23 09 17

Dans la bibliothèque d'Eric-Emmanuel Schmitt ...

eric emmanel, schmitt, vengeance du pardon, albin michelVous ne trouverez pas son dernier livre, La vengeance du pardon, ni aucun autre d’ailleurs. Ils sont tous rangés dans son bureau, à Uccle, dans toutes leurs traductions. Pourquoi ? Parce que je ne peux pas vivre avec mes livres. Je fais les miens, je suis heureux qu’on les lise mais je vis avec les livres des autres.

Ecoutez notre entretien dans son intégralité (diffusé dans Café de Flore sur Judaïca et publié en images dans le numéro de novembre du Elle Belgique) :


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La vengeance du pardon, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, août 2017, 336 pages, 21€50 env.

Eric Emmanuel Schmitt, Nicky Depasse, comme au cinéma, Populaire

Photo et Artwork, tirée de ma série "Comme au cinéma" : Nicolas Draps

 

 

19 09 17

Le talent d'Isabelle Wéry !

03_Fumer_des_Gitanes_HD_bord_noir.jpgLe talent d'Isabelle Wéry : celui de nous plonger efficacement et avec un tel bonheur dans l'histoire qu'elle nous raconte. C'est une voix qui nous berce, nous bouscule, nous charme et nous étonne. "Fumer des Gitanes" est le troisième numéro de la collection Opuscules, qui nous plaît dans sa diversité et sa régularité (sortie tous les vendredis), mais aussi par le format court et pourtant semblable à un roman. La quatrième de couverture est toujours une belle accroche, qui n'en dévoile pas trop, mais nous donne envie de poursuivre :

Imagine... Tu gardes le manoir de tes amis. Une baraque inouïe. Avec parc immense et piscine. C'est l'été flamboyant. Et ce soir, tu invites une femme, belle comme une italienne. Tu espères bien l'impressionner. Tu t'es ruiné en viande rouge maturée, en vins fous. Ce soir, tu le sens, tu emballes sec. Un paquet de Gitanes traîne dans le petit salon...

On y trouve de superbes pages sur la rencontre amoureuse, on s'en serait douté (lire ses textes pour le théâtre (La Mort du Cochon, Mademoiselle Ari Nue...) ou son second roman :  Marilyn Désossée (Editions Maelström) qui a été finaliste du Prix Victor Rossel et a reçu l'European Union Prize for Literature en 2013. 

J'adore aussi les détails vrais comme la mort de Simone Veil ou le passage de Julien Doré chez Ruquier. 

A savourer en attendant le métro, dans les encombrements ou dans son lit avant de s'endormir. Le plaisir est le même.

 

Jacques MERCIER

 

Fumer des gitanes, Isabelle Wéry, Edition Eric Lamiroy, collection Opsucules N°3, 36 pp, 10X14cm, Prix : 4€ ( + 1€ en envoi postal)www.lamiroy.net 

 

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Nouvelles, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 09 17

Opuscule : une idée géniale !

opuscule_1.jpgOpuscule_2_-_HD_-_Thierry_Coljon_-_TCJ_N_EXISTE_PAS_-_bord_noir.jpgQuelle excellente idée que cette collection « Opuscule » ! Un petit format carte postale, à peine 50 pages et une parution hebdomadaire... Elle vient de commencer en septembre et j'ai donc pu lire les deux premiers numéros (avant de m'y retrouver moi-même!).

Ce qui frappe c'est la facilité avec laquelle nous entrons dans un univers : on est happé par le format, la tension nécessaire à la création d'un tel court texte (un petit roman, une grande nouvelle?) et la diversité des thèmes.

Eric Neirynck avec « L'apostrophe Bukowski » se sert de ce passage légendaire en 1978 de cet auteur ivre-mort chez Bernard Pivot. C'est vivant, plein de dialogues savoureux, avec des documents d'époque... Quant au style, il ne m'étonne pas que l'auteur ait consacré un livre à Louis-Ferdinand Céline !

Thierry Coljon avec « TJC n'existe pas » c'est autre chose. Ce journaliste musical du Soir avait tout en mains pour imaginer un succès international « à la Daft Punk » d'un artiste belge, donc anonyme. Qui s'y cache ? On est avec le narrateur dans les coulisses du show-biz. « Cette histoire, je l'ai d'abord rêvée » explique Thierry Et puis, au fil du temps je l'ai brodée pour le seul plaisir de m'amuser » J'ajoute : et pour notre plus grand plaisir ! J'attends avec impatience la sortie du suivant, le N°3 : « Fumer des gitanes » écrit par Isabelle Wéry !

 

Jacques MERCIER

 

L'apostrophe Bukowski – Eric Neirinck, Édition Lamiroy, collection Opuscule N°1 – 44 pp, 10cm/14cm. 4 euros www.lamiroy.net

TCJ n'existe pas – Thierry Coljon, Édition Lamiroy, collection Opuscule N°2 – 40 pp, 10 cm/14 cm. 4 euros www.lamiroy.net

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 11 16

Un moment de grand bonheur !

 

Jean teulé.jpgJean Teulé nous offre vraiment «comme une respiration» dans notre vie quotidienne, dans notre vie intérieure, dans nos lectures, dans notre attitude envers les médias... Ces trente textes (et photos ou dessins parfois) sont trente moments de grand bonheur.

C'est d'autant plus fort que le style efficace et si personnel de l'auteur se déploie avec la même liberté que l'on connaissait dans ses ouvrages précédents. L'imagination (et sans aucun doute beaucoup de sa propre existence) de Jean Teulé s'est mise au service du côté souriant de la vie. Et c'est magnifique !

Dès le premier texte « Cui cui », nous avons le thème général : une maison « qui n'est pas bleue », comme celle de Le Forestier à San Francisco, où il ne pense pas au bruit du monde. Cela se termine par : « Nom de Dieu de nom de Dieu, quelle maison ! Autant dire qu'elle n'est pas à vendre. »

Ce sont des faits divers qui se passent dans le train, dans un terrain vague, à la plage, dans le métro, dans un avion... qui ont comme protagonistes des jeunes, des vieux... nous les humains, quoi ! On y évoque « Petite fleur » de Sidney Bechet, la calligraphie, la messe trop longue, une palombe tombée du nid, un viaduc, la langue des Rolling Stones.

Les sujets concernent le langage, la solitude, la beauté, les apparences, les rapports avec ses proches, la bêtise, la nature, la vieillesse... et la poésie, comme dans le 13e texte intitulé « Voyager avec toi ». La phrase complète est « Voyager avec toi, c'est déjà être arrivé ! »


Croyez-moi, vous ne regretterez pas cette lecture, c'est réellement un grand moment de bonheur ! Est-ce si fréquent en ce bas-monde ? Merci, Jean !



Jacques MERCIER

« Comme une respiration », Jean Teulé, 160 pp, édition Julliard. 13,3X20,7cm. Broché : 20,7 euros, Kindle : 13,3 euros.

 

 

05 10 16

Chroniques d'un avocat...

walgraffe.gif"Voici le trou, voici l'échelle: descendez", est le premier livre de René Walgraffe. Avocat dans la région couvinoise, l'homme de loi arrive tout doucement au terme de sa carrière... 

Il a décidé à travers ce livre, de faire une sorte de bilan. Au travers de 17 nouvelles, il revient sur des affaires qui ont marqué sa carrière d'avocat mais aussi de curateur. Volontairement des noms ont été changés, des situations ont été romancées, des dossiers ont été mélangés. Mais nul doute que certains se reconnaitront. Des situations cocasses, des dossiers durs comme les affaires de moeurs, des trahisons, des faillites, toutes sortes de sujets sont évoqués. Du moins nanti, au criminel en passant par le politique, de la victime au coupable, il a défendu toutes les classes de la société. 

Au fil de ces petites histoires, on est littéralement plongé dans la vie quotidienne de l'avocat couvinois. Avec son franc-parlé, il n'a pas peur parfois de dépeindre un portrait peu élogieux de certains confrères. "Les confrères qui pratiquent l'alpinisme ensemble m'ont toujours paru faire preuve de beaucoup d'inconscience, à moins d'être le premier de cordée, et encore", écrira-t-il. René Walgraffe amène également à réfléchir sur le fonctionnement de la justice belge actuelle. 

Le ton humoristique, parfois cru, caustique, croustillant mais humain pousse le lecteur à ne pas refermer le bouquin de sitôt. A lire sans modération!  

"Voici le trou, voici l'échelle: descendez", René Walgraffe, éd. Amalthée, 2016, 192 pages, 13,30euros

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Gwendoline Fusillier, Humour, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 06 16

D'Anvers à Lisbonne

  • 55_GP1_C1_b2729d4e-f73a-40bc-995a-eec37c198ebd_grande.png
  • Un titre qui fleure bon les vacances à venir...cette route empruntée par les gens du Nord ...qui ont dans le coeur ce soleil qu'ils n'ont pas dehors
  • Seul, au volant de sa voiture,  par "une nuit d'automne, froide et claire, "le narrateur voit défiler tant les paysages, réverbères et lumières de la longue route qui le mène d'Anvers à Lisbonne, que ses souvenirs et projets de vie
  • "Et si son destin à lui, c'était de se tuer tout seul sur une autoroute, en chemin vers son rêve? "
  • Et de songer à Katherine, son amour de jeunesse, qu'il retrouverait bien, après ces décennies, d'égrener  kilomètres, poids lourds et aires de stationnement à l'écoute de La Fantaisie de Schumann dont les expansions puis les subites contractions lui pressent des larmes dans les yeux, qui lui coulent sur les joues et qu'il ne sèche pas, trop heureux de se savoir sensible."

Une sorte de nouvelle - le texte ne compte qu'une trentaine de pages - poétique chronoscopie d'un long voyage solitaire

Autoroute du Soleil, Grégoire Polet, nouvelle, Onlit éditions, mai 2016,  35 pp (disponible en versions papier et numérique) 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 05 16

De désirables nouvelles

_sandron nouvelles.jpgEmmanuèle Sandron possède un style personnel et terriblement attachant. Elle a aussi le talent d'écrire des nouvelles originales, ce qui n'est pas si courant ! Peut-être que son activité de traductrice littéraire l'a mise en contact avec des auteurs importants dans ce secteur ? On se nourrit de ses admirations. Dans « Je ne te mangerai pas tout de suite », elle propose sept récits plus insolites les uns que les autres ; et je vous en laisse la surprise.

Le premier texte est intitulé « Je m'interdis » et tout en énumérant ce qu'elle s'interdit (cela commence par la mousse au chocolat!), elle révèle en positif tout ce qu'elle est, dans le réel et dans le fantasme.

Le deuxième texte est le cheminement de la pensée, mais dans quel décor !

Ensuite, l'idée de « tomber » quand le personnage de Sarane s'en va est magnifique. Un grand moment, toujours ponctué par la pensée de celle qui raconte.

L'écriture d'Emmanuèle Sandron nous enveloppe, nous envoûte comme une sorte d'incantation littéraire. C'est idéal pour découvrir les thèmes du recueil : le désir, la transgression, la volupté, l'interdit...

 

Jacques MERCIER

 

Je ne te mangerai pas tout de suite, Nouvelles, Edition Luce Wilquin, 126 pages, 12 euros.

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 02 16

Inhumains, trop inhumains...

Le vampire de Clichy.jpgAinsi que nous l’avons attesté dans M… Belgique, notre compatriote Véronique Janzyk excelle dans les histoires courtes, comme le montrait son recueil de nouvelles intitulé Les fées penchées, paru chez Onlit Books à Bruxelles en 2014.

Elle est récemment revenue sur le devant de la scène littéraire avec un nouvel opus très réussi, Le vampire de Clichy, publié chez le même éditeur, une succession de short stories qui versent cette fois dans le fantastique, avec une approche très personnalisée :

« La dernière nuit de l'an dernier, j'ai été mordue à la gorge par un vampire. Les mois qui ont suivi ont été émaillés de rencontres particulières. Les objets eux-mêmes semblaient dotés de vie. J'ai tenté d'en rendre compte ici. Je me dois d'ajouter que le vampire appartenait à une lignée dont je compris plus tard qu'elle n'attendait pas le coup fatal porté avec un pieu. Les vampires de sa trempe devançaient la mort. Ce ne sont pas, malheureusement, les moins cruels. »

Depuis cette morsure, la narratrice multiplie les rencontres de personnages étranges, dont certains sont morts ou croient l'être : un bouquiniste, un directeur de festival littéraire, un acteur, une personne déprimée par l’affaire Dutroux, une femme qui change de voix, une strip-teaseuse, un homme qui se filme, un type qui regarde un film porno, un autre qui réalise qu’il a 44 ans, l’utilisatrice d’un GSM « tombé du camion », un couple d’esthètes, un gars qui va à la foire, une cycliste dans un tunnel et bien d’autres encore…

Une galerie des glaçants…

Bernard DELCORD

Le vampire de Clichy par Véronique Janzyk, Bruxelles, Éditions Onlit Books, octobre 2015, 141 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 12 15

Les sensuels fantasmes...

_hoex.jpgC'est un de ces bonheurs de lecture qui nous arrivent de temps à autre, surtout quand c'est – non pas le hasard ! - la chance qui préside à la rencontre. Nicky Depasse recevait Corinne Hoex dans son émission matinale sur Radio Judaïca, alors que cette fois-là je donnais en direct mon « Mémo » hebdomadaire (C'est-à-dire mes phrases picorées dans un livre que j'apprécie). Je ne connaissais Corinne Hoex que par certains recueils de poèmes, toujours si bien soulignés par des illustrations choisies, mais je ne l'avais jamais croisée et surtout je n'avais pas encore lu son dernier ouvrage Valets de nuit  !

Ce sont plus de trente rêves, des fantasmes, mais le mot n'est pas approprié, c'est mieux que cela, c'est plus élégant, moins agressif. C'est poétique, comme l'est depuis longtemps, notre tradition de l'imaginaire poétique belge. Tout est possible, c'est ainsi que nous pouvons vivre sans être étouffé par la petitesse du pays. Ces récits cours sont imaginés avec un horloger, un fourreur, un géographe, un pompiste, etc. Le sculpteur propose une fin géniale, je vous conseille ce texte pour l'humour. Mais tous sont intéressants et jouissifs. « Le vigile » par exemple.

Chaque texte est précédé d'une citation adéquate et c'est une entrée en matière délicieuse. Le style est simple, clair, évident et appelle à la suite de la lecture.

« Hypocrisie » de Félicien Rops a été choisi pour la couverture. Quel merveilleux choix ! Ces fesses de femme qu'entoure un loup de carnaval. Laissons-vous emporter par ces histoires, par ces mondes étranges, qui sont bien féminins dans leur univers, mais qui nous touchent tant aussi ! J'ai parlé de « bonheur » et de « jouissif », on est dans le propos !

 

Jacques MERCIER

 

Valets de nuit, nouvelles, Corinne Hoex Collection « Traverses », édition Impressions Nouvelles. 160 pages. 14 euros.

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Érotisme, Jacques Mercier, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 11 15

« On rêve d’un rêve. » (Frédéric Beigbeder)

Valets de nuit.jpgD’une rare élégance, les 33 courtes nouvelles érotiques de Corinne Hoex rassemblées dans le recueil Valets de nuit paru aux Impressions nouvelles à Bruxelles confirment, une fois de plus, le talent époustouflant de l’une de nos plus brillantes auteures qui y manie l’allusion subtile dans une langue finement ciselée, tout en délicatesse de syntaxe et de vocabulaire.

Par le rêve, elle se fait nuage flirtant avec un aviateur, fontaine abreuvant un terrassier, statue sous les ciseaux d’un sculpteur, plat mitonné par un cuisinier, sable sous le râteau d’un plagiste, chatte persane et son toiletteur, mouche dans une pâtisserie, sainte entre les mains d’un aumônier, lettre dans le sac d’un facteur, forêt amoureuse d’un chasseur, belle endormie surprise par un voleur de clef des songes…

Une joyeuse débauche de corps de métier !

Bernard DELCORD

Valets de nuit par Corinne Hoex, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Traverses », novembre 2015, 156 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 €.