17 03 09

Tout peut arriver

ADAMOlivier Adam a le vent en poupe, même s'il est contraire, qu'il vient du mauvais côté de la vie. Anderen, le héros de son dernier (excellent) roman tente de se battre contre la solitude d'un père de deux enfants dont la femme a disparu sans laisser d'adresse. Face à la mer, là d'où il vient, il espère.
Des vents contraires fait un carton.
Son précédent livre, A l'abri de rien, inspire Welcome au cinéma (il en co-signe le scénario également) est LE film dont tout le monde parle.
Après notre entretien télévisé (cliquez sur la couverture du livre pour regarder l'émission), nous parlons de tout cela, à tête reposée, chez Nostalgie.
Olivier Adam est une des voix les plus fortes de la littérature et du cinéma français d'aujourd'hui. N'en doutez pas.

  OLIVIER ADAM - Brice Depasse 1
  OLIVIER ADAM - Brice Depasse 2
  OLIVIER ADAM - Brice Depasse 3

Des vents contraires, Olivier Adam, Editions de L'Olivier, janvier 2009, 254p., 20€00.



Photo : Alain Trellu

Olivier Adam01_001

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12 03 09

Livre de bord N°7



Invité : Olivier Adam pour "Des vents contraires" (L'olivier)
Il y est aussi question de : "Je vais bien, ne t'en fais pas" (Pocket), et aussi le fim de Philippe Lioret ; "Impardonnables" de Philippe Djian (Gallimard) ; "La trahison de Thomas Spencer" de Philippe Besson (Juliard) ; "Seul dans le noir" de Paul Auster (Actes Sud); "Danse avec la nuit" d'Ella Burfoot (Nathan) et "Petit Poilu N°4" de Pierre Bailly et Céline Fraipont (Puceron - Dupuis).

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20 01 09

Ce matin dans le GM de Nostalgie

BLONDELLe nouveau roman des jeunes leaders de la littérature sur la sellette. Brice a ainsi évoqué ce matin le roman de Philippe Besson, “La trahison de Thomas Spencer”, mais aussi le livre d’Olivier Adam “Des vents contraires” et celui de Jean-Philippe Blondel “A contretemps”.
Des must au sein de cette rentrée de janvier.

  GM - Adam Besson Blondel

ADAMDes vents contraires, Olivier Adam, L'Olivier, janvier 2009, 254p., 19€00.

La trahison de Thomas Spencer, Philippe Besson, Julliard, janvier 2009, 270p., 19€00.

A contretemps, Jean-Philippe Blondel, Robert Laffont, janvier 2009, 252p., 19€00.

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27 04 08

Nothomb et Kennedy

KENEDY AudiolibCe n'est pas l'auteur, l'américain Douglas Kennedy qui s'exprime parfaitement en Français, qui vous fait lecture de l'excellent La femme du V° sur ce livre audio mp3 de 10 heures 25 minutes mais le Bruxellois Jean-Marc Delhausse. L'ensemble est parfait.
Quant à Sylvie Testud, l'interprète du rôle d'Amélie Nothomb dans l'autobiographique Stupeur et tremblements mis en images par Alain Corneau, elle vous fait la lecture de Ni d'Eve ni d'Adam, la suite parue l'an dernier.

  DOUGLAS KENNEDY lu par J-M DELHAUSSE
  AMELIE NOTHOMB lue par SYLVIE TESTUD

NOTHHOMB audiolib

La femme du V°, Douglas Kennedy, lu par Jean-Marc Delhausse, Audiolib, mars 2008, 23€90

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Ni d’Eve ni d’Adam, Amélie Nothomb, lu par Sylvie Testud, Audiolib, mars 2008, 19€00

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07 11 07

Amélie Nothomb, Prix de Flore 2007

NOTHOMB Ni d'eve ni d'adamParce qu'elle le vaut bien. Parce qu'il le valait bien ce "Ni d'Eve ni d'Adam". La référence à la pub de ce début d'article est aussi consternante que la majorité des articles fleurissant sur le Prix de Flore 2007. On invoque la ratio du prix à sa création par Beigbeder en 1994, les ventes astronomiques des livres d'Amélie, bref un tas de raisons pour lesquelles elle ne devrait pas recevoir ce prix. Et le roman dans tout ça ?
Au cas où cela intéresserait quelqu'un, nous l'avons trouvé enthousiasmant (voir notre chronique en cliquant sur la couverture), digne séquelle de celui qui lui valut le Prix de l'Académie Française et deux millions d'exemplaires vendus. Un pari difficile et réussi. Un rendez-vous et un ton inattendus. Voilà le livre qui méritait bien un Prix. Proficiat Amelieke.

  AMELIE NOTHOMB - Brice Depasse 1
  AMELIE NOTHOMB - Brice Depasse 2
Amélie Nothomb 01
Photos : (c) Marianne Rosenstiehl / H&K

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03 09 07

Entretiens nipponophiles

Amelie Nothomb 03Je ne pouvais pas attendre des semaines pour parler avec Amélie Nothomb de « Ni d’Eve ni d’Adam », le roman d’une tranche de vie, d’un amour juste à côté, d’un choc de cultures à hauteur de deux très jeunes adultes, d’encore ados. Une petite merveille. Un beau moment de littérature moderne. Un plongeon dans le monde nippon en très bonne compagnie.
Je suis donc allé vers elle. Rencontre à son bureau parisien.
Lisez le premier chapitre et notre critique en cliquant sur les photos.

  AMELIE NOTHOMB - Brice Depasse 1
  AMELIE NOTHOMB - Brice Depasse 2
Amélie Nothomb 01
Photos : (c) Marianne Rosenstiehl / H&K

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19 08 07

Ce livre est pour vous

NOTHOMB Ni d'eve ni d'adamSi vous avez été déçu par les deux derniers livres d'Amélie Nothomb, ce livre vous réconciliera avec son oeuvre.
Si vous n'aimez pas chez Amélie Nothomb la violence de ses sentiments, la noirceur de ses histoires, ce livre vous plaira infiniment.
Si vous brûlez de lire une séquelle ou une suite de "Stupeur et tremblements", ce livre ne vous attendra pas longtemps chez votre libraire.
Si le Japon exerce une certaine fascination sur vous, ce livre vous transportera.
Si vous n'avez jamais lu aucun livre d'Amélie Nothomb, ce livre ne vous décevra pas.
Si vous aimez les belles histoires d'amour pas simples et les romans très bien écrits, ce livre vous comblera.
Si vous voulez vous payer un séjour dépaysant à peu de frais, ce livre vous emportera.
Si vous aimez les histoires empreintes de nostalgie, ce livre vous émouvra.
Si la cuisine japonaise vous plaît, vous tente, ce livre vous donnera l'eau à la bouche.
Si vous pensez que rien ne vous fera jamais aimer Amélie Nothomb, ce livre vous décevra.
Si vous ne devez lire qu'un livre ce mois-ci, lisez "Ni d'Eve, ni d'Adam", le nouveau roman d'Amélie Nothomb.
Brice Depasse

P.S. : Si vous n'êtes pas du genre à acheter un chat dans un sac, cliquez sur la couverture et lisez le premier chapitre.

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07 07 07

Ni d'Eve ni d'Adam : Incipit et plus encore

nothombComme chaque année, Albin Michel nous demande de ne pas publier avant le 23 août, date de la sortie du nouveau roman d'Amélie Nothomb. Comme chaque année, une foule de sites et magazines publient avant, voire bien avant. Cette année, c'est carrément le premier chapitre de "Ni d'Eve, ni d'Adam" qui fleurit un peu partout. Et nous devrions vous en priver ? D'autant plus qu'à la lecture, ceux qui ont été déçus par les deux derniers romans d'Amélie comprendront que la muse de la rentrée est revenue à son meilleur niveau romanesque. Ce qui dans le cas d'Amélie Nothomb signifie "top du top", je ne vous dis que ça. Je le termine à l'instant.
Voici donc ce fameux premier chapitre :

"Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français. Au supermarché, je laissai une petite annonce: «Cours particuliers de français, prix intéressant».
Le téléphone sonna le soir même. Rendez-vous fut pris pour le lendemain, dans un café d'Omote-Sando. Je ne compris rien à son nom, lui non plus au mien. En raccrochant, je me rendis compte que je ne savais pas à quoi je le reconnaîtrais, lui non plus. Et comme je n'avais pas eu la présence d'esprit de lui demander son numéro, cela n'allait pas s'arranger. «Il me rappellera peut-être pour ce motif», pensai-je.
Il ne me rappela pas. La voix m'avait semblé jeune. Cela ne m'aiderait pas beaucoup. La jeunesse ne manquait pas à Tokyo, en 1989. A plus forte raison dans ce café d'Omote-Sando, le 26 janvier, vers quinze heures.
Je n'étais pas la seule étrangère, loin s'en fallait. Pourtant, il marcha vers moi sans hésiter.
- Vous êtes le professeur de français?
- Comment le savez-vous?
Il haussa les épaules. Très raide, il s'assit et se tut. Je compris que j'étais le professeur et que c'était à moi de m'occuper de lui. Je posai des questions et appris qu'il avait vingt ans, qu'il s'appelait Rinri et qu'il étudiait le français à l'université. Il apprit que j'avais vingt et un ans, que je m'appelais Amélie et que j'étudiais le japonais. Il ne comprit pas ma nationalité. J'avais l'habitude.
- A partir de maintenant, nous n'avons plus le droit de parler anglais, dis-je.
Je conversai en français afin de connaître son niveau: il se révéla consternant. Le plus grave était sa prononciation: si je n'avais pas su que Rinri me parlait français, j'aurais cru avoir affaire à un très mauvais débutant en chinois. Son vocabulaire languissait, sa syntaxe reproduisait mal celle de l'anglais qui semblait pourtant son absurde référence. Or il était en troisième année d'étude du français, à l'université. J'eus la confirmation de la défaite absolue de l'enseignement des langues au Japon. A un tel degré, cela ne pouvait même plus s'appeler de l'insularité.
Le jeune homme devait se rendre compte de la situation car il ne tarda pas à s'excuser, puis à se taire. Je ne pus accepter cet échec et tentai de le faire parler à nouveau. En vain. Il gardait sa bouche close comme pour cacher de vilaines dents. Nous étions dans une impasse.
Alors, je me mis à lui parler japonais. Je ne l'avais plus pratiqué depuis l'âge de cinq ans et les six jours que je venais de passer au pays du Soleil-Levant, après seize années d'absence, n'avaient pas suffi, loin s'en fallait, à réactiver mes souvenirs enfantins de cette langue. Je lui sortis donc un galimatias puéril qui n'avait ni queue ni tête. Il était question d'agent de police, de chien et de cerisiers en fleur.
Le garçon m'écouta avec ahurissement et finit par éclater de rire. Il me demanda si c'était un enfant de cinq ans qui m'avait enseigné le japonais.
- Oui, répondis-je. Cette enfant, c'est moi.
Et je lui racontai mon parcours. Je le lui narrai lentement, en français; grâce à une émotion particulière, je sentis qu'il me comprenait.
Je l'avais décomplexé.
En un français pire que mauvais, il me dit qu'il connaissait la région où j'étais née et où j'avais vécu mes cinq premières années: le Kansaï.
Lui était originaire de Tokyo, où son père dirigeait une importante école de joaillerie. Il s'arrêta, épuisé, et but son café d'un trait.
Ses explications semblaient lui avoir coûté autant que s'il avait dû franchir un fleuve en crue par un gué dont les pierres auraient été écartées de cinq mètres les unes des autres. Je m'amusai à le regarder souffler après cet exploit.
Il faut reconnaître que le français est vicieux. Je n'aurais pas voulu être à la place de mon élève. Apprendre à parler ma langue devait être aussi difficile que d'apprendre à écrire la sienne.
Je lui demandai ce qu'il aimait dans la vie. Il réfléchit très longtemps. J'aurais voulu savoir si sa réflexion était de nature existentielle ou linguistique. Après de telles recherches, sa réponse me plongea dans la perplexité:
- Jouer.
Impossible de déterminer si l'obstacle avait été lexical ou philosophique. J'insistai:
- Jouer à quoi?
Il haussa les épaules.
- Jouer.
Son attitude relevait soit d'un détachement admirable, soit d'une paresse face à l'apprentissage de ma langue colossale.
Dans les deux cas, je trouvai que le garçon s'en était bien sorti et j'abondai dans son sens. Je déclarai qu'il avait raison, que la vie était un jeu: ceux qui croyaient que jouer se limitait à la futilité n'avaient rien compris, etc.
Il m'écoutait comme si je lui racontais des bizarreries. L'avantage des discussions avec les étrangers est que l'on peut toujours attribuer l'expression plus ou moins consternée de l'autre à la différence culturelle.
Rinri me demanda à son tour ce que j'aimais dans la vie. En détachant bien les syllabes, je répondis que j'aimais le bruit de la pluie, me promener dans la montagne, lire, écrire, écouter de la musique. Il me coupa pour dire:
- Jouer.
Pourquoi répétait-il son propos? Peut-être pour me consulter sur ce point. Je poursuivis:
- Oui, j'aime jouer, surtout aux cartes.
C'était lui qui semblait perdu, à présent. Sur la page vierge d'un carnet, je dessinai des cartes: as, deux, pique, carreau.
Il m'interrompit: oui, bien sûr, les cartes, il connaissait. Je me sentis extraordinairement stupide avec ma pédagogie à deux sous. Pour retomber sur mes pattes, je parlai de n'importe quoi: quels aliments mangeait-il? Péremptoire, il répondit:
- Ourrrrhhhh.
Je croyais connaître la cuisine japonaise, mais cela, je n'avais jamais entendu. Je lui demandai de m'expliquer. Sobrement, il répéta:
- Ourrrrhhhh.
Oui, certes, mais qu'était-ce?
Stupéfait, il me prit le carnet des mains et traça le contour d'un oe; uf. Je mis plusieurs secondes à recoller les morceaux dans ma tête et m'exclamai:
- Œuf!
Il ouvrit les yeux comme pour dire: Voilà!
- On prononce oeuf, enchaînai-je, oeuf.
- Ourrrrhhhh.
- Non, regardez ma bouche. Il faut l'ouvrir davantage: oe; uf.
Il ouvrit grand la bouche:
- Orrrrhhhh.
Je m'interrogeai: était-ce un progrès? Oui, car cela constituait un changement. Il évoluait, sinon dans le bon sens, du moins vers autre chose.
- C'est mieux, dis-je, pleine d'optimisme.
Il sourit sans conviction, content de ma politesse. J'étais le professeur qu'il lui fallait. Il me demanda le prix de la leçon.
- Vous donnez ce que vous voulez.
Cette réponse dissimulait mon ignorance absolue des tarifs en vigueur, même par approximation. Sans le savoir, j'avais dû parler comme une vraie Japonaise, car Rinri sortit de sa poche une jolie enveloppe en papier de riz dans laquelle, à l'avance, il avait glissé de l'argent.
Gênée, je refusai:
- Pas cette fois-ci. Ce n'était pas un cours digne de ce nom. A peine une présentation.
Le jeune homme posa l'enveloppe devant moi, alla payer nos cafés, revint pour me fixer rendez-vous le lundi suivant, n'eut pas un regard pour l'argent que je tentais de lui rendre, salua et partit.
Toute honte bue, j'ouvris l'enveloppe et comptai six mille yens. Ce qui est fabuleux quand on est payé dans une monnaie faible, c'est que les montants sont toujours extraordinaires. Je repensai à «ourrrrhhhh» devenu «orrrrhhhh» et trouvai que je n'avais pas mérité six mille yens.
Je comparai mentalement la richesse du Japon avec celle de la Belgique et conclus que cette transaction était une goutte d'eau dans l'océan d'une telle disproportion. Avec mes six mille yens, au supermarché, je pouvais acheter six pommes jaunes. Adam devait bien cela à Eve. La conscience apaisée, j'allai arpenter Omote-Sando.

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25 03 07

Sortie DVD : "Je vais bien, ne t'en fais pas"

LIORET ADAMLa jeune Claire est caissière dans un Shopi parisien. Elle est belle et pourtant souffre d’un mal vivre profond.
Mal d’être ignorée par les amis universitaires de Nadia, une caissière jobiste qui étudie la sociologie. « Et toi, tu fais quoi comme cursus ? ». « Sup de caisse ! ». On ne lui parlera plus de la soirée.
Et puis mal de Loïc, le petit frère intello qui à l’âge de 18 ans a quitté le domicile familial du jour au lendemain suite à une dispute avec le père.
Loïc envoie parfois une carte postale à sa sœur avec juste une phrase : « Je vais bien, ne t’en fais pas. » Rien d’autre.Publié en 1999, ce roman d’Olivier Adam contient déjà ce qui fit la force de « Falaises », le livre qui lui valut l’an dernier de figurer dans le dernier carré des prétendants au prix Goncourt, face à Houellebecq et Weyergans. Grand oublié de cette saison des prix, le voilà récompensé par une très belle adaptation cinématographique de Philippe Lioret et deux César : meilleur espoir féminin pour Mélanie Laurent et meilleur second rôle masculin pour Kad Mérad. Le livre, lui, reparaît à point nommé chez Pocket.
Brice Depasse

ADAM



Regardez ce film, lisez ce livre et puis aussi "Falaises". Découvrez Olivier Adam.
Ci-dessous, le clip de la chanson du film qui devient culte.

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