25 07 08

Vivre content

JLSSJean-Louis Servan-Schreiber, le monsieur Psychologie de la célèbre famille française vous propose de “Vivre content”.
Vous le savez, on peut facilement se laisser emporter par le négatif et se résigner à la grisaille dans nos journées mais a contrario on peut aussi positiver de ce que l’on vit.
JLSS parle de la famille, base de nos névroses dit-il et prend la sienne en exemple. Il évoque nos corps que nous devons accepter. Le temps ami ou ennemi. La chance qu’on attend des autres alors que nous pouvons la provoquer nous-même.
En fait, on a intérêt à accepter la réalité pour mieux apprécier les chances qui nous sont offertes chaque jour. Servan Schreiber ne nous donne pas des solutions toutes faites. Mais il propose de s’appuyer sur les aspects positifs de ce qui nous arrive.Les plaisirs les plus simples sont toujours une aubaine. Il faut pouvoir en profiter.En nous faisant un clin d’œil malicieux, l’auteur nous glisse : ” On peut reprocher deux choses à mon livre : il est optimiste et il est modeste “. Et je rajouterais : Et il fait du bien.
Marc Vossen

   MARC VOSSEN – Livres qui font du bien 4

«Vivre content»,Jean-Louis Servan-Schreiber, Livre de poche, 2005, 190p, 5€00

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27 04 08

Destins croisés

GRIMBERT pocheLa vie offre parfois de ces hasards… Lors d’un même week-end, une gente demoiselle que j’appelle, avec humour, ma compagne de lecture me tend un exemplaire du roman de Philippe Grimbert, « Le Secret », alors qu’atterrit sur mon bureau la version poche des « Enfants de la Liberté » dernier best-seller en date de Marc Lévy. La corrélation entre les deux ouvrages est évidente : la Seconde Guerre Mondiale, l’horreur de l’extermination menée par les nazis, la figure du père, la peur, l’espoir et l’amour qui finit par naître même sur les cendres les plus noires…
Reste que ces deux romans pourraient servir de cas d’étude pour la plupart des aficionados de l’analyse comparée entre la puissance d’une écriture retenue et la naïveté presque irritante d’un style trop démonstratif.
Où Grimbert brosse un tableau impressionniste, Lévy opte pour le Technicolor hérité de la Grande Vadrouille et le scope d’un Bernard Borderie ou d’un André Hunebelle.
Où Grimbert focalise son récit en offrant au lecteur de vivre la découverte de son héros pas à pas, Lévy choisit une fausse unité de point de vue, survole et met en scène à grand renfort de mouvement d’appareils.
Où Grimbert sous-entend la force du sentiment amoureux au point de risquer l’aliénation du lecteur, dépassé par une telle violence des réactions, Lévy souligne et abuse d’effets de manche au point de venir pincer les glandes lacrymales du lecteur, afin d’en tirer, espère-t-il, les dernières gouttes salées.
Enfin, où Grimbert parvient à rendre la terrible désolation qui régnait sur l’Europe écrasée par les bottes et les dérives d’un régime placé sous le signe de l’infamie, Levy bâtit une aventure presque désincarnée, un tourbillon de témoignages où aucune action, aucun personnage, aucun sentiment n’accroche vraiment le cœur du lecteur.
Lévy enfants pocketJ’imagine qu’un auteur, comme l’autre, avait ce besoin profond de témoigner, de sortir de sa chair des souvenirs d’un monde, d’une époque, qui peu à peu s’éloigne. Des témoignages d’autant plus précieux qu’ils sont en prise directe avec ceux, hommes et femmes, qui ont vécu un bouleversement dont les fantômes continuent, plus de soixante ans après les faits, à hanter les consciences. Dans cet esprit, il ne me viendrait jamais à l’idée de taxer l’un ou l’autre récit consacré à cette thématique « d’inutile ». Mais je crains qu’en ayant voulu tenter de faire coïncider ses souvenirs avec sa « façon d’écrire », mélange - à succès il faut en convenir - de naïveté, de ficelles cinématographiques et de personnages trop vite emballés – Marc Lévy se soit lancé dans une écriture que sa plume n’était pas encore prête à assumer. Chassez le naturel… Et malgré (à cause de ?) la puissance du sujet, le poids du souvenir, l’ombre de son père, Lévy est encore loin d’avoir écrit sa « Liste de Schindler ».
Phillipe Grimbert lui, est parvenu à frapper juste. Fort. Sans doute parce qu’il n’a pas voulu tout dire. Parce qu’il a utilisé le filtre de cette fulgurante histoire d’amour pour distiller le mal, concentrer la peur, incarner le geste fou. Maxime, Hannah, Simon, Tania, restent du coup dans l’esprit du lecteur lorsque, la dernière page refermée et la dernière larme essuyée, il frissonne une dernière fois à l’ombre d’un passé qui nous glace d’incompréhension.
Chris Corthouts

Les enfants de la liberté, Marc Lévy, Pocket, avril 2008, 367p, 6€40

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Un secret, Philippe Grimbert, Livre de poche, septembre 2007, 184p, 5€50

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15 03 07

La tour sombre, épisode VI

KING TOURLa Tour est de plus en plus proche… et les embûches se multiplient ! C’est en quelques mots, le meilleur moyen de résumer ce sixième tome de la Tour Sombre qui paraît en cette fin d’hiver chez J’ai Lu. Après les aventures très « wild wild west » de Roland et ses amis confrontés aux loups de la Calla, les univers parallèles reprennent leurs droits dans une course poursuite qui verra les aventuriers projetés, en deux groupes, en 1977 et en 1999. Chaque duo se verra alors obligé d’affronter une mission de la première importance pour la survie de la Tour.
Dois-je le répéter ? La Tour Sombre est une pièce maîtresse dans l’œuvre de Stephen King, une pièce de choix qui ne s’aborde pas avec désinvolture. Entrer dans l’univers de Roland, Jack, Susannah et Eddie par une porte dérobée (clairement, un autre roman que « Le Pistolero », le premier du cycle) c’est risquer l’overdose et le rejet pur et simple. Pour essentielle qu’elle soit, la série de la Tour Sombre n’en est pas moins un élément « à part » dans la carrière de King, un cycle que les lecteurs de Salem, du Fléau ou plus récemment de Cellulaire, auront sans doute quelques difficultés à aborder … tant l’univers développé foisonne de codes, de méta littérature, de références romanesques, de mises à jour quasi médico-légales du processus de création du maître de Bangor. Est-ce à dire pour autant que King y perd de son « sens of wonder » ou de ses qualités de « raconteurs » ? Non. Certainement pas. Et surtout pas, devrais-je ajouter, dans ce sixième volume qui, alors que la ligne d’arrivée se rapproche à grand pas, file à la vitesse du vent, résout pas mal de nœuds narratifs et souffre moins que Magie et Cristal, par exemple, de ce déferlement textuel dont King s’amuse si souvent en interview. En prime, avec un naturel confondant, l’auteur s’offre une mise en abîme délicieuse que je vous laisse le plaisir de découvrir, lecteurs fidèles de la Tour Sombre. Les autres, si plonger corps et âme dans un univers « total » ne vous fait pas peur, rendez-vous au premier chapitre du « Le Pistolero » et son improbable poursuite en plein désert …
Chris Corthouts

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13 03 07

Le dernier des Communards

CLAUDEL CAFE

Par Vincent Engel (visitez son site).

Nous délaissent sans prévenir les plus beaux de nos jours, et les larmes viennent après, dans les après-midi rejouées de solitude et de remords, quand nous avons atteint l’âge du regret et celui des retours. Les visages et les gestes que nous traquons dans l’ombre des puits de nos mémoires, les rires, les bouquets, les caresses, les silences boudeurs, les taloches aimantes, l’amour et le don de ceux qui nous mènent au seuil de la vie creusent notre souffrance autant qu’ils nous apaisent.
Nous vivons parmi de grands pans de lumière hâchés de noirs fracas. Il faut nous en convaincre.


Claudel lui-même résume à merveille ce splendide petit roman, paru en 1999 et aujourd’hui réédité en poche, où il raconte une enfance dans l’ombre chaleureuse d’un grand-père tenancier de bistrot, réincarnation de Michel Simon, bourru, bourré souvent, tendre toujours, taiseux sur l’essentiel et disert sur les somptueuses futilités d’une vie d’amour et de compagnonnage.
Arraché à ce dernier Communard, l’enfant se retrouvera jeté dans la vie par la faute d’une institution qui songe que le bien des enfants est incompatible avec leur bonheur…



Dans cet entretien, Claudel évoque son parcours littéraire, depuis Meuse l’oubli, roman “belge”, jusqu’au Monde sans les enfants, et évoque ses nouveaux projets cinématographiques. Découvrez cette voie particulière et chaude de la littérature française contemporaine…


ÉCOUTEZ L'INTERVIEW DE L'AUTEUR


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05 02 07

Poche : La possibilté d'une île

HOUELLEBECQEtonnant. J'entends encore Houellebecq dire : "j'avais prévenu que mon livre sortirait à la rentrée". Car on ne parlait plus que de lui et de "La possibilité d'une île". Des émissions entières passées à parler de lui et de son roman alors qu'il n'était pas présent sur le plateau (comme pour "Les bienveillantes" ; ça devient une habitude). C'est l'événement ! Le livre de l'année voire de la décennie, en tout cas le Goncourt inéluctable !
Seize mois plus tard, le voilà publié en poche et personne n'en parle (tiens, une idée d'émission pour Ardisson !). La grenouille n'a pas su se faire plus grosse que le boeuf. L'éditeur n'a pas bridé son auteur dans ses dérives. Le livre ne méritait pas les débats qu'il a suscités.
La preuve : aujourd'hui, tout le monde s'en fout.
Enfin, pas tout le monde. J'espère. Car Michel Houellebecq a du génie et du talent. Il a ouvert des portes, écrit des livres qui deviendront des classiques. Un jour. Plus tard.
C'est la faute à pas de chance. Ou à Fayard ? Ou à l'académie Goncourt ? Ou à la presse ?
Car si nous avions lu ce bouquin jusqu'au bout, tous autant que nous sommes, nous aurions vu ses longueurs, lu ses inutilités nuisibles et remarqué ses errances discutables. Cela expliquerait bien des choses et notamment la possibilité d'une fièvre médiatique en cet automne 2005.

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03 02 07

Nouveauté Poche : Polnareff par Polnareff

PochePOLNAREFFDerrière ses lunettes noires et ses cheveux bouclés, Polnareff est l'artiste français qui aura le plus joué avec le star system. Interviews rares (et sous haute surveillance), contrôle total de l'image, apparitions et retours tellement réfléchis qu'ils en deviennent impossibles si ce n'est sous la forme de compilation et autre disque live.
Bien qu'il dise avoir terminé son nouvel album depuis des années, on l'attend toujours malgré une série de concerts en France et en Belgique toute proche.
A force d'être star, Polnareff en oublie qu'il a été un authentique géant de la chanson populaire. Son autobiographie (écrite avec Philippe Manoeuvre) ouvre quelques portes, donne des clés, fournit certaines explications au comportement capricieux de ce grand (et trop rare) compositeur et interprète de génie.

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29 01 07

Nouveauté Poche : La dernière femme

PocheENTHOVENIl parle comme il écrit. Jean-Paul Enthoven est dans cet essai un magicien du coeur et de la langue française. Sa prose est la hauteur des cîmes où il nous entraîne. Il sera tout aussi subjugant en format Poche.

JEAN-PAUL ENTHOVEN - Brice Depasse 1
JEAN-PAUL ENTHOVEN - Brice Depasse 2
JEAN-PAUL ENTHOVEN - Brice Depasse 3
JEAN-PAUL ENTHOVEN - Brice Depasse 4

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28 01 07

Nouveauté Poche : 2000 pages de bonheur !

POE PochotèqueCe qu'il y a de génial dans l'initiative de la Pochothèque, c'est de donner à l'ensemble de l'oeuvre d'Edgar Allan Poe réunie en seul livre, l'allure d'une bible. Car Poe aura été la bible de gens aussi éloignés que Baudelaire, Jules Verne, T.S. Eliot, Lovecraft, Paul Valéry et Conan Doyle. Chacun a puisé son inspiration dans un livre, une part de l'âme de Poe. Conan Doyle a trouvé Sherlock Holmes dans les enquêtes de Dupin et dans "le Scarabée d'or"; Jules Verne a écrit la suite de "La relation d'Arthur Gordon Pym" ; Baudelaire a traduit maintes histoires extraordinaires pendant ses Fleurs du mal ; T.S. Eliot a puisé dans "le principe poétique" et Lovecraft a trouvé sa voie dans la maison des Usher ou "Le corbeau" (relisez-le sous cet angle).
Ce recueil des "Histoires, essais et poèmes" rejoint sur ma table de chevet "Le dictionnaire égoïste" de Dantzig. Car le grand mystère qui règne autour d'Edgar Poe, outre les circonstances de sa mort, est l'influence qu'il exerça sur la poésie française. Cet écrivain américain du XIX° siècle, qui sut si bien décrire les rues de Paris sans y avoir mis les pieds, a en effet successivement influencé Baudelaire, Mallarmé ... et Valéry.
Tiens, je placerais bien à côté une intégrale de Woody Allen, cet autre américain plus adulé chez nous que chez lui.

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14 12 06

Poche : Mémoires de mes putains tristes

MARQUEZOn peut craindre le pire en débutant la lecture de ce court roman de Gabriel García Márquez, l’auteur de ce livre clé que fut Cent ans de solitude : l’histoire d’un vieil homme de nonante ans qui décide, pour son anniversaire, de céder enfin à un vieux rêve tordu formulé jadis par une maquerelle, à savoir coucher avec une vierge. Toute sa vie sexuelle s’est jouée entre les bras et les jambes de putains. Il y des hommes comme ça, pour ne pas voir que ce que l’on dit être le plus vieux métier du monde est aussi son plus vieil esclavage. La tenancière lui annonce la réalisation possible de son fantasme, à cette nuance près : la vierge a quatorze ans. Là, on frémit et l’envie nous prend de fermer le livre.
Sauf que... Sauf que, d’abord, le style de García Márquez est sublime. Cela n’excuserait rien, cependant, à mes yeux du moins ; le sublime n’efface pas l’ignoble. Mais - et c’est là que la talent de cet écrivain, Colombien et prix Nobel, est énorme - l’ignimonie est exorcisée et transmuée, et l’histoire sordide devient une magnifique romance d’amour et de renaissance. Le rêve d’un jeune homme qui frôle le siècle et découvre ce que c’est que d’aimer. Le tout dans une ivresse du verbe et de l’imaginaire qui conduit chacun à souhaiter au noble vieillard cent ans de plénitude.
Vincent Engel
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09 12 06

La bande annonce

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