08 10 09

Prix Nobel de littérature 2009 en direct

hertabwSurprise. Alors que les observateurs penchaient vers Amos Oz, Philip Roth ou Joyce Oates, c'est l'écrivain roumaine de langue allemande, Herta Müller qui remporte le Prix Nobel 2009 de littérature (vous avez pu assister à la proclamation en direct ici même grâce à la webcam du Nobel Prize). Pour la petite histoire, les parieurs avaient une nouvelle fois, fait bizarrement passer la cote de cet outsider de 50 à 6 contre 1.
Par contre, pour la grande histoire, il vous faudra chercher et/ou patienter avant de trouver des livres d'Herta Müller en français. Restent quelques folios parus il y a plus de 10 ans.

MULLER FOLIO

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10 10 08

Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008

LECLEZIO_faimUn évènement. La maison Gallimard s'apprête à envelopper Ritournelle de la faim, le nouveau roman de Jean-Marie Gustave Le Clézio du plus prestigieux et rare des bandeaux éditoriaux : Prix Nobel.
Reconnaissance méritée qui aura, comme pour Albert Camus, connu quelques tentatives avortées de l'académie suédoise au génie littéraire et poétique d'un homme tranquille, probablement le plus effacé de la grande génération des années soixante.
Nous vous laissons profiter de cet entretien enregistré quelques heures à peine avant l'annonce. Si son oeuvre vous est encore étrangère, l'homme vous touchera. Indubitablement.
Les prix Nobel français ne furent pas légion au cours de ces cinquante dernières années : Claude Simon, Jean-Paul Sartre, St John-Perse (Gao Xingjian en tirant un peu sur la couverture) et Albert Camus.

Ritournelle de la faim, JM G Le Clézio, Gallimard, octobre 2008, 206p., 18€00.

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16 09 08

"Keith me" : on est quittes

keithmeChère Amanda Sthers,
La presse a annoncé que Patrick Bruel et vous, c’est fini. Votre visage illumine les pages de magazines. Les gens veulent lire votre livre, pour savoir Ça fait quoi d’être mariée à un mec connu, et puis plus ? Je vous cite. Vous savez y faire avec les journalistes. Vous avez appris à vous protéger. Pourtant, vous écrivez sur votre vie privée. Comment, dès lors, lire votre livre ? Peut-on ignorer la rumeur et faire fi des préjugés ? Dès la page 44, vous dites : On m’a posé trente-sept fois la question en interview : « Pensez-vous que vous auriez eu du succès si votre mari n’avait pas été connu ? » Chaque fois, vous vous êtes retenue de hurler. Vous avez trouvé une parade. Dès le début de Keith me, vos jeux de rôles font mouche : On disait qu’on était dans la peau d’un écrivain ―Amanda alias Andréa―, qui se glisse dans la peau de Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones. Et l’on admet que vous avez le don de vous dédoubler. Je suis cet homme, comme je suis ces femmes qu’il a aimées. Déroutant, comme procédé. Vous êtes donc Keith. Un rockeur. Un vrai. Celui que vous auriez voulu épouser. Pour surmonter votre peine, vous vous prenez pour un dieu du rock. Keith me fait parler, mon mari m’a fait taire. (…) Il voulait tellement pas que j’abîme son image. Difficile d’être un petit écrivain face au chanteur qui remplit le stade de France. Comment exister, quand d’aucuns pensent Et puis tu écris, ça t’occupe, comme les femmes qui tricotent ? Comment s’en sortir, quand on a quitté le foyer avec les enfants, car papa n’aime plus maman ? Plutôt que d’étaler votre chagrin sur un divan, vous plongez dans la rock-fiction. Pour éprouver des sensations : J’ai peur d’abîmer mon corps, je verse la drogue dans les veines de Keith et j’en prends les effets ou, au contraire, les anesthésier. Vous faites parler la rock star pour mieux vous l’approprier. Certains chapitres comportent des moments cocasses ― lettres de groupies, interviews factices ― et crus ― scènes d’orgies chez les Stones ―, des passages forts et des comparaisons, comme quand Keith quitte sa femme pour une plus jeune. Anita sera toujours ma femme. Mais voilà, j’ai rencontré la même qu’Anita avec des années en moins et je l’ai épousée. C’est infect. Alors, Keith me est-il le livre de la revanche ? Doit-on lire dans ce titre : Fais-moi Keith ? Rends-moi star, comme lui/comme toi ? Quitte-moi ? En devenant Keith, vous laissez Patrick vivre sa vie, et vous suggérez : Nous sommes quittes. Finalement, votre livre n’est pas si loin du pardon.
Valérie Nimal
PS : J’aime quand votre plume s’empare avec grâce du malheur des femmes de génie, Marianne Faithfull et Cie, du désir des hommes et du rejet. En fermant votre roman, j’ai eu envie de vous voler du talent, comme vous le dites si joliment. Quand vous écrivez, vous existez.

Keith me, Amanda Sthers, Stock, août 2008, 143 pages, 14,50 euros.

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23 08 08

De la belle ouvrage !

LITTERATURE_FRANCOPHONIESaluons la parution à Paris chez CLE International (une filiale des Éditions Nathan), une fois n’est pas coutume, d’un ouvrage à vocation pédagogique – dont, de surcroît, nous avons eu l’occasion de relire les épreuves. Intitulé Littérature progressive de la Francophonie, il a été rédigé par deux éminentes spécialistes, Nicole Blondeau qui professe à l’université de Paris 8 et Ferroudja Allouche qui enseigne en lycée les lettres françaises et le français langue étrangère. Leur ouvrage, une anthologie à la portée d’un très vaste public (y compris non scolaire), donne l’occasion de (re)découvrir l’œuvre d’auteurs aussi différents que, entre autres, Arthur Adamov, Christine Arnothy, Samuel Beckett, Tahar Ben Jelloun, Jacques Brel, Blaise Cendrars, Aimé Césaire, Andrée Chédid, Raphaël Confiant, Bernard Dadié, Fatou Diome, Chahdortt Djavann, Mouloud Feraoun, Bertina Henrichs, Nancy Huston, Eugène Ionesco, Panaït Istrati, Julia Kristeva, Camara Laye, Henri Michaux, Anna Moï, Irène Némirovsky, Shan Sa, Jorge Semprun, Léopold Sedar Senghor, Georges Simenon, Henri Verneuil, Élie Wiesel, Marguerite Yourcenar… Soixante-six auteurs d’hier et d’aujourd’hui sont abordés à travers autant d’extraits regroupés par thèmes divers (Hospitalité, Femmes, S’exiler/passer la frontière, Enfances/école, Absurde, Dire l’indicible, S’aimer, Voyager) ou par genre (Enquêtes policières). Tous ont en commun la langue française, et le fait qu’aucun d’entre eux n’est né en France hexagonale. Chaque texte, présenté avec une biographie succincte et l’explication du vocabulaire (l’ouvrage s’adresse, rappelons-le, aussi à des non francophones) est particulièrement représentatif de la production littéraire de son auteur et constitue une véritable et passionnante invitation à la lecture, au voyage et à la découverte. Pour notre part, celle du Sud Oranais de la Russo-helvète Isabelle Eberhardt fut une véritable révélation !
Bernard DELCORD

Littérature progressive de la Francophonie par Nicole Blondeau et Ferroudja Allouche, Paris, CLE International, 2008, 147 pp., 16,50 €

09 08 08

Vol au dessus d'un nid d'oies

LagerlöfCe roman initiatique incontournable, véritable « road-movie » aérien au-dessus de la Suède du début du XXème siècle, est l’œuvre du prix Nobel de littérature 1909, Selma Lagerlöf. Rédigé à la demande d’enseignants désireux de fournir à leurs élèves un panorama détaillé des diverses provinces suédoises - tant du point de vue de leur géographie que de leurs coutumes - Le merveilleux voyage de Nils Holgersson nous fait partager le quotidien d’un groupe d’oies sauvages, menées par Akka de Kebnekaïse, migrant vers le nord en destination du septentrion et de la Laponie.
Le lecteur, quant à lui, est invité à s’identifier au cheminement moral entrepris par le vilain garnement qu’est encore Nils Holgersson à l’orée du récit. Simple amateur de bêtises avant son périple, uniquement préoccupé par la possibilité de dormir ou de manger, il va, du fait des aventures qu’il sera amené à vivre, progressivement s’assagir. A tel point qu’il finira par se lier d’amitié avec les animaux qu’il accompagne un peu par hasard, lui qui ne faisait autrefois montre que de cruauté à leur égard. Tout au long de son voyage, il apprendra ainsi à se montrer généreux, à venir en aide à ses proches ou aux nécessiteux, à ne plus penser qu’à son seul bien-être.Mais comment ce grand dadais un rien sadique en est-il venu à se joindre à un vol d’oies sauvages - jusqu’à conquérir leur confiance et leur amitié ? Tout simplement en cherchant à jouer un mauvais tour à un « tomte » (sorte de lutin issu des légendes scandinaves). Ce dernier, bien décidé à ne pas s’en laisser compter par un mauvais plaisantin de son acabit, jette un sort à Nils, qui se retrouve réduit à une taille identique à la sienne ! Quand l’idée vient à Martin, le jars de la basse-cour, de se joindre au groupe d’oies sauvages qui survole justement la ferme familiale, afin de leur prouver qu’il est aussi capable qu’elles de migrer sur de longues distances, Nils en oublie malencontreusement sa taille. Il se jette au cou du palmipède fugitif afin de le retenir… et se retrouve emporté en sa compagnie pour un fabuleux périple dans le ciel de Suède.
Tout au long de ce voyage, Nils, Martin et leurs compagnes vont devoir déjouer les machinations ourdies par Smirre, un renard fourbe bien décidé à se remplir l’estomac de la chair des oiseaux placés sous la protection d’Akka. Nils, après bien des efforts, parviendra cependant in fine à débarrasser le groupe de ce danger permanent, en bénéficiant de l’aide bienvenue d’un chien qui ne l’aurait jamais attrapé seul. Il éliminera également, chemin faisant, la menace que faisait peser sur les habitants d’un vieux château une population de rats gris venus de l’étranger ( !), à la manière du joueur de flûte de Lublin. Il contribuera aussi au prompt rétablissement de Douce-Plume, un beau volatile qui deviendra la compagne de Martin. Il aidera enfin Asa, la pauvre jeune fille dont la famille entière a été décimée par la tuberculose, à retrouver la trace de son père, retiré du monde.
Le récit de Selma Lagerlöf possède encore, et ce plus de cent ans après sa rédaction, un vrai pouvoir d’enchantement. Il faut dire que les thèmes qu’il aborde – le passage à l’âge adulte, la camaraderie, la mort, le désir de voir du pays – sont intemporels. On ne saurait par conséquent trop conseiller aux jeunes – et aux moins jeunes ! – de se plonger dans la lecture de ce roman dépaysant au possible, qui nous inculque, l’air de rien, plusieurs leçons de savoir-vivre dont l’importance ne saurait être démentie.
Franck Boulègue

Selma Lagerlöf, Le merveilleux voyage de Nils Holgersson, traduit du suédois par Marc de Gouvernain et Lena Grumbach, 2008, 311 p., Le Livre de Poche, 5€50.

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05 08 08

La plume contre les chars

soljenitsyneUne grande figure de la littérature, témoin de ce violentissime XX° siècle européen auquel nous avons appartenu, a disparu. Après la vague des gros titres de la presse généraliste, je vous propose d'approfondir le sujet grâce à l'excellent portrait qu'en dresse mon ami Jean-Louis Kuffer.

Le combat biblique de David contre Goliath revient à l’esprit à l’instant de se rappeler la destinée historique providentielle, à la fois politique et littéraire, d’Alexandre Soljenitsyne. Nul écrivain du XXe siècle n’a été plus engagé, corps et âme. Nul n’a montré plus de courage et d’énergie, dans sa vie et par son œuvre. Contre le pouvoir totalitaire de Staline, qui l’envoya au bagne. Contre l’Etat soviétique et ses chiens de garde, ministres ou plumitifs. Contre les « pluralistes » occidentaux après son exil de 1974. Au fil d’une œuvre en continuelle expansion, brassant la langue et la revivifiant (on sait qu’il la renouvelée par un dictionnaire de son cru !) tout en menant ses campagnes de résistant, l’écrivain, conteur plein d’humanité et poète en prose de grand souffle, fit à la fois figure de chef de guerre et de prophète.

Lisez la suite de ce texte en cliquant sur la couverture.

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27 06 08

Michel Lambert: Le jour où le ciel a disparu

lambert2Vous n’êtes pas à ma place, dit un homme à son collègue qui tente de le consoler (après un accident qui a rendu son fils handicapé). Comme si cette sentence nous était adressée en filigrane, l’auteur de ces nouvelles instaure entre ses personnages et le lecteur, une distance idoine, enrichie de respect et de tendresse. Nous ne sommes pas à là place de ces gens. Et cependant. Dès le début, l’atmosphère pèse, le ciel menace, les protagonistes luttent contre leurs démons et les femmes ont des rires fêlés. Au fil des pages de ce recueil, leur tourment devient entêtant. Grâce à sa plume vive, précise, Michel Lambert nous permet de frôler ces âmes sombres au plus près et de pénétrer dans leur monde désenchanté. Tous ont vécu une journée « où le ciel a disparu ». Une journée où l’on aurait envie de pleurer dans les bras d’un être aimé jadis, ou d’aboyer comme un chien devant une inconnue. Ces jours-là, l’écrivain les habille de couleurs dramatiques : ciels gris de novembre, sales, jaunâtres. Il leur confère un air trop chargé de désirsflotte une sorte de désordre. La côte belge s’anime de passants, figurants d’après-tournage. Dans une autre rue, des silhouettes blanches se fondent parmi les flocons de neige. Ces éléments météorologiques composent un décor idéal, qui sert l’intrigue et accompagne les variations d’humeur des protagonistes. Jalousie, assuétude, abstinence, rivalité, solitude, folie, handicap. Le malheur ordinaire (pas si éloigné du bonheur triste) a rarement été aussi bien exploité dans un recueil. Emmenez ces histoires dans votre valise si vous partez en vacances. Dix perles cohérentes, homogènes, au style impeccable.
Valérie Nimal

Le jour où le ciel a disparu , Michel Lambert, Le Rocher, 178 p, 17,50 €.
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22 06 08

Dernier été à Paris

dawesarCet été-là à Paris, Prem Rustum, soixante-quinze ans, New-Yorkais, Prix Nobel de littérature, va séduire Maya, une jeune écrivaine indienne, fan de lui, comme le reste du monde.
Mais à quoi sert d'être célèbre dans tout l'univers, reconnu dans la rue, apprécié dans le moindre dîner mondain par la moité des convives lorsque le corps ne suit plus, lorsque la vie vous a laissé tant de cicatrices intérieures ?
Ce splendide deuxième roman (en Français) de la jeune Abha Dawesar sera un de vos livres de l'été si vous le voulez parfait.
New-York, St-Germain-des-Prés, l'amour des femmes (qui nous a donné l'Art), l'amitié entre écrivains, l'intimité de la vieillesse, les souvenirs amoureux d'une star littéraire, les arcanes de l'édition mondiale, tous les thèmes de cette excellente comédie de moeurs sont tissés avec une finesse rare.
Le récit des amours passées de Prem Rustum est un joyau de sensualité et d'inventivité esthétique; il vaut à lui seul la peine d'ouvrir ce roman tantôt proustien, tantôt sartrien.

  ABHA DAWESAR - Brice Depasse 1
  ABHA DAWESAR - Brice Depasse 2
  ABHA DAWESAR - Brice Depasse 3

Copie de Abha Dawesar06
Photo : Alain Trellu

Dernier été à Paris, Abha Dawesar, Héloïse d’Ormesson, mai 2008, 397p., 22€00.

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16 05 08

Nous dormirons ensemble

costermansIl y a des écritures que l’on adopte d’emblée, comme une voix amie qui nous semble familière. Celle de Dominique Costermans me touche. ll a fallu que je dorme quelques nuits avec ses 18 histoires pour que je puisse vous en faire écho. Ecrire des nouvelles est un exercice difficile, trop peu valorisé en nos contrées. Parmi les maîtres du genre, la Belge Dominique Costermans excelle dans cet art de l’étonnement, cette faculté de saisir l’instant clé en quelques lignes.
De Bruxelles à Rome, de Venise à Istanbul, l’auteure capture ces décalages amoureux qui valent la peine d’en faire toute une histoire. Sur le quai d’une gare, des amants remontent lentement la foule, (…) comme si le monde leur appartenait. On entend le train qui fait clac clac et la pluie qui ruisselle sur les vitres. Un couple un soir croise des jumelles importunes, qui se font un cinéma en aparté. Une femme est envoyée à Rome pour écrire sur l’amour, mais comment faire quand on n’y croit plus ? Une autre y attend sa fille, sous la menace d’attentats meurtriers. Une amante s’apprête à affronter la solitude, son fils a grandi, son amant est pris. Toutes ces histoires vivent le temps d’un frémissement et éclatent comme des bulles de savon. Rêves ou rencontres réelles, ces instants fragiles où les couples se font et se défont sont égrenés avec toute la finesse que l’on trouvait déjà dans les deux précédents recueils de l’écrivain : Des provisions de bonheur et Je ne sais pas dire non.
Valérie Nimal

Nous dormirons ensemble, Dominique Costermans, éditions Luce Wilquin, févr. 2008, 124 pages, 12€.

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08 05 08

Une oeuvre magistrale

ROLLANDLes Éditions Albin Michel ressortent un monument de la littérature française, érigé par l’écrivain pacifiste Romain Rolland (1866-1944, prix Femina 1905 et prix Nobel de littérature 1915), le formidable Jean-Christophe dont les dix volumes ont paru en feuilleton dans les fameux Cahiers de la Quinzaine entre 1904 et 1912. Dans cette épopée moderne, vaste « roman-fleuve » selon l’expression inventée par l’auteur pour la circonstance, le compositeur et musicien allemand de génie Jean-Christophe Krafft, sorte de Werther mâtiné de Beethoven et de Liszt, doit traverser une série d’épreuves, les « cercles de l’enfer » (douleur, injustice, chagrins, deuils), et maîtriser ses passions pour atteindre à l’Harmonie, dans un monde qui bascule devant la guerre qui monte. Chantre de la paix et de la complémentarité de la France et de l’Allemagne, Romain Rolland ma mis dans ce roman son expérience de la vie et de la création artistique, ainsi que sa vision lyrique autant que critique du monde intellectuel européen de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Le tout servi par une langue magnifique, un sens de la narration hors du commun et un art consommé des effets et de l’émotion. Une pure merveille… Un chef-d’œuvre !
Bernard Delcord

Romain ROLLAND, Jean-Christophe, Paris, Albin Michel, 2007, 1490 pp., 29,00 €

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