19 11 17

Voyages au cœur de l’humain…

Ici et ailleurs.jpgAprès Obscurité et Le temps de l’errance, Jean-François Foulon publie cette fois Ici et ailleurs, toujours aux Éditions Chloé des Lys à Barry, un recueil passionnant de longues nouvelles divisé en trois segments.

« Afrique » croise six regards sur un même fait dramatique, l'assassinat en République Démocratique du Congo de Fabienne Habary, une jeune femme médecin travaillant pour Médecins Sans Frontières.

« Amérique » va de l'Argentine à la Bolivie, en passant par le bassin de l'Amazone, pour aborder les problèmes sociaux et la lutte des peuples contre l’exploitation.

 « Europe » aborde des thèmes comme la maladie, le chômage, la solitude et la perte des illusions.

Un ouvrage engagé contre les dérives de notre temps, où la chasse au profit prend le pas sur l’humain et bride ses aspirations à une vie digne, au bonheur et à la liberté.

Et un appel au retour de la fraternité humaine, cette vertu en pleine obsolescence, hélas…

Bernard DELCORD

Ici et ailleurs par Jean-François Foulon, Barry, Éditions Chloé des Lys, mai 2017, 293 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 13 €

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29 10 17

Un supermarché nommé désir ! (Magnifique !)

_dekoker.jpgDe cette charmante chroniqueuse, Charlotte Dekoker, que l'on peut entendre chez Walid sur la Première RTBF, je ne connaissais que « Bière qui roule n'amasse pas mousse », qui m'intéressait par l'exploration humoristique de quelques expressions. Cette fois, c'est dans la collection Opuscules d'Eric Lamiroy que je découvre la romancière et « Un supermarché nommé désir ». Une révélation !

Nous allons du supermarché du parking jusque dans les rayons ; et sur deux plans : mini, une séquence de l'enfance, maxi, un bribe de l'histoire d'aujourd'hui. On est emportés par ce suspens qui ne s'arrête qu'à la toute dernière ligne. Entre-temps, le sens de l'observation aigu, les détails qui expliquent et situent, tout nous appelle au coeur du double récit. C'est pleinement réussi !

Pour vous, je recopie quelques extraits :

Texte Maxi :

« C'est rassurant, un homme qui ne va pas trop vite. Je te dépasse pour que tu puisses me voir. Et pour imaginer que tu me regardes. L'instant s'étire. J'ai des fourmis dans la colonne vertébrale. »

Texte Mini :

« C'est magnifique. Encore plus beau que le jardin de papy. La brillance des poivrons m'épate. Ah, si les feux rouges avaient d'aussi belles couleurs, je suis certaine que tu t'y arrêterais plus souvent. »

Et toujours, ce qui caractérise déjà Charlotte Dekoker : une manière d'effronterie délicieuse...

« Tu as arrêté le chariot. J'ai été obligée de te regarder dans les yeux. Tu n'as rien dit. Tu t'es simplement offert à mon regard, avec ce sourire oblique, et c'est comme si tu avais mis ta main dans ma culotte ».

Ou ces deux notations superbes :

« Alcools. Probablement le seul rayon qui porte le nom d'un livre. »

Et enfin :

« -Mais pourquoi pas. Boire du gin tonic me donne l'impression d'être une écrivaine alcoolique.

-Une écrivaine, quoi. »

Décidément, la collection Opuscules nous apporte chaque semaine sa pépite de littérature.

 

Jacques MERCIER

 

« Un supermarché nommé désir », Charlotte Dekoker, Roman, Opuscules, Edition Eric Lamiroy, 10cmX14cm, 50 pp. 4 euros, www.Lamiroy.be

 

 

 

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23 09 17

Dans la bibliothèque d'Eric-Emmanuel Schmitt ...

eric emmanel, schmitt, vengeance du pardon, albin michelVous ne trouverez pas son dernier livre, La vengeance du pardon, ni aucun autre d’ailleurs. Ils sont tous rangés dans son bureau, à Uccle, dans toutes leurs traductions. Pourquoi ? Parce que je ne peux pas vivre avec mes livres. Je fais les miens, je suis heureux qu’on les lise mais je vis avec les livres des autres.

Ecoutez notre entretien dans son intégralité (diffusé dans Café de Flore sur Judaïca et publié en images dans le numéro de novembre du Elle Belgique) :


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La vengeance du pardon, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, août 2017, 336 pages, 21€50 env.

Eric Emmanuel Schmitt, Nicky Depasse, comme au cinéma, Populaire

Photo et Artwork, tirée de ma série "Comme au cinéma" : Nicolas Draps

 

 

19 09 17

Le talent d'Isabelle Wéry !

03_Fumer_des_Gitanes_HD_bord_noir.jpgLe talent d'Isabelle Wéry : celui de nous plonger efficacement et avec un tel bonheur dans l'histoire qu'elle nous raconte. C'est une voix qui nous berce, nous bouscule, nous charme et nous étonne. "Fumer des Gitanes" est le troisième numéro de la collection Opuscules, qui nous plaît dans sa diversité et sa régularité (sortie tous les vendredis), mais aussi par le format court et pourtant semblable à un roman. La quatrième de couverture est toujours une belle accroche, qui n'en dévoile pas trop, mais nous donne envie de poursuivre :

Imagine... Tu gardes le manoir de tes amis. Une baraque inouïe. Avec parc immense et piscine. C'est l'été flamboyant. Et ce soir, tu invites une femme, belle comme une italienne. Tu espères bien l'impressionner. Tu t'es ruiné en viande rouge maturée, en vins fous. Ce soir, tu le sens, tu emballes sec. Un paquet de Gitanes traîne dans le petit salon...

On y trouve de superbes pages sur la rencontre amoureuse, on s'en serait douté (lire ses textes pour le théâtre (La Mort du Cochon, Mademoiselle Ari Nue...) ou son second roman :  Marilyn Désossée (Editions Maelström) qui a été finaliste du Prix Victor Rossel et a reçu l'European Union Prize for Literature en 2013. 

J'adore aussi les détails vrais comme la mort de Simone Veil ou le passage de Julien Doré chez Ruquier. 

A savourer en attendant le métro, dans les encombrements ou dans son lit avant de s'endormir. Le plaisir est le même.

 

Jacques MERCIER

 

Fumer des gitanes, Isabelle Wéry, Edition Eric Lamiroy, collection Opsucules N°3, 36 pp, 10X14cm, Prix : 4€ ( + 1€ en envoi postal)www.lamiroy.net 

 

 

 

 

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07 09 17

Opuscule : une idée géniale !

opuscule_1.jpgOpuscule_2_-_HD_-_Thierry_Coljon_-_TCJ_N_EXISTE_PAS_-_bord_noir.jpgQuelle excellente idée que cette collection « Opuscule » ! Un petit format carte postale, à peine 50 pages et une parution hebdomadaire... Elle vient de commencer en septembre et j'ai donc pu lire les deux premiers numéros (avant de m'y retrouver moi-même!).

Ce qui frappe c'est la facilité avec laquelle nous entrons dans un univers : on est happé par le format, la tension nécessaire à la création d'un tel court texte (un petit roman, une grande nouvelle?) et la diversité des thèmes.

Eric Neirynck avec « L'apostrophe Bukowski » se sert de ce passage légendaire en 1978 de cet auteur ivre-mort chez Bernard Pivot. C'est vivant, plein de dialogues savoureux, avec des documents d'époque... Quant au style, il ne m'étonne pas que l'auteur ait consacré un livre à Louis-Ferdinand Céline !

Thierry Coljon avec « TJC n'existe pas » c'est autre chose. Ce journaliste musical du Soir avait tout en mains pour imaginer un succès international « à la Daft Punk » d'un artiste belge, donc anonyme. Qui s'y cache ? On est avec le narrateur dans les coulisses du show-biz. « Cette histoire, je l'ai d'abord rêvée » explique Thierry Et puis, au fil du temps je l'ai brodée pour le seul plaisir de m'amuser » J'ajoute : et pour notre plus grand plaisir ! J'attends avec impatience la sortie du suivant, le N°3 : « Fumer des gitanes » écrit par Isabelle Wéry !

 

Jacques MERCIER

 

L'apostrophe Bukowski – Eric Neirinck, Édition Lamiroy, collection Opuscule N°1 – 44 pp, 10cm/14cm. 4 euros www.lamiroy.net

TCJ n'existe pas – Thierry Coljon, Édition Lamiroy, collection Opuscule N°2 – 40 pp, 10 cm/14 cm. 4 euros www.lamiroy.net

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11 11 16

Un moment de grand bonheur !

 

Jean teulé.jpgJean Teulé nous offre vraiment «comme une respiration» dans notre vie quotidienne, dans notre vie intérieure, dans nos lectures, dans notre attitude envers les médias... Ces trente textes (et photos ou dessins parfois) sont trente moments de grand bonheur.

C'est d'autant plus fort que le style efficace et si personnel de l'auteur se déploie avec la même liberté que l'on connaissait dans ses ouvrages précédents. L'imagination (et sans aucun doute beaucoup de sa propre existence) de Jean Teulé s'est mise au service du côté souriant de la vie. Et c'est magnifique !

Dès le premier texte « Cui cui », nous avons le thème général : une maison « qui n'est pas bleue », comme celle de Le Forestier à San Francisco, où il ne pense pas au bruit du monde. Cela se termine par : « Nom de Dieu de nom de Dieu, quelle maison ! Autant dire qu'elle n'est pas à vendre. »

Ce sont des faits divers qui se passent dans le train, dans un terrain vague, à la plage, dans le métro, dans un avion... qui ont comme protagonistes des jeunes, des vieux... nous les humains, quoi ! On y évoque « Petite fleur » de Sidney Bechet, la calligraphie, la messe trop longue, une palombe tombée du nid, un viaduc, la langue des Rolling Stones.

Les sujets concernent le langage, la solitude, la beauté, les apparences, les rapports avec ses proches, la bêtise, la nature, la vieillesse... et la poésie, comme dans le 13e texte intitulé « Voyager avec toi ». La phrase complète est « Voyager avec toi, c'est déjà être arrivé ! »


Croyez-moi, vous ne regretterez pas cette lecture, c'est réellement un grand moment de bonheur ! Est-ce si fréquent en ce bas-monde ? Merci, Jean !



Jacques MERCIER

« Comme une respiration », Jean Teulé, 160 pp, édition Julliard. 13,3X20,7cm. Broché : 20,7 euros, Kindle : 13,3 euros.

 

 

05 10 16

Chroniques d'un avocat...

walgraffe.gif"Voici le trou, voici l'échelle: descendez", est le premier livre de René Walgraffe. Avocat dans la région couvinoise, l'homme de loi arrive tout doucement au terme de sa carrière... 

Il a décidé à travers ce livre, de faire une sorte de bilan. Au travers de 17 nouvelles, il revient sur des affaires qui ont marqué sa carrière d'avocat mais aussi de curateur. Volontairement des noms ont été changés, des situations ont été romancées, des dossiers ont été mélangés. Mais nul doute que certains se reconnaitront. Des situations cocasses, des dossiers durs comme les affaires de moeurs, des trahisons, des faillites, toutes sortes de sujets sont évoqués. Du moins nanti, au criminel en passant par le politique, de la victime au coupable, il a défendu toutes les classes de la société. 

Au fil de ces petites histoires, on est littéralement plongé dans la vie quotidienne de l'avocat couvinois. Avec son franc-parlé, il n'a pas peur parfois de dépeindre un portrait peu élogieux de certains confrères. "Les confrères qui pratiquent l'alpinisme ensemble m'ont toujours paru faire preuve de beaucoup d'inconscience, à moins d'être le premier de cordée, et encore", écrira-t-il. René Walgraffe amène également à réfléchir sur le fonctionnement de la justice belge actuelle. 

Le ton humoristique, parfois cru, caustique, croustillant mais humain pousse le lecteur à ne pas refermer le bouquin de sitôt. A lire sans modération!  

"Voici le trou, voici l'échelle: descendez", René Walgraffe, éd. Amalthée, 2016, 192 pages, 13,30euros

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Gwendoline Fusillier, Humour, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 06 16

D'Anvers à Lisbonne

  • 55_GP1_C1_b2729d4e-f73a-40bc-995a-eec37c198ebd_grande.png
  • Un titre qui fleure bon les vacances à venir...cette route empruntée par les gens du Nord ...qui ont dans le coeur ce soleil qu'ils n'ont pas dehors
  • Seul, au volant de sa voiture,  par "une nuit d'automne, froide et claire, "le narrateur voit défiler tant les paysages, réverbères et lumières de la longue route qui le mène d'Anvers à Lisbonne, que ses souvenirs et projets de vie
  • "Et si son destin à lui, c'était de se tuer tout seul sur une autoroute, en chemin vers son rêve? "
  • Et de songer à Katherine, son amour de jeunesse, qu'il retrouverait bien, après ces décennies, d'égrener  kilomètres, poids lourds et aires de stationnement à l'écoute de La Fantaisie de Schumann dont les expansions puis les subites contractions lui pressent des larmes dans les yeux, qui lui coulent sur les joues et qu'il ne sèche pas, trop heureux de se savoir sensible."

Une sorte de nouvelle - le texte ne compte qu'une trentaine de pages - poétique chronoscopie d'un long voyage solitaire

Autoroute du Soleil, Grégoire Polet, nouvelle, Onlit éditions, mai 2016,  35 pp (disponible en versions papier et numérique) 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 05 16

De désirables nouvelles

_sandron nouvelles.jpgEmmanuèle Sandron possède un style personnel et terriblement attachant. Elle a aussi le talent d'écrire des nouvelles originales, ce qui n'est pas si courant ! Peut-être que son activité de traductrice littéraire l'a mise en contact avec des auteurs importants dans ce secteur ? On se nourrit de ses admirations. Dans « Je ne te mangerai pas tout de suite », elle propose sept récits plus insolites les uns que les autres ; et je vous en laisse la surprise.

Le premier texte est intitulé « Je m'interdis » et tout en énumérant ce qu'elle s'interdit (cela commence par la mousse au chocolat!), elle révèle en positif tout ce qu'elle est, dans le réel et dans le fantasme.

Le deuxième texte est le cheminement de la pensée, mais dans quel décor !

Ensuite, l'idée de « tomber » quand le personnage de Sarane s'en va est magnifique. Un grand moment, toujours ponctué par la pensée de celle qui raconte.

L'écriture d'Emmanuèle Sandron nous enveloppe, nous envoûte comme une sorte d'incantation littéraire. C'est idéal pour découvrir les thèmes du recueil : le désir, la transgression, la volupté, l'interdit...

 

Jacques MERCIER

 

Je ne te mangerai pas tout de suite, Nouvelles, Edition Luce Wilquin, 126 pages, 12 euros.

 

 

 

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22 02 16

Inhumains, trop inhumains...

Le vampire de Clichy.jpgAinsi que nous l’avons attesté dans M… Belgique, notre compatriote Véronique Janzyk excelle dans les histoires courtes, comme le montrait son recueil de nouvelles intitulé Les fées penchées, paru chez Onlit Books à Bruxelles en 2014.

Elle est récemment revenue sur le devant de la scène littéraire avec un nouvel opus très réussi, Le vampire de Clichy, publié chez le même éditeur, une succession de short stories qui versent cette fois dans le fantastique, avec une approche très personnalisée :

« La dernière nuit de l'an dernier, j'ai été mordue à la gorge par un vampire. Les mois qui ont suivi ont été émaillés de rencontres particulières. Les objets eux-mêmes semblaient dotés de vie. J'ai tenté d'en rendre compte ici. Je me dois d'ajouter que le vampire appartenait à une lignée dont je compris plus tard qu'elle n'attendait pas le coup fatal porté avec un pieu. Les vampires de sa trempe devançaient la mort. Ce ne sont pas, malheureusement, les moins cruels. »

Depuis cette morsure, la narratrice multiplie les rencontres de personnages étranges, dont certains sont morts ou croient l'être : un bouquiniste, un directeur de festival littéraire, un acteur, une personne déprimée par l’affaire Dutroux, une femme qui change de voix, une strip-teaseuse, un homme qui se filme, un type qui regarde un film porno, un autre qui réalise qu’il a 44 ans, l’utilisatrice d’un GSM « tombé du camion », un couple d’esthètes, un gars qui va à la foire, une cycliste dans un tunnel et bien d’autres encore…

Une galerie des glaçants…

Bernard DELCORD

Le vampire de Clichy par Véronique Janzyk, Bruxelles, Éditions Onlit Books, octobre 2015, 141 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

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