21 04 18

Une année bissextile très spéciale...

_russon bissextile.jpgLa Loi décide de tout et on vit dans les contraintes d'une société surveillée. Demain ou déjà aujourd'hui ? Eric Russon avec Bissextile nous plonge dans un univers proche de Jacques Sternberg. Une mère violoncelliste connue, mais sans amour maternel pour sa fille Sarah, une villa entre mer et forêt angoissante... quelques ingrédients de ce thriller fort bien écrit par ce spécialiste de l'actualité culturelle. Après Crispations chez Lamiroy, voici un deuxième roman aussi bien réussi.

Beaucoup de dialogues donnent vie à l'histoire, qu'on suit, comme il se doit, avec un intérêt croissant vers la fin des énigmes.

Pour vous donner une idée du style, voici quatre courts extraits :

Sa vie ressemble à une vieille armoire, avec une foule de tiroirs où chaque objet a sa place, bien séparé des autres. Et il y a fort à craindre qu'à sa mort, tous les tiroirs soient jetés à terre et leur contenu répandu, mélangé. Les compartiments qu'elle a passé une vie entière à garder fermés risquent de se retrouver sens dessus dessous.

 

Il a suffi de deux générations pour que l'oubli s'installe. Si des vieux comme lui ne l'entretenaient pas, la mémoire s'effacerait. Certaines mots ont déjà été retirés des nouveaux dictionnaires. Pourquoi les y laisser puisqu'ils ne désignent plus rien ? Des livres ont été bannis des bibliothèques et des librairies, ils pourraient inutilement instiller des valeurs subversives.

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Cette couleur qui n'existe nulle part ailleurs. Ni bleus. Ni verts. Juste suffisamment clairs pour vous brûler à l'intérieur. Lucie Beaumont aurait très bien pu ne jamais parler. Ses yeux se chargeaient de transmettre à qui croisait son regard l'essentiel de ce qu'elle voulait dire, son humeur ou ses envies. On dirait presque qu'en s'ouvrant, ses yeux éclairent un peu plus la pièce.

 

Ses pas font gémir le plancher. La poussière danse en suspension dans les rayons de lumière qui quadrillent l'espace. Au-dessus d'elle, le sous-bois de poutres lui souhaite la bienvenue en craquant. Elle avance presque sur la pointe des pieds pour ne pas troubler le sommeil des armoires, des malles, des vélos rouillés, des poupées dormant les yeux ouverts dans un rocking-chair crasseux, ou des lustres qui n'éclairent plus rien depuis une éternité.

 

J'adore les gens qui ont un tel talent, merci Eric !

 

Jacques Mercier

 

Bissextile, Eric Russon, Roman, 356 pp. Édition Robert Laffont, 20 euros.

 

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18 03 18

Superbe roman : Le champ de bataille !

colin.jpg« Le champ de bataille » de Jérôme Colin est un magnifique petit (parce qu'il se dévore et en donne l'impression) roman d'aujourd'hui (dans cette ère du « virtuolithique », comme on le dit sur la quatrième de couverture). Vous ne serez pas déçu du voyage. C'est la plupart d'entre nous en ce moment – ou plus précisément il y a quelques mois en Belgique. C'est une observation juste et sensible de l'histoire d'un couple et de ses deux enfants ado et pré-ado. Les rapports entre les parents, avec les enfants, avec l'école, avec une psy. C'est l'occasion de réflexions tellement pertinentes sur l'éducation, sur les apparences, sur la communication. Et puis, surtout, c'est une fort belle création autour de l'amour entre les êtres.

Le style est superbe. Beaucoup de dialogues. Des énumérations étonnantes (J'ai détesté...), telle celle-ci :

« Nous avons attendu. L'attente est une composante essentielle de la vie de parent. On attend qu'ils s'endorment. On attend qu'ils terminent la sieste. On attend qu'ils acceptent de se laver les dents. On attend qu'ils s'habillent. On attend à la sortie de l'école. On attend après l'entraînement de football. On attend à la sortie du cours de danse. On attend les résultats du bulletin. On attend qu'ils soient rentrés pour pouvoir enfin s'endormir en se disant que, ce soir encore, tout le monde est vivant dans la maison. »

Nous nous trouvons parfois face à des décomptes, face à une succession d'heures précises. Cette diversité est pour beaucoup dans le grand plaisir de lecture.

Jérôme Colin met le doigt sur nos peurs, nos faiblesses. C'est toujours la même chose : nous avons envie de faire, mais on ne le fait pas. Ainsi le héros se réfugie-t-il dans les toilettes pour s'évader :

« Je ne suis jamais allé en Thaïlande parce qu'il y a toujours une bonne raison de ne pas voyager. C'est pour cela que nos vies sont si petites alors que le monde est si grand. »

On trouve aussi, pour l'auteur plongé dans les médias lui-même, une extraordinaire critique de ce que deviennent les médias, entre autres lors de catastrophes. Il met vraiment le doigt où cela blesse !

Quelques petites phrases, pour vous donner le ton du roman : A propos du couple :

« Je lui ai proposé de boire un verre de vin, elle a répondu : « Pas aujourd'hui, faisons plutôt ça demain... » Je détestais cette phrase. Comme si l'on pouvait remettre le plaisir au lendemain. Comme si nos heures n’étaient pas comptées. Car demain n'est pas une certitude, c'est au mieux une éventualité. »

De la femme :

« Le pragmatisme des femmes est une création divine. »

De l'adolescence :

« L'avantage, quand il parle, c'est qu'on n'entend pas les fautes d'orthographe. »

De notre pays :

« J'ai toujours aimé la capacité des Belges à réagir à l'adversité. Nous le faisons avec une sorte de fatalité comique, qui semble dire que rien, jamais, ne nous mettra véritablement à terre. »

Voilà un de ces livres qui vous réconcilient avec le roman ou vous confortent dans votre désir de lecture. Un roman qui comporte toutes les qualités qu'on en attend, perdus que nous sommes entre les réseaux sociaux, l'information permanente et les composantes de notre société qui ne semblent pas avancer au même rythme. (Je suis fier d'avoir un jour aidé Jérôme en étant son invité dans le casting gagnant de « Hep, Taxi ! »... )

 

Jacques MERCIER

 

« Le champ de bataille », Jérôme Colin , roman, Allary Éditions, 208 pp, 17,90 euros.

 

 

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02 03 18

Voir les Beatles !

IMG_5858.JPGCe fut un événement de la dernière Foire du Livre : De la signature du contrat à la première séance de dédicaces en passant par l’écriture, la correction, la mise en page et l’impression, Ob-La-Di, Ob-La-Dan ! de Brice Depasse est un pari réussi.

Au-delà de sa création, il s'agit d'une histoire vraie qui s'est déroulée en juillet 1968 : Dan Lacksman (qui possède un des meilleurs studios européens et fut membre du trio Telex), fan des Beatles décide d'essayer de les rencontrer à Londres.

Je vous laisse découvrir cette aventure, remplie de dialogues, d'humour, écrite de main de maître par l'auteur. Et surtout, vous découvrirez la conclusion incroyable qui fut possible grâce à la fille de Dan, Caroline, qui travaille aujourd'hui chez EMI, la maison de disques des Beatles...

 

Deux, trois moments picorés dans le petit livre :

Alors qu'il propose à une jeune Française en échange d'un service de leur faire et puis surtout de lui envoyer des photos, elle est réticente : 

« 

  • Et qu'est-ce qui me prouve que tu vas me les envoyer ces photos ?

  • Tu ne connais pas les Bruxellois, on dirait. Chez nous, on dit ce qu'on fait et on fait ce qu'on dit. »

 

Et cette réflexion de l'auteur à propos des photos :

« Avec les filles, on est souvent déçu. Il suffit qu'elles ne s'aiment pas sur la photo pour qu'elles la fassent disparaître. Ce doit être pour cela qu'il n'y avait aucune femme sur la photo de Yalta en 1945. Imaginez qu'elle ait fait brûler les négatifs parce qu'elle fermait les yeux sur le cliché. »

 

J'aime aussi cette notation en bas de page alors qu'évidemment on trouve des dialogues en anglais facile :

« Je vous propose une traduction simultanée sinon vous allez devoir sans cesse faire des allers-retours en bas de page et ce n'est pas pratique (Toujours note de l'auteur) »

 

Et encore ceci :

« L'homme courageux n'est pas celui qui ignore la peur mais celui qui arrive à la surmonter. »

 

« Moment fugace et fondateur qui prouve que la vie de chacun de nous est un roman dont la fin n'est jamais écrite. »

 

C'est un vrai petit roman « historique » de notre temps, avec le suspense, les rebondissements, les surprises... Si vous lisez peu, n'hésitez pas, c'est une bonne entrée en matière dans le monde de la littérature !  

 

Jacques Mercier

 

« Ob-la-di, ob-la-dan ! », Brice Depasse, Collection Opuscule, 46 pp, 10X14 cm, Édition Eric Lamiroy, 2018, 4 euros

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08 02 18

La cité des femmes

_liberski.jpgComme à la fin de toute bonne lecture, on s'attriste d'en avoir terminé : le plaisir est envolé. C'est la sensation que j'ai en refermant La cité des femmes, le dernier roman de Stefan Liberski. Un excellent ouvrage qui nous emmène en Italie, à Cineccità (« Cinecittà un lieu d'où le monde, malgré tous ses malheurs, apparaissait pour ce qu'il était aussi : une cour de récréation » écrit-il) entre autres avec Federico Fellini et surtout au coeur d'une terrifiante histoire d'un amour passionnel et dont le héros, Etienne, ne peut se sortir.

Les notations, les descriptions, l'ambiance, les dialogues, les innombrables mots italiens originaux en italiques, l'humour, la justesse, le style... tout est réussi dans ce nouveau roman de Liberski !

On sait que l'auteur fut lui-même présent pour le tournage du film de Fellini : La cité des femmes et on ne doute pas que bien des choses livrées soient en partie autobiographiques. (On y croise Anna Prucnal, Chantal Akerman, Marguerite Duras...)

Voici quelques extraits pour vous donner le ton : A propos de la langue italienne,

« Plongé dans une langue encore mal connue, il se retrouvait dans l'état bienheureux de l'enfance. Il se laissait porter par le bruissement alentour. Enfant, on n'a pas à choisir, rien à débattre. Les parents décident. »

A propos de Rome,

« A son filet d'éternité, Rome retenait des bribes de mondes disparus. De la nuit des temps révolus quelques tisons rougeoyaient encore, peut-être comme nous parvient la lumière de ces étoiles mortes il y a des siècles. »

A propos d'un trajet la nuit en voiture ;

« Ils rentrèrent tard à Rome, passant par de petites villes endormies. Dans la lumière des phares, les places, les fontaines et les églises d'un autre âge surgissaient un instant, décors oubliés d'un film somptueux, puis retournaient à la nuit. »

A la toute fin du livre, comme une morale, cette réflexion superbe :

« Le malheur est rassurant. Il faut un courage inouï pour le débouter du quotidien, plus encore que pour le sublimer dans une oeuvre. »

 

Le roman m'a donné envie de revoir quelques films de Fellini, et pourquoi pas Juliette des esprits, qui m'avait tant glacé le sang !

 

Jacques Mercier

 

La cité des femmes – Stefan Liberski – Roman, édition Albin Michel, 300 pp, 19 euros.

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04 02 18

« En règle générale, aucun homme dans l'embarras n'est tout à fait honnête. » (William Makepeace Thackeray)

Samuel Titmarsch et le grand diamant des Hoggarty.jpgWilliam Makepeace Thackeray, né à Calcutta en 1811 et mort à Londres en 1863, est l'un des grands romanciers anglais de l'époque victorienne.

Fils d'un administrateur de la Compagnie des Indes, il dilapide la fortune paternelle au jeu, en voyages et dans deux journaux qui font faillite. 

Ayant écrit de nombreux romans sous divers pseudonymes, il est surtout connu pour ses œuvres satiriques prenant pour cible les classes moyenne et aristocratique britanniques. Il est l'auteur, entre autres, des Mémoires de Barry Lyndon (1844), qui fut adapté par le cinéaste Stanley Kubrick (en 1975, 4 Oscars), de The Book of Snobs (1846) et de Vanity Fair (1846-1847), l'un des romans-phares de la littérature anglaise.

 

On lui doit aussi Samuel Titmarsh et le grand diamant des Hoggarty, paru d'abord dans le Fraser's Magazine en 1841 et dont la traduction française est ressortie récemment en poche aux Éditions de la Table ronde à Paris, dans la collection « La petite Vermillon » [1].

En voici le pitch :

« Lorsque, vers 1820, le jeune Irlandais Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre un gros médaillon d’un modèle ancien devenu épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. »

Et une citation du livre qui explique tout :

« Dès que les gens espèrent un grand profit, le jugement semble les abandonner, et parce qu'ils souhaitent ce profit, il leur paraît si sûr qu'ils méprisent tout avertissement et toute prudence. »

Une satire grandiose !

William Makepeace Thackeray par Jesse Harrison Whitehurst.jpg

William Makepeace Thackeray par Jesse Harrison Whitehurst.

Bernard DELCORD

Samuel Titmarsch et le grand diamant des Hoggarty par William Makepeace Thackeray, traduit de l’anglais par Paul de Kock révisée par Cécile Arnaud, postface de Lucien d’Azay, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite Vermillon », mai 2016, 246 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

[1] La première parution de cette traduction date de 1964, aux Éditions Gallimard.

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31 01 18

Amours interdites...

Tina par Christian Laborde.jpg« De Claude Nougaro, son ami, auquel il a consacré des livres filiaux, l’intranquille et réfractaire Christian Laborde [1] a hérité l’art de jongler avec les mots, la fibre jazzy, le physique de boxeur et l’accent tonique du Sud-Ouest. Même quand il râle, fulmine et part en guerre, on dirait qu’il chante, danse et s’esclaffe », a écrit Jérôme Garcin dans L’Obs.

Il a fait paraître Tina aux Éditions du Rocher à Monaco, un roman engagé et percutant sur les ignominies de l’épuration sauvage en France au sortir de la Seconde Guerre mondiale, quand une vile populace, parfois sur de simples présomptions et assez souvent sur des dénonciations anonymes nourries de rancune, de jalousie, voire de duplicité – par exemple pour cacher la lâcheté ou la trahison collaborationniste des corbeaux qui les rédigeaient –, se livra à des meurtres sans jugement, à des brutalités odieuses et à la tonte infamante de femmes accusées, à tort ou à raison, de « collaboration horizontale » avec l’occupant allemand.

Léontine, dite Tine et plus tard Tina, son héroïne à la chevelure comme des larmes de feu, est une jeune fille sensuelle et ardente qui a aimé un officier allemand et que la délation contraint à quitter sa campagne pour se réfugier dans un couvent de bonnes sœurs à Toulouse.

Celles-ci l’aideront à échapper à la vindicte des « justiciers », à entamer une nouvelle vie et – qui sait ? –, à retrouver l’amour.

À moins que…

Rédigé dans une langue robuste et belle, ce texte prenant est aussi le prétexte à découvrir la Ville rose dans son essence la plus authentique et à faire entendre les mélodies et les chansons qui y étaient en vogue durant ces années noires.

Car, comme l’écrit l’éditeur :

« Tina est un roman sentimental, érotique, poétique, un roman où se mêlent la musique des mots et celle du Grand Orchestre swing et musette de Renato Hiès. »

Bernard DELCORD

Tina par Christian Laborde, Monaco, Éditions du Rocher, janvier 2018, 128 pp. en noir et blanc au format 14,1 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

[1] Auteur du roman culte – et censuré avant de connaître le triomphe – L'Os de Dionysos (1987), Christian Laborde (°1955) est un écrivain français, poète, pamphlétaire (Il a collaboré à L'Idiot international de Jean-Edern Hallier, une belle référence) et chroniqueur à La Nouvelle République des Pyrénées, « journal le plus lu par les ours », dit-il.

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24 01 18

Le Maupassant anglophone…

Les papiers de Jeffrey Aspern (cover).jpgFigure majeure du réalisme littéraire anglo-saxon du XIXe siècle, l’écrivain américain naturalisé britannique en 1915 Henry James (New York, 1843-1916, Chelsea) a partagé sa vie entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Son immense talent de conteur demeure très actuel et il est l'auteur de très nombreuses nouvelles et de plusieurs romans parmi lesquels Daisy Miller (nouvelle, 1878) [1], Washington Square (roman, 1880) [2], Portrait de femme (roman, 1881) [3], Les Bostoniennes (roman, 1886) [4], L’Élève (nouvelle, 1891) [5], Le Motif dans le tapis (nouvelle 1896), Ce que savait Maisie (roman, 1897) [6], Le Tour d'écrou (nouvelle, 1898) [7], Les Ailes de la colombe (roman, 1902) [8], Les Ambassadeurs (roman, 1903), ou encore La Coupe d'or (roman, 1904) [9]

Saluons la réédition aux Éditions de l’Aube à La Tour d’Aigues (Vaucluse), dans la collection de poche « Mikrós classique », d’un autre de ses romans célèbres, Les papiers de Jeffrey Aspern [10].

En voici le résumé :

« Dans un palazzo de Venise, à moitié en ruine, la vieille miss Bordereau n'en finit pas de mourir. Elle a été, dans sa jeunesse, le grand amour de Jeffrey Aspern, célèbre poète anglais, et la rumeur veut qu'il lui ait légué de nombreux manuscrits inédits.

Le narrateur, qui écrit un livre sur Aspern, est prêt à tout pour les acquérir. Prêt à tous les mensonges, toutes les bassesses, toutes les ruses, y compris tenter de séduire la malheureuse nièce de la vieille dame.

Mais il n'a pas mesuré la force de celle qui, au fil des pages, devient peu à peu le plus redoutable des adversaires ». [11]

À savourer comme un verre de très vieux Pure malt ou comme une tasse de thé noir de l’Assam…

Very very British!

Bernard DELCORD

Les papiers de Jeffrey Aspern par Henry James, roman traduit de l’anglais par Jean-Marie Le Corbeiller, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, collection « Mikrós classique », janvier 2018, 191 pp. en noir et blanc au format 12,6 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France

[1] Adapté au cinéma en 1974 dans le film éponyme réalisé par Peter Bogdanovich, avec Cybill Shepherd.

[2] Adapté au cinéma en 1949 sous le titre L'Héritière, film réalisé par William Wyler qui remporta quatre Oscars, dont celui de la meilleure actrice pour Olivia de Havilland dans le rôle de Catherine Sloper, et en 1997 sous le titre Washington Square par Agnieszka Holland, avec Jennifer Jason Leigh.

[3] Adapté au cinéma en 1996 sous le même titre par Jane Campion, avec Nicole Kidman dans le rôle-titre.

[4] Adapté au cinéma en 1984 sous le même titre par James Ivory, avec Madeleine Potter, Vanessa Redgrave et Christopher Reeves.

[5] Adapté au cinéma en 1996 sous le même titre par Olivier Schatzky, avec Vincent Cassel, Jean-Pierre Marielle et Caroline Cellier.

[6] Adapté au cinéma 2012 (What Maisie Knew), réalisé par Scott McGehee et David Siegel, avec Alexander Skarsgård, Julianne Moore et Steve Coogan.

[7] Adapté au cinéma en 1961 sous le titre Les Innocents, film réalisé par Jack Clayton sur un scénario de Truman Capote, et en 1971 sous le titre The Nightcomers (Le Corrupteur), réalisé par Michael Winner, avec Marlon Brando, ainsi que dans The Turn of the Screw en 1954, opéra en un prologue, deux actes et seize scènes, composé par Benjamin Britten.

[8] Adapté au cinéma en 1981 sous le même titre Benoît Jacquot et en 1997 par Iain Softley avec Helena Bonham Carter, nominée à l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de Kate Croy.

[9] Adapté au cinéma en 2000 sous le même titre par James Ivory, avec Uma Thurman, Jeremy Northam et Kate Beckinsale.

[10] Adapté au cinéma en 1947 sous le titre Moments perdus (The Lost Moment) par Martin Gabel, avec Susan Hayward et Robert Cummings et en 1982 sous le titre Aspern par Eduardo de Gregorio, avec Jean Sorel, Bulle Ogier, Alida Valli ainsi qu’au théâtre, avec succès, à Broadway en 1962, par Michael Redgrave. La pièce fut remontée de nombreuses fois depuis cette production originale. (Sources : Wikipédia.)

[11] Source : https://archive.org/details/HenryJames_LesPapiersDeJeffre...

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22 01 18

« Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît. » (William Somerset Maugham)

Deux romans de William Somerset Maugham (Il suffit d’une nuit).jpgÉcrivain au talent inouï – son génie narratif est comparable à ceux de Kipling et de Churchill, c’est tout dire… –, William Somerset Maugham (1874-1965) est né à Paris. De nationalité britannique, il a étudié la médecine (diplôme obtenu en 1897) avant de parcourir le monde. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut membre du British Secret Service en Europe. Auteur à succès [1] de pièces de théâtre et d’innombrables nouvelles, il a publié plus de vingt romans dont La Comédienne (1937), devenu Adorable Julia au cinéma en 2005, ou La Passe dangereuse (1925), adapté pour le grand écran en 1934 avec Greta Garbo puis en 2007 avec Naomi Watts (Le Voile des illusions).

Il suffit d'une nuit (1941) qui a reparu aux Éditions de la Table ronde à Paris dans la collection « La petite Vermillon » a été adapté au cinéma en 2000, avec Kristin Scott Thomas et Sean Penn.

En voici le pitch :

« Florence, 1938. Dans une demeure prêtée par des amis, Mary, jeune veuve mélancolique, reçoit la visite d'Edgar qu'elle connaît depuis l'enfance. Aux antipodes de son défunt mari, joueur invétéré porté sur la boisson, cet homme bon et attentionné la demande en mariage. Mary se donne le temps de réfléchir. En attendant qu'Edgar revienne à Florence, elle accepte une invitation à une soirée mondaine où elle fait la connaissance de Rowley, séducteur impénitent, dont elle sait la réputation et n'est pas dupe. Mais alors qu'elle repart seule chez elle, elle fait une rencontre inattendue qui l'obligera à se tourner vers lui pour se sortir d'une situation délicate. »

Deux romans de William Somerset Maugham (Le grand écrivain).jpg

Publié en 1930 sous le titre Cakes and Ale, or the Skeleton in the Cupboard, Le grand écrivain, qui ressort chez le même éditeur dans la même collection, commence par ces mots : « Quand un ami, en votre absence, vous a téléphoné en insistant pour être rappelé, soyez sûr qu'il s'agit d'une affaire plus importante pour lui que pour vous. S'il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre service, il sait modérer son impatience ».

Le texte, selon François Rivière [2], d’un « esprit cosmopolite, voyageur infatigable de l'imaginaire, mais aussi observateur inlassable de l'âme humaine qui restera comme l'un des plus habiles peintres de la société internationale du premier demi-siècle ».

On ne saurait mieux dire !

Bernard DELCORD

Il suffit d’une nuit par William Somerset Maugham, traduit de l’anglais par A. Renaud de Saint-Georges, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite Vermillon », septembre 2016, 157 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

Le grand écrivain par William Somerset Maugham, traduit de l’anglais par E.-R. Blanchet, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite Vermillon », septembre 2016, 266 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

[1] On a dit de lui qu’il fut l’auteur le mieux payé des années 1930.

[2] Grand connaisseur de la littérature anglaise, François Rivière, né le 23 avril 1949 à Saintes, en Charente-Maritime, est un critique littéraire (Le Figaro), éditeur, romancier, traducteur, biographe et auteur de plusieurs ouvrages sur la littérature policière et la littérature d'enfance et de jeunesse. Il est aussi scénariste de bande dessinée.

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25 12 17

Ambiance délétère…

Un nouveau dans la ville.jpgAuteur de 193 romans, de 158 nouvelles, de plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom, ainsi que de 176 romans, de dizaines de nouvelles, de contes galants et d’articles parus sous 27 pseudonymes, Georges Simenon (Liège, 1903 – Lausanne, 1989), l’inventeur du fameux commissaire Maigret, est l’écrivain belge le plus lu dans le monde (les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d’exemplaires) et le plus traduit (3 500 traductions en 47 langues).

Il a par ailleurs vécu durant dix ans sur le continent nord-américain, entre 1945 et 1955, au Canada d’abord (1945-1946), aux États-Unis ensuite [1] et une dizaine de ses romans se situent aux States, parmi lesquels Un nouveau ans la ville, écrit en octobre 1949 à Desert Sands, Tucson (Arizona), publié en 1950, et qui a reparu dernièrement aux Éditions Omnibus à Paris avec de magnifiques illustrations de Jacques de Loustal (°1956), un fervent admirateur de l’œuvre du maître liégeois, qui excelle à recréer ici l'ambiance d'une petite ville yankee sous la neige, avec ses cafés et ses personnages ordinaires ou pittoresques.

Voici le pitch de ce polar :

« Au début de l'hiver, dans une petite ville, débarque un inconnu, quelconque à tout point de vue. Malgré son apparence, Justin Ward possède une grosse liasse de billets qu'il porte toujours sur lui. Ce n'est pas son statut d'étranger à la région qui attire l'attention (la tannerie voisine emploie des immigrés), mais bien son extrême réserve... »

Une histoire glauque à souhait !

Bernard DELCORD

Un nouveau dans la ville par Georges Simenon, illustrations de Jacques de Loustal, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2016, 191 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 28 € (prix France)

[1] En Californie, puis en Floride et en Arizona en 1947, à Carmel-by-the-Sea (Californie, 1949), avant de s'établir en juillet 1950 à Lakeville dans le Connecticut. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Simenon)

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06 11 17

Podcast avec Olivier Guez, Prix Renaudot 2017

Olivier Guez, disparition, josef mengele, interview, podcastLe Prix Renaudot 2017 a été attribué à Olivier Guez pour son roman La disparistion de Josef Mengele.

Un livre qui n'avait pas échappé à Nicky Depasse qui a reçu l'auteur il y a quelques semaines dans sa quotidienne sur Radio Judaïca dont voici le podcast intégral.


podcast
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Olivier Guez, La disparition de Josef Mengele, Grasset, août 2017, 240 pages, 18€50.

Olivier Guez, Nicky Depasse