09 10 17

Leçons de ténèbres

_hoex.jpgLe texte de présentation du dernier livre de Corinne Hoex, sans doute écrit par les éditions Le Cormier, nous explique mieux que je ne puis le faire la démarche, l'origine, le pourquoi de « Leçons de ténèbres ».

« Chaque poème respire, tient son propre souffle, inscrit sa solitude, celle d'une indivisible et humaine condition »

Ce qu'il faut savoir c'est que les « Leçons de ténèbres » appartiennent à l'histoire de la musique liturgique depuis la Renaissance et l'époque baroque. Avec ces textes, nous sommes proches et loin des musiques de Carlo Gesualdo. Chaque mouvement des cinq suites poétiques qui composent le livre inscrit notre conscience du monde en un éternel présent, consignant l'évocation de cette condition humaine qui aura traversé toutes les époques.

Je picore pour vous quelques extraits, en avouant que cela ne peut pas refléter l'ouvrage qui doit être reçu dans son ensemble.

« Elles sont féminines. Plurielles. Envahissantes. Somptueuses. Terribles.

Elles sont l'autre côté. La face noire de la lumièe. Sa souffrance. Son vertige. »

Ou plus loin :

« T'effacer. Te dissoudre.

Mon âme est triste.

Mon âme est triste.

Et cette voix en toi.

Cette voix qui grandit. »

Ou encore :

« Et vacillant

cette flamme

dans l'instant dérisoire.

Vacillant dans l'espace obscur

plus vide qu'une tombe. »

J'ajoute seulement le bonheur de savoir que Corinne Hoex occupe désormais le fauteuil de Françoise Mallet-Joris l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

 

Jacques MERCIER

 

Leçons de ténèbres, poèmes, Corinne Hoex, Le Cormier, (14 cmX21 cm), 70 pp. 16 euros.

 

 

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10 09 17

L'amour en poésie

_colmant.jpgCe n'est pas la première fois que j'attire votre attention sur le talent du poète Philippe Colmant, poète doublé d'un excellent photographe. « Nés du fleuve embrasé » se divise en quatre parties : le fleuve confident, messager, embrasé et sublimé. Le poème doit se savourer chacun pour soi ; c'est une infusion. Mais pour vous donner une idée de l'ouvrage, voici un court extrait.

 

C'est comme un paradis

Où poussent des récifs,

Etranges stèles noires.

C'est une crique calme

Où la mer se repose

Après avoir servi.

 

J'y allais le matin

Avec les veuves mortes

Pour écouter le chant

De lointaines sirènes

Et ramasser les corps

Des rêves immergés

Rejetés par la vague.

 

Il s'agit toujours d'amour et dans sa préface, Thierry Dekock écrit : « Ouvrir les yeux le matin et pouvoir dire « j'aime et je suis aimé », c'est vivre un rêve éveillé. » La poésie raconte aussi les rêves.

 

Jacques MERCIER

 

« Nés du fleuve embrasé », Philippe Colmant, poèmes, Editions Demdel, 16cm/24 cm, 138 pp, 12 euros.

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22 08 17

« Le désir de l'amour engendre l'amour. » (Tahar Ben Jelloun)

Dire l'amour en poésie .jpgConforme aux nouveaux programmes d’enseignement du français au collège et rédigée par Lucie Lelong, l’anthologie intitulée Dire l'amour en poésie publiée à Paris aux Éditions Gallimard dans la collection « Folio + Collège » propose, dans sa première moitié, 49 textes d’auteurs variés (cf. infra) articulés autour de 8 thématiques :
 
1. Expliquer l’amour
2. Rêver à l’amour
3. Déclarer sa flamme
4. Dire l’étreinte
5. Clamer sa passion
6. La plainte amoureuse
7. Taire l’amour ?
8. Dire l’amour et médire
 
La seconde moitié, purement pédagogique, se divise en 4 parties :
 
– Je découvre
(Situation de l'écriture poétique ; Orphée raconté par Eurydice ; Retour dans le passé : le lecteur de poésie à travers les âges ; Ce qu'il s'est passé dans l'histoire de la poésie ; Les origines et la postérité du poème « Le lac » ; Les mots ont une histoire ; Les noms propres sont porteurs de sens ; Dernières observations avant l'analyse)
 
– J’analyse
(Au cœur de la phrase ; La construction de l'anthologie ; Caractérisation des personnages ; Les intentions des auteurs : pourquoi écrire des poèmes d'amour ? ; Quelle vision de la femme dans les poèmes amoureux ? ; Résumons ! ; Exercices ; Jeu de lettres ; Le 20 sur 20)
 
– Nous avons la parole
(À nous de jouer ; Organisons le débat)
 
– Prolongements
(Groupement de textes, « De Narcisse au narcissisme : amoureux de soi-même » ; Histoire des arts)
 
Un bien bel outil !
 
Bernard DELCORD
 
Dire l'amour en poésie par Lucie Lelong, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio + Collège », mai 2017, 195 pp. en noir et blanc+ 2 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 3,90 € (prix France)
 
TABLE DES MATIÈRES
 
1. EXPLIQUER L’AMOUR
 
Jean-Baptiste de Grécourt, Qu'est-ce que l'amour ?
Jean de La Fontaine, L'Amour et la Folie
Pierre de Ronsard, Madrigal
Anonyme, Tourments sans passions...
Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour
Jacques Prévert, Cet amour
 
2. RÊVER À L’AMOUR
 
Arthur Rimbaud, Sensation
Paul Verlaine, Mon rêve familier
Louise Gillot de Saintonge, Je croyais, en dormant...
Aloysius Bertrand, Madame de Montbazon
Robert Desnos, J'ai tant rêvé de toi
Charles Cros, Distrayeuse
 
3. DÉCLARER SA FLAMME
 
Charles Baudelaire, Chanson d'après-midi
Paul Verlaine, Green
Jean Tardieu, Étude de pronoms
Paul Eluard, Je t'aime
 
4. DIRE L’ÉTREINTE
 
Charles Baudelaire, Un hémisphère dans une chevelure
Pierre Alferi, Préservatif
Jacques Prévert, Alicante
Marc Papillon de Lasphrise, Ha Dieu ! Que j'ai de bien...
Robert Desnos, Coucher avec elle
Évariste de Parny, Le lendemain
 
5. CLAMER SA PASSION
 
LES TOURMENTS DE LA PASSION
Louise Labé, Je vis, je meurs…
Marc Papillon de Lasphrise, Je l'œilladais, mi-nue...
Marquise d'Antremont, Ô Mort ! anéantis mon être...
 
L'AIMÉE ADORÉE
Louis Aragon, Que serais-je sans toi...
Philippe Soupault, Georgia
 
6. LA PLAINTE AMOUREUSE
 
AMOUR IMPOSSIBLE
Jules Laforgue, Complainte-litanies de mon sacré-cœur
Louis Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux
 
CŒURS BRISÉS
Alfred de Musset, À Mademoiselle ***
Paul Verlaine, Ô triste, triste était mon âme...
Christine de Pisan, Seulette suis et seulette veux être...
Léon Gontran Damas, Quand malgré moi...
 
LA MORT DE L'ÊTRE CHER
Alphonse de Lamartine, Le lac
Tristan l'Hermite, Sur un tombeau
Claude Esteban, Élégie de la mort violente (extrait)
 
7. TAIRE L’AMOUR ?
 
Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés
Gabriel-Charles de Lattaignant, Les époux indiscrets
 
8. DIRE L’AMOUR ET MÉDIRE
 
LE TEMPS OU LA REVANCHE DE L'ÉCONDUIT
Pierre de Ronsard, Quand vous serez bien vieille…
Théophile de Viau, Ton orgueil peut durer...
Raymond Queneau, Si tu t'imagines…
 
DÉFIGURER : LA POÉSIE COMME MIROIR DÉFORMANT DE LA CRUELLE
Étienne Jodelle, Comment pourrais-je aimer...
Clément Marot, Le beau tétin
Clément Marot, Le laid tétin
 
SE SOUVENIR DE L'AMOUR
Alfred de Musset, Rappelle-toi
Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau
Philippe Desportes, Est-il vrai qu'autrefois…
Paul Verlaine, Streets
Marceline Desbordes-Valmore, L'amour
 

12 05 17

À la recherche du temps révolu…

Le temps de l'errance.jpgAprès Obscurité, un premier roman paru chez Chloé des Lys à Barry, en Wallonie picarde, et dont nous avons écrit dans ces colonnes tout le bien que nous en pensons, Jean-François Foulon revient – à nouveau chez cet éditeur – sur la scène littéraire avec un recueil de poèmes en vers et en prose intitulé Le temps de l'errance par lequel il entraîne le lecteur à la découverte de lieux divers, lointains ou non, réels ou pas, qui sont autant de prétextes de retours aux sources, de questionnements sur le monde comme il (ne) va (pas) et de miroirs des sentiments que fait naître la nostalgie du temps perdu.

Extrait :

 

Été pluvieux

 

Trois gouttes d'eau descendent lentement

Le long d'une feuille,

Vestiges d'une averse

Au cœur de l'été.

 

Trois gouttes d'eau qui coulent

Le long de ta joue,

Et ton cœur en pleurs

En plein juillet.

 

Trois gouttes d'eau qui tombent sur le sol

Puis s'évaporent

Dans la chaleur estivale.

 

Trois gouttes d'eau au goût de sel

Qui tombent sur ton cœur.

C'est tout l'été qui pleure.

 

Joli, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Le temps de l'errance par Jean-François Foulon, Barry, Éditions Chloé des Lys, février 2016, 223 pp. en noir et blanc au format 14,7 x 20,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 16,50 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 05 17

Paroles d’or…

Ma petite poésie ne connaît pas la crise.jpgComme toujours, le nouvel opus, au titre cette fois très « bashungien », de l’ami Jean-Pierre Verheggen (°Gembloux, 1942), ne décevra pas les amateurs d’humour décapant dans des textes décalés !

On se souviendra d’abord qu’en 2009, son L'Oral et Hardi, joué et mis en scène par Jacques Bonnaffé, a été récompensé en France d'un « Molière » dans la catégorie « meilleure compagnie », sans que personne se soit avisé qu’il s’agissait d’un patchwork des discours du maire de Champignac dans les aventures de Spirou et Fantasio dessinées par André Franquin.

Il est vrai que la poésie de Verheggen « est avant tout une parodie de la poésie, une critique radicale de l'idéologie que véhicule ce genre et un pastiche burlesque de ses conventions. À partir de là, il développe dès 1968 le concept de réécriture et en applique les effets à des champs d'investigation plus larges, allant de la bande dessinée à la langue politique la plus stéréotypée, en passant par la perversion d'un langage par un autre, en l'occurrence du français classique et scolaire par son wallon maternel, sauvage et sexuel ».[1].

Cette fois, au cri de « Tout va très bien madame la Marcrise ! », il s’en prend avec une belle truculence libertaire aux petits et aux grands travers de notre époque.

Par exemple, à la passion dont s’est pris le bon peuple télévisuel de par chez nous pour les émissions culinaires en tout genre :

« Abonnez-vous à “la cuisine crapuleuse” et découvrez chaque semaine une recette inédite parmi :

l'académicien en rosette,

le faisan à l'andouille,

la bécasse marquée bécasse au front,

le clafoutis à la Jean-Baptiste Clément (en saison),

le loup façon mère-grand,

le chouchou de Bruxelles,

la souris d'agneau à la Mickey et ses mousses maison,

le soigneur sportif aux petits oignons,

la contractuelle à l'aubergine,

le vieux croûton dans son jus,

le pigeonné par une cocotte,

le chapon Banania,

l'enfant de chœur au vin de messe,

l'époisse marquée pas de chance,

le lapin à la prestidigitation aux deux chapeaux,

l'avocat aux marrons,

le ramenard à la fraise de grand veau,

le homard au « m'a tué »,

le boucher maturé,

le boss à moelle,

le poulet ripoux,

le petit vicaire à l'étouffe-chrétien,

l’idiot au beaujolais village

le dentiste à la fraise des bois (en saison),

le pêcheur durable,

le boulanger dans le pétrin,

le bûcheron de Noël,

etc. À suivre ! »

Un vrai cortège à la Prévert, non ? On aime aussi ses traductions latines, comme :

Ab imo pectore

Je lui ai charcuté la poitrine.

Lapsus calami

Elle s’est fait sucer par un calamar.

A parte

Elle a accouché toute seule.

In medias res

Au milieu de ta raie.

Deo gratias

Dieu est un peu gras !

La vraie science littéraire, en somme…

Bernard DELCORD

Ma petite poésie ne connaît pas la crise par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, mai 2017, 113 pp. en noir et blanc au format 21 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)

 

[1] Alphabet des lettres belges de langue française, Promotion des lettres belges de langue française, Bruxelles, 1982, p. 302.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

18 04 17

Tournai, une ville en poésie

 


_m Dictionnairepoéticon.jpgDeux sorties « poétiques » donnent des couleurs à la littérature. Tout d'abord « Poéticon », qui son éditeur, François Van Dorpe, définit comme un « magalivre » (à la fois magazine et livre) : « C'est un terrain de jeux poétiques, proposant des expériences ou permettant aux lecteurs de proposer leurs idées ». Dans ce numéro zéro, on trouve par exemple cette belle expérience : quatorze artistes ont relevé le défi – dans le cadre de Tournai Ville en Poésie 2017 – de prendre un extrait d'un livre de la collection « Musique des Mots » et de créer une œuvre miniature inspirée par le texte. On peut suivre le résultat : l’œuvre et l'extrait du texte remis dans son contexte. Un exemple : Pascale Loiseau a créé une installation de nœuds et macramé avec caillou, fils de laiton, bronze, inox et cuivre pour ce texte de Jean-Louis Keranguéven : « Il faut toujours remettre en place chaque caillou chaque rocher afin qu'il nous surprenne encore disait mon père à marée basse. »

 

_traces fugace.jpg« Traces du fugace » est précisément édité pour garder la mémoire de créations poétiques courtes, nées de projets souvent spontanés grâce au Printemps des Poètes, à la ville de Tournai et à la Wallonie. Vous y découvrirez « Affiche ton poème », réalisé avec des écoles primaires de la ville. Savourons quelques trouvailles d'enfants de 3° et 4° primaires : « Comment dessiner un cauchemar ? / Avec un crayon ordinaire » (Apolline Ardennois), « Comment toucher la lune ? / Avec des mots tristes. » (Zoé Derycke), « Dans le jardin / J'ai ramassé l'univers. » (Mathias Dubois), « Qui écrit un poème dans l'arbre ? / Le printemps. » (Suzane Parent).

Vous avez peut-être suivi cette opération « Panneaux électroniques », une activité en cours d'Unimuse, de la Maison de la Culture et de la Ville. De courts textes furent diffusés sur les panneaux électroniques, tels ceux-ci : « Voir fourmiller Tournai et se dire : Il ne manque que le chant des cigales » (Olivier Delcourt), « Cabossés / Les mots ont leur beauté / Ils dissimulent leur vérité » (Jacky Legge), « Ce que j'aime dans la fermeture éclair, c'est l'éclair » (Françoise Lison-Leroy), « Écrire c'est s'ancrer en pleine terre pour mieux déployer ses ailes » (Colette Nys-Mazure).

Entre autres, dans ce livre très riche et passionnant, on découvre le résultat d'installations d'incises littéraires dans les 33 cimetières de Tournai. Un seul exemple : « Le vrai tombeau des morts c'est le cœur des vivants » (Jean Cocteau).

Les extraits des discours de l'échevin de la Culture, Tarik Bouziane, que l'on peut relire ici prouve que la poésie peut être au centre de toutes nos activités et qu'elle marquera profondément les citoyens que nous sommes ! Je suis particulièrement fier de cette ville poétique, où j'ai accompli une partie essentielle de mes propres études, il y a longtemps déjà...

 

Jacques MERCIER

 

Poeticon, N° 0, Les Déjeuners sur l'herbe, 54 pages, 20cm/21cm, 15 euros. www.poeticon.be

Traces du fugace, Les Déjeuners sur l'herbe, 94 pages, 20cm/21cm, 5 euros.

www.lesdejeunerssurlherbe.com

 

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 02 17

« L’éphémère de nuit danse le tango... »

Tango.jpgOn connaît le talent immense de la romancière et nouvelliste Corinne Hoex [1] qui est aussi une poétesse d’envergure [2] dont les textes témoignent d’une belle capacité à faire ressentir les émotions les plus sensuelles et les plus subtiles.

C’est le cas de Tango, paru chez Esperluète à Noville-sur-Mehaigne, un poème orné d’eaux-fortes de Martine Souren qui soutiennent la prouesse suggestive du texte dans lequel une femme danse le tango, dans une tension soulignée par des répétitions fidèles au rythme de la musique née à Buenos Aires :

 

« l'éphémère de nuit

voudrait un vêtement

qui lui tienne au corps

 

qui me tienne au corps

songe-t-elle encore

et pas cette robe

 

qui me tienne au corps

comme un tanguero

comme un torero

un conquistador

et pas cette robe

aux rubans fugaces

aux franges incertaines »

 

Car, comme l’a écrit l’écrivain argentin Ernesto Sábato (1911-2011), « le tango est une pensée triste qui se danse… »

Bernard DELCORD

Tango, poème de Corinne Hoex, gravures de Martine Souren, Noville-sur-Mehaigne, Éditions Esperluète, collection « Cahiers », novembre 2017, 20 pp. en noir et blanc au format 10,5 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 8 €

 

[1] Le Grand Menu, 2001, Ma robe n’est pas froissée, 2008, Décidément je t’assassine, 2010, Le Ravissement des femmes, 2012, Décollations, fantaisie en prose, 2014, Valets de nuit, 2015, Pas grave, 2015.

[2] Cendres, 2002, Contre Jour, 2009, La Nuit, la mer, 2009, Juin, 2011, N.Y., 2011, Rouge au bord du fleuve, 2012, Le Murmure de la terre, 2012, L’Autre Côté de l’ombre, 2012, Celles d'avant, 2013, Matin, 2013, Jadis vivait ici, 2015, Oripeaux, 2015, Les Mots arrachés, 2015, L'Été de la rainette, 2016.

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22 11 16

Rivière, recueil de poèmes

_marotta.jpgComment mieux vous donner l'envie de lire les poèmes de Frédéric Marotta qu'en vous en recopiant quelques extraits de son dernier ouvrage « Rivière » (Eveil du soleil).

A coups de marteaux / Se parlent / Les bâtisseurs / Des cités / Repoussant / Dans le vide / Les astres / Qui éclairent / Les déserts arides / Et qui dénouent / Les lourdes cordes / D'un monde prisonnier / Désirant voir / L'éclosion / Des âmes nouvelles / Descendues des comètes / Fendant les ciels amers / Et obsolètes / Déposant / Dans tous les yeux / Les éclats de vérités / Révélées / Depuis les sources absolues de la voie lactée

ou

Et si l'on écrivait / Une page blanche / Avec les doigts / D'une fée née / Du mystère / Et l'écriture / Invisible / D'une encre Transparente / Par le fil d'argent

ou enfin

Nuits d'hiver / Qui traversent voiles / Transparents et sacrés / Gorgées / De mondes extraordinaires / Qui unissent / Et qui lient les êtres / Au-delà / Des échelles humaines / Et mentales qui jugent / Dans l'opacité du discours  

Dans ma préface, j'écris : Il n'est pas anodin que le premier mot soit « silence » et que les deux derniers vers révèlent que : « L'ange déploie/ Délié/ ses ailes dorées ».

« La dimension cosmique et sacrée est omniprésente. Elle est évoquée avec des mots purs, innocents et simples. »

« La poésie nous aide à renaître (un verbe qui revient souvent) et à ne plus se retrouver seul, même s'il faut « traverser les larmes ». »

Jacques MERCIER

« Rivière », Eveil du soleil, poèmes, Frédéric Marotta, Edilivre, 56 pp. www.edilivre.com 10, 50 euros.

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13 11 16

Le silence des poèmes !

 

 

_colmant bruit.jpgNon, la poésie n'est pas réservée qu'aux seuls poètes, qu'à des cercles d'initiés. Elle est à tout le monde et Philippe Colmant de receuil en recueil nous en donne la preuve. Voici une poésie limpide et belle. Le titre « La lumière bruit de silences » joue déjà sur le charme et l'humour des mots.

Sylvie Godefroid note très joliment dans la préface : « Sa mécanique ressemble à celle des affaissements de terrain ou encore à celle des plaques tectoniques quand l'être se cogne à l'âme. »

Je vous propose quelques fleurs prises dans le bouquet du livre :

L'amour te va si bien

En ces jours de terreur.

Dans « Demain » ces beaux alexandrins :

Arrivé en retard, j'ai raté aujourd'hui.

J'attends demain, qui va venir avec la nuit

Glisser des rêves neufs dans mes souliers usés

Et m'offrir un ciel bleu comme pour s'excuser.

Dans « D'yeux » :

J'ai découpé des gares

Dans le carton du ciel

Et j'ai posé des rails

Qui montent jusqu'au rêve.

Et encore ce quatrain extrait de « Sur mon chemin », mais tant d'autres moments méritent de s'y attarder, d'y revenir, de savourer...

Si tu foules ma terre,

Ménage le velours

De ces plumes d'oiseau

Qui caressent tes pas.

Ajoutons que tous ces poèmes sont magnifiquement illustrés par des photos prises par l'auteur ! 

Jacques MERCIER

 

« La lumière bruit de silences », Philippe Colmant, poèmes ; préface de Sylvie Godefroid. Ed Demdel. 106 pp. 16X23 cm. 12 euros. www.demdel-editions.com

 

 

 

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02 11 16

« La poésie est le miroir brouillé de notre société. Et chaque poète souffle sur ce miroir : son haleine différemment l'embue. » (Louis Aragon)

Donc, revue sonore de poésie n°1.gif« Donc, c’est une nouvelle revue. De poésie. Un vrai défi.

Donc, une revue qu’on écoute. Une qui mêle des voix. Parce que les voix, ça porte loin. Jusqu’au cœur de chacun. Des voix nouvelles, des assurées, des qui font leurs premiers pas, des d’humbles géants, des qui poussent jusqu’au chant. En vers, en prose, entre les deux. Des voix de poètes, de chanteurs, un petit peu d’hier et beaucoup d’aujourd’hui.

Un numéro inaugural imaginé au coin d’une table, réalisé dans l’euphorie, entre amis et avec beaucoup d’inédits.

De la poésie concrète ou lyrique, énigmatique, douce ou violente, tranchante ou apaisante. Des mots. Des mots dits. Parce que la poésie, ça s’adresse à tout le monde. Ça peut changer le monde. À commencer ici. Alors, vous offrir une revue. Un grand spectacle. Juste entre nous. Qui commence, Donc, »

C’est en ces mots que son comité éditorial [1] présente le premier numéro – à nos yeux et à nos oreilles particulièrement réussi – de la revue sonore Donc, publiée aux Éditions Thélème à Paris, qui constitue une fameuse gageure autant qu’une belle aventure littéraire : un florilège lu, parfois par leur auteur, à l’instar de celui que nous reproduisons ci-dessous, de textes poétiques de qualité inscrits tout à la fois dans l’actualité du moment et dans l’intemporalité des vagues de l’âme humaine.

« Bravo, les gars, pour ces instants pas du tout pouet-pouet ! », aurait pu en dire l’ami VERHEGGEN…

Bernard DELCORD

Donc, revue sonore de poésie, n°1, collectif, Paris, Éditions Thélème, septembre 2016, 1 CD MP3, 13,8 cm x 18,7 cm durée 1h36, 9,90 € (téléchargement : 7,90 €)

 

Au sommaire du premier numéro :

Jean-Pierre VERHEGGEN & Jacques BONNAFFÉ • Le Poési

Stéphane BATAILLON • Édito

Julien ALLOUF lit RABELAIS • Gargantua – L’Abbaye de Thélème

Brigitte FONTAINE • Éloge de l’hiver − Inédit

Michaël LONSDALE lit Victor HUGO • Jeanne fait son entrée

Aurélia LASSAQUE • Je porte un bracelet

Arthur H • Le son et la lumière − Inédit

Mâya DE FAY, musique de Vincent BONNEFOIS • Élise à la grise mine

Christian OLIVIER lit APOLLINAIRE • Le pont Mirabeau

Yves BONNEFOY • Poèmes

Stéphane BATAILLON • 1961 − Inédit

James NOËL • Les cigales − Inédit

Perrine GRISELIN • Le désespoir non plus

Juanito SANCHEZ • La Paloma de Pilar

Linda Maria BAROS • Je sors dans la rue avec l’ange − Inédit

Christian OLIVIER lit APOLLINAIRE • Les cloches version chantée

Stéphane BATAILLON • Prépare toi à la pluie − Inédit

Aurélia LASSAQUE • Chant traditionnel occitan – Donne-moi un nom

Alain BASHUNG lit Bernard De VENTADOUR • Chanter ne peut guère valoir

Victor BLANC • Catabase

Les frères SUAREZ-PAZOS & Sylvain CLÉMENT • Tomas Tranströmer

Arthur H • À cheval en rêve

Philippe JACCOTTET • Poèmes

Mâya DE FAY, musique de Quentin POURCHOT • Branlade de morue

Brigitte FONTAINE • Portrait de l’artiste en déshabillé de soie

Jean-Pierre VERHEGGEN • Inédits

 

Extrait : Les dix commandements du parfait petit curé djihadiste

Allah ! Allah faveur de l'obscurité naissante, tu te rendras sur les lieux où commettre ce que les infidèles appellent un attentat !

Allah ! Allah ronde tu relèveras la présence éventuelle de patrouilles de militaires ou de policiers armés jusqu'aux dents !

Allah ! Allah dérobée, quand toutes les chances seront de ton côté, tu placeras en catimini les charges explosives sous le châssis d'un véhicule à l'arrêt !

Allah ! Allah sauvette, tu t'éclipseras en quatrième vitesse, ou selon les circonstances !

Allah ! Allah douce, tu te fondras discrètement dans la foule pour te faire oublier !

Allah ! Allah minute près, tu régleras le dispositif de commande à distance pour tout faire péter !

Allah ! Allah bonne heure, tu déclencheras le mécanisme pour accomplir la mission héroïque dont le prophète t'a chargé !

Allah ! Allah claire fontaine, tu iras te mirer, fier de l'exploit que tu viens de réaliser !

Allah ! Allah salope, tu iras y laver ton cul et ton cerveau malpropres !

(Jean-Pierre VERHEGGEN, texte inédit, avec l’amicale autorisation de l’auteur)

 

[1] Adeline Defay, Emmanuelle Leroyer et Stéphane Bataillon.

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