19 09 17

Le talent d'Isabelle Wéry !

03_Fumer_des_Gitanes_HD_bord_noir.jpgLe talent d'Isabelle Wéry : celui de nous plonger efficacement et avec un tel bonheur dans l'histoire qu'elle nous raconte. C'est une voix qui nous berce, nous bouscule, nous charme et nous étonne. "Fumer des Gitanes" est le troisième numéro de la collection Opuscules, qui nous plaît dans sa diversité et sa régularité (sortie tous les vendredis), mais aussi par le format court et pourtant semblable à un roman. La quatrième de couverture est toujours une belle accroche, qui n'en dévoile pas trop, mais nous donne envie de poursuivre :

Imagine... Tu gardes le manoir de tes amis. Une baraque inouïe. Avec parc immense et piscine. C'est l'été flamboyant. Et ce soir, tu invites une femme, belle comme une italienne. Tu espères bien l'impressionner. Tu t'es ruiné en viande rouge maturée, en vins fous. Ce soir, tu le sens, tu emballes sec. Un paquet de Gitanes traîne dans le petit salon...

On y trouve de superbes pages sur la rencontre amoureuse, on s'en serait douté (lire ses textes pour le théâtre (La Mort du Cochon, Mademoiselle Ari Nue...) ou son second roman :  Marilyn Désossée (Editions Maelström) qui a été finaliste du Prix Victor Rossel et a reçu l'European Union Prize for Literature en 2013. 

J'adore aussi les détails vrais comme la mort de Simone Veil ou le passage de Julien Doré chez Ruquier. 

A savourer en attendant le métro, dans les encombrements ou dans son lit avant de s'endormir. Le plaisir est le même.

 

Jacques MERCIER

 

Fumer des gitanes, Isabelle Wéry, Edition Eric Lamiroy, collection Opsucules N°3, 36 pp, 10X14cm, Prix : 4€ ( + 1€ en envoi postal)www.lamiroy.net 

 

 

 

 

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13 09 17

L'intimité du romancier.

_janzyk.jpgUn homme tourmenté se réfugie dans la littérature. Avec Véronique Janzyk nous sommes dans son intimité. « J'ai senti battre notre cœur » est le titre évident de ce superbe roman. Rarement, on peut se glisser ainsi dans les rouages de l'âme humaine, de ses passions, de ses doutes. Véronique le fait dans un superbe style et par le biais étonnant, entre autres, de la marche. « La marche, c'est comme l'écriture, dis-tu. La respiration du marcheur, c'est sa musique et ses enjambées son style. » et « Ni dans la marche ni dans l'écriture il n'est possible de tricher. Personne ne peut marcher à la place d'un autre. Personne ne peut écrire le livre d'un autre. » et « Nous avons fait à deux ce qui d'habitude se fait seul : marcher, lire et écrire. »

Le style de l'écrivain, c'est la manière dont il tourne les phrases. Son ton, c'est son souffle.Déjà la rencontre est insolite et belle : « Je t'ai rencontré sous un ciel étoilé. Une reconstitution du ciel, dans un musée. »

Mais bien d'autres citations sont à pécher dans le livre. En voici quelques-unes :

« Écrire, c'est cadrer. Tu cadres la réalité. Une partie de la réalité devient ta réalité. »

« Les bleus d'enfance ne s'effacent pas. Il y a dedans assez d'encre pour écrire toute une vie. »

« Peut-être n'est-ce pas tant la géographie que le trajet qui rend aux êtres leur place. »

Il y a aussi un chien : « Parfois, il y a une voix pour la faire revenir. Ma voix comme une laisse. » Magnifique !

 

P.S : Le livre sort le 4 octobre. www.onlit.net 

 

Jacques MERCIER

 

J'ai senti battre notre cœur, roman, Véronique Janzyk, 112 pp, 12X19cm, Onlit Édition 2017, 12 euros.

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23 08 17

Frappe-toi le coeur !

couve ntohtomb.jpgAmélie Nothomb a le chic pour trouver le beau titre insolite. Cette fois, il s'agit de la phrase d'Alfred de Musset : « Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie ». Comme depuis le tout premier ouvrage de l'écrivaine, j'ai adoré !

Dès le début, après quelques lignes, cette incroyable attirance dans l'histoire, le livre, les phrases. On est hyptonisés par le récit, la curiosité titillée.Vous trouverez des analyses fouillées du futur nouveau succès un peu partout, je vous distille donc ici quelques phrases qui m'ont frappé.

Vous le savez, Amélie a toujours adoré la recherche de prénoms incroyables pour ses personnages. Alors, cette fois, elle prend le contrepied pour nous surprendre :

« Marie aimait son prénom. Moins banal qu'on ne le croyait, il la comblait. Quand elle disait qu'elle s'appelait Marie, cela produisait son effet. « Marie », répétait-on, charmé. »

Et puis ceci, toujours à propos des noms :

« C'est mon vrai nom. Mes parents s'appellent Monsieur et Madame Deux. Et comme ils ne manquent pas d'humour, ils m'ont baptisée Elisabeth. » 

Quelques courts moments :

« Quel plaisir d'être cent fois respirée, mille fois convoitée, jamais butinée ! »

« Elle était si heureuse qu'elle se croyait amoureuse. »

« Tous les enfants prient sans forcément savoir à qui s'adresser. »

« Je ne suis pas cultivée, vous savez. Mais j'ai toujours aimé lire. »

« Elle travailla tellement que le temps ne contenait plus de pulpe. »

« Chaque jour était le trognon d'un jour et ce n'était pas elle qui en croquait la chair. »

Le talent d'Amélie est aussi d'allier la belle écriture au monde actuel, comme dans ce passage :

« A l'âge où les filles trouvent trop cool d'arriver en classe avec un jean troué et une chemise de bûcheron, elle portait les tenues strictes des danseuses classiques à la ville.

-Tu es limite chiante, lui dit Karine qui se considérait comme son amie la plus lucide.

-Pourquoi limite ? Fut l'éclairante réponse de Diane. »

C'est aussi un récit d'amour et d'amitié, qui m'a parfois fait songer au trouble que j'avais ressenti, adolescent, à la lecture du « Rempart des béguines » d'une autre Belge, Françoise Mallet-Joris.

 

Jacques MERCIER

 

« Frappe-toi le coeur », Amélie Nothomb, Albin Michel, 180 pp, 20X1,8X13,5 cm, 16,90 euros, parution Parution le 24 août 2017

05 08 17

« J'ai dit bizarre… Comme c'est bizarre ! » (Jacques Prévert, dialogue dans Drôle de drame)

Hôtel meublé.jpgGérald Bertot alias Thomas Owen est né le 22 juillet 1910 à Louvain et il est mort le 2 mars 2002 à Bruxelles.
 
Ses études de droit terminées en 1933, il est engagé dans une meunerie, le Moulin des Trois Fontaines à Vilvorde, dont il sera le directeur pendant quarante-trois ans. Il sera également président général des Meuneries belges, puis du Groupement des Associations meunières de la CEE.
 
Parallèlement, attiré par le surréalisme, il devient critique d'art pour La Libre Belgique et L'Écho sous le pseudonyme de Stéphane Rey.
 
Mobilisé en 1939, il échappe à la déportation qui suit la capitulation de l’armée belge.
 
Sa rencontre avec Stanislas-André Steeman servira alors de déclencheur à sa carrière d'écrivain. L’auteur de L’assassin habite au 21 (1939) l'encourage à écrire des romans policiers, genre peu disponible à l'époque.
 
De 1941 à 1943, Thomas Owen publiera plusieurs nouvelles et romans policiers, caractérisés par « un humour assez féroce », qui attirèrent sur lui l'attention de la critique.
 
Il se tourna ensuite vers la littérature fantastique, en faisant paraître Les Chemins étranges en 1943. C'est de ce genre particulier, romans, contes et récits d'épouvante, que lui viendra la reconnaissance du grand public. Ses nouvelles fantastiques plongent le lecteur dans un univers en perpétuelle collision avec l'horreur et l'irrationnel (1).
 
Il est élu membre de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique en 1975, au fauteuil 28 dans lequel il succéda à Constant Burniaux (2) et qui est aujourd’hui celui de Jean-Baptiste Baronian.
 
C’est aussi en 1943 que Thomas Owen rédigea Hôtel meublé, un curieux polar qu’ont ressorti les Impressions nouvelles à Bruxelles, dans la fameuse collection « Espace Nord ».
 
En voici le pitch, fourni par l’éditeur :
 
« Un crime a été commis : Oswald Stricker, vieil expert et usurier, détenteur d’une fortune secrète, est retrouvé mort dans son appartement. L’inspecteur Maudru est chargé de cette curieuse affaire. Il sera très vite secondé par Madame Aurélia, détective amateur, qui va s’installer dans le logement du défunt pour mener l’enquête au plus près des locataires – aussi morbides que saugrenus, vivant dans la misère et prêts à tout pour s’enrichir. Un huis clos fantastico-macabre aux allures de Cluedo. »
 
Ajoutons que le titre lui-même relève de l’étrange, dans la mesure où l’intrigue de ce roman ironique se passe dans une maison qui n’est pas un hôtel meublé, mais qui pourrait l’être, non pas pour des raisons immobilières, mais parce que les personnages pour le moins pittoresques et inquiétants qui l’habitent semblent plus passagers que stables…
 
Un texte tout ce qu’il y a de décapant !
 
Bernard DELCORD
 
Hôtel meublé par Thomas Owen, postface de Rossano Rosi, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », novembre 2016, 237 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,00 €

(1) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Owen
 
(2) 1892-1975, à qui l’on doit un intéressant Crânes tondus (1930).

30 07 17

Sur le lieu d’amitié…

Un si petit territoire .jpgEntre 1816 et 1919, le territoire hautement stratégique de la petite commune wallonne de Moresnet (aujourd’hui dans l’entité de Plombières, en province de Liège), par la volonté des vainqueurs de NapoléonIer à Waterloo en 1815, fut un territoire neutre et indépendant de 3,44 km2 et de 250 habitants environ, dont la langue officielle était l’espéranto.
 
On y exploitait alors la mine de zinc de la Vieille Montagne (épuisée en 1885), la plus riche d’Europe, dont on a extrait plus de deux millions de tonnes en cinq siècles, et les Pays-Bas en disputaient la souveraineté à l’Allemagne. Celle-ci annexa le territoire en 1915 et le traité de Versailles établit en 1919 la souveraineté belge sur le Moresnet Neutre ainsi que sur le village allemand voisin de Neu-Moresnet. À nouveau confisquée par l’Allemagne en 1940, la commune fut définitivement restituée à la Belgique en 1944.
 
Sans toutefois battre monnaie, le Moresnet Neutre, qui avait pris le nom espérantiste d’Amikejo (« lieu d’amitié »), arborait son propre drapeau, avait son propre gouvernement, ses services postaux et même son hymne national, l’Amikejo Marsch. Il y a donc 98 ans que l’espéranto n’est plus la langue officielle du seul pays pour qui il le fut jamais (1).
 
C’est dans cet étrange pays au confluent des frontières actuelles de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique que l’écrivain et diplomate français Marc Bressant (2) situe l’action de son roman-fleuve Un si petit territoire (publié à Paris par Bernard de Fallois), une saga passionnante qui s'étend sur tout un siècle pour s'achever avec l'entrée des troupes allemandes dans le Moresnet Neutre le 8 août 1914.
 
Car, écrit l'auteur, « les deux jeunes aides de camp, l'un néerlandais, l'autre prussien, à qui leurs souverains avaient confié mission de "régler au plus vite le problème de Moresnet", ne se doutaient évidemment pas qu'en créant au cœur de l'Europe un pays sans armée ni police ni justice, ils ouvraient la porte à de bien singulières aventures… »
 
Bernard DELCORD
 
Un si petit territoire par Marc Bressant, Paris, Éditions de Fallois, avril 2017, 414 pp. en noir et blanc au format 15,6 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)
 
(1) Cf. Neutral-Moresnet-neutre – Échos d’une curiosité européenne par Leo Wintgens, Aachen, Helios Verlag & Montzen, Centre de recherches linguistiques Obelit, collection « Documents d’Histoire », novembre 2010, 304 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 30,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39,90 €.
 
(2) Dont l’ouvrage La Dernière Conférence a été récompensé par le grand prix du roman de l'Académie française en 2008.

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28 07 17

En voiture, Simone !

La clé sous la porte.jpgParu d’abord chez Joëlle Losfeld en 2015, La clef sous la porte de Pascale Gautier (1) – dont le roman précédent, Les Vieilles (Joëlle Losfeld, 2010, Prix Renaudot poche 2012) avait connu un immense succès – ressort en format de poche chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio ».
 
En voici le pitch :
 
« Ils sont solitaires, dociles, désabusés. Ils sont enseignant, retraité, cadre, employée. Tous sont ligotés à leur petite vie, à leur faux confort. Auguste, comme chaque fois qu'il retrouve ses parents, est pris en tenaille entre une mère tyrannique et un père plutôt faible. José, retraité endurci, vit devant la télé, allumée 24 heures sur 24. Ferdinand subit une femme volage et une fille ado, véritable tête à claques. Agnès, toujours amoureuse d'hommes mariés, est harcelée par ses trois frères qui lui demandent de venir au chevet de leur mère qui est en train de mourir pour la cinquième fois...
 
Jusqu'au jour où, grains de folie aidant, ces quatre contre-héros vont rompre les amarres. Parents, métier, épouse, raison : tout finit par voler en éclats… »
 
Caustique à souhait, cette exploration des vies ordinaires en crise et des travers de notre société est aussi une ode à la liberté…
 
Bernard DELCORD
 
La clef sous la porte par Pascale Gautier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », avril 2017, 224 pp. en noir et blanc au format 10,7 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,60 € (prix France)
 

(1) Qui est par ailleurs directrice littéraire du domaine français aux Éditions Buchet-Chastel. La clef sous la porte est son onzième roman.

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03 07 17

Sic transit gloria mundi…

Le Roman d'Héliopolis.jpgDescendante de Boghos Nubar Pacha [1], Amélie d'Arschot Schoonhoven [2] est historienne et conférencière, notamment à la Villa Empain.

Elle a fait paraître chez Avant-Propos à Waterloo Le Roman d'Héliopolis, un ouvrage dans lequel elle retrace l’histoire de la ville égyptienne qui fut érigée à partir de 1905 et jusqu’en 1912 sur une grande parcelle de désert au nord-ouest du Caire par le baron [3] et industriel belge Édouard Louis Joseph Empain (1852-1929) et son associé Boghos Nubar Pacha, une cité ultramoderne avec ses bâtiments inspirés de diverses architectures du monde entier, son système de distribution d’eau, sa ligne de chemin de fer, ses routes, ses plantations et son réseau de tramways électriques.

Héliopolis, qui fut au départ peuplée d'étrangers et de coptes (Égyptiens chrétiens) puis par les classes moyennes du Caire, est aujourd’hui un quartier de la capitale égyptienne dont la surpopulation a conduit à la disparition des nombreux jardins.

Fondé sur les archives familiales de l’auteure et brillamment rédigé, ce roman historique retraçant une formidable saga urbaine s’avère en tout point passionnant !

Bernard DELCORD

Le Roman d'Héliopolis par Amélie d’Arschot Schoonhoven, Waterloo, Éditions Avant-Propos, juin 2017, 204 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,00 €

 

[1] Fils de Nubar Pacha (1825-1899), régent d'Égypte, Boghos Nubar Pacha (1851-1930) a épousé Marie Dadian en 1879. Leur fille Eva Zarouhi se maria en 1907 avec le comte Guillaume d'Arschot-Schoonhoven (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boghos_Nubar_Pacha).

[2] Elle est administrateur de l'Association Royale des Demeures Historiques de Belgique.

[3] Général et aide de camp du roi des Belges, il a été anobli par Léopold II en 1907.

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30 06 17

La voix du Destin !

couverture-destins.jpeg« Celui qui a dit que le destin n’existe pas est un menteur. Car
il existe bel et bien et il est écrivain. Mais le pire dans tout
cela, c’est qu’il trouve son inspiration dans les trois milliards
de dossiers que composent nos existences. Alors vous pensez
bien qu’il ne se gêne pas pour raconter nos vies avec la suave
cruauté du chat devant la souris.
Ce livre, c’est un déferlement de secrets, un jeu de massacre
dont la partie ne se gagne qu’à grands coups d’incertitudes,
un labyrinthe où se croisent les âges, les gens et les époques.
Ouvrez-le et découvrez les destins perdus de Josiane, de
Maddox, de Janis, de René, de Lou et de bien d’autres encore. »

 

Cette présentation par l'éditeur du livre de Nancy Vilbajo « Le bureau des destins perdus » est parfaite. Le livre fut de plus « coup de coeur » des libraires lors de l'événement « Auteurs à la page ». Cette Binchoise n'est pas à son coup d'essai, mais elle nous surprend de livre en livre pour sa totale maîtrise de ce qu'on appelle « L'imaginaire belge » (à l'époque j'eus l'honneur d'être directeur littéraire d'une collection qui présentait cette mouvance : de Thomas Owen et Jean Ray jusqu'à Alain Dartelevelle, Jean-Baptiste Baronian et Jacques Crickillon. Les illustrations de François Bouton soulignent encore cette filiation.

Les séquences sont courtes, les dialogues nombreux et vivants, le suspense toujours présent. Un livre tel qu'on les aime !

Et ce Destin qui prend voix !

« Je suis toi, ta petite voix rien qu’à toi. Je suis ton enfance, je suis ta jeunesse, celle du temps où ton destin était encore un rêve. »

 

Pour vous donner le ton d'un des destins :

« Je me mis à donner des coups de pieds dans les cartables, à lancer les plumiers à l’autre bout de la pièce. Mais chaque objet revenait aussitôt à sa place comme si un doigt invisible avait appuyé sur le bouton «rewind» d’un vieux magnéto. Et vu que cela ne suffisait pas, les lettres tracées au tableau tombaient en poussière. Une à une, sournoises, mesquines et méchantes. »

 

Mais aussi :

« La pourpre d’un été finissant donnait à Calador une allure apocalyptique, un soir parfait pour la fin du monde. Et d’ailleurs, c’était bien la seule consolation du condamné, il aurait détesté mourir en hiver. »

 

Nancy Vilbajo est une de nos grandes écrivaines, qui s'affirme de texte en texte. Découvrez-la !

 

Jacques MERCIER

 

« Le bureau des destins perdus », Nancy Vilbajo, Edition Chat Ailé, 2017, de 18 à 22 euros. www.chaitaile.com

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19 06 17

« Comment c'est la Chine ? C'est plein de Chinois. » (Pierre Perret)

Hong Kong blues.jpgAvocat spécialiste du droit d’auteur et chroniqueur au journal Le Soir, l’écrivain belge Alain Berenboom à qui l’on doit, entre autres ouvrages, Monsieur Optimiste (Genèse Édition, 2013) dont nous avons chanté les louanges dans ces colonnes, nous est revenu cette année chez le même éditeur avec un roman foisonnant et caustique intitulé Hong Kong blues qui, nous n’en doutons pas, connaîtra un grand succès cet été auprès des vacanciers – et des autres lecteurs – en quête de littérature bien écrite, de dépaysement original et de scénarios à rebondissements bien ficelés.

En voici le pitch :

« Marcus Deschanel est un type séduisant. Journaliste dans une gazette du nord de la France, il se croit irrésistible. Pourtant, tout prend l’eau dans sa vie. Sa compagne l’a quitté, son dernier roman est un flop magistral et son bébé, la petite Gabrielle, l’horripile. Sur un coup de tête, Marcus décide de quitter la France. Il se voit déjà écrivain-voyageur. Mais, à Hong Kong, sa vie bascule.

À peine débarqué dans l’ancienne colonie britannique, il se retrouve mêlé à l’assassinat d’une manucure dans une discothèque. Son passeport a été retrouvé dans le sac de la jeune femme à côté de son cadavre.

Fauché, sans papier, Marcus est pris au piège dans le chaudron moite et grouillant de Hong Kong. Il n’a pas de repères, ne connaît personne et n’a plus d’argent. Auprès de qui trouver du secours ? Son avocat “Appelez-moi-Mike” n’a pas l’air de prendre son dossier au sérieux. Le consul général ne veut surtout être mêlé à son affaire. Et le commissaire Teng est prêt à le jeter en prison 

Deux personnages vont l’aider, mais à quel prix ? Pedro, un improbable plombier-bistrotier. Et une séduisante policière chinoise. »

En filigrane de ce roman un peu baltringue se dessine une ville-État qui a le blues, un paradis fiscal et financier, vitrine de la mondialisation, qui se lézarde sous les coups de boutoir des mafias, de la Chine communiste et de la « révolution des parapluies » menée par une jeunesse en quête de démocratie à l’occidentale.

Un texte palpitant !

Bernard DELCORD

Hong Kong blues par Alain Berenboom, Bruxelles-Paris, Genèse Édition, avril 2017, 317 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 21,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 23,50 €. Existe en format e-book (14,99 €)

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11 06 17

Grand entretien avec Astrid Chaffringeon

Astrid ChaffringeonA l'occasion de la sortie de son premier roman, Nicky Depasse rencontre Astrid Chaffringeon, une Française de Bruxelles qu'on sait passionnée d'art et d'art de vivre.

Cet entretien a été diffusé dans Café de Flore sur Radio Judaïca les 7 et 11 juin.


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Cueillir ses rires comme des bourgeons, Astrid Chaffringeon, Avant-Propos, mai 2017, 166 pp, 20€