18 07 10

Fête nationale

ZHEROS.gif Petit clin d'oeil à la fête nationale française – qui fut, je l'espère pour vous, belle et bonne - penchons-nous sur un palmarès sympathique: celui des grands nuls de l'Histoire de France.

Attention: n'est pas grand Zéro qui veut.

Clémentine Portier-Kaltenbach s'interroge avec un sérieux irrésistible sur les conditions du vrai ratage historique.

Ces hommes - forcément - qui menèrent aux plus avérés fiascos leur armée, leur bateau.

Zhéros pointés, nullités certifiées  passent, sous la plume alerte et vivante de l'historienne, ce quart d'heure qui signe leur passage à la postérité: un roi Dagobert, nanti de cinq épouses répondant aux doux prénoms de Gamatrude, Nanthilde, Raintrude, Vulfégonde et Berthilde, un James Cook "mangé par des Hawaïens quelque part dans les îles Sandwich"  tandis que le Maréchal Grouchy sucre ses fraises en pleine déconfiture napoléonienne...

Une façon bien sympathique de (re)visiter les moments forts de l'Histoire.

Apolline ELTER


Grandz Zhéros de l'Histoire de France, Clémentine Portier-Kaltenbach, JC Lattès, mai 2010, 304 pp, 18 €


 

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01 05 10

Les sexes de l'abbé de Choisny

CASTANETCurieux destin que celui de François-Timoléon, abbé de Choisy, travesti notoire, qui traversa le Grand Siècle paré en femme ou en homme,  selon les occasions.
C'est à cette perversion, sa genèse et ses déclinaisons, qu'Hervé Castanet va attacher le propos de son ouvrage, éclairant les comportements fantasques de l'écclésiastique des théories lacaniennes les plus éprouvées.
Ecrivain médiocre - à part ses Mémoires, aucun de ses écrits ne sera promu à la postérité -   fan inconditionnel de Louis XIV,  Timoléon de Choisy (1644-1724) , alias Madame de Sancy et Comtesse des Barres,  fera des déclinaisons de la Beauté son motif existentiel.
Y a-t-il rien de plus aimable de savoir joindre la valeur de Mars aux agréments de Vénus?
Vu sous cet angle...
 Apolline ELTER
Tricheur de sexe. L'abbé de Choisy: une passion du travesti au Grand Siècle, Hervé Castanet, essai, ed. Max Milo, 2010, 156 pp, 16€00

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01 05 10

H(h)istoire(s) d'A(a)mour(s)

LUNELAvec, en entrée de jeu, le portrait de la très active Isabeau de Bavière, Pierre Lunel invite le lecteur au cœur des Cours, des dynasties des XVe et XVIe siècles qui ont fait l’Histoire de la France. Amours, trahisons, passions licites et prohibées, empoisonnements et meurtres, …constituent le fil d’un récit historique et d’une approche, pertinente dans son impertinence, des familles régnantes.
 L’imagerie d’Epinal nous montre une jeune fille gracile, plutôt blonde et aux yeux clairs, telle qu’elle apparaît sous les traits de Milla Jovovich dans le film de Luc Besson. Rien de plus faux ! En réalité Jeanne est une bonne grosse paysanne, très charpentée, avec les mamelles énormes des filles de la terre. Habillée en homme et coiffée à l’écuelle, elle n’a gardé sur le sommet du crâne qu’une calotte de cheveux. 
Du pucelage confirmé de Jeanne d’Arc à la rivalité capillaire d’une Anne d’Etampes vs Diane de Poitiers, L’Histoire se fait alerte, vivante et ..drôlement féminine :  Ces deux femmes, la brune et la blonde, en sont arrivées à se haïr. Diane regarde Anne comme une hystérique. Anne considère Diane comme « une peine- à- jouir » et insiste avec perfidie sur l’âge avancé de la Grande Sénéchale. 
L’ouvrage amorce une série en plusieurs tomes. A suivre.
Apolline ELTER

Les Amours de l’Histoire de France, Pierre Lunel, ed. Alphée –Jean-Paul Bertrand, mars 2010, 488pp, 21€00.

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31 05 09

Quels talents !

HISTOIREL’architecture, la sculpture et la peinture prennent toute leur mesure dans la remarquable Histoire de l’art qui vient de paraître chez Flammarion sous la plume de Jacques Thuillier qui fut jadis professeur de faculté à Dijon, enseigna naguère à la Sorbonne et professe aujourd’hui au Collège de France. L’auteur, qui refond ici un ouvrage paru en 2002, y soutient une triple gageure :
« Évoquer toute l’histoire de l’art en un seul volume ; faire une part égale au texte et à l’illustration ; chercher à éveiller la curiosité pour chaque époque et chaque art » et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il remporte la palme haut la main ! Dans cette somme où tous les courants, toutes les tendances, toutes les recherches et tous les grands noms émergent à leur place, l’auteur fait la part belle aux productions occidentales, sans négliger pour autant celles en provenance d’Asie et d’Afrique, Ses explications sont d’une grande limpidité, son érudition est sans faille, ses choix sont incontestables et le service iconographique de sa maison d’édition a fait du (très) beau travail. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le lecteur sorte de cette lecture émerveillé et ébloui comme nous l’avons été !
Bernard DELCORD

Histoire de l’art, Jacques Thuillier, Paris, Éditions Flammarion, mai 2009, 638 pp., au format 17,8 x 24,5 cm illustrées en quadrichromie sous couverture souple à rabats, 30 €

15 03 09

Le tour de Belgique en 50 dates

DESTEXHEL’ouvrage commence avant la guerre des Gaules, il s’arrête aujourd’hui après avoir traité des luttes pour le droit de vote ou de la période coloniale.Une revue pédagogique de l’histoire du pays, avant même qu’il n’en devienne un. L’auteur, ancien Médecin sans Frontière reconverti en sénateur depuis plus de 10 ans, jure qu’il s’est abstenu de tout commentaire politique. On ne juge pas l’Histoire, on la raconte dit-il en substance. A l’écoute on serait tenté de le croire, faites-vous un avis.
Michel Geyer

  ALAIN DESTEXHE - Michel Geyer 1
  ALAIN DESTEXHE - Michel Geyer 2

Alain Destexhe, 50 dates clé de l’histoire de Belgique, éditions Luc Pire, mars 2009, 176p., 15€00.

14 02 09

Un livre dans le vent

PETIl est un dieu du panthéon égyptien antique dont on ne parle plus guère, et c’est bien dommage ! Car les fondements du culte de Crépitus (c’est le nom que les Romains lui attribuèrent), le dieu du pet mentionné dans des textes de Clément d’Alexandrie, de saint Jérôme, de saint Césaire et de Minutius Felix, ont traversé les âges avec une constance digne de tous les éloges et de toutes les dévotions. Nous en voudrons pour preuve le contenu d’un livre sain et ô combien savant publié récemment à Paris par Jean Feixas chez Jean-Claude Gawsewitch. Intitulé Histoire du pet de l’Antiquité à nos jours, il fait œuvre pie en rendant aux flatulences le rôle qu’elles n’ont jamais perdu dans la vie des nations en passant du rire aux larmes, et de la méchanceté à la théologie ou au patriotisme. Car, avouons-le tout net, si l’on ne peut que regretter la bienséance cagote qui a raccourci la formule amicale du « comment allez-vous à selle ? », si parfaitement soucieuse de la santé d’autrui, notre indignation est totale devant le fait que se prolonge aujourd’hui encore l’interdiction par Napoléon III (dit Le Petit) de péter à sa cour et, partant, en public. Car quoi de meilleur pour la santé ? Ronsard l’atteste, et Balzac, et Flaubert, par exemple. Ou Louis XIV, parlant de ses « fusées d’humeurs ». On touche là à la politique et à ses côtés implacables (Clemenceau n’assurait-il pas, s’agissant de son chef de cabinet Georges Mandel : « Quand je pète, c’est lui qui pue » ?). Et pour le rire ? Alphonse Daudet, Jules Renard, Alfred Jarry, Sacha Guitry et Alphonse Boudard en louèrent le caractère convivial et badin. Quant à Martin Luther, il trouvait au pet des vertus théologales, puisqu’il éloignait le Diable. Et quand le Pétomane, immortalisé par Nadar, interprétait en public « La Marseillaise », il ne venait à personne l’envie de la siffler, contrairement à ce qui se passe de nos jours dans les stades. Soufflons donc l’idée au Président Sarkozy pour ses déplacements à l’étranger et à sa ministre des Sports Mme Bachelot pour les rencontres internationales de football… Il y va de la restauration de la grandeur de la France, merde !
Bernard DELCORD

Histoire du pet de l’Antiquité à nos jours, Jean FEIXAS, Paris, Éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2008, 238 pp à l’italienne illustrées en quadrichromie, 24,90 €

29 01 09

Le roman des Bretons

MARTINCHAUFFIERRetrouvailles avec Gilles Martin-Chauffier, loin de Paris-Match (dont il est le rédacteur en chef) et de la vie parisienne (qui l'inspire ou a inspiré) pour parler de la Bretagne, un sujet qui révèle un autre homme, que dis-je, une autre nationalité.
Je me suis retrouvée happée par l'Histoire de ce pays pourtant parcouru tant de fois mais finalement jamais vu. Des grands personnages, rois avant les rois de France, des héros, des marins, des écrivains.
Et une question ...

  GILLES MARTIN-CHAUFFIER - Nicky Depasse 1
  GILLES MARTIN-CHAUFFIER - Nicky Depasse 2
  GILLES MARTIN-CHAUFFIER - Nicky Depasse 3

Le roman de la Bretagne, Gilles Martin-Chauffier, Editions du Rocher, novembre 2008, 217p., 19€90.

Gilles Chauvier03Photo : Alain Trellu
(qui est breton, lui aussi).

04 11 08

Quelle(s) Histoire(s) !

FERRAND« Ce n’est pas ce qu’on fait qui compte, c’est l’Histoire », assurait jadis le chanteur Yves Duteil, et l’essayiste français Franck Ferrand, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales,en apporte une démonstration éclatante dans un brillant petit ouvrage intitulé L’Histoire interdite, paru aux Éditions Tallandier à Paris. En 206 pages bien senties,
il fait un sort à cinq vérités historiques officielles et met en lumière les cinq vérités dissidentes qui leur correspondent et qui constituent très probablement la vérité tout court. À l’en croire, le siège d’Alésia (52 avant J.-C.) ne s’est pas tenu en Bourgogne mais dans le Jura (ce qui modifie radicalement le sens et la portée du duel entre César et Vercingétorix), l’épopée de Jeanne d’Arc (1429-1431) résulte non pas de l’action de la Providence mais bien des effets d’un vaste plan concerté dans l’ombre, notamment par Yolande d’Aragon, la belle-mère de Charles VII, les œuvres de Molière écrites après 1658 sont en réalité tombées de la plume de Pierre Corneille, le tombeau de Napoléon Ier au Panthéon (1840) ne contient pas le corps de l’empereur et l’affaire Dreyfus (1894) en cache une autre, infiniment plus gênante pour les autorités. Chaque thèse se fonde sur des travaux très sérieux, généralement occultés par la « bien-pensance » universitaire hexagonale. En ce qui concerne la dernière, relative à l’affaire Dreyfus, elle remet en lumière les travaux remarquables de l’historien fameux qu’était Henri Guillemin, condisciple de Jean-Paul Sartre à l’École Normale Supérieure et star de la RTB de papa, homme de convictions et secoueur de cocotiers, dont les partis pris démocrates chrétiens n’ont jamais obéré la lucidité ni le courage intellectuel. Rien que pour cela, le livre de Franck Ferrand vaut le détour !
Bernard Delcord

L’Histoire interdite
par Franck Ferrand, Paris, Éditions Tallandier, 2008, 206 pp., 17,90 €

07 08 08

Le livre du moment

olympismeDans la nouvelle édition d’Un siècle d’Olympisme qu’il vient de faire paraître aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles, le journaliste sportif français Geoffroy Deffrennes dresse le bilan sportif, iconographique (les photos sont vraiment très belles) et anecdotiques des Jeux Olympiques de 1896 à 2004, tout en ouvrant une fenêtre sur ceux de 2008. Pour chaque olympiade, il fournit également le palmarès de toutes les disciplines, ce qui ne laisse pas de surprendre parfois. Car si l’on se souvient à juste titre du triomphe aux 100 mètres de l’Américain noir Jessie Owens à Berlin en 1936, au grand dam et au profond dépit d’Adolf Hitler, et si l’on n’a pas oublié le massacre des innocents athlètes israéliens à Munich en 1972, il n’en demeure pas moins que certains exploits puissent aujourd’hui paraître quelque peu surréalistes. Ainsi, aux JO d’Anvers en 1920, la Belgique remporta 13 médailles sur 20 en tir à l’arc messieurs, dont 7 « à l’oiseau fixe » et 6 « à l’oiseau mobile ». Elle remporta également la médaille de bronze… de tir à la corde. On retiendra aussi, de cette année-là, une surprenante photographie de la tenniswoman française Suzanne Lenglen en pleine action et… en bas à jarretelles ! En 1964, à Tokyo, c’est un Hollandais, Antonius Geesink, qui remporta la médaille d’or en judo toutes catégories. Et en 1968, à Mexico, l’haltérophile soviétique Leonid Jabotinski emporta l’or devant le Belge Serge Reding, en soulevant une combinaison de poids de 555 kg… Gageons que les Jeux de Pékin nous réserveront, eux aussi, leur lot de surprises. En ping-pong, qui sait ? Ou en taekwondo ? Ou en softball ? Tant que ce n’est plus en tir tibétain à balles groupées …
Bernard DELCORD

Un siècle d’Olympisme Geoffroy Deffrennes, Bruxelles, Éditions de la Renaissance du Livre, 2008, coll. « Patrimoine », 351 pp. quadri, format 25,5 cm x 32 cm, 39,50 €.

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