28 09 16

David Foenkinos, côté planches

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Nous connaissons - et apprécions ô combien - David Foenkinos sous son jour de romancier et même de biographe, rappelons-nous le poignant récit de vie, de mort de Charlotte Salomon (Ed. Gallimard , 2014) , nous le découvrons sous celui de dramaturge. La surprise en est savoureuse...

La pièce a pour décor une chambre de maternité, son anti-chambre et le couloir attenant. Nathalie vient d'accoucher de Jason, premier garçon du couple qui compte deux fillettes.  Pierre, le père, est aussi fou de joie que d'angoisse, à l'idée de la compétition qui ne manquera pas de s'installer,  plus tard, sur terrain de tennis.

Débarquent Michel et Sophie, sa petite amie, qui agitent leurs pieds dans le plat d'un couple qui se fissure inexorablement.... Vérités assénées, moral assommé, Pierre voit s'effriter le bonheur bourgeois que sa maigre imagination avait construit: la possession d'un pavillon, d'une belle famille et d'un tuyau d'arrosage des plus fonctionnel, "apothéose d'une vie réussie"

L'enchaînement des scènes et des révélations se réalise sur le rythme tonique, cocasse du vaudeville, abritant, sous un humour décapant - du Foenkinos à 100 % - des questions existentielles qui méritent réflexion....

Mise en scène par Anne Bourgeois, la pièce a été créée,  au Théâtre Hébertot, le 14 mai, jouée en première partie de la cérémonie des Molières 2016, aux Folies Bergères, l e16 mai  et diffusée en direct sur les ondes de Culture Box. Je vous invite à podcaster le lien: http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/theatre/coups-de...,  valide jusqu'au 24 novembre et à savourer 1h19 de représentation délirante

Excellente interprétation de Constance Dollé (Nathalie), Davy Sardou (Pierre) , Arié Elmaleh (Michel), Marie-Julie Baup (Sophie) et de Dounia Coesens qui campe Juliette, infirmière pédiatrique des plus sexy.

La scénographie est mûrement étudiée qui,  d'un jeu de transparence, permet de visualiser un jeu continu en chambre,  quand le couloir devient la scène principale. 

Le plus beau jour, David Foenkinos, théâtre, éditions Flammarion, mai 2016

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13 09 16

« L'heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. » (Colette)

Claudine à Paris.jpgAuteure d’un essai (paru en 2004) intitulé Colette et la Belgique coédité par les Éditions Racine à Bruxelles et l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, Jeanne Augier a fait paraître chez Avant-Propos à Waterloo le texte d’une pièce inédite, Claudine à Paris, adaptée par Willy (Henry Gauthier-Villars, 1859-1931) et Luvey (pseudonyme d'Aurélien Lugné-Poe, 1869-1940 et Charles Vayre, 1873-1941) du roman de Willy et Colette (Sidonie Gabrielle Colette, 1873-1954, alors épouse de Willy – jusqu’en 1910) paru en mars 1901.

Cette comédie en trois actes (avec un prologue, Claudine à l'école) fut créée au Théâtre des Bouffes-Parisiens en 1902, avec, dans le rôle-titre, une légendaire vedette·du café-concert, Polaire (Émélie Marie Bouchaud, 1874-1939). Colette interprétera elle-même Claudine sur des scènes à partir de 1908.

Voici l’argument de Claudine à Paris :

« Claudine et son père ont quitté leur village de Montigny pour s’installer à Paris, où la jeune fille se remet d’une maladie qui lui a coûté ses beaux cheveux longs. Lorsqu’elle reprend des forces, c’est pour relater dans son journal les exploits de sa chatte Fanchette, ses explorations dans la capitale et, surtout, ses nouvelles rencontres. Elle fait ainsi la connaissance de son neveu Marcel, dont elle se fait rapidement un ami, et du jeune père de ce dernier, Renaud, qui ne la laisse pas indifférente. » [1]

Ce texte « qui avait mystérieusement disparu », est complété d'un dossier rassemblé par Jeanne Augier qui retrace le parcours des romans et de la pièce jusqu'à ses adaptations pour l'écran, notamment les téléfilms réalisés en 1978 par Édouard Molinaro.

Rappelons au passage que les liens de Colette avec la Belgique furent nombreux, puisqu’elle fit éditer en 1923 un texte du jeune Georges Simenon (La petite idole) qui le lança en France, qu’elle a été une amie intime de la reine Elisabeth qu'elle avait rencontrée en 1931 et qu’elle fut membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique de 1935 jusqu’à son décès.

C’était une immense styliste littéraire.

Bernard DELCORD

Claudine à Paris par Willy et Luvey (d'après Willy et Colette), dossier réuni par Jeanne Augier, Waterloo, Éditions Avant-Propos, mai 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 17 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 €

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudine_%C3%A0_Paris

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09 09 16

Prophète de malheur…

L'Accusateur ou La Comédie étranglée.jpgHomme de radio et de télévision, professeur, artiste plasticien, Pascal Vrebos est tout cela, mais il est aussi dramaturge (il a rédigé une trentaine de pièces de théâtre [1] dont certaines ont été jouées en Belgique, en France, en Allemagne, au Congo et aux États-Unis et ont été traduites en néerlandais, en allemand, en anglais et même en roumain).

Il a fait paraître à Marcinelle, aux Éditions du CEP, le texte de L'Accusateur ou La Comédie étranglée, un « soliloque menaçant » (c’est le sous-titre de la pièce) qui a été joué au Théâtre de Poche à Bruxelles en mai dernier.

On y voit une sorte de prophète apocalyptique prénommé Jean et qui prétend parler au nom du Créateur éternellement silencieux lancer des imprécations contre l’espèce humaine, ses fourberies, ses bassesses, son égoïsme, sa bêtise, sa méchanceté, son hypocrisie, ses fausses croyances, sa morale étriquée, ses idéologies dévastatrices, son inertie, sa haine de l’autre, sa finitude, sa crasse physique et morale, mais aussi contre l’univers tout entier, en proclamant avec force que la fin est proche, à la manière du professeur Philippulus de Tintin et l’étoile mystérieuse.

Mais si ce frère de Bardamu, l’imprécateur du Voyage au bout de la nuit, casse joyeusement la baraque, c’est malgré tout avec l’espoir ténu que le jour puisse se lever, car sa dernière phrase lancée au public est : « À vous de jouer maintenant ».

À qui perd, perd, comme disait Coluche…

Bernard DELCORD

L'Accusateur ou La Comédie étranglée par Pascal Vrebos, Marcinelle, Les Éditions du CEP, collection « Signatures et Théâtre », mai 2016, 58 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

 

[1] 23 d’entre elles ont notamment été réunies dans un ouvrage paru en 2009 aux Éditions Le Cri à Bruxelles sous le titre Œuvre théâtrale complète et nous en avions vanté les mérites à l’époque : (http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/tag/vrebos...)

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25 03 16

« Ce n’est pas les oiseaux qui sont les plus beaux plumes qui chantent le meilleur ! »

Le mariage de Mlle Beulemans .jpgFrantz Fonson (1870-1924) est acteur et directeur du Théâtre des Galeries à Bruxelles quand il rédige avec le journaliste Fernand Wicheler (1874-1935) Le Mariage de Mlle Beulemans, une comédie en 3 actes créée au théâtre de l'Olympia de Bruxelles le 18 mars 1910 et reprise à Paris, au théâtre de la Renaissance, le 7 juin 1910, une œuvre impayable mêlant le français au dialecte brusseleer et à la zwanze, dont le texte vient de reparaître aux Impressions nouvelles dans la célèbre collection « Espace Nord ».

On connaît l’argument :

Le jeune parisien Albert Delpierre est épris de Suzanne, la fille d'un brasseur bruxellois, M. Beulemans, chez qui il est en stage. Mais les obstacles se multiplient : Suzanne est déjà fiancée à Séraphin Meulemeester dont on apprendra qu’il a un enfant d'une jeune ouvrière ; Mlle Beulemans entreprendra alors de rompre ses fiançailles avec Séraphin et de le convaincre de retourner auprès de celle qu'il aime et de son fils. Parallèlement, elle se rapprochera d’Albert, mais Beulemans, exaspéré par les manières délicates et le « beau » français du nouveau prétendant, proclame qu'il « n'aime pas ce garçon » et voit grandir sa mauvaise humeur en apprenant qu'il est évincé de la présidence d'honneur de la Société des Brasseries.

Le succès fut immense et demeura pérenne, notamment dans la mise en scène pour la télévision de 1967 dans laquelle jouèrent Christiane Lenain, Jacques Lippe ainsi que Leonil Mc Cormick, et la pièce fut montée ensuite en 1978, 1998, 2004 et 2014, avec d’autres troupes, mais toujours le même triomphe.

Plus fort encore, dans un message dédié en 1960 au public bruxellois pour le cinquantenaire de la pièce, Marcel Pagnol raconta lui-même la genèse sa Trilogie marseillaise :

« Vers 1925, parce que je me sentais exilé à Paris, je m’aperçus que j’aimais Marseille et je voulus exprimer cette amitié en écrivant une pièce marseillaise.

Des amis et des aînés m’en dissuadèrent : ils me dirent qu’un ouvrage aussi local, qui mettait en scène des personnages affublés d’un accent aussi particulier, ne serait certainement pas compris hors des Bouches-du-Rhône, et qu’à Marseille même, il serait considéré comme un travail d’amateur. Ces raisons me parurent fortes et je renonçai à mon projet : mais en 1926, je vis jouer Le Mariage de Mlle Beulemans ; ce chef-d’œuvre avait déjà 16 ans et son succès avait fait le tour du monde.

Ce soir-là, j’ai compris qu’une œuvre locale, mais profondément sincère et authentique pouvait parfois prendre place dans le patrimoine littéraire d’un pays et plaire dans le monde entier.

J’ai donc essayé de faire pour Marseille ce que Fonson et Wicheler avaient fait pour Bruxelles, et c’est ainsi qu’un brasseur belge est devenu le père de César et que la charmante mademoiselle Beulemans, à l’âge de 17 ans, mit au monde Marius.

Il y a aussi un autre personnage qui doit la vie à la comédie bruxelloise : c’est M. Brun qui est assez paradoxalement le fils naturel du parisien Albert Delpierre. J’avais en effet remarqué que son accent faisait un plaisant contraste avec celui de la famille Beulemans et qu’il mettait en valeur la couleur bruxelloise de la pièce. C’est pourquoi, dans le bar marseillais de César, j’ai mis en scène un Lyonnais. »

Sans le moindre ostracisme

Bernard DELCORD

Le mariage de Mlle Beulemans – Comédie en 3 actes par Frantz Fonson et Fernand Wicheler, préface et postface de Paul Emond, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », septembre 2015, 235 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 €

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16 01 16

Fred / Frédéric

9782226323910-x.jpg" Ce soir, je voudrais être n'importe quel type, sauf moi. N'importe lequel de ces gars dans la rue."

 Fred n'a pas la pêche. C'est un euphémisme.

Il vient d'échouer dans la chambre d'un hôtel bas de gamme, lamentable échappée à la fête-surprise qu'organise Laura, son épouse, pour ses quarante ans.

Et voici que surgit du miroir, Frédéric, alerte vieillard qui affiche deux fois son âge. Une joute verbale s'instaure qui permet peu à peu à Fred de réaliser qu'il a devant lui, l'homme qu'il sera dans quarante ans, précisément.

Peut-on infléchir son destin? 

La question est au coeur de ce drame, rondement mené.

L'argument est séduisant mais il comporte bien des écueils. Il faut la virtuosité de Véronique Olmi pour mener à maturité cette logique de l'absurdité.

La pièce,  sera créée au Théâtre de l'Atelier (Montmartre), et jouée à la rentrée de septembre,  mise en scène par Jean-Daniel Verhaege. Le rôle de  Fred sera campé par Nicolas Vaude, celui de Frédéric, par Claude Rich. Choix des plus stratégiques.

Une représentation à pointer en son agenda

Apolline Elter

Un autre que moi,  Véronique Olmi, drame, Ed. Albin Michel, janvier 2016, 140 pp

 

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09 12 14

Nihil novi sub sole…

La Salle des profs.jpgParue chez Jacques Antoine en 1983 puis traduite et jouée en néerlandais, en italien et en espagnol, la pièce de théâtre de Liliane Wouters (née en 1930, elle est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et de l'Académie européenne de poésie) intitulée La Salle des profs reparaît fort opportunément dans la collection nationale belge « Espace Nord » en ces temps de déréliction scolaire, éducative et pédagogique.

On y suit les conversations à la salle des profs de cinq instituteurs et institutrices, jeunes et pleins d’idéal ou en bout de course et désillusionnés, dans lesquelles il est question de la pluie et du beau temps, du goût du café et des vacances, des bulletins et la discipline, du pouvoir organisateur et du directeur d’établissement, des parents et des élèves, de l’action syndicale et des voyages scolaires, des réformes pédagogiques et de l’amour ou du désamour du métier…

Mais que l’on ne s’y trompe pas : derrière le style vif et humoristique de l’auteure, la satire est forte, d’une situation générale dans les écoles qui mènera le plus enthousiaste des protagonistes (un jeune instit débutant) à remettre sa démission et, complètement dégoûté par les conditions de travail qui lui sont faites autant que par l’observation de ce que sont devenus ses collègues au fil des ans, à quitter sans retour la profession pour laquelle il avait pourtant une authentique vocation.

Rien de nouveau sous le soleil, donc. Sauf qu’en trente ans, la situation a encore empiré, la société tout entière ayant continué à se voiler la face et les politiciens ayant insidieusement transformé les parents et les élèves en consommateurs d’écoles…

Un ouvrage à faire lire impérativement dans les écoles normales et les facultés de pédagogie un peu partout en Occident !

Bernard DELCORD

La Salle des profs par Liliane Wouters, préface de Claude Javeau, postface d’Adolphe Nysenholc, Bruxelles, Éditions Espace Nord, novembre 2014, 157 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,50 €

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12 10 13

Paul et Marie

Les éditions Albin Michel éditent, en ce bel octobre, le texte de la pièce épistolaire Une séparation.

 

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 Lecture en fut donnée, en 2009, lors du Festival de la correspondance de Grignan - édité par la maison Triartis, le texte avait eu le prix SACD-Beaumarchais-Durance-  ainsi que fin 2011, au Théâtre du Méridien (Bruxelles) .

La pièce se joue,  dès demain dimanche, à 19 h,  au Théâtre des Mathurins ( Paris) , ainsi que tous les dimanches et lundis du 13 octobre au 22 décembre. L'événément est que cette fois, ce sera Véronique Olmi, elle-même, qui campera Marie, tandis que Paul sera incarné par Jean-Philippe Puymartin.

" Cela va vite une séparation. Il suffit d'un mot pour défaire des mois, des années d'amour, c'est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s'effondre"

Dialogue, par voie postale et ...voix épistolaire, entre Marie et Paul sur l'érosion de leur couple, la persistance patente de leur amour, le texte explore avec subtilité la spécificité et les riches facettes de la correspondance. Un jeu de ping-pong dense, compté, rythmé, s'installe qui rend le silence éloquent, le non- envoi des missives, poignant.

C'est beau. C'est du Véronique Olmi, tout simplement.

 Apolline Elter 

 Une séparation, Véronique Olmi, Ed. Albin Michel, sept 2013 (Triartis, 2009), 75 pp, 10 €

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18 05 11

« Qui méprise sa vie est maître de celle d'autrui » (Sénèque)

 

Tragédies de Sénèque.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 18/05/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Une nouvelle traduction des Tragédies de Sénèque par Olivier Sers vient de paraître aux Éditions Les Belles Lettres à Paris en version bilingue latin-français, l’occasion de redécouvrir l’œuvre et la pensée d’un philosophe majeur de l’école des stoïciens qui fut aussi dramaturge et homme d’État.

 

Né dans l'actuelle Cordoue (Espagne) vers 4 avant J.-C. et mort le 12 avril 65 après J.-C., il fut conseiller à la cour impériale sous Caligula (né à Antium le 31 août 12 et mort à Rome le 24 janvier 41) et précepteur de Néron (le fils d’Agrippine et neveu de Caligula, né Lucius Domitius Ahenobarbus le 15 décembre 37 et mort le 9 juin 68, qui régna de 54 à 68), auprès de qui il joua un rôle important de mentor avant d'être discrédité et acculé au suicide.

 

Ses traités philosophiques comme De la colère (en latin, De ira), De la clémence (De clementia), Sur la vie heureuse (De Vita beata), Sur la tranquillité de l'âme (De tranquillitate animi), Consolation à Polybe (Ad Polybium consolatio) ou encore De la brièveté de la vie (De Brevitate vitæ), et surtout ses Lettres à Lucilius (Epistulae morales ad Lucilium) exposent ses conceptions stoïciennes : « Le souverain bien, c'est une âme qui méprise les événements extérieurs et se réjouit par la vertu » ; « Commence déjà à être l'ami de toi-même. Tu ne seras jamais seul » ; « Rien ne nous est plus utile que de vivre tranquille, de parler peu avec les autres et beaucoup avec nous-mêmes » ; « Les hommes apprennent en enseignant » ; « Après la mort, il n'y a rien, et la mort elle-même n'est rien ».

 

Ses tragédies constituent l'un des sommets du théâtre latin avec des œuvres comme Œdipe, Les Phéniciennes, Médée, Hercule furieux, Phèdre, Thyeste, Les Troyennes et Agamemnon, qui nourriront le théâtre classique français du XVIIsiècle et qui figurent toutes dans cette nouvelle et remarquable compilation.

 

PÉTRONE

 

Tragédies par Sénèque, traduction d’Olivier Sers, Paris, Les Belles Lettres, collection « Classiques en poche », mai 2011, 642 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,50 € (prix France)

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27 03 11

Francis Huster traverse Paris ... à Auderghem

Francis Huster interprètera la Traversée de Paris de Marcel Aymé au Centre culturel d'Auderghem du 25 au 30 avril. A votre place, je ne raterais pas cette interpétation - lecture sur scène : Huster y joue tous les personnages de la nouvelle rendue célèbre par son adaptation au cinéma par Autant-Lara, Gabin, Bourvil (et De Funès).

 


Francis HUSTER dans Nostalgie Pop Culture par nostalgie

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20 11 10

Noms d’oiseaux…

Le Prénom.jpg« Cette nuit-là, le crâne lourd d'un impitoyable mélange grand cru-piquette, le dos broyé par l’épouvantable canapé de Pierre, tentant de lire les premières pages du roman de Benjamin Constant, je ne doutais pas que notre famille ait atteint une sorte de point de non-retour. Il me suffisait de me souvenirs de certains mots prononcés et de certains coups portés pour savoir qu'il y aurait un avant et un après, et que chacun d'entre nous garderait un souvenir contrasté de ce buffet marocain... »

On ne plaisante pas sur le choix d'un prénom. C'est ce que Vincent Larchet (Patrick Bruel), la quarantaine fringante, va découvrir dans la pièce intitulée Le Prénom, aux dépens de la belle ambiance qui préside au sympathique dîner marocain organisé chez sa sœur Babou (Valérie Benguigui) et son beau-frère Pierre (Jean-Michel Dupuis) dans le cadre cosy de leur appartement et d'un été doucement finissant. Tout avait si bien commencé : Vincent, tout à la joie d'être futur papa d'un garçon, attendait qu'Anne (Judith El Zein), sa jeune et charmante épouse, rejoigne ce petit dîner convivial, ravi de retrouver Claude (Guillaume de Tonquédec), joueur de trombone et ami de toujours de la famille. Mais voilà qu'à partir d'une question anodine et d'une réponse incongrue, l'ambiance dérape et vire, inexorablement, au pugilat verbal, jubilatoire pour les spectateurs.

Créé le 7 septembre 2010 au théâtre Édouard VII sur une mise en scène de Bernard Murat, le texte de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière enchaîne les dialogues et les situations avec un brio largement soutenu par le jeu juste et brillant des acteurs. Un rôle taillé sur mesure pour Patrick Bruel, aussi irrésistible que l'humour qui sous-tend cette fresque psychologique particulièrement percutante : un infime malentendu peut faire déraper les liens affectifs les plus ancrés. On ne peut s'empêcher d'évoquer, dans la lignée de la pièce, l'excellent Dieu du carnage de Yasmina Reza, qui creuse, lui aussi, le vernis des relations policées. À découvrir sans hésitation.

Apolline ELTER

 

Théâtre Édouard VII - 10 place Édouard VII, Paris 9ème - 0033(0)1 47 42 59 92

Texte disponible (12 €) auprès de l'Avant-scène théâtre (bimensuel) 75 rue des Saints-Pères - 75006 Paris

Tél : 0033 1 53 63 80 45

www.avant-scene-theatre.com

@ : contact@avant-scene-theatre.com

Représentations (jusqu'au 23/01/2011) : du mardi au samedi à 21h, le samedi à 17h30 et le dimanche à 15h30

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