20 10 11
Ode à la vie

"J'avais ramassé une annonce comme on attrape une bouteille de soude caustique , et j'avais le coeur qui saignait"
Une petite annonce peut changer le cours de la vie et surtout le regard que vous portez sur elle.
Lorsqu'elle se présente comme baby-sitter chez Mouche, une dame âgée et malade, Sophie, 14 ans, chausse sans doute des bottes trop grandes pour elle. Il s'agit d'accompagner cette grand-mère, atteinte d'un cancer incurable, au terme de sa vie et de lui permettre de voir sa famille, dans les meilleures conditions.Une exigence: toujours dire la vérité.
Apprivoisant cette situation déconcertante et la perspective nouvelle de la mort, Sophie se retrouve au coeur d'un dialogue entre générations, moulu d'estime, de compréhension, de non-dits et de pragmatisme.
"Je ne guérirai pas, Sophie. Ce n'est pas l'espoir de guérir qui m'a fait choisir le palliatif, mais l'envie de vivre "
Avec un talent marqué pour tremper sa plume dans le sang et dans le coeur d'ados plutôt matures , Eva Kavian réussit le pari - subtil et risqué - d'inviter la mort à la table de la vie.
Apolline Elter
Premier chagrin, Eva Kavian, roman, Mijade, zone J (Litt. jeunesse) , oct 2011, 190 pp, 6 €
Écrit par Apolline Elter dans Livres pour la jeunesse, Romans, Romans jeunesse | Commentaires (0) |
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10 06 11
Carpe et dilemmes !
En des temps reculés, sous l'Empire, un fonctionnaire des eaux et forêts parcourt à cheval la région de Dijon pour faire ses traditionnels relevés, quand il tombe sur un charmant ruisseau au nom pour le moins étrange : la femme sans tête. Diantre, se dit notre homme, pourquoi avoir baptisé un joli cours d'eau d'un nom si mystérieux, voire effrayant? Aux spéculations premières, fruits de son imagination, il décide de substituer une véritable enquête sur le terrain. Pas un seul village, pas une seule chaumière, pas un seul marché n'échappe au crible de ses questions. Et l'enquête de s'enliser dans la vase du ruisseau. En effet, chacun a entendu parler de la femme sans tête et lui donne l'origine de cette appellation. Sauf que personne n'a la même version, tout en affirmant détenir la seule vérité. Femme s'entête ? Femme cent têtes ? L'affamée sans tête? La femme sans tette ?
Dilemmes.
De quoi perdre la tête à son tour!
Assis au bord du ruisseau, contemplatif, notre brave homme s'apprête à abandonner l'enquête quand... Momo la carpe s'adresse à lui! Tout d'abord incrédule, force lui est d'admettre que le dicton « muet comme une carpe » n'est qu'élucubration. Momo est douée de la parole. Plus stupéfiant encore, il réalise qu'il peut lui aussi parler la langue des eaux !
Chaque jour, rendez-vous est donc pris au bord de la rivière, où Momo et ses amis vont révéler à cet homme devenu leur ami, la véritable histoire de ce cours d'eau. Ou comment Hammelye de Neuville, enfant gâtée d'une riche famille, et Momo la carpe, cohabitent ensemble depuis 234 ans suite à un sortilège.
Avec un humour inénarrable et un style fluide comme l'eau, Juliette Nothomb nous emporte dans les tourbillons truculents de son ruisseau, au milieu des carpes , des brochets so britishs et des tilleuls parlants. Un univers empli de tendresse, de poésie, d'amour, de sensibilité, frais comme le chant du ruisseau.
Et de nous montrer si besoin était, combien Juliette Nothomb est une femme de tête, de talent et de coeur.
Plongez tête la première dans ce ruisseau!
Karine Fléjo
La vraie histoire de la femme sans tête, Juliette Nothomb - Illustration de couverture : Martin Maniez - Éditions Albin Michel Jeunesse, Juin 2011, 172p, 12€.
Écrit par Brice dans Romans jeunesse | Commentaires (0) |
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