27 03 11

Francis Huster traverse Paris ... à Auderghem

Francis Huster interprètera la Traversée de Paris de Marcel Aymé au Centre culturel d'Auderghem du 25 au 30 avril. A votre place, je ne raterais pas cette interpétation - lecture sur scène : Huster y joue tous les personnages de la nouvelle rendue célèbre par son adaptation au cinéma par Autant-Lara, Gabin, Bourvil (et De Funès).

 


Francis HUSTER dans Nostalgie Pop Culture par nostalgie

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06 07 10

Voyages nostalgiques

Hong Kong  (Sasek)Les Éditions Casterman poursuivent leur très heureuse initiative de ressortir les remarquables guides dessinés par le graphiste tchèque Miroslav Sasek (1916-1980), guides qu’elles avaient édités en 1960 avec un immense succès en langue française dans l’« Encyclopédie Casterman ». Reparaissent cette fois les albums consacrés à Hong Kong et à San Francisco qui, comme ceux consacrés à Paris, Londres, Rome, Venise et New York déjà republiés, restituent en peu de mots et avec des dessins d’une grande simplicité et d’une forte beauté empreinte de poésie et d’humour, l’ambiance et la culture caractéristiques des pays et des villes tels qu’ils existaient alors.
Une magnifique occasion de voyager dans le temps !

Bernard DELCORD






Hong Kong et San Francisco par Miroslav Sasek, Bruxelles, Éditions Casterman, avril 2010, 64 pp. en quadrichromie au format 23,2 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 16,50 € chacun

San Francisco (Sasek)

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16 03 10

Jugnot joue Claudel

claudel_paquetC'est dur de n'avoir que sa vie quand elle est vide de tout, mais coupante comme un éclat de verre.
Que donc contient l'encombrant paquet, accroche énigmatique du monologue écrit et mis en scène par Philippe Claudel (Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh, Le rapport de Brodeck, Il y a longtemps que je t'aime, ...)?
Tandis que le lecteur (spectateur) se répand en conjonctures, tour à tour, terre-à-terre et existentielles, il se voit emporté dans le tourbillon d'une logorrhée aux accents beckettiens. Un monologue qui le prend à témoin, d'une vie rêvée ou dépréciée, mêlée de banal tragique, de loufoque pathétique.
Moi, j'ai seulement pris tout ce qui traînait, nos bassesses, nos veuleries, nos promesses reniées, toute la laideur du monde et celle de nos actes, et j'en ai fait un gros paquet. Toutes ces ordures, il faut bien que quelqu'un se dévoue pour les ramasser et les déverser quelque part!
Créée en janvier 2010, avec Gérard Jugnot dans le rôle principal...et unique, la pièce se joue jusqu'au 27 mars au Petit Théâtre de Paris.
Apolline Elter

Le paquet, Philippe Claudel, Théâtre, Stock, janvier 2010, 88 pp, 10€00.

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26 02 10

Harlan as-tu du coeur ? Oui.

cobenAh ! Quel farceur ce Harlan Coben ! Mais si... Tenez à longueur d'interview, il nous assure que ses romans sont toujours des histoires simples, d'hommes ordinaires, qui, sous l'influence de leur passé, doivent se coltiner d'étranges et dangereux bouleversements. Les tueurs en série indestructibles, ou encore les grands complots internationaux, c'est pas son truc ! Du tout. C'est d'ailleurs pour cela que Sans Laisser d'Adresse est une histoire... de grand complot international ! Bon...
Toute taquinerie mise à part, Harlan est donc de retour en terrefrancophone (il sera à Paris dans quelques jours...) avec sa livraisonannuelle de suspense, de retournement de situation à vous arracher lesyeux de la tête et de personnages terriblement attachants.
Bien décidé à bousculer quelque peu la formule qui a fait son succès,Harlan Coben prend la précaution de se lancer dans l'aventure en bonnecompagnie. Plutôt que de nous forger une nouvelle galerie depersonnages, il fait appel à Myron Bolitar, afin d'asseoir son histoiredans un univers au minimum familier.
Après sept ans de silence, Terese Collins, une ex-petite amie du"détective privé agent sportif amateur de lait chocolaté", donne enfinde ses nouvelles. Elle appelle Myron au secours, emmêlée qu'elle estdans une affaire pas très claire sur les bords de la Seine. A peine letemps pour Bolitar de traverser l'Atlantique que les cadavres commencentà fleurir sur les trottoirs de Paris... et que la police française severrait bien en train de jeter le fier Amerloque au fond d'une geôle. Lasituation ne s'améliore pas lorsque Myron se retrouve entre les mains desombres individus versés dans l'art de la torture...
Pied au plancher. Cela semble avoir été le mot d'ordre pour Coben lorsde l'écriture de ce roman. Après un Sans un mot un rien pédestre,qui ressemblait davantage à un « best of » qu'à un vrai « nouveau »roman, Sans Laisser d'Adresse prouve de façon magistrale que Coben aencore quelques cartouches dans son long-rifle ! Plongeant tête lapremière dans un univers mille fois visité par les auteurs de thrillers,Harlan le double-mètre parvient à se jouer des codes, à éclairer dessituations mille fois vues de façon originale... Et surtout injecte unebonne dose de coeur dans un cadre de référence où l'efficacité se mesuredavantage à l'aune de l'épaisseur des muscles du héros qu'à la subtilitéde sa psychologie. De l'action Sans Laisser d'Adresse n'en manquepas non plus... On peut pour cela faire confiance au personnage de Win,double amoral de Bolitar et jouissif élagueur de criminels en toutgenre. Mais au final, c'est l'humanisme du propos que le lecteurretiendra en refermant, aux petites heures, cette palpitante livraisonannuelle.
Dr Corthouts

Sans laisser d'adresse, Harlan Coben, Belfond, mars 2010, 399p., 17€50.

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19 11 09

Sorbonne, sorbonnards, sorbonagres et sorbonnicoles...

La vie secrète du Quartier latinHistorien des rues et des quartiers de la capitale française qu’il explore à travers des photographies anciennes, Philippe Mellot s’est penché dans son nouvel ouvrage sur le quartier le plus célèbre de Paris, le Quartier latin ainsi nommé parce que c’est celui de la Sorbonne, l’une des plus anciennes universités du monde, avec celles de Coimbra, de Salamanque et de Louvain. Elle tire son nom du théologien du XIIIe siècle Robert de Sorbon, fondateur du collège de Sorbonne, dédié à la science qu’il enseignait. Le prestige de cette institution était grand aussi, à la Renaissance, Rabelais, qui professait à l’université de Montpellier, s’amusa-t-il à railler ses collègues parisiens en les traitant de « sorbonnagres » (ânes de la Sorbonne) et de « sorbonnicoles » (singes de la Sorbonne, qui montent aux arbres)…
Bien avant de devenir le quartier à la mode qu’il est aujourd’hui, le Quartier latin fut longtemps peuplé de poètes, d’étudiants, d’ouvriers, de petits artisans, de petits bourgeois, de professeurs « sorbonnards », d’escarpes, de révoltés et autres braillards qui y menaient une vie mouvementée loin des splendeurs rutilantes des grands boulevards. Chaque place, ruelle et cul-de-sac rappelle ces existences agitées : la place Maubert et sa potence, son bûcher et son marché aux mégots ; la rue Galande et ses bouges à faire frémir ; la rue Mouffetard et son marché pouilleux, repaire de chiffonniers et de clochards, ou encore le boulevard Saint-Michel (boul'Mich pour les habitants du cru) et ses terrasses où coexistaient joyeusement fêtards rupins et artistes sans le sou. Dans les cafés, avec Verlaine comme porte-étendard, écrivains et chansonniers avaient le verbe haut, admirés par de pauvres poètes faméliques s'essayant à la vie de bohème alors que dans la rue, ou du haut de leurs fenêtres, les prostituées racolaient quelque provincial en goguette ou l'ombre furtive d'un pauvre bougre en mal d'amour.
Riche de nombreux et saisissants témoignages illustrés par des centaines de photographies et documents rares, La vie secrète du Quartier latin de Philippe Mellot qui vient de paraître aux Éditions Omnibus propose une virée inédite à travers ces rues parfois inquiétantes qu'arpentèrent passionnément pendant des siècles des générations d'étudiants, d'artistes et de misérables dans l’attente de lendemains meilleurs...
Bernard DELCORD

La vie secrète du Quartier latin par Philippe Mellot, Paris, Éditions Omnibus, 15 octobre 2009, 240 pp. en quadrichromie sous couverture à rabats brochée en couleur, 29 €

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13 07 09

La musique des mots (10) : Au bonheur des dames

ZOLALE roman positif de la série des Rougon-Macquart, Au bonheur des dames est une vraie lecture d'été, la porte idéale d'entrée dans l'univers souvent mésestimé (pour cause de programme scolaire) d'un des plus éblouissants écrivains du XIX° siècle.

  Musique des Mots - Emile Zola & Michel Fugain

FUGAINAu bonheur des dames, Emile Zola, Folio, 1999, 525p., 5€50.

Michel Fugain, Michel Fugain, Universal, 1967.

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03 05 09

Paris se noie-t-il ?

dorvesAvec 60.000 exemplaires vendus en grand format de son précédent roman (Les orphelins du mal), Nicolas d'Estienne d'Orves est occupé à creuser son trou dans le sol de la littérature populaire. Pourtant rien ne l'y préparait. Prix Roger Nimier. Univers France Culture (dont il a été remercié pour légèreté. Un signe ?).
Les derniers jours de Paris pourraient très bien le consacrer parmi les grands faiseurs de belles nuits de l'été façon grand public. Le petit et le grand plus de ce nouveau naufragé volontaire dans le genre abhorré par la critique rive droite et les intellectuels de gauche est le fond historico-culturel de ses histoires. Ici, le passé de la ville de Paris. La coexistence fantasmée du passé préhistorique, gallo-romain ou médiéval rend à cette énorme ville dévoreuse de vies une âme, une poésie que pollution, surpopulation et bétonification lui ont ôtée.

  D'ESTIENNES D'ORVES - Brice Depasse 1
  D'ESTIENNES D'ORVES - Brice Depasse 2
  D'ESTIENNES D'ORVES - Brice Depasse 3

Les derniers jours de Paris, Nicolas d'Estienne d'Orves, XO, mars 2009, 432p., 19€90.

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02 04 09

Le choc des mots…

MATCHAvant de devenir la très souple d’échine « Voix de la Sarkozie » (Ô tempora ! Ô mores !), Paris Match qui vient de souffler ses 60 bougies (cet hebdomadaire est né le 25 mars 1949) aura été un grand magazine de reportages remarquablement écrits et formidablement illustrés au moyen de photographies très éloquentes. Car il fut dirigé par de grands « pros » comme Gaston Bonheur, Raymond Castans et Roger Thérond et rédigé par de grandes plumes comme Raymond Cartier, Joseph Kessel, François Nourissier, Philippe Bouvard ou les correspondants de guerre Pierre Schoendoerffer, Jean Lartéguy et Jean Durieux qui en devint plus tard rédacteur en chef. Tout comme son ami Patrick Mahé, à qui Durieux s’est associé pour faire paraître chez Robert Laffont un ouvrage anniversaire intitulé Les dossiers secrets de Paris Match.
Sous-titré « 60 ans de scoops, 60 ans d’Histoire », il retrace l’aventure du journal à travers l’évocation de divers reportages qui assirent sa réputation et justifièrent son fameux slogan publicitaire « Le poids des mots, le choc des photos » : de la victoire sur l’Annapurna à la défaite de Dien Bien Phu, de la mort de Churchill à celle de Pétain, du mariage de Grace Kelly à celui de Caroline de Monaco, du pont aérien de Berlin en 1949 aux funérailles de Kennedy en 1963, de De Gaulle en 1970, de Mao en 1976, en passant par l’invasion des chars russes à Prague en 1968, les 300 jours de détention du journaliste Roger Auque à Beyrouth en 1987 et les premières photos clandestines de la prison de Guantánamo en 2003. Sans oublier l’actualité des
« pipoles », bien entendu, sans qui les ventes n’auraient pas été et ne seraient pas ce qu’elles sont : Brigitte Bardot, Françoise Sagan, Johnny Hallyday, Jackie Kennedy, Salvador Dali, la reine d’Angleterre, Lady Diana, Gérard Depardieu, Mazarine Pingeot ou Nicolas Sarkozy.
Et tant d’autres encore…

Bernard DELCORD

Les dossiers secrets de Paris Match
par Jean Durieux et Patrick Mahé, Paris, Éditions Robert Laffont, mars 2009, 491 pp. au format 15,3 x 24 cm, 22 €

21 01 09

Une longue et belle histoire

LIVREBruno Blasselle, le patron de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, a procédé récemment à la mise à jour et à la refonte en un seul volume des petits essais intitulés À pleines pages et Le triomphe de l’édition parus il y a dix ans déjà aux Éditions Gallimard dans la collection « Découvertes ».
Cela donne aujourd’hui chez le même éditeur et dans la même collection une merveilleuse Histoire du livre brillamment exposée et somptueusement illustrée, qui mène le lecteur de l’invention du volumen médiéval à celle de l’ouvrage numérique téléchargeable sur Internet en passant par le codex, un ensemble de cahiers de parchemin pliés et cousus succédant au rouleau de papyrus, par la Bible de Gutenberg de 1454, par la diffusion des idées de la Réforme et de la Contre-Réforme, mais aussi la censure d’État imposée par Colbert, la création des livres pratiques et des almanachs, la rédaction de l’Encyclopédie de Diderot ou du Don Quichote de Cervantès, la naissance des bibliothèques publiques, les progrès de l’imprimerie, l’émergence du métier d’éditeur, l’apparition des manuels scolaires, le succès des premiers romans pour enfants (de la comtesse de Ségur) et pour grands adolescents (rédigés par Jules Verne), l’intérêt pour les revues littéraires (Revue Blanche, Nouvelle Revue Française) ou encore pour l’attribution des prix littéraires.
Avec plus de 60 000 titres publiés en 2007 et 470 millions d'exemplaires vendus la même année, il est par ailleurs indéniable que le livre connaît actuellement un essor exponentiel dont l’émergence des nouveaux supports, tel le livre électronique, étendra encore la diffusion.
Voilà une longue histoire qui n’est pas près de s’arrêter…
Bernard DELCORD

Histoire du livre par Bruno Blasselle, Paris, Éditions Gallimard, décembre 2008, collection « Découvertes Histoire », titre hors série, 320 pp., 19,90 €

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04 01 09

Mes garçons

FOURNIERSi l'humour est la politesse du désespoir, le dernier livre de Jean-Louis Fournier est sans nul doute le plus drôle de l'année.
Le prix Femina 2008 récompense LE livre qu'il fallait primer, LE livre que même l'académie Goncourt a repris sur sa liste alors qu'il ne s'agit pas d'un roman. Où on va papa ? est le récit de la vie de père de Jean-Louis Fournier, une vie de père de deux enfants handicapés mentaux profonds. L'histoire d'un sort qui s'acharne sur un couple. L'histoire d'un amour paternel pour Thomas et Mathieu, deux petits lutins qui ne tomberont pas dans l'oubli car, j'ose l'espérer, elle sera lue dans les écoles et les foyers pendant plusieurs générations.
Brice Depasse

Où on va papa ?, Jean-Louis Fournier, Stock, septembre 2008, 155p., 15€00 env.

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