29 10 11
Une histoire de coeur et pourtant pas d'amour...
Bruce Boutard, un quadragénaire un peu bourru découvre après une partie de tennis qu'il est gravement malade. Seule une greffe du coeur pourrait le sauver. Après quelques temps d'attente et par chance on lui trouve un organe. Mais alors qu'il vient d'être greffé, Bruce change du tout au tout; ses goûts, ses pensées, son caractère... Mais que lui est-il arrivé? Il entreprend de faire quelques recherches sur l'identité de son donneur (chose qui est pourtant anonyme) et découvre que c'est une femme... Il veut savoir, il veut la connaitre et ira jusqu'au bout.
« Le coeur d'une autre » est le 4ème roman de Tatiana de Rosnay. Dans celui-elle aborde un thème assez difficile; la relation entre le receveur et le donneur d'organe. L'angle choisi: la différence des sexes.
Un livre prenant, rempli d'émotions avec une pincée d'humour. En effet, dès le début de l'histoire Bruce Boutard apparait comme un macho, désordonné et enfermé dans son petit appartement où il n'a de contact qu'avec le livreur, son fils et Ginette, la patronne du Bistrot en bas de chez lui. Après sa greffe, le voilà métamorphosé, prêt à voyager, à faire le ménage et j'en passe...
«Le coeur d'une autre » c'est aussi une belle leçon de vie d'un homme qui semble totalement désespéré et qui reprend goût au désir de vivre grâce au coeur d'une femme.
Le coeur d'une autre, Tatiana de Rosnay, Éditions Le Livre de Poche, Septembre 2011, 6,5€, 281pp
Écrit par Gwendoline Fusillier dans Poche, Romans, Tatiana de Rosnay | Commentaires (0) |
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26 09 11
Le choc des cultures !
Dans Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti nous offre une belle réflexion sur le choc des cultures, un sujet assez contemporain.
Rien ne prédestinait l’amour passionné entre Désirée et Benny et pourtant seul un sourire a suffit. Elle, bibliothécaire vit en ville dans un bel appartement épuré, lui, agriculteur vit à la campagne dans une ferme. Ils n’ont rien en commun et n’auraient jamais dû se rencontrer mais voilà presque tous les jours ils se rendent au cimetière. Désirée vient de perdre son mari et Benny pleure le décès de sa maman. Assis côte à côte sur un banc, ils ne se parlent pas, ils s’agacent même mais un jour ils s’échangent un sourire et là tout bascule. Et nous voilà partis pour belle histoire d’amour…
Extrait (p.144-145) : « Il nous est arrivé de louer une cassette vidéo. C’est-à-dire, on ne loue pas un film, on ne réussit jamais à se mettre d’accord sur le choix. On en loue toujours deux. Ensuite elle va chercher son fourre-tout fleuri pendant mon film, et moi je m’endors pendant le sien.
On va aussi bien ensemble que de la merde et des pantalons verts, comme disait mon grand-père. »
Katarina Mazetti nous emmène à travers un roman drôle, décapant et tendre. Chaque chapitre est raconté en alternance par l’un des deux protagonistes ce qui fait du lecteur le témoin privilégié de ce récit entre deux êtres que tout oppose.
Bref, un roman qui se lit facilement, destiné à tous et qui pose cette question de savoir si deux personnes que tout éloigne peuvent s’aimer ?
La suite de ce roman « Le caveau de la famille » est sorti au mois de mars 2011 aux Editions Gaia.
Le mec de la tombé d’à côté, Katarina Mazetti, traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, éd. Actes Sud, Collection Babel, avril 2009, 254 pp, 7,50€.
Écrit par Gwendoline Fusillier dans Poche, Romans | Commentaires (1) |
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23 06 11
Pleins feux sur l'homme sans lumière !
Gilbert Pastois vient de perdre la femme qu’il a tant aimée, Jeanne. Comme cet inconnu croisé dans un café, puis suivi au cimetière, dont il observe depuis au quotidien les moindres faits et gestes. Un intérêt obsessionnel qui trouve ses germes dans le terreau de souffrances communes qu’ils partagent. Il voit en lui un homme miroir. Un autre « condamné » au malheur.
Car pour Gilbert, la souffrance est génétique.
Une fatalité.
Une douleur abyssale l’envahit, qu’il tente de combattre à renfort d’alcool, de cigarettes, de vidéos pornos. Pauvres compagnons d’infortune. Car y a-t-il plus grande souffrance que celle qui à tout moment vous dégoûte sourdement de la vie, sans pour autant vous donner l’envie d’en finir ?
Le cœur et l’âme en lambeaux, il entreprend alors de se raccrocher au fil ténu de l’existence grâce à l’écrit. Il exorcise ses maux sur des pages bleuies de mots. Des lettres qu’il adresse à cet homme, cet alter ego dont il est intimement convaincu qu’il saura le comprendre, entendre sa détresse muette. Voire y répondre. Certes, il y a un point non négligeable qui les sépare : l’inconnu est veuf, lui non. S’il est seul aujourd’hui, c’est parce que Jeanne l’a quitté. Pire : pour un autre homme. Un homme apte au bonheur, lui.
Tout au long de ce roman épistolaire, qui noue le lecteur à la gorge, Richard Andrieux maintient le suspens sur cet Autre, ce destinataire des courriers. Est-il né du cerveau malmené de Gilbert ? Existe t-il vraiment ? Et si oui, ce pont d’encre et de papier érigé par Gilbert, accostera t-il sur la rive de l’Autre ?
Ce roman sombre brille par le talent de l’auteur, sa capacité extraordinaire à créer une très grande intimité entre le personnage et le lecteur. Les lettres délient le cœur de Gilbert, lui offrent le recul nécessaire à l’expression de son mal-être, le temps de choisir les mots sur mesure pour habiller le corps de ses émotions. Elles nous lient à lui, nous le rendent proche, nous touchent tels des uppercuts en plein cœur.
Si le héros de son roman est convaincu n’avoir jamais su briller, Richard Andrieux, à l'instar de son premier roman 'José', nous offre une plume étincelante qui sait mettre en lumière l'universalité dans ce qu'il y a de plus intime.
Citation : "Qu'y a t-il de plus beau que les souvenirs? Plus le temps passe, et plus on peut les embellir, les déformer à souhait, sans que personne ne s'en rende compte."
Karine Fléjo
L'homme sans lumière, de Richard Andrieux, Editions Pocket, mars 2011, 144p, 5,10€.
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23 02 11
Nicky présente "L'ombre du vent" sur Filigranes TV
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27 01 11
Un témoignage terrible !
Le terrifiant témoignage de Véronique Duborgel vient de paraître dans la collection "J'ai Lu" : "Dans l'enfer de l'Opus Dei". L'auteure a passé treize ans dans l'"Oeuvre" et on a l'impression de vivre un très mauvais film, de tout ce qu'on pouvait craindre à propos des sectes, avec le goût du secret, l'obéissance à tout prix, l'humiliation, la dissimulation. Le plus triste est sans doute que tout est organisé pour le "paraître", alors que la religion même souhaite "l'être". Est-ce ce que voulait réellement le fondateur idôlatré, Mgr Escriva de Balaguer (Mort en 75, canonisé en 2002) ? Ses écrits (dont on retrouve des extraits significatifs ici) semblent y répondre par l'affirmative. Le plus étonnant est sans doute la présence qu'on y donne à Satan et à ses oeuvres. Et puis, les codes, les termes, les secrets, j'y reviens, comme une franc-maçonnerie dévoyée et devenue religieuse. "Siffler" est faire acte de candidature, par exemple. Le plus rétrograde est sans doute la séparation totale des sexes tout au long de la vie quotidienne ou en communauté, avec délation et "corrections fraternelles" ! Au fond, on décrit une organisation totalitaire, dont on sort très difficilement et dont on ne se remet jamais. Parfois, il faut écrire, témoigner, crier pour s'en sortir. Il faut le courage de Véronique ! "J'ai confié au lecteur des bribes de ma vie, un peu en désordre" conclut-elle "j'ai écrit comme l'on renverse une boîte de puzzle. Des pièces éparses, des morceaux de vie éparpillés. Un travail de souvenir auquel ma mémoire se refusait parfois. Chercher au fond de moi, tout au fond, ce qui avaité été enfoui dans le but d'être oublié, toutes ces choses que j'ai occultées, effacées dans le vouloir."
Jacques MERCIER
Dans l'enfer de l'Opus Dei, par Véronique Duborgel. Edition J'ai lu, 2010. 155 pages. 4,80 euros.
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01 12 10
Sans complexe sous-terrain
Quand on est recruté par une agence immobilière spécialisée dans la remise en état d'anciennes scènes de crime, mieux vaut s'attendre au pire... C'est ainsi que Mickie Katz, jeune décoratrice de la très mystérieuse Agence 13, doit accepter de travailler pour un milliardaire obsédé par la troisième guerre mondiale. Afin de mettre sa famille à l'abri d'un futur holocauste nucléaire, ce magnat du pétrole vient d'acquérir un bunker creusé dans le désert du Nevada par l'US Air Force au temps de la guerre froide. Le rôle de Mickie est simple : décorer le labyrinthe de béton pour en faire un paradis cinq étoiles qui rendra la claustration agréable aux survivants du conflit. Mais dès le début des travaux, les événements vont prendre un tour inquiétant dans cette
forteresse mystérieusement baptisée depuis 40 ans Dortoir interdit.
Je ne sais s’il faut encore présenter Serge Brussolo. En tout le cas, pas aux amateurs de romans de « genre ». Polar, mystère historique, fantastique, étrange, thriller, jeunesse… L’homme est capable de forger, au feu de son insolent talent, tout arme et outil. Protéiforme ? Non. Car, que cela soit dans le domaine de l’enqête historique, ou du plus moderne des thriller, le style Brussolo est quasi unique. Une écriture, sèche, nerveuse, qui sert le récit. Une capacité presque surnaturelle à foncer vers ’essentiel, pour s’assurer que le lecteur ne se perdra pas dans la narration… mais qu’il ne pourra pas lâcher un roman une fois ouvert. Ajoutez à cela une fine analyse psychologique des personnages et une fascination répétée pour les caractères originaux… Et vous obtenez ce qui se rapproche le plus de la « formule parfaite » du roman populaire.
Au sein de ce Dortoir Interdit, sous les oripeaux du thriller sanglant, se cache une intéressante réflexion sur la paranoïa, la manipulation et les liens familiaux. A l’aide d’un personnage « extérieur », la solide Mickie Katz, Brussolo pose un regard aigu sur les dérives d’un système, sur les obsessions de la société américaine (la peur de l’étrange, l’obsession de la sécurité, la descendance, etc.) mais aborde, par assimilation, l’avenir de la société occidentale dans son entièreté. Et par là même, celui de la vieille Europe et ses démons.
A glisser sous le sapin, pour des fêtes frissonnantes et intelligente… avec le second volume, « Ceux d’En-Bas » dont je vous parlerai dans quelques jours.
Dr Corthouts
Serge Brussolo, Dortoir interdit, Agence 13, Pocket, novembre 2010, 345p., 6€50.
Écrit par Brice dans Poche, Thriller, Polar | Commentaires (0) |
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22 08 10
Les cadenas de Moccia envahissent les capitales d'Europe
Peut-être avez-vous ces milliers de cadenas taggés de mots d'amour et de serments d'éternité accrochés aux ponts de Paris, Moscou, Florence et Rome. Si ce n'est pas le cas, regardez ce reportage de Paris TV, vous verrez que l'origine de ce mouvement d'amoureux se trouve dans quelques lignes du best-seller de Federico Moccia, J'ai envie de toi.
Les romanciers n'ont pas fini d'inspirer la vie quotidienne (juste retour) et de faire rêver.
J'ai envie de toi, Federico Moccia, Livre de poche, juin 2008, 573p., 2008.
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06 07 10
In the hall of the mountain king
Pour tous les passionnés de biographies qui savent que la vie est un roman. Djemmal-Eddin est un véritable héros romantique. Alexandre Dumas avait évoqué son père, l'Imam Shamil, qui combattit l'expansionnisme du tsar Nicolas Ier. Alexandra Lapierre, la célèbre auteure d'Artemisia (qui vient également de ressortir chez Pocket) raconte l'histoire de son fils Djemmal qui fut une des pièces maîtresses du premier conflit russo-tchétchène au milieu du XIX° siècle. Depuis les montagnes du Caucase à la cour des tsars de St Petersbourg, l'aventure est épique, belle et tragique, évoquant irrésistiblement les romans historiques russes et français de la Belle époque.
Le fils du rebelle, Alexandra Lapierre, Pocket, juin 2010, 608p., 8€90 env.
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04 07 10
Les poches de l'été 2010 (2) : Melnitz
Quelques grands ouvrages ont illuminé la rentrée 2008. Qu'ils aient été primés ou pas n'a absolument aucune importance. La résonance qu'ils auront dans le temps et les chaumières, dans chacune de nos vies et celles de nos enfants est leur unique réalité et finalité.
Le Melnitz de Charles Lewinsky est un Grand Cru d'une Année exceptionnelle. Avec le souffle d'un Emile Zola et la verve d'un Thomas Mann, l'écrivain suisse allemand a donné vie à une famille, les Meijer, qui devrait rejoindre la légende des Rougon-Macquart.
L'unité d'un seul roman donne bien sûr plus de corps à cette oeuvre et son idée maîtresse qui est de nous faire partager le quotidien d'une famille juive ayant connu les trois guerres (1870, 1914, 1940) et les courants sociaux du grand virage du XX°.
Outre le plaisir procuré par son style littéraire (éblouissant) et le divertissement (la truculence des personnages et le ressort de leurs aventures sociales), Melnitz se révèle aussi être un excellent manuel d'Histoire qui va vous en apprendre beaucoup sur la judaïté en Helvétie. Jubilatoire, je vous dis.
Melnitz, Charles Lewinsky, Livre de Poche, mai 2010, 955p., 8€55.
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04 07 10
Les poches de l'été 2010 (1) : Douglas Kennedy
La vie est un roman noir. A en croire Douglas Kennedy. Après Paris (et La femme du V°), retour aux Etats-Unis, côte est dans son nouveau roman. Nous suivons la vie d'une femme conditionnée par la soirée de son treizième anniversaire. Des réussites professionnelles, de grands malheurs (et des désordres) privés avec Boston comme toile de fond. Tout cela serait banal s'il n'y avait le talent de conteur de Douglas Kennedy, ce talent qui l'a hissé au premier rang des auteurs européens (même s'il est américain, il est naturalisé CEE depuis belle lurette). Rien à dire. Captivant (et triste, mais oui) : le meilleur roman de Douglas Kennedy.
Brice Depasse
Ma chronique radio, l'été dernier sur Nostalgie :
Quitter le monde, Douglas Kennedy, Pocket, juin 2010, 694p., 8€10.
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