18 décembre 1892 à Saint-Pétersbourg.

Son livret s'inspire de la version d'Alexandre Dumas d'un conte d'Hoffmann : Casse-Noisette et le Roi des souris. La partition, confiée à Tchaïkovski et composée de février 1891 à mars 1892, est certainement une des musiques de ballet les plus populaires aujourd'hui et une des œuvres de Tchaïkovski les plus appréciées.

En voici le pitch :

Le soir de Noël, Clara reçoit de son oncle un casse-noisette. Pendant la nuit, une merveilleuse féerie commence : dans le salon, les jouets s'animent et le casse-noisette se transforme en prince…

Pour la collection « Un livre, un CD » des Éditions Didier Jeunesse à Paris, le poète et romancier belge Pierre Coran (Mons, 1934–) a rédigé une belle adaptation de cette œuvre majeure, dont le texte est lu avec brio par la comédienne française Valérie Karsenti (Pantin, 1968–) et est illustré en finesse par sa compatriote Delphine Jacquot (1982–), diplômée aux Beaux-Arts de Bruxelles.

Le cadeau de fin d’année par excellence !

Casse-noisette (illu).jpg

Liste des extraits musicaux (interprétés par l’Orchestre symphonique de la Radio slovaque dirigé par Ondrej Lenárd) [1] :

  1. La maison d’argent (2’10) – Ouverture miniature – 2. Les cadeaux de l’oncle Drosselmeyer (4’25) – L’Arrivée de Drosselmeyer – La Décoration de l’arbre de Noël – 3. La fête se termine… (1’16) – Danse du Grand-Père– 4. Une bataille inévitable (4’48) – Clara et le Casse-noisette – La Bataille – 5. L’histoire du prince Casse-Noisette et le voyage au château enchanté (6’03) – Le Palais enchanté du Royaume des Délices – Clara et le Prince – 6. Le palais des délices : la fée Dragée et le prince d’Orgeat (3’41) – Clara et le Prince (suite) – Valse des Flocons – 7. Divertissements : la danse du chocolat (1’27) – Danse espagnole – 8. La danse du café (3’05) – Danse arabe – 9. La danse du thé (1’18) – Danse chinoise – 10. La danse des bonbons menthe (1’13) – Danse russe – Trepak – 11. La danse des mirlitons (2’15) – 12. Mère Gigogne et les polichinelles (2’56) – 13. Valse et pas de deux (2’52) – Valse des Fleurs – 14. Final (3’42) – Clara et le Casse-noisette – Galop et Danse des Parents – Apothéose

Bonus : suite de ballet (version intégrale interprétée par l’Orchestre philarmonique de Slovaquie dirigé par Michael Halász) :

  1. Ouverture (3’23) – 16. Marche (2’23) – 17. Danse de la Fée Dragée (1’49) – 18. Danse russe (1’11) – 19. Danse arabe (2’55) – 20. Danse chinoise (1’14) – 21. Danse des Mirlitons (2’23) – 22. Valse des Fleurs (6’46)

Bernard DELCORD

Casse-noisette de Tchaïkovski, un texte de Pierre Coran dit par Valérie Karsenti et illustré par Delphine Jacquot, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 27,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

 

[1] Certains d’entre eux sont écoutables à l’adresse suivante : http://www.didier-jeunesse.com/livre/casse-noisette/

23 11 16

Une fresque balzacienne…

La Story - Le meilleur de la Légende.jpgC’est depuis 2001 – 15 ans déjà… tempus fugit ! – que Brice Depasse produit et anime chaque jour La Story sur Nostalgie Belgique, une chronique musicale consacrée à la culture pop dans son acception la plus large.

Pour cet anniversaire, il a rassemblé la quintessence des 4 500 chroniques qu’il a lues à l’antenne dans un livre passionnant intitulé La Story - Le meilleur de la Légende, paru aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles.

Dans ce pavé (plus de 520 pages bien tassées), il évoque avec brio et dans un style très enlevé d’innombrables épisodes de la vie et de la carrière de non moins innombrables vedettes des sixties jusqu’à nos jours, comme Bob Dylan, David Bowie, les Beatles, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, les Pink Floyd, les Sex Pistols, The Clash, Kurt Cobain, Prince, Johnny Hallyday, Freddie Mercury, Michel Polnareff, Peter Gabriel, Serge Gainsbourg, Eric Clapton, Billy Joel, Sting, Renaud, The Police, William Sheller ou encore Plastic Bertrand [1] pour n’en citer qu’une infime partie, ainsi que de personnages, d’événements ou de phénomènes marquants des dernières décennies à l’instar de Coluche, Woody Allen, Jerry Lewis, Mad Max ou l’émergence du synthétiseur...

Le tout narré avec verve, talent et conviction…

Du grand art… pour l’art !

Bernard DELCORD

La Story - Le meilleur de la Légende par Brice Depasse, Bruxelles, Éditions Renaissance du Livre, novembre 2016, 523 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,90 €

 

[1] Que Coluche appelait Carton Marcel dans sa fameuse émission sur Europe 1 à la fin des années 1970…

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 11 16

L'électrochoc entre la chanson française et le rock !

 

bigot je t'aime.jpgYves Bigot dans « Je t'aime moi non plus », le premier des deux volumes d'une histoire de la chanson française et du rock, nous propose un livre magistral. Tout y est : l'analyse de plus d'un demi-siècle de musique chez nous, les exemples, les interviews, les références. L'introduction seule mérite d'être lue par tous, mais surtout sans doute par ceux qui aiment et le rock et la chanson ! En voici quelques extraits :

« Ce generation gap, le premier connu de l'histoire de l'humanité, prise de pouvoir de la culture par la jeunesse du monde, forte d'une éducation sans pareille, d'une rare période de paix et de plein-emploi, de croissance euphorique, de mobilité sociale inédite, ne s'exprimera nulle part plus fortement que dans sa musique et va engendrer un schisme et une frustration. »

Bien sûr, tout ce qui concerne l'utilisation de la langue française et les raisons des difficultés à la chanter en rythme y est évoqué !

« Je mesure mieux encore à quel point le français, si riche, si précis, si précieux, si complet si parfait, si exigeant, si sexy dit-on, doit impérieusement être défendu, protégé, revendiqué, mais aussi parfois dé ringardisé. »

ou

« Les fréquences du français sont réduites, concentrées entre 1000 et 2000 hertz (soit le nombre de vibrations par seconde qui confèrent au son sa hauteur, du grave à l'aigu), ce qui noie facilement dans celles des instruments, alors que celles de l'anglais notamment lui permettent de passer plus facilement par-dessus celles des guitares électriques... »

Ou encore

« On ne saurait donc s('étonner de la sacralisation des auteurs-compositeurs-interprètes des années 50/60 qui prolongent la tradition poétique de la lignée Villon-Ronsard-Hugo-Rimbaud à peine retouchée music-hall fantaisiste et jazz par Trenet (puis Bécaud, Salvador et Nougaro)... »

Pour tomber sur cette si belle phrase :

« Le française, une langue qui raisonne plus qu'elle ne résonne. »

 

Je pourrais multiplier à l'infini les extraits, souvent drôles avec ce clin d’œil qui caractérise la personnalité brillante de l'auteur :

 

« Chaque groupe en tournée, tout au long des années 70, 80 et 90, parfois encore aujourd'hui, saura immédiatement qu'il est en France en entendant le public taper dans les mains à contretemps, quand ça n'est pas carrément à côté. »

Comme l'indique le titre, le premier des artistes analysé en détails est Serge Gainsbourg : « Pour les Britanniques, Gainsbourg est un Dylan français (pour sa virtuosité avec les mots), avec la personnalité d'un Miles Davis (pour sa distance cynique, narquoise, et son attitude cool suprême), vieux et déglingué à la Tom Waits. »

Vient ensuite Claude Nougaro :

« Nous n'avons pas toujours été si complices. Que du contraire, comme on dit à Bruxelles... »

Suivent Hugues Aufray, Nino Ferrer, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sylvie Vartan, Salvatore Adamo (On s'aperçoit combien l'auteur a saisi l'essence même de la Belgique, dans ses différences et ses qualités), Arno, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Ronnie Bird, Claude François, Michel Berger (auquel Yves Bigot a déjà consacré un livre), Christophe, Joe Dassin, Mort Shuman, Antoine, etc.

 

Yves Bigot a vécu cette histoire en direct. Sa carrière est complète : radio, presse, télévision, maison de disques.

 

Jacques MERCIER


« Je t'aime moi non plus » (les amours de la chanson française et du rock), Yves Bigot, essai, (volume 1 – de Gainsbourg à Goldman) Ed Don Quichotte 2016, 436 pp, format 22,5X14 cm, Broché : 19,90 euros ; Kindle : 13,99 euros.

 

05 10 16

Invitation à tous les accrocs aux belles histoires de la légende

SABAM.jpgLa SABAM vous invite ce 13 octobre à un événement gratuit où vous serez bien reçu. C'est déjà pas mal, non ?
Ensuite, nous n'avons rien à vous vendre.
Mieux, vous pourrez remporter le nouveau livre de Brice Depasse, La Story, qui sortira le 3 novembre, ainsi que L'Almanach Pop Rock d'Eric Laforge. Il y aura 2 x 30 gagnants tirés au sort.
Enfin, vous pouvez venir accompagné de 1, 2 ou 3 personnes.
On s'y retrouve ? Ce sera aussi l'occasion de boire un verre ensemble.
L'inscription est gratuite mais indispensable auprès de l'organisatrice : sylvie.godefroid@sabam.be
L'animation sera (vachement bien, comme toujours) assurée par Eric Russon.

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