28 01 12

A la Cour d'Amboise

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Paru fin 2011, ce premier volet de la nouvelle saga culinaire et criminelle de Michèle Barrière nous invite à la Cour d'Amboise, au début du règne d'un François Ier, tout frais auréolé de sa victoire à la bataille de Marignan (14 septembre 1515, comme tout le monde le sait).

 Maître d'hôtel du jeune et sémillant souverain,  son ami d'enfance, Quentin du Mesnil a pour mission de quérir et amener à Amboise un vieillard récalcitrant, peu commode et  encombré d'une réputation sulfureuse... vous aurez reconnu Léonard de Vinci.

 La mission s'avère périlleuse car le fantasque génie, gaucher  - ce n'est bon signe - quoiqu'un tantinet ambidextre,  est la cible d'une sombre vengeance et de pièges sanglants..  Quentin en fera les frais qui sera propulsé du sommet d'une montagne, à bord de la machine volante imaginée par le savant...

 Un séjour contraint  à la cour de Mantoue, régie par la terrible Isabelle d'Este, dévoile  le faste d'une société dont le raffinement subjugue le jeune maître d'hôtel.

 Une qualité majeure des polars gastronomiques de Michèle Barrière est d'allier la fiabilité historique, la table des pratiques alimentaires à un rythme narratif et sens du suspens savamment maîtrisés. Cela donne des romans à la fois didactiques et captivants. Un carnet de recettes conclut l'ouvrage qui ne demandent qu'à être mises en pratique.

 

Que demander de plus?

 Le deuxième volet de la saga..assurément!

 Apolline Elter

 

 Le sang de l'hermine, Michèle Barrière, roman, JC Lattès, nov.2011, 350 pp, 18 €

 

 Billet de faveur

  AE : Le Chambord de François Ier qui s’ébauche , en filigranes du roman, c’est le Versailles de Louis XIV ?

 Michèle Barrière : non, François Ier n'a que très peu séjourné à Chambord alors que Louis XIv n'a pas quitté Versailles. Il aurait d'ailleurs été très difficile d'y vivre. Chambord est un rêve, un magnifique objet d'apparat et il l'est resté à travers les siècles.

 AE : Arrivé au Clos Lucé, où le roi compte l’établir, Léonard de Vinci s’écrie ; « Les petites demeures favorisent l’éclosion des grandes pensées. » Sublime.  A-t-il vraiment prononcé ces paroles - et à quelle occasion –  ou cette exclamation rentre-t-elle dans la logique romancée du personnage ?

 Michèle Barrière :Il semblerait que oui, mais je ne peux pas le certifier. Par contre, de nombreuses tirades de Léonard sont directement tirées de ses Carnets.

 AE : En marge de la quête et des péripéties qui adviennent aux deux héros, il y a la perte répétée de l’ouvrage de Platine, De Honesta Voluptate. Il semble que vous accordez une importance majeure à cet ouvrage :

 Michèle Barrière : c'est l'ouvrage essentiel en matière culinaire datant de la fin du XV° siècle mais traduit en français en 1505 et qui place l'art de la table dans la perspective des penseurs humanistes.

 AE : Combien de volets comportera cette nouvelle saga ? Pouvez-vous nous préciser la date de parution de la suite attendue des « Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d’hôtel à la cour de François Ier » ?

 Michèle Barrière : cela dépendra de l'inspiration! Le suivant est déjà en chantier. Il se passera en 1520, lors du Camp du Drap d'or, rencontre au sommet entre François Ier et Henri VII. Il y en aura un après le désastre de Pavie où on retrouvera le roi de France prisonnier de Charles-Quint en Espagne. Un autre où Quentin s'adjoindra les services d'un certain Rabelais pour enquêter sur la mort du dauphin. Voilà, pour le moment!

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire, Thriller, Polar | Commentaires (2) |  Facebook | |

12 01 12

Le mélange du réel et de l'imaginaire !

Dartelevelle narconews.jpgAvec quel bonheur, j'avais eu l'occasion au début des années 2000 de publier dans la collection "Les Maîtres de l'Imaginaire", et dont j'étais le directeur littéraire, des textes d'Alain Dartevelle ! C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine de mes deux romans différents "L'Année 13" et "Mortes Maisons", rééditées en numérique depuis quelques semaines. Alain Dartevelle est un auteur mutliple. Son premier roman "Script" fut publié chez Denoël dans la collection "Présences du futur" et le suivant "Imago" chez J'ai Lu ! De sérieux références pour un début de carrière littéraire de cet "homme de la poste", où il fit sa carrière ! Les questions que posent les nouvelles de ce nouveau recueil sont actuelles et à peine cachées ! Comment donc a fini cet Etat Belgica dont le sort se décide en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Parodie évidemment, mais aussi érotisme et fantastique se partagent les sentiments de lecture. A sa manière, chacun de ces récits fait un mélange des genres un mode d'élucidation de ce monde qu'on dit réel.Un extrait pour vous mettre en appétit : "Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions  éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette."

Jacques MERCIER

 Narconews, et autres mauvaises nouvelles du monde, Editions Murmure des soirs, 2011, couv. impr., bande-titre, 87 p. Prix : 14,00 € www.murmuredessoirs.com

19 11 11

À l’eau, police ?

 

Les dépeceurs de Spa.jpgLes Éditions Luc Pire à Liège et la SNCB se sont associées pour proposer aux usagers des chemins de fer – et aux autres lecteurs –, rédigés par des auteurs belges, des polars dont l’action se situe en Belgique, dans une collection initiée, dirigée et éditée par votre serviteur.

 

On y trouve notamment Les dépeceurs de Spa par Marc J. Hermant, le récit d’une enquête dans le milieu des trafiquants de voitures de collection revendues en pièces détachées, qui fournit l’occasion de (re)découvrir la célèbre ville d’eaux wallonne et de se glisser dans les coulisses d’un événement de portée internationale.

 

Résumé de l’intrigue :

 

Quatre jours avant l’inauguration des Francofolies de Spa, en pleins préparatifs des festivités, on retrouve un cadavre au pied du funiculaire, dans la zone sécurisée. Préparait-il un attentat ? Pour quelle raison ? Opérait-il seul ?

 

Le lendemain, un collectionneur de la région se fait voler un petit coupé anglais des années soixante, une magnifique Austin Healey. C’est la cinquième disparition de ce genre de véhicule en trois mois. S’agit-il de la reformation d’une bande ayant sévi quelques années auparavant dans la région ? Existe-t-il un lien entre les deux affaires ?

 

Le Commissaire Falkenbach mène l’enquête…

 

Et celle-ci le conduira de surprise en surprise !

 

Bernard DELCORD

 

Les dépeceurs de Spa par Marc J. Hermant, Liège, coédition SNCB & Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2011, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

 

Écrit par Brice dans Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 10 11

C’est arrivé près de chez vous…

 

Meurtre à Waterloo.jpgParu aux Éditions Luc Pire à Liège (qui se sont associées pour l’occasion à la SNCB afin d’offrir aux usagers de cette dernière – et aux autres lecteurs, bien entendu – des romans policiers dont l’action se situe dans notre pays, rédigés par des auteurs belges de renom) dans une collection initiée, dirigée et éditée par votre serviteur, Meurtre à Waterloo de Jean-Baptiste Baronian fourmille de rebondissements, de traits ironiques et d’allusions diverses propres à réjouir ceux qui connaissent la Butte du Lion et son Panorama, et à inciter les autres à se fendre d’une petite visite…

 

La trame de ce polar ?

 

Un détective privé (qui partage bien des passions avec l’auteur, les beaux livres et le bon vin, notamment) enquête sur un, puis deux meurtres commis parmi les membres du Cercle belge des amis de Napoléon, un cénacle dont le moins que l’on puisse dire est que l’attrait du passé y débouche sur des passions toujours bien contemporaines : le sexe, l’argent, la jalousie et le pouvoir.

 

L’intrigue est rondement menée, le cadre parfaitement restitué (les lieux touristiques, bien sûr, mais aussi la ville elle-même, avec ses restaurants, ses commerces et son urbanisme chic) et la solution constitue un clin d’œil envers l’un des plus célèbres romans d’Agatha Christie – le lecteur nous aura compris en refermant l’ouvrage.

 

Un livre qui, en tout cas, lui aura éventuellement permis de voyager… en voyageant !

 

Bernard DELCORD

 

Meurtre à Waterloo par Jean-Baptiste Baronian, Liège, coédition SNCB & Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2011, 143 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €

 

Écrit par Brice dans Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 10 11

Avant-Première de Choix !

Vertiges

 

De Franck Thilliez

 

Editions Fleuve Noir

 

thilliez_vertige.jpgCertains secrets sont inavouables, mais serions-nous prêts à mourir pour les cacher?


Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s'imposera, impérieuse : jusqu'ou faut-il aller pour survivre ?

 

Y a du pervers dans le Thilliez ! Cela ne fait plus aucun doute. A la lecture du quatrième de couverture ci-reproduit avec toute l’attention  voulue, les influences de ce nouveau roman du « noir saigneur du nord » semblent évidente : la série Saw ! Hostel ! Cube ! Mais cela serait trop facile… Je vous le dis, Franck Thilliez est tordu… Et on adore cela !

Dans Vertige, il s’éloigne résolument des contrées du polar glauque, il abandonne durant quelques centaines de pages le destin de son commissaire Sharko et de sa compagne d’infortune, la demoiselle Henebelle,  pour plonger tête la première dans la noirceur d’un thriller pur jus. Avec le temps, l’écriture de Franck a pris de l’assurance… Et il ose aujourd’hui « dévisser » et se lancer dans le vide, sans la ligne de secours que constitue la squelette rassurant d’une intrigue policière. Mieux, il forge un huis-clos, un jeu de dupe à trois personnages, une quasi unité de lieu… Sans que jamais le rythme ne faiblisse, l’intérêt ne s’étiole. Avec une science consommée du suspense, le nordiste s’appuie sur des personnages solidement charpentés, aux réactions totalement réalistes et atrocement humaines.

Il y a du Stephen King et du Serge Burssolo dans ce type là ! Et je n’aborderai même pas la chute du roman qui, sans avoir l’air d’y toucher, oblige le lecteur à s’interroger sur tout ce qu’il vient de lire ! Un tour de force que l’on associe généralement aux longs métrages de cinéma… mais que Thilliez parvient à transposer sur le page écrite avec brio et cohérence.

Un coup de maître pour un auteur qui n’a pas fini de nous surprendre.

 

Dr  Corthouts

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29 09 11

La Mémoire dans la Peau

Le Passager, de Jean Christophe Grangé – Editions Albin Michel

 

Je suis l'ombre. Je suis la proie. Je suis le tueur. Je suis la cible. Pour m'en sortir, une seule option : fuir l'autre. Mais si l'autre est moi-même ?

 

 

passager_grange.jpgLe quatrième de couv’ du nouveau roman de Jean-Christophe Grangé est pour le moins laconique, façon accroche d’affiche de ciné… Mais ce n’est pas pour autant que « Le Passager » prend des allures de scénario à peine épaissi… Avec plus de sept cents pages au compteur, cette descente aux enfers dans les tréfonds du cerveau humain prend le temps de s’installer… Et d’enserrer le lecteur entre les bras de son intrigue en forme de poupée russe. Comme toujours ultra-pointu, Grangé explore les méandres de la mémoire humaine et aborde un phénomène authentique : celui « des voyageurs sans bagages », ces gens qui perdent totalement la mémoire après un violent trauma. Vient se greffer sur cette chasse à l’homme d’un genre nouveau une série de crimes, inspirés de la mythologie… et l’histoire torturée d’une jeune femme flic en total déséquilibre.

Il y a certes longtemps que Jean Christophe Grangé ne nous surprend plus, son obsession pour les personnages déchirés et les intrigues à double/tripe/quadruple fonds étant bien connu des amateurs, mais dans Le Passager, la recette est préparée avec professionnalisme. Actions, réflexions, complots, hommes de l’ombre et héros ordinaires plein de ressources se conjuguent pour offrir aux lecteurs une aventure automnale de qualité. On regrettera seulement l’un ou l’autre longueur… Et ici et là quelques préjugés qui flirtent avec une idéologie appuyée à droite. L’auteur s’en défendrait sans doute en les attribuant à ses personnages de la maréchaussée, mais le lecteur attentif ne manquera pas de grincer des dents.

 

Dr Corthouts

 

 

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19 09 11

Y a Pas de Miracle !

 

Remède Mortel, de Harlan Coben

 

Editions Belfond

 

coben_miracle.jpgUne clinique new-yorkaise hautement sécurisée. Un médecin qui se suicide. Des patients sauvagement assassinés. Coïncidences ? Complot ? Et si l'annonce prochaine d'une extraordinaire découverte médicale avait déclenché cette vague meurtrière ? Sara Lowell, jeune journaliste très en vue, mène l'enquête. Mais ses révélations pourraient bien faire d'elle la prochaine victime d'un mystérieux serial killer... Guerre des lobbies pharmaceutiques, machination politique, pression des médias, mensonges... Au coeur d'un débat toujours aussi brûlant, un thriller angoissant et terriblement réaliste par celui qui allait devenir le maître de vos nuits blanches.

 

Je ne saurais que trop vous conseiller de lire l’avant-propos de ce « nouveau » roman de Harlan Coben, empilé sur les tables des libraires depuis le 15 septembre dernier. En quelques mots, le roi du thriller quotidien nous met en garde : ce roman n’est PAS neuf, c’est le second opus des « manuscrits perdus », premières tentatives de publication d’un auteur en devenir. Il renchérit d’ailleurs : le roman est livré au lecteur « dans l’état », sans aucune mise à jour, ni éventuelle modernisation… Du coup, si je m’explique la démarche éditoriale derrière une telle opération -  en clair, offrir une sortie « bonus » aux amateurs entre deux Coben printaniers – j’ai du mal à croire qu’un tel concentré de clichés, de personnages stéréotypés et de situations téléphonées puisse attirer de nouveaux lecteurs dans l’escarcelle de celui qui est davantage connu pour son efficacité que ses longueurs. Objet d’étude ? Preuve par 400 pages que tout auteur peut évoluer ? Pur objet de lucre ? Difficile de choisir la catégorie dans laquelle glisser ce « Remède Mortel ». Certaines des qualités d’Harlan Coben apparaissent bien en filigrane au cours du roman, mais le tout est noyé sous une solide couche de maladresse… Cynique, j’ai l’espoir que l’auteur de "Ne le dis à personne" a touché un solide chèque pour laisser s’échapper de son fond de tiroir une œuvre aussi médiocre.

 

Dr Corthouts

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08 06 11

Le crime vu de Sirius…

 

L’Étoile de l’Est.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 08/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Franc-maçon lui-même, l’auteur liégeois de L’Étoile de l’Est (qui se cache derrière un pseudonyme évoquant le père du roman policier, l’Anglais William Wilkie Collins, 1824-1889) situe l’action de son premier polar dans le petit monde des logeards en bord de Meuse (son flic en est, notamment, mais il n’y a pas que lui…), et son intrigue – fort bien ficelée, ma foi… – ravira autant les fils de la Veuve que les profanes…

 

Prostitution occasionnelle et de mineures, boîtes à partouzes et gangsters plus ou moins albanais sont aussi de la partie fine… ment jouée de ce roman passionnant qui s’achève sur un rebondissement plus qu’inattendu.

 

Et même une réflexion philosophique (implicite, œuf corse…) sur la tenue des femmes…

 

Lisez donc ce roman de derrière les fagots, vous comprendrez !

 

Et vous aimerez…

 

PÉTRONE

 

L’Étoile de l’Est par Christophe Collins, Liège, Éditions 3Cinq7, mars 2011, 251 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 €

Écrit par Brice dans Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 06 11

David Fincher a tourné une nouvelle version de Millenium

Le film du réalisateur de Seven sortira début 2012 avec Daniel Craig dans le rôle de Michael Blomqvist. Le cinéma américain ira-t-il aussi loin dans le glauque que la version du compatriote de Stieg Larsson ? Nous verrons si le résultat est à la hauteur de cette ahurissant trailer sur bande sonore de cover de Led Zeppelin. L'attente va être longue.

Brice Depasse

 

28 02 11

Voici 25 plaisirs littéraires !

Mini lits.jpgCes "25 minitrips en wagon-lit décapotable" sont 25 plaisirs littéraires magnifiques ! Leur édition est déjà une chose étrange et belle puisqu'au départ ces textes variés ont été publiés sur le site www.onlit.org. C'est un cadeau littéraire aux habituels lecteurs des nouvelles technologies. Leur caractéristique première est d'être courts, mais aussi d'aborder tous les genres en toute liberté ! Mon bonheur de lire a été renouvelé d'un auteur à l'autre, sans fléchissement et c'est déjà fantastique ! A ne pas manquer non plus la présentation en quelques lignes de chaque écrivain(e), insolite, drôle, inventive ! Essayons de survoler le tout : On commence par l'hyperdoué Nicolas Ancion et ses phrases amples qui donnent à voir et à sentir, à ressentir. Félicia Atkinson écrit dans son poème "les girafes au long cou recherchent les feuilles hautes, les feuilles hautes sont assoiffées de lumière (que cherche alors la lumière)..." Alain Bertrand, qui vit à Bastogne, évoque le ski et l'imaginaire. Pierre Borion aime la liberté de l'écriture et dans "Insomnie" il rêve de remplacer le pape ! "Les Françaises ont quelque chose de français qui les rend belles" écrit Frédéric Bourgeois, ce Namurois féru de photos. Lucielle Calmel juxtapose dans "Sud Ouest". Et puis toutes ces affirmations de Corentin Candi : "Corentin Candi ne choisit jamais la bonne fille, à la caisse." ou "Corentin Candi croit à la vie avant la mort." Laurent d'Ursel nous livre un cri, en une phrase de deux pages ! Le Liégeois Serge Delaive propose un joli poème sur l'amour déçu. D'une grande originalité le texte numéroté de Cedric Francis dans la tête d'un coureur cycliste qui pense à "la soeur de Lucien" ! "Je ne suis pas timide mais j'évite de prononcer des mots inutiles" déclare Corentin Jacobs dans sa contribution. Et plus loin : "Une femme est une mouche : pour l'attraper, pas d'hésitation n'est possible sinon elle s'envole !" J'ai adoré (comme beaucoup) le premier roman d'Edgar Kosma ("Eternels instants", analysé ici-même), j'ai aussi apprécié cette présentation par les sens de ses quelques personnages ! J'aime le ton, le vocabulaire de Lario Lacerda. Nous entrons dans le monde culinaire avec beaucoup d'humour et le "chef au chapeau" de Pierre-Brice Lebrun. Dans les "Appauvrismes" de Benoït Leclerc, je retiens "Lis-toi Entre les lignes Tourne sur toi-même Tu feras un singulier livre". Merveilleux texte de Karel Logist, le poète du Fram : cette fille en chemisier sur les affiches et la fin drôle, une vraie chute ! Avec Lucie Lux, nous entrons dans l'érotisme. Des sensations qu'on partage de l'intérieur avec la fille qui s'exhibe ! Sujet culinaire, documenté, avec la recette et les lieux, pour Jacques Raket et les "frivolités de la reine" (nos "choesels") ! Avant le texte halluciné et les musiques citées pour le lire, je ne résiste pas à vous lire dans la notice biographique cette épitaphe "Ci-gît mille édits, / Oh ! / Notre regrettée femme de méninges, / Née d'une maquerelle et d'un séraphin, / Elle vient de jeter l'encre" Et les premières lettres donnent "conne" ! Georges Richardot nous récite des "Il a fait" splendides. Laurence Soetens nous emmène dans le monde de Face Book, de Google et des pseudos. David Spailer allie littérature et polaroïds. J'aime aussi beaucoup "Room 14" de Vincent Tholomé, et sa façon prenante de tisser son texte, monologue, avec des points... Enfin restent Luc Vandermaelen et l'Ardèche, ainsi que Andy Vérol et cet amour terrifiant, brutal et la prison... Quelles heures heureuses j'ai passées à la lecture de ce recueil, que je ne peux que vous recommander chaleureusement !

Jacques MERCIER

 

25 minitrips en wagon-lit décapotable, collectif, Ed. La Renaissance du Livre, collection Grand Miroir, 200 pp, site: www.onlit.org Prix : 16 euros.

 

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