01 04 17

Un drôle .. de poisson (d'avril)

Pouvait-on rêver meilleure date qu'un premier avril pour le témoignage d'une poignante mystification ...

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C'est par une pudique litote que Line Renaud narre, avec la complicité du réalisateur et scénariste Bernard Stora, une récente mésaventure qui l'a meurtrie, celle d'un abus de confiance perpétré par l'une de ses fans, voici bientôt cinq ans.  La célèbre actrice, chanteuse, femme généreuse et engagée,  repasse en son esprit, la séquence de l'imbroglio,  le fil d'événements qui ont anesthésié sa vigilance, celle de sa garde rapprochée,  et nous livre, ce faisant, un récit passionnant.

La prime rencontre avec  "Jenny"-  Jennifer Lange - date de novembre 2002. La jeune fille a 17 ans. Fan intégrale, obsessionnelle de Line Renaud, elle la retrouve dans sa loge du théâtre du Palais Royal,  au terme d'une représentation de Poste restante . Jenny est accompagnée de sa mère, Odile,  et soumet à Line le dossier - volumineux - de tous les articles, photos, documents rassemblés sur son idole.  Discrète, intelligente, efficace, Jenny entre ainsi  dans la vie de Line, dans son intimité,  s'y meut, dix ans durant, à la manière d'un "agent dormant"...

"Jenny n'était pas ma fille, je n'étais pas sa mère,  ne souhaitais pas l'être, n'y pensais même pas. Elle tenait sa place, moi la mienne, j'appréciais sa discrétion, nos rapports excluaient toute ambiguïté. C'est assurément la réponse que  j'aurais faite si on m'avait questionnée sur ce point.

La suite allait amplement démontrer mon erreur."

 C'est en 2012 que tout se corse.  Affaiblie par quelques soucis de santé, la désormais octogénaire songe peu à peu à sa succession, à la dévolution de La Jonchère - la demeure lui est chère, elle l'a aménagée avec Loulou Gasté - et de sa fondation Line Renaud-Loulou Gasté. Attributaire d'un héritage aussi inattendu que colossal , Jenny propose, partant, d'acheter la maison et en garantit à son occupante, l'usage à vie....On ne peut rêver plus grande dévotion, plus extrême délicatesse. Et c'est ainsi que rassérénée, Line Renaud se laisse totalement berner, tant il est vrai que le jeu de la confiance permet d'avaler des couleuvres, de ne pas remarquer de discrets changements d'attitude dans le chef de la future propriétaire...

Une manipulation qui relève de la pathologie plus que de la malveillance.

Un récit addictif, assurément.

Apolline Elter 

Une drôle d'histoire, Line Renaud, récit écrit avec Bernard Stora, Ed. Robert Laffont, janvier 2017, 250 pp

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01 02 17

Le meilleur de la légende

cover_story.jpgBrice Depasse raconte depuis 2001 – et avec un grand talent - les légendes de la musique sur Nostalgie. C'est « La Story ». Pas moins de 4500 chroniques ! C'est la grande et la petite histoire qui se mêlent. Souvent, il raconte des débuts difficiles ou insolites, parfois ce sont des aspects pittoresques et qu'on ignore des plus grands artistes. Bob Dylan qui fait fumer leur premier joint aux Beatles, David Bowie qui s’inspire d’un western pour trouver son pseudonyme, Michel Polnareff qui montre ses fesses sur des affiches publicitaires, Céline Dion qui débarque à La Louvière…

On suit l'ordre chronologique : entre autres David Bowie, Bob Dylan, Beatles, Rolling Stones, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Michel Polnareff, Renaud, Christophe, William Sheller, Roxette, Lenny Kravitz, Téléphone, Elton John, Police, R.E.M., Telex, le rock, Michael Jackson, les années 80 et jusqu'aux années 2000. Un panorama époustouflant sous forme de textes simples, documentés et précis. C'est simple : cela donne envie de tout réécouter !

Vous adorerez aussi la « septième partie », intitulée « Vous n'imaginez pas tout ce qui est arrivé près de chez vous. » Vous l'avez deviné cela concerne notre pays : Genesis à Woluwe-Saint-Lambert, Queen au théâtre 140 et, parmi toutes les anecdotes, j'ai le plaisir de lire « la nuit n'en finit pas » qui reprend une anecdote qui s'est déroulée du temps de mes études de journalisme en compagnie de Salvatore Adamo et la naissance de «Tombe la neige » !

Comme j'adore les citations, celles choisies par l'auteur en exergue du volumineux livre me paraissent tellement à propos. Celle-ci est de Philippe Sollers : « Savoir où l'on va n'est pas tant savoir où l'on va mais savoir de mieux en mieux d'où on vient » !

Quand je dis « volumineux » c'est un réel compliment, on ne reste pas sur sa faim. Faites l'expérience que j'ai faite pendant quelques soirées : vous ouvrez n'importe où le livre, c'est toujours une histoire passionnante !

 

Si vous voulez suivre Brice par ailleurs, il a écrit récemment deux bios bien belges : « Le Grand Jojo. Tout va très bien » et « Frédéric François. C'est mon histoire ».

 

Jacques MERCIER

 

« La Story », (le meilleur de la légende), Edition Renaissance du Livre, 15cmX23cm, 512 pages, 24,90 Euros.

 

 

 

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05 10 16

Invitation à tous les accrocs aux belles histoires de la légende

SABAM.jpgLa SABAM vous invite ce 13 octobre à un événement gratuit où vous serez bien reçu. C'est déjà pas mal, non ?
Ensuite, nous n'avons rien à vous vendre.
Mieux, vous pourrez remporter le nouveau livre de Brice Depasse, La Story, qui sortira le 3 novembre, ainsi que L'Almanach Pop Rock d'Eric Laforge. Il y aura 2 x 30 gagnants tirés au sort.
Enfin, vous pouvez venir accompagné de 1, 2 ou 3 personnes.
On s'y retrouve ? Ce sera aussi l'occasion de boire un verre ensemble.
L'inscription est gratuite mais indispensable auprès de l'organisatrice : sylvie.godefroid@sabam.be
L'animation sera (vachement bien, comme toujours) assurée par Eric Russon.

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17 08 16

Tendresse et nostalgie !

 

couve moun lakou.jpgC'est une merveilleuse remontée dans l'enfance, une description pittoresque et si vraie d'un village en Jamaïque. Mais c'est aussi un trajet pour s'en éloigner et vivre autrement : de la Jamaïque vers la Guadeloupe et vers la Floride. « Moun Lakou » est un roman coloré et passionnant à suivre. Le « lakou » est un logement misérable.

L'auteure, Marie Léticée, est professeur de littérature et de langue à l’université de la Floride Central (UCF) ou elle enseigne depuis 1988. Dr. Léticée a publié des articles dans Callaloo, Labrys Review et dans Secolas Annals. Elle a aussi reçu plusieurs bourses d’initiative et un prix de l’enseignement à UCF. De plus, elle a créé plusieurs nouveaux cours tels que : La poésie noire des Amériques, la littérature francophone, la littérature antillaise, la littérature créole et le français des affaires. Elle écrit sur plusieurs plans : le roman et l'écriture du roman, dans un style qui ne peut que nous accrocher et nous intéresser. On est dans l'humain, avec les odeurs, les décors, les conversations. Mais aussi la profondeur qui s'en dégage : « La vie, ma chère, n'est qu'une suite de maintenant » ou l'humour, comme ce passage sur les fêtes de Noël et les cantiques pour les « blancs » !

Justement, les dialogues et souvent les mots sont dans leur langue originale, parfois en anglais, parfois en créole. Elle raconte ainsi ceux qui avaient séjourné en France : « Ils nous revenaient tous enrobés de français de Fwans, ce qui leur donnait le droit de nous considérer comme des arriérés sans avenir, emprisonnés que nous étions dans les pattes de notre créole grosso modo. Ils me fascinaient. »

Par la magie de son talent, on comprend presque tout : « Dèmen, si pwèta Dié » ne doit pas être traduit.

Le roman de Marie Léticée est truffée de petites merveilles de phrases. Pour décrire la « cour Monbruno », l'endroit où elle vit son enfance, elle écrit : « Une véritable toile d'araignée où maintes vies se perdaient, englouties par les entrailles voraces de la misère. »

Mais je ne peux pas dire mieux que ce texte d'un lecteur : « Ce roman, un délicat voyge dans les souvenirs d'une île d'avant la modernisation. Le goût des plaisirs simples : des jeux en plein air, des plats préparés pour survivre, des relations directes avec autrui et surtout ses voisins. Bref, une régression qui n'érige pas le passé en élément parfait d'une époque ou d'une existence, mais plutôt comme déclencheur de sourires et de questions sur soi-même. »

Jacques MERCIER

« Moun Lakou », roman, Marie Léticée, édition Ibis Rouge www.ibisrouge.fr , 132 pp, 14X22cm, Photo Jean-Paul Leclercq, 15 euros

 

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29 09 15

Bon anniversaire, Mylène Demongeot

Résultat de recherche d'images pour "mes monstres sacrés demongeot"Ce jour célèbre l'anniversaire , la vie et filmographie riches,  rayonnantes,d'une comédienne généreuse, qui fut l'épouse de Marc Simenon, fils aîné du du célèbre... père du Commissaire Maigret. L'idylle de 35 ans prit fin avec le décès accidentel de Marc Simenon en 1999.

Elle publiait en mai dernier un ouvrage de portraits et souvenirs, tendres, espiègles, un zeste piquants, relatant les rencontres avec tout ce que les media comptent de "people", des années 50 à nos jours :Pierre Lazareff,  Jean Gabin, Charles Trenet, Jean Marais, Henri Verneuil, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jacques Chazot, Yves Montand et Simone Signoret, Brigitte Bardot, Jean Yanne, Johnny Hallyday, Daniel Gelin, Louis de Funès,  Salvador Dali, Henri Salvador, Coluche, Pierre Richard, Didier Long, Boris Cyrulnik, Gérard Depardieu et Bernard Weber et même SM Le Prince Charles d'Angleterre . Vous en aurez toruvé  le compte rendu   en notre édition de septembre de l'Eventail ainsi que l'interview que Mylène Demongeot nous a si aimablement accordée.

 

Mes monstres sacrés, Souvenirs et portraits, Mylène Demongeot, récit, Préface de Dominique Besnehard, Ed. Flammarion, mai 2015, 244 p

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05 09 15

Il est minuit, docteur Schweitzer

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Avec plaisir, je redécouvre les « Souvenirs de mon enfance » d'Albert Schweitzer, édités par Albin Michel. Outre l'intérêt des faits, de sa manière de penser, nous trouvons un bien joli style, peut-être dû aussi à la traduction faite par son oncle, Charles Schweitzer, le grand-père de Jean-Paul Sartre ! "Un petit bijou littéraire" en dira Herman Hesse.

Je note, entre autres, cette réflexion à propos de la poésie : « Aujourd'hui comme jadis, je pense qu'un poème ne supporte aucun commentaire. Il faut le sentir et le vivre. »

Mais je ne veux pas analyser ce livre, simplement vous faire part des pensées qui me sont venues. Le titre : « Il est minuit, docteur Schweitzer » me paraît un, si pas le, titre qui me demeure le plus gravé dans ma mémoire. Un titre magnifique tout d'abord d'une pièce de Gilbert Cesbron (qui était chroniqueur de radio et écrivain) ensuite du film de Haguet en 1952, avec Pierre Fresnay dans le rôle du Docteur !

Pourquoi est-il gravé de cette manière ? Parce que c'était mon enfance, un des premiers films qu'on m'a emmené voir ? Parce qu'on en parlait plus longtemps, alors qu'aujourd'hui tout file plus vite, une mode en remplaçant une autre, une chanson un autre tube, un mot un autre ?

Car c'est aussi le cas des titres suivants (livres, films...), qui me paraissent si magiques, si bien choisis : « Chiens perdus sans colliers » (du même Cesbron), « Premier de cordée », « Bonjour tristesse », « Un certain sourire », « Quand on n'a que l'amour », « La guerre de Troie n'aura pas lieu », « Le petit Prince », « Les quatre cents coups », « Le septième sceau »....

2015 est le cinquantenaire de la mort du docteur.

Jacques MERCIER

"Souvenirs de mon enfance", Albert Schweitzer, Edition Albin Michel, 2015, 140 pp. 14 euros.

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27 06 15

Corsaires en corsage

Barbe rousse, barbe noire et jambe de bois, oreille percée, gueule balafrée, telle est l’ image populaire de la piraterie dans I’inconscient collectif. Un imaginaire nourri d’une exubérante iconographie, d’une impressionnante filmographie et d’une non moins abondante littérature en tout genre.

Mais la piraterie présente également un autre visage. Un visage féminin qui n’ en est pas plus tendre. Les femmes qui sont entrées en piraterie y sont venues pour les mêmes raisons que les hommes : la cupidité ou la misère, la soif d’aventures, la fuite d’un monde trop étroit pour leurs expectations."

D'emblée le propos est campé. Un propos maîtrisé: notre compatriote, Marie-Eve Sténuit est historienne de l'art, archéologue, passionnée des fonds sous-marin mais aussi des  "écumeuses" de surface. Elle nous brosse,alerte et précise,  le destin d'une quinzaine de femmes hors du commun, d'Altfhild de Gotland à Lai Cho San, flibustières, éprises de grand large, de ravages et liberté.

 Jeanne de Belleville a traversé l’univers de la piraterie comme une météorite incandescente. Sa carrière fut brève mais d’une extrême violence. Au grand maximum, son activité de pirate a duré un an de l’automne 1343 à fin 1344, probablement moins, mais ces quelques mois suffirent à la faire entrer dans l’Histoire.

Une magnifique plume pour s'envoler aux côtés de ces femmes et flibustes à la poupe téméraire,  fougueuse..  une façon pimentée d'aborder des vacances que je vous souhaite merveilleuses

Femmes pirates, Les écumeuses des mers, Marie-Eve Sténuit, récit, Editions du Trésor, février 2015, 190 pp

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03 03 15

SNCB Mon amour !

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 Voilà un livre qui nous change les idées dans ce monde un peu embrumé ! Voilà un rayon de soleil jubilatoire !

Nancy Vilbajo nous fait vivre sa vie de « navetteuse » (un terme bien belge, par ailleurs!), celle qui fait aller-retour tous les jours en train entre Binche, sa ville, et Bruxelles, où elle travaille. « SNCB, mon amour », ce sont les mémoires d'une navetteuse avec des illustrations remarquables et drôles de François Bouton.

Cela commence par une joyeuse nomenclature des passagers habituels de tels trains : le narcoleptique, le bio-bobo-antidéo, etc. Avec chaque fois « Mon conseil » à mourir de rire !

Cela continue avec, comme les statuts sur Face Book (qu'on retrouve parfois d'ailleurs), sous une forme quotidienne de petit rapport, suivi du « Hashtag »... Le tout illustré, entrecoupé de réflexions, d'explications, de digressions les plus insolites et amusantes les unes que les autres.

Quelques exemples :

JUL 8 : Nancy V : le train est arrivé avec une minute D'AVANCE ! Ca annonce une invasion extra-terrestre, croyez-moi ! H : fermezlesvolets.

JUL 11 : Nancy V : Entendu à l'instant même dans le train : « Terminus... La température au sol est de 28 degrés centigrades ! » Malin, va... H : KennedyAirPort

AUG 5 : Nancy V : va rimer, attention... « Tous ces trains à l'heure, c'est comme au bon vieux temps de la vapeur ! » H : çarimeçarame

OCT 17 : Nancy V : Nous avions la Bataille de l'Yser. Nous avions Sarajevo. Nous avions le Darfour. Aujourd'hui, nous avons la ligne Bruxelles-Binche ! Pour mes compagnons de combat et moi : courage et abnégation. H : commeen14

NOV 27 : Nancy V : La SNCB est très consciencieuse : elle s'entraîne déjà pour les perturbations de demain : H : admiration

NOV 28 : Nancy V : A la SNCB, c'est déjà Noël ! Tu arrives à l'avance pour ne pas rater ton train et tu sautes in extremis dans le train précédent qui vient d'arriver très en retard. H : espacetemps

Et puis, j'aime cette émotion décrite quand, changeant de boulot et se servant dorénavant de sa voiture, Nancy se trompe et se rend à la gare, l'émotion !

Un excellent petit livre à lire dans le train et partout !

 

Jacques MERCIER

 

« SNCB mon amour », « Mémoires d'une navetteuse », Nancy Vilbajo, illustrations Fraçois Bouton, Editions du Basson, 6001 Marcinelle. Www.editionsdubasson.com 14X20,5. 120 pp. 18 euros.

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Humour, Jacques Mercier, Récits, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 02 15

Le témoignage d'une femme courageuse

9782352876762-G-210x344.jpgPoignant, incroyable, révoltant... Le témoignage d'Amale El Atrassi pousse à la réflexion. Cette jeune femme musulmane issue d'une famille de six enfants raconte l'enfer qu'elle a vécu pendant son enfance. Pour la première fois, une femme expatriée du Maroc raconte son quotidien. Les coutumes, le viol, l'exil forcé, la séquestration, elle évoque son histoire, où les femmes ne sont pas considérées comme elles le devraient.  

Elle est née en France, y est scolarisée et pourtant... La famille vit dans le petit village de Bourges. Un jour, les filles, lassées d'être considérées comme "moins que rien" feront une fugue à Paris. Une escapade vue comme une libération.  Mais le retour sera difficile. Elles seront battues, enfermée dans la cave. Un jour, lors d'un voyage au Maroc pour aller saluer la famille, elle sera abandonnée là pendant trois ans. Confrontée à la violence, au déni, elle survivra. ESon père lui répétant sans cesse, qu'elle allait pouvoir revenir... Mensonges. Un père violent, négligeant, violent et alcoolique. t ne doit son salut qu'à sa mère. Dans son livre, Amale livre aussi l'histoire de sa maman, mariée de force à l'âge de 16ans à cet homme.

Au fil des pages, l'auteur révèle des us et coutumes où se mêlent violence et brimades. Elle a fait preuve de courage en écrivant ce livre qui risque de lui attirer les foudres des siens. A noter qu'Amale est la soeur aînée du comique et animateur de télévision, Mustapha El Atrassi. Ce dernier n'a jamais souhaité s'exprimer sur le témoignage  de sa soeur. Par honte? Peut-être... Cet enfant Aujourd'hui encore, Amale se bat contre son passé. Agée de 38 ans, elle n'est pas reconnue comme  marocaine, ni française et pourtant elle est mère de quatre enfants nés en France. 

 

Louve musulmane, Amale El Trassi, éd. Archi Poche, Paris, 206 pages, Septembre 2014

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Biographies, Gwendoline Fusillier, Médias, Portraits, Récits, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 09 14

Lumière de l'amitié

 

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"Loumia et moi avions failli devenir des amies. Mais l'histoire restait incomplète. Il me semblait que je devais repartir à sa rencontre, parcourir le chemin que nous ne ferions pas ensemble. Retracer sa courte existence comme une revanche sur le néant, sur le chaos, sur la terreur. Sur l'absurdité de sa mort. Combattre la violence par les mots, la seule arme que je veux connaître."

Michèle Fitoussi est à Pondichéry, dans le Sud-Est de l'Inde, le 26 novembre 2008. Elle s'apprête à rejoindre à Bombay,  Loumia Hiridjee, la fougueuse et  pétillante co-fondatrice de Princesse tam.tam, célèbre enseigne de lingerie féminine. Les événements en décident autrement: Loumia et son mari, Mourad Amarsy,  périssent ce soir-là, dans un des attentats qui mettent la ville à feu et à sang.

Répartis en cinq lieux mythiques de la cité bombayite, les luxueux hôtel Taj Mahal Palace et Oberoi, la Chhatrapati Shivaji Terminus plus communément appelée gare CST, le  très branché café Léopold  et l'accueillante Nariman House, ouverte -notamment- aux hôtes juifs, dix terroristes pakistanais issus de l'organisation Lashkar -e-Taiba (de la mouvance d'Al-Qaida) vont causer la mort- violente et barbare -  de 165 innocents, blesser plus de 300 personnes, suscitant  pagaille et déroute policière.

Investie d’ un devoir de mémoire, d'une amitié tragiquement avortée, la journaliste entame une longue quête auprès de la famille Hiridjee,  de Shama, la soeur complice, co-fondatrice de l'enseigne précitée, des amis et collaborateurs de Loumia, un pèlerinage parmi ses ports d’attache, pour restituer dans sa vérité, son éclat et sa contagieuse sympathie,  la personnalité d'une  femme aussi survoltée qu'attachante. Une épouse aimante, maman de trois jeunes enfants au moment des événements. En parallèle, Michèle Fitoussi opère une enquête méthodique pour connaître le vrai enjeu des attentats : le ressentiment meurtrier issu de la Partition délétère de l’Inde et du Pakistan lors de l'été 1947. 

Pétri de sobriété, d'intégrité intellectuelle et d'un sens aigu, bienveillant,  de l'introspection, le récit se lit d'une traite tant coule fluide la plume de l'écrivain.

 Le livre - événement de la rentrée.

Saisissant d'effroi, d’empathie,  d'amitié.

Apolline Elter

La nuit de Bombay, Michèle Fitoussi, récit, éditions Fayard/Versilio, sept.2014, 340 pp

Billet de ferveur

AE: Michèle Fitoussi, par ce récit vrai, sobre et vivant, vous opérez un poignant, merveilleux  hommage d'amitié à une femme enthousiaste, chaleureuse , que nous avons tous envie de rencontrer. Ses chers enfants, Naeem, Ilana et Rayane, tout jeunes au moment des événements ont aussitôt été adoptés  par leur tante Shama. Ont-ils lu La Nuit de Bombay ? Est-ce pour eux, en partie, que vous avez opéré ce devoir de mémoire? 

Michèle Fitoussi:  Dés 2010,  moment où j’ai conçu l’idée du projet et suis venue en parler à Shama , j’ai souvent rencontré  les enfants.

 Je les ai vus grandir, évoluer. 

Tout de suite Shama m’a dit,  et je la cite à la fin du livre, «  je voudrais ranger ce livre dans un coffre fort et le ressortir quand Rayane aura 18 ans, pour qu’il sache qui étaient ses parents »

Je n’ai pas écrit ce livre pour eux  mais je m’étais fixé une ligne de conduite : ne rien écrire qui  puisse les heurter ou les blesser. Ils étaient au courant de ce que je faisais, cela les intéressait beaucoup. Quand j’allais  chez eux discuter avec Shama ou avec ses fils, Michaël et Kevin, leurs cousins, ils venaient me parler. 

Je me suis tout de suite prise d’affection pour eux , ce sont des enfants sensibles, intelligents, très bien élevés. 

Quand j’ai fini la première version du livre, je l’ai fait lire à Shama et à ses fils.

 Naeem et Ilana, les ainés, ont alors manifesté le désir de me parler de leurs parents. Shama était d’accord, alors   je les ai vus tous les deux , séparément. Ils ont dix-sept ans et quinze ans et sont trés mûrs pour leur âge. C’était trés émouvant pour moi, même si aujourd’hui ils réussissent à mettre une certaine distance entre la tragédie et eux. 

Ils ont lu le livre et en sont trés touchés.  Pour eux, faire revivre leurs parents est un cadeau. 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Récits, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |