07 08 08

Le livre du moment

olympismeDans la nouvelle édition d’Un siècle d’Olympisme qu’il vient de faire paraître aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles, le journaliste sportif français Geoffroy Deffrennes dresse le bilan sportif, iconographique (les photos sont vraiment très belles) et anecdotiques des Jeux Olympiques de 1896 à 2004, tout en ouvrant une fenêtre sur ceux de 2008. Pour chaque olympiade, il fournit également le palmarès de toutes les disciplines, ce qui ne laisse pas de surprendre parfois. Car si l’on se souvient à juste titre du triomphe aux 100 mètres de l’Américain noir Jessie Owens à Berlin en 1936, au grand dam et au profond dépit d’Adolf Hitler, et si l’on n’a pas oublié le massacre des innocents athlètes israéliens à Munich en 1972, il n’en demeure pas moins que certains exploits puissent aujourd’hui paraître quelque peu surréalistes. Ainsi, aux JO d’Anvers en 1920, la Belgique remporta 13 médailles sur 20 en tir à l’arc messieurs, dont 7 « à l’oiseau fixe » et 6 « à l’oiseau mobile ». Elle remporta également la médaille de bronze… de tir à la corde. On retiendra aussi, de cette année-là, une surprenante photographie de la tenniswoman française Suzanne Lenglen en pleine action et… en bas à jarretelles ! En 1964, à Tokyo, c’est un Hollandais, Antonius Geesink, qui remporta la médaille d’or en judo toutes catégories. Et en 1968, à Mexico, l’haltérophile soviétique Leonid Jabotinski emporta l’or devant le Belge Serge Reding, en soulevant une combinaison de poids de 555 kg… Gageons que les Jeux de Pékin nous réserveront, eux aussi, leur lot de surprises. En ping-pong, qui sait ? Ou en taekwondo ? Ou en softball ? Tant que ce n’est plus en tir tibétain à balles groupées …
Bernard DELCORD

Un siècle d’Olympisme Geoffroy Deffrennes, Bruxelles, Éditions de la Renaissance du Livre, 2008, coll. « Patrimoine », 351 pp. quadri, format 25,5 cm x 32 cm, 39,50 €.

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05 08 08

Les Jeux de la honte

1936L’éditeur André Versaille publie une nouvelle fois, dans une version revue et augmentée, 1936 Les Jeux olympiques à Berlin, l’essai paru en 1983 et en 1999 dans lequel le professeur de Sorbonne Jean-Marie Brohm, fils de résistants alsaciens, a mis en lumière non seulement les turpitudes politiques du baron Pierre de Coubertin
(qui par exemple saluait en Adolf Hitler « l’un des plus grands esprits constructeurs de ce temps ») mais surtout les compromissions, lâchetés et aveuglements des dignitaires du Comité International Olympique dont la forfaiture a permis que les Jeux de Berlin assoient définitivement l’Allemagne nazie sur la scène internationale, en dépit de son caractère notoirement raciste, antisémite et belliciste et malgré de nombreux appels au boycott … Il analyse également comment les gouvernements démocratiques d’alors, en faisant confiance à Hitler et à ses promesses en faveur des Juifs et de la non-discrimination raciale, ont mis avec plus ou moins de zèle le doigt dans un engrenage qui les mènerait à la capitulation de Munich en 1938 et à la guerre en septembre 1939. Et il s’interroge au passage sur la tenue des Olympiades à Moscou en 1980. Car les Jeux olympiques, en dépit des apparences, sont une métaphore de la guerre et de ses préparatifs : sur le plan de l’idéologie politique (ils affermissent celle du pays le plus médaillé), sur celui de la propagande (en faisant croire que la réussite dans les stades est le reflet de celle du pays qui remporte les palmes) et même théologique (l’expression de
« dieux du stade » adoptée en 1936 par la cinéaste nazie Leni Riefenstahl pour intituler son film célèbre ne demeure-t-elle pas actuelle ?). De quoi nourrir une longue méditation, comme dirait le Dalaï-lama…
Bernard DELCORD

1936 Les Jeux olympiques à Berlin par Jean-Marie Brohm, Bruxelles, André Versaille éditeur, 2008, 244 pp., 19,90 €

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31 07 08

La Chine éternelle

pearl_buck_1La Chine d’aujourd’hui doit beaucoup à l’Américaine Pearl Sydenstricher Buck (1892-1973), fille d’un pasteur protestant née en Virginie et arrivée dès l’âge de trois mois à Chinkiang d’abord, puis à Shanghai où elle apprit le mandarin. Après des études supérieures en Virginie, elle reviendra en Chine du Nord, s’y mariera et se penchera de très près sur les us et coutumes locaux. De retour aux USA, elle fait paraître Vent d’Est, Vent d’Ouest (1930) puis La Terre chinoise (1931, prix Pulitzer 1932, attribué pour la première fois à une femme). Suivront Les Fils de Wang Lung (1932) et La Famille dispersée (1935). Cette trilogie connut un succès retentissant à travers le monde, et fit connaître et apprécier la culture chinoise (dans tous les sens du terme, y compris rural) ainsi que ses problèmes dans l’Occident tout entier. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 1938. Elle a aussi décrit avec une grande intensité et une forte émotion la condition des femmes au sein de la société traditionnelle de l’Empire du Milieu, notamment dans La Mère (1933), Pavillon de Femmes (1946), Pivoine (1948) et Impératrice de Chine (1956). Les Éditions Omnibus à Paris, dans la perspective sans doute de l’intérêt que ne manqueront pas de susciter pour ce pays les Jeux Olympiques de Pékin, viennent de ressortir l’essentiel de son œuvre dans deux forts volumes joliment présentés. Pour de belles heures de lecture « rétro », passionnantes et dépaysantes à souhait !
Bernard Delcord

pearl_buck_2
Pearl BUCK, La trilogie de La Terre chinoise, [réunissant La Terre chinoise, Les Fils de Wang Lung et La Famille dispersée], Paris, Éditions Omnibus, 2008, 852 pp., 25 €.

Pearl BUCK, Impératrice de Chine et autres romans [réunissant Impératrice de Chine, La Mère, Pivoine et Pavillon de Femmes], Paris, Éditions Omnibus, 2008, 1068 pp., 26 €.

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30 07 08

Micro-joailleries pour amateurs de littérature

clementCela fait plus d'un an que ces Grains de beautés me tentent, résistent et survivent au harcèlement des maisons d'édition, à la coulée continue des nouveautés, aux salles d'attente peuplées d'auteurs à interviewer.
Aujourd'hui décision de saisir ce livre sur la table de nuit de Nicky. Et ...
Veni, legi, vici. Joie. L'attente est à la hauteur des espérances. Vive la littérature. Nouvel univers. Territoires vierges comme ces îles des mers de Chine vers lesquelles navigue Zérène, peintre miniaturiste itinérant du XVIII° siècle, parti à la pêche aux merveilles qu'il doit rapporter à la Marquise des Ailleurs, mécène dont l'amour est le prix de l'aventure.
Ecrites dans la langue précieuse du siècle des Lumières et des Libertés, les lettres de Zérène, élève de François Boucher, Arthur Gordon Pym de l'érotisme, demeureront mon plus beau souvenir de vacances 2008.

  FREDERIC CLEMENT - Brice Depasse 1
  FREDERIC CLEMENT - Brice Depasse 2

Grains de beautés (et autres minuties d'un collectionneur de mouches), Frédéric Clément, Actes Sud, mars 2007, 101p, 16€.

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17 06 07

Quand la Chine se réveillera ...

WOltonQuelques semaines après son dernier passage chez nous (sous le nom de Léo Forneau), Thierry Wolton reprend son costume d'essayiste sur le pouvoir communiste avec "Le grand bluff chinois" qu'il publie chez Robert Laffont. "Comment les Chinois nous vendent leur révolution capitaliste ?" tel est le propos de ce grand connaisseur de l'URSS politique et des bonnes tables de France. Cet essai salutaire à rebrousse-poil de la pensée unique, admiratrice du grand marché chinois fera réfléchir plus d'un analyste économique, qu'il soit d'un jour ou de profession à commencer par ceux qui ont déconseillé au Dalaï-Lama de se rendre en Belgique dernièrement pour ne pas vexer le gouvernement chinois à quelques jours d'une visite de la délégation belge emmenée par le prince Philippe.
Ecoutez. Lisez. Autre point de vue, nouvel horizon.

THIERRY WOLTON - Brice Depasse

WOLTON2

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15 04 07

A la gloire de mon grand-père

ZOE VALDESMo Ying est un jour parti sur les traces de son père, Li Ying, chanteur d'opéra qui avait quitté la Chine pour en fuir la misère et dont sa mère, Mei, la belle calligraphe, était sans nouvelles. "On n'aime pas une femme comme un opéra, mon fils, tu répètes la même chose à chaque fois, avec intensité, avec émotion. Une femme tu dois l'aimer toujours de façon différente et lui faire croire que tu l'aimes toujours pareillement."
Au Mexique, Mo Ying deviendra Maximilio Megia. A Cuba, il aura cinq enfants d'une femme qui va le quitter sans laisser d'adresse. "Le style du désir est l'éternité ... l'éternité n'est pas de trop pour que je te rejoigne. Pas à pas je te rattraperai." Cette histoire, Mo Ying la raconte aujourd'hui à sa petite-fille Lola. Il a décidé, alors que le voilà très vieux, à sortir de son mutisme dans lequel il s'était muré.
"A mon grand-père, Maximilo Megia, Mo Ying", signe Zoé Valdès. A la fin de son livre, sa photo, celle de sa femme Rogelia et de leur fille, la mère de l'auteure. Immortalisation romanesque d'une famille improbable au carrefour des déracinements que Zoé Valdès incarne aujourd'hui elle aussi. "L'éternité d'un instant" est un roman calligraphié avec une encre préparée durant des décennies, écrit d'un long trait avec finesse, dessiné sur le kimono ancestral de la charade sino-cubaine. Un ravissement.
Extrait :
Ils eurent la grande joie de découvrir très tôt que Li Ying n’était pas seulement doué pour la lyrique vocale, mais que le chant de sa gorge ne pouvait se comparer qu’au ramage du rossignol ; sans parler de sa maîtrise de l’art des gestes, du phrasé de son regard avec une exigence spirituelle et une souplesse corporelle sans égale. Jamais personne n’avait pu se targuer d’une telle vigueur physique, car il pouvait allonger la durée des opéras de quinze jours à un mois. Les gens du pays disaient que pareil prodige ne pouvait avoir d’autre origine qu’une énergie supérieure ; ils se trouvaient devant un don divin et s’avouaient témoins de la grâce envoyée par le Sage, le doux et vénéré Bouddha.
Li Ying sourit humblement, tira des deux mains ses cheveux brillants en arrière et enserra ses tempes d’un étroit bandeau ; ses yeux se bridèrent encore davantage. Il passa sur ses joues un maquillage blanc, prit le pinceau et peignit ses sourcils en noir, deux traits comme deux ailes d’aigle en plein vol ; il entoura ses yeux d’un khôl foncé et en prolongea la ligne étirée des paupières. Pour finir, il enduisit la pointe d’un autre pinceau d’un rouge intense ; ses lèvres fines resplendirent comme l’entaille d’une blessure qu’on vient d’ouvrir, teintée d’un sang épais.

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05 12 06

La guerre de l'opium et l'empire des larmes

FRECHESLa passion de José Frèches est connue de centaines de milliers de lecteurs français et francophones : la Chine. Avec le « Disque de Jade », José Frèches est sorti du giron de la sinologie pour raconter l’Empire du milieu au plus grand nombre. Un intérêt qui ne s’est pas démenti avec « L’impératrice de la soie » et qui sera, je n’en doute pas, maintenu au même niveau par « L’Empire des larmes », son nouveau roman fleuve. Changement d’époque, nous sommes cette fois dans la seconde moitié du XIX° : la Chine n’est plus ce qu’elle fût ...
« L’Empire des larmes » est un roman fort qui ravira ceux qui furent marqués par « La canonnière du Yang-Tsé » ou « Les 55 jours de Pékin », Hollywood en moins, le réalisme en plus, à la Joseph Conrad.

  JOSE FRECHES - Brice Depasse 1

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05 12 06

Le sac du palais d'été

FRECHES2

  JOSE FRECHES - Brice Depasse 2

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25 07 06

Le Dalaï-Lama qui défia la Chine

Cette conversation avec Catherine Barry me rappelle l'interview de Patrick Weber que j'avais réalisée il y a tout juste un an lors de la parution chez JC Lattès de son dernier roman qui est tout simplement épatant et dont je vous conseille vivement la lecture. En illustration, les deux couvertures sous lesquelles ce livre éblouissant, injustement passé inaperçu à sa sortie, a été publié.

PATRICK WEBER

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