02 05 10

Le Retour du Roi… Chattam !

CHATTAM3Tobias disparu dans les entrailles du Raupéroden, Matt et Ambre retournent à Eden, la cité des Pans, pour avertir le conseil de la ville de l'imminence d'une invasion des Cyniks, fomentée par la reine Malronce. Les Pans n'ont plus le choix, ils doivent se préparer à combattre, notamment en développant leur Altération, ce pouvoirsurnaturel octroyé par le Cataclysme.
Avec L'Alliance des Trois, on découvrait un nouveau monde, avec Malronce son exploration. Le Coeur de la Terre montre les jeunes héros dans l'apprentissage de la vie en commun, de la politique, de la guerre et du rapport, nécessaire et salutaire, à la nature. Ainsi que la résolution des énigmes comme la vraie nature du Raupéroden et de la reine Malronce.
Dans l’interview qu’il nous a accordée, Maxime Chattam n’hésite pas à parler de « d’écriture récréative » lorsqu’il évoque Autre Monde et son univers au confins de la fantasy, de l’aventure et du « roman de survie » façon « Sa Majesté des Mouches ». Mais ce n’est pas pour autant quel’auteur de sombre récit, éminent membre de la Ligue de l’Imaginaire et fier représentant de la nouvelle vague du thriller français, prend son histoire par-dessus la jambe. Perfectionniste dans l’âme, même lorsqu’il s’agit d’aborder un univers moins réaliste que celui des salles d’autopsies et des esprits schizophrène, Maxime Chattam mène son AutreMonde avec la précision d’un orfèvre du récit. Car le risque est bien là lorsqu’on aborde l’imaginaire « en roue libre », celui de se perdre dans le labyrinthe des inventions, dans la description étouffante d’un univers, dans la croissance incontrôlée d’un canevas où personnages et intrigues se perdent dans un trop plein de créations. Heureusement, ici, rien de tout cela. Miroir de la mécanique implacable des thrillersde l’auteur, la structure d’Autre Monde possède la force linéaire de l’évidence. Celle des récits initiatiques classiques, des grandes aventures populaires. Et vienne s’y greffer des personnages aux rôles clairement définis, ainsi qu’une cascade de références qui feront sourire les « initiés » et donneront aux autres l’impression de découvrir un univers à la fois différent et… familier.
Pour ce final, cette première conclusion (on sait maintenant que quatre autres tomes s’ajouteront à l’aventure des Pans face aux Cyniks), Maxime Chattam convoque l’ombre du Retour du Roi, du Retour du Jedi, ou encore celle d’Aliens. Dans le bruit, la fureur et l’affrontement, enfants et adultes qui ont survécu à la Tempête, foncent bille en tête, l’un vers l’autre, pour une inévitable bataille à grande échelle, seule capable, dirait-on, de résoudre ce conflit né d’une haine irrationnelle, teintée de croyance religieuse, qui oppose adultes et enfants.
Et sous des dehors de pur divertissement, sans lourdeur, avec un art consommé de la métaphore, Maxime Chattam nous livre la vision d’un monde, en échos à ce qu’il avait déjà développé, de façon plus « adulte » dans « La Théorie Gaïa ».
Une trilogie populaire, bien écrite, qui délivre sans prêcher, une vraie réflexion sur l’humain. Pas mal pour une œuvre « récréative ».
Dr Corthouts

  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 1
  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 2

Autre Monde 3 : Le Cœur de la Terre, Maxime Chattam, Albin Michel, avril 2010, 468p., 20€00.

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01 01 10

L'Alliance contre Malronce

CHATTAMImaginez un monde où la nature a repris le pouvoir, où les adultes sontredevenus sauvages et les enfants se sont assemblés en bandes poursurvivre, où chaque promenade est une expédition, chaque jour passé, unexploit. Un monde recouvert par un océan de forêts, peuplé de créaturesfabuleuses, traversé de courants étranges, d'énergies nouvelles. Unmonde nouveau où trois adolescents tentent de déjouer les pièges d'unemystérieuse reine, acharnée à leur perte : Malronce.
Avec ce second tome d’Autre-Monde, Maxime Chattam poursuit sa trilogie «adolescente » nourries aux références littéraires et cinématographiquesqui ne manqueront pas de faire sourire les trentenaires… Et depassionner leurs rejetons ! Les références à « notre » monde, encorenombreuses dans Alliance des Trois, le premier tome des aventures deMatt et ses amis s’estompent ici pour faire place à univers neuf,fantastique, aventureux et… mortel !
Après le thème de l’altération, abordé dans L’Alliance, Chattam exploreici les variations sur la Quête et les inévitables questionnements del’adolescence… tout en élargissant le canevas de son roman et enenrichissant son univers aux frontières de la Fantasy. Il y a du Tolkiendans ce peuple réfugié à la cime d’arbres immenses, du Michael Moorcockdans le sauvagerie de certains combats, du Stephen King dans lamalignité des adultes manipulateur, ou encore du Laurent Genefort dansla richesse de la flore installée sur ce qui fut notre planète. Toutesces influences, ajoutées à quelques dizaines d’autres, forment unetapisserie riche, où les clins d’œil renforcent l’expérience plutôt quede la phagocyter. En bon « geek », Chattam digère ses influences et lessculpte à plaisir, s’éloignant clairement du pastiche, ou de la copieservile, pour créer son propre univers. Chez les anglo-saxons, lesproducteurs se seraient déjà rué sur ce projet pour en faire une sériede films… Chez nous, on continue à s’extasier sur Arthur et sesMinimoys… Allez comprendre…
Dr Corthouts

Autre-Monde, Tome 2 : Malronce, Maxime Chattam, Albin Michel, novembre 2009, 406pp, 20€00.

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28 06 09

Back In Black !

CHATTAMNew York, mégapole de tous les possibles. De tous les excès. Où la verticalité des buildings s'oppose à celle des souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l'industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l'on vend la mort filmée en direct. Au cœur de ce maelström, le journaliste Brady O'Donnel cherche à comprendre le suicide violent de Rubis, actrice de film porno étrangement fascinante…
Maxime Chattam déboule dans le monde du thriller, au début des années 2000 avec la Trilogie du Mal, une somme qui n’a rien à envier aux meilleurs romans américain du genre. S’il laisse, ça et là dans son texte, les prémices de l’une ou l’autre aventure potentielle, l’auteur surprend pourtant son monde en se penchant ensuite sur les expressions diverses de la violence et de la manipulation. Avec Les Arcanes du Chaos ou encore La Théorie Gaïa, l’aventure haletante, les références au Grand Complot et aux manipulations de l’ordre mondial se substituent à l’ambiance policière des premiers romans.
2009 et Maxime Chattam replonge dans l’horreur sombre de la fin des nineties, dépoussière son kit d’expert médicolégal et nous conte la descente aux enfers d’un personnage évoqué lors de la Trilogie du Mal. Brady O’Donnel, reporter photographe et mari d’Annabelle, enquêtrice de choc et de charme. L’Enfer… C’est bien de cela qu’il s’agit, tant Chattam a décidé de ne rien nous épargner dans la description d’un monde souterrain (au propre comme au figuré) qui grouille sous la surface du quotidien. Décidé à nous démonter que le sexe est une des composantes essentielles de notre évolution (au même titre que la violence évoquée dans ses trois précédents romans) Chattam use de toutes les subtilitésde son art pour nous décrire les doutes, les errances et finalement les renoncements de son personnage principal. Moins référentiel que ses romans précédents, cette Promesse des Ténèbres prend des allures de roman de la maturité pour Maxime Chattam, réflexion profonde sur les pulsions humaines, portée par une écriture totalement maîtrisée et une véritable force d’évocation.
Un nouveau pas en avant pour un auteur qui ne cesse de grandir !
Dr Corthouts

  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 1
  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 2

La Promesse des Ténèbres, de Maxime Chattam, Albin Michel, mai 2009, 425p., 22€00.

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10 01 09

Concentré de Terreur

CHATTAM_trilogieFranchement ? Vous n’en avez pas marre de tous ces cadeaux de Noël dégoulinant de bons sentiments, de glucose et de lumière qui clignotent ? Non, mais, je veux dire, les DVD de comédies romantiques, les bouquins sur la cuisine de Patagonie ou les incontournables confections de parfum/chocolat/savon, c’est bien, surtout pour votre Tata Francine. Mais ne serait-il pas grand temps de mettre un peu de piment sous le conifère de saison ? Michel Lafon a donc pensé à tous ceux qui espèrent secouer un peu les vieilles habitudes et frissonner plutôt que cocooner au coin du feu ! Réddition des 1040 pages de la Trilogie du Mal, un seul et même volume qui permettra de découvrir pourquoi Maxime Chattam est devenu, en peu de temps, l’un des auteurs de thriller incontournables du nouveau siècle. L’Ame du Mal, In Tenebris et Maléfices témoignent de la montée en puissance d’un jeune écrivain qui avait très tôt compris toutes les subtilités d’un genre. Avec ses tueurs retords, ses décors grandioses et ses images frappantes (celle d’une jeune femme traversant Central Park, nue, scalpée, encore dans toute les mémoires … oui, je vous avais bien dit que nous n’étions pas dans le domaine de la gaudriole et des apéritifs sucrés ) cette trilogie montre aussi à quel point la terreur et le mal n’ont ni frontière, ni limite.
Depuis, certains diront que Chattam s’est « assagi » et qu’il est parti explorer des rivages plus « politiquement corrects ». J’avancerai simplement qu’il est nécessaire pour un auteur d’évoluer et que cette trilogie constitue de solides fondations sur lesquelles se construit peu à peu une véritable œuvre dans le sens le plus riche du terme.
Dr Corthouts

La Trilogie du Mal : L'Ame du Mal, In Tenebris, Maléfices, Maxime Chattam, Michel Lafon, décembre 2008, 1040p., 29€90.

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20 12 08

Le Laboratoire du Dr Corthouts 3

CHATTAM_MondeAvec toutes les excuses de la direction pour ce retard, voici le troisième numéro de la review podcast du Dr Corthouts, Saison 1.Tremblez !

  Le LABO du Dr CORTHOUTS N°3

THILLIEZLe diable l'emporte, Sebastian Faulks, Flammarion, 2008, 351p., 18€00.

La mémoire fantôme, Franck Thilliez, Pocket, octobre 2008, 441p., 6€80.

Autre-Monde, Tome 1 : L'Alliance des Trois, Maxime Chattam, Albin Michel, novembre 2008, 496p., 20€00.

FAULKS

18 10 08

Ecoutez la littérature

AUDIOLIB_SAGANEt pas seulement des classiques. Audiolib édite les plus récents best sellers en version audio voire les publie simultanément à l'édition originale.

  GRAND MORNING - Audiolib

Nous en avions déjà parlé avec la responsable du projet au printemps dernier. Voici quelques extraits des nouveaux titres en podcast : Eric-Emmanuel Schmitt, Philippe Labro, Françoise Sagan, Jean-Christophe Grangé, Philippe Claudel, Stieg Larsson, Maxime Chattam, Hélène Berr et Harlan Coben.

  Bonjour tristesse - Sara Giraudeau
  Rêveuse d'Ostende - Pierre Arditti
  Rapport de Brodeck - Sylvain Machac
  Miserere - Jacques Chaussepied
  Millenium - Emmanuel Dekonninck
  Le Montespan - François d'Aubigny
  La théorie Gaïa - Laurent Jacquet
  Journal d'Hélène Berr - Elsa Zylberstein
  Dans les bois - Harlan Coben
  Tomber 7 fois - Philippe Labro

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16 07 08

Une petite tranche de complot ?

POCHE CHATTAMAh, déjà rien que le titre ! Les Arcannes du Chaos. On sent déjà que l’histoire ne va pas tourner autour d’une dispute de comptoir sur la valeur respective des diverses équipes d’équitation en route pour les J.O. de Pékin ! Que neni, non point ! La livraison 2006 due à la plume de Maxime Chattam plonge plutôt ses racines dans les liens obscurs que tissent derrière notre dos, les riches et les puissants de ce monde. Deux jeunes héros improbables, plongés dans une nébuleuse de symboles, de signes et de manipulation, sont poursuivis par une bande de vilains pas beaux bien décidés à garder l’Eglise au milieu du village … du moins, le quidam au cœur de son ignorance.
Comme d’habitude avec Chattam, ça bouge, çà réfléchit et au final ça pose plein de questions … qu’il vous faudra résoudre à la rentrée !
Chris Corthouts

«Les arcanes du chaos»,Maxime Chattam, Pocket, mai 2008, 550p, 7€70

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12 06 08

Examen de fin de cycle

CHATTAMDepuis que nous avons découvert Maxime Chattam dans ces colonnes, l'auteur français (non, il n'est pas américain comme la localité du même nom !) ne nous a pas déçu. Sa horde de lecteurs fidèles, non plus. Après l'exceptionnel Prédateurs mettant en scène un tueur en série dans les rangs des troupes du débarquement en Normandie, Chattam clôt la trilogie commencée avec Les arcanes du chaos par La théorie Gaïa. Cliquez sur la couverture pour lire le rapport d'autopsie du Dr Corthouts et sur les boutons de podcast pour écouter leur entretien.

  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 1
  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 2

Maxime ChattamPhoto : Alain Trellu

La théorie Gaïa, Maxime Chattam, Albin Michel, avril 2008, 405p, 22€00

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10 05 08

Gaïa : sublime fin de cycle

CHATTAM 2008Une somme. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai refermé le dernier roman de Maxime Chattam. Non pas une « somme » en terme littéraire mais bien une somme thématique, l’aboutissement d’une réflexion entamée avec Les Arcanes du Chaos, poursuivie dans Prédateurs et enfin conclue (provisoirement ?) avec cette Théorie de Gaïa. De l’histoire, je ne vous dirais rien ou presque. Sachez simplement que dans le plus pur style « Jurrasic Park » un trio de chercheurs est parachuté au cœur d’une série d’événements dramatiques… dont les implications pourraient bien changer notre vision du monde.
Pas besoin d’en savoir plus pour être happé par un thriller scientifique et horrifique au cœur duquel les références se télescopent avec malice. Alien, Aliens, Lost, Jurrasic Park, A La Poursuite du Diamant Vert mais aussi des clins d’oeil appuyés aux jeux vidéo, à la littérature de genre ou encore à la musique forment une toile riche sur laquelle Maxime Chattam accroche une intrigue totalement maîtrisée. Et ce n’est pas tout. Si l’exercice se limitait à une savante remise en forme d’une tripotée d’influences, on flirterait trop vite avec la parodie, voire avec le plagiat. Mais où La Théorie Gaïa fait fort, c’est dans la réflexion scientifiquement étayée et intelligemment vulgarisée. Le thriller se fait alors objet de débat, ouvre les portes d’un vrai questionnement : Maxime Chattam ose titiller un Michaël Crichton sur son propre terrain. On excusera du coup un final un rien pyrotechnique – il ne manque, lors d’une des scènes finales, qu’un Bruce Willis lâchant son classique « Yi Pi Kaïe Hé Mother f… » pour compléter le tableau – et certaines références tellement évidentes qu’elles en deviennent des clichés. Mais à ce niveau d’expertise, de maîtrise et de tension, franchement, c’est vraiment par pur plaisir de pinailler que je les évoque.
Dr Corthouts

La théorie Gaïa, Maxime Chattam, Albin Michel, avril 2008, 405p, 22€00

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23 04 07

Les prédateurs de Maxime Chattam

CHATTAML’année dernière, pour son « best-seller annuel » Maxime Chattam s’était éloigné du monde des tueurs en série pour entrer de plein pied dans celui des grands complots et de la manipulation aux dimensions planétaires. Pour réussi qu’il fut sur le plan du suspense (avec un final particulièrement surprenant) "Les Arcanes du Chaos" péchait peut-être par excès de naïveté : les théories développées par le roman n’avaient rien de particulièrement original, trouvant leur sources dans les nombreux « black books » et autres « conspiration theory » qui alimentent pas mal de sites Internet depuis une décennie.
Cette année, retour aux territoires sombres du serial-killer pour Maxime, avec ce « Prédateurs » qui joue à fond le jeu de l’épure pour entrer loin, très loin dans la réflexion sur le mal et sa présence en chacun de nous.
« Epure » est le premier mot qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai refermé ce nouvel opus chattamesque, puisqu’au travers d’un choix littéraire qui provoquera sans doute quelques froncements de sourcils, Prédateurs prend place dans une sorte de « réalité désincarnée » où les repères temporels et géographiques n’ont pas cours. Ainsi, l’intrigue se déroule à l’aube d’un débarquement indispensable à la réussite d’une stratégie de guerre, mais jamais il ne sera fait mention des côtes normandes, des armées alliées ou des forces du Reich. En outre, les technologies de pointe mises en branle aujourd’hui lors de la moindre affaire de meurtre semblent absentes… mais les réflexions psychanalytiques sur les origines du mal, les traumatismes, le rapport à la violence semblent fortement influencées par les avancées menées par les spécialistes en criminologies durant ces trente dernières années. Alors quid ? Où sommes-nous ? Quand sommes-nous dans "Prédateurs" ? Finalement peu importe… Ce qui compte par-dessus tout c’est cette atmosphère d’intense violence entre les peuples qui plonge les hommes dans un désarroi toujours plus grand. Un « background » qui brouille un peu plus chaque jour la frontière entre le bien et le mal. Si le meurtre se voit justifié, en masse, par la nécessaire résolution d’un conflit politique, comment l’individu peut-il repousser ses propres pulsions ? Quelle différence entre le soldat tuant pour la patrie, réduit à l’état de chair à canon, et le tueur en série qui voit tout ses semblables comme les pions d’un jeu macabre, quelque soit le drapeau sous lequel ils servent ? La guerre déshumanise … et le tueur n’étant déjà plus lui-même tout à fait un homme, s’y ébat comme un poisson dans l’eau ! Opposé à ce tueur diabolique conduit par d’étranges pulsions (à ce propos d’ailleurs, certaines des scènes de meurtres ne sont pas piquées de hannetons) Maxime nous présente une figure torturée dont il a le secret, soldat de la police militaire au passé trouble, qui flirte avec la mort et comprend trop bien peut-être, le langage du tueur. A ses côtés, Ann Dawson, jeune infirmière qui rêve de regarder le monstre dans les yeux au risque de sa propre vie. Avec "Prédateurs", Maxime Chattam renoue avec la force de la trilogie qui a fait son succès, mais s’avance plus loin encore sur le territoire du mal, se débarrassant des « filtres » que constituent un décor contemporain, des procédures policières trop classique ou des détours de plus en plus usités par l’incontournable laboratoire des « experts » de service. Sur un canevas réduit à sa plus simple expression, tissé de références évidentes, Chattam nous propose de suivre un mano à mano entre le mal incarné et… non pas le bien, mais des adversaires heureusement plus complexes : des êtres humains. Une réussite incontestable.
Dr Corthouts

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