25 01 12

A fleur d'écorce

7725151968_le-journal-intime-d-un-arbre.jpg" Je tente de remettre  en scène l'Anglais tombé du ciel qui m'initia à moi-même, la cantatrice épurée qui me donna un nom d'opéra, le médecin qui m'aima comme un fils et tailla des stylos dans mes branches... Tous ceux qui firent de moi, pour quelques minutes ou durant des années, leur compagnon d'infortune."

Prêtant sa plume à Tristan, poirier tricentenaire, tombé sur le coup d'une mini-tempête, Didier van Cauwelaert nous offre un "voyage dans la conscience de l'arbre", revisitant les racines de son passé et les muliples sensations, glanées, au fil des siècles,  par des capteurs à fleur d'écorce.

Refuge des chagrins d'amour et d'existence, Tristan poursuivra sa mission au-delà de sa chute et d'une version nouvelle et  très..branchée de la légende qui le lie à Isolde, son altière voisine.

La Nature est un temple...où de vivants poiriers émettent parfois de bienfaisantes paroles.

AE

Le journal intime d'un arbre, Didier van Cauwelaert, roman, Michel Lafon, oct.2011, 252 pp, 21, 7 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (2) |  Facebook | |

11 01 12

La possibilité d'une île?

 Rentrée littéraire 2012 - Parution ce jeudi 12 janvier

41hcBf7NUJL._SL500_AA300_.jpg" Il n'était pas sûr d'être absolument sincère. Mais il soupçonnait que, en temps voulu, ce qu'il venait de dire serait vrai, ce qui le rendait vrai, ou presque, à l'instant présent."

Radioscopie incisive de notre mode de vie occidental - américain en l'occurrence -  le roman de Lionel Shriver, nous fait partager le quotidien de deux couples d'amis, Glynis & Shep, Carol & Jackson, atteints par la maladie: le cancer rare et invasif de Glynis et la dystonie familiale, invalidante,  de Flicka, fille aînée du second couple.  A quoi s'ajoute l'opération esthétique ratée qu'a tentée Jackson.

 Personnage central du roman, Shep voit s'effondrer, avec la maladie de son épouse, le rêve essentiel et vital d'une échappée en "Outre-Vie", sur l'ïle de Pemba, près de Zanzibar. L'asservissement à l'argent qu'il tentait de fuir de la sorte lui revient de plein fouet, l'obligeant à composer avec la défection d'une sécurité sociale particulièrement perverse.

 Sondant sans tabou et avec une lucidité désabusée les tréfonds de l'âme humaine, Lionel Shriver envoûte  une nouvelle fois le lecteur du rythme d'un récit percutant, tracé  d'une plume alerte, maîtrisée qui transperce la judicieuse traduction opérée par Michèle Lévy-Braun.

 Tout ça pour.... la possibilité d'une île...?

 Apolline Elter.

 Tout ça pour quoi, Lionel Shriver, roman, traduit de l'américain par Michèle Lévy-Braun, Belfond, janvier 2012, 528 pp, 23 €

20 11 11

Plaisirs sucrés, plaisirs chocolatés...

Les secrets sucres de Jean-Philippe Darcis.jpgPrendre un journaliste, un chocolatier, un soupçon d'aventure, une louche d'amitié. Mélanger le tout. Laisser la préparation reposer pendant un an. Vous obtiendrez un merveilleux dessert sucré, fin et gourmand à glisser sous le sapin ou simplement pour faire et se faire plaisir...

 

Une amitié de longue date, une discussion banale et voici le premier recueil de recettes de la Maison Darcis publié! En effet, ils se connaissent depuis quelques années, l'un, Nicolas Gaspard, journaliste reporter pour Radio Nostalgie, l'autre, Jean-Philippe Darcis, chocolatier. Tous deux originaires de la région verviétoise. Nicolas, gourmand de nature et Jean-Philippe, ambassadeur du macaron français à la belge. Bref, le binôme idéal pour nous offrir un livre plaisant. Et c'est le cas!

 

"Les secrets sucrés de Jean-Philippe Darcis", c'est plus qu'un simple livre de recettes! C'est un mélange d'anecdotes, de souvenirs, de rencontres et de passions.  Les premières pages nous racontent l'histoire de la Maison Darcis et comment aujourd'hui, le patron est devenu un ambassadeur du chocolat en Belgique mais aussi en Asie. Dans la partie coulisses, le lecteur peut suivre les péripéties culinaires de Nicolas Gaspard dans les ateliers verviétois mais aussi et tout simplement la face cachée d'un métier parfois méconnu... Les 30 recettes proposées sont, elles, magnifiquement illustrées, bien expliquées et le chef nous livre même des petits trucs et astuces.

 

Alors, qu'attendez-vous? A vos fourneaux pour réaliser de merveilleuses pâtisseries qui raviront les palais de votre famille et vos amis!

 

Jean-Philippe Darcis nous conseille une recette facile issue du recueil: la vraie mousse au chocolat de pâtissier.


Ingrédients: (pour 10 portions)

  • 5 jaunes d'oeufs
  • 100 gr de sucre
  • 200 gr de chocolat pâtissier 60%
  • 400 gr de crème fraîche 35%

Ustensiles:

  • batteur
  • bol ou tasse
  • cuillère à soupe
  • cul-de-poule
  • maryse
  • micro-ondes
  • poche à douille + une douille cannelée
  • thermomètre

La recette:

Monter la crème fraîche au batteur puis la réserver dans un cul-de-poule.

Faire fondre le chocolat au micro-ondes à une température idéale de 45°C.

Monter les jaunes et le sucre au batteur jusqu'au ruban.

Stopper le batteur, ajouter deux cuillères à soupe de crème fraîche au mélange jaunes-sucre.

Verser le chocolat à 45°C sur ce mélange et mélanger bien au fond à l'aide d'une maryse jusqu'à l'obtention d'un appareil homogène.

Ajouter le reste de la crème et mélanger délicatement avec la maryse.

Verser dans la poche à douille et remplir les tasses.

Laisser reposer 2h au frais.

L'astuce du chef:

Si la mousse est un peu trop liquide après le mélange, placer celle-ci 15 min au réfrigérateur avant de dresser avec votre poche. Vos desserts seront plus gourmands visuellement. 


"Les secrets sucrés de Jean-Philippe Darcis", Nicolas Gaspard, Ed. Racine, Novembre 2011, 96pp, 19,95€

 

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Cuisine, Gastronomie, Rentrée littéraire | Commentaires (1) |  Facebook | |

18 11 11

Belle-au-Bois-dormant

9782859208745FS.jpg"Je suis en train d'écrire un livre sans pages dans un monde sans lecteurs"

 

Seule rescapée d'une apocalypse planétaire et d'un désastre dans sa vie privée, Eve tente d'accéder  aux portes de son passé au gré d'un trousseau de souvenirs dont  elle possède les clefs.

 

Eve de fin de monde, l'héroïne a vu sa vie éclater par la trahison d'un homme, "M.", le sien.

 

"Je suis la dernière femme du monde. Je ne sais pas où je suis, je ne sais rien de ce qui m'entoure mais qu'importe, quand on souffre d'amour, on est toujours l'ultime femme du monde."

 

Belle-au-bois-dormant d'une nuit hors temps, la narratrice revisite son enfance, sa famille, son couple,  avec un réalisme, truffé d'absurde, d'humour et nous concocte un de ces spirituels cocktails dont Marie-Eve Sténuit a le secret.

 

Apolline Elter

Un éclat de vie, Marie-Eve Sténuit, roman, Le Castor Astral, octobre 2011, 84 pp, 12 €


 

Écrit par Apolline Elter dans Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 11 11

Prise de vie

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La rentrée littéraire est décidément féconde, cette année, qui voit la vitrine de ce blog, regorger de lectures hautement recommandées.

Il faut nous en réjouir.

Et vous mander ce nouveau coup de cœur.

 

Surnommé "Cheyenn", Sam Montana-Touré, un sans-abri, est retrouvé mort, au fond d'une filature désaffectée. Sans doute a-t-il été assassiné par une bande de skins. De sa vie sur terre, il ne reste que des haillons et les images d'une séquence documentaire prise, quelques mois avant sa mort,  par un cinéaste.

 

Signé de la belle écriture, riche, mélodieuse,  inspirée et aspirante de l'écrivain belge François Emmanuel, Cheyenn inscrit  une réflexion, une déontologie de la prise de vues et  de la propriété artistique: l'intrusion d'une caméra dans la vie d'un SDF - Cheyenn- impose au narrateur une responsabilité posthume écrasante: répondre à l'attente muette d'un regard saisi par hasard.

 

"Cette image  je la porte en moi désormais, il suffit que je ferme les yeux pour que j'en revoie le détail: sa face hirsute, son harnachement de sacs plastique dont les bandoulières de corde  se croisent sur son gilet matelassé et son accoutrement d'Indien d'Amérique avec des cordelettes qui lui barrent le front, une patte de chat en pendentif, des morceaux de fourrure qui balancent au bout de ses tresses, tout un attirail qui donnerait envie de rire si son regard n'était là fixe et tremblant, tout en terreur dépassée, comme s'il me disait prenez-moi maintenant, c'est moi que vous devez prendre, c'est pour moi que vous êtes venu."

 

Véritables tableaux, instantanés d'atmosphère, les descriptions du narrateur, cinéaste, sont quête d'âme. Il lui faut à tout prix remonter le passé de Cheyenn, comprendre les raisons de sa déchéance sociale, de son assassinat,  pour que la vie de ce dernier ne reste pas lettre morte, étiquette glacée attachée à un corps non réclamé.

 

"Je m'étais dit que mon film était devenu la seule marque d'identité sociale d'un homme qui n'avait pas encore de nom, était simplement désigné comme un sans-abri de peau métissée."

 

Un rendez-vous raté qui se meut en une magnifique prise de vie.

 

Apolline Elter

Cheyenn, François Emmanuel, roman, Le Seuil, août 2011, 128 pp, 14 €

 

Billet de faveur

 

AE: François Emmanuel, avec ce très beau récit, nourri du souffle de votre plume et d'une réflexion sur le rôle de l'image,  est-ce une certaine culture journalistique, avide d'émotion facile et superficielle que vous mettez sur la sellette ?

 

 François Emmanuel: Pour moi Cheyenn est un livre qui parle avant tout du lien social. Il s’y applique par la négative, en tentant de redonner une humanité à un homme qui est exclu de tout lien. Pour arriver à ses fins le cinéaste documentariste doit certes passer outre une forme de culture journalistique dominante mais aussi toute une série d’intervenants professionnels qui ne peuvent donner de Cheyenn que la « vérité », inscrite dans leur propre discours et formatée par celui-ci. Poussée ici à l’extrême c’est sans doute la difficulté de tout témoignage artistique.

 

AE: vous portez un regard respectueux, réfléchi sur les SDF, cette "communauté du bout de la vie", un regard, passerelle d'humanité. Est-ce à l'inverse notre absence de regard, notre indifférence qui  déshumanise les sans-abri?

François Emmanuel: Cheyenn s’est évidemment exclu lui-même autant qu’il a été exclu. Une fois qu’ils sont passés de l’autre côté, dans cette zone inhabitable de nos villes, nous sommes bien mal à l’aise pour tenter de redonner une présence humaine à ces errants d’aujourd’hui. La médiation du documentaire permet d’entrer (ici

a posteriori) dans le temps de cet homme mais bien sûr c’est à travers ce support, cette distanciation, qu’elle le réintroduit à nos yeux dans l’humanité qui nous est commune.

Écrit par Apolline Elter dans Rentrée littéraire, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 11 11

Colette et Bertrand

9782259212908_fiche.jpg Exercice subtil et risqué que de se glisser dans la peau, dans l'âme de Colette, d'autopsier l'amour qui la lia quelque cinq ans à son beau-fils, Bertrand de Jouvenel. Colette avait alors 47 ans, Bertrand, 17...

 

"Bertrand n'est pas un problème parce qu'il a dix-sept ans, Bertrand n'est pas un problème parce qu'il est le fils de mon mari, Bertrand n'est pas un problème parce qu'il m'aime et me désire, Bertrand est un problème car il m'attire."

 

Saisie dans un long monologue avec un médecin, psychanalyste, la célèbre écrivain  fait le point sur sa vie amoureuse, passée et future, sur son enfance et le sentiment fort qui la lie à sa mère.

 

L'amour de Bertrand et de Colette leur permettra-t-il de panser leurs plaies respectives ?

 

Autorisant son imagination personnelle à pratiquer le "mentir vrai, empathique et schizophrénique", Delphine de Malherbe trace de la Phèdre du XXe siècle un portrait intéressant. Un portrait que n'aurait peut-être pas renié Colette...

 

Apolline Elter

 

L'aimer ou le fuir, Delphine de Malherbe, roman, Plon, août 2011, 128 pp, 17 €

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02 11 11

Les rails de la vie

 index.jpg    Antonio, photographe, revient après dix années d'absence à Lisbonne. Il y rejoint un collaborateur journaliste, Vincent, afin de couvrir le procès d'un tueur en série.

 

     Lisbonne, ville de son premier amour. Lisbonne, ville de sa plus grande blessure. Tandis qu'il n'était âgé que de douze ans, Antonio a en effet rencontré celle que l'on surnomme « Canard ». Un amour mythique, puissant, lumineux. Un amour promis à l'éternité. Un amour hélas aujourd'hui brisé. Chacun a emprunté un chemin de vie différent, sans pour autant oublier...

 

     Vincent, informé de cette relation fondatrice, ne peut se résoudre à ce qu'une si belle romance ait avorté. Et de tout faire pour retrouver la jeune femme. Et de vouloir coûte que coûte que leurs chemins se recroisent pour ne plus faire qu'un. Quels sont les motifs sous-jacents qui guident sa quête ? Parviendra t-il à rétablir ce lien rompu il y a des années ? Peut-on influer sur la destinée des êtres ?

 

     Avec une plume alerte, Hervé Le Tellier nous embarque dès la première page sur sa ligne de tramway Eléctrico W, à travers Lisbonne. Au fil des pages, il nous peint avec brio les paysages des jeux de l'amour, de la jalousie, du poids du destin, de l'improbable réparation des âmes et des coeurs blessés.

 

    Un très agréable voyage littéraire !

Eléctrico W, de Hervé le Tellier. Editions J.C. Lattès, Août 2011. 286 p., 18 €.


Karine Fléjo

 

  

Écrit par Brice dans Rentrée littéraire, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 10 11

Réflexions de miroirs

tous_nos_petits_morceaux_01.j_1.jpg" Le pantomime suit son cours: Louison, de dos, gigote péniblement d'un vêtement à l'autre et se retourne vers moi, la grimace fin prête; Elle tord sa bouche,plisse ses yeux, chiffonne son front, fronce ses sourcils, tout cela en alternance, et presque en permanence; je crois n'avoir jamais vu son vrai visage, à supposer qu'il y en ait un derrière ce masque versatile."


Rassemblés dans une cave par une collectionneuse aveugle, des miroirs, animés par des rais de lumière subreptices s'échangent une amène série de ..réflexions. Ils revivent leur vie passée et ces scènes intimes  dont ils ont été les témoins privilégiés.

 

Une dizaine de nouvelles, un point de vue inventif -quelques bribes de phrases en ..miroir -  une plume alerte, subtile et maîtrisée reflètent... une belle surprise de la rentrée littéraire, une oeuvre sur laquelle il est bon de poser son regard.

 

Apolline Elter

 

Tous nos petits morceaux, Emmanuelle Urien, recueil de nouvelles,  Ed. D'un noir si bleu, sept 2011, 178 pp, 16,5€

Écrit par Apolline Elter dans Nouvelles, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

18 10 11

Rose et... Joséphine

merveilleuses_01.jpg Débarquée à Brest, de sa Martinique natale, le 12 octobre 1779, Rose de La Pagerie découvre le sol français en même temps que son fiancé, Alexandre de Beauharnais. Le mariage bat rapidement de l'aile à l'instar de cette fin de XVIII e siècle qui endosse la Révolution française, la chute de Louis XVI et l'écrasant régime de la Terreur.

 

"Tout était oublié sauf le goût du bonheur et des ambitions personnelles"

 

Relevées des supplices et de sévices endurés, Rose de Beauharnais et son amie Théresia Cabarrus s'adonnent à la frivolité dans tous ses excès: folles dépenses et collection d'amants seront les témoins d'une course effrénée au plaisir. Jusqu'au jour où Rose rencontre un jeune Corse plein d'ambition, nommé  Premier consul à son retour d'Egypte..un certain Napoléon ...qui la baptise du prénom "Joséphine"...

 

Une plongée historique dans la période de l''"avant Bonaparte" et le destin de personnages ..de roman.

 

Apolline Elter

 

Merveilleuses, Catherine Hermary-Vieille, roman, Albin Michel, oct. 2011, 426 pp, 22 €

Écrit par Apolline Elter dans Rentrée littéraire, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

15 10 11

Mais si, Mais si...

9782930585055FS.jpg" Le vieil homme qui buvait avec nous ce soir-là ne faisait pas partie de ma troupe. Il n'avait pas non plus l'allure des touristes habituels de mon concurrent. Cheveux et barbe en broussaille, la peau très pâle, un peu moite, il ressemblait à une saucisse de Francfort dont la date de péremption était largement dépassée".

 

Le ton est donné.

 

Pas facile pour le Messie (mais si, c'est lui) d'atterrir  en notre troisième millénaire, embryonnaire. Vieillard barbu, affublé d'un âne, il débarque là où on ne l'attend pas.De toutes façons, on ne l'attend guère et plutôt que d'affronter une opposition musclée, il ne rencontre qu'indifférence feutrée.

 

Dix nouvelles, couronnées d'un retour à Jérusalem, offrent au vieil homme tant d'étapes à travers le monde - Buenos Aires, Bonn, Bruxelles, Odessa, Venise, l'Andalousie ...- à la  rencontre de son prochain et de son quotidien.

 

Loufoque, burlesque  et comique se confrontent que sous-tend une reflexion sur notre société contemporaine: sommes-nous prêts à recevoir le message que le Messie entend nous délivrer?

AE

Messie malgré tout, Alain Berenboom,  recueil de nouvelles, Editions Genèse, sept.2011, 144 pp, 17 €

 

    Billet de faveur

 

AE: Alain Berenboom, "votre" messie, vieux et barbu, symbolise-t-il la (ré)conciliation de la religion juive et catholique? Les catholiques n’attendent pas plutôt le retour d’un homme, jeune  - certes barbu -  âgé de 33 ans?

 

Alain Berenboom: mon personnage est le messie tel que je l’imagine depuis mon enfance, à travers les histoires que me racontaient à ce sujet mon père et la lecture de l’ancien testament.

 

Dans mon esprit, mon propos est plus fantaisiste que religieux. Je ne crois pas (ou alors c’était inconscient) avoir envisagé ces histoires comme portant un message religieux et en tout cas il n’y est pas question dans mon esprit de la religion catholique (le messie à deux ou trois reprises s’étonne d’ailleurs de l’existence de Jésus qu’il ne connait pas apparemment ! )

 

AE: L'indifférence - l'apathie même -  que rencontre le Messie, est-elle plus grand fléau de notre société contemporaine?

 

Alain Berenboom:Non, c’est plutôt le manque de fantaisie. J’aimais bien ce slogan de 1968 : "L’imagination au pouvoir."

 

L’indifférence est le résultat d’un manque de volonté de réfléchir, de se cultiver, d’imaginer, pour relancer la civilisation

 

AE: En quoi consiste votre madeleine de Proust?

 

Alain Berenboom:Le souvenir de ma maman et de mon papa

 

 

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