01 08 10

Livre de bord N°78 du 21 juillet 2010


Livre de bord N°78

Une émission présentée par Nicky & Brice Depasse
Chroniqueur : Bernard Delcord
Entretien : Corinne Hoex
Destinations : Le rattachement de Didier van Cauwelaert (Albin Michel), Les dessous de la littérature : pastiches cochons de Christine Brusson (Editions des Équateurs), Le dictionnaire des mots du sexe d'Agnès Pierron (Balland), Dix recettes pour recevoir un pompier sans son extincteur et Dix recettes pour recevoir une hôtesse de l'air de Sophie et Marie-Pierre Morel (Marabout), À quoi ça sert un livre ? de Chloé Legay (Alice jeunesse), Thomas le magicien de Sébastien Perez (Seuil jeunesse), Barabara de Pierre Ryckmans (Luc Pire/Espace Nord), Nouvelles belges à l'usage de tous (Luc Pire/Espace Nord), Décidément, je t'assassine de Corinne Hoex (Impressions nouvelles), La maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion de Margery Allingham (Omnibus), Collection "En Verve" : Talleyrand et Che Guevara (Horay), La dernière heure du dernier jour de Jordi Soler (10:18), Paradis sur mesure de Bernard Werber (Livre de poche), Melnitz de Charles Lewinsky (Livre de poche), Arthur, va te coucher ! de Barroux (Seuil jeunesse), La jeune mariée d'Isaac Singer, Je vous aime avec excès, folie, transport et désespoir de Madame de Lespinasse et Lettres familières d'Italie du Chevalier De Brosses (André Versaille éditeur) et Les châteaux de la Loire par Alain Vigneron et Irène Frain (Ouest France).

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18 02 09

Les chiffres et les lettres de la « der des der »

beckerRemarquablement informé, le Dictionnaire de la Grande Guerre que l’historien Jean-Jacques Becker a publié tout récemment chez André Versaille éditeur s’articule autour de mots-clés de la Première Guerre mondiale, tant humains (Albert Ier, Briand, Churchill, Clemenceau, D’Annunzio, Foch, Hindenburg, Joffre, Kitchener, Lénine, Mata Hari, Pétain, Radiguet, Trotski…) qu’abstraits (le problème des nationalités, la psychose de guerre, les plans d’opérations…), technologiques (le rôle et les progrès de l’aviation ou de la médecine au front, l’utilisation des gaz de combat, l’invention du char d’assaut, de la grenade, de la mitrailleuse, de la guerre sous-marine…), culturels (l’engagement des écrivains, les journaux de tranchées, l’érection des monuments aux morts, la naissance du Canard enchaîné, l’exploitation ultérieure du conflit par le cinéma…), militaires (batailles de Liège, de Tannenberg, de la Marne, de la Somme, de Caporetto, des Dardanelles, du Jütland, de Verdun…) ou politiques (l’attitude des socialistes français et allemands durant le conflit, celle des spartakistes, des catholiques français, de Benoît XV, des bolcheviks, les progrès du féminisme…). Sans oublier l’effondrement des empires centraux (allemand, autrichien et ottoman), la Révolution russe et la naissance de l’Union soviétique, celles de la Pologne, de la Tchécoslovaquie et des États baltes ou l’émergence des USA sur la scène internationale.
Soulignons aussi la grande limpidité des exposés relatifs au contenu et aux enjeux des divers traités qui régirent les relations internationales d’alors (traités du Trianon, de Saint-Germain-en-Laye, de Brest-Litovsk, de Versailles…) et par celui concernant l’impact, souvent oublié, de l’épidémie de grippe espagnole de 1918-19. Car celle-ci fit entre 20 et 40 millions de morts (!) dans le monde, dont 550 000 personnes aux États-Unis, soit bien plus que les pertes américaines des deux guerres mondiales…
Bernard DELCORD

Dictionnaire de la Grande Guerre par Jean-Jacques Becker, Bruxelles, André Versaille éditeur, octobre 2008, 264 pp., 19,90 €.

29 01 09

"J'aime les dictionnaires amoureux"

dictam2Gros succès éditorial depuis plusieurs années, les dictionnaires amoureux imaginés et dirigés par Jean-Claude Simoën marient un thème à la littérature sous la plume de grandes "figures-cautions".
Après avoir reçu des auteurs de cette collection tels que Philippe Sollers, Frédéric Vitoux, Christian Millau, Jean-Noël Schifano ou encore Jean des Cars, nous retournons à la source vitale de la collection qui s'étoffe avec bonheur au fil des mois. Un entretien direct et sans langue de bois avec un éditeur étonnant (et heureux). Suffisamment rare pour être souligné.

  JEAN-CLAUDE SIMOEN - Brice Depasse 1
  JEAN-CLAUDE SIMOEN - Brice Depasse 2
  JEAN-CLAUDE SIMOEN - Brice Depasse 3

Cliquez sur la couverture pour écouter notre entretien avec Bernard Pivot lors de la sortie du dictionnaire amoureux du vin.

25 11 08

Un livre à dévorer !

MILLAUCofondateur des guides Gault-Millau, l’auteur du Dictionnaire amoureux de la gastronomie paru tout récemment chez Plon à Paris, Christian Millau, est un merveilleux conteur qui y narre avec une belle faconde et dans un style gouleyant à souhait ses souvenirs gourmands
les plus marquants et qui y fait part de son expérience d’amateur éclairé de chère fine et de boissons de qualité.
Découvreur de talents autant que baroudeur de la table et même parfois kamikaze de la diététique (par exemple quand il tâta, dans une sorte de bordel à Shanghai, d’une bouillabaisse prétendument « comme à Marseille »), il a roulé sa bosse et sa serviette a travers le vaste monde et il en a ramené des considérations passionnantes, parfois très drôles, sur le canard laqué, Marrakech, la cuisine anglaise, irlandaise ou indienne, la sushimania, la Belgique, les trattorias romaines, l’Espagne, les bouchons lyonnais, la malbouffe yankee, les Winstuben, voire sur l’anthropophagie…
D’une entrée à l’autre, il ressuscite Apicius, Grimod de La Reynière, Brillat-Savarin, Curnonsky ou Talleyrand, a une de ces frites, fait un sort à la cuisine moléculaire, dénonce le faux luxe, prononce l’éloge du métier de maître d’hôtel, se penche sur les mots de la faim, s’intéresse aux chefs francs-maçons, croise Alain Ducasse, Paul Bocuse, Joël Robuchon, Marc Veyrat, explique comment lire une carte de restaurant ou consommer un bon foie gras, murmure son amour de l’oreille de cochon à la dijonnaise, raconte l’histoire du caviar, établit la typologie du cassoulet, rend hommage aux femmes en cuisine, conseille le champagne rosé, s’extasie au souvenir d’un merveilleux jambon-beurre, sert un coup de rhum et chante les louanges du chou farci. Entre autres…
Quel bon bouquin !
Bernard DELCORD

Dictionnaire amoureux de la gastronomie par Christian Millau, Paris, Éditions Plon, 2008, 771 pp., 25 €

01 10 08

Le dico, c'est hype !

larousseillustre2009Waouh ! Ce matin, sur mon bureau tout déjeté, m’attend le nouveau Petit Larousse Illustré 2009. Surprise ! Qui a déposé cet objet là ? Est-ce la réceptionniste, slameuse à ses heures, ou mon collègue Hubert qui aime compétitionner et courir chercher le courrier ? En feuilletant le dico, je découvre les nouveaux mots de 2008. A la machine à café, je tombe sur ce type insortable mais sexy comme Brad Pitt. Il décrète qu’il n’a pas « envie d’écrire un article sur un dictionnaire. A toi, cette fois ! » Moi, la journaliste hyperactive d’une rédaction qui vient de lancer un féminin ? Parler d’un dictionnaire ? « Il faut mutualiser vos compétences », suggère le directeur de marketing qui attend que le café coule, la bouche pleine de croquants appétissants.
Ca doit faire cinq minutes qu’Hubert agite sa touillette dans son café, quand il bredouille « je dois partir plus tôt, à cause d’une séance de luminothérapie prescrite par le médecin du travail ». Essorée par une réunion portant sur l’animation de la blogosphère, je réplique : Déstresse, Hubert ! Le dico, c’est hype ! Or, je sais que je vais me régaler à pondre ce papier. Ce soir, après mon cours de mbalax, je me glisserai au lit avec le Petit Larousse Illustré et j’éplucherai avec bonheur les nouveautés (comme quand j’étais enfant et que je les apprenais par cœur). Car, contrairement aux idées reçues, il n’y a rien de plus jubilatoire qu’un dictionnaire. Et qu’on ne vienne pas me dire que je ne fais rien pour mousser la vente des dicos !
Valérie Nimal

PS : Vous aurez sûrement remarqué que, dans ce texte, les nouveaux mots du Petit Larousse Illustré sont en italique;-)

Le Petit Larousse illustré 2009, 15 x 23 cm, 1 920 pages, 29,90 €

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11 09 08

Pour appeler un chat un chat

VITOUX_CHATSL’académicien français Frédéric Vitoux vient de faire paraître, dans la célèbre collection des « Dictionnaires amoureux » coéditée par Plon et Fayard, un Dictionnaire amoureux des Chats qui ravira tous les amis de ces félidés aussi intelligents qu’indépendants. Si l’on sait combien les chats ont compté dans la vie d’écrivains comme Marcel Aymé, Charles Baudelaire, Louis-Ferdinand Céline, Colette, Rudyard Kipling, Paul Léautaud, André Malraux ou Alexandre Vialatte et dans l’existence de personnages illustres comme les pharaons d’Égypte, Hérodote ou le cardinal de Richelieu, et si l’on n’ignore pas qu’ils peuplent l’univers des enfants, du Chat botté à Tom et Jerry ou Félix le Chat, on est peut-être moins au fait de l’influence des chats sur la musique (les duos des chats de Rossini et de Ravel ou Kittens on the Keys de Zeg Onfrey), sur la gastronomie (jadis en Espagne ou à Venise et chez nous pendant les périodes de disette) ou sur le cinéma (quoique le fameux savon que reçoit la Pomponnette de la part du mari trompé dans La femme du boulanger de Marcel Pagnol demeure un modèle confondant de discours indirect). En revanche, certains de leurs attributs (les yeux, les oreilles et les moustaches notamment) font l’unanimité, qu’ils soient le fait de chats de race ou de gouttière, et ne laissent pas de fasciner l’homo sapiens d’hier et d’aujourd’hui. Tant il est vrai que, comme l’assurait Marcel Mauss, le père de la sociologie : « Le chat est le seul animal qui soit arrivé à domestiquer l’homme ».
Bernard Delcord

Dictionnaire amoureux des Chats par Frédéric Vitoux, Paris, Éditions Plon & Fayard, 2008, 721 pp., 24 €.

04 06 08

Un monument de la musique

ROUSSEAUPlus connu comme philosophe que comme musicien, Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) fut pourtant tout à la fois un compositeur honorable (d’un opéra-comique, entre autres, Le devin du village, en 1752), un polémiste redoutable (Jean-Philippe Rameau en sut quelque chose qui vit sa théorie harmonique chargée furieusement par un Rousseau défendant la mélodie avec une ardeur peu commune) et un théoricien éminent du quatrième art dans l’échelle de Hegel : il rédigea les articles consacrés à la musique dans l’Encyclopédie de Diderot publiée entre 1751 et 1772, articles qu’il reprit, corrigea et enrichit dans son Dictionnaire de musique paru en 1767. Un fameux bouquin, en vérité, écrit à la romantique, c’est-à-dire avec « passion consumante », élan, intransigeance et intrépidité, mauvaise foi même parfois, mais aussi à la lumière de la Raison et du savoir des Anciens (son exposé de la musique grecque antique est véritablement stupéfiant…). Tout y est donc passé au peigne fin : l’histoire des instruments, la physique de leur fonctionnement et la façon d’en jouer, l’origine du solfège et la comparaison des systèmes (celui de Tartini étant porté au pinacle, pour faire bisquer Rameau), la théorie de l’imitation, l’orchestre et sa direction, les danses et la manière de s’y prendre, les musiques française et italienne… Les Éditions Actes Sud ont eu l’excellente idée d’en ressortir, préparée et présentée par le musicologue québécois Claude Dauphin, une édition en fac-similé de celle parue chez la veuve Duchesne à Paris en 1768, augmentée de nombreuses planches de l’Encyclopédie, consacrées pour la plupart à la lutherie. De quoi ravir, assurément, aussi bien les amateurs de musique classique que les historiens d’art, voire tous ceux qui pratiquent un instrument, fussent-ils gratteurs de guitare ou joueurs de pipeau !
Bernard Delcord

Jean-Jacques ROUSSEAU, Dictionnaire de musique, Arles Actes Sud, coll. « Thesaurus », 2008, 684 pp., 26 €

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13 09 07

Pour adultes et adolescents

PETIT LAROUSSE 2008Aussi fidèle à la rentrée qu'Amélie Nothomb, Mady Vinciguera vous présente la nouvelle édition du classique Petit Larousse illustré. Petit mais costaud, le Larousse 2008 comporte 100 mots nouveaux et quelques noms propres supplémentaires dont celui de l'écrivain Yann Quéffelec que nous saluons au passage.
Y figurent également de nouveaux belgicismes : Paris n'oublie pas son plus proche voisin francophone. Tout cela vous est expliqué dans le podcast ci-dessous, un mot qui d'ailleurs fait son entrée dans la nouvelle édition.
Nicky Depasse

  MADY VINCIGUERA - Nicky Depasse


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27 01 07

Nos livres nous tuent

DANTZIGNotre sang est de l'encre et la littérature le pompe. Vampire de lui-même, l'écrivain nourrit sa littérature de sa substance vitale, et elle le suce, le suce et l'empêche de vivre pendant qu'il écrit. On ne peut vivre que quand on cesse d'écrire. Voyez Racine. Il arrête d'écrire après la chute de Phèdre, en février 1677, et se marie le 1er juin. Si ce n'était que le mariage ! Les grands monstres de la création meurent une fois qu'ils ont achevé leur oeuvre : elle les achève. La gloutonne presse Balzac, elle en veut toujours plus, du sang, du sang ! de la volupté ! et de la mort : "La comédie humaine" terminée, il meurt, âgé de cinquante et un ans. Proust, Hercule autant que lui, quoiqu'on le remarque moins, pompé de même, meurt au même âge, ayant mis le mot fin à "La recherche du temps perdu". Molière, cinquante et un ans lui aussi, est pris d'un malaise pendant "Le malade imaginaire" et meurt chez lui, rue de Richelieu, près de la jolie fontaine qui lui est dédiée, je détourne souvent les taxis, la nuit, pour la voir. Joyce meurt à cinquante-huit ans après avoir fini "Finnegans wake". Ce que nous créons nous détruit."
Charles Dantzig