18 07 10

Humeur Noire

spirale_des_abysses.jpgJusqu'où peut-on aller pour retrouver son fils ? Cette question, Serge Papadakis, ex-mercenaire et ancien policier d'élite du Service de protection des hautes personnalités, n'aurait jamais dû se la poser. Il ignorait l'existence de Thomas, conçu trente ans plus tôt et disparu depuis peu. Succombant à sa pulsion de paternité, il se lance sur ses traces. Une route inattendue, terrifiante, placée sous le signe de la violence et de la barbarie. Qui est vraiment Thomas ? Que cherche-t-il ? Quels sont ces spectres qui le hantent ? Confronté à l'inimaginable, Papadakis verra ses certitudes vaciller, emportées dans le tourbillon de la Spirale des abysses.

La critique comparative, tout le monde connaît. « Et voici qu’entre dans l’arène le nouveau machin, ou la nouvelle bidule… ». Cela permet de situer tout de suite le débat, de brosser rapidement l’univers de l’auteur(e) en question et finalement de s’assurer que les lecteurs comprennent rapidement dans quelles eaux ils naviguent. Franchement ? Je n’aime pas trop. Parce que c’est réducteur, cela sonne « promo-quatrième de couv’ facile » et surtout parce que cela pue la fainéantise de chroniqueur pressé. Voilà, c’est dit. Et pour le coup, Olivier Descosse se positionne clairement comme le nouveau Jean Christophe Grangé. Ha, ha, ha, vous ne l’aviez pas vu venir hein celle-là ? Je sais, je suis un peu c… parfois. Mais franchement, à la lecture de cette Spirale, je n’ai pas cessé une seule seconde de penser à l’auteur des Rivières Pourpres. Personnages sombres et torturés, aventures aux confins de l’horreur, passé recomposé, jeu de piste macabre sur les traces d’un tueur aux limites de l’irrationnel et réflexions tendues sur le mal dans ce qu’il a de plus humain. Alors quoi ? Suiveur servile le Descosse ? Heureusement non. Et quand bien même on pourrait l’accuser de braconner sur les mêmes terres que l’ancêtre des auteurs de « polar à la française », il le fait avec un tel talent, un tel rythme et une telle maîtrise du suspense que toute tentative de lui coller une étiquette de pâle clone resteraient lettres mortes. Personne n’a jamais songé à accuser Led Zeppelin de composer du rock’n’roll… Donc ne comptez pas sur moi pour allumer un auteur aussi talentueux parce qu’il tricote du thriller. Avec de telles mailles, moi j’en reprend pour dix pelotes quand il veut !

Dr CORTHOUTS


La siprale des abysses, Olivier Descosse, Flammarion, mai 2010, 461p., 19€90.

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17 05 10

La vaste hypocrosie sociale

LESSINGVictoria, une fillette orpheline de neuf ans à la peau noire, attend sa tante à la sortie de l’école. Mais cette dernière, hospitalisée en urgence, ne viendra pas. .Une solution de secours est alors trouvée en la proposition de la famille Staveney d’héberger la petite pour la nuit. Pour Victoria, c’est le choc des cultures: elle découvre un univers diamétralement opposé au sien, comme seuls jusqu’alors les contes de fée s’en étaient fait l’écho. Tout n’y est qu’abondance, douceur, chaleur, luxe, démesure. L’univers d’une famille aisée de race… blanche. Cette nuit passée dans un monde presque irréel, celui d’une réussite sociale inaccessible, fantasmée, la hantera longtemps. Et de retourner régulièrement observer de loin, en cachette, ladite magnifique demeure, tandis qu’elle vit désormais dans « l’autre moitié du monde », dans un appartement insalubre, où tous sont entassés les uns sur les autres. Ce monde que Madame Staveney qualifie volontiers de « bas-fonds ». Deux réalités qui se côtoient mais ne se croisent pas. Pourtant, Victoria, devenue une séduisante jeune femme, caressera à nouveau son rêve en vivant une idylle d’un été avec le plus jeune des fils Staveney. De cet amour naîtra Mary, une adorable petite à la peau caramel, qu’elle commencera par lui cacher. Mais, six ans plus tard, exténuée par les combats auxquels la confronte l’extrême misère, consciente qu’elle ne pourra pas offrir à sa fille l’éducation à laquelle elle pourrait prétendre si elle était élevée par la famille de son père, les Staveney, elle se résoud à leur en révéler l’existence.
Une décision lourde de conséquences, où la mère célibataire se retrouve piégée par ses bonnes intentions. Sa fille Mary se trouve en effet confrontée à une situation pénible : celle du choix entre sa famille blanche et sa famille noire. Pour sauver la fillette de la précarité, Victoria devra t-elle payer le prix fort, à savoir risquer de la perdre ? Les Staveney et leur discours humaniste, bien-pensant, sont-ils dans les faits aussi ouverts à la différence que dans leurs propos ? Font-ils montre d’un humanisme sincère ou de charité intéressée ? Considèrent-ils le métissage comme un exotisme 'tendance' ou la couleur de peau est-elle indifférente ? C’est ce que Doris Lessing s’emploie à dénoncer avec sobriété, sans verser dans le manichéisme ni la caricature, dans ce roman très fort, très engagé.
A 91 ans, le prix Nobel de Littérature revient en effet avec cette verve qui la caractérise sur ses combats de toujours: l’hypocrisie sociale, le racisme, l’ambition, la famille.
Une vision désenchantée, cruelle, lucide, contemporaine et juste sur une Angleterre libérale qui tolère tout…tant que chaque monde reste "à sa place", à savoir loin de l’autre...
Karine FLÉJO

Victoria et les Staveney, Doris Lessing, Editions Flammarion, mars 2010, 150p., 16€00

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08 05 10

Le roman du Moyen-Orient

SINOUELes puissants ignorent la rapidité de jugement de ceux qu'ils croient dominer: ayant avalé plus de couleuvres que le monde n'en produit depuis la création, ils savent vite distinguer le vrai chef du minable galonné. Et les révolutions n'ont souvent d'autre objet que de rétablir les vraies hiérarchies.
Et si les attentats du World Trade Center (11.9.2001) trouvaient leur genèse  dans le traité Sykes-Picot (16.5.1916)?  Traité par lequel Anglais et Français, dépècent le Moyen Orient, s'octroyant  mutuellement les mandats d'administration de ses  régions. Le raccourci semble audacieux. Son développement séquentiel nourrit la  passionnante saga  Inch' Allah dont Gilbert Sinoué nous livre le premier tome, Le souffle de jasmin.
Vous tricotez et détricotez nos pays comme s'il s'agissait de vulgaires pelotes de laine. Vous placez des roitelets pantins, à l'instar de ce pauvre Fayçal, sur des trônes pour mieux les renverser ensuite.
À travers le destin, les relations et amours  - parfois improbables  - des membres de cinq familles -  deux Palestiniennes, une juive, une Égyptienne et une Irakienne - le romancier fabuleux , maître-conteur hors pair -il n'y a que lui pour truffer le texte de ces expressions arabes tellement vivantes - , invite le lecteur à démêler un écheveau de situations pour le moins complexes  - les conflits israélo-palestiniens, la révolte syrienne, l'ascension de Nasser,  l'avènement d'Anouar von  Sadate....selon une chronologie qui court, pour ce premier volet du dyptique, du 16 mai 1916 au 6 novembre 1956. Une carte géographique commentée permet, d'emblée de propos, de rattacher les différents territoires à leurs autorités de tutelle.
Connu pour ses vertus apaisantes et cicatrisantes, le jasmin apaisera-t-il de son souffle une poudrière savamment alimentée par les Anglais?
On ne peut qu'attendre avec impatience la parution du second tome d'Inch Allah, prévue pour la rentrée prochaine.
Apolline ELTER

3 questions à Gilbert Sinoué :

Apolline Elter : Trente-neuf maximes, puisées de vos lectures ou de votre propre sagesse, illuminent les têtes de chapitres. Elles déterminent le sens des pages qui font suite. Sous le nom de Livre d'Histoire, nous enseignons à nos enfants le calendrier criminel du monde  proclame Oscar Wilde. C'est justement le rôle des Anglais et leur façon détournée de mettre le feu aux poudres que vous fustigez dans Le souffle de jasmin.

Gilbert_SinoueGibert Sinoué : Comment ne pas imputer à la politique anglaise la responsabilité des tragédies qui ont secoué cette région moyen-orientale du monde ? Contraindre, ou convaincre les tribus arabes à se soulever contre les Turcs pendant la première guerre mondiale en leur promettant l’indépendance une fois le conflit terminé, amené des hommes à sacrifier leur vie, pour ensuite leur annoncer : « Désolé. Mais vous avez été assez naïfs pour croire à nos promesses. Désormais, le nouvel occupant c’est nous. » Offrir un territoire – la Palestine – qui ne vous appartient pas, sans demander l’opinion de ses habitants, monter les unes contre les autres les deux communautés, juives et arabes, qui vivaient en paix jusque-là pour ensuite les laisser face à face, enragés. Prendre possession de l’Egypte pendant 70 ans et l’attaquer militairement le jour où elle manifeste son désir d’indépendance ? Et j’en passe. Le Moyen-Orient paye aujourd’hui les conséquences de cette politique du pire.

A.E. :Je vous donnai un pays que vous n'aviez point cultivé, des villes que vous n'aviez point bâties et que vous habitez, des vignes et des oliviers que vous n'aviez point plantés et qui vous servent de nourriture. Josué 24:13
Le conflit israélo-palestinien est au cœur du roman; l’écheveau des ambitions de chaque camp paraît d'autant plus inextricable que les nœuds de discorde remontent à l'époque du Christ. Est-ce exact?

G.S.: Bien entendu. Mais la solution du conflit existe. Elle est contenue dans les propos tenus par Ben Gourion vers 1930 : «  il existe dans le monde un principe établi : c'est le droit à l'autodétermination. Nous-mêmes avons été toujours et partout de fervents défenseurs de ce principe. Nous sommes de tout cœur en faveur de l'autodétermination pour tout peuple, pour toute partie d'un peuple, pour tout groupe humain et il ne fait aucun doute que le peuple arabe de Palestine a droit à cette autodétermination. Ce droit ne doit être ni limité ni conditionné par les conséquences que cela peut entraîner pour nous. Nous ne devons pas limiter la liberté d'autodétermination arabe par crainte que cela rende notre action plus difficile. »

A.E. : Et celle-ci, très belle, Il n'est rien de plus réconfortant, qu'un reflet de son enfance dans les yeux de son fils. C'est vous qui l'avez rédigée, n'est-ce pas?

GS: Ma modestie dut-elle en souffrir : oui.

 Inch Allah- Le souffle du jasmin, Gilbert Sinoué, roman, Flammarion, avril 2010, 438 pp, 21 €

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21 04 10

L'animal est-il une personne ?

YVES CHRISTENSouvent je me suis demandé si j'étais normal en essayant de comprendre les animaux, de les sauver, de regretter les corridas, etc. Et même de sauver les araignées égarées dans la maison en ne les écrasant pas... Il semble que oui, d'après Yves Christen, biologiste, spécialiste des neurosciences. Ce qu'il raconte avec force détails et études est passionnant ! On apprend ou on a la confirmation d'une multitude de choses, comme dans le domaine de la communication que les animaux communiquent entre eux de façons multiples, sophistiquées et fiables. Par exemple, que les chiens nous comprennent mieux que nous les comprenons; ou que les éléphants survivent grâce à des liens familiaux puissants. Ce qui fait dire à Karen McComb que lorsqu'on braconne un animal, on est non seulement en train de prendre une vie, mais on enlève l'influence de cet animal sur les autres animaux. La grande idée du livre semble être que non seulement la sélection naturelle a contribué à façonner les humains lors de l'évolution des primates, mais qu'elle poursuivrait son action aujourd'hui encore au sein de la lignée humaine. Ainsi, un variant de Microcephalin aurait fait son apparition il y a 37.000 ans, soit au moment de l'apparition de la pensée symbolique en Europe; ainsi, un autre variant aurait émergé il y a 5800 ans, au moment de la naissance des premières cités du Proche-Orient... et donc l'évolution se poursuit. Notre espèce ne jouit pas d'une quelconque supériorité génomique. « Faut-il s'en étonner » écrit l'auteur « puisque, en tant qu'espèces, tous les vivants ont, d'une certaine manière, la même ancienneté remontant à l'origine de la vie ? Ils possèdent aussi le même degré de « perfection », tant il est vrai que nous sommes tous adaptés à une niche écologique particulière, celle en regard de laquelle nous pouvons nous juger supérieur aux autres. » Tous les vivants ont une âme. Le cerveau sécrète l'esprit, et la nature crée la culture... Ce sont des pistes du livre. Et Yves Christen de conclure : « Une seule chose me semble d'une absolue certitude : l'animal doit être considéré en tant que personne, et sa manipulation pose, en toutes circonstances, un problème éthique. »
Jacques MERCIER

 L'animal est-il une personne ?, Yves Christen. Éditions Flammarion. 2009. 540 pp. 24 euros.

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09 02 10

Vie privée, vie publique

si_tu_ne_m_aimes_pas_je_t_aime_01Peut-être ,poursuit-elle, les textes qui vont suivre, nous aideront-ils à comprendre, à déchiffrer le mystère amoureux, et pas seulement le nôtre Peut-être, en mettant par écrit notre histoire, de notre rencontre jusqu'à aujourd'hui, aurons-nous trouvé, tels des alchimistes modernes, ce passage toujours recherché, jamais découvert, qui transforme le plomb en or: l'or de l'amour contre le plomb du quotidien.
Voilà le défi philosophal que s'assignent Catherine Laborde et Thomas Stern, couple célibataire -partageant des tranches de vie plutôt qu'un toit - tandis qu'ils rédigent, à deux voix, le récit d'une relation aux allures aussi libres qu'irrémédiablement aimantes. Dans le chef d'un philosophe et d'une présentatrice habituée aux turbulences de la météo, on ne peut qu'attendre une mise en scène secouée: de ce côté, le lecteur ne sera pas déçu, découvrant comme l'amour peut être complexe dans son expression: L'amour est fractal. Pour durer dans les corps et dans les âmes, il a besoin de ruptures. Un couple sans scène, ça n'est pas vraiment un couple, juste un pâle arrangement entre les fantômes. (Thomas Stern)
Cynique à ses pages (Lui), tendre à d'autres (Elle), pudique sur certains points, crue sur bien d'autres, sincère sans doute, irrésistible quand le chapitre 57 se fait le théâtre d'une scène conjugale hilarante, indiscrète et complice, cette relation d'amour est pour le moins...déconcertante.
J'hésite à l'écrire, mais nous sommes sans doute un couple heureux...Nous vivons un bonheur comme tous les bonheurs, nourri de rêves et de projets avortés qui semblent prouver que la réalité est insatisfaisante. Pas du tout. Les couples heureux ont des histoires et nous ne sommes jamais à court d'invention.
De ce côté, on peut compter sur eux.
Apolline Elter

Si tu ne m'aimes pas, je t'aime, Catherine Laborde & Thomas Stern, Flammarion, février 2010, 344 pp, 19 €

26 12 09

À déguster avec passion !

YquemPropriété du premier groupe mondial de luxe L.V.M.H./Moët Hennessy/Louis Vuitton présidé par Bernard Arnault, le château d'Yquem, qui produit le plus grand vin blanc du monde, a vécu récemment une seconde naissance puisque la bâtisse a été restaurée et les jardins redessinés. L’occasion était donc belle pour les Éditions Flammarion à Paris de republier le mémorable Yquem rédigé par le grand œnologue américain Richard Olney décédé en 1999, par ailleurs auteur d’une autre monographie fameuse consacrée à la célébrissime Romanée-Conti. Les mises à jour sont essentiellement le fait des superbes photographies de Christian Sarramon, prises dans les vignobles (113 ha) et les chais du château de la région de Sauternes, dans le sud du Bordelais, photographies qui donnent à rêver aux fastes d’aujourd’hui, mises en parallèle par Olney avec celles d’hier, puisque l’ouvrage dit tout de l’histoire du vin mythique et des fêtes auxquelles il contribua. Il se complète par l'étude des millésimes depuis 1753 et des accords entre les mets et le vin évoqués par les plus grands chefs (Jean Bardet, Paul Haeberlin, Fredy Girardet, Paul Bocuse, Pierre Troisgros, Michel Guérard, Nico Ladenis, Georges Blanc, André Guillot, Yannick Cam…) et de fins gastronomes (le négociant en vins Nathaniel Johnston, le professeur Paul Paris, le marquis Bertrand de Lur Saluces…).
Bernard DELCORD

Yquem par Richard Olney, photographies de Christian Sarramon, préface de Frédéric Dard, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2007, 168 pp. en quadrichromie au format 24 x 29 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleur, 55 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage somptueux le menu suivant, d’un dîner de gala où le vin d’Yquem triompha :

DÎNER DES TROIS EMPEREURS

Ce dîner, concocté par le fameux chef Adolphe Dugléré (1805-1884), fut donné le 7 juin 1867 au Café anglais de Paris en l’honneur du tsar Alexandre II (1818-1881), du futur tsar Alexandre III (1845-1894) et du roi de Prusse Guillaume Ier (1797-1888).

Impératrice, Fontanges
Canetons à la rouennaise
Soufflé à la reine
Ortolans sur canapé
Filets de sole à la vénitienne
Aubergines à l’espagnole
Escalopes de turbot au gratin
Asperges en branches
Selle de mouton purée bretonne
Cassolettes princesse
Poulets à la portugaise
Pâté chaud de cailles
Homard à la parisienne
Sorbets
Bombe glacée
Desserts

***

Madère retour des Indes 1846
Xérès 1821
Château Yquem 1847
Chambertin 1846
Château Margaux 1846
Château Latour 1847
Château Lafite 1848

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06 12 09

It's only rock'n'roll but I like it

BIGOTYves Bigot a été, pour les Belges, le récent directeur des antennes de la RTBF, avant de devenir, pour les Français, le responsable des programmes d'Endemol.
Mais pour tous les vieux rockeurs (comme moi), Yves Bigot a été Mr "Enfants du rock" et "Rapido". On citera également sa participation à Rolling Stone France, Rock & Folk et au fameux dictionnaire du rock (chez Bouquins).
Voici donc le deuxième volume de Plus célèbres que le Christ, à savoir cinquante autres portraits de stars du rock (au sens large du terme), témoignages de nombreuses décennies de rencontres et interviews avec ceux qui ont occupé le devant de la scène de la musique de jeunes.

  YVES BIGOT - Nathan Skweres / Brice Depasse 1
  YVES BIGOT - Nathan Skweres / Brice Depasse 2

Plus célèbres que le Christ vol.2, Yves Bigot, Flammarion, novembre 2009, 469p., 21€90.

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14 11 09

Le plus beau bateau de l'âge d'or

PECASSOUAu fil des parutions et d'un succès grandissant, Bernadette Pecassou-Camebrac est devenue une valeur sûre du roman d'amour historique. Si elle quitte aujourd'hui le Sud-Ouest auquel elle est tant attachée, l'auteure reste sur l'Atlantique avec La passagère du France. Une jeune journaliste a un rendez-vous inattendu avec l'amour lors du voyage inaugural du roi des paquebots. Reconstitution romanesque de ce géant des murs sur lequel vont se côtoyer pendant une semaine stars, affairistes, politiques, marins et personnel de bord.
Une belle histoire populaire, un Titanic avec happy-end qui ranime une grande époque mais où le drame social est tout aussi présent.

  Bernadette PECASSOU-CAMEBRAC - Brice Depasse 1
  Bernadette PECASSOU-CAMEBRAC - Brice Depasse 2

La passagère du France, Bernadette Pécassou-Camebrac, Flammarion, octobre 2009, 347p., 21€00.

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01 06 09

Ceci n’est pas un livre… comme les autres !

MAGRITTEEn ressortant, pour l’ouverture, le 9 juin 2009, du musée consacré à son œuvre picturale, les Écrits complets de René Magritte (1898-1967), établis et annotés par feu André Blavier, ci-devant oulipien et pataphysicien de génie, les Éditions Flammarion ont fait œuvre pie !
Car rassembler tout ce que Magritte publia ou destina à la publication ne fut certes pas une mince affaire, et cet ouvrage ouvre ses pages non seulement aux textes proprement dits, mais aussi aux inédits, aux interviews, aux fragments, aux propositions, aux tracts, aux manifestes, à la correspondance (hormis la privée) et même aux « propos », c’est-à-dire des paroles non datées et des conversations rapportées, aux « textes épars », à savoir des articles et des textes de toutes sortes citant le maître, ainsi qu’aux écrits apocryphes. On ne s’étonnera pas, dès lors, du caractère volontairement « brolatique » de cette compilation passionnante et forcément surréaliste où l’on retrouve de tout, même des phrases relevant de l’agression, de l’insulte, du cri de rage, du manifeste ou du sarcasme, toutes choses bien peu académiques mais ô combien vivantes dans le chef du peintre au chapeau boule.
Et André Blavier de mettre en exergue cette forte assertion : « L’art de peindre, tel que je le conçois, n’est ni facile ni difficile. Je sais qu’à certains moments, des images imprévisibles m’apparaissent et qu’elles sont les modèles de tableaux que j’aime peindre. Ces images me semblent dominer mes idées et mes sentiments bons ou mauvais. Elles les dominent vraiment si elles révèlent le présent comme un mystère absolu ». Et à bien y réfléchir, c’est vrai qu’on ne sait pas, par exemple, s’il y a du tabac dans la pipe qui n’en est pas une : mystère, mystère…
Bernard DELCORD

Écrits complets, René Magritte, nouvelle édition établie et annotée par André Blavier, Paris, Éditions Flammarion, mars 2009, collection « Écrits d’artistes », 764 pp., 30,00€.

31 05 09

Quels talents !

HISTOIREL’architecture, la sculpture et la peinture prennent toute leur mesure dans la remarquable Histoire de l’art qui vient de paraître chez Flammarion sous la plume de Jacques Thuillier qui fut jadis professeur de faculté à Dijon, enseigna naguère à la Sorbonne et professe aujourd’hui au Collège de France. L’auteur, qui refond ici un ouvrage paru en 2002, y soutient une triple gageure :
« Évoquer toute l’histoire de l’art en un seul volume ; faire une part égale au texte et à l’illustration ; chercher à éveiller la curiosité pour chaque époque et chaque art » et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il remporte la palme haut la main ! Dans cette somme où tous les courants, toutes les tendances, toutes les recherches et tous les grands noms émergent à leur place, l’auteur fait la part belle aux productions occidentales, sans négliger pour autant celles en provenance d’Asie et d’Afrique, Ses explications sont d’une grande limpidité, son érudition est sans faille, ses choix sont incontestables et le service iconographique de sa maison d’édition a fait du (très) beau travail. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le lecteur sorte de cette lecture émerveillé et ébloui comme nous l’avons été !
Bernard DELCORD

Histoire de l’art, Jacques Thuillier, Paris, Éditions Flammarion, mai 2009, 638 pp., au format 17,8 x 24,5 cm illustrées en quadrichromie sous couverture souple à rabats, 30 €