01 05 10

Derrière la porte, la vie

PIRLETLouise est entrée dans ma vie trois mois après que mon père a disparu. Elle a, en quelque sorte, occupé la place vide qu'il avait laissée. Mais il faut dire qu'à cette époque, j'aurais suivi en enfer la première personne qui m'aurait souri avec bienveillance.
Soupçonné du meurtre de Louise, son amie, Laurent, le narrateur, se remémore, depuis sa cellule, le film de leur relation. Seul depuis la mort de son père, Laurent tente d'apprivoiser la solitude de Louise, elle-même orpheline et de la délivrer de la sorte d'amnésie qui l'empêche de communiquer. Pour cela, il l'emmène à Lyon, explorer les lieux de son enfance.
Elle souffrait d'une maladie qui la rendait incapable d'affronter la réalité. Le plus léger mouvement qui, dans son champ de vision, échappait à son contrôle était vécu par elle comme une agression. Tout lui faisait peur: les voitures roulant dans la rue, les passants qui la frôlaient, les voix même, ou simplement les regards d'inconnus, qui la paralysaient quand ils étaient dirigés vers elle. Elle vivait dans la crainte permanente du monde extérieur et refusait toute forme de communication envers lui.
Il la libèrera de la vie, plutôt que de sa léthargie.
Apolline ELTER

Derrière la porte, Marc Pirlet, Luc Pire, février 2010, 123p,, 15€00

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08 04 10

Les intervyoutubes de Lire est un plaisir : Michel De Maegd



Earth challenge : Sydney - Bruxelles en ULM, Michel De Maegd, Préface d'Erik Orsenna, Luc Pire begin_of_the_skype_highlighting     end_of_the_skype_highlighting, mars 2010, 29€00.

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21 03 10

Naissance d’un nouvel écrivain !

KOSMAUn premier roman ! On imagine l’émotion de l’auteur, son cheminement dans la conception, la création, celle des idées, puis l’arrivée du manuscrit, ensuite la recherche d’un éditeur, enfin le plaisir de la concrétisation : le choix des caractères, de la couverture, les corrections sans doute… la première apparition chez un libraire, les premières réactions des lecteurs, de la presse. Edgar Kosma attend-il celle-ci ? Qu’il se rassure : c’est un excellent roman plein de trouvailles littéraires et de rebondissements. Et même, pour suivre la phrase de Jean d’Ormesson, c’est un bon roman, car « C’est un livre qui change un peu celui qui le lit et celui qui l’a écrit » ! Je n’entrerai pas dans le détail des thèmes du livre, ni dans ses clés qui amènent aux dénouements inattendus, mais sachez qu’on peut y lire des réflexions aussi profondes que « Si d’un point de vue horizontal, chaque être humain fait partie de l’humanité, d’un point de vue vertical, l’humanité fait partie de chaque homme » ou aussi drôles que cette recette pour faire un roman : « Il suffirait de plonger un dictionnaire d’une langue au choix dans une grande casserole, de laisser bouillir un temps suffisant pour que chacun des mots puisse se détacher de l’ordre tyrannique de l’alphabet, ensuite, il faudrait mélanger longuement, en attendant qu’un roman sorte de cette chaude mixture lexicale… ». On y croise aussi des personnages insolites, attachants comme cette clocharde (l’auteur évite le sigle SDF !) qui relit pour la troisième fois un dictionnaire de A à Z ou comme Constance Azed (décidément les noms puisés dans le langage !). On y découvre des néologismes, et c’est bien le rôle des écrivains d’inventer des mots, tel ce « sentimenteur ». Vous découvrirez au fil des pages pourquoi des paragraphes entiers sont repris, pourquoi des « clics » de claviers d’ordinateurs noircissent soudain le papier du livre et évidemment vous suivrez avec passion le destin (tragique) de la famille Eugen… On ne s’étonne pas d’apprendre que ce jeune auteur namurois, puis bruxellois, a étudié la philosophie et le journalisme et qu’il soit musicien. Il est maintenant écrivain et nous sommes heureux de souligner et d’applaudir son apparition dans ce monde si convoité des Lettres ! Voici encore deux courtes phrases d’Edgar Kosma, que j’ai notées au fil de la lecture, et qu’on peut savourer : « Le hasard est une chose dont nous ne connaissons que le nom » et « Une question n’a nul besoin de réponse pour exister »…
Jacques MERCIER

 Eternels instants ? par Edgar Kosma. Edition Luc Pire. Coll Le grand Miroir. Février 2010. 240 pp. 16 euros.

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04 03 10

La chute

garnaBlaise s'arrête sur le bas-côté et reste assis dans sa voiture. Ses jambes tremblent. Il coince ses genoux contre le volant, il a peur qu'ils se disloquent. Il est foutu. Sa vie entière est foutue. Il aperçoit son avenir comme un énorme gouffre, sans sa femme, sans ses enfants. Il va aller en prison pour meurtre. Meurtre et enlèvement d'enfant. Il doit disparaître, s'éloigner de l'agitation, du bruit, des lumières et des hommes.
Il est de ces maîtrises d'écriture dont la force entraîne le lecteur dans l'exacte intention du propos: une dérive.
Dérive de Blaise, mari invisible, père approximatif, être velléitaire, rongé de doutes et de plans fatalement foireux. Dérive d'un couple - Mireille et lui - qui vit en parallèle, privé de communication, comme ces chapitres qui ponctuent le roman, alternant le point de vue du narrateur, de la première à la troisième personne.
Alors que sa vie est sur le point de changer avec la perspective d'un nouveau job, Blaise va être témoin d'un accident et s'enliser dans un scénario infernal.
Dotée d'un sens aigu de la description, Isabelle Garna explore toutes les palettes de la grisaille et de la médiocrité. Une acuité psychologique qu'elle traduit également en registres variés, traquant l'intimité de ses protagonistes avec la plus parfaite crudité.
Apolline Elter

Dérive, Isabelle Garna, Luc Pire - Le Grand Miroir, février 2010, 296 pp, 18 €.

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30 09 09

L'homme qui valait 35 milliards

ANCIONTu sais, Octavio, j'ai une théorie là-dessus: si tu vois pleurer un bébé, il faut changer ses couches; si tu vois pleurer une femme, il faut changer son amant et si tu vois pleurer un homme ...(...) il faut changer monde.
Et c'est précisément ce que va tenter de faire Richard, en kidnappant Lakshimi Mittal, cinquième fortune mondiale, patron d'Arcelor Mittal...
Il fallait une bonne dose de culot, d'imagination et de cynisme pour imaginer le scénario artistico-farfelu du rapt de l'industriel. De ce côté, on peut faire confiance à Nicolas Ancion, revenu par la magie de l'écriture, au coeur de son Liège natal et du destin de la classe ouvrière.
Au milieu de ces hommes dont l'auteur examine le quotidien se trace le destin de Nafisa dont la vie pourrait bien virer au conte de fées...
Un voyage dans un monde masculin - plutôt macho - qui mêle le surréalisme à des scenarii hyper-réalistes.
L'Indien a du mal à en croire ses yeux. On lui fait subir les pires supplices, on l'humilie, on le traite comme un moins que rien puis, soudain, une jeune fille vient à sa rencontre pour l'aider alors qu'il a volé le vélo de son père, il y a quelques heures à peine.
Une morale?
Le chagrin d'Octavio ne sera pas vain si le geste de son ami permet à Lakshimi Mittal de changer sa vision du monde.
Apolline Elter

 L'Homme qui valait 35 milliards, Nicolas Ancion, roman, Ed. Luc Pire, août 2009, 288 pp, 18 €.

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03 09 09

Le fauve du XVIII°

ADAMEKJe vous l'annonçais: une perle que ce roman fauve, signé André-Marcel Adamek, dont la première partie: Les rouges portes de Lorraine, vient d'être publiée aux Editions Luc Pire.
L'action se passe à Luneville, dans les années 1630 - au coeur de la Guerre de Trente Ans et du règne de Louis XIII - ancrée dans l'atelier d'un peintre aveugle et sage, Pierre Palurme et de son fougueux apprentis, Thomas Lescaut. Autour d'eux gravitent une série de personnages des plus attachants: Manou, la délicieuse servante, Branlemoine, ex-brigand et son compère ressuscité, Lazarre Bouterolle, Sélim, le Turc, et le célèbre peintre  de l'époque, Georges de la Tour.
Précédant le fauvisme de quelques siècles, Thomas Lescaut conçoit une Chevauchée, mettant en scène des Rois mages à l'allure quelque peu révolutionnaire. Et le lecteur d'être invité, au rythme de conviviales repues et d'un récit alerte, à se délecter de ce français du XVII e siècle, farci d'expressions plus savoureuses les unes que les autres:
" Monsieur, j'ai honte de vous faire assavoir que par maladresse autant que par passion, il m'est advenu de dépuceler votre fille cadette, en foi de quoi je vous prie humblement de m'accorder sa main"
" Monsieur, sauf le respect que je vous dois, les sueurs accumulées jour après jour par votre corps réclament un robuste traitement pour qu'elles cessent d'envahir les airs autour de vous."
"Monsieur de Branlemoine, combien de temps comptez-vous être affecté par votre blessure? "
...
Les étincelles finales de la première partie laissent le lecteur sur sa ..faim, attendant instamment, du génial conteur,  la suite promise. 
Apolline Elter

Le roman fauve. 1. Les rouges portes de Lorraine, André-Marcel Adamek, Ed. Luc Pire, 27 août 2009, 320 pp, 20 €

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04 01 09

A la mode de chez lui

zeccaComme bien des fil(le)s et petit(e)s-fil(le)s d’immigrés italiens de Belgique, Jean-Michel Zecca a conservé quelques racines solidement enfoncées dans la terre de ses ancêtres (pour lui, les Pouilles) et il entretient la nostalgie de ses origines avec une délectation non feinte. C’est donc très logiquement qu’il a fait paraître, chez Luc Pire à Bruxelles, sous le titre La cuisine de mon père, un savoureux recueil de 77 recettes des spécialités culinaires du sud de la péninsule, véritable festival d’antipasti, de pasta, de primi piatti, de pesci, de carni, de contorni et de dolci plus goûteux et plus truculents les uns que les autres.
Au menu de ce banquet : des courgettes marinées à la menthe et au basilic, de la salade de petits poulpes, des sardines farcies, des orrecchiette aux fanes de navet, des spaghetti aux moules, du carpaccio d’espadon aux agrumes, des boules de risotto farcies, de la langouste au marsala doux, de la soupe de turbot, de la lotte aux lentilles, du poulet rôti aux olives siciliennes, du lapin aux pommes de terre et aux navets, des filets de porcelet au citron et au thym, du flan aux pointes d’asperges vertes, de la compote de coings, du sorbet de melon, des pêches farcies et des biscuits à la ricotta et aux fruits confits.
Pour commencer… comme à Capoue !
Bernard Delcord

Entretien avec Jean-Michel Zecca réalisé par Nathan Skweres pour son Journal de la Télé sur Nostalgie.

  JEAN-MICHEL ZECCA - Nathan Skweres

La cuisine de mon père, Jean-Michel Zecca, RTL Éditions, 2008, 192 pp. au format 24,5 cm x 24,5 cm, reliure cartonnée, nombreuses illustrations en couleurs, 25 €

La recette de sa Zuppa di pesci di Gallipoli (Soupe de poissons de Gallipoli) en cliquant sur le livre.

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03 12 08

À la table des Boschman

BoschmanLa cuisine a évolué plus vite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale que durant tout le millénaire qui a précédé. Les recettes des familles ont donc beaucoup changé en trois générations. Et si les recettes de cuisine belge utilisées chez les Boschman depuis 1948 ne sont pas très différentes de celles en usage dans toutes les familles de notre pays, elles n’en ont pas moins ce petit « plus » que l’on retrouve dans l’art culinaire lorsqu’il est pratiqué par de grands chefs.
Et chez les Boschman, on sait ce que bien cuisiner veut dire ! Le cursus d’Éric en est un concentré : né en 1964 dans le Hainaut, il a fait ses études hôtelières en Belgique puis à Strasbourg. Après un passage chez Barbizon, il accède au titre de « Meilleur Maître d’Hôtel de Belgique » et, quelques mois plus tard, de « Maître Sommelier en vins de France » ; en 1988, il devient
« Meilleur Sommelier de Belgique ». On le retrouve ensuite chez Bruneau et à L’Oasis, avant que débute l’aventure de La Manufacture à Bruxelles ; deux ans plus tard, il ouvre Le Pain et le Vin avec Alain Coumont (le fondateur du Pain Quotidien). Il remporte alors le Trophée Ruinart du
« Meilleur Sommelier de Belgique ». En 2000, il crée la FAWA (Food & Wine Academy) avec Christelle Verheyden. On retrouve l’homme en télévision, à la RTBF aux côtés de Virgine Hocq dans File Moi Ta Recette, sur Bel RTL et sur Mint, ainsi que dans de nombreux titres de la presse écrite. En 2008, il renoue avec les concours, est finaliste du Trophée Willy Slavinsky des « Maîtres Cuisiniers de Belgique » et se retrouve 4e au Championnat du Monde des Sommeliers à La Havane (Cuba).
Quant à son père Jacques et son frère Alain, outre que ce sont des cuisiniers talentueux et que le second chronique à la radio, ils sont codétenteurs d’un patrimoine unique quoique national : le livre des recettes familiales de cuisine belge, rassemblées dans La cuisine des Boschman, une histoire de famille, un superbe recueil joliment illustré en couleurs qui vient de paraître chez Luc Pire à Bruxelles.
À travers ces recettes et les époques décrites dans leur ouvrage, ce sont aussi des objets, des ingrédients et des modes bien de chez nous qui sont passés en revue.
Nostalgie, quand tu nous tiens…

Bernard DELCORD

La cuisine des Boschman, Une histoire de famille par Éric, Alain et Jacques Boschman, Bruxelles, Éditions Luc Pire, 2008, 160 pp. en quadrichromie, 25 €

Cliquez sur la couverture pour découvrir une de leurs recettes et, pourquoi pas, la tester.

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14 11 08

Elvis, 1956 : From Memphis to New York

ELVISELVIS, le king en devenir est le plus bel album de photos de l'Histoire du rock.
L'ensemble des photographiess que contient ce livre énorme par son format et l'événement qu'il constitue, a été réalisé en 1956. Elvis a 21 ans. Il est en noir et blanc pour toujours. Il chante ses premiers succès. Il immortalise l'Amérique de cette époque. En concert, avec ses fans, chez ses parents, en studio d'enregistrement, sur un plateau de télé, au restaurant, avec sa petite amie, dans le train, à l'hôtel, Elvis est magnifique. Les photographies d'Alfred Wertheimer sont somptueuses. Une oeuvre respectée, magnifiée par le travail de l'éditeur qui n'a rien laissé au hasard, de l'iconographie à la mise en page en passant par la qualité des papiers et de l'impression. La réussite est parfaite; l'album, historique.
Quand le photographe a autant de génie que son modèle, les mots sont inutiles : si vous pensez que j'exagère, allez dans une librairie, ouvrez ce livre : regardez !
Alors ? Qu'est-ce que je vous disais ?
Brice Depasse

  LA STORY 1956 - Elvis Presley
ELVIS_photo
Elvis : Le King en devenir, Alfred Wertheimer, Luc Pire, novembre 2008, 49€.

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22 10 08

Les gens adorent, j'aime autant te le dire

FROUDSTOUFLes deux chiens de Jannin et Liberski, incontournables créateurs pluriartistes multimedias, reprennent du service non plus à la télé mais en album de bandes dessinées, un format que Fred Jannin maîtrise depuis 30 ans avec, notamment, Germain & Nous.
Succès assuré en Belgique pour Froud & Stouf à qui on souhaite de séduire le public français.
Rencontre express avec les mai-maîtres des deux toutous chez Dandoy, célèbre biscuiterie de la Grand'Place de Bruxelles (qui vient de se lancer dans la production de speculoos à l'effigie des deux clebards). Tout cela autour d'un verre de vin d'une cuvée labellisée Froud & Stouf également. Deux chiens sur les traces d'un chat, belge lui aussi ?

  JANNIN & LIBERSKI - Brice & Nicky Depasse

Froud et Stouf : Les gens adorent, Jannin et Liberski, Luc Pire, octobre 2008, 15€00 env.

Photo : Alain Trellu

Jannin-Libersky43

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