10 06 17

Toi, mon fils, "oui-autiste"

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Mon Robinson sans mot, sans surprise et sans fard, Sans sermon, sans surmoi, sans projet d'avenir, Sans bouteille à la mort au secours du hasard

Adressé à son fils "oui-autiste", un poème  beau, mélodieux  ouvre ce récit, témoignage d'une relation père-fils hors du commun.

Laurent est docteur  en Langues et Littératures romanes 

Il  enseigne la littérature française à l'Université de Liège, en Belgique. Barthes, la langue, les signifiants, les signifiés, il connaît ...

Il est poète, aussi.

Il est surtout le père de trois enfants, dont le cadet, âgé aujourd'hui d'une quinzaine d'années est "oui-autiste", absolument rétif à notre langage, isolé des pratiques de notre société,  vulnérable face à ses innombrables dangers. Aussi, quand il en a la garde, le père se consacre-t-il entièrement à son fils, son "bébé de Damoclès".  Ce qui exige une vigilance de chaque instant, mais aussi une appréhension neuve et vivifiante de la réalité:

Comme si, en compagnie de Robinson, je sortais un oeil hors de mes pensées pour entrer plus avant dans la réalité du monde. "

 Car c'est bien cela, le coeur, l'âme de ce témoignage sublime: observant ce fiston de 10 ans - à la date du récit - par le double prisme du père aimant et de l'entomologue, Laurent Demoulin tente, par tous les moyens, et surtout sans établir de hiérarchie ni de jugement, de créer une passerelle de communication entre deux univers radicalement incompatibles. Ce faisant,  il ose le paradoxe, n'hésite pas à remettre en question nos propres modes de fonctionnement, notre rapport à la vie.

Les  péripéties se succèdent sous formes de chapitres  thématiques, tantôt courts, vifs, emportés, tantôt plus détaillés, qui décrivent le quotidien semé d'embûches - les écueils des courses au supermarché, d'une virée à la piscine, ... tant d'épisodes tragi-comiques  -  de ce couple père-fils et de la sorte de huis-clos que la société leur impose.

Un humour manié d'autodérision et d'une très belle plume parcourt cette séquence de péripéties, qui ouvre large, primordial pan à la scatologie, ses effets, ses fantasmes, dotant l'éternel duo Eros-Thanatos d'un partenaire excrémentiel assez inédit.

Une lecture de toute puissante facture

Je vous la recommande vivement

Apolline Elter

 Robinson, Laurent Demoulin, récit, Ed. Gallimard, oct. 2016, 240 pp

 

Billet de ferveur

AE :  La communication est au cœur de ce récit.  Les « non-autistes » que nous pensons être sont, en somme, les autistes des « oui-autistes » ?

Laurent Demoulin : Jolie formule ! Oui, en un sens, on pourrait dire cela : les uns sont mystérieux et difficiles à comprendre pour les autres, dans les deux sens. Mais il me semble surtout qu’aucune forntière ne sépare nettement les  oui-autistes et les non-autistes : il s’agit d’un continuum tout au long duquel se rencontrent autant de cas que d’individus. Sur cette chaîne infinie, tous les chaînons sont des intermédiaires entre les deux extrémités.

 

 

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08 06 17

Yaya

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Si le titre du récit évoque la célèbre chanson de Joe Dassin, le contenu en est plus âpre. C''est l'histoire de l' arrachement de Claire à  Yaya, sa Nounou, de l'impossible attachement à sa Maman.

Terrassée et rendue sourde par une crise d'éclampsie à la naissance de Claire,  le 8 octobre 1937, sa mère confie l'enfant à Yaya, une nourrice qui l'emmène dans la Creuse. Elle n'en vient la rechercher que quelques années plus tard, au mitan de la guerre.

Découvrant sa famille - pétainiste -  et l'appartement cossu du  Boulevard de Courcelles, l'enfant de 6 ans s'y sent d'emblée étrangère.  Face à cette mère, qui sans doute lui en veut inconsciemment de son infirmité, tout en essayant de lui donner de l'affection,  Claire Gallois va développer un mécanisme de défense, largement nourri d'indifférence.

"Face à elles, j’allais assez vite acquérir un réflexe qui me protégerait toute ma vie : l’indifférence immédiate envers qui vous embête."

Mais on ne peut vivre totalement protégé - c'est heureux - ni s'affranchir d'un amour véritable: celui que lui vouait Yaya.

Et la fillette devenue femme, écrivain, de mettre tout en oeuvre pour retrouver la fée de ses jeunes années.

Apolline Elter

 Et si tu n'existais pas, Claire Gallois, récit, Ed. Stock, janvier 2017, 144 pp

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03 06 17

Ach Zo

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 Après un 14 juillet qui avait enflammé, à la rentrée,  notre gastronomie livresque( voir chronique sur ce  blog) Eric Vuillard nous revient avec un récit tout aussi flamboyant et nous plonge, d'entrée de pages, au coeur d'une réunion historique qui vit, le 20 février 1933, vingt-quatre patrons d'entreprise - les plus prospères d'Allemagne - accorder leur soutien à Hitler.

" Et ils se tiennent là, impassibles, comme vingt-quatre machines à calculer aux portes de l'enfer."

 Et le lecteur subjugué d'assister à la montée en puissance méthodique d'Hitler et des siens, Goebbels, Goering et charmante compagnie, à la singulière cécité de Lord Halifax, surdité du président Lebrun,  humiliation de Schusshnigg, le chancelier autrichien qui voit imposer à son pays des mesures insoutenables tandis que l'Allemagne interdite de fabrication de chars depuis le traité de Versailles (1918) reconstitue, hors frontières, son équipement d'assaut.

"Une armée en panne, c'est le ridicule assuré."

L'annexion de l'Autriche  par l'Allemagne nazie, le 12 mars 1938, relève tant du machiavélisme que du rocambolesque, avec la congestion des chars d'assaut, à la frontière, pour panne technique, la fureur du ...Fürher et  l'interminable dîner londonien  qui empêche  Chamberlain de vaquer aux affaires d'Etat pour la simple raison qu'il n'arrive pas à se débarrasser de l'encombrant Ribbentrop ...

On se croit au cinéma tant l'auteur nous fait vivre les événements, les destins particuliers,  avec brio, juste tempo et un humour confondant. 

La farce est tragique: elle a coûté la vie à des millions d'Européens.

La fresque est grandiose, soutenue d'une plume, d'une écriture remarquables.

Apolline Elter

  L'ordre du jour, Eric Vuillard, récit, Ed. Actes-Sud, mai 2017, 156 pp

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25 05 17

La misérable...

Jours de famine et de détresse.jpgTroisième d’une famille de neuf enfants, Cornelia Hubertina Doff, dite Neel Doff (Buggenum, 27 janvier 1858 - Ixelles, 14 juillet 1942) est une auteure néerlandaise d'expression française et néerlandaise.

Durant son enfance, elle a suivi ses parents dans leurs déplacements successifs (Amsterdam, Anvers, Bruxelles...) et a connu l'extrême pauvreté.

Elle parvint à en sortir en posant pour des peintres belges de renom, comme Félicien Rops ou James Ensor, ainsi que pour un personnage de Charles De Coster, Nele, sculptée par Charles Samuel et par Paul De Vigne.

Elle s'installa dans la région de Bruxelles et prit fait et cause pour les ouvriers et les plus pauvres en s'engageant dans le socialisme. Elle s’est mariée avec Fernand Brouez (1860-1900), éditeur en chef de La Société nouvelle. Elle rencontra alors l'avocat et militant socialiste, ami de la famille Brouez, Georges Sérigiers qu'elle épousa en secondes noces en 1901.

C'est dans sa maison d'Anvers qu'elle a écrit directement en français son premier livre, largement autobiographique, Jours de famine et de détresse, paru chez Fasquelle à Paris et finaliste au prix Goncourt de 1911, un texte remarquable que les Impressions nouvelles à Bruxelles ont réédité récemment dans la collection « Espace Nord ».

En voici le pitch :

« Amsterdam, fin du XIXsiècle. Keetje a neuf ans. Dans sa famille, la misère s'est implantée à demeure : elle va s'aggravant à chaque nouvel enfant, et l'usure et le découragement de ses parents rendent de plus en plus fréquents les jours de famine et de détresse...

C'est avec violence et simplicité que Neel Doff, des années plus tard, raconte ses années noires d'enfance et d'adolescence. Avec précision, “tatouée” par la misère, elle prend la plume pour évoquer le froid extrême, les expulsions, les puces, les vaines recherches d'un travail quel qu'il soit et, pour finir, la prostitution. »

C’est avec Keetje (Paris, Ollendorf, 1919) et Keetje Trottin (Paris, Crès, 1921) que Neel Doff clora sa trilogie autobiographique.

Le réalisme et la qualité littéraire de ses œuvres la firent comparer à Émile Zola. En 1975, Keetje Trottin a été adapté au cinéma par Paul Verhoeven sous le titre Keetje Tippel. [1]

Une auteure et une œuvre inoubliables !

Bernard DELCORD

Jours de famine et de détresse par Neel Doff, postface d'Élisabeth Castadot, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », février 2017, 206 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 €

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Neel_Doff

01 04 17

Un drôle .. de poisson (d'avril)

Pouvait-on rêver meilleure date qu'un premier avril pour le témoignage d'une poignante mystification ...

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C'est par une pudique litote que Line Renaud narre, avec la complicité du réalisateur et scénariste Bernard Stora, une récente mésaventure qui l'a meurtrie, celle d'un abus de confiance perpétré par l'une de ses fans, voici bientôt cinq ans.  La célèbre actrice, chanteuse, femme généreuse et engagée,  repasse en son esprit, la séquence de l'imbroglio,  le fil d'événements qui ont anesthésié sa vigilance, celle de sa garde rapprochée,  et nous livre, ce faisant, un récit passionnant.

La prime rencontre avec  "Jenny"-  Jennifer Lange - date de novembre 2002. La jeune fille a 17 ans. Fan intégrale, obsessionnelle de Line Renaud, elle la retrouve dans sa loge du théâtre du Palais Royal,  au terme d'une représentation de Poste restante . Jenny est accompagnée de sa mère, Odile,  et soumet à Line le dossier - volumineux - de tous les articles, photos, documents rassemblés sur son idole.  Discrète, intelligente, efficace, Jenny entre ainsi  dans la vie de Line, dans son intimité,  s'y meut, dix ans durant, à la manière d'un "agent dormant"...

"Jenny n'était pas ma fille, je n'étais pas sa mère,  ne souhaitais pas l'être, n'y pensais même pas. Elle tenait sa place, moi la mienne, j'appréciais sa discrétion, nos rapports excluaient toute ambiguïté. C'est assurément la réponse que  j'aurais faite si on m'avait questionnée sur ce point.

La suite allait amplement démontrer mon erreur."

 C'est en 2012 que tout se corse.  Affaiblie par quelques soucis de santé, la désormais octogénaire songe peu à peu à sa succession, à la dévolution de La Jonchère - la demeure lui est chère, elle l'a aménagée avec Loulou Gasté - et de sa fondation Line Renaud-Loulou Gasté. Attributaire d'un héritage aussi inattendu que colossal , Jenny propose, partant, d'acheter la maison et en garantit à son occupante, l'usage à vie....On ne peut rêver plus grande dévotion, plus extrême délicatesse. Et c'est ainsi que rassérénée, Line Renaud se laisse totalement berner, tant il est vrai que le jeu de la confiance permet d'avaler des couleuvres, de ne pas remarquer de discrets changements d'attitude dans le chef de la future propriétaire...

Une manipulation qui relève de la pathologie plus que de la malveillance.

Un récit addictif, assurément.

Apolline Elter 

Une drôle d'histoire, Line Renaud, récit écrit avec Bernard Stora, Ed. Robert Laffont, janvier 2017, 250 pp

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01 02 17

Le meilleur de la légende

cover_story.jpgBrice Depasse raconte depuis 2001 – et avec un grand talent - les légendes de la musique sur Nostalgie. C'est « La Story ». Pas moins de 4500 chroniques ! C'est la grande et la petite histoire qui se mêlent. Souvent, il raconte des débuts difficiles ou insolites, parfois ce sont des aspects pittoresques et qu'on ignore des plus grands artistes. Bob Dylan qui fait fumer leur premier joint aux Beatles, David Bowie qui s’inspire d’un western pour trouver son pseudonyme, Michel Polnareff qui montre ses fesses sur des affiches publicitaires, Céline Dion qui débarque à La Louvière…

On suit l'ordre chronologique : entre autres David Bowie, Bob Dylan, Beatles, Rolling Stones, Françoise Hardy, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Michel Polnareff, Renaud, Christophe, William Sheller, Roxette, Lenny Kravitz, Téléphone, Elton John, Police, R.E.M., Telex, le rock, Michael Jackson, les années 80 et jusqu'aux années 2000. Un panorama époustouflant sous forme de textes simples, documentés et précis. C'est simple : cela donne envie de tout réécouter !

Vous adorerez aussi la « septième partie », intitulée « Vous n'imaginez pas tout ce qui est arrivé près de chez vous. » Vous l'avez deviné cela concerne notre pays : Genesis à Woluwe-Saint-Lambert, Queen au théâtre 140 et, parmi toutes les anecdotes, j'ai le plaisir de lire « la nuit n'en finit pas » qui reprend une anecdote qui s'est déroulée du temps de mes études de journalisme en compagnie de Salvatore Adamo et la naissance de «Tombe la neige » !

Comme j'adore les citations, celles choisies par l'auteur en exergue du volumineux livre me paraissent tellement à propos. Celle-ci est de Philippe Sollers : « Savoir où l'on va n'est pas tant savoir où l'on va mais savoir de mieux en mieux d'où on vient » !

Quand je dis « volumineux » c'est un réel compliment, on ne reste pas sur sa faim. Faites l'expérience que j'ai faite pendant quelques soirées : vous ouvrez n'importe où le livre, c'est toujours une histoire passionnante !

 

Si vous voulez suivre Brice par ailleurs, il a écrit récemment deux bios bien belges : « Le Grand Jojo. Tout va très bien » et « Frédéric François. C'est mon histoire ».

 

Jacques MERCIER

 

« La Story », (le meilleur de la légende), Edition Renaissance du Livre, 15cmX23cm, 512 pages, 24,90 Euros.

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Brice Depasse, Jacques Mercier, Médias, Récits | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 10 16

Invitation à tous les accrocs aux belles histoires de la légende

SABAM.jpgLa SABAM vous invite ce 13 octobre à un événement gratuit où vous serez bien reçu. C'est déjà pas mal, non ?
Ensuite, nous n'avons rien à vous vendre.
Mieux, vous pourrez remporter le nouveau livre de Brice Depasse, La Story, qui sortira le 3 novembre, ainsi que L'Almanach Pop Rock d'Eric Laforge. Il y aura 2 x 30 gagnants tirés au sort.
Enfin, vous pouvez venir accompagné de 1, 2 ou 3 personnes.
On s'y retrouve ? Ce sera aussi l'occasion de boire un verre ensemble.
L'inscription est gratuite mais indispensable auprès de l'organisatrice : sylvie.godefroid@sabam.be
L'animation sera (vachement bien, comme toujours) assurée par Eric Russon.

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17 08 16

Tendresse et nostalgie !

 

couve moun lakou.jpgC'est une merveilleuse remontée dans l'enfance, une description pittoresque et si vraie d'un village en Jamaïque. Mais c'est aussi un trajet pour s'en éloigner et vivre autrement : de la Jamaïque vers la Guadeloupe et vers la Floride. « Moun Lakou » est un roman coloré et passionnant à suivre. Le « lakou » est un logement misérable.

L'auteure, Marie Léticée, est professeur de littérature et de langue à l’université de la Floride Central (UCF) ou elle enseigne depuis 1988. Dr. Léticée a publié des articles dans Callaloo, Labrys Review et dans Secolas Annals. Elle a aussi reçu plusieurs bourses d’initiative et un prix de l’enseignement à UCF. De plus, elle a créé plusieurs nouveaux cours tels que : La poésie noire des Amériques, la littérature francophone, la littérature antillaise, la littérature créole et le français des affaires. Elle écrit sur plusieurs plans : le roman et l'écriture du roman, dans un style qui ne peut que nous accrocher et nous intéresser. On est dans l'humain, avec les odeurs, les décors, les conversations. Mais aussi la profondeur qui s'en dégage : « La vie, ma chère, n'est qu'une suite de maintenant » ou l'humour, comme ce passage sur les fêtes de Noël et les cantiques pour les « blancs » !

Justement, les dialogues et souvent les mots sont dans leur langue originale, parfois en anglais, parfois en créole. Elle raconte ainsi ceux qui avaient séjourné en France : « Ils nous revenaient tous enrobés de français de Fwans, ce qui leur donnait le droit de nous considérer comme des arriérés sans avenir, emprisonnés que nous étions dans les pattes de notre créole grosso modo. Ils me fascinaient. »

Par la magie de son talent, on comprend presque tout : « Dèmen, si pwèta Dié » ne doit pas être traduit.

Le roman de Marie Léticée est truffée de petites merveilles de phrases. Pour décrire la « cour Monbruno », l'endroit où elle vit son enfance, elle écrit : « Une véritable toile d'araignée où maintes vies se perdaient, englouties par les entrailles voraces de la misère. »

Mais je ne peux pas dire mieux que ce texte d'un lecteur : « Ce roman, un délicat voyge dans les souvenirs d'une île d'avant la modernisation. Le goût des plaisirs simples : des jeux en plein air, des plats préparés pour survivre, des relations directes avec autrui et surtout ses voisins. Bref, une régression qui n'érige pas le passé en élément parfait d'une époque ou d'une existence, mais plutôt comme déclencheur de sourires et de questions sur soi-même. »

Jacques MERCIER

« Moun Lakou », roman, Marie Léticée, édition Ibis Rouge www.ibisrouge.fr , 132 pp, 14X22cm, Photo Jean-Paul Leclercq, 15 euros

 

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Récits, Romans, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 09 15

Bon anniversaire, Mylène Demongeot

Résultat de recherche d'images pour "mes monstres sacrés demongeot"Ce jour célèbre l'anniversaire , la vie et filmographie riches,  rayonnantes,d'une comédienne généreuse, qui fut l'épouse de Marc Simenon, fils aîné du du célèbre... père du Commissaire Maigret. L'idylle de 35 ans prit fin avec le décès accidentel de Marc Simenon en 1999.

Elle publiait en mai dernier un ouvrage de portraits et souvenirs, tendres, espiègles, un zeste piquants, relatant les rencontres avec tout ce que les media comptent de "people", des années 50 à nos jours :Pierre Lazareff,  Jean Gabin, Charles Trenet, Jean Marais, Henri Verneuil, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jacques Chazot, Yves Montand et Simone Signoret, Brigitte Bardot, Jean Yanne, Johnny Hallyday, Daniel Gelin, Louis de Funès,  Salvador Dali, Henri Salvador, Coluche, Pierre Richard, Didier Long, Boris Cyrulnik, Gérard Depardieu et Bernard Weber et même SM Le Prince Charles d'Angleterre . Vous en aurez toruvé  le compte rendu   en notre édition de septembre de l'Eventail ainsi que l'interview que Mylène Demongeot nous a si aimablement accordée.

 

Mes monstres sacrés, Souvenirs et portraits, Mylène Demongeot, récit, Préface de Dominique Besnehard, Ed. Flammarion, mai 2015, 244 p

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05 09 15

Il est minuit, docteur Schweitzer

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Avec plaisir, je redécouvre les « Souvenirs de mon enfance » d'Albert Schweitzer, édités par Albin Michel. Outre l'intérêt des faits, de sa manière de penser, nous trouvons un bien joli style, peut-être dû aussi à la traduction faite par son oncle, Charles Schweitzer, le grand-père de Jean-Paul Sartre ! "Un petit bijou littéraire" en dira Herman Hesse.

Je note, entre autres, cette réflexion à propos de la poésie : « Aujourd'hui comme jadis, je pense qu'un poème ne supporte aucun commentaire. Il faut le sentir et le vivre. »

Mais je ne veux pas analyser ce livre, simplement vous faire part des pensées qui me sont venues. Le titre : « Il est minuit, docteur Schweitzer » me paraît un, si pas le, titre qui me demeure le plus gravé dans ma mémoire. Un titre magnifique tout d'abord d'une pièce de Gilbert Cesbron (qui était chroniqueur de radio et écrivain) ensuite du film de Haguet en 1952, avec Pierre Fresnay dans le rôle du Docteur !

Pourquoi est-il gravé de cette manière ? Parce que c'était mon enfance, un des premiers films qu'on m'a emmené voir ? Parce qu'on en parlait plus longtemps, alors qu'aujourd'hui tout file plus vite, une mode en remplaçant une autre, une chanson un autre tube, un mot un autre ?

Car c'est aussi le cas des titres suivants (livres, films...), qui me paraissent si magiques, si bien choisis : « Chiens perdus sans colliers » (du même Cesbron), « Premier de cordée », « Bonjour tristesse », « Un certain sourire », « Quand on n'a que l'amour », « La guerre de Troie n'aura pas lieu », « Le petit Prince », « Les quatre cents coups », « Le septième sceau »....

2015 est le cinquantenaire de la mort du docteur.

Jacques MERCIER

"Souvenirs de mon enfance", Albert Schweitzer, Edition Albin Michel, 2015, 140 pp. 14 euros.

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