20 01 11

ABBA : le poids de la bio, le choc des photos


ABBA story par Jean-Marie POTIEZ & Brice Depasse sur Nostalg
envoyé par nostalgie. - Regardez la dernière sélection musicale.


ABBA : une légende nordique, Jean-Marie Potiez, Ed. Didier Carpentier, septembre 2010, Beau Livre grand format, 160p., 29€50.

Écrit par Brice dans Beaux Livres, Biographies, Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 04 10

Sollers mousquetaire gnostique

SOLLERSPhilippe Sollers est sans doute le plus mal vu des écrivains vivants de langue française les plus en vue, probablement aussi le plus mal lu. Il est d’ailleurs le premier à le rappeler à tout moment, comme il est le premier à peaufiner son autoportrait. Nul autre que Sollers n’a mieux parlé de ce personnage de roman qu’est devenu Philippe Joyaux, né en 1936 à Bordeaux de père industriel et de mère catholique, fier comme Artaban de son aïeul maternel Louis champion d’escrime et se posant à son tour en crâne frondeur après Cyrano : « Déplaire est mon plaisir ! ».
Et le fait est qu’il y a réussi : nul auteur, au premier rang de sa génération, du Nobel Le Clézio à Pascal Quignard, en passant par Patrick Modiano, n’a suscité autant de décri et d’injures. Or il est vrai que le personnage peut sembler puant. Lui-même d’ailleurs se voit bien: « D’habitude, je suis plutôt modéré, voire laxiste, et même jésuite. Mais si on me cherche, on me trouve, et je peux être aussi terroriste, cassant, désagréable, têtu, insolent, odieux ».
Et que reproche-t-on au juste à Philippe Sollers ?
Quatre choses surtout: d’avoir passé du maoïsme à une posture poético-mystique politiquement suspecte; d’avoir écrit Femmes, vaste chronique d’époque devenue best-seller et jugé misogyne ; d’être revenu au catholicisme de son enfance et de s’être agenouillé devant Jean-Paul II; d’être outrageusement libre, productif, joyeux, et de n’avoir l’air de douter de rien, surtout pas de lui. À quoi s’ajoutent cent griefs liés à ses pouvoirs, réels ou fantasmés, dans le monde de l’édition, à son omniprésence médiatique, à ses menées de chef de gang et nous en passons. Mais l’écrivain là-dedans ?
Disons qu’à l’instar de l’homme privé, pudique et protégé, il se planque pour mieux rayonner. Il en résulte une cinquantaine de livres qu’on classe un peu vite en « lisibles » et en « illisibles », sans voir qu’ils racontent l’histoire d’un homme en phase avec son siècle : très sage apparemment à 22 ans, avec Une curieuse solitude, roman proustien que célébrèrent à la fois Mauriac et Aragon ; moins convenable ensuite avec Le Parc, qui flirte avec le Nouveau Roman ; avant-gardiste ensuite, alignant des romans de plus en plus complexes et des essais abscons, jusqu’à l’extrême Paradis, poème fluvial issu des sources de Dante et Joyce, dont l’auteur sexagénaire, dans ses mémoires (Un vrai roman) affirme tranquillement que c’est « de loin le plus grand poème du vingtième siècle »…Coup d’autopub et de bluff comme, récemment à la télé, lorsqu’il brandit son Discours parfait à La Grande Librairie et le présenta comme le parangon de « l’identité française » ? Mais lui qui conchie la société du spectacle n’en est-il pas le plus clinquant représentant ? À vrai dire, il faudra plus que cette contradiction pour griffer son cristal d’orgueil aux milles facettes.
Insaisissable Sollers ? Massivement inconséquent ? Trop séducteur dans la vie et ses livres pour être fiable ? Moins qu’on croirait pour qui le lit vraiment.« Ceux qui n’aiment pas mes romans n’aiment pas ma façon de vivre », nous disait l’écrivain qui regrette qu’on limite son œuvre à ses essais constituant, au demeurant, une extraordinaire lecture du monde d’encyclopédiste poète. Quant aux "romans", plutôt chroniques des passions fixes de Sollers, ils modulent aussi bien, de Mai 68 à nos jours, toutes les expériences existentielles de l’écrivain, du « hasch » (dans H…) à la grande muraille et de New York à Venise, au fil de ses conquêtes amoureuses, voyages autour du monde, lectures à n’en plus finir, minutes heureuses à foison, rencontres fameuses de vivants ou de morts parfois plus vivants que les précédents, à commencer par Nietzsche dont Sollers a adopté le nouveau calendrier – nous sommes donc en 122 !
Sollers misogyne ? Mais on lira dans Un vrai roman, son bel hommage aux dames de sa vie. Sollers égomane ? Assurément et à juste titre si l’on admet que son moi, poreux, est un univers à soi seul dans Les Voyageurs du Temps. Sollers réac ? Sans doute revenu d’engagements légers, fièvre d’époque. Sollers « fondu catho » ? Vrai si Rome reste la Centrale de l’Occident civilisé, capable d’intégrer la Chine et Voltaire, Mozart et Rimbaud, le Christ et le Tao. Sollers résistant à la décadence ? Son Discours parfait va plus loin : prophète d’une Renaissance dont il sera, ben voyons, le modeste ( !) messie...
Jean-Louis KUFFER

Écrit par Brice dans Philippe Sollers | Commentaires (1) |  Facebook | |

06 09 09

Starwalker

MICHAELJACKSONJe m'intéresse à la façon dont Elvis s'est détruit parce que je n'ai pas l'intention d'en faire autant.
Après l'émoi causé par sa mort accidentelle, cette phrase écrite par Michael Jackson en 1988 a une résonance particulière. La nouvelle publication de Moonwalk, l'unique autobiographie de la plus grande star de tous les temps, est bouleversante de vérité et de naïveté. Même si vingt années nous séparent de ces confessions, tout est déjà dit.
Quelques morceaux choisis :

La presse écrit les choses les plus bizarres sur mon compte, continuellement. Je ne supporte pas que l’on déforme la réalité et je ne lis jamais ce que l’on écrit sur moi, même si on m’en parle souvent. Je ne comprends pas pourquoi les journalistes éprouvent le besoin d’inventer des choses sur moi.
Comme mon père avait neuf enfants et mon oncle huit, la famille était une véritable colonie de vacances.
Personne ne m’a obligé à devenir le petit Michel, le chanteur soliste – je l’ai fait et j’ai aimé ça – mais c’était un travail dur. Quand on faisait un disque, on entrait parfois en studio juste après l’école sans avoir le temps de manger. Quand j’arrivais chez moi, et qu’il était onze heures ou minuit, j’étais tellement fatigué que je n’avais pas faim.
Par contre, moi, je me faisais battre pour des bêtises, en dehors des séances de répétition. Papa me rendait tellement fou de rage et me faisait tellement mal que j’essayais de me rebiffer et de rendre ses coups, ce qui ne faisait qu’aggraver les choses. Je lui balançais une chaussure à travers la figure, ou je tentais de lui porter un coup de poing. Du coup, j’en prenais encore plus que tous les autres réunis.
On en a vu de toutes les couleurs pendant cette période. Dans une boîte, je me souviens qu’il y avait un trou entre la cloison de la loge des musiciens et les toilettes des femmes. On pouvait mater à travers une fente et je dois avouer que j’ai vu des trucs inoubliables …
Je suis fier pourtant d’avoir pu m’en sortir pas trop mal. Bon nombre d’enfants du show-business ont fini dans la drogue : Frankie Lymon, Bobbie Driscoll, etc.
Quand je suis à la maison, je m’habille n’importe comment. Je porte ce qui me tombe sous la main. Ca m’arrive de passer des journées entières en pyjama. J’aime les chemises flanelle, les vieux pantalons et les vieux pulls, bref, les vêtements simples.

Moonwalk, Michael Jackson, Michel Lafon, 1988-2009, 304p., 22€ env.

Écrit par Brice dans Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 06 09

Parole d'ours !

SARDOUNostalgie et Michel Sardou vous donnent rendez-vous le dernier week-end de juin.
En prélude, je vous invite à écouter deux extraits de l'entretien que l'artiste m'a accordé et au cours duquel nous avons évoqué son autobiographie, donc sa vie privée et professionnelle.
Et le livre ? Agréable, amusant et très bien écrit. Quelques astuces littéraires intéressantes. Quant aux révélations, il y en a. Bien sûr. Mais tout n'est pas dit. Car l'auteur-chanteur ne s'en cache pas : Le reste, c'est mes oignons ... Je ne veux pas qu'on me connaisse.

Brice Depasse

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2

Et qu'on n'en parle plus : autobiographie, Michel Sardou, XO, juin 2009, 224p., 17€90.

Interview intégrale :

  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 1
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 2
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 3
  MICHEL SARDOU - Brice Depasse 4

Écrit par Brice dans Biographies | Commentaires (2) |  Facebook | |

08 06 09

La femme qui n'était jamais seule

DION BOMBARDIERCélèbre présentatrice de la télévision québécoise, Denise Bombardier est connue pour ses interventions musclées et ses sorties tonitruantes. Ayant accompagné Céline Dion tout au long de sa dernière tournée mondiale, on pouvait s'attendre à un livre bien épicé.
Mais il n'en est rien car les deux femmes sont liées par une solide amitié (Denise Bombardier a d'ailleurs signé une des chansons du dernier album de Céline en français). Les amateurs de croustillant et de voyeurisme ne s'y retrouveront pas. Par contre, pour les admirateurs, reste un livre essentiel puisqu'il raconte la face cachée de la diva en tournée mais aussi en famille.
Mais en live, sur l'antenne de Nostalgie, au micro de Philippe & Laure, le naturel de Denise Bombardier va-t-il revenir au galop ? C'était ce matin, dans le Grand Morning.


L'énigmatique Céline Dion, Denise Bombardier, XO, mai 2009, 233p., 18€90.

Écrit par Brice dans Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 04 09

A few thousands of hard days night

BEATLESDes décennies de passion et pourtant, il y a toujours des livres ou des DVD qui m'étonnent, me ravissent. Ce beau livre de photos et de textes est un des meilleurs ouvrages que j'ai lues sur les Beatles avec les mémoires de McCartney, le livre de Steve Turner et, bien évidemment, le gigantesque "Beatles Anthology" raconté par eux-mêmes.
Bonus : podcast de la présentation du livre dans le Grand Morning de Nostalgie avec Philippe et Laure.



The Beatles : Quatre garçons dans le vent de Jean-Claude Perrier et Tim Hill, Edition Place des victoires, 2008, 448p., 35€00.

Écrit par Brice dans Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

15 11 08

Le retour bâclé ("débaclé"?) de Noir Désir

CANTATComme nous l'avions évoqué lors de notre entretien, Andy Vérol a publié un livre sur Bertrand Cantat/Noir Désir, l'été dernier. Livre dont on parle beaucoup actuellement vu le retour du groupe (qui fait grand bruit). Nous reproduisons ci-dessous l'article qu'il vient de publier à ce sujet, tout en vous recommandant cette biographie non partisane.
Ce retour, que j'ai annoncé dans mon livre, n'a rien de surprenant. Il était déjà signé avec Barclay depuis belle lurette. Il s'agit, selon moi, d'une pure démarche marketing. Les Noir Désir préparent le terrain, observent la réaction, épurent aussi le "problème" Cantat. Ainsi, tout ce qui doit être craché, est balancé entre le 12 et le 13 novembre... Je disais, lors d'une interview hier, que le terme de "polémique" n'a pas lieu d'être. Il s'agit, pour Noir Désir, de vérifier le niveau de brutalité d'une certaine vindicte populiste et médiatique...
Eiffel, qui s'est associé à ce retour, n'est pas un groupe intéressant, véritablement, parce qu'il ne produit que de la "redite pop-rock" anglo-saxonne. C'est dommage justement que ce groupe se soit associé à la démarche marketing de retour de Noir Désir.
Avec ces deux morceaux, les "Noir Dez" reviennent aux fondamentaux, parodiant presque leurs plus vieilles créations...
Egalement, on m'a demandé si le retour de Noir Désir ne comblait pas, en définitive, un vide. Assurément non. Politiquement, ce groupe a toujours été engagé, mais sur des combats très consensuels à gauche (la gauche mollasse comme je dis).
La reprise du Temps des cerises est particulièrement... ridicule. On se croirait revenu à l'époque du "revival pseudo-révolutionnaire" des années Jospin. Entre "Tomber la chemise" et "Commandante Che Guevara", on replonge dans les années où la gauche caviar s'était muée en bourgeoisie bohême..."L'urgence" inscrite dans le communiqué lié à ces deux morceaux est presque risible. La crise, le capitalisme qui vacille, le monde qui s'autodétruit, la famine qui grossit (Une famine obèse oui), les massacres, la destruction de l'environnement sont le contexte qui aurait inspiré ce retour... Mais qui a besoin de la parole de Noir Désir, aujourd'hui, sur ces questions?
Quant à Gagnants / Perdants, c'est tout simplement affligeant, bâclé, mielleux limite. Ce morceau contient tous les éléments de ce que Noir Désir a toujours fait de pire: de la pop linéaire... Le texte est écrit à l'arrache, sans style, et la voix de Cantat est fébrile.
Franchement, c'est très sympa d'avoir offert ces morceaux. L'idée même de payer ça, me rend malade.
Donc ce retour annoncé de Noir Désir n'apporte rien artistiquement, mais il est fondamental pour l'avenir des créations (que j'ose espérer de bien meilleure qualité). Ce retour, même s'il est bâclé, hyper prévisible (contrairement à ce que les gros médias télés gourmands et ignares disent), n'en est pas moins logique et bienvenue.
Noir Désir, c'est un groupe que j'attends sur le plan artistique, musical, peut-être même littéraire (ben oui). Tout le reste importe peu.
Andy Vérol

Écrit par Brice dans Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 11 08

Une vie

HARDYAuprès de son arbre, Françoise Hardy, qui aime et a tant aimé les livres, vient d'écrire sa vie. Le lecteur n'est pas dupé. La belle y va carrément. Toute la vérité. Et bien écrite, s'il vous plaît.
Doit-on parler de beau livre : la réalité, la vie qui y est racontée n'est pas drôle. On garde à tout le moins un goût amer, on nourrit une certaine tristesse pour cette femme si belle, talentueuse et sensible à qui le destin semble avoir donné la gloire mais pas le vrai bonheur. Seulement des joies.
Mais quel est celui d'entre nous qui pourra se targuer une fois le bilan honnête de son existence rédigé, avoir été comblé par la vie ?
La plus belle autobiographie (avec celle de Fugain et de Bob Dylan) qu'il m'ait été donné de lire.

  FRANCOISE HARDY - Brice Depasse 1

A propos de Thomas mais aussi des débuts de sa carrière d'artiste :

  FRANCOISE HARDY - Brice Depasse 2

ATT00023
Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles, Françoise Hardy, Robert Laffont, 21€, 416p.

Photo : Alain Trellu

Écrit par Brice dans Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 11 08

Les autres bagatelles

FR HARDYOù il est question de Bob Dylan, des Beatles, Jean-Marie Perier, des tournées en Italie, du trac, du retour de Belgique avec Dutronc, de l'AB, ...

  FRANCOISE HARDY - Brice Depasse 3

Où Françoise parle de Mick Jagger, mai '68, Jacques Cancel, la solitude, le mariage, Jacques Dutronc, l'Amour, la littérature et des plus belles femmes du monde.

  FRANCOISE HARDY - Brice Depasse 4

Le Desespoir des Singes et Autres Bagatelles, Françoise Hardy, Robert Laffont, 21€, 416p.

Écrit par Brice dans Biographies | Commentaires (1) |  Facebook | |

07 11 08

Michael Crichton 1942 – 2008

CRICHTONEtrange sensation. Oui, étrange sensation que de voir apparaître l’avis de décès d’un auteur que l’on a vu « naître » au monde la littérature et du cinéma. Effet de miroir évident qui renvoie à sa propre mortalité et au temps qui passe. Né en 1942, Michael Crichton devient auteur, dans un premier temps, par nécessité. Certains étudiants servent des bières jusqu’à pas d’heure ou distribuent des journaux, lui se met à écrire des thrillers sous le nom de John Lange. Dès 1966, ce « petit boulot » lui permet non seulement de payer ses études de médecine mais aussi de développer cette prose efficace qui sera sa marque de fabrique… autant que le bâton avec lequel les amateurs de hard-science et les critiques « sérieux » n’arrêterons pas de le frapper.
C’est en 1990 que le « phénomène » Crichton va soudain prendre son envol. Après un passage par les couloirs des plus grands studios pour lesquels il réalise de solide séries « b » comme Mondwest, Morts Suspectes ou encore Looker, il revient à l’écriture avec « Congo ». Mais cette histoire de diamants aux qualités exceptionnelles, de cité perdue et de gorilles intelligents n’est qu’un galop d’essai. Dans la coulisse, le manuscrit de son roman suivant, Jurassic Park, est entre les mains d’un certain Steven Spielberg. Le reste fait partie de l’histoire du cinéma autant que de la littérature. L’idée de ressusciter les dinosaures grâce au génie génétique paraît « crédible » aux yeux des lecteurs. Dans la foulée, les avancées de l’animation digitale vont rendre les monstres du jurassique totalement réalistes sur grand écran. Une véritable dinomania s’en suit et Hollywood, jamais en reste, se jette sur tous les romans de Crichton avec l’espoir de réitérer le succès de Spielberg.
JURASSICMais le romancier se garde bien, pour sa part, de débiter son idée en tranchettes et d’aligner les mauvaises déclinaisons de son roman phare. Ce qui intéresse surtout Crichton, une constante de son écriture et son approche du cinéma, c’est d’interpeller le lecteur sur le présent et le futur, sur les technologies, mais aussi les faits de société. Avec Harcèlement, ou Soleil Levant, il utilise la technologie comme un simple outil pour aborder des sujets aussi divers que la misogynie ou le racisme.
Ces dernières années, il s’était retrouvé au cœur d’une mini-polémique avec Etat d’Urgence, son roman consacré au réchauffement planétaire. Défenseur de la cause des « sceptiques », Crichton semblait convaincu que vouloir mesurer les effets du changement climatique à l’échelle de la civilisation était un péché d’orgueil… Tout comme croire que l’homme pouvait avoir une influence réelle sur un système aussi complexe et aussi ancien que notre bonne vieille planète bleue. Il voyait plutôt dans l’éco-économie, un nouveau moyen trouvé par certains pour dégager de plantureux bénéfices. Dans une mise en scène typiquement américaine, Crichton avait même fini par « témoigner en tant qu’expert » devant une commission gouvernementale… sans avoir, de près ou de loin, suivi des études de climatologues ! Imaginons, sous nos latitudes, Amélie Nothomb témoignant dans une commission d’enquête sur le harcèlement au travail, suite à l’écriture de Stupeur et Tremblement !
CRICHTON_UrgenceQuoi qu’il en soit, Crichton laisse derrière lui une carrière riche, constituée de romans d’une efficacité jamais mise en question (et dotés d’un extraordinaire sens de la vulgarisation), de films plutôt en avance sur leur temps – même si en tant que metteur en scène Crichton n’a jamais vraiment eu les moyens de ses ambitions – sans compter Urgences, série télévisée grâce à laquelle plus personne, ou presque, ne peut entrer dans un hôpital sans se mettre à marmonner des extraits de dialogues pleins de jargons autrefois incompréhensibles.
Chris Corthouts

Écrit par Brice dans Portraits | Commentaires (2) |  Facebook | |